Author: tecnavia

  • [Entretien] Nathalie Arthaud : « Le problème n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système »

    [Entretien] Nathalie Arthaud : « Le problème n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi les Bouches-du-Rhône

    pour votre première visite en région, en tant que candidate ?

    Nathalie Arthaud : On a fait une fête en région parisienne, avec un très grand meeting, plusieurs milliers de personnes. Je suis à présent ici, en campagne, pour l’élection présidentielle. Le sens de ma candidature, c’est d’affirmer qu’il faut renverser cette société capitaliste qui nous mène à la catastrophe, aux guerres, à cette folie qu’est la spéculation, à cette crise climatique qu’on va encore ressentir dans deux jours avec une nouvelle canicule qu’on nous promet. Cette candidature vise aussi à dire que les travailleurs ont la force de renverser le capitalisme, cette société c’est eux qui la font tourner.

    Comment ressentez-vous le monde du travail ? N’est-il pas traversé par du découragement, du fatalisme ?

    N.A. : Vous vous rendez compte que vendredi, l’homme le plus riche du monde, Elon Musk, est devenu billionnaire. J’ai découvert le mot. Le gars, il est à la tête d’une fortune de mille milliards de dollars. On va où là ? On a des hommes et des femmes qui font tourner la société, qui s’occupent de nous nourrir, de nous transporter, qui prennent soin des anciens et qui doivent compter chaque euro. Et ceux qui sont au sommet de la société captent des fortunes ahurissantes ? Tout ça pourquoi ? Pour aller spéculer ? Musk, lui, son projet, c’est carrément d’aller développer une colonie sur Mars. Pendant que les travailleurs sont confrontés à cette exploitation, cette pression, ces suppressions d’emplois, ces sanctions pour un rien… Dans toutes les entreprises où nous avons des camarades, c’est ce qui nous revient, on est menacé de licenciement pour un rien. Face à tout ça, moi je suis convaincue qu’il y aura à nouveau des luttes. Regardez aujourd’hui Airbus, dans votre région, les travailleurs sont en colère parce qu’ils n’ont pas eu de primes, parce que les salaires ne décollent pas. Ceux qui remportent la mise sont ceux qui sont les plus loin de la production, les plus parasites dans la société.

    D’autres groupes trotskistes comme le POI ou le NPA soutiennent Jean-Luc Mélenchon ou y réfléchissent, pourquoi pas vous ?

    N.A. : Parce qu’il faut qu’il y ait au moins une candidate qui incite chaque travailleur à se poser cette question : est-ce qu’on va laisser les rênes de cette société entre les mains de voleurs, d’irresponsables et même de criminels ? Ou est-ce que nous les travailleurs, on va revendiquer la direction de cette société ?Je serai là pour dire, contre Mélenchon, que le problème ce n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système. Les lois du capitalisme, elles sont mille fois supérieures à toutes les lois qu’il pourrait faire passer à l’Assemblée nationale. Eux, ils ont le fric, ils contrôlent les moyens de productions, ils peuvent planifier. Musk il est en train de planifier une colonie sur Mars et une armée d’humanoïdes. Je veux bien qu’on développe la vie multiplanétaire mais la Terre va être notre habitacle pendant quelque temps encore. Je voudrais qu’on se pose la question : comment on y vit dignement.

    Une candidature suppose 500 parrainages de maires,
    allez-vous y arriver
     ?

    N.A. : Nous, on est des combattants, des militants, on fera tout pour y arriver, et on y arrivera.

  • [Entretien] Nathalie Rocailleux : « Le bruit des pantoufles c’est celui qui tue »

    [Entretien] Nathalie Rocailleux : « Le bruit des pantoufles c’est celui qui tue »

    La Marseillaise : Les années passent et on a l’impression d’être toujours confronté
    aux mêmes blocages concernant
    les violences faites aux femmes ou aux enfants. C’est votre sentiment
     ?

    Nathalie Rocailleux : Lorsqu’on a fondé AFL Transition, il y a 26 ans, l’objectif était de travailler main dans la main avec les services publics. C’est ce qu’on arrive à faire. Pas avec tous. Parce que la cause des violences faites aux femmes et des violences faites aux enfants dérange. On oppose souvent le bruit des bottes au bruit des pantoufles. Mais le bruit des pantoufles, c’est celui qui tue aujourd’hui, c’est celui qui a tué la petite Lyhanna.

