Author: tecnavia

  • Deuxième lame d’arrêtés pour ralentir les trottinettes à Avignon

    Deuxième lame d’arrêtés pour ralentir les trottinettes à Avignon

    « On a un bon client là », lance à des policiers municipaux Jean-Luc Queyla, adjoint à la sécurité d’Avignon, en voyant arriver un jeune avec ses écouteurs sur sa trottinette électrique. Une opération de contrôle et de prévention des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) était organisée ce mercredi 17 juin à l’entrée de la rue de la République.

    Alors qu’une quinzaine de trottinettes ont été saisies temporairement – elles seront restituées sur présentation d’une attestation d’assurance – par les agents, et qu’une quarantaine de verbalisations ont été dressées, le maire Olivier Galzi (DVD) en a profité pour exposer un nouvel arrêté d’interdiction de circulation de ces engins. Ainsi, dans une zone concernant la rue de la République, une partie de la rue Thiers et les rues de l’hypercentre situées entre les deux, les conducteurs devront poser pied à terre à partir du 1er juillet, sous peine d’une amende de 135 euros. Cela concerne également les autres EDPM, à savoir les gyropodes, les monoroues ou encore les hoverboards. À cette même date, ils devront également porter un casque (notre édition de ce lundi 15 juin).

    « La priorité est la sécurité des piétons », insiste Olivier Galzi. Un périmètre limité car « c’est tout de même un transport vertueux ». La personne qui gare son véhicule dans un parking relais, soit à Piot, soit aux Italiens, peut ainsi toujours se rendre en centre-ville rapidement. Devant le stand de prévention de la préfecture, le directeur de cabinet du préfet, Thibaut de Cacqueray, estime que les services ont « fait assez de câlinothérapie » et qu’il n’y aura désormais « plus de tolérance ». Ce, après avoir évoqué les deux personnes décédées en trottinette dans le Grand Avignon.

  • Stéphanie Colombero veut « faire gagner la droite » au Sénat

    Stéphanie Colombero veut « faire gagner la droite » au Sénat

    La candidate LR aux sénatoriales, Stéphanie Colombero en tournée dans le département pour rencontrer ses soutiens, espère représenter la droite et le Département au Sénat, et briser le règne de la gauche. Cette année, elle est l’unique candidate de droite, alors que, lors des précédentes élections sénatoriales, deux candidats s’étaient présentés et avaient facilité la victoire de la gauche. Elle affrontera le sénateur sortant Jean-Yves Roux (PRG), Fabrice Durnerin (RN), qui avait échoué aux élections municipales de Manosque, et Stephane Durbec, ancien collaborateur de Jean-Marie Le Pen et élu d’opposition à Céreste. Mercredi, la candidate s’est affichée aux côtés de ses soutiens de la majorité départementale, la présidente Eliane Barreille (DVD), qui a quitté LR « insatisfaite du fonctionnement », et plusieurs vice-présidents.

    En se déplaçant aux quatre coins du département, Stéphanie Colombero espère, « afficher son attachement à la proximité ». Elle compte sur son expérience en tant que cadre de santé pour convaincre les grands électeurs, alors que les déserts médicaux sont un enjeu majeur dans le département. Elle insiste notamment sur « le maintien à domicile des aînés ». « Le fait de siéger dans la majorité sénatoriale donnera un poids supplémentaire et permettra de faire avancer les projets du département plus facilement », assure-t-elle. Sa candidature est aussi « une façon de faire barrage au RN ».

    « On a un sénateur de gauche car il n’y a pas eu d’entente à droite », explique Eliane Barreille, qui se réjouit d’avoir cette fois-ci une seule candidate issue de LR. Sandra Raponi, qui a laissé sa place à la tête de la fédération des Républicains à Bruno Vivien la semaine dernière, vante les mérites d’une candidate « expérimentée » et « compétente ». « Statistiquement, si on prend le nombre de communes à droite Stéphanie Colombero pourrait avoir ses chances », espère Eliane Barreille.

  • Un nouveau lieu d’accompagnement et de vie au cœur de l’hôpital de Hyères

    Un nouveau lieu d’accompagnement et de vie au cœur de l’hôpital de Hyères

    L’hôpital de Hyères compte aujourd’hui un nouvel espace de soins et d’accompagnement de 100 m2, spécifiquement dédié à la santé des femmes, au suivi de la grossesse et à la préparation à la parentalité. Conçue pour favoriser l’écoute et la confiance, la Villa Alma regroupe, dans un environnement apaisant, trois salles de consultation et un espace de prévention autour de la maternité.

