Author: tecnavia

  • Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    Une Marche des fiertés à Toulon pour dire non aux discriminations

    C’est demain sur le pavé toulonnais que la nouvelle édition de la Marche des fiertés est attendue. Le principe est simple : rendre visibles celles et ceux qui ont longtemps été contraints au silence à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, victimes de rejets et de violences ou de stigmatisations sociales.

    Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il reste encore du boulot, d’autant plus dans la Var, où l’extrême droite exerce de plus en plus son emprise sur les consciences. Rappelons que la députée RN Laure Lavalette avait dénoncé la programmation du Théâtre Liberté sur la thématique du genre avec ce type de propos : « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… propagande LGBTQI avec l’argent du contribuable. »

    Raison de plus pour venir se mobiliser dans l’espace public et dire non à toutes les discriminations qui demeurent encore hélas une réalité dans de nombreux domaines.

    Festive et revendicative

    Et toutes les avancées obtenues ont été arrachées comme toujours par la lutte et la mobilisation. La Marche des fiertés s’inscrit dans cette tradition de lutte collective.

    L’occasion aussi d’alerter sur les violences homophobes et transphobes qui continuent.

    Une Marche des fiertés revendicative donc qui n’en oublie pas pour autant la dimension festive. La joie, la créativité et l’expression collective devenant alors aussi des moyens de résistance aux passions tristes exacerbées par les réactionnaires de tout crin.

    Rendez-vous donc ce samedi 13 juin dès 13h sur la place d’Armes.

    Pour ce qui est du programme, la journée sera marquée par plusieurs temps forts politiques et associatifs. Ainsi de 14h45 à 15h15, les associations prendront la parole afin de rappeler les réalités vécues par les personnes LGBTQIA+, les combats encore nécessaires et l’importance d’une mobilisation collective face aux discriminations.

    À noter également parmi les prises de paroles annoncées, la présence du premier adjoint à la mairie de Toulon, Julien Orlandini, ainsi que de Patrice Cazaux, adjoint à la Citoyenneté. Un signe fort envoyé par la municipalité à toutes les minorités.

    Vers 17h15, le cortège aura rejoint l’avenue de la République où un discours militant sera prononcé par le Collectif Fiertés Toulon et l’association Trans-mission Var. Afin de rappeler que « la République doit protéger tous ses enfants, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre ».

    Chacun devant prendre sa part dans la construction d’une société réellement égalitaire.

    La journée se terminera par la fête de 19h30 à 00h avec DJ Set sur la place de l’Equerre.

  • L’archéologie ouvre ses portes en grand

    L’archéologie ouvre ses portes en grand

    Le musée de préhistoire de Quinson se prépare aux journées européennes de l’archéologie ce week-end, et mise sur la protection des découvertes, trop souvent négligées et pillées par les randonneurs.

    L’exposition permanente du musée retrace 400 000 années d’occupation humaine, en commençant par le paléolithique, puis le néolithique et l’âge des métaux. On y retrouve notamment des objets en pierre et des matières osseuses trouvés dans la grotte de la Baume Bonne, l’un des sites les plus connus des gorges du Verdon. Des visites y sont d’ailleurs proposées dans le cadre des journées européennes de l’archéologie, ce samedi et ce dimanche, mais sont déjà complètes.

    Le parcours de visite raconte ensuite de manière chronologique le passage à l’économie de production, à la sédentarité, aux villages et aux maisons au néolithique.

    Cette année, la thématique des journées européennes de l’archéologie est l’âge du fer. Des panneaux ludiques prêtés par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont été installés à la fin du parcours de visite de l’exposition permanente à cette occasion. « Cela permet de casser les clichés, d’enrichir les connaissances de manière ludique, et de mettre en avant ces peuples qui n’avaient pas l’écriture, et dont l’histoire a donc souvent été racontée par d’autres, par leurs ennemis, ce qui ne leur rendait pas toujours hommage », se réjouit Chimène Honnorat, médiatrice culturelle et scientifique. Pour les journées européennes de l’archéologie, des espaces vides ont également été mobilisés pour faire deviner aux visiteurs les plantes et les viandes consommées à cette époque, ou encore quel os appartient à quel animal. Des mini métiers à tisser sont aussi installés ce week-end pour que les visiteurs puissent s’essayer à fabriquer un morceau de tissu.

