Author: tecnavia

  • Un beau moment festif pour le banquet des anciens qui a réuni 284 convives au Rove

    Un beau moment festif pour le banquet des anciens qui a réuni 284 convives au Rove

    La municipalité a offert ce samedi son traditionnel banquet de fin d’année dédié aux anciens, réunissant 284 convives pour une journée placée sous le signe de la convivialité et du partage. Le champagne et le beaujolais nouveau ont, quant à eux, été offerts par le comité des fêtes, partenaire de l’événement.

    Entouré d’élus et de bénévoles du comité et de son président Marc Vecchioni mais aussi de la présidente de l’Omas Marie-Jeanne Aurignac, le maire Paul Sabatino a salué l’engagement de toutes celles et ceux qui contribuent plusieurs fois par an à la réussite de ce rendez-vous incontournable. « C’est Noël avant l’heure », a-t-il souligné, rappelant que cette manifestation marque le lancement des festivités de décembre pour l’ensemble des Rovenaines et des Rovenains.

    Avant le service de l’apéritif, l’édile a pris soin de saluer personnellement chaque table, souhaitant un bon appétit aux participants, qui l’ont accueilli avec chaleur. Les convives ont ensuite dégusté un repas de gala élaboré par les chefs Olivier, Brayan, Daniel et Jean-Claude, et servi par les bénévoles mobilisés pour l’occasion avec pour « chef d’orchestre », Viviane Rosso. L’organisation a été parfaite comme à l’accoutumée. L’ambiance s’est prolongée sur la piste de danse, animée par un orchestre de variétés, pour le plus grand plaisir des participants.

    À l’issue du banquet, le maire s’est rendu à Marseille afin de participer à la marche blanche en hommage au jeune Mehdi Kessaci, aux côtés d’élus et de nombreuses personnalités.

  • La villa Val fleuri, de l’habitat bastidaire au logement social

    La villa Val fleuri, de l’habitat bastidaire au logement social

    Si l’on n’a que très peu d’éléments sur son histoire, son avenir est désormais tracé. Après des années dans le giron d’une famille de la grande bourgeoisie, les propriétaires de cette bastide du XIXe siècle avaient découpé la belle bastide en 21 studettes qui commençaient à très sérieusement se décrépir.

    Pour éviter la perte de ce superbe bâtiment patrimonial, la commune en a fait l’acquisition en 2019 pour un montant de 1,8 million d’euros dont la moitié subventionnée par le Département. À l’origine prévue pour accueil de loisirs, le projet a dû être réorienté. « Ce projet aurait généré 50 000 euros de masse salariale supplémentaire avec la création d’une cuisine satellite de plus », a justifié André Molino, maire (PCF) de Septèmes-les-Vallons, précisant : « Une autre solution proche du groupe scolaire sera trouvée pour améliorer les conditions de l’accueil de loisirs du centre social. » Après 1,4 million d’euros de travaux, dans son écrin boisé de platanes centenaires, la villa Val fleuri et ses neuf logements sociaux, du studio au T3, dont un en PMR, doivent accueillir leurs nouveaux locataires dans un mois… et générer des recettes pour la Ville.

    Bio-sourcé

    La teinte ocre de l’enduit à la chaux a été recopiée sur une ancienne photo. Les enjambes de 1830 sous charpente ont retrouvé le bel éclat du chêne, les tomettes au sol, les carreaux ciment ont été décapés. Et pour un confort plus moderne et respectueux de l’environnement, les doubles vitrages en boiserie et des brasseurs d’air ont été installés dans chacun des appartements et le chauffage collectif est fourni par une pompe à chaleur. Pour la réalisation des travaux de rénovation, le cabinet BAG architectes « a conservé autant que possible les matériaux d’origine. Le reste est bio-sourcé », explique Perrine Bernard. Les tuiles plates de deux pans de toiture ont été réutilisées pour la construction du local à poubelles. « Pour les volets, il y avait tellement de couches de peinture au plomb que leur état n’a pas supporté le décapage. On a refait des persiennes », précise Guillaume Garin. Les architectes ont décroché le label BDM (bâtiment durable méditerranéen). Des trois premiers locataires venus visiter hier, aucun n’a décliné l’offre.