    Il y a plusieurs façons d’être violent. Il y a cette violence passive, cette passivité violente, en fait. Quand on ne traite pas un dossier c’est une situation de personne qui souffre qu’on choisit d’ignorer. Ainsi que l’article 15.3 qui précise l’obligation de prendre la plainte. Et lorsque la plainte est prise, on accuse la victime, on lui fait porter la culpabilité. La semaine dernière, je suis allée porter plainte parce qu’un auteur a menacé mes équipes. Tout de suite, j’ai été culpabilisée. « Est-ce que vous êtes sûr que… », m’a-t-on demandé. Tout ça parce qu’on n’a pas envie de faire le job.

    Le citoyen ou la citoyenne qui va déposer plainte et qui est reçu comme ça sent bien que la personne n’a pas envie, qu’elle le fait à la dégoûté. Donc en fait, déjà, dès ce premier maillon-là, il y a un problème.

    La dernière situation de viol que j’ai accompagnée, c’était à Marseille. Il y avait des policiers qui rigolaient et qui se racontaient leurs dernières histoires sexuelles… Là où des mineurs viennent dire leur viol ! Il y a un problème d’annulation de la conscience morale. Donc le plus gros problème de ce système-là, c’est le cynisme.

    Comment en sortir ?

    N.R. : Il faut arrêter la culture du chiffre pour endosser une culture de la qualité réelle. Et la culture de la qualité réelle, c’est une qualité de capacité d’écoute, de soft skills, c’est-à-dire ce qu’on appelle les compétences douces. Être au minimum dans une capacité empathique, c’est ça, le professionnalisme. Donc ça suppose d’être formé, d’avoir une conscience morale forte, intégrée, un cadre d’action et une institution qui contrôle.

    Ce que je veux dire, c’est que le service public, l’institution publique et le service public, c’est quelque chose à défendre. Il faut arrêter de le diviser. Et quand on ne fait rien, on le divise en réalité. On le divise avec la population, on fait monter l’extrémisme puisqu’il y a un défaut de confiance. Et c’est contre ça que je suis le plus en colère en réalité. Parce qu’on est en train de créer une société de petites guerres intestines, une société de vengeance, au lieu d’avoir un État de droit et une société de justice.

    Vous dites que lutter contre
    les violences intrafamiliales,
    les prévenir, aider et soutenir
    les parents pour améliorer l’éducation de leurs enfants,
    c’est faire progresser la société sur tous les plans…

    N.R. : AFL Transition a été au départ fondée pour faire de la prévention. Parce que le curatif, ça ne fait pas tout.

    On a créé les pauses-parents, qui sont des lieux de prévention primaire avant que les problématiques arrivent dans les familles, pour repérer et aider les personnes qui ont eu des traumatismes complexes dans leur enfance et qui seraient susceptibles de les reproduire, soit du côté de l’auteur, soit du côté de la victime. Parce que ce qu’il faut savoir, c’est qu’une victime qui n’est pas traitée comme victime, qui n’est pas reconnue comme victime par la société, elle est potentiellement susceptible de devenir un auteur. Donc ça veut dire qu’une mère, qui a vécu des agressions sexuelles dans l’enfance et qui n’a pas été reconnue comme victime, va, potentiellement, inconsciemment reproduire le schéma d’être dans le désir de trouver un auteur de violences sexuelles sur enfant, pour exposer ses enfants afin que la justice passe enfin. C’est un schéma inconscient que nous, psychologues cliniciens, connaissons bien.

    D’où l’énorme responsabilité des services régaliens. Parce que plus on reconnaît les victimes, plus on va combattre aussi le crime de la génération d’après. On n’a pas le droit de ne pas s’en donner des moyens.

    Et quand je vois des scellés qui ne sont pas classés, perdus et qu’on ne mène pas d’action corrective, je dis que ce sont des problématiques opérationnelles qui entravent la justice.

