Author: tecnavia

  • [Grand Entretien] Christian Philibert: « Une enquête sur les traces des maquisards »

    [Grand Entretien] Christian Philibert: « Une enquête sur les traces des maquisards »

    La Marseillaise : Comment avez-vous eu l’idée de ce documentaire sur
    le maquis Vallier
     ?

    Christian Philibert : 10 ans plus tôt, pour le 70e anniversaire du débarquement de Provence, j’avais tourné un documentaire qui s’appelait Provence août 1944, l’autre débarquement, qui était le premier documentaire consacré au débarquement de Provence. Ce film a beaucoup tourné et a permis de populariser cette page d’histoire oubliée, enterrée par le débarquement de Normandie. Je voyais arriver le 80e anniversaire, et je m’étais donné comme mission de récidiver. Plusieurs amis m’ont conseillé de lire le Cahier Rouge du Maquis, le journal de bord du maquis du Haut-Var. Pendant six mois, il a été envoyé dans le maquis pour prendre en main des jeunes qui fuyaient le STO (Service du travail obligatoire), et lui, il devait en faire des soldats en vue du débarquement de Méditerranée qui devait arriver. À la demande de De Gaulle, il fallait que les Français participent à leur propre libération. C’était important qu’on ne soit pas juste assistés. Ce journal de bord est un document unique dans l’histoire des maquis français. Et moi, ça m’intéressait de changer le point de vue, de ne pas raconter l’histoire du débarquement, que j’avais déjà fait, et dans lequel la partie de la résistance n’avait pas été trop développée. À l’époque, quand j’avais fait ce film, j’avais trouvé ce sujet intéressant, des maquis totalement ignorés par le cinéma. Moi, je suis toujours le cinéaste des causes perdues, des choses que personne ne veut raconter. Et puis les maquis, ça s’est passé dans les collines de chez nous. Les collines, c’est des endroits où je me sens bien, où j’aime bien travailler. Et donc, très vite est venue l’idée d’adapter ce Cahier Rouge du maquis au cinéma. Je ne savais pas trop comment l’aborder, parce qu’il n’y avait plus d’images d’archives consacrées à ce maquis, et plus de gens à interviewer, de témoins, ils étaient tous morts. L’idée, c’était de chercher autre chose, une autre manière de raconter ça. À la lecture du Cahier Rouge, ce qui m’avait sauté aux yeux, c’était la jeunesse de ces maquisards, qui avaient entre 16 et 20 ans. Ils ne voulaient pas partir en Allemagne travailler pour les Allemands. Je suis très soucieux de la transmission de l’histoire, comment arriver à intéresser les jeunes à l’histoire. Et je me suis dit, vu que c’est une histoire de jeunes, quoi de plus logique que de le faire avec des jeunes pour des jeunes.

    Comment avez-vous eu le projet
    de mêler cinéma et théâtre
    pour ce documentaire ?

    C.P. : Je me suis dit qu’on allait réunir des jeunes passionnés d’histoire, et mener une enquête sur les traces des maquisards, marcher sur leurs pas, là où ils sont allés, là où ils se sont cachés, là où ils se sont battus, là où ils sont morts, aller voir des descendants de maquisards, des historiens, des musées. Et à travers cette enquête, raconter l’histoire. C’est là où intervient Philippe Chuyen, un ami de longue date qui s’intéresse depuis longtemps à ce cahier rouge, il voulait l’adapter. Cela lui a donné envie de relancer cette idée de pièce de théâtre. C’est devenu évident : ces jeunes, on n’allait pas simplement les engager dans une enquête historique, on allait surtout les engager pour monter une pièce de théâtre. Et dans le cadre de cette pièce, on allait mener l’enquête historique que je voulais faire, mise au profit de la création théâtrale.

