Author: tecnavia

  • Michel Loy : « Le seul grand monument qui me manque »

    Michel Loy : « Le seul grand monument qui me manque »

    La Marseillaise : Vous venez d’obtenir votre qualification pour votre 94e championnat de France, égalant ainsi Christian Fazzino. Vous avez également remporté très récemment les Nationaux
    de Bourbon-Lancy et de Firminy. Comment jugez-vous votre saison actuelle ?

    Michel Loy : Déjà, au niveau des championnats, quand tu arrives à en gagner quelques-uns, ça te met forcément en confiance pour la suite. Et puis, quand tu joues le triplette mixte avec un Yohan Cousin en grande forme au milieu, ça donne envie de reprendre le tir. Les résultats suivent, notamment à Firminy où l’on bat l’équipe de France, puis les Espoirs, avant de s’imposer contre Dylan Rocher en finale. Donc pour l’instant, je ne peux pas me plaindre : j’arrive encore à tenir un bon niveau au tir. Pourvu que ça dure le plus longtemps possible.

    Le Mondial La Marseillaise
    n’est pas votre concours de prédilection, mais y avez-vous retrouvé du plaisir lors de votre retour il y a deux ans dans
    les allées du parc Borély ?

    M.L. : J’ai pris du plaisir, oui, mais je suis surtout resté avec un petit goût d’inachevé. Roby [Stéphane Robineau] et [Mayron] Baudino, tenant du titre, m’avaient appelé la veille pour que je sois pointeur avec eux. Forcément, quand tu joues avec deux phénomènes comme ça, et sur un concours qu’ils maîtrisent parfaitement, ça change tout. En huitième, j’avais vraiment bien joué, avec de très bonnes sensations au point. À ce moment-là, je me suis mis à rêver un peu, parce que, sans prétention, c’est probablement le seul grand monument qui me manque. Je n’y ai participé que huit fois. Je l’ai découvert jeune, j’ai perdu deux fois en quart, et j’ai mis du temps à y revenir. Et puis, quand on te propose ce type d’équipe, tu ne refuses pas. En huitième, on perd 13 à 10… mais c’est le jeu.

    Comment expliquez-vous cette absence de 22 ans au Mondial ?

    M.L. : Je me souviens notamment d’une année où on avait battu Marco Foyot et Passo au championnat de France, à Melun, pas loin de chez moi. Et eux, le dimanche, ils avaient déjà pris la route pour aller jouer La Marseillaise. À cette époque, avec Didier, on s’était qualifiés treize ans de suite en doublette. Donc forcément, quand ça tombait sur la doublette, ça nous empêchait d’y participer. Il y avait aussi les terrains. Ce n’étaient pas forcément ceux que je préférais. Tirer dans les cailloux, ce n’est pas la même chose que jouer sur les terrains de La Marseillaise. Honnêtement, je ne saurais même pas dire précisément pourquoi, mais ce n’était pas une compétition vers laquelle j’allais naturellement. Cela dit, les premières fois où j’y suis allé, j’ai pris beaucoup de plaisir. Même si j’étais tireur à l’époque, aujourd’hui on me perçoit différemment. Alors que j’ai commencé comme tireur de tête. Et c’est vrai que ce ne sont pas des terrains où l’on se dit spontanément : « Tiens, Michel Loy va être à l’aise là-dessus. »

    Vous évoluerez lors de cette 65e édition de La Marseillaise
    à pétanque avec votre partenaire habituel Yohan Cousin et le double vainqueur du Mondial, Patrick Messonnier. Comment s’est formée cette triplette ?

    M.L. : C’est une équipe Toro. Je suis ambassadeur Team Toro MS, donc avec Patrick et Yohan, ça fait une très belle formation. Patrick va nous apporter son expérience du très haut niveau et nous aider à gérer ce genre de compétition, qui reste un concours à part. Moi, quand je commence un concours, j’ai toujours des ambitions. Peut-être que je l’ai fait moins souvent que d’autres, mais quand j’étais tireur, j’ai joué La Marseillaise trois ou quatre années de suite. Ensuite, je suis passé un peu au milieu, et je n’ai pas spécialement insisté pour monter des équipes, parce que ce concours fonctionne souvent avec des formations construites comme ça, un peu sur le moment. Mais aujourd’hui, si on vient, c’est pour jouer quelque chose.

    Avec Yohan Cousin, vous formez une doublette très performante. Comment est-elle née cette association ?