    Ce qui pose le problème de
    la conservation des preuves…

    N.R. : Complètement. On a des prélèvements organiques sur des mineurs ou des majeurs victimes de viol, par exemple des prélèvements capillaires sur de la suspicion de GHB, une substance extrêmement volatile, pour lesquels les services de laboratoire de la police sursaturés passent 2 ou 3 mois après. Et il n’y a plus de preuves, puisqu’il n’y a plus de substance.

    On a dit qu’on allait faire baisser le nombre de féminicides mais il fallait investir totalement là-dedans. D’abord ça aurait évité des souffrances, évité de la criminalité. La justice mérite d’avoir des moyens parce que c’est la société tout entière qui mérite de sortir des logiques cyniques. À AFL Transition, on a reçu une lettre d’un procureur de Toulon d’il y a quelques années qui nous menaçait de supprimer nos financements si on continuait à dire dans la presse qu’il y avait 87% de classements sans suite. Pardon, mais c’est inacceptable. C’est inacceptable pour une société de paix. On a envie d’avoir une société de justice et de revaloriser ces services publics.

    C’est un problème sociétal
    et politique… Vous expliquez d’ailleurs que ces femmes victimes de violences portent
    en elles l’héritage douloureux
    de toutes les oppressions
    de l’Histoire…

    N.R. : Absolument. C’est tous les jours qu’on doit se souvenir de l’Histoire, les femmes et les enfants aujourd’hui restent les êtres les plus opprimés de la planète. Les femmes représentent la catégorie sociale la plus opprimée, c’est la prolétaire du prolétaire. L’esclave de l’esclave. L’opprimée de l’opprimé.

    De la pauvreté jusqu’aux violences, je pense qu’aujourd’hui on est dans une société qui dit stop !

    Les femmes n’ont jamais usé de la violence pour pouvoir dénoncer des faits. Elles auraient pu le faire. C’est pour ça que ça n’arrive qu’au XXIe siècle. C’est juste une prise de conscience qui aujourd’hui est partagée avec des hommes. Je dis bien avec les hommes. Je ne dis pas avec les mâles, parce qu’il y a encore beaucoup de mâles.

    J’espère que les qualités qui sont prêtées au féminin, les qualités de sensibilité, d’empathie vont arriver chez tout le monde dans notre société. Chez les hommes politiques en premier, parce que les gens en ont marre en fait, ils ont besoin de transparence, de sincérité, d’engagement réel. Quand on a monté la Maison Françoise-Giroud et que nous sommes allées voir Renaud Muselier, le président de la Région, c’est le médecin qui m’a répondu. Nous ne sommes pas du tout du même bord. Lui, c’est quelqu’un de droite moi je suis quelqu’un de gauche qui aime valoriser l’être humain et la dignité humaine.

    Pour conclure sur une note positive, après un sous-financement chronique qui a failli avoir raison de l’association, les choses se passent plutôt mieux aujourd’hui dans le Var…

    N.R. : On a un préfet intelligent qui a pris la peine de faire le tour des structures, d’aller rencontrer les acteurs, de se rendre compte sur place de ce qui se passe au lieu de rester dans son bureau à recevoir les gens. Il s’est forgé son libre arbitre, et ce libre arbitre ça sert toujours les institutions. Il a remis de la République dans son administration.

    « On n’a pas le droit de ne pas se donner les moyens d’avoir une société de paix et de justice »

  • [Entretien] Jean-Baptiste Guégan :« C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump »

    [Entretien] Jean-Baptiste Guégan :« C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump »

    La Marseillaise : Est-ce le Mondial de Donald Trump ?

    Jean-Baptiste Guégan : C’est clairement la Coupe du monde de Donald Trump pour plusieurs raisons. D’abord parce que sans lui, les États-Unis, le Mexique et le Canada ne l’obtiennent pas. En 2018, face au Maroc, la candidature américaine bénéficie de la pression du président qui avait été mis à l’écart jusque-là. Il publie un tweet où il dit, vous êtes avec moi ou vous êtes contre moi. Quand Joe Biden était président, personne ne parlait de la Coupe du monde de Biden. Aujourd’hui, c’est donc une Coupe du monde qui met en scène Trump version deuxième mandat. Ça avait commencé avec la Coupe du monde des clubs l’été dernier (photo), où on l’a vu faire son sketch autour du podium. Il a voulu aller avec les joueurs de Chelsea pour soulever le trophée puis il a demandé s’il pouvait garder le trophée. Certains disent même qu’il l’a gardé et que Chelsea est reparti avec une copie. Il voudra être omniprésent sur tous les sujets, mais c’est sa stratégie politique habituelle. Ce sera d’autant plus la Coupe du monde de Trump que, comme tous les événements sportifs d’ampleur nationale et internationale, il va s’en servir comme caisse de résonance pour sa vision du monde et comme moyen de polariser son électorat, en vue des Midterms de novembre. En gros, pour lui, c’est une sorte de gigantesque moyen de montrer qu’il applique sa politique. C’est pour ça qu’il a durci le ton sur la politique migratoire.

