Author: tecnavia

  • Municipales : Michaël Delafosse annonce être candidat pour « continuer à transformer Montpellier »

    Municipales : Michaël Delafosse annonce être candidat pour « continuer à transformer Montpellier »

    « Par amour pour Montpellier, par ambition et exigence pour notre ville et l’envie de poursuivre cette transformation ». C’est par ces mots que Michaël Delafosse vient d’annoncer à Midi Libre les raisons qui le poussent à briguer un second mandat à la mairie de Montpellier.

    Pour la plupart des observateurs, ce n’est pas vraiment une surprise. Pourtant, à cause des menaces répétées des narcotrafiquants et en raison de son attachement à l’équilibre familial, l’édile socialiste a préféré prendre le temps de la réflexion. Mesurant aussi l’ampleur de la tâche que celle de diriger la 7e ville de France et sa Métropole de plus d’un demi-million d’habitants à la croissance démographique exponentielle. « J’ai acquis davantage d’expérience et de solidité qui me permettent de mieux agir pour Montpellier et dans ma vie privée », confie-t-il.

    Son premier mandat n’aura pas été un parcours de santé. Débuté en pleine crise Covid, handicapé par le désengagement de l’État et l’inflation amplifiée par la guerre en Ukraine, il aura malgré tout permis de concrétiser la plupart des promesses faites aux électeurs en 2020.

    La plus marquante reste la réalisation de la 5e ligne de tramway (inaugurée le 20 décembre 2025) couplée à la gratuité des transports en commun pour tous les habitants de la métropole. Une mesure que la plupart de ses opposants prétendaient « impossible ». D’autres gains de pouvoir d’achat et coups de pouce ont été offerts aux habitants via la création de la mutuelle communale, les 15 premiers m3 d’eau gratuits ou encore la tarification sociale dans les cantines scolaires pour les familles les plus modestes. Au prix certes d’un endettement accru. « On a investi pour 50 ans », répond le maire.

    Après la gouvernance Saurel (2014-2020) jugée pantouflarde par l’actuelle majorité de gauche, le mandat qui s’achève aura été celui des grands chantiers. 5e ligne de tramway, liaison des deux gares, première ligne de bustram, pistes cyclables, de l’Esplanade et de nombreuses places… Ces dernières années, les grues ont investi nombre de quartiers pour transformer les déplacements et le cadre de vie des habitants. Un grand chamboulement qui a forcément généré des nuisances (bruit, embouteillages…) et donc une part de mécontentement. L’élu socialiste assume en invoquant son mentor en politique et bâtisseur. « Je dois beaucoup à Georges Frêche, je sais combien il faut agir ».

    En 6 ans tous azimuts, Michaël Delafosse estime avoir « rattrapé le retard ». Désormais, il souhaite poursuivre son engagement pour un second « mandat de consolidation, de poursuite de transformation de la ville ». Plus apaisé donc même si à l’image des 4 lignes de bustram ou des opérations de rénovation urbaine menées conjointement avec l’État à la Mosson, il lui reste des chantiers majeurs à mener à terme.

    Dans les prochaines semaines, en vue des élections des 15-22 mars, le maire sortant va présenter ses nouveaux engagements pour Montpellier. Son équipe se tient prête. Des socialistes, des communistes, des écologistes… mais aussi des militants d’autres partis de gauche (Place Publique, PRG, Parti animaliste,…) ainsi que des membres de la société civile. En milieu de semaine, ces derniers avaient appelé de leurs vœux une candidature de leur capitaine. Au contraire de 2020, ils espèrent une campagne « digne » de leurs opposants.

    Avec cet engagement du maire sortant, la campagne 2026 s’accélère. Jeudi 15 janvier, la candidature du milliardaire Mohed Altrad avait été un fait majeur. Suivi le lendemain par l’investiture du RN accordée à la députée européenne France Jamet (soutenue par l’UDR). En milieu de semaine prochaine, l’ancien maire Philippe Saurel pourrait lui aussi se dévoiler et entrer dans la course.

