Author: tecnavia

  • L’effroi au cœur de Marseille

    L’effroi au cœur de Marseille

    C’est un sentiment d’effroi qui a enserré le cœur de Marseille ce mardi après-midi, face à la folie meurtrière d’un homme muni de couteaux et d’une matraque.

    Si son passage à l’acte semble lié à son éviction d’un hôtel pour loyers impayés, cet homme s’en est ensuite pris à d’autres victimes au hasard. Fort heureusement, les policiers nationaux présents sur place l’ont stoppé dans son périple sanguinaire. Sans cela, le bilan aurait très certainement été beaucoup plus lourd.

    Pas besoin de polémiques

    Présent dans la soirée à Marseille, Bruno Retailleau a évoqué de manière générale la lutte contre « l’immigration clandestine ». L’auteur des faits, de nationalité tunisienne, était pourtant en situation régulière. Son comportement erratique avait en revanche été repéré à Sète où il aurait proféré des propos antisémites devant une mosquée. Des faits signalés par le préfet de l’Hérault sans qu’ils ne donnent lieu à sanction.

    Un peu à la manière de François Bayrou qui dénonce la dette générée par son camp politique, Bruno Retailleau a regretté l’insécurité et le laxisme en tant que… ministre de l’Intérieur.

    Marseille comme notre pays n’ont pas besoin de vaines polémiques mais d’un service public de la sécurité qui s’appuie sur des forces de police, formées, en nombre suffisant et en confiance avec la population. Mais aussi de prévention et d’une réelle prise en charge de la santé mentale dans notre société.

    Tout cela coûte de l’argent, nécessite de la justice fiscale. Tout cela est absolument incompatible avec le budget d’austérité présenté par le gouvernement.

  • Les agriculteurs se serrent les coudes après les intempéries

    Les agriculteurs se serrent les coudes après les intempéries

    À Orange, dans la plaine Saint-Bardon, en lisière de l’A7, les flux incessants de voitures et poids lourds sont le lot quotidien. Mais les rafales à 139 km/h beaucoup moins. « Je n’avais jamais connu ça », se désole Alexandre Arnoux. Ce producteur de fraises de même pas 30 ans risque de perdre sa production 2026 suite aux intempéries de la nuit de dimanche à lundi. « Pendant deux heures, le vent a balayé la zone et a aplati les serres », décrit le jeune agriculteur, qui a repris l’ancienne exploitation de son père il y a deux ans.

    « Une année, on a eu de la neige qui a écrasé des serres de salades, mais jamais comme ça », abonde Maryse, la maman d’Alexandre, venue, ce mardi matin, « apporter un peu de réconfort ». À savoir du café, en attendant les viennoiseries et pizzas. Car une quinzaine de personnes s’affairent sérieusement depuis le début de la matinée. « Syndicat, famille, amis, rugby… s’il n’y avait pas entraide, je serais déjà mort », remercie Alexandre Arnoux, entre deux directives, avant de remonter sur un tracteur et dégager les amas d’arceaux que les petites mains entassent progressivement, au bout des allées. Une action de solidarité a été lancée par la FDSEA de Vaucluse et les Jeunes agriculteurs (JA). « Ce n’est pas la première fois qu’on se mobilise après de tels épisodes, on fait ce que notre ADN nous dit de faire », décrit sobrement Philippe Bon, à la fois vice-président du syndicat des fraises de Carpentras et de la FDSEA 84.

    Chez Alexandre Arnoux, 1,5 ha de bâches sont inutilisables, ainsi que les arceaux, tous de guingois. « Il faut agir vite car les plants de fraises ne sont pas touchés, mais ils peuvent vite être foutus si on ne les recouvre pas à cause du risque de maladie, surtout s’il n’y a plus de système d’irrigation », décrit l’agriculteur.

    Vers la reconnaissance

    de catastrophe naturelle ?

    Dépité, mais motivé, il va devoir « déconstruire tout ce que l’on vient de monter en un mois et investir 40 000 euros ». Car Alexandre Arnoux venait d’installer de nouvelles serres, épargnées par la tempête et pas encore en culture. « Mais il faudra encore investir, sans aide a priori, car ce sont des serres inassurables, la mairie est en train de voir si la commune peut être classée en état de catastrophe naturelle, j’espère que ça aboutira », se projette-t-il.