    Le meilleur arbitre africain ne peut pas se rendre aux États-Unis, des membres du staff non plus
    et certains joueurs ont eu des problèmes de visa. Ce sont ces exemples qui lui permettent de prouver la réussite de sa politique migratoire ?

    J.-B.G. : Pour nous, ça donne l’impression d’une désorganisation, d’une radicalité de l’administration. Pour Trump, c’est au contraire la confirmation de sa politique. Tout son deuxième mandat s’est construit sur le fait de reprendre le contrôle des frontières. Et aujourd’hui, il s’attaque aux officiels, aux spectateurs et aux équipes. Il y a aussi le cas de l’attaquant qui a marqué le but décisif pour l’Irak, qui se retrouve bloqué pendant sept heures par la douane américaine. Il y a un véritable zèle, il y a des consignes qui ont été données de durcissement, et au moindre doute, on suspend et on interdit l’accès au territoire. En plus, il faut ajouter l’instrumentalisation autour de la sélection iranienne pour montrer qu’on a une position inflexible et qu’on sait que l’Iranien est fondamentalement méchant, Ajoutez à cela le discours vis-à-vis des Africains, avec les shithole countries [pays merdique, Ndlr], les travel ban [interdiction de voyager], et la suspension de toutes les formes de naturalisation et obtention de visa et on obtient le discours typique qui sert l’arrière-plan de la Coupe du monde, pour faire entendre sa politique. De toute façon, à chaque occasion qui lui permettra de valider ou de faire valider ses idées, sa vision du monde et sa radicalité durant ce Mondial, il s’en servira.

    Pourquoi la Fifa ne réagit-elle pas ?

    J.-B.G. : En général, la Fifa fait l’intermédiaire et essaie de détendre les choses, parce qu’elle a un lien direct avec les deux partis, mais là, ça ne marche pas. Gianni Infantino [le patron de la Fifa, Ndlr] est très lénifiant et quasi absent sur cette question. Il sait que s’il braque Trump, ce sera encore pire. Il est dans une posture où il n’y a que la flatterie qui fonctionne. Pourquoi est-il systématiquement aligné avec Trump ? Pour des questions de business, d’ego, et de rêve américain. Mais il est censé montrer un peu d’indépendance et qu’on ne fait pas n’importe quoi avec le football.

    Quelle sera la situation
    des Iraniens ?

    J.-B.G. : Les Iraniens ne sont pas au même niveau de traitement, puisqu’ils n’auront pas le droit de reconnaître le terrain la veille des matchs. Ils vont arriver le jour même et ils vont repartir juste après le match. Ce sera aussi la première fois qu’un régime est incapable d’assurer la sécurité d’une sélection. La question c’est : que se passera-t-il s’ils sont qualifiés en huitièmes de finale et qu’ils affrontent les États-Unis ? C’est donc pour toutes ces raisons que c’est la Coupe du monde la plus géopolitique et politique qu’on ait connue dans l’histoire. C’est la plus politique au sens détestable du terme puisqu’elle est très matérialiste. Personne ne parle de jeu mais tout le monde parle d’enjeux.

    Ce Mondial peut-il rapprocher
    le Canada et le Mexique des États-Unis ?