    Donc l’idée, c’était de produire une pièce de théâtre mise en scène par Philippe Chuyen, dans laquelle, 80 ans plus tard, jour pour jour, on lui confie la responsabilité de monter une pièce de théâtre avec des jeunes qui ne sont pas des comédiens et d’en faire des comédiens. Donc les deux histoires de la création théâtrale et celle du maquis se racontent en parallèle. La création théâtrale devient même une sorte de métaphore du maquis. Le but, c’était que ces deux histoires se croisent le plus souvent possible. Elles n’ont fait que ça. C’est ça qui donne au film sa force, son originalité. La prise de risque qui a été prise, c’est qu’on a recruté des jeunes qui n’étaient pas des acteurs professionnels. Le pari, c’était, sur une période de six mois, de les engager dans cette création théâtrale et de les amener jusqu’à la scène devant le public. C’était loin d’être gagné d’avance. Le film raconte bien cette difficulté de tenir les jeunes et de les amener à porter cette histoire de la même façon qu’à l’époque, il fallait aussi tenir les jeunes dans le maquis.

    Où avez-vous trouvé ces jeunes ?

    C.P. : On a sollicité des missions locales. Cela donnait un côté social au projet. J’avais vraiment l’intention de trouver des jeunes sans formation, un peu comme dans un casting sauvage, d’essayer de trouver des gens qui pouvaient représenter des profils de maquisards qui pouvaient monter au maquis à l’époque. Au départ, Philippe avait rejeté cette idée très vite, il avait dit, « moi, c’est du théâtre, c’est pas du cinéma, c’est une chose sérieuse, il me faut des jeunes qui sont capables de porter le texte, de l’apprendre, d’être là tous les jours ».

    Comment avez-vous financé
    ce projet
     ?

    C.P. : Cela aurait pu capoter à cause des politiques qui nous avaient fait des promesses de financement et qui ne les tenaient pas. À un moment, on était au bord du gouffre, on a dit on arrête, on a failli arrêter. L’argent ne tombait pas. Comme je filmais tout, tous ces problèmes étaient enregistrés. Il valait mieux qu’ils tiennent leurs promesses.

  • Au Mondial, la jeunesse en quête d’élan

    Au Mondial, la jeunesse en quête d’élan

    Au parc Borély, la pétanque se joue aussi sur un autre terrain. Celui de la relève. Avant le concours principal, près de 195 triplettes de jeunes avaient déjà lancé leur Mondial, un record pour ce 38e Trophée Crédit Mutuel. Sous un platane, Michel Garrigos observe l’agitation entre interrogation et crainte. Membre du comité régional Paca, il accompagne cette semaine plusieurs jeunes de la région.

    « Le vivier n’est pas énorme »

    Une présence qui donne du sens à l’événement, mais qui ne suffit pas à masquer les difficultés rencontrées par les écoles de boules. « C’est de plus en plus dur de les faire venir dans la discipline. Ils font beaucoup d’autres activités, entre le rugby et le football », explique celui qui est engagé depuis plus de trente ans. Dans le Var, Michel Garrigos estime à environ 350 le nombre de licenciés jeunes. La relève existe, mais elle reste fragile. « On a du mal à faire arriver des benjamins et des minimes derrière les cadets et les juniors. Le vivier n’est pas énorme », estime-t-il.

    Le constat est rude, mais révélateur d’une image tenace. « On est considéré comme un jeu de détente, de loisirs, malgré les efforts », regrette l’éducateur. Le Mondial offre alors une vitrine précieuse. Reste à transformer cette exposition en envie durable, dans une discipline où la partie de la transmission se joue surtout toute l’année. Lorenzo Ciampi

  • [Mondial La Marseillaise ] la toile de Claude Luca

    [Mondial La Marseillaise ] la toile de Claude Luca

    Chaque début juillet dans les allées du parc Borély, avec ses pinceaux, ses tubes de peintures, sa chaise et son petit chevalet, il capture à sa façon l’ambiance magique et si particulière de cette Marseillaise. Chaque jour, dans cette rubrique, nous publierons l’une de ses peintures.

  • [Kallisté] L’âne corse, un trésor insulaire à préserver

    [Kallisté] L’âne corse, un trésor insulaire à préserver

    Compagnon humble et fidèle, l’âne corse incarne depuis des siècles la force tranquille de l’île. Discret mais indispensable, il a façonné la vie quotidienne des Corses, des sentiers escarpés des montagnes aux villages les plus reculés. Reconnu officiellement comme race en juin 2020, il retrouve peu à peu la place qu’il mérite au cœur du patrimoine insulaire.