    Elle propose des consultations en gynécologie-obstétrique ainsi que toute la gamme d’examens associés, mais aussi des entretiens prénataux et des cours de préparation à la naissance.

    « C’est un message fort qui est porté par les équipes et par l’hôpital, un engagement bien sûr en faveur des femmes, en faveur des familles et en faveur de l’avenir de notre maternité à laquelle nous tenons beaucoup », a déclaré le directeur, Yann Le Bras. L’occasion de préciser qu’il n’était pas anodin d’investir dans ce type de lieu en ce moment, alors que de nombreuses maternités connaissent des difficultés à l’échelle nationale.

    « Ce nouvel espace témoigne de l’attention que vous portez à la santé des femmes, à l’accompagnement des futures mères et au soutien des familles de notre territoire », souligne la maire de Hyères, Véronique Bernardini (SE). La première magistrate insiste sur le fait que l’on pourra toujours compter sur elle pour défendre l’offre de soins du territoire, comme la maternité de Hyères, qui enregistre 700 naissances par an.

  • Les « musiques en fête » aux Chorégies d’Orange

    Les « musiques en fête » aux Chorégies d’Orange

    Comme il est de coutume depuis 15 ans, l’ouverture des Chorégies d’Orange coïncide avec la soirée « Musiques en fête », diffusée en direct sur France 3. Cette année, le vendredi 19 juin au Théâtre antique. Un rendez-vous assuré par l’Orchestre national de Cannes dans le but de « réunir sur une même scène les plus belles pages de la musique classique et lyrique, les grands standards de la chanson, les comédies musicales de Broadway et les plus belles musiques de films ».

    Cette date inaugurale donnera ainsi le la d’un programme 2026 qui « associe l’excellence des artistes à la diversité des propositions avec le choix assumé de s’adresser à tous les publics », résume Richard Galy, président de la Société publique locale (SPL) des Chorégies qui n’attend plus que l’aval de l’État pour transiter vers le statut d’Établissement public de coopération culturelle (EPCC). Suite à la démission de Jean-Louis Grinda, en poste depuis 10 ans, un nouveau directeur artistique doit être nommé à l’issue d’un conseil d’administration prévu la semaine prochaine.

    Traviata et Katerine

    La présente édition marquera le retour de La Traviata de Verdi, le 4 juillet, doté d’une « distribution exceptionnelle avec Jessica Pratt dans le rôle-titre aux côtés de Ludovic Tézier ». Parmi les autres temps forts, la venue de la grande soprano Nadine Sierra, le 27 juin, ou encore une invitation faite le 7 juillet au chanteur Philippe Katerine « à faire entendre ses textes et mélodies en version orchestrale avec l’Orchestre national Avignon-Provence ».

  • Sur l’Iran et l’Ukraine, le G7 affiche une unité de façade

    Sur l’Iran et l’Ukraine, le G7 affiche une unité de façade

    « Ce G7 est objectivement un succès », « il a été un moment d’unité » après une longue période « marquée plutôt par de la fragmentation, des divisions ou des désaccords », s’est targué le président français, hôte trois jours durant de son homologue américain et des autres dirigeants de ce club de grandes puissances (Allemagne, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni) dans la ville thermale des Alpes. Sur l’Ukraine, il a évoqué une « remobilisation du G7 » jugée « extrêmement importante » pour accroître la pression sur Moscou : les pays membres, États-Unis inclus, ont « acté » selon lui qu’il n’y avait « pas de volonté sérieuse de la Russie » de négocier une fin du conflit.

    Pour Emmanuel Macron, « il y a eu un moment Evian à coup sûr, sur l’Ukraine », « un changement très profond de l’approche » de Donald Trump, plus à l’écoute du président ukrainien Volodymyr Zelensky après l’avoir humilié dans le bureau ovale. Habituellement réticent à soutenir Kiev, le président américain a estimé mardi que la Russie « devrait conclure un accord », et que Washington pourrait réimposer des sanctions levées. Les États-Unis et les pays européens du G7 vont en outre produire « sous licence » en Ukraine des missiles de longue portée et des systèmes de défense antiaérienne, des armements réclamés avec force par Volodymyr Zelensky.