    « On va pousser fort pour », assure Philippe Bon, alors que dès lundi, les services de l’État étaient dans le secteur pour constater les premiers dégâts. Ce mardi, on pouvait encore constater quelques stigmates avec des arbres couchés en bord de route ou des panneaux de signalisation renversés.

  • L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    L’avenir de la centrale de Martigues aussi en question

    C’est un mouvement de grève reconductible national qui donne le coup d’envoi de la rentrée sociale. À la centrale de Martigues-Ponteau, comme dans les sites d’Enedis ou des entreprises gazières, la fédération CGT des mines et énergies (FNME) a appelé à cesser le travail ce mardi, et dès la veille au soir en ce qui concerne les équipes de trois-huit. Devant l’entrée de la Centrale combinée gaz (CCG) d’EDF, les syndicalistes CGT de la centrale se mobilisent pour deux raisons majeures.

    « On demande une revalorisation à hauteur de 9% de la grille salariale et des indemnités d’astreinte », revendique Sébastien Koch, secrétaire général du syndicat CGT de la centrale de Martigues. Et pour cause, « plus personne n’est embauché aux 3 premiers échelons de notre grille car ils se situent en dessous du Smic. Le but pour nous est de remonter l’ensemble de cette grille, et pas seulement les trois premiers échelons, ce qui n’a pas été fait depuis des décennies », argumente le syndicaliste.

    Plus encore, « on réclame les 13e et 14e échelons d’ancienneté. Car si on rallonge la durée de travail, l’ancienneté ne suit pas cette évolution », abonde Sébastien Koch, qui rappelle que « dans les industries énergétiques et gazières, on a normalement 33% d’augmentation de salaire entre l’entrée et la sortie de l’entreprise, pour les carrières complètes ». Ce qui n’est plus le cas, selon le représentant syndical.

    Outre le salaire, les énergéticiens de la CGT proposent également de baisser les factures des usagers, principalement du grand public, par le retour de la TVA de 20 à 5,5%. Une variable d’ajustement pour les deux enjeux, donc.

    Une fonction stratégique

    La double particularité de la Centrale combinée gaz (CCG) de Martigues est à la fois d’être la seule dans la région appartenant à EDF, sur les trois dont dispose le groupe en France, mais également d’être historiquement liée au territoire industriel qui l’entoure. Les deux turbines au gaz naturel alimentent des générateurs pour une puissance cumulée de 930 mégawatts (MW) par heure, raccordée au niveau national et équivalente à l’un des quatre réacteurs nucléaires du Tricastin. Ces deux unités mises en service en 2012 remplacent les anciennes chaudières au fioul arrêtées en 2008. Cette centrale remplit « une fonction stratégique » pour EDF, répondant « à des besoins spécifiques de la région Paca lors de contextes de forte consommation ». De plus, le combiné gaz « produit rapidement de l’électricité en complément de l’énergie renouvelable », intermittente.

    Mais à l’heure des projets industriels décarbonés de Fos-Berre, dont la consommation électrique est évaluée à 3410 MW en 2035 selon une analyse de l’État, le secrétaire du syndicat CGT de la centrale de Martigues s’interroge. « On n’a jamais parlé de nos centrales dans le projet Fos-Berre » affirme-t-il. « Il y a besoin de la ligne très haute tension à 400 000 Volts pour alimenter la zone, mais il ne faut pas oublier les modes de productions locaux », fait-il observer. À ce titre, EDF assure que « ce site conserve sa raison d’être », mais ne « s’inscrit pas forcément dans une stratégie bien définie » au-delà de 2035. D’où l’inquiétude de Sébastien Koch pour « l’après 2035, où nous n’avons pas de réponses ».

    Au local, la lutte porte bien au-delà des enjeux nationaux. Mardi soir, la CGT fait état de plus de 200 piquets de grève et de l’absence de réponse des entreprises au mouvement social.

  • Bruno Genzana se lance dans la campagne

    Bruno Genzana se lance dans la campagne

    À six mois des élections, Bruno Genzana entre dans la campagne des élections municipales 2026 avec cette mesure et ce bon sens républicain qui caractérisent son parcours depuis des décennies. « On connaît désormais les règles du jeu qui, depuis 1983, faisaient que pour élire le conseil municipal, il fallait gagner un certain nombre de secteurs. ça a changé et j’y étais favorable, même si je regrette que la loi n’ait pas porté une réflexion plus profonde sur la répartition des compétences », apprécie le chef de file Les Centristes des Bouches-du-Rhône.

