Author: tecnavia

  • Le pluralisme en débat à la Fête du Patriote Côte d’Azur

    Le pluralisme en débat à la Fête du Patriote Côte d’Azur

    Réunis autour d’un même débat, Mathilde Tranoy (Nice-Matin), Sébastien Germain (Ici Azur), Bernard Lucchetti (le Patriote Côte d’Azur), Léo Purguette (La Marseillaise) accompagnés de Théo, étudiant à l’école de journalisme de Nice, ont débattu de l’état de la presse dans notre région.

    Au menu de l’échange, animé par Gilles Verrier-Dollé de la rédaction du Patriote Côte d’Azur : les pressions exercées sur les médias à l’occasion des élections municipales de Nice qui ont nécessité la signature d’une « charte de respect mutuel » entre candidats et journalistes mais aussi les conséquences de l’essor de l’intelligence artificielle, la concentration des médias, l’avenir de l’audiovisuel public…

    Mais ce sont les conditions d’existence d’une presse progressiste dans les Alpes-Maritimes qui ont retenu le plus l’attention des participants. « La survie du Patriote Côte d’Azur est en jeu. Nous sommes confrontés à une baisse de la publicité institutionnelle et à la nécessité d’être imprimés très prochainement dans les Bouches-du-Rhône, tout cela nécessite le lancement d’une souscription dont dépend notre avenir », alerte Bernard Lucchetti.

    Léo Purguette annonce l’arrivée de La Marseillaise dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes comme « un pari, un défi » pour notre journal et affirme : « Nous n’oublions pas que le tout premier fondateur du Patriote Côte d’Azur est aussi celui de La Marseillaise : Pierre Brandon. Nous ne vous laisserons pas tomber. Des coopérations sont possibles. »

  • Les 300 trailers des Calanques ont pu s’en donner à cœur joie

    Les 300 trailers des Calanques ont pu s’en donner à cœur joie

    Marseilleveyre, Sugiton et En Vau. Les trois distances ont fait le plein.

    Sur respectivement 19, 36 et 56 kilomètres, ils y étaient, à chaque fois, cent à s’élancer du Château Estrangin, au cœur de la Campagne Pastré, pour suivre les chemins escarpés au cœur du parc national des Calanques. « Nous avons eu de la chance, la pluie n’était plus là », se réjouit Michel Gauch. Mais le membre du comité d’organisation savait « que cela ne faciliterait pas la course de se retrouver sur des chemins humides ».

    Les premiers partants, à 6h30, étaient sur la boucle En Vau. À leur menu, 56 kilomètres que le premier a pu boucler en 6h15. Tandis que le dernier à le terminer a franchi la ligne 6h10 minutes plus tard, alors que la nuit était tombée sur Marseille. Ce finisseur a eu une belle frayeur, car il a croisé un sanglier dans les derniers hectomètres.

    Cette année, le trail a ouvert ses portes aux enfants. Ils étaient douze à prendre le départ d’une boucle de 1,8 kilomètre au sein de la Campagne Pastré. « Cette journée a été magnifique. Elle consacre le travail des 150 bénévoles qui se sont mobilisés pour en assurer la réussite », se satisfait Michel Gauch.

    Les bases pour une 42e édition sont maintenant lancées. Avec un succès sportif qui ne se dément pas. Et qui attire désormais des participants venus de plusieurs pays européens. « D’avoir célébré les 150 ans du club a sans doute boosté la cohésion de nos membres, plus que jamais motivés », conclut le dirigeant.

  • Toulon craque dans le 2e acte face à la pression des Palois

    Toulon craque dans le 2e acte face à la pression des Palois

    Après la claque subie au Stade Rochelais en début d’année (66-0), le Rugby Club Toulonnais se devait de réagir lors de ses déplacements hors de leur territoire. Mais la tâche s’annonçait complexe sur la pelouse de la Section Paloise, l’une des quatre formations toujours invaincue à domicile en Top 14. Surtout en l’absence de cadres emblématiques des Rouges et Noirs, à l’image de Gaël Dréan, Jean-Baptiste Gros, Charles Ollivon et Baptiste Serin, retenus à Marcoussis par le XV de France pour préparer le Tournoi des Six Nations, tout comme les internationaux italiens Juan Ignacio Brex et Paolo Garbisi ainsi que l’Écossais Ben White.

    Montoya diabolique

    Malgré un bon départ, les protégés de Pierre Mignoni ont été largement dominés en seconde période et ont connu leur septième défaite consécutive à l’extérieur en championnat (32-12). Dans les faits, le RCT n’a remporté qu’un seul match hors de Mayol cette saison, lors de la première journée de Top 14 à Montpellier (17-27).