    M.L. : Je venais de quitter mon club de Décines. J’avais eu un désaccord qui m’avait vexé, et je m’étais dit que j’avais passé l’âge de ces histoires-là. Je suis donc parti sans équipe, sans savoir où j’allais atterrir. Dans mon esprit, j’avais repéré Yohan comme un joueur très intéressant, très fort, mais surtout avec une bonne mentalité. Je ne le connaissais pas vraiment, mais il m’avait fait cette impression. Et, une semaine, on se retrouve tous les deux en équipe de France à l’Europétanque de Nice. À l’époque, David [Le Dantec] m’avait demandé d’être parrain pour encadrer les jeunes après mon titre de champion de France en tête-à-tête. Avant le concours, Yohan m’apprend que son partenaire allait partir la saison suivante et qu’il se retrouvait donc sans solution. Je me dis qu’on va voir comment ça se passe. On joue ensemble, on fait une bonne Europétanque, on perd en demi-finale dans une partie qu’on pouvait gagner, avec Christophe Sarrio contre l’équipe de Patrick Laur, Lucas Desport et Sony Even. Et c’est comme ça que l’équipe s’est créée. L’année suivante, on est champions de France. J’ai toujours eu un peu de chance dans les rencontres et les joueurs qui se sont greffés à mon parcours.

    Vous avez récemment remporté
    le National de Firminy avec deux jeunes prodiges malgaches, Zigle, champion du monde en titre du tir de précision, et Yves, l’un
    des tenants en titre au Mondial La Marseillaise à pétanque. Quel regard portez-vous sur eux ?

    M.L. : Dans le jeu, ils sont naturels. Ma génération de Malgaches était un peu plus « vicieuse », dans le bon sens du terme. Ça permettait des confrontations où il fallait aussi s’imposer mentalement, pas seulement techniquement. Ils étaient moins « cool », mais pas moins forts à l’adresse, loin de là. Quand tu jouais contre Jacky [Randrianandrasana], avec Christian [Andriantseheno] et d’autres, tu comprenais vite le niveau. Et quand tu vois encore aujourd’hui des joueurs de ce niveau qui ne seront peut-être pas sélectionnés alors que ce sont des phénomènes, tu imagines le vivier qu’il y a à Madagascar. On les connaît peu ici, mais là-bas ils jouent en permanence sur des terrains durs, tout le temps.

    Vous avez été le sélectionneur qui a apporté la première médaille
    de l’histoire du Danemark lors des championnats du monde, à Karlslunde en 2022. Un retour comme sélectionneur, mais cette fois-ci avec les Bleus,
    vous intéresserait ?

    M.L. : Quand Didier [Choupay] a repris l’équipe de France, alors qu’il était sélectionneur de la Suisse, il m’a proposé de le remplacer. J’ai été très honnête avec lui : je ne me sentais pas capable d’assurer une telle charge, ni de passer autant de week-ends à gérer une équipe. Moi, ce qui m’intéresserait, c’est un autre rôle : une dizaine de week-ends par an pour suivre des joueurs, les observer, les accompagner, puis les coacher sur une grande compétition. Et forcément, si je dois choisir, je préférerais coacher la France plutôt qu’une autre sélection. Peut-être qu’un jour cela se présentera. Mais aujourd’hui, passer 30 week-ends sur 52 à suivre des joueurs et être en permanence sur une chaise… non. Je suis encore joueur, et j’aime ça. Mais le coaching, j’ai aimé l’expérience.

  • Pas un bulletin météo

    Pas un bulletin météo

    La Provence entre en épisode caniculaire. Des pointes à 40° sont annoncées, des records de températures aussi bien la nuit que le jour… Nul bulletin météo dans ces informations mais l’occasion de rappeler les impacts qu’ont ces hausses de températures liées au réchauffement climatique. Elles provoquent des décès au travail comme ce jeune couvreur de 19 ans mort d’hyperthermie dans la Drôme. La canicule tue aussi au quotidien. L’an dernier la Région Sud avait été la plus frappée par la mortalité attribuable à la chaleur. Si les plus de 75 ans sont les plus touchés, les personnes fragiles sont aussi dans la rue. La canicule est enfin synonyme de risques incendie accru ou de saturation des Urgences.

    Adaptation ?

    Les scientifiques martèlent que le dérèglement climatique va provoquer des canicules toujours plus fréquentes et intenses. On le constate déjà. Et pourtant, l’adaptation qui permettrait de dépasser les mesures improvisées dans l’urgence n’est pas au rendez-vous. Il y a bien un plan national et des ministres pour se féliciter régulièrement des progrès de la France. Mais dans les faits, le fonds vert qui permet de soutenir les collectivités territoriales pour la transition écologique a été divisé par deux entre 2024 et 2026 et est à nouveau menacé d’une coupe franche de 162,5 millions d’euros. Le Haut conseil pour le climat répète que différer les investissements entraînera une augmentation des coûts à long terme mais manifestement le gouvernement n’en a cure. Imaginer que c’est parce que ce sont les travailleurs et les plus fragiles qui en payent le coût le plus élevé serait paranoïaque ?