    Jusqu’ici, deux députés s’étaient déjà déclarés. L’Insoumise Nathalie Oziol ainsi que l’écologiste Jean-Louis Roumégas. La notaire Isabelle Perrein a déjà le soutien de l’UDI. D’autres prétendant affirment vouloir monter une liste : l’élue d’opposition Alenka Doulain avec Cause Commune, Max Müller avec Révolution permanente, ou Thierry Tsagalos bien que privé de l’investiture du RN et qui risque l’exclusion. Tous vont désormais pouvoir débattre projet contre projet avec le maire candidat. Michaël Delafosse, que deux sondages donnent favori, se dit prêt à défendre son bilan et son projet pour l’avenir. « J’ai un cap pour Montpellier », assure-t-il.

  • Dans le Var, les communistes plus que prêts pour mener la bataille des idées

    Dans le Var, les communistes plus que prêts pour mener la bataille des idées

    Le secrétaire de la fédération PCF Pierre Daspre a commencé son allocution en adressant ses meilleurs vœux de santé, mais aussi de paix « dont nous en avons grandement besoin plus que jamais ».

    Avec un terrible constat : « Plus de 60 pays sont en guerre en début janvier, du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. » Le responsable politique pointant que « la situation internationale s’est détériorée de façon considérable depuis l’arrivée de Trump et son équipe de gangsters au pouvoir ». Mais aussi la place centrale prise par l’extrême droite dans la recomposition des rapports de force mondiaux. Sans compter les barrières qui ne cessent de tomber entre la droite conservatrice et cette extrême droite grimpante.

    Dans ce contexte, dénonce-t-il, le président Macron, a annoncé sa décision de lancer les travaux de réalisation d’un futur porte avion qui est « une impasse stratégique dangereuse, coûtant bien au-delà des 10 milliards d’euros annoncés ». Et de poursuivre : « Le PCF réaffirme son exigence de reconstruire un outil de défense modernisé, sous contrôle de la nation, concentré sur les missions de la défense nationale, au service d’une politique de paix et de respect du droit international. »

    Les candidats aux municipales

    Place a été donnée ensuite aux élections municipales, avec la présentation des candidats communistes du département. Les têtes de liste pour commencer, avec Christine Romano, à Fréjus, Jean-Pierre Meyer, à Sanary et Sylvie Vinceneux à Saint-Cyr. Ainsi que les apparentés communistes Pascal Cabras à Six-Fours, et Christiane Vincents à Solliès-Pont. Mais aussi tous ceux qui comme André De Ubeda à Toulon (2e place) ou Brigitte Cheinet et Cédric Turco à La Seyne sont des piliers des listes de rassemblement.

    « L’heure est aujourd’hui à la bataille », intervient le président et directeur éditorial de La Marseillaise Léo Purguette, en pointant que « l’extrême droite a décidé de faire des municipales une étape majeure de sa conquête du pouvoir ». Ce qui est particulièrement vrai dans notre département rappelle-t-il, notamment à Toulon, « un comble au regard du désastre financier et démocratique qu’avait été la gestion de cette commune par le FN dans le passé ». Et de poursuivre : « Le monde du travail, ceux qui ressentent durement l’injustice sociale n’ont rien à attendre dans ces municipales de cette force politique qui vient de voter 5 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités locales... » L’occasion de réaffirmer que dans cette bataille qui s’annonce rude, « tous ceux qui peinent et qui espèrent ont un point d’appui inestimable ici dans ce département, c’est la Marseillaise ».

    C’est de la salle ensuite que sont parties les interventions. De Brigitte Cheinet (La Seyne) : « On a un programme qui est chiffré et aujourd’hui notre combat c’est contre la droite et l’extrême droite. » Puis de Sylvie Vinceneux (Saint-Cyr) : « En 2020, nous avions un certain nombre de difficultés quand on était sur des listes à faire valoir nos idées communistes et nos propositions, ce qui n’est plus le cas. Aujourd’hui nos idées impriment. il faut maintenant les traduire en adhésion et en électeurs ».

