Author: tecnavia

  • Enogia, le visage phocéen de la transition énergétique

    Enogia, le visage phocéen de la transition énergétique

    C’est le petit nouveau de la zone industrielle des Aygalades. L’entreprise marseillaise Enogia, producteur de micro-turbomachines, a déplacé son site de production dans les quartiers nord. En pleine croissance, elle doit son succès à une technologie qui transforme la chaleur perdue en électricité verte.

    Mercredi, sous un soleil de plomb, Arthur Leroux, PDG de la société, monte sur scène pour l’inauguration du site. Il invite Claude Imoven, président du conseil d’administration de la société française Orano, à le rejoindre, sous les yeux de dizaines d’invités et de salariés. « Enogia s’inscrit dans la continuité de cette histoire marseillaise, celle d’un territoire qui a toujours su transformer ses ressources, son savoir-faire et son énergie pour créer de la valeur. Ce qui est imaginé ici, aux Aygalades, contribue aujourd’hui à la transition énergétique à l’échelle mondiale », soutient le chef d’entreprise.

    « C’est la démonstration que de nouveaux modes de production sont indispensables face aux enjeux climatiques. Et c’est ainsi que seront réconciliés la performance économique, le progrès social et la protection de l’environnement. Une grande partie de notre avenir productif viendra de la rencontre entre une vision portée par des entrepreneurs qui voient dans l’écologie, non pas qu’une contrainte, mais une formidable opportunité à saisir pour fabriquer le monde de demain », poursuit Cécile Vignes, déléguée à l’économie verte et circulaire à la mairie de Marseille.

    12,6 millions de chiffre d’affaires

    En 2025, le chiffre d’affaires de la société marseillaise s’élève à 12,6 millions d’euros, en progression de près de 57%. De quoi satisfaire l’ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, présent ce mercredi. « La France a perdu beaucoup de sa substance industrielle. On cherche à revenir avec des retards considérables, mais aussi des ressources exceptionnelles. Je voudrais remercier Arthur Leroux et tous ceux qui ont constitué cette réussite car là, il y a une nouvelle future ETI marseillaise, enracinée, qui va continuer à se développer sur une technologie disruptive, innovante, qui fait la fierté des Marseillais et des Français. »

    Les discours inauguraux se sont conclus par celui du président (Ren.) de la région Sud, Renaud Muselier : « Vous faites rayonner le savoir-faire marseillais, régional et national. »

    Fanny Velay

  • Un guide pour accompagner les projets agritouristiques dans le Var

    Un guide pour accompagner les projets agritouristiques dans le Var

    Dans un territoire marqué par l’agriculture, sur le littoral comme dans l’arrière-pays, l’agritourisme représente un levier de diversification essentiel pour les exploitations agricoles confrontées à des défis économiques et climatiques croissants. Un enjeu d’autant plus important dans le premier département touristique de France. Déjà doté d’une proportion d’exploitations engagées dans cette activité deux fois supérieure à la moyenne nationale, le Var entend structurer et renforcer cette dynamique.

    Une filière qui incarne « une alternative au tout plage et tout soleil », appuie le président (LR) du Département, Jean-Louis Masson, et qui permet de « faire découvrir le département dans son authenticité et ses spécificités, et représente un complément de revenu intéressant pour les agriculteurs ».

    C’est à cet égard que le Comité de pilotage « Agritourisme dans le Var », créé en 2025 et réunissant l’État, le conseil départemental du Var, la chambre d’agriculture du Var, l’Agence de développement Touristique (ADT) Var tourisme et les représentants des filières, lance un guide d’accompagnement des projets agritouristiques. « Le diagnostic de la chambre d’agriculture montre une volonté de développer l’activité agritouristique. 180 agriculteurs ont émis ce désir », affirme Guillaume Décard, président de Var Tourisme.

