Author: tecnavia

  • [Étoile de Bessèges] : Lukas Kubis sur les traces de Sagan

    [Étoile de Bessèges] : Lukas Kubis sur les traces de Sagan

    Il est l’une des attractions de cette 56e édition de l’Étoile de Bessèges. Double champion de Slovaquie sur route en titre, également champion national du contre-la-montre en 2024, Lukas Kubis est le seul coureur à porter un maillot distinctif de son pays sur l’Étoile de Bessèges. Un palmarès qui n’est pas sans rappeler sa légende de compatriote, Peter Sagan, rouleur polyvalent qui a comme lui commencé par le VTT avant de développer tout son potentiel sur route. « C’est impossible de me comparer à lui, car il a été trois fois champion du monde et maillot vert sur le Tour de France, tempère-t-il avec humilité. C’est un des meilleurs cyclistes de l’histoire. Mais c’est bien de représenter le même drapeau que lui, il était mon idole quand j’ai commencé le cyclisme, et en plus c’est un très bon mec. »

    Maillot jaune dans l’escarcelle

    Valeur montante du cyclisme mondial, passé du 236e au 56e rang UCI en l’espace d’une saison, il est porté par ses titres nationaux et de belles performances sur le circuit mondial : plusieurs top 10 sur des classiques flandriennes, 2e du tour de Hollande, victoire sur le Cholet Agglo Tour… Le pensionnaire d’Unibet Rose Rockets dispute sa deuxième Étoile. « C’est une très belle course, avec de superbes paysages. Je suis heureux d’être ici », se réjouit le coureur de 25 ans.

    Déjà annoncé comme un outsider dimanche, sur le GP de Marseille-La Marseillaise, il est l’un des favoris à la victoire finale, après avoir quitté la course prématurément l’an dernier, suite au retrait de son équipe. Un rang confirmé dès la première étape, avec après une 2e place derrière Tom Crabbe : « Ce n’est pas passé loin, on va se battre pour faire mieux dans les prochains jours. » Mais pas question de s’enflammer : « On avance jour après jour. Je suis très fier des efforts de l’équipe mercredi. Bien sûr, la victoire a toujours meilleur goût, mais c’est un très bon début pour l’équipe. »

    Après une nouvelle et frustrante 2e place jeudi, pour son coéquipier Dylan Groenewegen, Lukas Kubis, 8e, récupère le maillot jaune du classement par points. Pas une fin en soi : en ligne de mire, notamment, cette 3e étape autour de Bessèges, « la plus difficile de la semaine », et le contre-la-montre, « très spécifique, avec une grosse montée sur la fin ». Pour récupérer, cette fois, le maillot corail du général.

    3e étape : Bessèges – Bessèges (162,34 km)

    Le terrain devient nettement plus accidenté pour cette 3e étape autour de Bessèges. Après 106 km, les coureurs effectueront un premier passage sur la ligne d’arrivée, puis un second, avant de la franchir définitivement au kilomètre 163. Trois tours du circuit, donc, pour ce final exigeant, avec les montées des cols de Trelis (3,6 km à 5,6%, 1ère catégorie) et des Brousses (2,1 km à 5,2%, 2e catégorie). Un profil pour puncheurs, avec cette dernière difficulté placée à seulement 12 bornes du but.