    Jean-Pierre Meyer (Sanary) insiste à ce sujet sur « l’importance d’avoir des élus communistes, militants parmi les militants » : « C’est un des meilleurs moyens pour créer les conditions du rayonnement de nos idées. » André De Ubeda est revenu, lui, sur « le symbole politique » que représente Toulon. « Nous espérons être en deuxième position au soir du 1er tour pour qu’il y ait un sursaut républicain, et peut-être, ça serait un tremblement de terre, la victoire. C’est une petite fenêtre historique, un trou de souris…» Autant donc se préparer à s’y faufiler.

    Et de laisser la conclusion à Léo Purguette qui a lancé : «Vive le communisme, vive La Marseillaise et vive la Résistance ! »

  • Le grand JT des territoires du 17 janvier

    Le grand JT des territoires du 17 janvier

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde :

    – Témoignage des habitants de Crans-Montana en Suisse sous le choc après l’incendie mortel du bar Le Constellation le soir du Nouvel An.

    – Le Mercosur agite encore les débats. Le monde agricole craint un naufrage de l’agriculture française. Les mouvements de soutien naissent partout dans le pays. Exemple dans la Meuse.

    – Le célèbre magazine américain « Time » débarque en France ! La version française est déjà disponible en kiosque. Rencontre avec Dominique Busso, entrepreneur de presse et homme de défi à la tête de Time France.

  • Séverine Dellanegra se présente en gage de stabilité politique à la mairie de Saint-Martin-de-Crau

    Séverine Dellanegra se présente en gage de stabilité politique à la mairie de Saint-Martin-de-Crau

    À peine un an et demi sépare le début du premier mandat de Séverine Dellanegra des élections municipales de 2026. La maire (SE) de Saint-Martin-de-Crau, candidate déclarée à sa succession, a inauguré sa permanence électorale, vendredi matin, en centre-ville.

    « Aujourd’hui, la stabilité est revenue, la sérénité aussi, et le dialogue est renoué. Les projets avancent et la ville a retrouvé sa voix », affirme la candidate, élue dans un contexte politique local déstabilisé.

    Séverine Dellanegra considère que « Saint-Martin-de-Crau est une ville avec une identité forte, un patrimoine à défendre, des traditions à préserver et un monde agricole auquel nous sommes profondément attachés ». « C’est une ville qui doit continuer à investir pour améliorer ses services publics, son environnement, sa qualité de vie », avance la candidate, pour qui « une ville doit écouter protéger rassemblés dans un esprit de solidarité et de respect ».

    « Un projet sérieux »

    Séverine Dellanegra annonce plusieurs réunions dans le cadre de la campagne « sur la santé, la solidarité, la sécurité, l’environnement, l’agriculture, les services publics, la culture, le sport et la vie associative ». « Ces rencontres ne sont pas des promesses, mais une méthode », affirme la candidate, pour « construire un projet municipal avec sérieux, sans clientélisme ni promesse irréaliste ».

    Élue avec 41% des voix au second tour des municipales partielles de novembre 2024, avec une abstention de 43%, l’actuelle maire pourrait faire face à Tania Teixier (SE), qui pourrait annoncer sa candidature prochainement.

  • Un soutien à la lutte en Iran ce samedi à Marseille

    Un soutien à la lutte en Iran ce samedi à Marseille

    Alors que les manifestations populaires contre le gouvernement iranien ont repris à Téhéran, que le gouvernement islamiste mène la répression, que les informations peinent à sortir du pays, les grandes puissances jouent la surenchère guerrière médiatisée. Ces guerrières-là appellent à la paix, à la liberté.

    « Depuis 2022, depuis la mort de Mahsa Amini tuée pour avoir refusé de se soumettre aux lois patriarcales imposant aux Iraniennes le port obligatoire du voile, rappellent les Guerrières de la Paix, un puissant mouvement politique, culturel, et social revendique la fin de dictature des mollahs autour de la devise #FemmeVieLiberté. » De la même façon que les femmes revendiquent leurs droits, les jeunes, les commerçants, les ouvriers et l’ensemble de la population se lèvent pour faire basculer le pouvoir. Toutes les associations et organisations sont invitées à leur témoigner un soutien solidaire.