    Une simplification des lois attendue

    Ce guide, voué à être réactualisé avec les retours d’expérience, affiche une triple vocation : faciliter l’accès aux règles d’urbanisme pour les exploitants, qui ne sont pas forcément spécialistes en la matière ; ériger des règles communes entre élus, chambre d’agriculture et services de l’État pour que les projets soient lus avec les mêmes critères, et enfin, permettre aux exploitants d’identifier l’ensemble des volets à prendre en compte, sur le plan pratique (risques naturels…) comme légal.

    Sur ce dernier aspect, « nous attendons une loi de simplification », milite Sylvain Audemard, président de la chambre d’agriculture du Var, qui joue un rôle de « guichet unique » pour « orienter les exploitants dans leur projet ». Un texte voué à apporter plus de souplesse en matière d’urbanisme et de fiscalité, deux freins à l’expansion de l’activité agritouristique. « Dès lors qu’on est raisonnable sur les objectifs et qu’on ne transforme pas les exploitations agricoles en lieux touristiques, tout est conciliable à travers l’adaptation des textes nationaux », a répondu le préfet Simon Babre, laissant entendre que les services de l’État étaient ouverts à l’idée, mais pas à n’importe quel prix.

  • Vers une meilleure desserte routière des bassins Ouest

    Vers une meilleure desserte routière des bassins Ouest

    Au centre des étals fournis du marché de Port-Saint-Louis-du-Rhône, les représentants du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) tiennent leur propre stand. Alors que le vent charrie les kakémonos, ils discutent avec les passants des projets 3XL et Distriport, le premier étant une extension des terminaux de conteneurs, le second une plateforme logistique.

    Pour Géraldine Planque, cheffe de mission concertation et dialogue territorial, « la mission d’information est presque mieux remplie en rencontre de proximité qu’en réunion publique ». « Aller vers les gens nous permet de toucher beaucoup plus de personnes. Et ce ne sont pas du tout les mêmes que celles qu’on voit lors des rendez-vous, qui représentent des associations et qui ont des connaissances pointues et un angle d’approche puisqu’elles portent un sujet précis, souvent autour du cadre de vie ou de la pollution. »

    Sur la trentaine d’habitants rencontrés ce matin, « les préoccupations qui reviennent le plus sont la desserte routière, l’accessibilité et le report modal qui va avec ».

    Schéma directeur routier

    La RN268, qui relie Fos-sur-Mer à la commune de l’embouchure du Rhône en passant par le GPMM, accueille chaque jour 4 000 poids lourds, qui représentent un tiers du trafic total. Avec l’extension du quai et de la zone d’entrepôts, le trafic de conteneurs devrait bondir de 15%, soit 200 000 équivalents vingt pieds supplémentaires. « S’il y a plus de navires, toute la chaîne de transport suit », admet Axel Raybaut, chef du projet 3XL.

    Conscient que c’est un « vrai problème pour la population et les travailleurs du secteur », le GPMM a élaboré un Schéma directeur routier. Plusieurs aménagements sont prévus pour rendre le réseau routier portuaire plus résilient : « On va faire un accès à 3XL raccordé à la RD268, pour que le trafic lié aux conteneurs ne sature plus le seul accès qui existe actuellement, précise Axel Raybaut. De son côté, le Département étudie le doublement de la voie qui lui appartient. » Le port a récupéré la maîtrise d’ouvrage du giratoire du relais, qui dessert le môle central, auprès du Département pour faire une dénivellation et permettre aux flux de marchandises de l’éviter. Du côté de Distriport, « on va construire un accès périphérique qui permettra aux habitants de Port-Saint-Louis d’être sur une route dédiée aux véhicules légers pour sortir du flux portuaire », précise le chef de projet Philippe Marin. Tous ces travaux devraient être réalisés d’ici 2030.

    Le GPMM mise aussi sur le report modal, avec une cour ferroviaire dans la zone entrepôts et un quai dédié aux barges fluviales du côté des terminaux.