    Derrière Martine Vassal

    L’ancien conseiller départemental défend sans surprise une liste d’union entre le centre et la droite républicaine. Comme l’indique son courrier adressé aux habitants de la deuxième ville de France pour expliquer sa démarche, il se range derrière Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole et du Département, dont il est membre du cabinet.

    « Je trouve qu’elle a acquis une notoriété que personne d’autre n’a. Comme Renaud Muselier (Ren.) a clairement dit qu’il n’était pas candidat, on se tourne tous vers elle », justifie celui qui est membre aussi de la majorité de droite au conseil régional. « à la fois en termes d’autorité, d’efficacité de gestion et de vision pour ce territoire, j’espère très sérieusement qu’elle sera notre cheffe de file. »

    La démarche qu’il engage à travers des consultations citoyennes de terrain, des carrefours-rencontres et un questionnaire en ligne se veut « modeste » et « sincère ». L’objectif : contribuer à l’élaboration d’une vision collective plus large pour la droite. « Une vision claire », reprend Bruno Genzana. « Pour cela, quoi de mieux que de donner la parole aux Marseillais ? Dans mon réseau, pour que les gens qui ont ou ont eu une activité liée au centre puissent s’exprimer, mais plus largement en allant rencontrer les habitants. »

    La démarche se veut à la fois pragmatique et ouverte : « J’ai une responsabilité : faire entendre la voix de celles et ceux qui attendent des propositions innovantes et réalistes. » Pour cela, Bruno Genzana mise donc sur la proximité, les rencontres de terrain et un questionnaire volontairement simple reprenant plusieurs thématiques sur la sécurité, l’économie, le centre-ville… « C’est une porte d’entrée… On commence par là et puis un dialogue peut s’engager. »

    Il vise « la liste de la mairie centrale »

    Candidat en 2014 à Aix puis en 2020 à Plan-de-Cuques, l’homme se sent désormais « 100% Marseillais » et se présentera à Marseille. Dans les 6-8 où il habite ? « On me demande souvent où ? L’élection par secteur va être importante dans cette bataille, mais il faut que nous raisonnions en liste municipale. Une liste d’union où il y aura des gens de tous les quartiers et toutes les sensibilités, répond le centriste. Donc je souhaite être candidat sur la liste de la mairie centrale, ce qui m’intéresse, c’est la vision globale de Marseille. »

    Mais le discours très à droite de certains élus Les Républicains, marchant dans les pas de l’extrême droite, ne l’effraie pas : « Je suis un vrai républicain, ceux qui ont suivi ma vie politique n’ont aucun doute là-dessus. Mais je préfère, dans une démocratie moderne, qu’une droite assume des valeurs qui ne sont pas 100% les miennes, sur des thématiques qui leur sont propres, plutôt que de laisser le champ libre à l’extrême droite. »

  • MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    Akwaba, c’est bonjour en ivoirien. Et les Marseillais de l’immobilier en Afrique (MIA’s) ont l’intention de décliner le mot à la sauce marseillaise. Cette société de conseils et de services tournée vers l’Afrique francophone créée en 2017 par huit associés, professionnels de l’immobilier, veut passer la vitesse supérieure.

    Depuis octobre 2024, Antoine Viallet, président des MIA’s, s’est installé à Abidjan pour développer l’offre commerciale. Il y a mené depuis plus de 200 rendez-vous pour « comprendre les besoins, réactualiser l’offre et bâtir une stratégie avec nos partenaires locaux. On a une fine lecture des problématiques immobilières et d’urbanisme en Afrique. » Dans une ville de 6 millions d’habitants et qui enregistre 200 000 nouveaux arrivants chaque année, les opportunités ne manquent pas.

