Author: tecnavia

  • Tranquillité publique : régler les problèmes ensemble au commissariat

    Tranquillité publique : régler les problèmes ensemble au commissariat

    Dans la petite salle du commissariat du 12e arrondissement, c’est un peu l’effervescence ce mercredi matin. C’est là que tous les 15 jours se tient le « GPO » pour Groupe de Partenariat Opérationnel. Représentants des CIQ, des collectivités, de l’Éducation nationale, de la RTM et bien sûr police nationale et municipale se retrouvent pour évoquer les problèmes du quotidien rue par rue. Depuis la mise en place en 2018 de ces structures dans les Bouches-du-Rhône, pas moins de 7 600 réunions de ce type se sont tenues. « C’est un des départements qui fonctionnent le mieux », se félicite la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Après une visite de terrain à la Viste (15e), elle est venue prendre la température dans les quartiers Est de la ville. Là encore, l’objectif reste le même : aller chercher l’information à la source, détecter les « signaux faibles » précise la préfète pour agir en conséquence sur la tranquillité et la sécurité publique.

    Cambriolages en baisse de 31%, nuisances sonores, stationnement plus qu’approximatif, jets de cailloux sur une école, dépôts de poubelles, barbecues nocturnes… On ne peut pas dire que le secteur soit franchement impacté par la délinquance reconnaît le responsable du commissariat qui mène les débats de main de maître. Mais cette approche microscopique trouve justement tout son intérêt dans la capacité à faire en sorte que tout le monde vive ensemble.

    « S’ils le pouvaient les gens iraient avec leur voiture dans la salle de sport ou sur le terrain de boules mais c’est vrai qu’en même temps se garer dans cette ville est devenu insoluble », commente un président de CIQ. Plus de ronde de la police municipale, PV dressés avec « discernement » sont autant de solutions évoquées.

    Éteindre le feu qui couve aussi. Quand un autre représentant des habitants signale l’installation d’un nouveau point de deal, le patron du commissariat prend de minutieuses notes. « Poursuivez ce travail de fourmi », incite la préfète, soulignant les bienfaits de toutes ces « interactions. »

  • Une police renforcée par la loi narcotrafic

    Une police renforcée par la loi narcotrafic

    Un an après son adoption en juin 2025, la préfète de police déléguée, Corinne Simon a fait le point sur les effets de la loi narco dans le département des Bouches-du-Rhône, à l’occasion de contrôles administratifs de commerces de bouche à Noailles, ce mercredi 24 juin. « Ce n’est pas une loi parmi tant d’autres qui vient s’empiler, elle arrive en complémentarité avec tout ce qui se passait avant », insiste la préfète en préambule tandis que des agents des douanes, impôts, Urssaf et direction départementale de la protection des populations font fermer le rideau à certains commerces près de la place du marché des Capucins (1er), notamment pour manquement à l’hygiène et travail dissimulé. Un travail « coordonné » qu’a permis cette loi poursuit Corinne Simon.

    « Une mesure par jour »

    Disposant de trois leviers administratifs, elle peut prendre des interdictions administratives de paraître, fermer des établissements qui reçoivent du public et expulser des narcotrafiquants qui sont dans les logements sociaux détaille-t-elle. Bilan : « 340 mesures prises, une par jour » avec 51 établissements fermés, du garage qui recèle autour de Berre à la salle de sport qui deale à Arles, et 49 expulsions locatives en cours. Côté narcotrafic, c’est « plus 17% d’interpellations par rapport à l’année dernière à la même période, 3,2 kg, de résine de cannabis [saisis], 30% de plus qu’en 2025 » se réjouit Corinne Simon.

    Au niveau des saisies des avoirs criminels pour le trafic stupéfiants, entre argent, villas et produits de luxe, on atteint les 81 millions contre 10 l’an dernier. « On voit bien que ça marche ! » martèle la préfète qui en veut aussi pour preuve la baisse des narchomicides, même si elle reste « prudente » : 49 en 2023, 9 en 2025 à la même époque, et 4 cette année.

  • À Martigues, le fragile équilibre des comptes de l’association des centres sociaux

    À Martigues, le fragile équilibre des comptes de l’association des centres sociaux

    « La direction a fait preuve d’une gestion prudente et rigoureuse en respectant les engagements pris en 2025 » restitue Mathieu Lucchesi, l’expert-comptable de l’Association pour l’animation des centres sociaux et des maisons de quartier de Martigues (AACS) lors de l’assemblée générale de mercredi soir, à l’hôtel de Ville.