  • À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    « Résister face à la pédagogie du renoncement et s’assurer que les lumières ne s’éteignent pas dans l’esprit de nos jeunes » : telle est l’une des contributions majeures de l’éducation populaire, selon Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements. L’élu est venu à la rencontre des acteurs associatifs du secteur, mardi matin, à l’occasion d’une réunion organisée par sa mairie. « L’éducation populaire est essentielle pour notre société. C’est un levier essentiel pour la démocratie, l’émancipation humaine, la citoyenneté et la transformation de la société, a-t-il poursuivi. Cette rencontre de nouvelle mandature doit permettre d’échanger nos expériences, mais surtout de construire ensemble des projets. Une association isolée peut faire de grandes choses, mais associée aux autres, elle peut se rendre beaucoup plus efficace. »

    C’était l’ambition de ce premier temps d’échanges entre associations, organisé à l’initiative de Lyèce Choulak, conseiller municipal délégué à l’éducation populaire et aux vacances pour tous dans les 15-16. « C’est l’occasion de rassembler toutes les forces vives de l’éducation populaire dans les 15-16, parmi lesquels on compte les associations de proximité et les centres sociaux, bien sûr. Mais aussi les institutions (Métropole, État) et les bailleurs, détaille-t-il. Je voudrais qu’on puisse aboutir sur un projet commun qui défende l’intérêt collectif ».

    Pour soutenir la démarche, Hassan Guenfici, adjoint au maire délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire, était présent pour représenter la mairie centrale.

    Un budget pour l’enfance ?

    Les difficultés financières des collectivités, limitant le niveau des subventions accordées aux différentes structures, n’ont pas manqué d’être évoquées. Dans ce contexte budgétaire serré, une idée a tout de même émergé : investir avantage dans l’enfance. « L’enfant pauvre des cités est souvent le secteur de l’enfance, note Nicolas Rett, directeur du centre social de la Bricarde (15e). C’est très difficile de déployer des actions, parce que nos moyens sont très limités. Il y a pas mal d’espaces jeunes sur le territoire, ce qui nous permet de capter les jeunes à partir de 11-12 ans. Mais les 5-10 ans qui ne sont pas inscrits au foot ou à l’aide au devoir, ce sont eux qui sont un peu à la rue entre 17h et 19h. Ça les rend vulnérables, notamment aux réseaux [de trafic de drogue] ».

    « La question de la protection de l’enfance et de l’accueil des mineurs est sur la table, le travail est entamé », a assuré Hassan Guenfici. Jean-Marc Coppola ajoute : « La Ville fait son possible, mais ne pourra pas se substituer à tout le monde. Les échéances électorales de l’an prochain doivent être l’occasion de décider dans quel type de société nous souhaitons vivre. »

  • Journée cruciale au tribunal pour Fibre Excellence

    Journée cruciale au tribunal pour Fibre Excellence

    « En quelques jours, chacun a accepté de faire évoluer sa position. Des investisseurs se sont engagés, d’autres sont en train de le faire. Les Régions se sont mobilisées. Les organisations syndicales ont contribué activement à la construction du projet », écrivent dans une lettre commune, adressée dimanche au ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, Matthieu Pigasse, les deux présidents des Régions Sud et Occitanie, et les responsables des syndicats CGT, CFDT et FO. Et de presser le gouvernement à prendre ses « responsabilités » avec « la mobilisation effective de tous les leviers dont dispose l’État afin de donner toutes les chances à ce projet désormais profondément consolidé ». Gouvernement qui reste pour l’heure dans l’attente d’un « projet crédible », répond-il.

    L’offre de reprise de l’entreprise Fibre Excellence et de ses deux usines, situées à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et à Tarascon, par l’homme d’affaires doit être déposée ce jeudi, au tribunal de commerce de Toulouse. L’audience pour l’examen de l’offre a été reportée au 6 juillet.