    Depuis 2024, l’exposition temporaire « Sors de ta réserve » est proposée en partenariat avec la réserve naturelle géologique de Haute Provence, à l’occasion de ses 40 ans. L’accent est mis sur la préservation de la géologie. « On se bat pour que les gens marquent leurs découvertes avec des coordonnées GPS et les signalent, pour que les choses soient faites correctement », insiste Ludivine Franceschi, responsable du développement des publics. « Les pillages de fossiles sont monnaie courante. Beaucoup de sites doivent être protégés avec du béton autour. Des fossiles sont arrachés à coups de pioche. Il suffit d’un orage pour que des vestiges soient visibles en surface », regrette-t-elle. « Aux États-Unis, on a le droit de payer pour récupérer des fossiles dans la nature. Les législations sont très différentes d’un pays à l’autre. Cela va prendre du temps pour faire changer les mentalités », avance-t-elle.

    Des archéologues

    en tyrolienne

    Le plésiosaure, grand reptile marin prédateur du Mésozoïque, découvert à Tartonne, est exposé pour la dernière fois au public au musée de Quinson. Il sera ensuite réservé aux chercheurs, pour éviter que les vibrations et les changements de température et d’humidité n’altèrent sa conservation.

    Le musée a été créé pour conserver les découvertes réalisées lors des fouilles de sauvetage du Verdon, au moment des travaux des barrages EDF. Les archéologues ont alors dû faire du rafting et de la tyrolienne pour accéder aux lieux de fouilles.

    L’exposition permanente, inchangée depuis l’inauguration du musée en 2001, doit être totalement refaite dans les prochaines années. Le musée élargira ainsi ses collections avec de nouveaux fonds. « Il faut aller chercher ailleurs pour montrer la diversité. Là, il n’y a que des objets en pierre exposés, alors qu’à l’époque, il y avait beaucoup d’objets en matières osseuses. Ce n’est pas du tout représentatif de cette période », avance Ludivine Franceschi. « Idéalement, il faudrait changer la muséographie tous les dix ans pour faire avec le renouvellement des connaissances et les découvertes », explique-t-elle. Le nouveau parcours de visite devrait être plus interactif, afin que les visiteurs soient plus actifs et impliqués.

    DES RENDEZ-VOUS DANS LA RÉGION

    BOUCHES-DU-RHÔNE

    Saint-Rémy-de-Provence. Le site de Glanum propose un atelier pour découvrir les différentes sous-disciplines de l’archéologie. Le public pourra également manipuler de véritables vestiges pour reconstituer l’histoire du site. Dimanche 14 juin, de 9h45 à 12h30. Tarifs : enfants 6 euros, adultes 12 euros.

    Marseille. Le Palais Longchamp invite le public à se glisser dans la peau d’un archéo-anthropologue pour s’initier aux chantiers de fouilles de sépultures et découvrir les rites funéraires du Paléolithique à l’âge du Bronze. Samedi 13 et dimanche 14 juin. Gratuit.

    VAR

    Giens. Les médiateurs du Parc national de Port-Cros proposent une visite guidée pour explorer le sanctuaire d’Aristée sur la presqu’île de Giens. La visite se poursuit avec une randonnée jusqu’au fort du Pradeau, pour présenter l’histoire de la rade de Hyères. Dimanche 14 juin, de 10h30 à 14h30. Gratuit.

    Toulon. Le Centre archéologique du Var ouvre exceptionnellement ses portes pour une activité consacrée aux vêtements gaulois. Les participants pourront apprendre les techniques de tissage et expérimenter la fabrication textile sur un métier à tisser, inspiré des modèles utilisés à l’époque. Dimanche 14 juin 2026 de 11h à 12h30. Gratuit.

    VAUCLUSE

    Entraigues-sur-la-Sorgue. Le chantier archéologique préventif de la Zac du Plan ouvre exceptionnellement ses portes au public. Les responsables des fouilles du site présenteront les découvertes en cours, les méthodes d’intervention des archéologues et l’histoire du territoire. Samedi 13 juin, à partir de 10h. Gratuit.

    Vaison-la-Romaine. Sur la colline du site antique de Puymin, une visite guidée convie les participants à parcourir les vestiges des anciennes domus, notamment ceux de la Maison à l’Apollon lauré et de la Maison à la Tonnelle, avant de rejoindre le théâtre antique. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 15h30. Gratuit.