    Déclarations conjointes

    Le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui confirmé que les entreprises américaines pourront notamment accorder des licences à cette fin à des fabricants européens. Interrogé, l’imprévisible milliardaire républicain s’est dit prêt à l’envisager, sans s’y engager clairement. Dans une rare déclaration conjointe incluant Donald Trump, réticent à apposer sa signature sur des textes issus de ces grands-messes multinationales et qui avait même quitté prématurément le précédent sommet au Canada, le G7 « reconnaît l’intégrité territoriale ukrainienne », a même assuré Emmanuel Macron. La formulation du communiqué est un peu plus subtile, puisqu’elle affirme que les dirigeants du forum sont « unis » dans leur « soutien indéfectible à l’Ukraine alors qu’elle défend sa liberté, sa souveraineté et son intégrité territoriale ». Emmanuel Macron, qui a assuré avoir « toujours eu confiance » en son homologue américain, a en tout cas réussi son pari de faire rester Donald Trump, avant un dîner au château de Versailles dans la soirée.

    Les dirigeants européens, canadien et japonais se sont répandus en félicitations pour l’accord conclu par les États-Unis avec l’Iran juste avant le sommet, qui permet de mettre fin à une guerre dont ils n’avaient pas voulu, que Trump a déclenché seul aux côtés de son allié israélien, et de rouvrir le détroit d’Ormuz, dont le blocus pesait sur toute l’économie mondiale. Ce protocole d’accord « offre une opportunité historique d’empêcher l’Iran d’acquérir toute arme nucléaire et de s’attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques », ont-ils salué dans une rare déclaration conjointe, publiée dans la nuit de mardi à mercredi. À l’avant-veille de la signature en Suisse du texte, Donald Trump a néanmoins encore menacé de recommencer à « balancer des bombes en plein dans [les] têtes » des dirigeants iraniens s’ils « ne se comportent pas bien ». Qui sait ce qu’il décidera demain.

  • Éclectique et gratuit, le festival les Escapades est de retour

    Éclectique et gratuit, le festival les Escapades est de retour

    Qui dit début de l’été, dit retour des Escapades au Théâtre Durance. Le festival, gratuit, fait la part belle à l’éclectisme, entre promotion des artistes locaux et ouverture aux musiques d’ailleurs. « On travaille sur la découverte musicale, amener le public vers autre chose que ce qu’il a l’habitude d’écouter. L’esprit c’est la qualité artistique et la découverte », explique la programmatrice Elsa Gobert.

    Pour la première fois, le festival démarre ce jeudi soir avec ALA.NI, artiste londonienne originaire de Grenade qui propose « un son assez music-hall mais pas que. Elle peut nous emmener aussi jusqu’aux îles Caraïbes d’aujourd’hui, c’est assez solaire, détaille Elsa Gobert. Ensuite, ce sera Mélissa Lavaux, Une artiste d’origine haïtienne très engagée, qui a livré un dernier album très personnel où elle raconte toutes les fois où elle a frôlé la mort. Un sujet qu’elle aborde d’un point de vue poétique. Elle n’en rit pas mais presque ». Vendredi 19 juin, la première partie de soirée sera assurée par une artiste locale résidant à Embrun, Ottilie B. D’ordinaire adepte de musique électronique, elle revisite son répertoire intégralement en acoustique. Suivra le groupe Atomic PingPong, « une formation qui vient de l’art de rue, à l’esthétique fanfare, presque dadaïste, colorée, décalée et très festive », décrit Elsa Gobert.

    À côté des deux groupes, se produira la Djette, La Louve, qui reprend les musiques maghrébines à la sauce électro. Enfin, samedi 20 juin se partagera entre Sarab, quatuor capable de passer « de la poésie arabe à un rock très underground et post-punk » d’après la programmatrice du festival, et Friedberg, groupe autrichien avec « une pop rock assez envoûtante, qu’on écouterait pour aller faire des road trips ».

    Ottilie B, un répertoire

    en réinvention

    Parmi les artistes de cette édition, Ottilie B, musicienne associée au Théâtre de Gap, est sans doute la plus locale mais aussi la plus difficile à enfermer dans un seul genre. « Le projet actuel, “En boucle”, est une réinterprétation de mon répertoire, en version acoustique, totalement libérée des machines, explique l’artiste embrunaise. Je dis libérée, c’est volontaire, parce que c’est un peu à l’inverse de ce qui se fait aujourd’hui. J’avais envie de quelque chose de plus brut, de plus aux prises avec les choses essentielles. C’est un peu une récréation pour moi. » Un style qui se prête d’ailleurs particulièrement bien aux événements comme les Escapades. « Ma démarche s’inscrit dans un lien au plus près du spectateur, explique-t-elle. D’ailleurs, j’aime bien dire spect’acteur, spectact’rice, les rendre partie prenante de mes créations. Ça m’intéresse de faire sentir au public que sans lui, il n’y a pas de spectacle. C‘est un rendez-vous qu’on se donne. » Le rendez-vous est donc pris, du 18 au 20 juin au Théâtre Durance.