    Cette offre pourrait donner un second souffle au fabricant de pâte à papier et sauver les quelque 10 000 emplois directs et indirects que génère l’activité. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire, fin avril, tandis que son actionnaire indonésien, Jackson Wijaya, a refusé tout net de remettre de l’argent dans la société, qui souffre d’un déséquilibre structurel. Pour y remédier, outre l’apurement du passif, les salariés ont rappelé la nécessité d’un relèvement du tarif de rachat de l’électricité produite par l’usine. Une promesse du gouvernement.

  • Risque très sévère d’incendie sur tout l’arc méditerranéen

    Risque très sévère d’incendie sur tout l’arc méditerranéen

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est attendu à 15h à Marseille, où il sera informé de la situation de la saison des feux en cours. Il présidera, à partir de 16h15, une cellule interministérielle de crise sur la canicule.

    Au sein de l’état-major des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, l’heure est à la mise en garde. La phase est « inédite » si tôt dans l’été, assure le lieutenant-colonel Pascal Bergé, officier supérieur départemental au Sdis 13. En cause, des « conditions météorologiques assez complexes avec le Mistral qui va se lever en continu pendant 72 heures », signale-t-il, mercredi. Canicule, vent chaud, végétation asséchée, « on est en alerte maximale (…), tout l’arc méditerranéen est en vigilance, en risque très sévère », confirme le lieutenant-colonel, avec une attention particulière portée sur l’Étang de Berre.

    Dès lors, en plus des 500 pompiers de garde dans la caserne, 396 personnes supplémentaires ont été déployées, dans les 59 centres de secours du département des Bouches-du-Rhône. Un maillage qui sera maintenu tout l’été.

    À Bouc-Bel-Air, un dispositif préventif est mis en place dans le cadre « de la stratégie nationale et départementale d’attaque massive des feux naissants pour les éteindre dès les premières minutes », explique le commandant Arnaud Cambe. Le groupe de 18 pompiers dispose de cinq véhicules, dont quatre camions spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt. Il est posté dans une zone « proche de l’interface habitat-forêt » et d’« un axe routier ». Ici, cours du Ferrage, le chef de groupe David Marin briefe l’équipe. Il s’assure que chacun dispose de suffisamment de ravitaillement. « Il va faire chaud, on prend soin les uns des autres, c’est le plus important », intime-t-il à la rangée qui se tient devant lui. « Pensez à vous hydrater et à vous préserver au maximum », renchérit Arnaud Cambe, la nuit s’annonçant longue.

    Le terrible incendie qui a ravagé Les Pennes-Mirabeau et l’Estaque, il y a un an, presque jour pour jour, a marqué les esprits. « La crainte n’est pas forcément d’avoir un grand feu, mais d’en avoir plusieurs. C’est la simultanéité des chantiers qui peut rendre compliquée la gestion d’une opération, on ne pourra pas mettre un camion derrière chaque maison », alertait dans la matinée le lieutenant-colonel Pascal Bergé. Face à cela, il appelle les habitants « au bon sens » : pas de feu, ni de barbecue et encore moins de mégots jetés par les fenêtres ; l’une des principales causes de départs de feux. Et surtout, « on écoute les consignes qui sont données par les autorités ».

  • [Entretien] Clément Beaune : « Je propose qu’on revienne à une forme de planification globale »

    [Entretien] Clément Beaune : « Je propose qu’on revienne à une forme de planification globale »

    La Marseillaise : Vous intervenez lors des rencontres économiques sur la question de la planification économique. Quelle est sa place dans le modèle français actuel ?