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    L’obscurité est grande, on aperçoit sous le bras droit de cette jeune femme le crâne sans âme d’une Vanité. Son extase et ses sensations sont intenses, irrésistiblement proches de la douleur. Sa bouche entrouverte reprend souffle. Cette apparition parmi les parois anonymes d’une grotte au milieu de la nuit, la solitude et les très vives émotions de Marie-Madeleine sont à la fois mystiques et charnelles, scandaleusement sensuelles. Un éclairage de théâtre, la lumière venue du crucifix, discernable à gauche, éclaire fortement son visage, le blanc et le rouge, les drapures et les plis de ses vêtements, son transport hors d’elle-même, un indissoluble mélange du sacré et du profane. Ses cheveux roux sont dénoués, ses mains se crispent. Sa surprise, son vertige et son tourment déclenchent un immense bouleversement. Sa beauté presque blafarde, sa tête, ses épaules et son buste se rejettent vers l’arrière afin de consentir à la violence de la sensation. Cette attitude dictée par l’inconscience du corps, elle l’aurait adoptée pour éprouver pleinement le choc de cette commotion. Après quoi, on peut imaginer qu’elle voudra se souvenir de ce soudain voyage jusqu’à l’extrême bout de la nuit et demander toujours plus.

    Un souffle abrupt et terriblement sacré, un choc clairement physique habitent les mouvements et l’immobilité de cette personne. Douleur et joie, Marie-Madeleine évoque Saint Jean de la Croix, préfigure les sensations complexes de jouissance et d’ignorance qui traversent un sommet de l’art baroque à Rome, le marbre où l’on découvre le sourire et la flèche d’or de l’Archange qui transpercent le sommeil de Thérèse d’Avila, la sculpture du Bernin qui fut commentée par Jacques Lacan. On pense aussi aux dessins d’Ernest Pignon-Ernest réalisés pour les portraits mystiques d’Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne et Madame Guyon.

    Les solides qualités de cette copie du Caravage, signée par le peintre flamand Louis Finson, expliquent les débats qui agitèrent les historiens de l’art. Avant de se rétracter, Roberto Longhi avait longtemps estimé qu’il s’agissait d’une œuvre du Caravage. Cette toile fut souvent sollicitée par les emprunteurs. Entre autres, en 2012 pour l’exposition du musée Fabre de Montpellier consacrée aux Corps et aux Ombres du Caravagisme européen. Récemment, pendant l’hiver 2025, afin de ponctuer l’exposition Georges de La Tour du musée Jacquemart-André.

  • [Maj] 5000 mètres carrés partent en fumée à Marseilleveyre

    [Maj] 5000 mètres carrés partent en fumée à Marseilleveyre

    Quatre canadairs et un hélicoptère bombardier d’eau loué par la ville de Marseille, ont été mobilisés, ainsi qu’une soixantaine de marins-pompiers.

    « La police municipale a également bloqué les accès routiers et les sentiers de randonnée », indiquait Arnaud Drouot, l’adjoint au maire de Marseille chargé du bataillon des Marins pompiers, rapidement présent sur place. L’alerte à été donnée à 16h45.

    Vers 19h, le foyer était fixé après avoir parcouru entre 4000 et 5000 mètres carrés. Les forces terrestres sont alors entrées en action pour se rendre sur site et définitivement maitriser le foyer.

  • Opération de grand nettoyage devant Emmaüs Saint-Marcel

    Opération de grand nettoyage devant Emmaüs Saint-Marcel

    Cette opération au 46 boulevard de la Cartonnerie à Marseille a permis de récolter en fin de journée 2 tonnes de déchets.

    Il est dorénavant impératif de respecter les consignes de dépôt.

    7 jours sur 7, de 8hà 12h et de 14h à 17h15 au 46 Bd de la Cartonnerie, 13011 Marseille. Tel : 04 91 89 40 66
  • David Ytier : « Il faut revoir le modèle financier de la Métropole sinon elle va s’éteindre »

    David Ytier : « Il faut revoir le modèle financier de la Métropole sinon elle va s’éteindre »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Attributions de compensation

    Didier Gesualdi : Vous êtes le grand argentier de la Métropole…

    En ce moment on m’appelle plutôt Picsou !

    Didier Gesualdi : Et le préfet qui a rendu sa copie sur le budget et a décidé de demander de l’argent aux territoires à travers les attributions de compensation. Comment avez-vous réagi ?

    La première réaction est de dire qu’on est au bout d’une procédure qu’on a choisie volontairement puisqu’il y avait eu un choix collectif des élus de ne pas voter le budget face à des difficultés structurelles et donc de saisir les magistrats de la Chambre régionale des comptes. Il y a eu une petite surprise puisque le préfet s’écarte en partie de ces préconisations et va sur un terrain sur lequel les magistrats disaient qu’il ne pouvait pas aller puisque ce sont des mesures qui ne relèvent que du conseil de Métropole et pas du pouvoir de l’État.

    Didier Gesualdi : Une volonté politique ?

    Il y a sans doute une volonté politique de l’État d’envoyer un message à ce territoire mais surtout de retenir une préconisation qui en réalité ne peut pas être mise en œuvre techniquement de manière simple. Quand le préfet dit « il faut retirer des attributions de compensation » il soulève un sujet. Pour mettre en œuvre cela, il faut que les représentants des communes valident aux deux tiers dans une majorité qualifiée du conseil de Métropole dit la loi, et ensuite que chaque conseil municipal, dans chacune des communes concernées par la baisse de dotation, le ratifie.