    J.-B.G. : Il y a un an, Trump proposait au Canada de devenir le 51e État américain et il proposait de bombarder le Mexique. Depuis quelques mois, les tensions se sont tout de même calmées parce que le Mexique a collaboré pour l’arrestation de trafiquants de drogue et Trump ne parle plus d’annexer le Canada ou le Groenland. Mais la défiance des Canadiens envers les États-Unis est toujours présente et il n’y a jamais eu autant de départs de Mexicains des États-Unis. Les personnes en situation opérationnelle vont arriver à travailler ensemble mais ce n’est pas cette Coupe du monde qui permettra de les rapprocher, bien au contraire.

    Cette Coupe du monde sera-t-elle rentable ?

    J.-B.G. : Beaucoup d’enquêtes sortent pour montrer que le Canada va être perdant. Pour le Mexique aussi ce ne sera pas une bonne opération. Aux États-Unis, le coût des transports, des infrastructures et des billets a explosé. Le logement est extrêmement cher parce qu’on est sur un marché dérégulé. Il y a une baisse des réservations partout de 20% sur l’ensemble des villes concernées. Financièrement, ça va être un fiasco. Ça va coûter très cher aux fédérations, c’est d’ailleurs pour cela que la Fifa a augmenté ses dotations. Le coût pour les supporters et pour les familles des joueurs est énorme. Après, pour la Fifa, ce sera une très belle opération avec au moins 11 milliards d’euros de retombées potentielles et probablement plus. Ce sera aussi intéressant pour des entreprises qui vont tester des technologies et vont vouloir se mettre en scène.

    Cette situation politique joue-t-elle sur l’engouement autour
    de la compétition ?

    J.-B.G. : Étonnamment, je trouve que le volume de critiques et d’appels au boycott ou de réactions politisées est quand même très limité. Il y en a beaucoup moins que contre le Qatar il y a quatre ans parce que personne n’a payé des agences de relations publiques pour démonter les États-Unis parce qu’on n’affronte pas l’administration Trump en frontale. Personne ne traite de la question environnementale comme c’était le cas avec le Qatar. Pourtant, la compétition se déroule dans trois pays, sur six fuseaux horaires, avec des distances entre les stades colossales. Le coût environnemental va être énorme. Aucune compensation n’est prévue. Il y a aussi la question des transports et toutes les difficultés logistiques autour. Donc c’est vrai qu’il n’y a pas l’enthousiasme habituel. La politique américaine dicte littéralement le tempo et l’enthousiasme de cette Coupe du monde. La figure de Trump écrase l’engouement. J’espère que ça va changer quand la compétition va débuter. L’enthousiasme viendra surtout des diasporas et des touristes qui auront réussi à venir. Au Mexique, la situation devrait tout de même être différente.

  • L’usage abusif d’auto-entrepreneurs dans le viseur

    L’usage abusif d’auto-entrepreneurs dans le viseur

    L’été approche et ramène avec lui une augmentation du flux touristique et, de fil en aiguille, une augmentation des besoins en personnel et salariés. Depuis plusieurs années, un phénomène explose et inquiète les professionnels du secteur et les autorités : l’usage abusif du statut d’auto-entrepreneur.

    « Nous voulons que les règles qui régissent la profession soient respectées et non détournées », détaille ainsi Patrice Mounier, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de Vaucluse, ce vendredi 12 juin, lors d’une conférence de presse en compagnie des services de l’État. Tout en signalant « qu’on n’est pas contre les auto-entrepreneurs », il indique qu’il y a aujourd’hui, dans certaines situations, un « salariat déguisé » et que cela engendre une « concurrence déloyale ».

    Sont ciblés des métiers comme les cuisiniers, notamment chez les traiteurs. Ou encore les DJ en boîte de nuit. Un point de réglementation s’impose. Un travailleur indépendant exerce une activité pour son propre compte avec des prestations pour des clients. Il ne doit donc, en principe, pas recevoir d’ordres de la part d’un patron. Sauf que de nombreux postes, tels que cuisinier ou serveur en restauration, ne rentrent pas dans ces cases. « Pour les DJ en boîte de nuit, par exemple, si c’est pour une ou deux soirées à thème, on peut accepter. Mais si c’est une personne qui travaille régulièrement, ça ne marche pas », illustre Amandine Martin, inspectrice du travail au sein de la DDETS. Si l’infraction est caractérisée, les sanctions peuvent être de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

