Author: tecnavia

  • Il y a 120 ans, quand Einstein fondait la physique moderne

    Il y a 120 ans, quand Einstein fondait la physique moderne

    C’est en 1905 qu’Albert Einstein, alors simple employé du bureau des brevets de Berne, publie quatre articles qui vont transformer à jamais notre compréhension du monde : le mouvement brownien, l’effet photoélectrique, la relativité restreinte et l’équivalence masse-énergie (E=MC2). Vingt ans après sa thèse, et marqué par l’année internationale de la physique en 2005, Boris Chenaud s’est emparé de ce moment fondateur. Avec 1905, l’année miraculeuse d’Einstein, il livre un récit clair, sans équations, destiné au grand public. « Le but du jeu, explique-t-il, c’est de se faire comprendre. » Pas question pour l’enseignant-chercheur montpelliérain d’enfermer Einstein dans un jargon mathématique.

    Contrairement à l’image d’un génie isolé, Einstein s’inscrit dans un réseau fertile. « À Berne, il était bien entouré », rappelle Boris Chenaud. À 26 ans, plein de créativité, le jeune savant nourrit ses intuitions au sein d’un cercle d’amis physiciens et philosophes, porté par une effervescence intellectuelle intense. L’auteur explore les concepts qui ont façonné la physique moderne et continuent de structurer la recherche actuelle. Il insiste aussi sur l’écho contemporain de ces découvertes, de l’énergie nucléaire aux débats philosophiques sur la nature de l’univers. Avec ce livre, Boris Chenaud poursuit une mission de diffusion des savoirs qu’il mène depuis des années à l’université de Montpellier et dans des conférences grand public. La prochaine aura lieu le 12 octobre à Saint-Gély-du-Fesc. Pour lui, les sciences ne sont pas un domaine austère mais « une aventure pleine de rebondissements », dont il faut aussi interroger les applications et leurs conséquences collectives.

    * « 1905, l’année miraculeuse d’Einstein », Édition Maison Jaune (19€).

  • Dans le Gard, le semencier Sakata crée 50 postes sur 10 ans

    Dans le Gard, le semencier Sakata crée 50 postes sur 10 ans

    À Uchaud, dans le Gard, l’entreprise Sakata est installée depuis 27 ans. Spécialisée dans la production et la commercialisation des semences potagères, cette dernière est présente dans pas moins de 24 pays et produit 28 espèces vendues dans 90 pays, de l’Europe à l’Afrique en passant par le Moyen-Orient. « On crée des tas de variétés tous les ans pour chacune de nos espèces, adaptées à la fois aux conditions agronomiques et climatiques de nos clients et aux demandes des consommateurs, aux demandes de techniques de production – sous serre, sous tunnel plastique, en plein champ, etc. Nous avons des variétés qui s’adaptent à chaque condition de production et de commercialisation », détaille Basile de Bary, directeur général de Sakata Vegetables Europe. Tomates, courges, brocolis, pratiquement tous les légumes sont représentés.

    Et il faut dire que le secteur est florissant puisque l’entreprise a annoncé vouloir recruter une cinquantaine de postes sur dix ans. Même si la guerre en Ukraine et la période d’inflation qui a suivi ont plombé l’année 2022 – « les taux se sont mis à exploser. Les agriculteurs avaient beaucoup plus de mal à financer leur culture et ont donc réduit les surfaces », reprend Basile de Bary- la hausse continue de la population mondiale, couplée à une amélioration des « régimes alimentaires plus qualitatifs et donc avec plus de fruits et de légumes », permet à Sakata de voir le verre à moitié plein.

    Adapter les légumes

    Le tout dans un contexte où le dérèglement climatique s’amplifie, ce qui n’est pas sans impact sur la flore. Obligeant les plantes à devoir s’adapter. En ce sens, Sakata fait figure de précurseur. « Notre métier, c’est d’adapter les plantes aux conditions agro-climatiques, quelle que soit l’évolution de ces conditions. On n’avait peut-être pas forcément pris conscience que le travail que l’on faisait était déjà dans le sens d’une adaptation à un dérèglement climatique. C’est beaucoup plus clair depuis 5, 10 ans. Mais en fait, ça fait 20, 30, 40 ans qu’on le fait », soutient Basile de Bary.