    Léo Purguette : Donc ça n’arrivera pas.

    Tout le monde a compris que la loi sanctifie les attributions de compensation. L’État a fait, via la signature du préfet, ce que les magistrats disaient qu’il ne pouvait pas faire. Donc ce sujet n’existe pas politiquement.

    Léo Purguette : Pourtant le maire de Marseille en parle beaucoup…

    On peut débattre de tout, et tout le monde est d’accord pour dire qu’il n’y a pas de tabou, mais au regard de cet élément technique, on voit bien que le chemin est plus que complexe à prendre.

    Sommes indues

    Didier Gesualdi : Le maire de Marseille défend son territoire, ceux d’Istres, de Martigues, d’Aix-en-Provence… revendiquent eux un héritage du passé, disant on avait des moyens, on nous les a pris pour construire la Métropole. On parle de « sommes indues », ce qui est difficilement audible pour les populations et les élus ?

    À ce stade, aucun juge n’a prononcé l’illégalité de ces sommes et d’ailleurs elles sont revotées mécaniquement tous les ans dans les budgets par délibération et aucun préfet n’a saisi un juge de ce sujet. Il y a un désaccord politique entre l’État et les communes sur le calcul de ces dotations. Ces attributions de compensation représentent une histoire : l’histoire de la taxe professionnelle qui était avant versée aux communes et qui est partie dans le giron métropolitain, l’histoire des transferts de compétences… Donc c’est un dû aux communes. Ce qui est dit « indus » ce sont les mécanismes qui ont été mis en place par toutes les anciennes intercommunalités lorsqu’elles ont de force été intégrées à la Métropole pour geler les acquis de ces anciens territoires. En réalité, personne dans ce territoire ne demandait la Métropole. Elle pouvait être souhaitée, certains la demandaient, mais elle a été faite de force. Donc il y a eu des mécanismes de protection mais personne ne vole rien. On a l’impression que, quand on évoque des attributions de compensation indues, il y a des communes qui volent de l’argent, qu’il y a des gens qui se mettent de l’argent dans les poches. Il n’y a personne qui se répartit des bénéfices et part avec la caisse publique.

    Refus de voter le budget

    Léo Purguette : Vous ne regrettez pas ce choix d’avoir refusé de voter le budget ?

    Non dans le sens où, quand on le fait, il y a 123 millions à chercher et une seule solution sur la table : l’augmentation massive de l’impôt avec en moyenne 200 euros de plus par contribuable foncier. On dit tous qu’il est hors de question d’aller vers cette solution et qu’il est temps que l’État ouvre les yeux sur le financement des transports dans notre Métropole. Donc nous l’avons fait pour interpeller l’État, pour éviter d’aller vers la solution de l’impôt, pour gagner du temps et essayer de regarder dans l’organisation de notre Métropole et dans son budget s’il n’y avait pas des pistes d’économie. Donc malgré tout, une partie du chemin a été faite. Pas la totalité, mais maintenant que l’on a un budget, on a un peu de temps pour y travailler.

    Didier Gesualdi : Mais le préfet dit aussi : non la Métropole n’est pas pauvre. Un effet boomerang ?

    Ce discours est assez incroyable. Les magistrats disent que la Métropole est arrivée au bout dans son modèle financier, qu’elle ne peut plus arriver à assumer le financement des transports dans un territoire où on a besoin de les développer.

    Austérité

    Léo Purguette : Vous dénoncez le choix du préfet de demander de l’argent aux communes. C’est l’austérité. Vous qui appartenez à une famille politique qui l’a souvent prônée, vous en faites le bilan ?

    Je ne prône pas l’austérité, je prône le fait de gérer le mieux possible l’argent public et de faire en sorte d’avoir des modèles qui tiennent, avec des économies quand on doit les faire, avec une rationalisation de nos dépenses… C’est ce qu’on est en train de faire à la Métropole. Faire 90 millions d’économie, c’était attendu par un certain nombre qui se disait que cette Métropole, non qu’elle était mal gérée, mais que peut-être dans des choix du passé, dans des politiques publiques qui s’étaient accumulées et pouvaient faire doublon, dans des dépenses de communication exagérées… Est-ce qu’on avait besoin de lancer un magazine métropolitain distribué à 600 000 exemplaires qui coûtait un million d’euros ? Nous, on dit non.

    Vers la fin ?

    Léo Purguette : À vous entendre, la situation est assez bloquée, est-ce que la Métropole a un avenir ?