  • Un réquisitoire sévère en appel pour Rocher Mistral

    Un réquisitoire sévère en appel pour Rocher Mistral

    En première instance, Vianney d’Alençon propriétaire du château de La Barben et sa société ont été condamnés à la suite d’une série d’infractions au Code de l’urbanisme et du patrimoine. Respectivement, à 20 000 et 70 000 euros d’amende avec sursis, et à l’obligation de remettre le château de La Barben en état dans un délai de neuf mois. Le châtelain avait fait appel de cette décision : retour à la barre, ce mercredi 4 février, face à la cour d’appel d’Aix-en-Provence (notre édition du 5 février). Autre volet de ce feuilleton judiciaire : la mise en danger supposée d’une espèce de chauve-souris protégée. Fait pour lequel d’Alençon avait été relaxé en première instance. L’avocat général a requis, ce mercredi soir, la réforme de la relaxe sur ce volet. « L’infraction sur les murins était parfaitement caractérisée », estime Me Mathieu Victoria, pour la FNE13. Pour le reste des infractions, l’avocat général estime que « la remise en état n’enlève pas l’infraction. Mettre en avant un intérêt économique n’autorise pas à s’asseoir sur la loi ». Et demande la condamnation pour l’ensemble des infractions pointées par la Drac et la DDTM, en proposant un ajournement sous supervision de l’autorité judiciaire à six mois. Il demande une peine d’amende identique à ce qui avait été demandé en première instance. La défense, assurée par Me Alexis Chabert plaide, entre autres, la relaxe pour trois des huit infractions et se félicite « que les partis se mettent d’accord sur la méthode pour déposer les dossiers ». Me Bruno Rebstock évoque lui, des injonctions contradictoires dans les échanges avec les administrations, et souligne de nouveau l’urgence qu’avait d’Alençon pour avancer les projets. Délibéré le 8 avril.

  • [Étoile de Bessèges] Kockelmann se surprend lui-même et s’impose

    [Étoile de Bessèges] Kockelmann se surprend lui-même et s’impose

    L’échappée fait grise mine, les sprinteurs sourient. En tout cas, au moins l’un d’entre eux. Les courses de début de saison sont souvent propices à l’éclosion de jeunes talents et l’Étoile de Bessèges le confirme doublement. Seulement 24 heures après la victoire surprise de Tom Crabbe à Bellegarde, Mathieu Kockelmann (Lotto-Intermarché) s’est imposé, jeudi à Domessargues, après un final intense et incertain. Le Luxembourgeois de 22 ans signe son 2e succès pro, après avoir levé les bras l’an passé sur son tour national. La photo-finish a dû être examinée pour connaître le gagnant du jour. Tom Crabbe reste le leader du classement général.

    Après une première étape estampillée « cyclisme vrai », où les coureurs ont produit un spectacle grandiose, le peloton était de retour pour un long trajet de 162 km entre Saint-Gilles et Domessargues. Comme la veille, quatre fuyards se sont extirpés du groupe principal pour former l’échappée. Ce peloton a laissé filer, sans doute soulagé de voir seulement quatre hommes s’en aller. Idéal à gérer, tout au long de l’étape. Trois Français et un Suisse se sont portés à l’avant : Arnaud Tendon (Van Rysel Roubaix), Maël Guegan (CIC Pro Cycling Academy), Samuel Leroux (Total Energies) et Axel Bouquet (St-Michel).

    Rapidement, l’écart est monté au-delà des trois minutes puis s’est stabilisé. Longtemps. Très longtemps. Pendant une bonne moitié de la course, personne ne faisait l’effort, derrière, pour revenir. L’un des échappés allait inévitablement ravir le maillot de meilleur grimpeur à Victor Vercouillie, étant donné le nombre de points en jeu ce jeudi. Classé en 2e catégorie, la côte de Clarensac s’est dressée devant les coureurs, à la sortie du village du même nom. 1,8 km à 4,4% et Maël Guégan est passé en tête au sommet, ses compagnons de route laissant faire. Un passage en première position lui permettant justement d’endosser la tunique verte. Arnaud Tendon et Samuel Leroux ont obtenu les derniers points disponibles.

    L’échappée y a encore cru

    Après une longue chevauchée sur les routes gardoises, les coureurs sont entrés sur un grand circuit autour du village de Domessargues, seulement 750 âmes au compteur. Deux franchissements de la côte de Montagnac (3e catégorie) et deux passages sur la ligne d’arrivée avant d’entamer le final, qui s’annonçait déjà serré. Les prévisions météo recensaient des intempéries à partir de 14h. La pluie n’a accordé qu’un bref répit aux 16 équipes en lice, débarquant cinq minutes après l’heure prévue. Elle ne s’est ensuite plus arrêtée de tomber, plongeant tout le monde dans une après-midi éprouvante, trempés des oreilles jusqu’aux orteils.