    L’ailier toulonnais Gabin Villière, qui a fait son grand retour sur le terrain après plusieurs semaines d’absence suite à une côte fracturée, s’est rapidement montré décisif en inscrivant le premier essai du match. Après une longue période où les Varois se sont montrés efficaces défensivement, les Verts et Noirs ont retrouvé des couleurs grâce au talent de buteur d’Axel Desperes. Diablement efficace au pied, le demi d’ouverture béarnais avait déjà inscrit 113 points cette saison avant cette 16e journée. Grâce à deux pénalités transformées, il a ainsi monté son compteur à 119 points et a permis aux Palois de repasser devant au tableau d’affichage à la mi-temps. Mais au retour des vestiaires, Julian Montoya s’est montré sous son meilleur jour et a propulsé la Section vers un succès.

    PAU 32 (6)

    TOULON 12 (5)

    16e journée – Top 14

    Stade du Hameau, à Pau

    Arbitre : Ludovic Cayre

    Essais : Montoya (50’, 57’), Luc (59’), Delhommel (80’) pour Pau ; Villière (7’), Albornoz (70’) pour Toulon

    Transformations : Despérès (50’, 57’, 60’) pour Pau ; Jaminet (70’)

    Pénalités : Despérès (30’, 41’) pour Pau

    PAU : Maddocks – Arfeuil, Gailleton, Valentino, Grandidier – Desperes, Robson – Credoz, Isa, Whitelock (cap.) – Maximin, Jolmes – Laclayat, Montoya, Kaulashvili. Entraîneur : Sebastien Piqueronies

    TOULON : Jaminet – Tuicuvu, Cowie, Sinzelle, Villière – Albornoz, Le Bail – Abadie (Coulon, 45’), Mercer, Ludlam – Alainu’uese, Ribbans (cap.) – Sinckler, Damond, Priso. Entraîneur : Pierre Mignoni

  • L’OM, champion d’Europe du gaspillage de points

    L’OM, champion d’Europe du gaspillage de points

    Expulsés de la Ligue des champions après le fiasco de Bruges, les Marseillais sont néanmoins champions d’Europe.

    Champion d’Europe du gaspillage de points, un titre dont Roberto De Zerbi se serait bien passé. C’est pourtant ce que l’on peut retenir, après la nouvelle prestation des Olympiens face au Paris FC, samedi.

    En s’arrêtant de jouer à la 80e minute, alors qu’ils menaient 2-0, ils ont permis aux Parisiens de revenir. En concédant encore une fois deux buts dans les derniers instants du match, avec notamment un penalty concédé dans le temps additionnel, quelques secondes après qu’Amine Gouiri a raté la balle du 3-1.

    Depuis le début de la saison, toutes compétitions confondues, l’OM est l’équipe la plus perméable des cinq grands championnats européens à partir de la 80e minute, limite au-delà de laquelle les joueurs de Roberto De Zerbi ont ainsi encaissé 15 buts (10 en Ligue 1, 4 en Ligue des champions et 1 en Trophée en champions). Dans cette course peu enviable, les Phocéens devancent Stuttgart et Francfort (13 buts chacun).

    Que ses joueurs aient oublié un fondamental des règles du football agace sérieusement Roberto De Zerbi. « Les matches durent 100 minutes, pas 80. La lumière s’est éteinte ! Pour gagner et jouer, il faut en avoir envie. C’est la qualité principale qui est nécessaire », a-t-il confié en conférence de presse, samedi. Alors que l’OM avait la possibilité d’atténuer l’affront de la sortie de route à Bruges, les Olympiens ont de nouveau donné le bâton pour se faire battre. Alors qu’ils avaient le pain et le couteau pour revenir de Paris avec trois points supplémentaires.

    Un capital qui leur aurait permis de profiter du faux pas de Rennes à Monaco (0-4) et de la défaite de Lille à Lyon (0-1) pour creuser l’écart sur deux de leurs plus proches poursuivants. Et rester dans le sillage du tandem de tête. Mais, ne ramenant qu’un point, ils voient Lyon revenir à hauteur.

    Roberto De Zerbi va devoir à nouveau rappeler certaines choses à son vestiaire. Qu’un match de football n’est pas gagné tant que l’arbitre n’en siffle pas la fin. Que le soutien des supporters – et à Jean-Bouin samedi, le stade était majoritairement favorable à l’OM – il doit se mériter. Il compte d’ailleurs sur eux pour pousser face à Rennes, en Coupe de France, mardi au Vélodrome.

    Un huitième de finale dont il attend encore plus, après les pertes sèches de ces derniers jours. « Je pense que nous pouvons battre n’importe quelle équipe. Mais tant que nous ne comprendrons pas que ce que nous faisons ne suffit pas… il faudra en mettre plus », martèle-t-il.