    Ce qui est certain est que le modèle est à bout de souffle et fait même sourire ceux qui disaient – et ils étaient nombreux sur le territoire il y a 10 ans – que cette Métropole ne tiendrait pas. On est dans une séquence forte mais quand on va parler du budget 2027, les problèmes seront les mêmes, voire amplifiés. Le modèle financier n’est plus viable. C’est ce que tout le monde s’accorde à dire. Si l’État continue à être aveugle il va y avoir peu de pistes. Mais il y a une volonté dans cette métropole pour dire : essayons de sauver les meubles, de tenir le plus possible, le temps peut-être que dans la loi de Finances à venir il puisse y avoir quelques pistes optimistes pour nous et l’année prochaine il y a une élection présidentielle et il y a aura peut-être une autre majorité qui se dégagera et qui aura d’autres visions. Il faut qu’on arrive à finir 2026 qui est une année compliquée mais il faut aussi qu’on arrive à revoir le modèle financier de la Métropole sans quoi, c’est sûr, elle va finir par s’éteindre.

    Transports

    Didier Gesualdi : Le préfet a dit que l’État n’aiderait pas plus la Métropole ?

    On peut tourner le problème comme on veut : il y a un problème structurel de financement de nos transports. Il y a deux solutions. Soit on dit on revient en arrière, on arrête les plans transport, le plan Marseille en grand, on ferme des lignes de bus… Mais personne n’a envie de ça. Donc si on a besoin de le développer, il faut qu’on parvienne à le financer et que l’État ouvre les yeux sur une chose : notre situation n’est pas propre à la Métropole Aix-Marseille. La région Île-de-France était dans le même cas et l’État a réagi en disant « on ne peut pas laisser la région Île-de-France se tourner soit vers une augmentation massive du pass navigo, ou d’impôt, il faut leur confier des outils de recettes supplémentaires ». Pourquoi les bonnes solutions sont proposées à Paris et pourquoi sur nous l’État reste aveugle.

    Léo Purguette : Si l’État acceptait d’augmenter le versement mobilité, quel devrait être à votre avis, la hausse et à quelle échéance ?

    Le versement mobilité est la piste essentielle et privilégiée. C’est dans le système fiscal en France l’outil financier qui permet de financer le fonctionnement des transports. Si on nous rajoute une carte, on peut imaginer une solution qui permette de dire : on répartit l’effort sur un plus grand nombre, un peu sur les entreprises et les grandes qui nous demandent notamment d’améliorer les transports, un peu sur les contribuables…

    Léo Purguette : Combien et à quelle échéance ?

    Aujourd’hui on applique un versement mobilité plafonné à 2%. 1% de versement mobilité, c’est 220 millions de recettes. Nous n’irons jamais augmenter d’un point le versement mobilité. Mais 0,1% de versement mobilité c’est l’équivalent de 200 euros par contribuables fonciers sur le territoire.Léo Purguette : Allez-vous revenir sur la gratuité pour les seniors ou pour les jeunes ?On est dans l’une des métropoles de France où la participation des usagers au financement des transports est la plus faible : 15 à 18% quand dans les autres Métropoles on est autour de 25%. Quand on demande à l’État de nous donner des cartes supplémentaires, il faut dans le même temps qu’on prenne nos responsabilités en remettant un certain nombre de choses à plat. Qu’est-ce qu’il en sera exactement de la gratuité ? Je ne sais pas, mais on ne peut pas faire l’impasse sur ces sujets, on ne peut pas avoir de tabou.

    Les personnels

    Léo Purguette : Les agents de la Métropole sont très inquiets. Est-ce que vous allez aussi leur mettre un coup de bambou ?

    Coup de bambou non mais si la masse salariale de la Métropole ce n’est pas l’essentiel de nos dépenses, on est malgré tout sur 25% des dépenses. On est obligé de le regarder. Par exemple, les heures supplémentaires, pas pour les réduire mais peut-être réorganiser le fonctionnement. Mais il n’y a pas de demandes de suppressions massives des postes. Ça n’arrivera pas car il faut bien faire tourner les services publics et encore heureux ! Il n’y a pas des pertes de salaire qui vont arriver, Il y a des petits sujets et ça ne devrait pas se ressentir individuellement par les agents.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Marine : On ne comprend plus rien. Pourquoi ne pas taxer les plus riches pour résoudre le problème ?

    Sur cette question de justice fiscale, il faut d’abord se dire que la Métropole ne dispose pas de tous les pouvoirs. Aujourd’hui le seul levier fiscal qu’a la Métropole, c’est l’impôt foncier, les autres sont assez marginaux. Cet impôt touche autant les propriétaires qu’on peut qualifier de riches que des personnes vivant avec des petites retraites ou des jeunes qui ont réussi après un premier CDI à acheter un bien à crédit. Quand on annonce une hausse d’impôt de 150 à 200 euros en plus en moyenne pour les contribuables, ça concerne tous types de propriétaires. Augmenter seulement sur les plus riches, la Métropole n’en a pas le pouvoir, ça relève d’un débat national. La justice, peut être traitée en revanche par le biais de la tarification des transports. Il y a un sujet sur la table : est-ce que la gratuité est une véritable mesure de justice ? Il y a des personnes riches qui en bénéficient autant que des personnes qui ne le sont pas du tout. Des voix commencent à s’élever, notamment celle de Samia Ghali, qui a pris position en ce sens. Je partage son diagnostic : la tarification sociale est plus juste que des mesures de gratuité éparses. Pour le reste, la justice fiscale relève d’un débat national et ne fait malheureusement pas partie de nos pouvoirs.