    C’est à 45 km du but que le peloton a débuté son accélération pour user les hommes de tête. Détentrice du maillot corail de leader de l’épreuve, la Team Flanders Baloise a montré les couleurs jaune-blanc-bleu de son maillot pour rattraper ce retard. Cette échappée était, comme celle de mercredi, très bien organisée. Les quatre cyclistes alignés se donnant des relais appuyés à chaque coup, idéal pour laisser à distance leurs poursuivants. Le quatuor est devenu trio car le jeune Axel Bouquet, 20 ans, n’arrivait plus à suivre le rythme imprimé par ses collègues de galère.

    à 10 km avant la ligne d’arrivée, l’écart n’était plus que de 30 secondes entre les chassés et les chasseurs, sans toutefois diminuer davantage. C’est alors qu’Arnaud Tendon a décidé de fausser compagnie à Leroux et Guégan. Le Suisse semblait avoir de bonnes jambes et, avec le peloton en arrière-plan, continuait son chemin, à bloc. Le coureur d’Elite Fondations est entré dans le dernier kilomètre avec de l’avance et a vu les équipes de sprinteurs fondre à vive allure sur lui. Malheureusement, ce n’est qu’à un hectomètre de l’arche qu’il s’est fait rattraper. Cruel scénario, à l’image de celui de la première étape. Mathieu Kockelmann a ensuite jailli pour prendre quelques mètres sur Dylan Groenewegen et Matteo Moschetti. L’ordre est resté similaire, même si la photo-finish a départagé les trois hommes. Le Luxembourgeois a devancé d’un demi-vélo le Néerlandais aux 78 victoires pros, les Rockets terminant 2e jeudi, comme la veille avec Lukas Kubis, nouveau leader du classement par points.

    « Je suis très surpris de gagner, car je devais emmener Matys (Grisel) sur cette arrivée. J’ai donné mon maximum jusqu’à la ligne, je n’avis même pas vu qu’il restait un échappé, j’étais très concentré », a soufflé le vainqueur du jour, avant de monter sur le podium. Une victoire surprise, dont le Luxembourgeois est le premier choqué.

  • Bessèges, l’origine d’une étoile qui continue de scintiller

    Bessèges, l’origine d’une étoile qui continue de scintiller

    En 1971, un cycliste amateur, débarqué de Moselle depuis peu pour rejoindre un de ses amis rencontré à l’armée, a l’idée folle de créer une course à Bessèges. Le dénommé Roland Fangille, 32 ans, lance, avec l’appui de son beau-père René Rambaud, alors président de l’Union cycliste bességeoise, une course d’un jour : le Grand Prix de Bessèges est né. Deux ans après, la course s’enrichit de deux étapes supplémentaires, puis de deux autres en 1974. Toutes partent alors de Bessèges, formant une étoile, comme le conçoit son président et fondateur.

    55 ans après, l’Étoile arpente désormais plus en profondeur le département du Gard, avec de nombreuses villes étapes (Alès, Saint-Gilles, Bellegarde…). Mais Bessèges reste le cœur de la course. Et chaque année, la 3e étape lui fait la part belle avec le Grand Prix de Bessèges, dont l’arrivée et le départ se font dans la commune.

    Ancienne ville minière au cœur des Cévennes

    Particulièrement animée lors du passage de la petite reine et célèbre pour cette spécificité, Bessèges n’a pas toujours été connue pour cela. À l’origine, « Béou-Cèze » était un hameau de la paroisse de Saint-Andéol-de-Robiac. La commune naît par décret impérial en 1858. Autrefois cité minière et industrielle, elle est postée sur les bords de la Cèze, qui favorisait son activité économique. Elle connut à ce titre un drame, lorsque le ruisseau du Long, autre cours d’eau de la commune, s’engouffra dans les galeries minières, tuant 110 des 139 mineurs présents. Quatre furent retrouvés plusieurs jours après. Cet événement important de la mémoire communale est connu sous le nom de « Catastrophe des Mines de Lalle ».