    L’illustration de l’ubérisation de la société

    « C’est surtout un public jeune qui a besoin de flexibilité mais qui ne connaît pas vraiment le système. C’est une illustration de l’ubérisation de notre société », analyse Mikhaël Bascoul, inspecteur de lutte contre le travail dissimulé. « Parfois, on bondit de notre chaise dans certaines situations », glisse Amandine Martin. Car bien souvent, les entreprises utilisent ce statut pour ne pas avoir à payer les cotisations sociales. C’est en effet au travailleur lui-même de le faire et d’envoyer, à partir d’un certain seuil, la preuve à son employeur. « Ces pratiques portent atteinte au financement de notre modèle social », assure l’Umih dans son communiqué. La structure se veut dans un premier temps pédagogue avec les entreprises du secteur. Mais demande des sanctions en cas de fautes répétées. Les représentants de l’État évoquent notamment l’usage de l’intérim comme alternative.

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »

  • 2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    2000 personnes ont coloré les rues de Toulon pour la Marche des fiertés

    Une vague arc-en-ciel a déferlé dans les rues de Toulon samedi après-midi, à l’occasion de la 7e édition de la Marche des fiertés. Près de 2 000 personnes se sont offert un shot de couleur et de bonheur qui a largement dépassé les frontières du cortège. Le point d’orgue d’une après-midi festive et militante, débutée dès 13h place d’Armes, où était installé le Village des fiertés, animé par des associations LGBTQIA+. De quoi faire monter la température avant le départ de la Marche vers 17h.

    Chacun avait une bonne raison d’être là

    Cette année, le mot d’ordre de la Quinzaine des fiertés était « Être soi-même est un droit, pas un privilège ». Un slogan qui fait écho « aux lois votées sans être appliquées et aux discriminations subies par les personnes LGBT », explique Bruno Savian, président du collectif Fiertés Toulon. Chacun en a fait sien et a su trouver sa place en ce moment de communion, à l’image de Johanna, venue, avec sa fille de 10 ans, soutenir son fils, Tony, dans son parcours de transition : « Trop peu de parents le font », déplore-t-elle.

    Pour Élodie, c’était une première : « Je me suis renseignée sur l’événement et le contexte m’a beaucoup plu. » Et l’occasion d’inculquer à son petit garçon « qu’on est tous égaux, peu importe qui on est ». Stéphane et Yann, tous deux Seynois, sont des habitués. Dans une ville où le RN gagne du terrain, « il faut se faire entendre, à Perpignan aussi, par exemple, et dans toute la France ». Et ne plus avoir peur d’être soi : « Sortez du placard ! », s’exclame Yann. « Aujourd’hui, il y a des familles, des personnes handicapées… Cette Marche montre aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont représentés. »

    Eva, elle, tient à rendre hommage « aux personnes qui sont mortes pour nos droits, pour pouvoir s’aimer ». Pour la jeune femme, il n’y a qu’un moyen de le faire : « Aimez-vous et ne le cachez pas. » Un message simple, pour une idée nécessaire.

  • Les sections du PCF de la région ont tenu leurs congrès

    Les sections du PCF de la région ont tenu leurs congrès

    De Martigues à Embrun en passant par Toulon ou Marseille, les différentes sections locales du Parti communiste français de toute la région ont tenu leurs congrès, ou conférences de section, ce week-end. « Il y aura eu 38 congrès de sections qui se seront tenu d’ici mardi soir. La plupart l’ont fait entre jeudi et ce week-end », relate Dylan Zeitoun, responsable fédéral de la vie du parti dans les Bouches-du-Rhône. Avant de rappeler que ces congrès se déroulent à quelques semaines du congrès national du PCF à Lille, début juillet : « L’objectif c’est aussi de travailler à l’unité des communistes signataires des 4 textes. » Dans son département, les militants ont approuvé à 74% le texte du conseil national (CN) comme base commune. « Il y a une confiance dans la direction et ses orientations. Pour autant, les camarades essaient de trouver un élan. » De quoi bien préparer les différents congrès fédéraux qui se dérouleront également simultanément, le week-end prochain. « On veut créer les conditions d’être en ordre de bataille dans la perspective des élections. Les communistes ne se cantonnent pas aux échéances électorales mais savent que c’est un moment attendu », martèle Dylan Zeitoun.