    HAUTES-ALPES

    Saint-Véran. Au départ de l’esplanade Sainte-Luce, une randonnée de 9 km invite le public à découvrir le patrimoine archéologique local aux côtés d’un géologue et d’un guide conférencier. Les participants exploreront notamment l’ancienne mine de cuivre de Clausis, exploitée dès l’âge du Bronze. Samedi 13 juin, de 9h à 17h. Gratuit.

    Gap. Le muséum départemental des Hautes-Alpes propose un voyage dans l’Antiquité à Gap (ex-Vappincum). La troupe Pax Augusta, spécialisée dans la reconstitution, vient y faire revivre la civilisation gallo-romaine et ses coutumes grâce à des installations immersives. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 17h45. Gratuit.

    ALPES-DE-HAUTES-PROVENCE

    Sisteron. Au Musée gallo-romain, les visiteurs ont 25 minutes pour retrouver un bijou antique en résolvant une série d’énigmes. Pensé comme un escape game, cet atelier aborde les méthodes de la recherche en anthropologie et l’étude du corps humain. Samedi 13 juin, de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Gratuit.

    Reillanne. Le prieuré de Carluc propose une conférence animée par un archéologue, suivie d’un apéritif romain antique. Pour l’occasion, la chapelle de Carluc sera exceptionnellement ouverte et le public pourra la visiter. Samedi 13 juin, de 11h30 à 12h. Gratuit.

  • Connaître le passé pour saisir le présent

    Connaître le passé pour saisir le présent

    Visites, ateliers, chantiers, conférences… Les Journées européennes de l’archéologie proposent un éventail d’événements ce week-end, partout en France et singulièrement dans notre région pour mettre cette discipline et ses découvertes les plus récentes à la portée du public.

    Gratuites, les animations s’adressent à tous. Les professionnels et amateurs éclairés accompagnent les visiteurs dans leurs explorations du passé, du plus ancien à nos jours. Placées sous l’égide du ministère de la Culture, ces journées sont pilotées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Un outil public fort de 2 000 agents. Ce service public met à jour, lors de tous les chantiers, publics ou privés, les traces de notre histoire, les analyse et les conserve.

    « Repères communs »

    Son président, le professeur Dominique Garcia, donne une merveilleuse définition du but de l’archéologie. « L’archéologie ne parle pas seulement du passé : elle nourrit notre présent en offrant des repères communs, dans le temps long et dans l’espace européen. » Des repères communs. Merci au président de l’Inrap ! Car en ces temps de stigmatisation de l’autre par les mouvements réactionnaires européens, populistes et d’extrême droite, ce message est de salubrité publique. Les discours de haine font leur miel de l’ignorance. En mettant à portée de tous les connaissances archéologiques, c’est aussi notre histoire commune qui est nourrie. C’est tout l’intérêt de ces journées européennes de l’archéologie.

  • La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    La CGT de l’hôpital d’Arles vent debout contre la fusion des services

    « Nous avons déclaré l’alerte aux risques psychosociaux car les agents sont en pleurs dans nos bureaux. » L’air est soudain devenu glacial à l’entrée du centre hospitalier d’Arles ce jeudi après-midi, à l’écoute de la secrétaire générale du syndicat CGT Anne-Marie Lesage. Le syndicat a tenu une conférence de presse en plein air avec les agents de l’hôpital pour alerter le public sur les conditions de travail.

    Particulièrement en ce qui concerne l’organisation du service de cardiologie, qui est prévu de fusionner avec celui de gastro-entérologie. « La direction veut supprimer 28 lits dans ces deux services, au prétexte que nous ne sommes pas remplis », explique la syndicaliste. Conséquence première, les agents « changent tout le temps d’horaires ce qui complique énormément la vie de famille », détaille-t-elle. « C’est aussi notre organisation personnelle qu’ils remettent en cause » tance Julie* aide-soignante du service de cardiologie, « c’est annoncé pour dans 15 jours, au mépris total des agents et des usagers », insiste-t-elle.

    Des risques sanitaires ?

    Cette décision inquiète également les agents pour leurs patients. Amélie*, infirmière en cardiologie, fait part d’un « manque de formation dans les spécialités » des patients d’autres services hébergés en cardiologie. Alors, la demande d’une infirmière en renfort a été faite. « Demande refusée, manque d’argent oblige », lâche-t-elle.