    Aujourd’hui, la commune continue d’exister au-delà de son passé. 2 600 âmes vivent dans ce paisible bourg rural niché dans le parc national des Cévennes, à 30 km au nord d’Alès. Elle propose ainsi de nombreux parcours de randonnée sur ses hauteurs, offrant des points de vue exceptionnels. Son patrimoine n’est pas en reste, avec, notamment, la tour du guet de Castillon, l’église de Foussignargues, l’ancien couvent des sœurs Clarisses, le château de la Marchande… Enfin, depuis quelques années, Bessèges développe le MI.A.O.U., un circuit d’art urbain à ciel ouvert, classé « sentier découverte du Parc national des Cévennes ».

  • Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Une ancienne friche laisse place à une nouvelle résidence pavillonnaire

    Fini la friche, l’ancienne entreprise de BTP laisse place au logement neuf. Un nouveau lotissement a vu le jour le long de la nationale 569, en face du domaine de la Mériquette. Le Clos des Carabins, porté par Bouygues immobilier, a été inauguré mercredi 4 février par son promoteur, ses partenaires, la Ville et le sous-préfet d’Istres Christophe Borgus.

    La résidence se compose de 28 logements pavillonnaires, dont neuf en location sociale portés par le bailleur Erilia et 19 en location intermédiaire gérés par Inli’Paca. D’après le promoteur Bouygues immobilier, la résidence a été conçue autour de trois enjeux : « contribuer à la réindustrialisation par une offre de logement répondant aux besoins des bassins d’emploi », « réaliser des logements accessibles au plus grand nombre en zone tendue » par le panachage de locatif social et intermédiaire, et insérer le projet sur un site déjà existant.

    Valoriser le foncier sans artificialiser les sols

    Le programme s’insère dans le paysage urbain du nord de Fos-sur-Mer, dans la zone pavillonnaire des Carabins. L’emprise du programme remplace celle d’une ancienne entreprise du BTP. « La résidence a permis une requalification complète du site, transformant une emprise industrielle en un nouveau lieu de vie apaisé, végétalisé et ouvert sur son environnement » illustre le promoteur, qui parle de « valoriser le foncier existant tout en limitant l’artificialisation des sols et en contribuant ainsi à un urbanisme plus durable ».

    Le directeur régional de Bouygues immobilier Olivier Ferroni estime que « cette opération illustre la collaboration entre acteurs privés et publics », constituant « un modèle économique exemplaire permettant de proposer une offre variée de logements en phase avec les besoins des familles ».

    Son supérieur Olivier Durix développe : « Bouygues Immobilier développe des solutions résidentielles indispensables à l’accueil des entreprises et de leurs salariés, en tant qu’acteur des territoires », considérant que « la réussite de la politique nationale de réindustrialisation repose aussi sur le logement » alors que des dizaines de milliers d’emplois nouveaux sont annoncées d’ici à 2030 sur la zone, déjà tendue sur le plan de l’habitat.

  • Un documentaire retrace l’exploitation minière en Provence

    Un documentaire retrace l’exploitation minière en Provence

    « On ignore souvent que les mines de charbon des Bouches-du-Rhône ont fortement contribué à l’essor économique de la Provence, depuis la Révolution industrielle jusqu’au XXe siècle. Pendant plus de deux cents ans, elles ont rythmé la vie quotidienne de nombreux Provençaux. Qui étaient-ils ? Comment vivaient-ils ? Et que reste-t-il de ces deux siècles d’exploitation ? », peut-on lire dans la présentation du documentaire Les mineurs de Provence, l’histoire oubliée.

    Réalisé par Lorenzo Consolazione, le film, diffusé ce soir, à 21h à la salle de l’Ensoleïado, avenue du Gaillardet (entrée libre et gratuite) revient sur cette période méconnue à partir d’archives sonores inédites, mises en scène avec des animations 2D en noir et blanc, des photos d’archives et des prises de vues actuelles dans les lieux de mémoire à Gréasque, Saint-Savournin, Gardanne, La Bouilladisse, Peypin, Mimet, Trets, Fuveau… D’anciens mineurs de Gréasque, commune où existe d’ailleurs un musée de la mine, viendront témoigner de leur vie dans les mines.