    Trop d’eau, sécheresse, manque d’eau, températures élevées, autant de paramètres avec lesquels jouent les semenciers. « Une de nos tomates en Égypte a une capacité à ce qu’on appelle techniquement “nouer à la chaleur”, c’est-à-dire accrocher les fruits même si les températures sont très fortes. Car quand les températures sont très fortes, une tomate a tendance à perdre ses fleurs et ne pas faire de fruits. Donc très peu de rendement. Cette variété-là, même à 35-40°C, les fleurs restent accrochées et le fruit se développe. On l’a lancée il y a 7-8 ans et on a une part importante du marché égyptien à cause de cette adaptation aux températures de plus en plus fortes sur l’été dans le nord de l’Afrique », développe le directeur général. Bientôt lancées en France ?

  • La culture gitane à l’honneur à la Halle Tropisme

    La culture gitane à l’honneur à la Halle Tropisme

    Quatre jours pour découvrir la culture gitane et l’histoire de ce peuple à l’origine nomade, qui a traversé des siècles d’histoire et de discriminations. C’est ce que propose le festival international Mosaïque Gipsy Bohème. Portée par l’association du quartier gitan de Montpellier Cap Gély Figuerolles, la manifestation, a été lancée en 2021 pour « fêter la fin du Covid, qui avait fait des ravages dans la communauté gitane ». Forte du succès immédiat de cette première édition, elle s’est ensuite ancrée à la Halle Tropisme, lieu culturel voisin qui « fait le lien entre les bobos et les quartiers populaires », résume Stéphane Hernandez, de l’association Cap Gély Figuerolles.

    « Notre objectif est de faire connaître notre culture et de montrer que les gitans font partie du patrimoine de la ville comme de celui de la France », explique l’organisateur. « On estime que Montpellier accueille la deuxième communauté gitane de France, après Perpignan. » Manitas de Plata, « l’artiste français qui a vendu le plus de disques dans le monde » ou les Gipsy Kings, notamment, ont porté les couleurs de la capitale héraultaise à l’international.

    « On se sert aussi de ce festival pour parler des discriminations que ce peuple a subi durant l’histoire à travers des expositions. C’est un axe important pour nous. On accueille d’ailleurs à chaque édition des scolaires autour de ces expos », poursuit Stéphane Hernandez.

    La rumba catalane célébrée

    Comme chaque année, Cap Gély Figuerolles invite donc, durant 4 jours, à un grand voyage culturel entièrement gratuit, à travers des expositions, des concerts, de la danse, un spectacle équestre, des conférences…

    La rumba catalane sera une fois de plus mise à l’honneur, car l’association porte le projet de faire inscrire cette musique au patrimoine culturel et immatériel de la France. Une exposition lui est dédiée et une table ronde sur le sujet sera organisée vendredi 26 septembre à 18h.

    À ne pas manquer également, l’exposition de tableaux de Gabi Gimenez, peintre et plasticien français d’origine gitane, qui œuvre pour la mémoire des Tsiganes persécutés pendant et après la Seconde Guerre mondiale. De son côté, Ana Gimenez, première femme gitane docteure en anthropologie en Espagne, présentera son travail pour la défense des droits culturels Roms et la promotion de la langue romani. Nouka Maximoff présentera quant à elle en avant-première un livre totalement inédit de son père Matéo Maximoff.

    Côté musique, des concerts seront proposés tous les soirs. Miguel Kimbeo and friends, artistes montpelliérains de la gipsy pop, ouvriront le bal jeudi 26 (20h30). Le lendemain, Los Kémados groupe de Gipsy Rumba, se produira à 19h avant un concert exceptionnel de Titi Robin et son quartet « Retour aux sources gitanes » (20h30). Samedi, place à « une troupe spécialement formée pour notre festival », avec « les meilleurs artistes de rumba catalane d’Espagne, sous la houlette de “El Nen” et “Pépé” » (20h30). Enfin le dimanche 28 septembre, on termine en douceur et en gastronomie avec un brunch gitan animé par le groupe « Soy », spécialisé dans la rumba camarguaise.