  • Thau : l’interdiction des huîtres, un scandale d’assainissement

    Thau : l’interdiction des huîtres, un scandale d’assainissement

    On a beaucoup parlé d’huîtres « contaminées ». Pas assez de ce qui les contamine. Fin décembre 2025, la préfecture de l’Hérault suspend la récolte et la commercialisation des huîtres, moules et palourdes de l’étang de Thau, après des cas d’infection et un lien épidémiologique avec des norovirus. Pour les conchyliculteurs, c’est un coup de massue à la veille du Nouvel An. Pour les habitants, c’est un rappel brutal : cette crise n’est pas seulement économique. Elle est d’abord sanitaire.

    C’est l’angle que martèle Henri Loison, président du Comité des usagers du bassin de Thau du cycle de l’eau. « On inverse tout. On présente les ostréiculteurs comme responsables, alors qu’ils sont au milieu. La base, c’est une crise sanitaire : mise en danger de la vie d’autrui. » Selon lui, le norovirus n’est pas un « mystère naturel » : il renvoie à une réalité très concrète, celle des rejets d’eaux usées. Son comité avait d’ailleurs adressé une lettre ouverte le 27 décembre, avant même l’arrêté d’interdiction du 30 décembre, à l’ensemble des autorités et élus du territoire, pour alerter sur la répétition des pollutions et demander une enquête publique.

    « L’huître a bon dos »

    Au cœur du dossier, une question obsédante : comment une pluie « banale » peut-elle suffire à faire déborder le système  ? Fabrice Grillon, directeur du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée, racontait déjà sa « stupéfaction  » : « Comment des réseaux, avec une pluie faible, vingt millimètres, ont débordé et entraîné des contaminations du milieu ? » Il pointe une inquiétude de fond : les investissements passés n’ont pas « blindé » le bassin contre le risque virologique.

    Henri Loison va plus loin et vise des choix structurels. Il rappelle que la nouvelle station d’épuration des Eaux-Blanches à Sète, mise en service en septembre 2022, a coûté 72 millions d’euros environ, sans empêcher une crise sanitaire en décembre 2022, en 2023 et en 2025. Dans la lettre, un autre chiffre revient comme un symbole : la concession du service d’assainissement attribuée à Suez/Thau Maritima pour 20 ans et 277 millions d’euros, avec des résultats jugés « peu probants » au regard des pollutions répétées. Les usagers et professionnels pointent notamment les 40 km de réseaux unitaires à Sète, les postes de relevage fragiles, et même un émissaire en mer décrit comme défaillant sur une portion significative, limitant les efforts consentis. Le constat partagé par les acteurs du bassin, qui documentent la situation depuis des années, est criant : la bétonisation aggrave les ruissellements, fragilise l’assainissement et finit par entamer la confiance sanitaire. « Mais l’huître a meilleur dos », plaisante Loison.

    Face à l’urgence sociale, l’État et les collectivités annoncent des mesures : exonération de la redevance portuaire envisagée par le Département (environ 120 000 euros), année blanche sur la redevance de traitement des déchets conchylicoles proposée par Sète Agglopôle (environ 1 M), possibilités d’étalements fiscaux et sociaux, recours à la médiation du crédit, aménagements bancaires, ainsi que l’ouverture d’un guichet d’indemnisation lié à la malaïgue. Des pansements nécessaires. Mais insuffisants si l’on ne traite pas la plaie : l’origine des rejets.

    « Car tant que les responsabilités resteront diluées entre les pluies, la lagune ou la fatalité, la crise recommencera », explique Loison. Interdire la vente était indispensable pour protéger la population. Mais le risque demeure : une nouvelle analyse défavorable pourrait prolonger l’interdiction de plusieurs semaines et aggraver encore la situation. « Et ça peut durer comme cela jusqu’à avril-mai », s’inquiète le président. Protéger durablement suppose désormais autre chose : transparence, enquête publique et plan massif sur les réseaux, pas seulement sur les vitrines technologiques. À Thau, l’huître n’a pas à porter seule le poids d’un système qui déborde.

    * Sauf nouvelle alerte d’ici là, les coquillages de l’étang de Thau devraient être de retour sur les étals à partir du 21 janvier, selon le Comité régional de conchyliculture de Méditerranée (CRCM).