  • L’OM contraint de vendre pour assainir ses finances

    L’OM contraint de vendre pour assainir ses finances

    On ne cesse de le répéter depuis plusieurs semaines : l’OM doit vendre pour rééquilibrer ses comptes.

    Qualifié pour la prochaine édition de la Ligue Europa, le club phocéen a obtenu mercredi un sursis de la part de l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC) de l’UEFA. Mais cette décision ne règle pas les difficultés économiques de l’institution marseillaise. L’UEFA a en effet infligé à l’OM une amende de 10 millions d’euros pour non-respect des règles du fair-play financier. Pour réduire un déficit toujours important, la direction olympienne, désormais portée par le tandem Stéphane Richard – Grégory Lorenzi, va devoir générer des liquidités.

    La solution la plus rapide passe par la vente de plusieurs joueurs disposant d’une forte valeur marchande. Dans cette optique, le dossier Mason Greenwood (24 ans) apparaît comme l’un des plus stratégiques. Auteur de 48 buts et 16 passes décisives en 81 matches sous les couleurs marseillaises, l’attaquant anglais suscite un intérêt grandissant sur le marché des transferts, notamment du côté de l’AS Rome.

    Selon plusieurs sources, le club italien a récemment transmis une première proposition comprenant un prêt payant de 5 millions d’euros, assorti d’une option d’achat de 25M d’euros et de 10M d’euros de bonus potentiels, soit un package global pouvant atteindre 40M d’euros. Une offre jugée insuffisante par les dirigeants marseillais, qui espèrent récupérer environ 55M d’euros pour leur joueur. L’OM devra également composer avec une clause négociée lors de l’arrivée de Greenwood en provenance de Manchester United.

    Le club anglais conserve en effet 40% de la plus-value réalisée sur un futur transfert. En cas de vente au montant espéré par les dirigeants olympiens, les Red Devils pourraient ainsi récupérer une somme avoisinant les 22M d’euros.

    Quid des autres ?

    Parmi les autres joueurs susceptibles de générer des revenus importants, Igor Paixão (estimé à 35 millions d’euros), Amine Gouiri (25M) et Quinten Timber (28M) figurent en bonne position sur la liste des actifs valorisables. Le club phocéen devra toutefois trouver le bon équilibre entre des ventes nécessaires pour rétablir sa santé financière et la préservation d’une ossature compétitive, indispensable pour exister sur la scène nationale comme européenne. D’autres cadres ne sont pas à l’abri d’un départ. Leonardo Balerdi (18M), Timothy Weah (20M) et Pierre-Emile Højbjerg (15M) disposent d’une valeur marchande conséquente, tandis que Nayef Aguerd attire particulièrement l’attention grâce à une clause de sortie fixée à 15 millions d’euros. Le dossier du Marocain s’annonce toutefois plus complexe : en cas de refus de transfert malgré une offre jugée suffisante, le club marseillais serait contraint de lui proposer le double de son salaire actuel. Loin d’être une aubaine.

  • Philippe Katerine : « L’art, un refuge et une arme contre les rageux »

    Philippe Katerine : « L’art, un refuge et une arme contre les rageux »

    La Marseillaise : L’artiste pop par excellence que vous êtes a-t-il été surpris d’être invité dans un festival tel que les Chorégies d’Orange ?

    Philippe Katerine : Etonné ? Bien sûr. C’est un lieu mythique du classique et c’est toujours étonnant de se retrouver dans le Théâtre antique d’Orange plutôt que dans des salles conventionnées SMAC [Scènes de musiques actuelles, Ndlr]. Mais si je suis étonné, je suis également honoré.

    En quoi vos chansons se prêtent-t-elles bien à l’univers symphonique ?

    P.K. : Souvent, ce sont les chansons que j’ai composées au piano qui se prêtent bien à l’exercice. Il y a aussi des chansons comme La Seine qui sont un peu cinématographiques. Souvent, cela va bien avec l’orchestration classique. Après ce n’est pas moi qui les ai arrangées, c’est un certain Lucas Henri qui a fait cela brillamment.

    Même s’il vous est déjà arrivé de le faire, qu’est-ce que cela vous fait de frotter votre répertoire à un orchestre symphonique ?

    P.K. : En général, je n’ai aucune pression. Je ne me sens pas illégitime. Même s’il y a un petit temps d’adaptation pour comprendre les gestes du chef d’orchestre Bastien Stil, à chaque fois que je l’ai fait, je me suis senti relativement à l’aise. Au début, j’avais du mal à comprendre son langage car je ne connais pas la musique et ne l’écris pas.