    La formation est au cœur de leur démarche. Antoine Viallet y développe notamment une plateforme dédiée aux métiers de l’immobilier : « On vit en live les Trente Glorieuses dont on a toujours entendu parler. Un des sujets clés, c’est la compétence, il manque par exemple 20 000 urbanistes au Nigeria. »

    Renaud Tarrazi, architecte urbaniste, rappelle l’origine marseillaise du projet : « Notre parcours commun vient du Club de l’immobilier de Marseille, créé il y a 30 ans pour rassembler tous les métiers de la chaîne immobilière. L’idée, c’est de travailler en meute pour créer du business ensemble. » Cette dynamique collective s’exporte en Afrique avec une volonté : « Il ne s’agit pas de reproduire un modèle France-Afrique mais de travailler là-bas avec eux (…) On partage une langue, un socle juridique mais on doit avoir un regard pertinent. »

    Les MIA’s interviennent déjà sur plusieurs projets comme une gare routière à Cotonou, un immeuble mixte à Douala. L’offre de cette équipe pluridisciplinaire se présente comme un « couteau suisse » : promotion, gestion, ingénierie, architecture, audit, formation… « On adapte notre réponse aux réalités locales, sans donner de leçons », poursuit Renaud Tarrazi.

    Geneviève Langlois, promotrice et seule femme du groupe, a rejoint l’aventure après le salon Dakar 2020. Elle a été frappée par « la vitesse de développement des projets et la qualité des intervenants mais il reste beaucoup à structurer, notamment sur la copropriété et la sécurisation de la propriété foncière ».

  • Aménager en limitant l’artificialisation des sols

    Aménager en limitant l’artificialisation des sols

    Une présentation « pédagogique », destinée à un « large public » allant « des scolaires aux élus locaux », centrée sur la question de la sobriété foncière. C’est l’ambition de l’exposition nationale « Des solutions sur mesure pour s’adapter à la rareté des ressources et bien vivre dans nos territoires », inaugurée mardi dans le hall de la Direction départementale des territoires et de la mer (3e), en présence de son concepteur Patrick Henry, architecte urbaniste, et du préfet de Région Georges-François Leclerc.

    Proposée dans le cadre du mois de la Sobriété foncière, par les ministères en charge des Territoires, de la Transition Écologique et du Logement, l’exposition itinérante donne à voir en trois étapes les bienfaits de la sobriété foncière dans les territoires avec un volet sur l’histoire de la formation des villes, un deuxième sur l’aménagement des sols -première cause de l’érosion de la biodiversité- et un dernier baptisé « inventer de nouveaux modèles », incitant les acteurs à imaginer des aménagements « sur mesure ». L’exposition est en place jusqu’au 30 septembre.

  • Emmaüs Pointe Rouge lance sa rentrée

    Emmaüs Pointe Rouge lance sa rentrée

    « Septembre est le mois des réductions étudiantes. Depuis la Covid, les jeunes se sont clairement paupérisés. À Emmaüs Pointe Rouge, on a alors décidé que tout serait à 50% pour les aider le plus possible à s’installer », détaille Nouara Bernou responsable à Emmaüs Pointe Rouge. Et de poursuivre : « Ameublement, literie, vaisselle, petit électroménager sont disponibles, avec bien sûr le dressing à 1 euro ! » Un don important d’hôtels Citadines a permis d’avoir du stock de qualité.

    La responsable observe que leur clientèle s’est considérablement rajeunie, notamment pour les vêtements. « C’est aussi par philosophie, l’envie de consommer autrement plus durable », explique-t-elle.

    Parmi les valeurs sûres, le camion du Petit Déj revient aux Réformés dès le 3 septembre du mardi au vendredi. « Là encore, la fréquentation change. À la population des sans-abri, se sont ajoutés les enfants qui passent prendre un croissant et un chocolat chaud avant d’aller à l’école. » Elle soupire « cette situation est très préoccupante ». Et pour permettre à ceux qui se déplacent difficilement, les deux magasins en ville, de Colbert et des 5-Avenues restent ouverts. Il est encore tôt pour parler de la boutique éphémère de Noël, mais toutes les propositions sont les bienvenues.

    Du côté des compagnons, là encore, ça bouge. « Une fois régularisés, 20% de la communauté, souvent les plus jeunes, partent voler de leurs propres ailes. Manutentionnaires en grande surface, serveurs en restauration, ou bien encore auxiliaire de vie, les profils d’emplois sont divers », constate Nouara. Poursuivant « nous les accompagnons, mais ils font seuls les démarches et très souvent dans le mois qui suit, ils trouvent un boulot ».