  • Les Trad’Hivernales font danser l’hiver à Sommières

    Les Trad’Hivernales font danser l’hiver à Sommières

    À Sommières, janvier rime depuis longtemps avec Trad’Hivernales. Du 15 au 18 janvier, le festival porté par l’association Coriandre revient pour une 27e édition fidèle à son esprit : faire vivre une culture occitane ouverte, joyeuse et accessible.

    Concerts, bals trad, spectacles, contes, actions culturelles… pendant quatre jours, la ville devient un véritable carrefour de rencontres artistiques et humaines.

    « La tradition doit évoluer »

    Près d’une vingtaine de groupes sont annoncés, parmi lesquels Naragonia, Dragon Flowers, Cam & Léo, La Soubirane, Unès ou encore Morenica pour la soirée d’ouverture. Une programmation qui assume la diversité, puisque, comme le rappelle Denis Galvier, fondateur de Coriandre, « la diversité est un gage de possibilité de partage ».

    Une philosophie revendiquée par les organisateurs, pour qui la transmission passe par le mouvement. « La tradition doit évoluer, sinon elle se meurt », insiste le fondateur de Coriandre. Le festival multiplie ainsi les formats : concerts nomades dans la ville, ateliers participatifs, plateau radio, bals pour enfants et une journée du dimanche entièrement gratuite avec repas partagé et bal familial. Un rendez-vous où l’on vient écouter, danser, apprendre… et surtout partager, fidèle à l’esprit de « paratge e convivéncia » cher à la culture occitane.

    Infos et billetterie : tradhivernales.com

  • Rolland Courbis quitte le terrain…

    Rolland Courbis quitte le terrain…

    Même aux portes de la mort, Rolland Courbis garde le sourire, le goût de l’échange à travers le foot, passion de l’une de ses vies. Affaibli par la maladie, doublée d’une infection pulmonaire, cet homme à la fierté exacerbée n’a jamais affiché ses souffrances. Comble d’une grande gueule revendiquée qui gardait pour lui ses tourments et n’exposait que sa bonhomie contagieuse.

    Jusque-là, ce Marseillais, né dans les quartiers Nord d’un père policier, a mené mille et une vies, entre désir de reconnaissance et goût de la marge, notamment pour le milieu marseillais.

    Cet ancien joueur et entraîneur s’est entiché du ballon rond, comme pour se sortir d’un milieu modeste et a parallèlement entendu souvent siffler les balles perdues, comme lors de l’assassinat de l’ex-membre de la Brise de mer Dominique Rutily.

    Par-delà ses fréquentations controversées, entre ombres et lumières, l’homme avait l’art de dépasser les limites des règlements au risque de se brûler les ailes, de passer deux séjours en prison à la suite de la caisse noire de Toulon ou du procès des comptes de l’OM.

    Joueur invétéré, au casino où il était interdit depuis 1990, et adepte de coups de poker sur tous les terrains, Rolland Courbis aimait vivre sur un fil, bannissait la routine et se plaisait à donner son avis même quand on ne le lui demandait pas. Ainsi, en parallèle de sa carrière, il était un consultant écouté de la radio RMC.

    Le Marseillais n’a rien fait pour soustraire Marseille à ses clichés. Il aimait parler, avec un goût avéré pour les bons mots, sur une antenne radio, un plateau télé et bien évidemment dans un vestiaire. Ses causeries résonnent dans les mémoires des joueurs qu’il a dirigés à Toulon, Bordeaux, Marseille ou encore à Montpellier, à deux reprises (2007-09, 2013-15), où sa gouaille méditerranéenne faisait écho aux entrailles de la Paillade.

    « J’avais un petit magnétophone et j’enregistrais ses causeries. Le soir, on les écoutait avec ma femme, avec des amis. C’était exceptionnel. On en avait les larmes aux yeux, c’était du Marcel Pagnol à l’état pur », raconte sur France Info, Laurent Paganelli, consultant pour Canal Plus et ancien joueur de Toulon, au début de Courbis au poste d’entraîneur.