    Pourquoi avoir appelé ce format symphonique « Aux anges » ?

    P.K. : Il y a quelque chose d’élégiaque dans le fait de jouer avec un orchestre. Je suis aux anges pour mes chansons car elles prennent un tour romanesque. Je suis aussi aux anges de chanter avec un orchestre que je ne connais pas forcément. Quand j’ai entendu ses arrangements, j’ai aussi constaté que c’était très léger. Comme quelque chose qui vole. J’ai parfois du mal avec les orchestres très plombants. Je préfère par exemple Debussy à Wagner. C’est moins martelé.

    Sur « Cinéma », l’ultime titre de votre dernier album studio en date, vous chantez: « On fait du cinéma, comme si la vie suffisait pas ». Une autocritique ou plutôt celle de la société du spectacle ?

    P.K. : Ce n’est pas une critique de la société du spectacle car l’art est, au contraire, ce que l’humanité sait faire de mieux: l’art architectural, la musique, la peinture… C’est ce qu’on a créé de plus beau car c’est ce qu’il y a de plus inutile. C’est beau de voir qu’il y a quelque chose qui nous échappe dans l’art.

    C’est évanescent mais ça reste profondément politique quand même, non ?

    P.K. : Forcément. Ca n’exclut pas le politique. Quand je chante « on fait du cinéma comme si la vie suffisait pas », oui, c’est plutôt une critique envers moi quelque part. Comme la vie m’angoisse un peu, je trouve refuge dans la fabrique et la consommation des arts. Ca se donne la main la plupart du temps.

    Selon vous, ça peut permettre de trouver des lumières en ces temps obscurs ?

    P.K. : Bien sûr. Quand je dis que l’art est inutile, c’est apparemment inutile. Mais c’est pourtant d’une nécessité absolue. Moi, je ne peux pas m’en passer.

    C’est donc l’art qui vous permet de garder la tête hors de l’eau dans votre existence ?

    P.K. : Parfois, je l’utilise comme un refuge et, d’autres fois, comme une arme. Cette arme, elle est destinée aux rageux, à tous ceux qui ont des a priori, qui pensent qu’une personne qui se présente d’une façon ou d’une autre doit forcément être classée dans une catégorie. C’est ce qu’il y a de plus terrifiant. Normalement, tous les domaines artistiques luttent contre cela.

    Vous avez certains « rageux » particulièrement dans le viseur ces derniers temps ?

    P.K. : Non. Et déjà, je n’ai pas de viseur. Je trouve qu’on atteint et provoque les gens sans même le vouloir.

    La polémique attisée par la droite et l’extrême-droite suite à votre prestation lors de la cérémonie des Jeux Olympiques, il y a deux ans, vous a d’ailleurs attiré un torrent de critiques. Quel est le meilleur moyen de lutter contre leur ascension politique et médiatique ?

    P.K. : C’est ce que je vais faire par exemple à Orange au fond: chanter. Et proposer autre chose que ce qui est convenu. C’est ma façon de lutter quelque part.

    Orange, une ville d’ailleurs acquise depuis plus de 30 ans à l’extrême-droite…

    P.K. : J’aime bien l’idée de chanter devant des gens qui sont d’accord avec moi mais aussi qui ne le sont pas. Je me dis que ma place est aussi là. Je me souviens de certains artistes qui disaient vouloir partir de France si le FN accédait au pouvoir. La tentation est grande mais je pense qu’il faut rester pour proposer autre chose surtout.

    Vous feriez quoi si c’était le cas ?

    P.K. : Je n’ai pas tiré de plan sur la comète mais je ne changerai pas mon fusil d’épaule. Je resterai ici et je resterai moi-même. Plutôt que de les refermer, ouvrir les bras me semble la meilleure solution. Et je vois beaucoup de bras refermés sur eux-mêmes en ce moment. Moi, j’essaie de les ouvrir au maximum, mais ça m’arrive aussi de me surprendre les bras croisés.

    Mardi 7 juillet à 21h30 au Théâtre antique d’orange. Entre 31 et 81 euros. www.chorégies.fr

  • Le Département acte sa sortie de la gestion du Seignus d’Allos

    Le Département acte sa sortie de la gestion du Seignus d’Allos

    « La commune d’Allos et le Département ne partagent pas les choix stratégiques afférents à la gestion de la station de ski du Seignus d’Allos et de son devenir », a résumé Jean-Michel Tron, vice-président délégué à l’agriculture et à la forêt, lors de l’assemblée départementale de vendredi. C’est la raison pour laquelle la commune et le Département ont acté leur retrait respectif du syndicat mixte du Seignus d’Allos au 1er octobre 2026, afin de permettre la reprise de sa compétence et de l’exploitation de la station du Seignus par la seule commune d’Allos. Le syndicat sera donc dissous.