    « On fait de la cardio depuis longtemps, faire une autre discipline dans deux services est dangereux pour les patients », insiste Sylvie, une troisième infirmière de cardiologie, déplorant « deux-trois jours de formation » seulement.

    Et soulève un autre problème : « Les patients en gastro-entérologie, qui viennent par exemple pour une coloscopie, ne sont pas “propres” par rapport à ceux de cardiologie, où on accueille des soins intensifs, dont des arrêts cardiorespiratoires. » « Ils veulent fusionner deux spécialités différentes avec des pathologies incompatibles dans un même service, ce qui met à mal la qualité des soins », reprend sa collègue Amélie, parlant de « risques pour les patients différents aussi ».

    Le dialogue social est malgré tout compliqué. « Quand on parle de revendications ou de fatigabilité, qui se reporte sur les patients, on nous répond qu’on exagère, et que personne n’est irremplaçable », déplore Sophie. « On travaille dans le stress et sous tension en permanence. La direction vient nous voir pour faire des annonces de changement de planning en pleine journée difficile, c’est désolant », se déleste l’infirmière. Sa collègue Julie l’assume : « Beaucoup d’agents cherchent ailleurs, et moi j’attends une nouvelle affectation. Ce projet de fusion ne me plaît pas et après 26 ans de cardiologie comme aide-soignante je suis contrainte de partir. »

    Un plan d’efficience

    Suppression de deux aides-soignantes sur trois au bloc opératoire, manque de personnel, de formation, suppression de lits, fusion de services : l’éléphant dans la pièce est le plan d’efficience de l’Agence régionale de santé (ARS) dénoncé par la CGT. « On fait des économies sur le personnel », tranche Anne-Marie Lesage. « Comment allons-nous soigner la population du territoire ? La direction répond à nos alertes en disant c’est obligé, c’est l’ARS. Mais ça ne nous satisfait pas », insiste-t-elle. « On cotise tous pour avoir droit à des soins de qualité sans regarder son statut social », objecte son collègue brancardier.

    « L’opposition est complètement solidaire avec vous face à cette casse du service public », assure aux agents Lucille Venet, élue de l’Union pour Arles au conseil municipal.

    La revendication principale reste l’arrêt de la fusion de ces deux services.

    * Les prénoms ont été changés

  • Label rue célèbre la beauté de nos fragilités

    Label rue célèbre la beauté de nos fragilités

    Voilà 5 ans, maintenant, que le festival Label rue, porté par l’association Eurêk’art
    – structure des arts de la rue travaillant exclusivement en milieu rural – a posé ses valises au cœur du piémont cévenol, dans le village médiéval de Sauve. Chaque année, ce rendez-vous désormais attendu attire environ 4 000 personnes dans cette commune de 2 000 habitants dont les rues et les places se muent, l’espace d’un week-end, en scènes à ciel ouvert.

    La programmation de cette 22e édition, toujours pluridisciplinaire et éclectique, accueille une quinzaine de compagnies professionnelles qui présenteront leurs spectacles samedi 13 et dimanche 14 juin. Comme chaque année, une partie de la programmation est tournée vers les familles, avec des propositions de spectacles jeune et très jeune public. Un « espace kids » sera également proposé en continu, avec un coin lecture, des jeux en bois, une ludothèque poétique pour fabriquer des poèmes ou encore une fête foraine un peu décalée tout en récup’.

    Comme il est de coutume, la journée du samedi sera consacrée aux spectacles issus du « plateau création », un dispositif de repérage des créations de l’année pour l’espace public « destiné à donner de la visibilité aux compagnies émergentes et aux spectacles nouveaux nés », choisis sur dossier avec l’aide d’une quinzaine d’habitants complices. « L’idée est de présenter un panorama des arts de la rue, avec de la danse, du cirque, du clown, du théâtre de rue en déambulation… », énumère Julia Paglinghi, directrice d’Eurek’Art.

    Le lendemain, dimanche 14, place aux coups de cœur de l’édition 2026, avec des propositions qui célèbrent nos fragilités et la beauté du doute face à un monde « qui donne la primeur à la force, au pouvoir, aux rapports de domination. On a l’impression que ce monde marche sur la tête, que les valeurs sont inversées. On a donc eu envie de programmer des spectacles peuplés d’êtres vulnérables, maladroits, abîmés, marginalisés, qui essaient de trouver leur place par la tendresse, la douceur, l’amour  », décrit Julia Paglinghi.