    Rolland Courbis s’est éteint lundi 12 janvier à l’âge de 72 ans au bout d’une vie entre vices et vertus. Sans rien cacher des uns, ni minimiser les autres. Dix-sept jours après Jean-Louis Gasset, emblème de la Paillade, cet homme attachant et sulfureux laisse le foot français orphelin d’un acteur majeur. « C’était la gouaille, le soleil avec tous ses excès, quelqu’un qui connaissait le foot et l’aimait profondément. Un homme très attachant, truculent », résume Michel Mézy, décisif pour sa venue à Montpellier.

    Missions périlleuses

    Homme des missions périlleuses, Rolland Courbis a épargné à Montpellier deux relégations. L’une en National (3e division) en 2007, l’autre en Ligue 2 en 2014. Au-delà de ses sauvetages, il a réussi le pari de ramener le club présidé par Louis Nicollin en Ligue 1 le 29 mai 2009.

    Un soir où le stade de la Mosson a vécu une secousse tellurique, réveillé l’histoire de la Paillade et propagé une émotion à travers une victoire face à Strasbourg (2-1), « finale pour la montée », pour remettre le ballon rond au centre de la vie et de la ville de Montpellier.

    Un soir de tous les excès, de toutes les folies au bout d’un cheminement plutôt habile. Pendant deux ans, Rolland Courbis mène de front son rôle de consultant radio à RMC, ses ennuis judiciaires dans l’affaire des comptes de l’OM et recompose l’effectif de Montpellier, par la confiance faite aux jeunes (Aït-Fana, Yanga-Mbiwa, Saïhi, Jourdren…) et un recrutement inspiré (Camara, Marveaux, Costa, Dzodic, Bocaly…). Il le ramène au sommet au bout d’une saison épuisante et se retire sans bruit « pour mieux régler ses ennuis judiciaires ».

    Ce 29 mai 2009, Rolland Courbis met fin à « l’anomalie de voir Montpellier en Ligue 2 », mais gagne aussi du temps sur ses beaux lendemains. Il remet le club héraultais en état de marche. De marche avant. Avec l’émergence impromptue de la génération Gambardella (Belhanda, Cabella, Stambouli…), Montpellier, avec René Girard comme successeur, va connaître une parenthèse enchantée. Et la plus faste période de son histoire. Avec une qualification européenne, une finale de la Coupe de la Ligue devant l’OM et surtout un titre de champion de France, suivi d’une aventure unique en Ligue des champions.

    Un peu plus de quatre plus tard, Rolland Courbis revient à Montpellier pour soigner les séquelles post-titre. Il succède à Jean Fernandez, éphémère technicien, pour restaurer un équilibre fragile et fragilisé par un départ ubuesque où il a beaucoup perdu. Peu avant la trêve hivernale, faute d’une garantie sur le renouvellement de son contrat, il est parti, prétextant une fatigue, avant de rebondir trois semaines plus tard à Rennes.

    Courbis a scellé le divorce avec Montpellier, et en particulier son président Louis Nicollin, dans un fracas incompréhensible. Les deux hommes avaient noué leur relation à la mi-temps d’un match de légende. Le 22 août 1998 au stade Vélodrome. À la sortie du vestiaire, Courbis, entraîneur d’un OM mené 0-4 par l’équipe de Gasset, croise Nicollin et prophétise une remontée. « Ça, c’est des couilles », rétorque Loulou. Avec un sourire partagé.

  • L’étau se desserre autour des finances du Département de l’Hérault

    L’étau se desserre autour des finances du Département de l’Hérault

    Depuis plus d’un an, que la Chambre régionale des comptes prenne la main sur les finances du Département de l’Hérault est une épée de Damoclès qui reste sa hantise. « Ils supprimeraient toutes les dépenses non obligatoires comme les forestiers sapeurs », insiste Kléber Mesquida.

    Mardi 13 janvier, au moment de souhaiter ses vœux à la presse, le président héraultais semble pourtant moins préoccupé que l’an passé, où il manquait 103 millions d’euros dans les caisses pour boucler le budget. Le regain inattendu du marché immobilier y est pour beaucoup : les droits de mutation ont rapporté 293 millions d’euros (ME) à la collectivité contre à peine 242 en 2024. Les coupes dans certains budgets (comme celui de la culture), la mutualisation dans les services, la non-reconduction de certains CDD et la fin du renouvellement systématique des départs à la retraite des fonctionnaires a fait le reste.