    L’âne corse descend du Equus asinus africanus, domestiqué il y a près de 3 000 ans. De taille modeste, il se distingue par sa robe gris tourterelle, la croix de Saint-André marquant son dos et les fines zébrures de ses pattes. Rustique et endurant, il s’est adapté au relief montagneux et aux conditions parfois rudes de la Corse. Jusqu’au milieu du XXe siècle, on en comptait près de 20 000 sur l’île. Il transportait marchandises, outils et récoltes, reliant les villages par des sentiers impraticables aux autres animaux. Mais la motorisation a bouleversé cet équilibre : sa population est tombée à 1 000 ou 2 000 individus aujourd’hui.

    Un symbole de l’identité insulaire

    La reconnaissance de la race par le ministère de l’Agriculture en 2020 fut un tournant. L’ouverture d’un « stud-book » (livre généalogique) a permis de structurer l’élevage et d’organiser un programme de sauvegarde. Chaque naissance est désormais enregistrée et un lien fort à la culture a été instauré : les ânons doivent porter un prénom corse commençant par une lettre attribuée chaque année. Les premiers ânons inscrits, nés en 2022, ont porté des noms tels que Marinella, Maestro ou Maraviglia di Corsica, symboles d’un patrimoine rural et identitaire. Si son rôle de bête de somme a disparu, l’âne corse est aujourd’hui valorisé dans le tourisme vert, la production de cosmétiques à base de lait d’ânesse et des projets éducatifs et thérapeutiques.

    Plus qu’un animal, l’âne corse est un symbole de l’identité insulaire. Sa sauvegarde n’est pas seulement biologique : elle défend une part de l’histoire et de la culture corse. Le préserver, c’est maintenir un lien profond entre l’homme, la nature et les traditions.

  • Le Festival Off parade pour ses 60 ans

    Le Festival Off parade pour ses 60 ans

    Des centaines de compagnies, présentes parmi les 1 780 spectacles à l’affiche
    – contre 1 724 l’an dernier – dans 140 salles, ont donc défilé dans l’espoir aussi de glaner quelques premiers spectateurs. Un total de 27 000 représentations et 2,6 millions de billets sont mis à la vente dans ce titanesque festival jusqu’au 25 juillet qui, pour la deuxième année consécutive, aligne ses dates avec le In.

    À noter que pour fêter les 60 ans, une journée anniversaire est prévue le 14 juillet au village du Off (10h30-20h) avec plusieurs rencontres et débats *.

  • Douze célébrités débarquent au Mondial

    Douze célébrités débarquent au Mondial

    Une grande nouveauté. Pour sa 65e édition, le Mondial La Marseillaise lance son tournoi des célébrités. Douze stars seront sur le carré d’honneur du parc Borély ce samedi soir à 20h30. Parmi eux, le nageur et champion olympique Florent Manaudou, l’acteur et humoriste marseillais Patrick Bosso, les influenceurs Bengous et Paga ou encore le rappeur d’IAM, Freeman.

    Quatre triplettes seront opposées dans une compétition plus que jamais immersive. Les joueurs seront équipés de micros et pourront réagir en direct avec le public. Ils seront également épaulés par des champions de pétanque : Tanguy Penin, David Le Dantec, Axelle Bernard et Aimé Courtois.

    « Cela apporte une belle visibilité, c’est une belle vitrine », se réjouit Tanguy Penin, nommé sélectionneur de la Roumanie en janvier dernier. « C’est un sport disponible pour tous. Il y a beaucoup de Marseillais, des gars qui savent jouer aux boules, donc le niveau sera présent. On peut s’attendre à de jolis coups. »

    « On ne verrait pas ça dans d’autres sports »

    L’influenceur et freestyler aveyronnais, aux 950 millions de vidéos vues sur ses réseaux (480 000 abonnés), anticipe une pression du côté des joueurs. Il tentera de les rassurer quand ils en auront besoin : « On ne va pas leur apprendre des coups mais plutôt des stratégies de jeu, savoir quand pointer, quand tirer. Et surtout de la confiance quand il y aura de la tension. »