    Même retour dans les Alpes-de-Haute-Provence où 9 sections ont également fait leurs conférences. « Elles se sont déroulées dans la sérénité, avec la volonté d’avancer très sérieusement pour enrichir le texte de la base commune », explique Bertrand Perrin, secrétaire fédéral. Comme pour les Bouches-du-Rhône, ce moment de démocratie a permis un « renouvellement » dans certaines sections.

    « S’enrichir mutuellement »

    « Il y a des camarades qui laissent la place à des jeunes, avec le sentiment d’une passation générationnelle », développe Bertrand Perrin, notant que le texte de base commune a été voté à 65% dans son département.

    Si le texte proposé par le CN n’a été voté qu’à 48% dans le Var, les débats des congrès des 18 sections ont été tout autant enrichissant. « Il y a des discussions qui reflètent une diversité d’opinion mais une volonté de converger. Beaucoup de camarades veulent piocher de bonnes réflexions dans les différents textes, pour s’enrichir mutuellement », relate Pierre Daspre, secrétaire fédéral varois.

    « Tout le monde a quelque chose à amener, les congrès se sont déroulés de manière très fraternelle », abonde Sophie Delfino, secrétaire fédérale pour les Hautes-Alpes qui compte 5 sections et où « la base commune proposée par le CN a été plébiscitée à 84% ».

  • L’œuvre de Jeanne Vicerial, entre sciences et féminité

    L’œuvre de Jeanne Vicerial, entre sciences et féminité

    Baignée dans un faisceau de lumière qui traverse le ventre de la Chapelle de la Visitation, une gisante blanche, tissée de cordes et parsemé de fleurs. Autour d’elle, dans une mise en scène proche du mystique, d’autres corps aux attraits féminins, composés de textiles noirs, prennent possession du lieu. Nichée dans l’une des alcôves de la chapelle, La Présence à l’Enfant, haute, mutique, fait partie des œuvres qui interroge « l’histoire de l’art et la place des femmes et des enfants dans notre société, qui est un sujet particulièrement d’actualité », explique Jeanne Vicerial, artiste montante, et qui expose son travail dans quatre lieux de la Ville à l’occasion de la Biennale. Intitulée Incarnations, l’exposition est répartie entre la Chapelle, le Pavillon Vendôme, le Musée Granet et le Musée des Tapisseries où sont en partie exposés des costumes conçus pour Atys, ballet d’Angelin Prejlocaj. Jusqu’au 4 octobre, l’artiste dévoile ses sculptures filées, travaillées à la main.

    Titulaire d’un doctorat Sciences, Arts Création et Recherches, ancienne pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis), l’artiste plasticienne et designer pose son travail à la croisée de la science et du mystique. « Le parcours développe quatre volets de son travail avec des ambiances et des orientations très différentes. C’est ça, la richesse de cette Carte blanche, donnée à Jeanne Vicerial », explique Chrystel Pélissier-Roy, directrice des Musées d’art et d’histoire d’Aix. « Ces œuvres existaient déjà, et déployées dans un espace différent, reprennent vie », précise l’artiste, passée
    par le Palais de Tokyo à Paris,
    la Maison Guerlain, mais aussi les galeries new-yorkaises, bruxelloises… Et multi-récompensée pour son travail.

  • Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    En 2025, plus de 15 000 personnes se sont déplacées pour assister au Ciné Plein-Air Marseille qui fêtait ses 30 ans. Une nette augmentation par rapport à l’année précédente, à hauteur de 40%. Pour cette 31e édition, le festival investit 26 lieux différents, dont 5 nouveaux, qui accueilleront une quarantaine de projections, tout au long de l’été, du 30 juin au 25 septembre.