    Avec 6,25 millions d’euros de charges et 6,27 millions d’euros de produits pour l’année 2025, l’AACS génère un excédent de 25 000 euros « grâce au développement de Miss », le chantier d’insertion sociale de l’AACS, comme l’explique le trésorier Jean-Louis Richard. Mais aussi en raison de « petites subventions qui arrivent en fin d’année » complète Sébastien Clauzel, directeur de l’AACS. Un contexte bienvenu pour compenser les 4 000 euros de déficit des centres sociaux et maisons de quartier. Pour l’exercice 2026, dont l’assemblée générale aura lieu en 2027, le trésorier avance un budget à l’équilibre de 5 millions d’euros : « L’AACS devra poursuivre ses efforts de maîtrise et pérenniser ses ressources. Nous abordons 2026 sur une situation saine mais restons vigilants sur les contraintes budgétaires à venir » prévient Jean-Louis Richard.

    La Ville en soutien

    Le directeur Sébastien Clauzel nuance : « Le budget prévisionnel 2026 n’est pas impacté. Mais notre gestion plus rigoureuse est obligée par le contexte économique », notamment des collectivités. Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues, rassure « les subventions municipales ne baissent pas et même avec les nuages au-dessus de nos têtes, les centres sociaux et maisons de quartiers restent une priorité ».

  • L’arrêt des TER tardifs interroge le Festival d’Avignon

    L’arrêt des TER tardifs interroge le Festival d’Avignon

    Les festivaliers d’Avignon qui habitent à Arles, Orange, Cavaillon et Carpentras n’auront pas d’autre choix que de prendre la voiture pour profiter d’une ou plusieurs pièces de théâtre en soirée. Une décision de la Région, révélée dans nos colonnes (notre édition du 16 juin), qui ne plaît pas aux organisateurs.

    « On déplore ce changement de mesure car elle était importante », explique Laurent Domingos, coprésident de l’association Avignon Festival & Compagnies (AF&C), structure fédératrice du Festival Off. Il estime que « ça ne va pas dans le sens de l’histoire ». « Il y a un maillage autour de nous, mais pas de mobilités douces alors que l’on conseille au maximum aux spectateurs de les utiliser. Mais sans aides de la Région, c’est impossible », regrette-t-il.

    Tandis que le In tempère, Eve Lombart, administratrice générale, assure que « seule une partie limitée pouvait de toute façon prendre ces trains car les spectacles se terminaient souvent plus tard, vers minuit ». Et que donc « ce n’était pas notre public cible ». Elle pointe également le réseau de bus du Grand Avignon pour rentrer en soirée et les parkings-relais pour rejoindre gratuitement ou pour « une somme modique » les lieux de spectacles. Circulez, pas les trains donc, y’a rien à voir.

    Aux côtés de Laurent Domingos, le directeur de l’AF&C, Harold David, en rajoute une couche. Il estime que cela risque d’avoir un impact sur la question du logement. « Cela peut obliger les saisonniers à encore se recentrer autour des remparts », pointe-t-il, évoquant des prix « qui ont beaucoup augmenté depuis la crise du Covid ». Et attend des changements plus globaux « car c’est l’ensemble du modèle économique qui est en danger ». Si des projets de mobilité sont en cours sur le territoire, ils ne risquent pas de voir le jour d’ici à plusieurs années.

  • [Entretien] Jean-Yves Roux : « Au Sénat, c’est l’intérêt général qui compte »

    [Entretien] Jean-Yves Roux : « Au Sénat, c’est l’intérêt général qui compte »

    La Marseillaise : Comment avez-vous démarré votre carrière politique ?

    Jean-Yves Roux : J’ai commencé ma carrière politique en 1995, quand j’étais adjoint au maire du Brusquet. En 1990, j’ai commencé à travailler à la Caisse primaire d’assurance maladie. J’y ai travaillé pendant 25 ans. Donc tout ce qui est santé, je connais. En 1998, je me suis présenté au conseil général de l’époque, où j’étais le plus jeune conseiller général de France. En 2001, j’ai décidé de me présenter contre le maire du Brusquet. C’était le premier adjoint qui avait pris la place de mon père, qui a été maire du Brusquet de 1959 à 1995, donc pendant 36 ans. Et ma mère a été sa secrétaire de mairie. J’ai été maire de 2001 à 2010, tout en conservant mon travail à la caisse primaire d’assurance maladie que j’ai gardé jusqu’en 2014, jusqu’à ce que je sois sénateur.