    La Muchmuche compagny présentera Amours, « un Ovni qui s’inspire d’un traité de Roland Barthes sur les différentes sortes d’amour » ; au croisement du cirque et de la musique, le trio de rêveurs hurluberlus de « Mange la vie avec les doigts » entraînera le public dans un voyage en absurdie pour trouver l’indispensable… ; dans un esprit plus punk, le spectacle de théâtre en déambulation « Spen et Lulla » plongera les participants dans la cavale de deux paumés désinvoltes en mal d’amour ; enfin « Good bye Persil », spectacle de rue gestuel, histoire sans parole accessible à un public sourd et malentendant, est un hymne à la fratrie, drôle et touchant, façon Laurel et Hardy.

    Autre temps fort à ne pas manquer le samedi soir (21h), un concert, sur la place Sivel, du groupe d’électro-trad’ Turfu, « qui plaît autant à ceux qui aiment danser le trad’ qu’à ceux qui aiment la techno », résume Julia Paglinghi.

    * Tout le programme sur : www.eurekart.fr/saison-label-rue/festival

  • Deux organisateurs du teknival interpellés

    Deux organisateurs du teknival interpellés

    Piégée par les festivaliers qui sont parvenus à organiser le teknival du 6 au 9 juin dans l’Hérault à la frontière avec le Gard malgré le déclenchement du plan « rave bleu », la préfecture de l’Hérault a tenté d’afficher une image de fermeté mercredi 10 juin.

    Lors d’un point presse organisé par Chantal Mauchet, la préfète, et le colonel Frédéric Schneider, commandant en second du groupe de gendarmerie, le détail de la répression de cette rave party illégale a été détaillé. Ainsi, 160 gendarmes par jour ont été mobilisés pour empêcher d’autres festivaliers d’accéder au site. 4 525 personnes et 1 812 véhicules ont été contrôlés à l’arrivée ou à la sortie du teknival. L’opération a donc coûté 105 000 euros à l’État, assure la préfète.

    457 amendes forfaitaires ont ainsi été dressées, non pour la participation à cette fête géante mais pour détention de produits stupéfiants, détention d’armes blanches ou défaut d’assurance. 1 111 infractions au code de la route ont également été recensées pour « non-respect de l’arrêté préfectoral notamment ». Deux organisateurs ont été identifiés, interpellés et entendus pour l’organisation sans déclaration préalable d’un événement festif. Une quinzaine d’enceintes ainsi qu’un groupe électrogène ont aussi été saisis mais la sonorisation principale n’a pas pu être retrouvée dans son intégralité. Les pompiers sont également intervenus une dizaine de fois pour des malaises ou pour des chutes.

    L’autre point noir de ce teknival a été l’altercation survenue entre un riverain et plusieurs festivaliers. Ceux-ci ont tambouriné à sa porte en pleine nuit, ont tenté de pénétrer chez lui et se sont même baignés dans sa piscine. Après une bousculade, ils seraient aussi partis avec sa canne. « Quand on a appris cette histoire, on a essayé de retrouver ces personnes », raconte un organisateur. « Mais c’était impossible de savoir qui c’était. On a décidé de lancer une petite cagnotte entre nous pour lui renvoyer une canne. »

    Des propriétaires ont également déposé plainte, a annoncé Chantal Mauchet. Les communes concernées pourraient également saisir la justice dans les prochains jours. La préfète a par ailleurs annoncé qu’elle se constituerait partie civile pour obtenir le remboursement des moyens engagés.

  • Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Dans l’Hérault, une free-party pour s’opposer à la répression policière

    Ils sont nombreux à descendre, à pied, en voiture ou en camion, du Causse du Mas neuf, entre Claret et Ferrières-les-Verrerie, vers Pompignan en ce lundi 8 juin. Yeux fatigués mais sourire aux lèvres, certains se sont effondrés sur les bancs publics pour reprendre quelques forces. Ces fêtards ont participé au teknival « Tankarville, la riposte des chaussettes sales ». « Je suis un passionné de musique et de fête. Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l’ambiance », explique Nicolas*, un jeune d’une vingtaine d’années qui a déjà participé à des free parties un peu partout en Europe.