    Clément Beaune : On vit un paradoxe français : nous avons beaucoup de plans, de stratégies, dans beaucoup de domaines, pour les collectivités locales, comme pour l’État. On entend tous les jours parler de plan sur la santé et l’environnement, de plan bas carbone, de plan d’adaptation aux changements climatiques, de plan agricole… Ce mot revient souvent, mais on ne fait plus la planification comme ça a été le cas notamment pendant les trente glorieuses, c’est-à-dire avec un plan quinquennal, qui était certes indicatif, mais qui était débattu au Parlement, voté, discuté avec le patronat et les syndicats notamment et qui fixait, c’était son principal mérite, quelques priorités ainsi que leur financements. Ces priorités, une fois qu’elles étaient dans le plan quinquennal, étaient celles du gouvernement, pour 5 ans. Je ne dis pas que c’était idéal, mais il y avait une forme de stabilité et d’anticipation. Aujourd’hui, à part dans le domaine de la défense, où l’on a de nouvelles programmations militaires, on a beaucoup de mal à avoir un cap clair, débattu dans la société, au Parlement, et partagé, pour plusieurs années.

    Que proposez-vous ?

    C.B. : Il faut l’adapter, mais je propose qu’on revienne à une forme de planification globale. Qu’on se demande quelles sont les grandes priorités de l’État, pour les cinq ans qui viennent, qu’on en débatte au Parlement. Ça permettrait de parler démographie, immigration, gestion de l’eau… Tous ces sujets-là méritent du temps long, un débat large et des priorités stables. On le voit sur la question climatique, on a besoin d’avoir des investissements qui ne bougent pas d’une année sur l’autre, de choisir les priorités. Est-ce que la priorité est l’investissement dans les transports, plutôt dans l’énergie, plutôt dans l’agriculture ? Ce sont des choix politiques. Après, il y a des gens qui auront des préférences, mais au moins, c’est débattu, c’est connu de tous et c’est stable.

    Ce qu’apporte surtout la planification, c’est de la visibilité et de la stabilité. Pas des coups de stop and go, comme on dit, ou d’essuie-glaces, où on va un coup dans un sens, un coup dans un autre.

    Je pense aussi que parfois, sur le climat, la défense et d’autres enjeux du temps long, il faudrait avoir des budgets pluriannuels, qui s’imposerait au budget annuel.Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

    Un mot sur l’échéance de la présidentielle, au regard du bilan des deux quinquennats d’Emmanuel Macron et de l’influence qu’a depuis gagnée l’extrême droite ?

    C.B. : J’ai deux combats, qui sont identitaires pour moi : la lutte contre l’extrême droite et l’engagement pour l’Europe. Je me prononcerai à l’automne sur les candidatures, mais pour l’instant, je veux rester focalisé sur le Plan. Et proposer un certain nombre d’options qui peuvent être utiles dans le débat. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra une stratégie de rassemblement et de responsabilité, peut-être au-delà des familles politiques traditionnelles, pour battre l’extrême droite.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud.

  • Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Le coach immobilier dit avoir cédé à l’appât du gain

    Au lendemain de la condamnation à une amende civile record de 100 000 euros d’un multipropriétaire parisien en infraction sur un meublé touristique rue Dragon, la Ville de Marseille est venue réclamer, mercredi, devant ce même juge des référés, le prononcé de 1,5 million d’euros d’amendes civiles à l’encontre des quatre sociétés d’un investisseur et influenceur immobilier. Celui-ci contournait la réglementation sur la location de six meublés touristiques de courte durée.

    Attendu par une dizaine de militants d’un collectif anti-Airbnb qui avaient déployé une banderole « Rends tous les logements ! Airbnb casse-toi ! Marseille n’est pas à toi ! », Florent Richard, 37 ans, ne s’est pas présenté à l’audience, laissant son avocat faire amende honorable à sa place. « Il a eu peur pour sa sécurité car il n’est pas le bienvenu à Marseille. Son portrait est affiché sur des murs. Ce n’est pas normal, ce n’est pas M. Pelicot ! Effectivement, il a eu un temps un appât du gain sur quelque chose de facile, mais il a compris, il a appris et il veut tourner la page », a plaidé Me Martin Guerin pour cet affairiste immobilier qui se vantait, sur YouTube, de s’être constitué avec 44 logements à Bordeaux, Paris et Marseille, un patrimoine de 3 millions d’euros en trois ans.