    Alors que son équipe avait su répondre à la claque infligée par Liverpool au Vélodrome en Ligue des champions, en infligeant à Lens une lourde défaite (3-1), à Paris, face à un promu qui se cherche encore à domicile, l’OM a échoué dans sa quête de rédemption. « Je suis énervé par la situation et les résultats », a maugréé l’entraîneur marseillais. Avant de confier que « par respect, je ne vous dis pas tout ce que je pense, car la salle de conférence de presse n’est pas le lieu pour ça, mais je parlerai à mes joueurs ou en réunion interne ».

    Consciente que les derniers résultats les ont échaudés, la direction du club va organiser une rencontre avec les représentants des groupes de supporters, ce lundi, à la Commanderie. Afin que ces derniers puissent exposer leurs craintes et attentes pour la suite de la saison.

    Calendrier

    OM – Rennes 03/02 21h10

    PSG – OM 08/02 20h45

    OM – Strasbourg 14/02 17h00

    Brest – OM 20/02 20h45

    OM – Lyon 27/02 20h45

    Qu’attendre du dernier jour du mercato ?

    Le second marché des transferts fermera ses portes ce lundi soir.

    L’OM s’est essentiellement activé à trouver des points de chute pour certains éléments qui n’entrent plus dans les plans de jeu de Roberto De Zerbi. Pol Lirola, Ruben Blanco, Neal Maupay et Ulisses Garcia sont donc partis. Angel Gomes va être prêté à Wolwerhampton, alors que Brighton se renseigne pour récupérer Matt O’Riley.

    Deux espoirs du club ont également quitté la galère phocéenne. Robinio Vaz, qui après un début de saison tonitruant était rentré dans le rang, et Darryl Bakola, ont été transférés à la Roma pour le premier, et Sassuolo pour le second. Dans les deux cas, l’OM a réalisé une belle opération financière. Mais leur départ est aussi un échec.

    Côté arrivées, c’est le secteur offensif qui a été privilégié pour l’instant. Avec l’achat de Quinten Timber et le prêt sec d’Ethan Nwaneri. L’OM s’active également du côté d’Angers pour finaliser la venue de Himad Abdelli. Les trois parties, après de longues discussions, ont trouvé un accord pour que l’international algérien rejoigne le groupe de Roberto De Zerbi. Tout devrait se décanter rapidement.

  • [Entretien] Tulay Hatimogullari : « Le peuple du Rojava résistera avec force »

    [Entretien] Tulay Hatimogullari : « Le peuple du Rojava résistera avec force »

    Alors que la région kurde du nord-est de la Syrie est plongée dans une offensive généralisée depuis janvier, Kobané se retrouve au cœur d’un siège implacable : coupée d’électricité, d’eau et d’internet. La ville kurde est encerclée par les forces syriennes tandis que les températures sont glaciales. Les attaques répétées de milices islamistes, dont certaines soutenues par la Turquie, se multiplient autour de Kobané et dans diverses zones kurdes. C’est dans ce contexte que Damas et les Kurdes ont annoncé, vendredi, un accord sur l’intégration progressive des forces et de l’administration de la zone autonome kurde au sein de l’État syrien, salué par Washington et Paris (notre édition de ce week-end). Cet accord « global », selon le terme utilisé par les deux camps, porte un coup aux espoirs d’autonomie des Kurdes, le nouveau pouvoir islamiste étant déterminé à imposer son autorité sur l’ensemble du territoire syrien.

    La Marseillaise : Les autorités turques ont interdit tout rassemblement jusqu’à samedi soir dans la province de Mardin, à la frontière avec la Syrie, où le DEM avait appelé à manifester. Quel était le mot d’ordre de cette mobilisation ?

    Tulay Hatimogullari : En tant que parti DEM, nous avons décidé de tenir notre réunion parlementaire hebdomadaire dans le district de Nusaybin (sud-est de la Turquie), dans la province de Mardin. Nusaybin est limitrophe de la ville de Qamishli (nord-est de la Syrie), dont elle est séparée uniquement par une clôture métallique. Notre rassemblement avait pour but d’attirer l’attention sur les attaques inhumaines perpétrées contre le Rojava. En effet, l’État a répondu à ces marches et manifestations démocratiques par des interdictions et des agressions contre les personnes à la frontière.