    Ce rassemblement illégal a débuté au petit matin du samedi 6 juin. Dans un jeu du chat et de la souris avec les forces de l’ordre après que la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait déclenché le plan « rave bleu », les festivaliers ont brouillé les pistes toute la nuit. Des centaines de voitures et camions s’étaient en effet rassemblées au nord de l’Hérault et dans le sud du Gard, avant de se rejoindre à Ferrières-les-Verreries vers 4 heures du matin. Sonos, amplis, scènes, château gonflable ont ainsi été rapidement installés. 160 gendarmes ont alors été dépêchés sur place et ont fermé les routes départementales pour empêcher l’accès au site (même aux journalistes !).

    Rassemblement antifa

    Pour accéder au teknival, il a donc fallu déposer sa voiture en bord de route et emprunter à pied les chemins dans la garrigue pendant près d’une heure. « Je l’ai fait samedi matin, à 5 heures du matin, en pleine nuit », témoigne un participant, tatoué de la tête aux pieds, une tente sur le dos, qui confirme avoir aidé d’autres festivaliers à sortir leur camion du fossé. Si la préfecture annonçait avoir contenu le rassemblement à 2 000 personnes, beaucoup estimaient plutôt le nombre de participants à 5 000.

    Guidé par la musique, il faut donc traverser des zones boisées pour apercevoir les premiers camions. Mais avant d’arriver, une voix résonne dans la forêt : « Si tu peux faire le tour, ici c’est une zone Natura 2000. » Max*, deux sacs-poubelles à la main ramassent tous les papiers toilettes de la zone. « Ce n’est pas le plus marrant mais on tient à laisser la zone propre. » Proche de l’organisation, Max s’est porté volontaire pour le bar et pour nettoyer le site. « La tuile ici c’est la zone Natura 2000. Mais on a rencontré un responsable du site avec qui on a pu échanger. Après, nous avons mis de la rubalise pour empêcher les gens de venir sur cette zone. Il y a aussi une petite fleur jaune qui est protégée donc on a essayé d’en parler, nous avons mis des photos au bar pour que les gens fassent attention. Après la fête, des équipes vont revenir sur le site pour nettoyer », explique-t-il sous le bourdonnement d’un drone qui surveille la zone.

    Participant à des free-parties depuis vingt ans, Max avait levé le pied ces dernières années mais a décidé de revenir face la nouvelle répression policière : « C’est un événement antifasciste et celui-ci avait un vrai message : nous nous opposons à la répression policière et à la loi que le gouvernement tente de passer parce qu’il est inconcevable que des gens aillent en prison pour avoir fait de la musique. » Pendant les trois jours de fête, la culture prônée par les organisateurs, qui se sont appuyés sur de la musique mais aussi du théâtre, des sculptures (dont l’une de 5 mètres de haut ou une autre appelée « la machine à laver les mascu ») et des feux d’artifice, arborait le message d’une opposition à la criminalisation des organisateurs portée par la loi Ripost. Tous reprenaient ainsi le slogan : « Sous les paillettes, la rage. »

    Au-delà de la répression, les teuffeurs voulaient aussi défendre un art de vivre qui s’extrait de la société consumériste et du capitalisme.

    * Les personnes interrogées souhaitaient rester anonymes.

  • Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Ce 10 juin, en fin de journée, un rassemblement s’est déroulé devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, comme devant de nombreuses préfectures de France. Organisées à l’appel des collectifs BougeTaPréf, rassemblant de nombreuses organisations (La Cimade, Réseau universités sans frontières 34, réseau éducation sans frontières 34, Mrap, LDH…), ces actions simultanées visaient à défendre « les droits et la dignité des personnes étrangères, chaque jour un peu plus bafoués ».