    La pression, Axelle Bernard la connaît bien. Vainqueure du Grand Prix féminin Paprec en 2020, elle saura insuffler son esprit de compétition. « Je vais les aider sur cet aspect-là. Nous avons de sacrées personnalités, il y aura de la hargne. Je m’attends à ce qu’ils se mettent un peu à plat ventre pour gagner les parties », assure la joueuse tricolore. « Pratiquer la pétanque avec beaucoup de public, c’est une certaine pression. Il faut qu’ils arrivent à faire le vide. Ça va être drôle et très sérieux à la fois. Je suis persuadée que ça va plaire aux gens. »

    Il faudra du sérieux pour espérer remporter ce tournoi, surtout avec un sportif de haut niveau dans le casting. « Ils sont adroits et ont cette gagne en eux », estime David Le Dantec, double champion du monde en triplette et ancien sélectionneur de l’équipe de France. « À travers le rire, notre rôle sera de les guider, prendre du plaisir, ne pas les brider et obtenir des résultats. On ne va pas les coacher comme des joueurs professionnels. »

    Avec une tactique claire : refaire jouer tout de suite l’adversaire. « Faire tomber les boules de ses concurrents le plus tôt possible », conseille Le Dantec. Dans un esprit propre au Mondial et à la pétanque : « Proposer un moment de convivialité de la sorte, on ne verrait pas ça dans d’autres sports. » L’entrée sera gratuite pour tous. La compétition sera également commentée sur les antennes numériques de France Télévisions par Guillaume Claret et le tennisman professionnel Benoît Paire. Le Mondial La Marseillaise débutera dimanche à 9h.

  • Saint-Barth’ est présent au rendez-vous

    Saint-Barth’ est présent au rendez-vous

    Les palmiers dessinés sur le côté gauche de leurs maillots blancs ne laissaient guère de place au doute. Deux cadets engagés au Trophée Crédit Mutuel Mondial des Jeunes ont traversé l’Atlantique depuis Saint-Barthélemy et Saint-Martin pour prendre part à la fête. Ce vendredi après-midi, aux alentours de 14h30, ils ont entamé leur tournoi par une victoire 13-10 face à une équipe de Vitrolles.

    Les Îles du Nord sont les dernières arrivées dans le paysage français de la pétanque. Émilie Aubin accompagne ces jeunes de moins de 15 ans et explique comment la discipline est structurée dans cette collectivité d’outre-mer : « Nous sommes le dernier comité créé par la fédération donc on est le CD 989. Il y a trois clubs, deux à Saint-Barth’ et un à Saint-Martin. La seule école de pétanque a été ouverte il y a seulement six ans et une autre est en développement à Saint-Martin. »

    Le comité compte environ 300 membres, dont 20 jeunes placés dans ladite école de pétanque. Les tournois sont peu nombreux dans ce coin des Caraïbes. « Nous avons un Grand Prix sur chaque île, Saint-Martin en juin et Saint-Barthélemy en octobre. Ce sont des nationaux. Ensuite, on a régulièrement des concours, des championnats de France. On y envoie plusieurs catégories, dont les doublettes et triplettes mixtes et hommes, ainsi que des jeunes en cadets », éclaire Emilie Aubin.

    L’éloignement de la métropole, sur des territoires de seulement 25 et 53 km², engendre certaines contraintes spécifiques. Les îles du Nord ne possèdent que des équipes cadettes puisqu’il est tout simplement impossible d’avoir des juniors. Saint-Barthélemy ne possède pas de lycée et les adolescents de 15-18 ans sont donc très peu nombreux, voire absents de l’île.

    En préparation pour

    les championnats de France

    Celian et Ethan sont associés durant la Marseillaise à Gianni, venu de l’Hérault, car leur troisième équipier n’a pas vu venir. « Ethan et Celian vont participer à leur troisième championnat de France et La Marseillaise est un peu une mise en bouche à une semaine de l’échéance », souffle Emilie Aubin.

    Ces compétitions en métropole leur permettent d’affronter des jeunes de leur catégorie puisque, outre-Atlantique, ils sont parfois obligés de se confronter à des adultes pour s’entraîner. Le Mondial prend tout son sens lorsqu’une petite bande parcourt près de 7 000 km pour jouer à la pétanque.