    Un jeune homme nommé Diyar Koc, accusé d’avoir retiré un drapeau à la frontière, a été victime de graves tortures. Il a ensuite été arrêté et se trouve actuellement en soins intensifs dans un hôpital d’Ankara. Je tiens à souligner que l’endroit où nous avons fait notre déclaration était loin de la frontière et que l’incident du drapeau ne s’est pas produit ici. Le gouvernement ne peut rien accomplir en recourant à la violence et en interdisant des actions et des événements, au lieu de comprendre les réactions de la population et de soutenir les efforts de paix. J’appelle à renoncer à ce type d’approche.

    Vous demandez l’ouverture de couloirs humanitaires vers Kobané où vous vous êtes récemment rendue. Quelles sont vos craintes ?

    T.H. : Kobané est soumise à un siège intense. La ville est prise en étau entre les zones contrôlées par le gouvernement intérimaire syrien et celles contrôlées par la Turquie. Les conditions météorologiques y sont actuellement extrêmement froides et défavorables. De plus, l’accès aux services de base tels que l’électricité, l’eau et Internet est impossible à Kobané. Le barrage de Tichrine, l’un des trois principaux barrages construits sur l’Euphrate, situé au sud du district de Manbij, fournissait de l’énergie à tous, sans distinction d’identité ou de croyance, lorsqu’il était sous le contrôle des forces kurdes. Depuis que le gouvernement intérimaire de Damas s’est emparé du barrage, Kobané est privée d’électricité et d’eau, alors qu’elle subit les conditions hivernales les plus rigoureuses de ces dernières années. D’après les informations dont nous disposons à ce jour, cinq enfants sont morts de froid. C’est une tragédie et une honte que le monde portera à jamais sur ses épaules.

    Lors de nos visites, nous avons clairement constaté que le Rojava était soumis à un siège brutal, intensifié par des mesures dépassant toutes les limites humanitaires. Mais le peuple du Rojava a été privé d’identité pendant des décennies. Il a combattu Daech, il a lutté contre Assad, il s’est dressé contre les organisations salafistes. Dès lors, nous avons compris qu’il résistera avec force à toute intensification des attaques.

    Quel rôle joue l’État turc dans les attaques menées par Damas au Rojava ?

    T.H. : Lors de notre visite dans le nord-est de la Syrie, le 21 janvier dernier, les responsables de l’Administration autonome ont clairement exposé la situation dans les termes suivants : ces attaques ne sont pas seulement perpétrées par les forces de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), mais aussi par des groupes armés directement soutenus par la Turquie. Ces milices, telles que la division al-Hamza, Sultan Mourad et Abou Amsha, sont responsables de ces graves violations des droits humains et de ces massacres. L’Administration autonome a déclaré que la Turquie fournissait un soutien en matière de renseignement à la fois au gouvernement provisoire de Damas et à ces groupes armés. Le rôle de la Turquie était clair dès le départ. Le jour même où les attaques contre Alep ont commencé, le ministère turc de la Défense nationale a déclaré : « Si la Syrie demande de l’aide, nous lui fournirons le soutien nécessaire. » Le ministre turc des Affaires étrangères consacre plus de temps à la question syrienne que l’administration intérimaire de Damas. Une grande partie de ce temps est consacrée à réfléchir à la manière de réduire davantage les acquis des Kurdes.

    L’exemple le plus frappant de ce double standard : le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan déclare que le Hamas est « un mouvement de résistance qui ne peut déposer les armes sans que ses droits soient garantis ». Ce même ministre, qui reconnaît le droit légitime du Hamas à se défendre, fait exactement le contraire s’agissant des Kurdes. Lorsque ces derniers se défendent, ils sont qualifiés de terroristes et lorsqu’ils revendiquent leurs droits, ils sont considérés comme une menace. Ce double standard n’est pas seulement constaté par les Kurdes, mais par le monde entier. Il est si flagrant que nul ne peut l’ignorer.

    Le régime d’Ahmed Al Charaa a-t-il pour objectif de « dékurdifier » le territoire ?

    T.H. : Le régime qu’Ahmed Al Charaa tente d’instaurer est un mélange d’autoritarisme baasiste et djihadiste. Il ne reconnaît ni peuple, ni démocratie. Tout en se forgeant une légitimité extérieure grâce à un discours sécuritaire aligné sur les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni, Israël, la Russie, la Chine, la Turquie et les pays du Golfe, et grâce à des opportunités financières, il instrumentalise cette légitimité intérieurement en menant des opérations militaires brutales contre les Kurdes, les Alévis, les Druzes etc.

    Il s’agit donc d’un plan visant à éliminer non seulement les Kurdes, mais tous les peuples. Le principal obstacle à ce régime est actuellement constitué par les Kurdes eux-mêmes. Il poursuit un objectif non seulement militaire, mais aussi sociopolitique contre eux. En créant l’illusion d’une « guerre ethnique » entre Kurdes et Arabes, il cherche à déstabiliser la région de l’intérieur et à anéantir l’entité politique kurde qui jouit d’une légitimité internationale.