    Emmaüs, 123, traverse Parangon, Marseille (8e)

  • Compte à rebours avant le vote de confiance

    Compte à rebours avant le vote de confiance

    Ce mercredi, entre les murs de Matignon, François Bayrou prépare sans grand doute son dernier Conseil des ministres. C’est à midi que le gouvernement se retrouve pour une ultime réunion avant le vote de confiance qui aura lieu lundi prochain. Après d’infructueuses entrevues avec les présidents de Place publique et du Rassemblement national la veille, le sort de François Bayrou et son gouvernement semble fixé.

    Ce mardi matin, le Premier ministre a d’abord rencontré Raphaël Glucksmann, Aurore Lalucq et Aurélien Rousseau de Place publique. C’est ensuite le président du Rassemblement national, Jordan Bardella et Marine LePen qui ont passé la porte de Matignon. Des rencontres qui sonnent comme un échec pour François Bayrou, puisque tous ont réaffirmé qu’ils ne donneront pas leur confiance au gouvernement.

    À la sortie de la rencontre, Raphaël Glucksmann affirme sur X que « l’annonce surprise du quitte ou double du 8 septembre casse le nécessaire processus de négociation ». Les représentants de Place publique affirment avoir demandé au Premier ministre de revenir en arrière sur la tenue du vote de confiance pour négocier le budget. Face au refus, le député européen a donc rejeté l’option de voter la confiance : « Il n’y a pas de confiance à accorder et de chèque en blanc à signer, c’est impossible. »

    « Une dissolution ultra rapide »

    À l’extrême droite non plus, le face-à-face avec François Bayrou n’a pas convaincu. La députée et cheffe de file du Rassemblement national a exigé, à la sortie de leur entrevue « une dissolution ultra-rapide ». Une nouvelle élection législative qui pourrait donner la majorité à son parti, selon les derniers sondages.

    C’est donc vers un désaveu de l’Assemblée nationale que se dirige le gouvernement de François Bayrou. Dimanche, les socialistes avaient affirmé qu’ils ne voteraient pas la confiance, avant même leur rencontre prévue ce jeudi. Le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel a quant à lui rencontrer le Premier ministre lundi, pour lui exprimer son rejet du budget qu’il considère « comme un poison pour la France », réclamant un nouveau chef du gouvernement de gauche.

    Dans les bancs des Républicains, dont le président Bruno Retailleau est au gouvernement, des voix s’élèvent pour la dissolution
    ou pour la démission d’Emmanuel Macron. Pour l’ancien président Nicolas Sarkozy, « il n’y aura pas d’autre solution que la dissolution », affirme-t-il au Figaro ce mardi. Valérie Pécresse, présidente (LR) de la Région Ile de France, a quant à elle affirmé sur BFM TV « que la dissolution ne réglera pas la fragmentation du Parlement ». Pour l’ancienne candidate, « seule une élection présidentielle anticipée pourra rétablir la stabilité politique du pays ». Une position suivie par Jean-François Copé ce mardi sur RTL pour qui le président Emmanuel Macron doit « accepter l’idée de programmer sa démission […] après les municipales ».

    Réunion de crise

    Face à la crise, Emmanuel Macron a réuni mardi midi, à l’Élysée, le Premier ministre François Bayrou et les chefs des partis membres de sa coalition gouvernementale : Gabriel Attal (Ren.), Édouard Philippe (Horizons) et Bruno Retailleau (LR).

    Alors que les alternatives sont multiples entre nouveau gouvernement, dissolution ou démission présidentielle, la mobilisation citoyenne s’organise pour refuser le budget austéritaire proposé par François Bayrou. Un appel à « Tout bloquer » a été lancé sur les réseaux sociaux dont les partis de gauche, à l’exception de place publique, la CGT et Solidaires ont apporté leur soutien. Le 18 septembre, c’est l’intersyndicale qui appelle à la grève.