    À noter, samedi 27 à partir de 15h, une scène ouverte avec les écoles de danse venues de toute la région suivie, à 18h, d’un apéro DJ Set animé par « Cathy Claret », de Barcelone. Et à 19h30, avant le concert du soir, Olivier Estrugo proposera un spectacle équestre.

  • [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    [Gard] Sylvain André (PCF) : « Je vais porter plainte contre le député Allegret-Pilot »

    Mardi 23 septembre au matin, Sylvain André a découvert « ébahi » la vidéo du député de la 5e circonscription du Gard qui se met en scène devant la mairie de Cendras pour en décrocher le drapeau palestinien qui y flottait depuis la veille et qui devait être retiré mardi matin. Depuis ce week-end, le maire communiste est la cible d’un déchaînement sur les réseaux sociaux pour avoir pris la décision d’accrocher le drapeau palestinien lundi 22 septembre et d’organiser un rassemblement en soutien à l’initiative française de reconnaître un État palestinien.

    Sauf que sur demande du ministre démissionnaire de l’Intérieur, le préfet du Gard a intimé à l’élu de retirer le drapeau. Une convocation était prévue au tribunal administratif mardi. « Comme j’ai fait une attestation que le drapeau n’y était plus, ma convocation au tribunal administratif a été annulée. De toute façon, c’était prévu de le retirer à 8 heures ce matin. C’était une forme de soutien à la diplomatie française et de célébration de cet événement historique. Comme c’était uniquement le 22 septembre, cet argument était défendable devant le tribunal. Deux arguments sont évoqués : la neutralité des services publics et que les questions internationales relèvent des compétences de l’État. Sauf que pour l’Ukraine, il n’a jamais été question de retirer les drapeaux », explique Sylvain André.

    C’est donc dans ce contexte que le député Alexandre Allegret-Pilot a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux mardi matin où il se met en scène en pleine nuit devant la mairie de Cendras. « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Il n’y aura pas de sanction, on doit donc s’en occuper », dit-il face caméra avant de sortir un escabeau de sa voiture et de monter devant la façade pour en retirer le drapeau palestinien.

    Mardi, aux côtés de Patrick Malavieille (vice-président PCF du conseil départemental du Gard), Aurélie Genolher (conseillère régionale, vice-présidente d’Alès Agglo et maire de Massillargues-Attuech) et des maires de Saint-Julien-les-Rosiers Serge Bord et de Saint-Martin-de-Valgalgues Claude Cerpedes, Sylvain André a tenu un point presse pour faire part de sa consternation. « J’ai été ébahi et abasourdi par l’initiative du député », explique-t-il. « C’est quand même grave qu’un député se permette de faire ça au milieu de la nuit, comme un voleur. Il se permet de remplacer le pouvoir judiciaire. Parce qu’aujourd’hui, le seul qui avait l’autorité pour me faire enlever le drapeau, c’était le tribunal administratif qui est saisi par le préfet. En allant retirer le drapeau, le député est à la fois juge et policier. C’est une attitude grave. Cela montre le vrai visage de l’extrême droite et on se demande jusqu’où ils peuvent aller ».

    Dans la foulée, l’édile annonce qu’il va porter plainte dans les prochains jours : « J’attends encore quelques éléments juridiques. Mais il ne faut pas laisser passer parce qu’il attise la haine sans arrêt. En plus, cela pose aussi un problème de trouble à l’ordre public. Heureusement à Cendras, la mairie est un peu isolée derrière l’église. Mais si quelqu’un l’avait vu et qu’il n’était pas d’accord avec le fait de retirer le drapeau, ça aurait pu mal tourner ».