    « Le Ciné Plein-Air n’est pas seulement une programmation de films. C’est des souvenirs d’été : des familles, des voisins, des amis qui se retrouvent sur une place, dans un parc, une cour, à la tombée de la nuit », confie Emilia Sinsoilliez, conseillère municipale et déléguée à la culture à la mairie des 2-3. « À Marseille, nous sommes attachés à cette idée d’une culture qui rassemble, qui crée du commun, qui occupe l’espace public. Le Ciné Plein-Air incarne pleinement cette ambition. » C’est un festival qui « réussit à être, à la fois populaire et exigeant, accessible et ambitieux », souligne-t-elle. La directrice du festival, Lucie Taurines partage : « L’ADN de ce festival, c’est avant tout la découverte du cinéma, l’expérience du cinéma qui se vit à plusieurs. »

    Une programmation

    diverse et éclectique

    Cette expérience est vécue dans tous les quartiers. Parcourant films cultes, films d’auteur ou cinéma d’animation, le festival propose une programmation diverse et éclectique, une sélection qui s’est dessinée en lien avec chacun des partenaires qui les accueillent. La saison est marquée par de nombreux temps forts, parmi lesquels, un cycle de neuf films, en écho avec l’exposition Bonnes Mères au Mucem jusqu’au 31 août. À l’affiche, on retrouve entre autres, Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini, ou encore Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar. Autrement, le splendide théâtre Silvain (7e) accueillera l’avant-première de Route Algéricaine, en présence du réalisateur, Rabah Ameur-Zaïmeche, et de l’équipe du film. À la Plaine (14/08), le public pourra découvrir Hit the Road du réalisateur iranien Panah Panahi. Et cette année, le festival investit un lieu nouveau : l’Espace Mistral de l’Estaque où le public sera convié pour la projection de Partir un jour d’Amélie Bonnin (25/07). Au-delà des nouveaux lieux, une autre nouveauté. La directrice met en avant « une séance adaptée aux spectateurs et spectatrices en situation de handicap sensoriel, le 9 août sur le stade nautique avec le film L’Amour c’est surcôté ».

    Le Ciné Plein-Air, c’est aussi des incontournables comme Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, proposé en partenariat avec le festival Ciao Moka, Little Miss Sunshine ou encore l’émouvante histoire de Erin Brockovich : seule contre tous.

    Détails sur seances-speciales.fr

  • « Plus de recherche ! » : sensibiliser sur l’encéphalomyélite myalgique

    « Plus de recherche ! » : sensibiliser sur l’encéphalomyélite myalgique

    Vêtements et matériel orange, les bénévoles de l’association VoxEm installent leur stand pour la nuit, samedi. « On a un système immunitaire un peu bas », justifie Marion, alors que tous les protagonistes ont un masque chirurgical vissé sur le visage. Tenu par des malades d’encéphalomyélite myalgique, (qui provique une fatigue chronique invalidante), le stand de l’association s’est installé pour la Nuit du handicap, initiative organisée sur le cours Mirabeau. Un événement qui « prend de l’ampleur », explique Laurent Dilinger, élu à la santé, alors qu’une trentaine de stands ont investi cet axe principal du centre-ville. Objectif pour ces bénévoles en orange, alerter la population sur cette maladie « invisible » mais « reconnue par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1969, mais toujours non reconnue par la France », rappelle Stephan Oberg.

    Pour ceux qui en sont atteints, c’est la double peine. « La Maison départementale des personnes handicapées, ne reconnaît pas notre maladie, sauf si on ruse avec les médecins et qu’on se fait passer pour malades psy, poursuit Stephan. On nous dit souvent que c’est dans la tête, puisque rien dans nos analyses ne montre que l’on est malade. » Seuls quelques médecins spécialisés en France sont aptes à diagnostiquer la maladie, précisent les bénévoles. Selon Marion, « 80% des malades sont des femmes ». Une « double stigmatisation ». Alors, en attendant une reconnaissance officielle, les bénévoles s’attellent à sensibiliser le public. « On doit expliquer ce qu’est cette maladie, les retentissements dans notre vie quotidienne et mettre la puce à l’oreille aux gens. S’ils connaissent quelqu’un qui souffre d’un épuisement permanent, des troubles cognitifs, qui a du mal à se remettre d’un effort, ce n’est pas nécessairement une dépression », insiste Claire.

    Autres symptômes à repérer et avec lesquels il faut vivre, un épuisement constant, les malaises post-effort, sorte de décompression et d’exacerbation des symptômes qui arrive dans les heures qui suivent une activité. Pour les bénévoles, une seule solution pour que ces malades soient mieux pris en charge : « Plus de moyens pour la recherche autour de cette maladie. ». E.B.-G.