    à Marseille, ses sociétés exploitaient sans autorisation de changement d’usage et sans avoir réalisé les compensations obligatoires exigées, quatre meublés touristiques au 9 rue des Honneurs, un immeuble du Panier (qui pour l’anecdote avait appartenu à Marseille Habitat de 1997 à 2016), ainsi que deux locations saisonnières dans un grand appartement qu’il a divisé, au 16 rue Colbert. « L’étreinte de la Ville s’est resserrée sur lui en octobre 2025. Il a immédiatement retiré tous ses appartements des plateformes et s’est dirigé vers des locations en baux mobilité », a expliqué Me Guerin, qui a prié le tribunal de trouver « un juste équilibre dans le combat légitime de la Ville et ses demandes d’amendes qui sont complètement disproportionnées ».

    « On peut comprendre la colère des collectifs, a dénoncé Me Jorge Mendes Constante, conseil de la Ville. Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseur qui dit faire du “coaching immobilier” en exprimant sur Youtube ce genre de slogans, Un million d’euros en quatre ans grâce à la location courte durée” ou Ici on fait du business, pas de la charité”. Il a mis en place un système. L’influenceur locatif s’est vanté d’avoir un taux d’occupation de ses locations à Marseille de 98% et d’avoir tiré 1 318 000 euros de chiffre d’affaires en 3 ans sur ces deux adresses ! »

    L’avocat a réclamé pour la Ville la condamnation de chacune des quatre sociétés que Florent Richard gère – deux SCI propriétaires, une société chargée des locations et une pour la conciergerie – à l’amende maximum de 100 000 euros prévue en cas de changement illicite d’usage, multipliée par le nombre d’appartements qu’il a ainsi soustrait au marché de la location classique, soit un moment total d’1,5 million d’euros.

    Délibéré le 23 septembre.

    « Nous serons intransigeants »

    « La Ville ne laissera rien passer. On attaquera systématiquement. Nous serons intransigeants. Les prochaines assignations concerneront des conciergeries qui participent à des locations sans autorisation », déclare Audrey Garino, l’adjointe au logement, présente mercredi devant le tribunal. L’élue PCF observe que l’engagement de la Ville a déjà entraîné « une baisse de 16% des meublés saisonniers sur la ville ».

    D.C.

  • L’Allemagne dans le concert des nations qui comptent

    L’Allemagne dans le concert des nations qui comptent

    La Deutscher Pétanque Verband affiche une ambition : rivaliser avec les mastodontes de la discipline à l’échelle européenne et mondiale. Et les résultats de ces dernières années sont probants. Le fruit d’un travail de formation engagé dans les catégories jeunes qui commence à se traduire chez les adultes.

    Licencié en Bavière à Munich, Ulrich Moritz, un proche du président de la Fédération allemande, a suivi de près cette évolution : « J’ai commencé à jouer aux boules en 2002 dans le seul club de Munich. Aujourd’hui, il y en a 16 dans la région ». L’homme est habitué du Mondial où il a noué des liens forts avec l’ancienne présidente du comité bouliste des Bouches-du-Rhône. Au niveau national, cette évolution s’est traduite par une croissance du nombre de joueurs : « En 2000-2010, c’était 15 000 licenciés, en Allemagne. Aujourd’hui, on doit se situer autour de 25 000. La pétanque est de plus en plus connue ici ».

    La sélection juniors

    au Mondial des jeunes

    Au-delà du nombre d’adhérents, le pays enchaîne surtout les bons résultats. L’Allemagne est devenue la première nation étrangère à inscrire son nom au palmarès du GP féminin La Marseillaise en 2021. Les hommes, ont décroché en 2025, leur première étoile européenne, après avoir battu les champions du monde italien puis l’équipe de France de Bonetto, Montoro et Doerr, en finale. En jeunes, l’Allemagne est aussi championne du monde tir de précision.