    Au-delà des présents à la conférence de presse, de nombreux élus ont depuis envoyer un message de soutien à Sylvain André à l’image des élus régionaux Régis Bayle et Fabrice Verdier ou de l’élu nîmois Vincent Bouget (PCF), du sénateur Denis Bouad (PS), d’Emmanuel Grieux (L’Après) et du sénateur du Gard Laurent Burgoa (LR).

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée

    Actualité locale, proximité, campagne des municipales, mouvement social, crise politique… À vous la parole ⤵️

  • Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Des cumuls de pluie record à Toulon et au Castellet

    Déclenchée à 16h dimanche, la vigilance orange orages, pluie et inondation s’est achevée lundi à 3h du matin. Entre temps, les importants cumuls d’eau tombés sur le Var, notamment sur le littoral, ont provoqué de sérieux dégâts. 50 000 foyers ont été privés d’électricité, dont 15 000 sur le secteur Six-Fours – Sanary. Il n’y en avait plus que 1300 lundi midi. Entre 20h et minuit, le SDIS 83 a traité plus de 500 appels et réalisé 300 reconnaissances, 165 interventions, 6 sauvetages (véhicules immergés) et 72 mises en sécurité. 105 engins ont été mobilisés en plus de l’hélicoptère de reconnaissance Dragon 06. Aucune victime n’est heureusement à déplorer.

    Procédure de catastrophe naturelle enclenchée

    Parmi les villes les plus touchées, Toulon, où on recense 122 mm de pluie, dont 90 mm en une heure, un record. Le quartier du Pont de Las a particulièrement souffert, avec des centaines de logements et caves inondés et des voitures immergées. L’école des Œillets, seul établissement touché, rouvrira ses portes jeudi. Le rez-de-chaussée du centre Mayol n’a pas pu ouvrir, de nombreuses boutiques ayant subi des dégâts.

    Dans la même zone, le match entre le RC Toulon et La Rochelle a dû être annulé, malgré la décision originelle de la Préfecture de le maintenir. Les 13 000 supporters présents au stade Mayol ont été évacués sans incident, mais non sans colère : « La Préfecture nous a rassuré quant aux conditions de sécurité, alors que le match aurait dû être annulé bien avant,. C’est de l’inconscience et de la mise en danger de la vie d’autrui ! », pestait notamment Frédéric, venu de Draguignan, ville plutôt épargnée, à l’image du centre-Var dans son ensemble. Au total, six secteurs ont fait l’objet, tout au long de la journée, d’opérations de recherche, d’assistance et de pompage sur les communes de La Garde (où le plafond de l’EHPAD du Mas de Senes s’est effondré) – La Valette ; La Seyne – Ollioules ; Saint-Cyr – Evenos – Le Beausset ; Sanary – Six-Fours ; Toulon et Toulon Ouest. Plusieurs communes ont ainsi déclenché le plan communal de sauvegarde (Toulon, La Farlède, La Valette-du-Var, La Garde).

    Le Haut-Var et le massif de la Sainte-Baume ont aussi subi d’importants cumuls, avec 136 mm à Signes, 95 mm à Saint-Maximin et 96 mm à Varages. Mais c’est au Castellet qu’on a déploré les plus fortes quantités de pluie, avec 148 mm, dont 127 mm en trois heures, records absolus. Le réseau de défense incendie est notamment impacté.

    En conséquence, le préfet a décidé d’enclencher la procédure accélérée de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ce lundi.

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    « Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole «Ensemble pour la paix» quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Révol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé» d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    Allegret-Pilot décroche le drapeau en pleine nuit

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit. Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : «Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau.

    « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », «islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : « Qu’on le brûle ». Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire ».

  • Des symboles et des actes

    Des symboles et des actes

    La reconnaissance de l’État palestinien bien que tardive, résonne dans le monde comme un signal majeur. Elle vient réparer une injustice de plusieurs décennies : les Palestiniens ont le droit d’avoir un État.

    C’est une défaite pour tous ceux qui leur dénient ce droit et pire, qui nient leur humanité en étant responsables ou complices des atrocités que les institutions internationales qualifient de génocide à Gaza.