    Pourquoi vous êtes-vous porté candidat aux sénatoriales en 2014 ?

    J.-Y.R. : J’étais au Parti Socialiste à cette époque, et on avait fait une sorte de primaire. J’avais posé ma candidature, et j’ai été désigné par les militants du Parti socialiste.

    Pourquoi avez-vous quitté le PS ?

    J.-Y.R. : J’ai quitté le PS trois ans après parce que j’ai eu un conflit avec la fédération du département, et par rapport à l’évolution du Parti socialiste au niveau national.

    Qu’est-ce qui vous déplaisait ?

    J.-Y.R. : On commençait déjà à parler d’une large union de la gauche. Je ne suis pas pour la Nupes. J’ai su me rassembler avec d’autres, comme Gérard Paul (PCF) avec qui j’ai beaucoup travaillé. D’autres partis, je pense, n’avaient pas cette même réflexion. Je ne voulais pas m’allier avec LFI. Le Parti socialiste a voulu faire ce grand mouvement de la gauche. Ils ont mis un candidat contre moi aux élections sénatoriales en 2020 et en 2017. Je suis désormais apparenté Parti radical de gauche, mais je n’y suis pas encarté. Dans notre groupe, au Sénat, on a une politique de compromis pour l’intérêt général. On a la liberté de vote. Chacun vote comme il veut, on n’a pas de ligne, c’est ce qui nous différencie.

    Vous préférez être indépendant, électron libre ?

    J.-Y.R. : Pas électron libre, parce que j’ai des idées de gauche. En 2020, je me suis présenté divers gauche, malgré le fait que j’avais toute la gauche contre moi, parce que j’étais pas des leurs, parce que j’étais pas encarté. Que vous soyez dans une majorité ou pas au Sénat, c’est l’intérêt général qui compte. C’est pas parce que vous allez appartenir aux Républicains que vous allez arriver à faire passer plus de choses et changer le monde. C’est pas comme ça que ça se passe.

  • À Gap, malgré la perte des silos,les hirondelles sont toujours là

    À Gap, malgré la perte des silos,les hirondelles sont toujours là

    « Il y a 400 nids et ils sont tous pleins, il y a donc au moins 800 hirondelles et martinets », confirme Eliane Dupland coordinatrice de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) de Gap. Ce mercredi matin, avec un groupe de bénévoles, elle est venue compter les hirondelles de fenêtre et les martinets noirs sur l’ancien site des silos à grain. Ces bâtiments de stockage du grain, détruits en 2021, étaient un refuge de l’hirondelle de fenêtre, espèce menacée en France. Le principal problème pour l’hirondelle est qu’à la différence du martinet, elle ne niche pas dans les cavités des bâtiments mais construit ses nids de boue sur les parois. Or, cela lui est impossible sur la plupart des façades des constructions modernes.

    Un temps boudés, les nids sont pleins

    « Avec le plan de démolition, on est intervenus pour que les nids soient pris en compte. Ainsi, il n’y a pas eu de travaux pendant les périodes de nidification, et une mare a été créée à proximité pour que les hirondelles y cherchent la boue pour leur nid, explique Eliane Dupland. Depuis un an, le nouveau bâtiment est construit, on y a fait mettre des nids artificiels, en béton de bois, car, autrement, le ciment du bâtiment glisse trop pour qu’elles y fassent leur nid. » Malgré ces mesures, Eliane explique que les bénévoles sont « restés très inquiets car les premières années les nids n’étaient pas occupés, elles semblaient les bouder. » Finalement, cette dernière prospection permet de constater que les hirondelles s’en accommodent très bien. D’après la LPO gapençaise, les nids ont été conçus par une entreprise de Toulon, ville pionnière dans les mesures de protection des hirondelles en milieu urbain.

  • Le sort de la Bourse du travail d’Arles dans les mains de la justice

    Le sort de la Bourse du travail d’Arles dans les mains de la justice

    L’Union locale CGT et la Ville d’Arles étaient entendues au tribunal administratif de Marseille jeudi matin, dans le cadre de la procédure judiciaire opposant la collectivité et le syndicat pour l’occupation de la Bourse du travail par cette dernière.