    « Seule une élection présidentielle anticipée pourra rétablir la stabilité politique »

  • Céline Celce sera la candidate de l’union de la gauche

    Céline Celce sera la candidate de l’union de la gauche

    Déjà candidate aux législatives de 2022 et 2024 pour l’union de la gauche (Nupes puis NFP), Céline Celce brigue cette fois la mairie d’Apt. La conseillère municipale d’opposition (Génération.s) annonce, dans un communiqué, sa candidature aux municipales des 15 et 22 mars en vue « d’une véritable alternative pour changer durablement le quotidien de notre ville ». Apt, sous-préfecture, est dirigée par Véronique Arnaud-Deloy (LR), qui ne se représentera pas et avait succédé, en 2021, à Dominique Santoni devenue présidente du Département.

    Céline Celce est la première à annoncer officiellement sa candidature. Elle se prévaut du « soutien des forces de gauche écologistes et progressistes » (PS, PCF, les Écologistes, Place publique). « On a eu des discussions avec la France insoumise mais, à ce stade, ils ne sont pas dans le projet », précise, à La Marseillaise, la candidate. Dix commissions thématiques ont été mises en place pour « poser un état des lieux et des besoins mais le travail continue pour élaborer le projet », projette-t-elle. Bref, « on est au travail, depuis 2020 j’ai rassemblé la gauche, il ne devrait y avoir qu’une seule liste et pas trois », appuie Céline Celce qui, au 2nd tour des législatives l’an dernier, était arrivée en tête sur la seule ville d’Apt devant le RN.

  • « Aucun casting macroniste ne pourra enrayer cette crise de régime »

    « Aucun casting macroniste ne pourra enrayer cette crise de régime »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur cette plongée dans l’inconnu orchestrée par la décision du Premier ministre ?

    Jérémy Bacchi : On a une rentrée qui s’annonce dense du point de vue institutionnel dans notre pays. Le Premier ministre a fait le choix de s’exposer à un vote de confiance qui peut conduire à son départ le jour même. Il essaie de soigner sa sortie en partant par la grande porte plutôt que par la fenêtre. Or c’est un changement d’orientation politique qui doit s’opérer, pas de casting. Si le budget reste le même, la réponse politique sera la même. Ce qui arrive à François Bayrou est ce qui est arrivé à Michel Barnier. En réalité, on est en train de passer d’une crise politique à une crise de régime qu’aucun nouveau casting macroniste ne pourra enrayer.

    Quelle issue peut-on envisager face à cette crise profonde ?

    J.B. : Les institutions vieillissantes de la Ve République ne sont plus en capacité de gérer la situation. Il s’agit donc de penser à une VIe République avec un renouvellement des institutions. Les communistes sont prêts à faire des propositions. Mais pour obtenir un progrès social, il faut qu’il soit porté par une mobilisation populaire de grande ampleur. C’est pour ça que je salue le haut niveau de responsabilité des organisations qui appellent à la mobilisation ainsi que la large majorité des citoyens de ce pays qui exprime un soutien à ce mouvement porteur de changement.

    On l’a vu durant les derniers mouvements, la frontière entre politique et social est pourtant difficile à franchir. Comment s’y prendre ?

    J.B. : Le ras-le-bol est suffisamment important aujourd’hui pour que tout ce qui cloisonnait encore hier, pour que ces clivages savamment entretenus, puissent voler en éclats afin de laisser place à une véritable convergence. L’urgence sociale a fait évoluer les mentalités des uns et des autres vers un besoin d’unité plus grand. C’est ce à quoi les communistes entendent travailler dans les prochaines semaines.

    Qu’est-ce qui formera l’ordre du jour de la rentrée des communistes ?

    J.B. : En ce qui concerne la rentrée parlementaire, et qui a été avancée au 8, si Bayrou tombe, les travaux seront avortés. Il nous faudra un nouvel agenda pour faire le point sur l’après Bayrou… Quant à celle des communistes du département, c’est un temps fort où il s’agit de tracer une feuille de route avec l’urgence sociale, ce calendrier des manifestations où nous avons toute notre place. Il y a également tous les enjeux municipaux qui seront présentés car nous sommes à huit mois des élections. Nous devons travailler à créer des majorités de gauche. Nous aborderons également tous les sujets liés à l’économie locale, l’énergie, l’industrie, le port…

    Assemblée de rentrée du PCF 13, jeudi 4 septembre à 18h30 à la Maison des communistes, 280, rue de Lyon dans
    le 15
    e arrondissement de Marseille.