  • [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    La Marseillaise : La Résistance a été une aventure minoritaire, difficile. Est-ce compliqué de jouer de Gaulle en sachant l’icône qu’il est devenu ?

    Simon Abkarian : Non, car mon travail est d’être au présent de ce que je raconte dans le film. Il faut donc que j’oublie ce qu’il s’est passé. Après, c’est sûr que ça peut paraître casse-gueule d’incarner de Gaulle vu que c’est une icône pétrifiée dans le panthéon de l’histoire de France.

    Qu’est-ce que vous inspire la récupération politique de son héritage par l’extrême droite qui en est pourtant, dans son essence, un ennemi héréditaire ?

    S.A. : Ils se réclament de figures tutélaires comme lui pour faire avancer leur affaire. Mais il faut tenir compte de la matrice du RN qui est celle que l’on connaît.

    Celle que l’on connaît, mais que beaucoup de gens ont visiblement tendance à oublier…

    S.A. : Ça, c’est surtout à cause de certains médias qui s’appliquent à le faire oublier. Mais c’est comme l’histoire de la grenouille et du scorpion. La grenouille traverse la rivière avec le scorpion sur le dos de la grenouille qui dit : « pourquoi tu m’as piquée ? on va se noyer tous les deux ». Et le scorpion lui répond : « parce que c’est ma nature ». Il y a quelque chose de cet ordre. Dans le Rassemblement national, il y a le mot rassemblement qui cloche. Quand on veut rassembler, il faut rassembler tous les Français, quelles que soient leurs origines, naissances, confessions et couleurs de peau. Je trouve dommage qu’on parle toujours de cette ethnicité de la France et jamais du fait social, alors que la misère participe à ce que certaines régions, villes ou quartiers soient livrés à eux-mêmes.

    La perte des repères, les fissures des digues républicaines, le révisionnisme de l’histoire… qu’est-ce que cela dit de la société française actuelle et de ses dirigeants selon vous ?

    S.A. : L’histoire de France, c’est l’histoire de France. De sujets du roi, on est passé à citoyens. De citoyens, on est passé à citoyens éclairés. De citoyens éclairés, on est passés à consommateurs décérébrés. Et après, on nous dit de réfléchir. Mais on n’a plus les outils pour le faire. À mon époque dans les années 1970, on était politisé. On savait qui faisait quoi, où étaient la droite et la gauche. Maintenant, les choses sont ce qu’elles sont sur la planète, le mur est tombé et le capitalisme a gagné la guerre. Il roule sur tout ce qu’il trouve.

    Pensez-vous que « La Bataille de Gaulle » peut permettre de reposer certains repères ?

    S.A. : Alors là, bien sûr qu’il va en poser des repères, ne serait-ce que sur la question de la probité politique, sur l’honneur et la morale, les droits et les devoirs. De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans. Je ne pense pas qu’Antonin Baudry ait réalisé ce film pour que cela résonne politiquement, même si cela va le faire à son corps défendant. Car tout est politique. Moi, j’ai une grande idée de la France. Les gens qui ne font que parler de « grand remplacement » ont une piètre idée de la France et de sa force.

    Quelle était votre image de
    de Gaulle avant de l’incarner
     ?

    S.A. : Chez moi, mon père en parlait en disant qu’il avait sauvé la France et lavé son honneur. Mais je ne savais pas, par exemple pas qu’il avait été condamné à mort par Vichy et déchu de sa nationalité. Mon père était un Arménien du Liban. Il était politiquement engagé à gauche dans la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA). Chez nous, l’éducation était de base : injustice-justice, héroïsme-lâcheté. On me demande souvent de quelle origine je suis. Je réponds d’abord que je suis d’origine pauvre.

    Arménien et pauvre comme Missak Manouchian. Un apatride, un ouvrier, un poète, un résistant communiste et une figure dont le RN a aussi voulu s’emparer au moment de sa panthéonisation ?