    En 1948, renseigne un article intitulé Les mines en Provence-Alpes-Côte d’Azur : rencontres avec les mineurs de Gréasque, les « gueules noires » du Bassin minier de Provence sont 6 505, la production de charbon atteint 970 000 tonnes et se place au 3e rang de la production nationale. Le 31 janvier 2003, un point final est mis à cette histoire minière, avec la fermeture du puits Yvon-Morandat, à Gardanne.

  • Aix : à gauche, la sécurité comme cheval de bataille

    Aix : à gauche, la sécurité comme cheval de bataille

    Dans la salle du château de l’Horloge, les drapeaux des composantes de l’union sont dressés, parmi la foule. C’est dans ce quartier dit populaire de la ville que Marc Pena (PS), à la tête d’une union née des forces écologistes et de gauche, a choisi de tenir son premier meeting de campagne. Sur la centaine de sièges, occupés au complet, des invités locaux, incluant Jean-David Ciot (PS), maire du Puy-Sainte-Réparade, ou Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove. Avant les discours officiels, les engagements de campagne, une ronde d’applaudissements et une standing ovation pour Amine Kessaci, absent lors du meeting. Ce soir-là, à Aix, le militant acharné dans la lutte contre le narcotrafic, candidat aux côtés de Benoît Payan était venu soutenir la campagne. Avant de quitter les lieux (lire ci-contre). Amine Kessaci aura eu le temps d’étayer les deux raisons de sa venue lors d’une conférence de presse en amont : « la première est que partout le narcotrafic doit être combattu, partout où je pourrais aller porter cette parole, de dire que la réponse face au narcotrafic doit être à 360 degrés, cela doit être une réponse transversale. » Ensuite, « on travaille à la création d’une association nationale des maires. Et si Marc [Pena], est élu, il siégera dans cette association et portera la voix d’Aix », a-t-il lancé aux côtés du candidat.

    Protéger, sous tous angles

    Autre raison de la venue du militant : « J’ai confiance en Marc pour ramener une vague d’espoir, de renouveau, une vague où l’entre-soi, le règne familial n’a pas sa place dans une République ou tout le monde a sa voix à porter. »

    Lors du meeting, au tour des chefs de file, forces de gauche et écologistes, de réitérer leur soutien au candidat, leur vision d’Aix. « Le combat d’Amine est notre combat. C’est celui que nous allons porter ensemble pendant toute la campagne », promet David Tessier (PCF). Marc Pena, annonce ce soir porter une liste qui « protège. Ce n’est pas un slogan, c’est une ligne de conduite », estime le candidat. Protéger socialement, écologiquement, pour une « tranquillité publique ». Promesse donc, de rétablir des brigades anti-stups, un renforcement de coopération entre police nationale, municipale et services de l’état. « Nous allons recruter des médiateurs de rue, nous rétablirons une police de proximité, nous recréerons des points d’accueil, des commissariats décentralisés, visibles, accessibles dans les quartiers… » comme autant d’engagements. « À ceux qui se servent de la sécurité comme un terreau fertile pour leurs idées nauséabondes, je le redis, la sécurité est un sujet de gauche ! », pose-t-il.

    Amine Kessaci, exfiltré par la police

    Venu soutenir la campagne de Marc Pena, venu parler de lutte contre le narcotrafic et de sécurité Amine Kessaci a dû précipitamment quitter les lieux escorté par les forces de l’ordre alors qu’il tenait une conférence de presse… Engagé dans la lutte contre le narcotrafic, cause de la mort d’un premier frère, fondateur de l’association Conscience pour venir en aide aux familles victimes de narchomicide, le jeune militant vit sous haute protection policière depuis l’été 2025, quelques mois après la sortie de son livre Marseille, Essuie tes larmes, et des menaces répétées. Une protection renforcée, depuis l’assassinat de son jeune frère Mehdi Kessaci, 20 ans, abattu le 13 novembre dernier par un commando à moto à Marseille. « Il ne faut pas se taire », réitérait Amine Kessaci, ce jeudi soir.

  • Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    « L’emprise économique est un vrai sujet dans les cas de violences conjugales », rappelle Clara Agnello, coordinatrice de projet chez Une voix pour elles. Face à cette problématique, le Crédit municipal de Marseille a décidé de s’emparer du sujet en rencontrant, ce jeudi à Marseille, de nombreuses associations d’accompagnement d’aide aux victimes de violences conjugales.

    Avec 90% de clients qui sont des clientes, « cette démarche est en cohérence avec notre public, explique Christelle Gerlier, directrice générale déléguée du Crédit municipal de Marseille. Et on sait qu’avec notre structure on peut répondre aux problèmes financiers que connaissent certaines femmes victimes de violences ». En effet, 20% des femmes victimes de violence ayant appelé le 3919 sont en situation de dépendance économique.

    Le Crédit municipal de Marseille, créé il y a plus de 300 ans, permet aux personnes exclues du système bancaire, d’avoir accès aux crédits. Les outils de l’établissement bancaire, comme les microcrédits accompagnés, le prêt sur gages ou encore le placement de petites sommes, peuvent donc être des solutions face à cette violence économique.

    « Une aide dans l’urgence »

    Le prêt sur gage a particulièrement interpellé Nada Baher, directrice adjointe du planning familial 13. Autorisé seulement dans les crédits municipaux en France, ce type de prêt permet à n’importe qui, sous réserve d’avoir une pièce d’identité et un justificatif de domicile, d’échanger un objet contre une somme d’argent. « C’est vrai que beaucoup de personnes peuvent avoir un objet de valeur. C’est donc quelque chose qui peut débloquer de l’argent rapidement et être une aide dans l’urgence. » Pour l’association Les Louves d’accompagnement de victimes, c’est plutôt le microcrédit accompagné qui a intéressé. Ils pourraient couvrir les frais juridiques que ces femmes doivent engager lors de divorce ou de dépôt de plainte.

    Des outils qui restent toutefois à affiner selon les besoins des associations. « Le but, ce n’est pas de réfléchir seuls à des solutions, mais avec les professionnels de terrain pour répondre au mieux aux différentes problématiques de ces femmes », explique Christelle Gerlier. Pour la directrice du centre d’information sur le droit des femmes et de la famille, Marielle Vallon, il reste par exemple « des interrogations sur la façon de sécuriser les demandes de papiers administratifs, pour que le conjoint ne soit pas au courant. Nous avons des choses réciproques à s’apprendre ». Des projets à coconstruire, entre réalité du terrain et moyens du Crédit municipal.

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.

  • Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Ni l’État, ni les directions des deux compagnies maritimes n’auront apporté de solutions permettant de pérenniser l’emploi maritime sous pavillon français, a considéré la CGT des Marins de Marseille à la sortie de la préfecture. Une réunion de conciliation s’y est tenue jeudi 5 février au matin à la demande de la CGT en présence des organisations syndicales Sammm, STC La Méridionale et des directions de La Méridionale et de Corsica Linea et un représentant du cabinet du ministère des Transports.

    Dans l’attente « d’engagements écrits pour défendre l’emploi maritime français, a expliqué Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT des marins de Marseille, on n’est pas satisfait des propositions faites par l’État et les compagnies ». Pour sortir de la crise, la CGT souhaite un plan commun sur la desserte en Algérie entre la Corsica Linea et La Méridionale depuis Sète et Marseille et une exonération de la taxe carbone pour les déplacements insulaires.

    En Corse jeudi, deux navires de la Corsica Ferries ont été déroutés vers Propriano et L’Île Rousse après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia par des marins grévistes de la Corsica Linea qui dénoncent « le dumping social » de la compagnie a indiqué à l’AFP Antoine Sisco, porte-parole des marins du Syndicat autonome des marins de la marine marchande (Sammm) de la Corsica Linea. Les organisations syndicales revendiquent « l’arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse », « l’interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers » et « l’engagement écrit de l’État garantissant le financement des DSP jusqu’en 2030 ».