    La récompense d’une politique volontariste ayant pour but de mieux préparer les joueurs aux grandes compétitions. Pour Moritz, cela doit passer par l’apprentissage et la compréhension des styles de jeu d’autres nations. Pour cela, l’Allemagne adopte depuis près de deux décennies une politique de stages et d’échanges à l’étranger. Cette année, la sélection nationale juniors, sacrée championne du monde en 2025 participera au Mondial des jeunes…

    L’objectif est d’habituer ses joueurs au très haut niveau. « Si on veut que nos équipes fassent des progrès, il faut les faire jouer en France, dans le Sud. Depuis quelques années, une fois par an, les Fédérations française et allemande organisent une semaine de stage pour les juniors des deux nations ».

    Âgé de 19 ans, Oskar Fitz fait partie de l’équipe nationale espoir, après avoir évolué en junior de 2021 à 2024. Licencié en Bavière, il fait les beaux jours du Boule club Mechenhard. Pour lui, la pétanque est avant tout une histoire de famille. Il a commencé à quatre ans, avec son père, son grand-père et son arrière-grand-père. Champion d’Allemagne junior et espoir, il évolue désormais en senior, où il a atteint les 16es de finale.

    Ambitieux, il souhaite s’installer au plus haut niveau et a déjà joué plusieurs championnats d’Europe et du monde en jeunes. Signe de l’espoir placé en lui, il est le seul Allemand parrainé par Obut. Pour lui, La Marseillaise est une étape obligée. « Là je dois passer mon bac mais j’espère venir l’an prochain » explique-t-il même si son histoire avec Le Mondial est pour l’heure un rendez-vous manqué. La première fois, son arrière-grand-mère est décédée. L’an dernier, il était inscrit sur le concours junior mais son vol a été annulé. « On est arrivé en retard pour la première partie, on l’a perdue sur tapis vert puis on s’est dépêchés pour jouer la deuxième mais on a perdu aussi… » sourit Oskar Fitz.

    Pour Claude Azéma, ancien président de la Fédération internationale de pétanque et de jeu provençal et de la Confédération mondiale des sports de boules, cet essor est aussi dû à la qualité des infrastructures qui améliorent la réceptivité à ce sport. Le but est d’intéresser un public curieux à la recherche d’un loisir, en plus du public plus connaisseur : « L’attrait principal des clubs est d’avoir un lieu clos pour accueillir des gens tous les jours. C’est ce qui aide au développement. Il est essentiel de toucher ceux qui font de la pratique loisir, en plus de ceux qui veulent faire de la compétition ».

  • Matthias Sindelar, antinazi et joueur autrichien de légende

    Matthias Sindelar, antinazi et joueur autrichien de légende

    Parmi les destins tragiques du football mondial, celui de Matthias Sindelar figure en tête de liste. Né en Bohême-Moravie, dans la Tchéquie actuelle, l’attaquant a été l’un des piliers de la Wunderteam, la géniale équipe d’Autriche des années 1930. Surnommé « l’homme de papier », à cause de son frêle gabarit, Sindelar a été l’une des premières figures marquantes du sport en compagnie de Giuseppe Meazza et du Brésilien Léonidas. Coupe du monde 1934, annexion de son pays, mort prématuré, la légende autour de ce joueur est encore bien consistante.

    Enfant du quartier ouvrier de Favoriten, au sud de Vienne, Matthias Sindelar dévoile rapidement ses capacités sur un terrain. à 16 ans, il joue pour l’ASV Hertha et découvre la première division avec brio, avant de s’épanouir chez les Violets de l’Austria Vienne. Son aisance balle au pied et sa capacité à se glisser dans chaque espace lui ouvre rapidement les portes de la sélection, en 1926. Ses débuts sont brillants puis le génie sera écarté par le légendaire coach Hugo Meisl. En 1931, il revient et, trois ans plus tard, l’Autriche est un favori de la Coupe du monde en Italie.