    Le Département et la commune espèrent « que la future dissolution intervienne dans des conditions permettant d’assurer la continuité de l’exploitation sans compromettre l’ouverture de la prochaine saison hivernale », a expliqué Jean-Michel Tron. Le conseil municipal d’Allos avait voté à l’unanimité la sortie du syndicat en avril. « Depuis la création du syndicat mixte, le Département en est le partenaire majoritaire. Il a accompagné cette station avec engagement, responsabilité et conviction malgré les critiques et les attaques dont il a souvent été l’objet », selon Magali Surle-Girieud, vice-présidente déléguée à la montagne, intervenue lors de l’assemblée. « Depuis le dernier scrutin municipal, force est de constater que nous ne partageons plus la même vision que la nouvelle municipalité quant à l’avenir, à la stratégie et au mode de gestion de la station », a-t-elle regretté. « Les effets du réchauffement climatique réduisent la durée et modifient les conditions d’exploitation. La vétusté de certains équipements impose des investissements considérables. La nécessité d’atteindre des seuils de rentabilité suffisants est devenue une condition indispensable à la pérennité même des stations », a-t-elle expliqué.

    « Nous n’abandonnons pas Allos »

    La présidente du Département, Eliane Barreille (DVD) l’a martelé en assemblée, puis en conférence de presse : « Nous n’abandonnons pas Allos, ni le Seignus », écartant toute « volonté de nuire » et évoquant une décision qui a été « très compliquée » à prendre, mais nécessaire au vu du déficit important de la station. « Je ne connais pas d’entreprise qui assume tous les ans 1,3 million de déficit et qui perdure », a-t-elle avancé. « Dans le cadre de la nouvelle majorité, nous n’étions pas d’accord avec leur position et notamment l’ouverture plus grande de la station avec une baisse de forfait qu’ils avaient annoncé, parce que nous estimions que le déficit allait en être aggravé », a-t-elle expliqué. « Nos collectivités ne peuvent pas dépenser autant d’argent alors que ça n’est pas justifié. »

    « En reprenant sa compétence neige, la commune d’Allos s’est mise en très grande difficulté financière », a estimé Magali Surle-Girieud. Le Département représente 55% du syndicat mixte, tandis que la commune en représente 45%. Contacté, le maire d’Allos n’a pu être joint dans l’immédiat.

  • Sans le gouffre, de nouveaux atouts touristiques à Fontaine-de-Vaucluse

    Sans le gouffre, de nouveaux atouts touristiques à Fontaine-de-Vaucluse

    « Quand on parle de Fontaine-de-Vaucluse, on pense au gouffre car c’est son identité et c’est impressionnant. Mais ça mérite que l’on regarde autour avec tout ce patrimoine », lâche ce vendredi 19 juin Dominique Santoni, présidente (DVD) du Département de Vaucluse, à l’occasion de l’inauguration du jardin Pétrarque sur la commune.

    En effet, le village de moins de 1 000 habitants à l’année s’est construit autour de la source de la Sorgue, qui est la plus importante exsurgence de France. Depuis sa fermeture en mai 2025 pour raisons de sécurité, un pan de la falaise menaçant de s’effondrer, des réflexions sont en cours pour diversifier l’offre touristique.

    À commencer donc par ce jardin, dont les travaux ont été lancés en septembre dernier. Une zone où vivait notamment le poète du XIVe siècle Pétrarque, d’où le nom, et dont le musée se trouve à l’entrée du parc. Plusieurs traversées entre les petits îlots, sur lesquels se trouvaient encore au siècle dernier des habitations ainsi qu’une centrale électrique, ont également été installées ou rénovées. « On a notamment dégagé la vue, bloquée auparavant par des végétaux, pour inviter les gens à venir voir ici », explique Philippe Le Maner de l’agence Paysages qui a supervisé les travaux. Une belle promenade où l’on longe les premiers mètres de la Sorgue et où l’on peut découvrir les anciens canaux industriels qui servaient donc à l’alimentation électrique du territoire. 680 000 euros ont été investis, dont 445 000 par le Département.

    Son et lumière en août

    D’autres projets sont dans les bacs, ou plutôt dans les canaux, pour continuer à attirer les touristes. « La volonté générale est qu’on ne se focalise plus que sur le gouffre. Quand il était ouvert, on ne se posait pas trop la question », admet Daniel Giraud, 1er adjoint au maire de la commune, le premier édile étant absent ce jour-là. Comme de « repenser l’entrée dans le village » par exemple, ou de développer une offre pour pouvoir passer une ou plusieurs nuits sur place, « car il y a beaucoup d’allers-retours », poursuit-il. Des animations sont aussi prévues, comme un show son et lumière tous les soirs du 1er au 16 août sur les bords de la rivière. Mais on pense tout de même encore au gouffre. Des études sont en cours pour monter un « promontoire » afin de pouvoir observer la formation naturelle d’un autre point de vue. « C’est bien parti. Les avis sont plutôt favorables », confie Dominique Santoni qui estime que le projet pourrait voir le jour « d’ici 2 à 3 ans ».