    S.A. : Ils veulent se laver de leur passé et faire peau neuve pour pouvoir accéder au pouvoir. Après, je pense qu’on n’échappe pas à sa nature. Je suis sûr qu’ils vont finir par se réaffirmer tels qu’ils sont avec leur idéologie mortifère.

  • Un camp d’été dans le Dévoluy pour les collégiens de REP

    Un camp d’été dans le Dévoluy pour les collégiens de REP

    « Bon allez, si dans cinq minutes, il y en a qui ne sont toujours pas prêts, on part sans eux ! » Jean-Lou Vinard, médecin retraité et accompagnateur de montagne, donne de la voix. Il est 8h50, la randonnée débute dans dix minutes. Il s’apprête à emmener 21 élèves de 5e du collège de Laragne-Montéglin et leurs deux professeurs pour une boucle de 12 km entre Saint-Étienne-en-Dévoluy et le Vallon d’Âne.

    Lui et Luc Bernard, herboriste, tous deux randonneurs de montagne chevronnés, ont créé « Tous ensemble au sommet ! », un programme à travers lequel ils emmènent en camps de montagne des collégiens de REP, souvent issus de milieux modestes, avec plus de difficultés scolaires.

    Course d’orientation, escalade, fabrication d’un herbier, spéléologie… La majorité des élèves du groupe, âgés de 12 à 14 ans, n’a jamais passé autant de temps en montagne ou pratiqué des activités comme la via ferratta. « C’était mon moment préféré. Je ne connaissais pas du tout, ça faisait un peu peur mais c’était super cool », témoigne l’un d’eux, mi-exalté mi-effrayé par le souvenir du parcours en altitude sur les falaises. « C’est tarpin bien ! , s’enthousiasme sa camarade. En plus, on est sans nos téléphones, on est déconnectés alors on profite à fond. »

    La montagne pour tous

    Pour eux, le camp apporte son lot de découvertes, à tous les niveaux. « On mange plein de choses nouvelles, comme des fleurs, on en a dans toutes les salades, ça rajoute du goût », remarque Paris. « On fait plein de choses mais le meilleur moment c’est quand on se rassemble le soir, qu’on est entre nous, on mange des marshmallows sur le feu et on joue au loup-garou », témoigne Kenzo, suscitant l’adhésion de son groupe. Seul hic : « Les nuits en tente ! Il fait froid et le matin tout est mouillé », grimace l’une d’entre eux. « Pour moi, la montagne, c’est une belle maîtresse d’école, elle apprend aux enfants l’initiative, la solidarité, l’effort. Elle m’a beaucoup apporté et pour des gamins, ça leur ouvre la tête, affirme Jean-Lou Vinard. L’idée nous est venue d’un copain, Loïc Preghenella, accompagnateur de montagne comme nous, qui a emmené en 2023 des enfants de milieux défavorisés de la région parisienne grimper le Monte Cinto en Corse. On a contacté Dominique Gosselin, principale du collège de Laragne, qui nous a donné son feu vert. » Au bout d’une heure de marche, le groupe s’arrête à la fontaine de la ferme de Luc Bernard, herboriste, qui a grandi dans le Dévoluy. « Je randonne ici depuis maintenant soixante ans. C’est un espace naturel magnifique à leur faire découvrir, explique ce dernier, qui, la veille, a fait composer un herbier au groupe. On est tous deux retraités alors on a du temps pour transmettre. J’essaye de renouer un peu avec ce savoir des anciens, la connaissance des plantes avec lesquelles on peut manger, se soigner ou celles qui sont dangereuses. »

    Après deux ans, le partenariat est pérennisé avec le collège de Laragne. Mais Jean-Lou déplore cependant un manque de soutien local : « On fait découvrir le Dévoluy et pourtant on voit qu’autour de nous, ça ne se mobilise que partiellement. Cette année, on a démarré le projet en négatif de 3 000 euros. On va finir par les trouver, mais on aimerait être un peu plus soutenus », soupire-t-il.

  • Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Une dystopie faite de bonhommes en plastique, qui voit leur monde sombrer dans la panique lorsque la matière dont ils sont composés est transformée en carburant… Utopsie, court-métrage réalisé par Anthony Smeyers, est l’un des 48 films d’une minute, 100% généré par IA, sélectionnés par le jury du festival MarsAI, sur le thème « Imaginer des futurs souhaitables ».