  • Les apprentis boulistes rayonnent par leur talent

    Les apprentis boulistes rayonnent par leur talent

    La Roseraie du Parc Borély a fait le plein avec 537 joueurs au coup d’envoi de ce Mondial des Jeunes. Comme l’an dernier, la chaleur était au rendez-vous. Coaches, parents et amis veillaient avec attention sur leurs protégés : glacières et boissons fraîches étaient de rigueur pour affronter cette journée caniculaire. Malgré les températures élevées, personne ne voulait manquer ce rendez-vous devenu incontournable du début de l’été marseillais.

    Commençons par les plus grands, les juniors. Ceux qui sont aux portes du très haut niveau et qui rêvent peut-être de suivre les traces de leurs glorieux aînés : Rocher, Bonetto, Lacroix, Quintais et tant d’autres, qui ont eux aussi débuté leur aventure sur ces terrains.

    L’unique tenant du titre encore en lice est Tylan Kapfer. Ses deux partenaires de l’an dernier étant désormais passés chez les seniors, il est aujourd’hui associé à Ilan Del Rio et Mathys Calderon. Un nouveau défi pour le jeune champion local, qui tentera de réaliser un magnifique doublé et de conserver une couronne chèrement acquise l’an passé.

    Entre exploits sportifs

    et convivialité

    Chez les cadets, les favoris et tenants du titre, Mylan Terryn et Loni Szczotkowski, sont toujours au rendez-vous. Seul changement dans l’équipe : Fabio Marco a laissé sa place à Liam Conti. Les trois garçons seront bien présents en huitièmes de finale avec la ferme intention de défendre leur bien et de poursuivre leur formidable aventure.

    Les minimes ont également le vent en poupe. Comme l’année dernière, Kaylon Vinterstein, Railey Lafleur et Taylor Ladam remettront leur titre en jeu avec l’ambition de conserver leur suprématie dans une catégorie particulièrement relevée. De nombreuses formations des Bouches-du-Rhône forment annuellement de petits prodiges de cette tranche d’âge.

    Tout au long de la journée, l’ambiance a été à la hauteur de l’événement. Entre les encouragements des parents, les conseils avisés des éducateurs et les applaudissements du public, la Roseraie a vibré au rythme des exploits de cette jeunesse passionnée. À l’ombre des arbres ou au bord des terrains, chacun partageait un moment de convivialité où le plaisir du jeu l’emportait sur l’enjeu.

    Car, au-delà de la compétition, le Mondial des Jeunes demeure avant tout une formidable école de vie. Respect de l’adversaire, solidarité entre partenaires, maîtrise de soi et transmission des valeurs de la pétanque provençale constituent l’ADN de cette manifestation unique. Ici se forgent les champions de demain, mais, surtout, les hommes et les femmes qui feront vivre notre sport dans les années, voire les décennies à venir.

    Rendez-vous ce samedi une nouvelle fois à la Roseraie avec, dans toutes les têtes, le même objectif : décrocher une place dans le stade d’honneur et avoir l’immense privilège d’y disputer une finale. Sous un soleil de plomb, la jeunesse de la pétanque va une nouvelle fois démontrer sa passion, son courage et son immense talent. Ils vont briller de mille feux.

  • Coup d’envoi pour le duel Tadej Pogacar-Paul Seixas

    Coup d’envoi pour le duel Tadej Pogacar-Paul Seixas

    Rarement l’excitation aura été aussi palpable à l’aube du « grand départ ».

    Au pied de la Sagrada familia, le coup d’envoi du Tour de France sera donné avec un contre-la-montre qui fait déjà saliver les amateurs. Une étape d’ouverture où seront suivis de près les porteurs des dossards 1 et 51. Le premier est celui de Tadej Pogacar. Si « Poggi » n’est plus le « Tamau »* de ses premiers pas sur la Grande Boucle, le Slovène est le favori naturel pour un cinquième cadre, qui lui permettrait d’intégrer le cercle des légendes.

    Le second a été attribué à Paul Seixas. Le tout jeune leader de la CMA CGM, dont les résultats ont marqué le peloton ces derniers mois, va porter le numéro qu’Eddy Merckx et Bernard Hinault arboraient lors de leur premier. Pour certains, la symbolique est forte. D’autant plus que le cyclisme français attend désespérément un successeur au Blaireau, dernier vainqueur du Tour, il y maintenant quarante et un ans.