    Dans une interview au média « The Amargi », vous dîtes craindre une guerre arabo-kurde. Qui aurait intérêt à cela ?

    T.H. : Le 4 janvier, alors qu’un accord était sur le point d’être conclu entre les FDS et le gouvernement intérimaire, les pourparlers ont été brusquement interrompues. Le 5 janvier, un accord a été conclu entre Israël et la Syrie à Paris. Le 6 janvier, des attaques ont été menées contre les quartiers kurdes d’Alep et des crimes contre l’humanité ont été commis. À première vue, il semble qu’une attaque ait été perpétrée avec l’approbation des puissances internationales, l’assentiment de la Turquie, la participation des forces du gouvernement provisoire, des composantes du HTS et des groupes salafistes. Toutefois, il est nécessaire d’apporter des réponses précises à certaines questions, telles que les raisons pour lesquelles les puissances internationales ont approuvé cette attaque et pourquoi Israël a apporté son soutien tacite au HTS dans ces attaques.

    Il y a un siècle, lorsque le nouvel ordre au Moyen-Orient a été établi, les Kurdes ont été exclus. Depuis cent ans, ils ont combattu les Arabes, les Perses et les Turcs dans leur région divisée en quatre. Aujourd’hui, on tente d’instaurer un nouvel ordre. Une fois de plus, on veut exclure les Kurdes. On souhaite que la guerre entre Arabes et Kurdes soit sans fin. On veut que la guerre entre Kurdes et Turcs s’intensifie. Lors de notre visite au Rojava, l’Administration autonome a déclaré s’être retirée des villes de Raqqa et Tabqa afin d’empêcher une guerre arabo-kurde. Opposer les peuples les uns aux autres est l’une des stratégies de domination des puissances impériales internationales et sous-impériales régionales. Les peuples et les administrations de la région doivent prendre conscience de ce scénario dangereux dans lequel le Moyen-Orient connaîtrait à nouveau des siècles de souffrances, de mort, de décomposition sociale et d’effondrement institutionnel.

    Le Parti des travailleurs kurdes (PKK) estime que ces attaques contre les Kurdes, en Syrie, pourraient avoir un impact sur le processus de paix en Turquie. Où en sont les discussions ?

    T.H. : Les attaques qui ont commencé à Alep ont eu un impact négatif sur le processus de paix en Turquie. Le peuple kurde est en proie à un profond sentiment de désillusion et à une crise de confiance. D’un côté, des négociations de paix sont en cours, mais de l’autre, les attaques contre le Rojava ont provoqué une vive réaction de la part des Kurdes. Je tiens à le dire très clairement : le processus se poursuit et doit se poursuivre. La paix et la résolution du conflit sont les besoins les plus urgents dans cette région. Il n’y a pas d’autre voie pour résoudre la question kurde. La guerre, la mort et la destruction n’ont jamais apporté, et n’apporteront jamais, de solution à personne.

    Cependant, deux mesures fondamentales sont nécessaires pour faire avancer le processus : premièrement, des mesures concrètes et rassurantes doivent être prises dès maintenant concernant le processus de paix mené en Turquie. Il incombe au gouvernement de surmonter cette profonde crise de confiance au sein du peuple kurde. Il doit démontrer sa foi en la paix, non seulement par des mots, mais aussi par des mesures concrètes. Deuxièmement, la politique de la Turquie à l’égard du nord-est de la Syrie doit changer. Il faut abandonner l’idée que le Rojava constitue une menace. Elle doit reconnaître les droits fondamentaux et le statut des Kurdes du nord-est de la Syrie, et renforcer le dialogue et les négociations avec l’Administration autonome. La paix est un tout indivisible. Mener des pourparlers de paix d’un côté et considérer les Kurdes comme une menace de l’autre nuit à la recherche de la paix. Nous continuons à croire en la paix et en une solution. Car il n’y a pas d’autre voie, pas d’autre avenir.

    À Marseille, des manifestations de soutien au Rojava ont dégénéré. Les organisateurs ont condamné les violences et accusé des « éléments infiltrés ». Les médias turcs n’ont pas tardé à qualifier les manifestants de « partisans de groupes terroristes ». Ces mobilisations sont-elles instrumentalisées ?

    T.H. : Des actions de soutien au Rojava ont eu lieu partout dans le monde. Ces actions sont tout à fait légitimes et visent à attirer l’attention sur une guerre et une crise humanitaire. Tenter d’étouffer un modèle de vie démocratique tel que celui de Rojava heurte la conscience humaine. Les personnes qui se font entendre à Marseille savent que le fléau de Daech est à nos portes. Sa résurgence est un problème majeur pour tout le monde. Des structures armées, financées par des pays, sont envoyées contre un peuple qui prône la paix. Face à cette politique hypocrite, les peuples répondent par une solidarité internationale.