    Depuis 126 ans, l’Union locale CGT d’Arles est installée dans ce bâtiment. Mais en septembre 2023, le maire Horizons Patrick de Carolis a fait savoir au syndicat que la convention d’occupation datée de 1995 et courant jusqu’en 2024 ne serait pas reconduite. En outre était annoncé le projet contesté de migration de l’Office du tourisme, à quelques dizaines de mètres seulement, dans les murs de la Bourse du travail.

    Délocalisation « inacceptable »

    En échange, deux bureaux sans fenêtres sont proposés à l’Union locale, « inacceptable » pour la secrétaire confédérale de la CGT Sophie Binet, venue en soutien en mars 2025. « Le syndicat est un occupant illicite, sans droit ni titre » affirmait le maire la même année, au moment de lancer la procédure au tribunal administratif. La CGT, à tous les niveaux, a maintes fois rappelé qu’elle ne céderait pas.

    Contactée, la Ville d’Arles n’a pas répondu à nos sollicitations. La décision de justice pourrait vraisemblablement être rendue sous quinzaine.

  • Les salariés d’Adil Logistique inquiets d’un projet de reprise

    Les salariés d’Adil Logistique inquiets d’un projet de reprise

    La mobilisation a porté ses fruits. Ce jeudi 25 juin, 80% des quelque 110 salariés des entrepôts Adil Logistique, situés dans la zone d’activités Clesud à Miramas (qui stockent notamment les marchandises des magasins Gifi), étaient en grève. « La direction nous a convoqués hier lors d’un Comité social et économique extraordinaire pour nous annoncer une possible reprise par Katoen Natie », affirme le délégué syndical CGT Jean-Baptiste Guimard. La multinationale belge a récemment racheté Bils-Deroo, qui gérait déjà la logistique de Gifi dans le Nord.

    « D’ici le mois de juin 2027 maximum, les quatre dépôts pourraient être fermés et on serait obligés de partir dans ceux de Saint-Martin-de-Crau, à 30 minutes d’ici », poursuit le représentant CSE Mohammedi Hakli.

    Des négociations sur

    les transferts de contrats

    La CGT a immédiatement posé un préavis pour exiger l’ouverture de négociations autour des indemnités de départ et des transferts de contrats de travail. « Des avancées ont été obtenues sur le taux horaire, s’ils sont repris, rien ne garantit que ces acquis suivent, plaide Jérémy Zucchelli, secrétaire général de l’UL CGT de Miramas. Il faut que les salariés qui viennent de loin puissent avoir le choix de ne pas être envoyés à Saint-Martin-de-Crau. Une de nos revendications c’est par exemple une indemnité de trois mois de salaire par année d’ancienneté

    Les représentants des salariés ont été reçus par la direction dans la matinée. Elle devrait leur transmettre un calendrier de négociations incessamment. La grève n’est donc pas reconduite. De son côté, Adil Logistique assure que rien n’est signé. « C’est un projet de cession, rien ne change aujourd’hui. »

  • Corps affranchis de la masse au Festival de Marseille

    Corps affranchis de la masse au Festival de Marseille

    À mi-chemin de sa 31e édition, le Festival de Marseille fait escale samedi 27 et dimanche 28 juin au Théâtre de La Criée. Dès 18h, ces jours-là, place à SàHO, chorégraphié et incarné par Nivine Kallas. Un solo qui « explore le corps comme territoire de révolution et d’exil intérieur », déclare cette dernière dans un entretien réalisé pour le Festival de Marseille. Avec pour décor une « simple petite chaise d’enfant posée sur un tapis blanc, des extraits de poèmes de l’écrivain libanais Mikhail Naimy traduit sa façon dans la langue des signes », sa création questionne « la manière de traverser un monde où la langue reflète un système d’éducation qui n’est pas à jour ». Sur une musique mêlant « percussions orientales traditionnelles et influences contemporaines » signée par le DUO Sabil, une performance au d’environ 35 minutes dans lequel elle « remonte le fil de sa mémoire et de son enfance » au Liban pour mieux « transformer la contrainte de la récitation en un espace de liberté », indique le programme.