    Fil rouge

    Jusqu’où peut aller la pépite, plus jeune coureur à prendre le départ depuis 89 ans ? La question agite le monde du cyclisme bien au-delà des frontières de l’Hexagone et sera l’un des fils rouges des trois prochaines semaines. Sur son talent pur, il est déjà tout en haut, prêt à jouer le podium, lui qui a été le seul à réussir à suivre Tadej Pogacar plusieurs fois au printemps.

    Reste à savoir comment le Lyonnais va encaisser une course de trois semaines, un territoire inconnu qu’il aborde par sa face nord, le Tour de France, l’épreuve la plus dure au monde où tout le monde débarque en pleine forme et motivé comme jamais.

    « C’est un immense talent. Mais il n’a que 19 ans. Si je devais le conseiller, je lui dirais : c’est génial que tu fasses le Tour cette année, mais contente-toi de ça, profite autant que possible, apprends, absorbe tout », a insisté jeudi dans un entretien à l’AFP le Britannique Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour.

    Le grand Eddy Merckx estime lui aussi qu’il est encore bien tôt pour Seixas et que Pogacar reste le grand favori. D’autant que le leader d’UAE, qui a remporté treize victoires en seulement seize jours de course cette saison, est en pleine forme et qu’il est épaulé par une armada qui risque encore de broyer le peloton.

    Le Slovène devrait retrouver sur sa route son principal rival de juillet, Jonas Vingegaard, lui-même auteur d’un début de saison remarquable et qui vise à réaliser un rare doublé Giro-Tour, comme Pogacar en 2024. « Je me sens meilleur, plus fort et plus heureux », dit le Danois, en confirmant qu’il en avait gardé sous la pédale au Giro.

    La course pourrait mettre du temps à se décanter avec un parcours dessiné pour aller crescendo. Avec des Pyrénées qui viennent vite mais qui sont douces cette année et une dernière semaine sans doute décisive dans les Alpes.

    *Tamau Poggi, ou Petit Poggi, surnom du Slovène à ses débuts.

  • À Gardanne, le cinéma inauguré après de longues années d’attente

    À Gardanne, le cinéma inauguré après de longues années d’attente

    Ce cinéma, c’était un peu l’Arlésienne de la ville. Après une première fermeture survenue en 2012, des travaux promis pour 2022 puis retardés, le cinéma, qui a rouvert le 12 mai à l’occasion du Festival de Cannes, vient d’être inauguré par les équipes municipales. Un parking s’étend désormais derrière le bâti principal du cinéma, et plus de 300 places sont installées dans les salles obscures. « Dans les années 1980, la Ville rachète les murs du cinéma et engage une première rénovation. Des balcons disparaissent, de nouvelles salles naissent à leur place et le complexe devient ce 3 Casino, confié à l’association Gardanne Cinéma » retrace le maire, Hervé Granier (LR), face à la petite foule dans l’assistance. Avant de dérouler sur les premiers signes d’âge en 2000, du premier projet de modernisation en 2001, abandonné. « Puis vient 2013, et c’est la rupture. » Une toiture menace de s’effondrer dans la salle 1, une salle sur trois est condamnée. « Les projets se succèdent ici, ou ailleurs, mais aucun n’aboutit. Quand nous arrivons en 2020, nous faisons un choix simple et clair : le cinéma est notre priorité », se targue Hervé Granier. Et de rappeler que le projet a connu quelques « mauvaises surprises », entre son départ, retardé, en 2025, et sa fin, en mars 2026. Pour ces travaux, l’État, la Région et le Département ont participé au financement. Désormais, entre les murs, l’association Gardanne Action Cinéma retrouve son élan. Laure Gonzalez, sa présidente, rappelle que l’association, est « composée de 12 membres et gère le cinéma fin 1998. Nous sommes classés Arts et Essais mais avons 40% de notre programmation qui reste généraliste (….) On propose désormais 60 séances par semaine ». L’association porte aussi le Little festival, ce mois de juillet et organisera le Festival d’automne en octobre. E.B.-G.