    Match de l’annexion

    et fin de vie précoce

    Le fascisme prend de plus en plus de place et Benito Mussolini va lui-même mettre la main sur ce Mondial pour voir triompher son équipe. Les Autrichiens dominent la demi-finale face aux Italiens, mais les arbitres barrent les offensives de Sindelar et ses coéquipiers. L’Italie l’emporte 1-0 et brise les rêves de la Wunderteam. Vieillissant, le blond d’un mètre 75 joue moins par la suite. Puis un nouvel épisode politique survient. Mars 1938, l’Allemagne nazie annexe l’Autriche. Quelques jours plus tard, le 3 avril, les dirigeants
    allemands organisent l’Anschlussspiel (le match de l’annexion, en français).

    Mise en place pour promouvoir l’unité entre les deux peuples, cette rencontre doit se finir sur un 0-0. Face à des Allemands bien tendres, les Autrichiens se brident puis lâchent les chevaux. Matthias Sindelar marque et, selon la légende, exulte devant la tribune remplie de membres éminents du IIIe Reich. « Le but de la mort », dira-t-on plus tard. Le joueur, alors âgé de 35 ans, refusera de jouer sous le maillot allemand, prétextant une vieille blessure au genou.

    Ce fut le dernier match de sa carrière avec l’Autriche et « le Mozart du football » jouera sa dernière partition en club le lendemain de Noël 1938. Il ne vivra pas un mois de plus. Figure appréciée dans la capitale autrichienne, il a ouvert un café où tout le monde est le bienvenu, même les personnes considérées comme « non aryennes ». D’origine juive, comme sa compagne Camilla Castagnola, ils sont tous deux traqués par la Gestapo.

    Le 23 janvier 1939, Matthias Sindelar est retrouvé mort dans son appartement. L’autopsie fait état d’un décès accidentel par intoxication au monoxyde de carbone, à cause d’une cheminée. La thèse du suicide est évoquée, ainsi que l’assassinat par la police politique allemande. Aujourd’hui, nul ne connaît le motif exact. Ce que nous savons, c’est qu’ils étaient 30 000 à l’enterrement du joueur autrichien du siècle.

    ET AUSSI

    Suite des 16es de finale

    Outre Autriche-Espagne [voir ci-contre], deux autres 16es de finale se tiendront ce jeudi, heure américaine. À Toronto, le Portugal et la Croatie s’affronteront dans un match aux allures de dernier carré de compétition (vendredi à 1h). Ensuite, à 5h du matin en France, la Suisse et l’Algérie se feront face dans une rencontre qui s’annonce équilibrée et grandement indécise.

    Expulsé pour une main devant la bouche

    C’est la nouvelle règle mise en place par la FIFA à l’occasion de la Coupe du monde. Si un joueur met la main devant sa bouche lors d’un échange virulent avec un adversaire, il sera sanctionné d’un carton rouge. C’est arrivé au Paraguayen Miguel Almiron face à la Turquie et une nouvelle fois, dans la nuit de mardi à mercredi, à Piero Hincapié. L’Équatorien d’Arsenal a été expulsé suite à une discussion musclée avec Santiago Gimenez, lors de la défaite des siens contre le Mexique (0-2).

    Concert de louanges pour les Bleus

    L’équipe de France s’est largement imposée lors de son 16e de finale contre la Suède (3-0). Les Bleus de Deschamps joueront leur prochain match samedi soir à 23h, face à une équipe du Paraguay tombeuse de l’Allemagne. Médias internationaux, anciens joueurs et fans de football ont tous félicité la France après leur prestation face aux Suédois. « Ça fait peur », dira Zlatan Ibrahimovic, la presse espagnole évoquant « une supériorité qui devient obscène ». Les superlatifs concernant Michael Olise et Kylian Mbappé commençaient à manquer.