    Pour empêcher cela, des provocations sont organisées, des provocateurs interviennent dans les actions. La solution n’est pas de faire taire les Kurdes en interdisant leurs actions. Cela ne ferait qu’alimenter l’hostilité envers les Kurdes. Des responsables et des médias proches du gouvernement turc prennent des mesures qui attisent ouvertement cette hostilité. C’est un jeu très dangereux. Tout le monde y perd.

  • Roger Martin, un grand homme de la littérature, s’en est allé

    Roger Martin, un grand homme de la littérature, s’en est allé

    Il était une figure locale du Parti communiste français et du monde littéraire. Roger Martin, homme passionné et engagé, est décédé jeudi 29 janvier à l’âge de 75 ans, après avoir été percuté par une voiture dans la ville où il vivait.

    Né d’un père professeur et d’une mère institutrice, Roger Martin avait quatre frères et sœurs. Très tôt, à l’adolescence, il adhère aux Jeunesses communistes d’Aix-en-Provence. Une ferveur qui ne le quittera jamais puisque dès 1977, il devient adjoint au maire communiste de Mont-Saint-Martin et le restera jusqu’en 1992.

    Militantisme et antifascisme chevillés au corps

    Antifasciste de la première heure, Roger Martin s’est employé, durant des années, à contrer la montée du Front national (puis du Rassemblement national) lors des différentes campagnes électorales, qu’elles soient nationales ou locales. à Pernes-les-Fontaines, mais aussi à Carpentras en 2014, où il s’était engagé pour faire barrage à la Ligue du Sud et au FN. Il fait également partie des fondateurs du réseau Ras’l’front et publia le roman Main basse sur Orange, Une ville à l’heure Lepéniste.

    Mais, au-delà de son militantisme chevillé au corps, Roger Martin était un professeur de Français et écrivain passionné. Reçu au Capes de lettres modernes en 1973, titulaire d’une licence d’anglais, il devient professeur de lettres en 1974, en Lorraine, puis il exerce, à partir de 1992, à Pernes-les-Fontaines dans le Vaucluse, au collège Charles-Doche, où une plaque à son nom a été installée de son vivant. Tout au long de sa carrière, et jusqu’à sa retraite, il exerça également des responsabilités syndicales au Snes, auquel il resta syndiqué.

    Il publia de nombreux ouvrages à la portée nationale et internationale, sur des sujets historiques tirés de faits réels et tous poignants comme les camps de concentration, l’Amérique fasciste ou le Ku Klux Klan, entre autres.

    Une chronique sur les romans noirs

    Il a également créé une série BD, AmeriKKKa, dont il a été le scénariste aux côtés du dessinateur Nicolas Otéro. Celle-ci présente des faits authentiques et actuels mettant en scène Ku Klux Klan et néonazis. Neuf volumes ont paru, dont le dernier, Cauchemar californien, explore l’univers violent de bandes de motards néonazis impliqués dans le trafic de drogue, la traite d’enfants et la pornographie, thèmes qui, tout au long de sa vie, l’ont profondément interpellé.

    En 2008, il publie un roman noir ambitieux, Jusqu’à ce que mort s’ensuive, dans lequel il révèle des faits totalement inconnus de la Seconde Guerre mondiale et l’existence d’un cimetière clandestin américain, en Picardie, qu’il appelle le « Cimetière des hommes perdus ».

    Plus récemment, et depuis plusieurs années, cet auteur prolifique, aussi passionné que passionnant, contribuait très régulièrement à notre supplément magazine week-end avec sa chronique « Le coin du polar », dans laquelle il donnait à lire et à voir des thrillers qui avaient retenu son attention.

    L’ensemble des équipes de La Marseillaise présente ses condoléances à sa famille.