    Néanmoins, au-delà du symbole, rendu possible par la France et plusieurs de ses alliés, ce sont des actes qui sont nécessaires pour faire taire les armes, secourir la population civile et faire respecter le droit international.

    Dans la société israélienne, traumatisée par le 7 octobre, l’extrême droite messianique et suprémaciste a marqué des points mais des forces nombreuses souhaitent l’arrêt du carnage et une solution à deux États.

    Solidarité entre les peuples

    Cette solution, urgente s’il en est, passe par l’arrêt de la guerre à Gaza et la décolonisation des territoires occupés. Pour cela, la communauté internationale a un rôle indispensable à jouer, la solidarité des sociétés civiles et la diplomatie décentralisée aussi.

    En choisissant ce jour pour sceller son jumelage avec Bethléem, Marseille a su dépasser les polémiques inutiles sur le pavoisement des mairies. Bien sûr le symbole est important, mais dans une situation aussi dramatique que celle du Proche-Orient ce sont là aussi les actes de coopération qui comptent. « Actibus immensis urbs fulget Massiliensis », oui sans nul doute, avec cette décision, « Marseille resplendit par ses hauts faits ».

  • Martigues demande des actes pour la Palestine

    Martigues demande des actes pour la Palestine

    Keffiehs, drapeaux, t-shirt orné d’une carte de son territoire, pendentifs… La Palestine était partout sur le parvis de l’hôtel de ville de Martigues ce lundi 22 septembre, quelques heures avant sa reconnaissance officielle par la France. « Cet acte, que nous attendions et que nous exigions depuis tant d’années, constitue une étape importante pour la justice et pour la paix au Proche-Orient, affirme le maire (PCF) Gaby Charroux devant une centaine de personnes. Il vient reconnaître les droits fondamentaux du peuple palestinien, bafoués depuis trop longtemps au mépris du droit international et de la dignité humaine. »

    Pour Thierry Louchon, président du collectif Solidarité Palestine, cette reconnaissance est « un symbole important » mais tardif. « Le parlement français l’avait voté en 2014, donc ça fait 11 ans quand même », note-t-il.

    Un drapeau à la main, Dahbia Lariche assène : « Ce n’est pas suffisant. Ils sont en train de reconnaître un cimetière ». La Martégale, qui a participé à la marche au Caire puis à la mobilisation au pied du Parlement européen à Bruxelles, aurait souhaité voir cette reconnaissance arriver plus tôt, elle qui a vu, en Égypte, « des familles palestiniennes avec des enfants sans bras, sans jambe, qui n’ont le droit de rien faire, ni de travailler, ni de se faire soigner, qui sont en prison, il y a juste les bombes qui ne leur tombent pas dessus ».

    Poursuivre la démarche

    Le mouvement de la paix a envoyé des propositions au président de la République au 17 septembre, l’appelant à « demander une assemblée générale exceptionnelle des Nations unies pour exiger un cessez-le-feu immédiat et le retrait de l’armée israélienne, faire entrer l’aide humanitaire abondamment, appeler tous les États à adopter des sanctions globales, un vrai embargo militaire, réactiver les mécanismes anti-apartheid qui avaient été mis en place contre l’Afrique du Sud, mandater une force de protection armée multinationale de l’ONU afin de protéger les civils », énumère la présidente de la section locale Élisabeth Grand.

    Martigues, comme sa voisine Port-de-Bouc et plus de 80 autres communes à travers la France selon un décompte communiqué par le ministère de l’Intérieur, affiche le drapeau palestinien devant sa mairie. Vendredi, Bruno Retailleau avait demandé aux préfets d’interdire ces pavoisements au nom de la neutralité du service public et de déférer les villes qui contreviendraient à cet ordre devant le tribunal administratif. Gaby Charroux dénonce avec fermeté ces « pressions et intimidations ». « Cela est indigne, cela est grave et cela constitue une atteinte directe à la liberté des collectivités locales, à la démocratie et à la cohérence même de la position française. (…) La solidarité n’est pas un délit. L’engagement pour la paix n’est pas une provocation. »