    De sorte que si l’État ne baisse pas sa dotation globale de fonctionnement, l’Hérault devrait pouvoir voter un budget 2026 en équilibre le 31 mars. Grâce au fonds de sauvegarde, l’aide aux communes devrait être à peu près maintenue. L’exercice d’équilibriste n’en reste pas moins une prouesse. Kléber Mesquida rappelle que dans un département qui gagne 15 000 habitants par an, le reste à charge annuel dû à la non-compensation des charges transférées par l’État (RSA, Allocation personnalisée d’autonomie, Prestation de compensation du handicap, 6 961 enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance au lieu de 2 937 en 2020…) s’élève à 260 ME !

    Appel au privé à Bayssan

    Pas question de faire de folies en 2026. Aucun nouveau marché public ne devrait être ouvert. Mais les investissements lancés (rocade de Béziers, Lien…) seront poursuivis. « On fera face aux chantiers en cours et aux besoins de sécurité, pas de confort », précise l’ancien socialiste en pensant notamment à l’aménagement des collèges. Le Département n’a pas non plus renoncé à son grand projet de jardins de la Méditerranée et de pavillon des vins héraultais au domaine de Bayssan, à Béziers. En manque de fonds publics, « on a lancé une recherche de partenariats (privés), de mécénat », glisse le président qui espère 500 000 visiteurs annuels. « On doit booster l’économie dans le triangle Béziers/Agde/Pézenas, qui est le plus pauvre de l’Hérault ».

    Pour soutenir les conchyliculteurs, au-delà des exonérations de redevances sur les ports, K. Mesquida propose de « mettre à l’abri les huîtres dans les mas conchylicoles non utilisés ». Au printemps, il attend avec impatience l’inauguration de la 3e caserne de pompiers de Montpellier et espère fin avril le label Unesco tant convoité pour le Géoparc. « Le jury nous a dit que notre dossier était bon », révèle-t-il, confiant.

    Inquiet de la montée du RN et d’entendre qu’« on ne les a jamais essayés », K. Mesquida « craint » le scénario de Législatives couplées aux Municipales (15-22 mars). Enfin, il se dit favorable à un nouvel acte de décentralisation. À condition que l’État mette (enfin) la main à la poche.

  • Recensement 2026 en Occitanie : compter pour mieux décider

    Recensement 2026 en Occitanie : compter pour mieux décider

    La période de recensement de la population a démarré ce jeudi 15 janvier en Occitanie. Un rendez-vous discret mais essentiel pour la vie démocratique et l’action publique, qu’a tenue à rappeler l’Insee lors d’une conférence de presse. Car derrière les questionnaires et les passages de recenseurs, c’est toute la photographie sociale du territoire qui se dessine.

    « Notre objectif est d’abord de nous compter. Et ensuite de nous connaître », a résumé Alexandre Gautier, directeur de l’Insee Occitanie. Logement, niveau d’études, mobilité, structure des ménages : les données collectées servent directement à orienter les politiques publiques locales.

    Plus de 350 textes législatifs

    Le recensement est d’ailleurs « un acte civique obligatoire, qui profite à tous ». Concrètement, l’opération dure quatre semaines dans les communes de moins de 10 000 habitants, cinq semaines dans les plus grandes. En Occitanie, 600 000 logements répartis dans 949 communes sont concernés, avec la mobilisation de 2 653 agents recenseurs.

    Les conséquences sont très concrètes. « Il régit les dotations de l’État aux communes, le nombre d’élus locaux, le nombre de pharmacies », rappelle Nadine Jourdan, cheffe du service statistique régional. Le recensement permet aussi d’adapter les équipements publics : écoles, transports, logements, services de santé. Katia Le Goaziou souligne que ces données sont précieuses pour comprendre les évolutions de la population, des familles ou encore du vieillissement. La majorité des habitants répondent désormais en ligne – près des trois quarts – mais un formulaire papier reste disponible. Les agents recenseurs sont identifiables grâce à une carte officielle tricolore. Et l’Insee insiste : la démarche est gratuite, obligatoire, déclarative et strictement confidentielle.