    Réactions

    Fédération PCF de Vaucluse

    « Roger était un homme debout, aux convictions affirmées, membre de notre direction départementale. Il était un militant communiste engagé, un ancien professeur de lettres et un écrivain de roman noir. Antifasciste de la première heure, il était un des signataires de “l’Appel des 250”, qui a vu la fondation du réseau Ras l’front. »

    Pierre Dharréville, ancien député PCF

    « Immense tristesse en apprenant la disparition brutale de Roger Martin. Roger était un militant courageux et tenace. Dans ses textes, il déployait une langue vivante et tranchante. Il sut aussi marier ses mots à l’image, à travers la bande dessinée. Il a mis des mots sur les plaies du monde et de l’humanité. Il nous a aidés à vivre et à lutter et l’écho de son œuvre continuera de résonner. Roger va terriblement nous manquer. »

    Serge de Carli, maire de Mont-Saint-Martin

    « Roger Martin, un ami, un camarade, un professeur de français au collège Anatole-France, un élu, adjoint au maire à la culture, initiateur de la fête de la vieille Église, un écrivain, romancier, un combattant infatigable contre les forces du fascisme… »

  • Expos entre guerre et lumière à la Friche Belle de Mai

    Expos entre guerre et lumière à la Friche Belle de Mai

    « La culture en Ukraine est presque une arme de défense », explique Alban Corbier-Labasse, directeur de la Friche Belle de Mai, à l’heure d’introduire « Le Gué – culture sous guerre ». Exposé dans la salle des machines, un parcours signé Paul Gilonne, suite à ses récents séjours en Ukraine, où il a constaté une « chasse à l’identité ukrainienne ».

    Un fil que ce graphiste tente de rembobiner depuis les années 1920 jusqu’à l’invasion russe actuelle. Sur les murs, la retranscription de ses rencontres : de l’Académie nationale des arts de Lviv, « où sont aujourd’hui fabriqués des filets de camouflage qu’ils envoient au front », jusqu’à Izolyatsia, friche de Donnetsk « prise par les milices russes qui en ont fait une prison politique et un lieu de torture », indique Paul Gilonne, tandis qu’un écran diffuse le témoignage d’un journaliste sur ces atrocités. Sur des murs griffés de bleu et jaune, l’engagement d’artistes dans le conflit se signale par des références à Maksym Kryvtsov, poète devenu soldat, tué en 2024, ou de la peintre Marharyta Polovinko, fauchée par un drone russe.

    « D’un monde à un autre »

    Au 4e étage de la tour panorama de la Friche, théâtre de l’exposition « Au grand jour », réalisée par Anita Ingarden, changement d’ambiance, mais pas d’angoisse, fut-elle parfois teintée de lumière. Sous d’immenses volumes, quatre installations en verre brisé donnent l’impression que les lieux ont été habités. « Un travail sur la question du regard et de la transparence », situe la commissaire, Victorine Grataloup, alors que des écrans diffusent des images d’acteur façon caméra de vidéosurveillance. À l’ère des réseaux sociaux et du flicage généralisé, et « si le regard pouvait tout traverser ? ». Passés ces « portails » allant « d’un monde à un autre », de brutes et fines sculptures en verre et matériaux de chantier suspendues. Comme si elles étaient « en train d’exploser » devant la baie vitrée de cet espace d’exposition qui embrasse le nord de Marseille. Le chemin vers l’intimité ?

  • Un centre médical transitoire ouvre à Monteux

    Un centre médical transitoire ouvre à Monteux

    La Ville a acheté les locaux au bailleur Grand delta habitat pour y implanter un centre médical municipal transitoire pour pallier la pénurie de médecins. D’ailleurs, les sept praticiens généralistes et trois spécialistes (cardiologue, néphrologue et endocrinologue) sont tous des retraités reprenant du service à temps partiel.

    « Le centre a été conçu pour répondre aux attentes des Montiliens les plus fragiles et rencontrant des difficultés d’accès aux soins. Il a vocation à être transitoire en attente d’une Maison de santé pluriprofessionnelle ».

    Le cabinet accueillera en priorité des patients sans médecin traitant, résidant à Monteux, et âgés de plus de 65 ans ou reconnus en ALD (affection longue durée). « Il n’a pas vocation à prendre en charge les urgences médicales », précise la municipalité. La prise de rendez-vous sera possible soit par téléphone, soit directement sur place auprès du secrétariat.

  • Vaucluse : l’aménageur du Rhône presse une relance du renouvelable

    Vaucluse : l’aménageur du Rhône presse une relance du renouvelable

    La pluie et le beau temps constituent le quotidien et le modèle économique de la CNR, premier producteur français d’énergie renouvelable. Mais l’expression reflète aussi l’état d’esprit actuel de l’entreprise.

    Lors des vœux de l’aménageur du Rhône, tenus ce jeudi 29 janvier à Avignon, dans le Palais des Papes, Laurence Borie-Bancel, présidente du Directoire de la CNR, a d’abord souhaité revenir sur une « année 2025 contrastée car marquée par l’instabilité institutionnelle et politique qui nous impacte ».