    « Maltraitance institutionnelle »

    Depuis plusieurs années déjà – mais la situation s’est encore aggravée ces derniers mois – les difficultés d’accès aux services préfectoraux se multiplient : impossibilité d’obtenir un rendez-vous, absence de réponse de l’administration, retards massifs dans la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour, blocages liés à la dématérialisation des démarches… « Ce qu’on dénonce, c’est la maltraitance institutionnelle », explique Thierry Lerch, Montpelliérain militant à la fois à La Cimade et à RESF.
    « Il y a un dysfonctionnement informatique permanent, au point que dans nos permanences on ne fait plus de juridique, on se concentre uniquement sur l’administratif. On essaye de faire en sorte que les personnes arrêtent de perdre leur travail parce que leur carte de séjour est périmée faute d’avoir réussi à la renouveler pour des questions purement administratives. C’est totalement inadmissible », s’indigne Thierry Lerch, qui dénonce « une fabrique de sans-papiers ». Plusieurs institutions ont d’ailleurs émis des signaux d’alerte : « La Défenseure des droits constate que les réclamations en droit des étrangers ne cessent de croître, le Conseil d’État, dans son arrêt du 5 mai, donne 6 mois à un an à l’État pour mettre fin à certaines carences de l’Anef (Administration numérique des étrangers en France) et les syndicats de magistrats et avocats dénoncent l’engorgement des tribunaux avec des procédures liées à des OQTF (obligation de quitter le territoire français) qui tombent sans arrêt », illustre le militant.

    Autre point noir unanimement dénoncé par les organisations mobilisées : les frais d’inscription différenciés à l’Université pour les étrangers. Dès la rentrée de septembre, les nouveaux étudiants internationaux hors Union européenne devront s’acquitter de 2 895 euros par année de licence et de 3 941 euros par année de master, soit 16 fois le tarif que ces étudiants payaient jusqu’ici. Une mesure jugée « antisociale et xénophobe ».

  • Près de 23 départs de feu dans les Bouches-du-Rhône, la vigilance toujours de mise

    Près de 23 départs de feu dans les Bouches-du-Rhône, la vigilance toujours de mise

    Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont été sollicités pour 23 départs de feux, ce jeudi 11 juin, indiquent les Pompiers 13.

    Parmi les plus importants, celui d’Allauch dans la nuit de mercredi à jeudi, à 1h du matin, qui a parcouru 1,5 ha, celui de Luynes à 7h30 qui a parcouru 1 ha, celui de Saint-Étienne-du-Grès qui a brûlé 9 ha et enfin à Saint-Cannat, 3 ha partis en fumée. Feu pour lequel 69 pompiers ont été engagés avec 3 canadair, route des 4 thermes sur la D67 en fin de journée.

    Des incendies favorisés par une végétation sèche et le vent, analysent les Pompiers 13. Si le Mistral est un peu tombé dans l’Est du département, il souffle toujours dans l’Ouest et les températures repartent à la hausse. Autant de raisons pour rappeler que la prévention reste essentielle insistent les pompiers.

    Et de marteler « pas de jet de mégots dans la nature, attention à l’emploi du feu et à l’accès aux massifs. Chaque geste compte ! »

  • Des animations pour valoriser la francophonie à Marseille

    Des animations pour valoriser la francophonie à Marseille

    La Maison de la Francophonie participe, ce vendredi 12 juin, à la Journée internationale de la Francophonie à l’Hôtel de Région, à Marseille. De 9h30 à 17h30, de nombreuses animations, rencontres et expositions, destinées à faire « découvrir la francophonie à Marseille et dans le monde », ponctueront cette journée.

    Rencontres et partage

    Parmi les temps forts, une dictée de la Francophonie, sur le thème « Le monde à venir », sera proposée à 10h (inscriptions ouvertes dès 9h30). À midi, le prix littéraire de la Francophonie sera remis à l’écrivaine Maria Larrea pour son roman Les gens de Bilbao naissent où ils veulent (Grasset). Les lauréats de la dictée seront ensuite récompensés à 12h15.

    L’après-midi sera marquée par une table ronde sur le thème « Génération Paix ! Contribution de la jeunesse pour un monde plus apaisé ». Diplomates, universitaires, étudiants et représentants associatifs « échangeront sur le rôle que joue la francophonie dans la promotion du dialogue et de la paix », avec l’ambition de faire émerger des projets concrets.

    La journée se poursuivra à 16h30 avec le défilé des « Marseillaises venues d’ailleurs », vêtues des tenues traditionnelles de leurs pays d’origine.

    Un pot de l’amitié clôturera ensuite l’événement. Tout au long de la journée, un espace dédié aux écrivains francophones, une exposition des artistes peintres de l’association « Vertiges en Provence », ainsi que plusieurs ateliers ludiques autour de la francophonie seront accessibles aux visiteurs.

    Hôtel de Région – 27, place Jules-Guesde à Marseille (2e).
    Entrée libre.