  • Marseille jumelée à Bethléem, un nom qui « résonne dans tous les cœurs »

    Marseille jumelée à Bethléem, un nom qui « résonne dans tous les cœurs »

    La municipalité de Marseille a choisi d’aller au-delà de la symbolique des drapeaux. Alors que la France a reconnu l’État palestinien à l’ONU, Benoît Payan a annoncé lundi le jumelage de Marseille avec Bethléem. L’initiative préparée avec le Quai d’Orsay, a été engagée depuis quatorze mois, expliquait la première adjointe (EELV) Michèle Rubirola en conseil municipal le 20 juin. Une semaine plus tôt, le maire avait révélé être en discussion avancées avec deux communes palestiniennes.

    « Je suis particulièrement fier que Marseille et Bethléem deviennent des villes sœurs », indique le maire de Marseille dans un communiqué rappelant l’engagement de la ville pour la paix et une solution à deux états « seule à même de garantir une résolution pacifique et durable du conflit ». À travers ce jumelage, « Marseille dit haut et fort au peuple palestinien : vous n’êtes pas seuls. Marseille est une ville de dialogue, de diversité et de vivre-ensemble. Ce lien avec Bethléem sera un pont entre nos habitants, nos étudiants, nos artistes, nos cultures », justifie-t-il encore.

    « Magnifique initiative de notre maire qui choisit de jumeler Marseille avec Bethléem, ville ô combien meurtrie par l’histoire et les épreuves », a réagit le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi. « Par ce geste fort et symbolique, il unit nos destins pour toujours. Quelle fierté d’être marseillais ! »

    Ce partenariat officiel s’inscrit dans la tradition d’ouverture de la deuxième ville de France, déjà jumelée notamment avec la ville israélienne d’Haïfa. La démarche se lit aussi dans une posture d’équilibre alors que depuis des mois Benoît Payan, pressé par des collectifs palestiniens et des élus de gauche, refuse de rompre le jumelage avec cette dernière.

    Dans la nuit de dimanche à lundi, des insoumis en lien avec le collectif les bazoukeuses, ont d’ailleurs projeté des drapeaux palestiniens sur la façade de l’hôtel de ville, dénonçant « le silence et l’inaction de Benoît Payan face au gouvernement d’extrême droite israélien ».

    Par trois fois, le conseil municipal avait pourtant approuvé des subventions, pour un montant total de 260 000 euros, en faveur de l’Unrwa puis de l’Unicef, la dernière le 20 juin dernier. « Nous n’avons pas le droit de nous taire ni de fermer les yeux », assénait alors le maire à son opposition de droite qui refusait de soutenir la subvention pour les enfants de Gaza.

    La droite crie « au calcul politique »

    La droite qui dénonçait alors ce projet et l’accusait de « fracturer Marseille », se trouve gênée aux entournures. Car Bethléem reste une ville emblématique et singulière. Connue comme le lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, elle abrite aujourd’hui une population majoritairement palestinienne musulmane.

    « Bethléem est une ville dont le nom résonne dans tous les cœurs », insiste d’ailleurs Benoît Payan. Alors, le groupe Une volonté pour Marseille attaque « une décision de jumelage prématurée, provocatrice et irresponsable », et dénonce le « coup de communication d’ampleur » d’un « apprenti sorcier » qui n’est que « calcul politique et manipulation ».

    Et d’apprécier plutôt la vingtaine de drapeaux tricolores pavoisant l’hôtel de Région, hissés lundi en réaction aux drapeaux palestiniens installés sur plusieurs mairies en France. « Certains, par calcul politique, voudraient nous manipuler, et nous faire oublier que la France et la République sont notre destin commun. J’ai souhaité que nous affirmions la fierté de notre pays, de notre République, de nos valeurs et de notre drapeau », martèle le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier.

    Au même moment, Éric Le Dissès, le maire d’extrême droite de Marignane, déployait lui aussi ses drapeaux français et un portrait de Marianne en pleurs, sur la façade de sa mairie…