    La structure se félicite d’avoir produit près de 15 TWh d’électricité renouvelable, dont 13,2 TWh d’hydroélectricité, le reste provenant de l’éolien et du solaire, « soit l’équivalent de 6,4 millions de personnes alimentées », précise la présidente. Elle regrette toutefois « l’absence de feuille de route énergétique ». Selon elle, si « l’hydroélectricité bénéficie d’un consensus sur sa place centrale dans le mix électrique français, ce n’est plus le cas de l’éolien et du solaire ». Deux filiales de la CNR exploitent ces énergies : Vensolair et Solarhona.

    Transport fluvial

    Convaincue que « la décarbonation et la souveraineté passeront par l’électrification », la dirigeante évoque des projets majeurs lancés o ou en passe de l’être, notamment en Vaucluse. Avec, par exemple, la volonté de doubler le déploiement de l’éolien et du photovoltaïque d’ici 2030 pour atteindre 2 000 MW. La construction d’une « petite » centrale hydroélectrique va également bientôt démarrer à Caderousse.

    L’un des points les plus attendus reste toutefois l’examen de la proposition de loi sur l’hydroélectricité à l’Assemblée nationale. Déposée par la députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, elle sera discutée en séance ce mardi 3 février. Le texte vise à permettre la mise en concurrence des concessions de barrages, propriétés de l’État, que celui-ci refuse pour l’instant, malgré les exigences de la Commission européenne. Il prévoit également d’ouvrir davantage le marché de l’hydroélectricité.

    La présidente de la CNR n’a par ailleurs pas évoqué uniquement des projets énergétiques. Le démarrage des travaux à l’écluse à grand gabarit de Bollène, où le doublement des portes est programmé, en témoigne. Ces travaux, échelonnés sur six ans, « permettront de fiabiliser le transport fluvial », indique la CNR. Une opération similaire est prévue à Châteauneuf-du-Rhône. L’investissement total est estimé à 90 millions d’euros.

    Parallèlement, la structure ambitionne de doubler le fret fluvial et ferroviaire sur le Rhône à l’horizon 2035, tout en favorisant l’implantation d’entreprises.

  • La réorganisation au sein de l’Hôpital d’Aix et de Pertuis passe un cap en 2026

    La réorganisation au sein de l’Hôpital d’Aix et de Pertuis passe un cap en 2026

    L’avenir de l’Hôpital public d’Aix-en-Provence Pertuis s’affine. La transformation imminente du centre hospitalier constituait en effet la ligne directrice de cette seconde cérémonie des vœux de Francis Saint-Hubert, tenue jeudi dernier sur le site aixois.

    « L’année dernière, lors de mon discours des vœux, j’ai cité Sénèque : “Il n’y a jamais de bon vent pour un navire qui ne sait où il va”. Il s’agissait de mobiliser nos équipes pour élaborer notre projet d’établissement. Cette démarche arrivera à son terme courant deuxième trimestre 2026. Je peux vous affirmer que le projet Horizons 2035, même s’il n’est pas totalement finalisé, est d’ores et déjà en marche et présent dans l’esprit de chacun d’entre nous », annonce le directeur d’établissement, arrivé de Vendée en août 2024 pour prendre ses fonctions.

    Une transformation sur le fond donc, qui « demande de l’audace, de l’engagement et de la confiance en l’avenir. Un triptyque loin d’être aisé en ces temps : il ne vous aura pas échappé que ni le contexte national, ni le contexte international, pris dans un grand tourbillon d’instabilité, et de menace permanente, ne permettent pas de nous projeter dans un avenir serein ».

    « Aller plus loin »

    En toile de fond se dessinent en effet des contraintes budgétaires persistantes, un climat d’incertitude, des « communes qui cherchent désespérément des médecins », « des débats sans fin quand nos élus doivent voter des budgets », l’adoption de règles « que l’on sait parfaitement inapplicables et souvent contre productives », recontextualise, subtilement, le directeur de l’hôpital. Il dénonce par ailleurs la mutualisation « sans modération » proposée comme solution face au « déficit qui s’aggrave depuis des années ». « Il y a urgence, nous n’avons pas le temps d’évaluer les solutions que nous mettons en place depuis des années et qui n’ont pas fait leurs preuves ».

    Si 2025 s’est avérée une année « d’investissement et de renforcement de nos équipes », 2026 devra « aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite en termes de développement d’activité », souhaite Francis Saint-Hubert. « Nous devons pour cela passer à la vitesse supérieure dans la transformation de nos organisations, mieux répondre au téléphone, élargir nos horaires d’accueil, mieux utiliser nos plateaux techniques, réduire les délais d’attente dans nos urgences. »

    Francis Saint-Hubert l’annonce d’ores et déjà : « 2026 sera marquée par la réorganisation de nos plateaux techniques, nos activités ambulatoires, et par le démarrage des travaux si attendus de nos services d’urgence ».