    L’événement, qui se tient vendredi, est organisé par l’école La Plateforme, qui propose des formations d’audiovisuel assistées par l’IA, et Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, qui présente des films courts réalisés à l’aide de smartphones. Tous se sont réunis, ce mercredi à l’ex-Docks des Suds, pour l’avant-première de la projection de certains courts-métrages. « L’objectif est de créer ensemble de l’attractivité pour faire le futur le plus souhaitable possible. Bruno, en apportant les formats courts, et nous, l’IA », explique Cyril Zimmermann, co-fondateur et président de La Plateforme.

    L’idée du projet est de rendre le cinéma accessible à tous. Réalisés à partir de plusieurs outils vidéos, gratuits comme payants, et de prompts (questions posées à l’IA), « ces formats courts permettent de se mettre à l’échelle de ce qui est possible. On souhaite faire émerger de nouvelles traditions, donner l’envie de créer », déclare Bruno Smadja. La durée de réalisation n’a rien à voir avec un film classique : 48h à 15 jours suffisent à créer un court-métrage 100% IA. « On a vu arriver l’IA comme un formidable outil de création. En discutant avec beaucoup de créateurs, on a compris qu’elle permettait d’exprimer des idées et de raconter des histoires sans besoin financier. »

    L’IA va-t-elle bouleverser l’industrie cinéma ? Bruno Smadja apporte une réponse nuancée : « Elle va plutôt s’intégrer petit à petit. Parce que l’émotion que peut transmettre un acteur ou une actrice sera difficilement battable par une IA. » Au risque toutefois de remplacer le travail humain. « ça aide à la réalisation d’un film, comme le font les effets spéciaux. C’est un outil », précise-t-il.

    « On consomme

    une énergie délirante »

    Les films d’une minute, qui défilent lors de cette avant-première, présentent pratiquement tous un même thème : celui de l’environnement. Un paradoxe lorsque l’on sait que l’IA a des conséquences néfastes sur celui-ci. « L’impact carbone est absolument terrible. Il faut penser différemment et construire des data center avec intelligence », souligne Bruno Smadja. « Je pense qu’on a besoin de définir un cadre d’utilisation, on consomme une énergie délirante. Il faut imposer des usages responsables », confirme Cyril Zimmermann.

    Mais ce cinéma, pensé comme accessible, réclame tout de même certaines connaissances. « Pour retranscrire ses idées, il faut avoir une culture audiovisuelle, comme les angles ou les postures de caméra », développe Bruno Smadja.

    Vendredi, lors du festival, cinq lauréats obtiendront une bourse de 10 000 euros, leur permettant de créer d’autres projets. « Ce n’est pas en refusant l’outil qu’on va répondre aux inquiétudes, c’est en l’utilisant bien qu’on va l’intégrer », conclut Bruno Smadja.

  • Les jeunes sensibilisés aux risques du protoxyde d’azote

    Les jeunes sensibilisés aux risques du protoxyde d’azote

    La deuxième édition de la Journée de prévention du CIQ s’est déroulée ce mercredi 17 juin, dans le quartier de Saint-Jérôme, avec la volonté de rapprocher la police municipale des habitants. La directrice du CIQ, Lila Grisy, souligne : « La sécurité (…) passe aussi par la prévention, l’information et le dialogue avec les habitants. Aujourd’hui, notre jeunesse est confrontée à de nouveaux dangers, comme le protoxyde d’azote, un véritable fléau dont les conséquences sont encore trop souvent méconnues. »

    L’antenne de la police municipale (PM) s’est installée dans le quartier en septembre 2025. Au cours de l’après-midi, les brigades de la PM sont intervenues pour sensibiliser les jeunes à diverses problématiques. Intervenant surtout dans les écoles et les clubs seniors, « on fait beaucoup de prévention », explique un policier.

    « Cela touche tous

    les secteurs »

    Une problématique reste au centre des échanges : le protoxyde d’azote. Le produit, qui n’est pas encore reconnu comme un stupéfiant est, à la base, utilisé dans le milieu médical. « Cela touche tous les arrondissements et tous les secteurs », confie un policier. Ils espèrent sensibiliser les jeunes aux effets nocifs. « Il y a un risque de tétraplégie, de paraplégie, de troubles neurologiques, jusqu’à la mort », alerte-t-il.

    Par ailleurs, la brigade de l’environnement a alerté notamment sur les dépôts sauvages qui affectent tout particulièrement le quartier.