    « Point de rupture »

    Place ensuite à En même temps. Pas une énième macronade, mais une pièce d’Olivia Grandville qui dissèque « l’ambivalence des chorégraphies de masse et des unissons bien réglés ». Neuf interprètes s’aventurent dans ces danses, aussi bien exutoires joyeux que soumises ou instrumentalisées : « L’expérience du en même temps jusqu’à son point de rupture : faire tenir, fissurer, déliter la synchronie pour révéler ce qu’elle cache tout autant que ce qu’elle libère. »

  • Les entreprises alpines en lice pour les chantiers des Jeux

    Les entreprises alpines en lice pour les chantiers des Jeux

    « Tout le monde a faim, que le meilleur gagne ! », s’enthousiasme Ambre Pétolat-Dubois assistante de direction des chalets Dubois à Briançon. Ce mercredi matin, elle est venue avec Axel Vernaz, chargé d’affaires, participer à la rencontre organisée à la Chambre de commerce et d’industrie de Gap, dédiée aux entreprises et fournisseurs du territoire. Le but de l’événement : que les grands travaux à venir pour les JOP2030 profitent aux entreprises locales. « Beaucoup de chantiers vont toucher à notre domaine, la charpente, la couverture… Notre entreprise est située à Briançon-même, juste à coté, ce serait bête de pas participer », explique Axel Vernaz.

    Ils sont des dizaines comme eux à avoir répondu à l’invitation de la SNCF, de la Solideo et de la région sud pour venir prospecter les marchés à venir. Il faut dire qu’avec un investissement total estimé à 1,4 milliard d’euros pour la livraison des ouvrages olympiques et 342 millions pour les travaux ferroviaires, les entreprises alpines ne veulent pas rester à quai. Pour autant, ces chiffres ne doivent pas conduire à se brûler les ailes. « C’est une très bonne opportunité pour les trois-quatre prochaines années à venir. Par contre, il faut rester très vigilants, le danger, c’est qu’on mange dix ans de budget en trois ans et qu’il y ait un gros trou derrière, avertit Georges Emmanuel, gérant d’Ozé, société coopérative de travaux de falaise. Ce n’est pas la peine d’investir dans des machines chères à rembourser sur dix ans alors que tu n’as que trois ans de chantier. Cela peut être dangereux pour nous s’il n’y a plus beaucoup de boulot local dans trois ans. »

    Face à un évènement dont l’impact économique peut aussi inquiéter, Nicolas Chabrand, président de la fédération de BTP 05, a tenu à rappeler à quel points les grands évènements avaient contribué positivement à sa filière : « Après guerre, la coconstruction du barrage de Serre-Ponçon a été une transformation du département qui a permis à nos entreprises de grandir, avance-t-il. Mais il y a eu aussi les plans neiges successifs qui ont permis d’avoir cinq millions de touristes chaque année. Cela a transformé nos entreprises, qui ont relevé le challenge, dans des conditions difficiles, en hiver, parfois à 1 800 m, pour respecter les délais. C’est ce qui a fait la force du BTP des Hautes-Alpes. » De son côté, la SNCF, l’un des principaux porteurs de marchés publics de travaux, est venue présenter ses atouts : « Les achats SNCF, sur ce qu’on appelle le cœur ferroviaire de la société, c’est 15 milliards d’euros par an. En 2025, ils ont engendré presque 285 000 emplois induits et indirects », a ainsi souligné Fabrice Morel, directeur RSE de l’entreprise.

    Des entreprises…

    et des associations

    Il n’y a pas que des entreprises qui viennent aux renseignements, des associations viennent aussi voir de quelles manières elles pourraient s’associer aux Jeux. Parmi elles, Caroline Haag, de l’association Environnement et solidarité, porteuse de chantiers d’insertion dans le briançonnais, s’avance en solution locale pour améliorer l’impact environnemental des Jeux : « On regarde quelle place la ressourcerie et le réemploi pourraient avoir dans ce partenariat avec les futurs Jeux 2030, explique celle qui est également représentante des ressourceries de la région. Cela peut-être en participant à l’aménagement et à la conception des lieux éphémères avec du réemploi, en récupérant des installations éphémères pour des ressourceries plutôt que de les jeter, ou en fournissant des équipements de réemploi pour des appartements du village olympiques. » Les premiers marchés de travaux de voirie seront publiés dans les semaines à venir, d’après Yannick Ghiron, directeur stratégique à la Solideo. L’ensemble des marchés seront publiés au début du premier semestre 2027 et accessibles sur marche2030.org