  • Ces militants dénoncent l’usage de l’arme nucléaire

    Ces militants dénoncent l’usage de l’arme nucléaire

    Les mines sont graves dans une salle de la mairie de Marseille plus habituée à accueillir des mariages que des échanges sur l’arme nucléaire. En cette journée solennelle, la délégation des Bouches-du-Rhône du Mouvement de la paix et les deux élus recevaient des invités exceptionnels : des représentants du Nihon Hidankyo (confédération japonaise des organisations des survivants des bombes A et H, Prix Nobel de la paix 2024) et du Gensuikyo (organisation pour l’interdiction de l’arme nucléaire). Ces derniers sont présents dans le sud de la France depuis le 19 novembre.

    Les militants de ces structures dénoncent la remilitarisation et l’usage des armes nucléaires. Dans ce cadre, ils mettent notamment en avant un outil : le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian). à l’heure actuelle, 74 États l’ont ratifié. Les représentants du Nihon Hidankyo et du Gensuikyo se sont scindés en deux groupes pour échanger avec des acteurs locaux : l’un pour l’Occitanie et l’autre pour Paca.

    « Lutter pour la mémoire »

    Michèle Rubirola et Jean-Marc Coppola partagent le sentiment des organisations venues les rencontrer. Le contexte de remilitarisation globale est inquiétant, l’élu communiste s’en alarme : « Personne n’aurait imaginé que le XXIe siècle voit autant de conflits. » Et de s’adresser aux délégations japonaises : « Je veux réaffirmer notre solidarité avec vos initiatives pour porter un message de paix et de non-violence. »

    De son côté, l’édile écologiste observe que « les villes sont devenues des acteurs de paix. Elles sont des espaces où la santé publique, les questions climatiques, la qualité de vie et les solidarités sont à l’œuvre : les armes nucléaires sont l’opposé de tout ça. »

    Emiko Honma, 75 ans, est « Hibakusha », à savoir survivante de deuxième génération de la bombe d’Hiroshima. Sa mère a été exposée aux radiations pendant l’explosion du 6 août 1945. Née en 1950, Emiko n’entendra jamais celle-ci parler ni de la catastrophe, ni de son irradiation.

    Les « Hibakushas » et leurs familles ont longtemps subi le rejet de la population japonaise. Aujourd’hui, la septuagénaire milite pour que son histoire ne tombe pas dans l’oubli : « La bombe ne cause pas seulement des tragédies au moment de l’explosion, elle cause la souffrance des survivants qui ont souffert de leurs maladies et de ne pas avoir pu aider ceux qui les entouraient. » Militante depuis 12 ans au sein de Nihon Hidankyo, elle s’enthousiasme : « Le Prix Nobel de 2024 nous encourage à partager notre histoire et notre expérience avec toutes les générations. » Avant de conclure, laconique : « Si un pays utilise les armes nucléaires, un autre en fera aussi usage et la terre sera détruite. »

  • À Aix, associations et collectifs se mobilisent aussi contre les violences faites aux femmes

    À Aix, associations et collectifs se mobilisent aussi contre les violences faites aux femmes

    À l’occasion de la journée de sensibilisation à l’égard des violences faites aux femmes, deux événements majeurs sont organisés sur Aix. À commencer par un colloque transversal, organisé par l’association VFF et l’Université, au Cube, (campus Robert-Schuman), de 9h, jusqu’à 16h, ponctué de diverses interventions et ateliers. Sur ce lieu culturel, la journée démarrera par une conférence sur le consentement, dans laquelle Isabelle Chaume de la Ligue des Droits de l’Homme interviendra. La conférence sera suivie, à 14h, de la pièce On brûle de dire, créée par Compagnie La Champignonière pour mettre en lumière les violences incestueuses. En soirée, dès 17h30 c’est la Mareschale (avenue de Tübingen), qui accueille une soirée dédiée aux femmes en exil avec « Exkiz Poupées », une performance en collaboration avec Le Relais des Possibles et la compagnie pluridisciplinaire ThéZart et l’exposition itinérante « L’atelier des femmes fortes », réalisée par 15 femmes exilées accompagnées par la photographe Fatoumata Diabaté et La Cimade. Suivra la lecture théâtralisée de Fragments de Femmes, inspirée de la pièce Baraî Cham Ast, portée par la compagnie amateure On Verra ça Demain. Les deux événements sont gratuits, les liens d’inscriptions sont à retrouver sur le site Aix ma Ville, ou le détail des manifestations est également annoncé.

  • Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Perturbations à venir ce mardi du côté des agents de sûreté à l’aéroport de Marignane. Deux syndicats, CGT et CFDT, organisent un rassemblement dans le terminal 1 doublé d’un appel à la grève. Le tout répondant à une colère sociale des salariés pour une multitude de problématiques, allant du chauffage sur les lieux de travail à des questions d’accords d’entreprise. « On demande l’application des accords d’entreprise pour tous les salariés. Certains y dérogeraient, notamment les nouveaux entrants, et n’ont pas un week-end sur deux de repos », campe Jean-Marc Cortiana, délégué syndical CGT de l’entreprise ICTS, qui assure la sûreté à l’aéroport Marseille-Provence. Alain de Gennaro, pour la CFDT ICTS, dénonce aussi « des salariés qui travaillent dans le froid notamment sur le terminal 2 ».

    Autre « point d’achoppement » avec la direction : le recrutement à venir de plusieurs CDI alors que « plusieurs salariés, actuellement en temps partiel, souhaitent passer en temps plein ». « On demande simplement l’application de la loi sur le sujet », insistent Jean-Marc Cortiana et Alain de Gennaro, d’une même voix.

    Les deux organisations syndicales ont aussi dans le viseur une revalorisation salariale au regard des résultats de l’aéroport : une prime de 1 000 euros pour la CFDT quand la CGT revendique une hausse globale des salaires ainsi qu’un élargissement de la prime d’ancienneté au-delà de 15 ans. Contacté, l’aéroport assure qu’ils bénéficient des mêmes températures que les voyageurs, du chauffage l’hiver comme de la climatisation l’été. Et explique qu’il y a des mesures spécifiques mises en place pour ceux officiant sur le terminal 2.

  • Le four de la tuilerie Monier et ses 52 emplois vont s’éteindre

    Le four de la tuilerie Monier et ses 52 emplois vont s’éteindre

    Dans cette usine de 60 000 m² fondée en 1875, une cinquantaine de salariés a fabriqué, autour de chaînes aujourd’hui automatisées, jusqu’à 25 millions de tuiles par an. Une production en 3×8, puisque le four à gaz, tunnel de 107 mètres de long, ne doit jamais s’éteindre. Mais un plan social a soufflé sur la flamme de l’activité de la dernière des tuileries marseillaises.

    La célèbre tuile rouge marseillaise poinçonnée d’une abeille a fait le tour du monde. On la retrouve protégeant les toits de plus d’un port, en Méditerranée et au-delà. Pour que les bateaux de fret ne partent pas les cales vides, on les lestait des tuiles de Saint-André, qu’on déchargeait avant d’emmagasiner les produits d’importation. Elles étaient façonnées avec l’argile extraite de la colline, réputée d’une grande qualité. Mais après plusieurs tassements de terrain, notamment l’effondrement du cinéma de Grand Littoral en 1996, l’exploitation des sols a été mise à l’arrêt. D’autres sites ont fourni l’argile, Puyloubier au pied de la Sainte Victoire pour 80% et 20% étant acheminés d’Espagne. L’usine a progressivement perdu en compétitivité et, vieillissante, elle a manqué d’investissements

    « Un crève-cœur »

    « Elle n’est plus rentable », a estimé le groupe BMI. La tuile de Saint-André termine donc sa route dans un plan social (PSE) signé jeudi 20 novembre, après deux jours de grève. La tuile de Marseille coûte « deux fois plus cher à produire qu’à l’usine automatisée de Limoux », reconnaît Farid Samba, délégué CGT du site. Et depuis 2023, les salariés subissent un à deux mois de chômage partiel par an. L’accord arraché par les syndicats par la grève prévoit : des reclassements internes, un budget de formation à hauteur de 13 000 euros par salarié et 2 000 euros supplémentaires pour les personnels âgés ou handicapés. Au-delà des indemnités réglementaires prévues par la convention « tuile et brique », ils ont obtenu des indemnités supralégales. « Mais ça reste un crève-cœur », regrette avec amertume le syndicaliste. La tuilerie de Saint-André était la dernière fabrique de terre cuite du Sud-Est, perpétuant une tradition héritée de l’artisanat du début du XIXe siècle. « La plupart des salariés habitent à l’Estaque ou Saint-André. C’est aussi tout le tissu social, les sociétés et les sous-traitants autour, qui se retrouve impacté. »

    Monier France est la deuxième plus importante filiale d’un groupe mondial expert de la toiture. Après son transfert d’activité dans l’Aude, la tuilerie sera démantelée, a indiqué BMI. Sur l’ancien domaine Château Foresta, avec la fin de l’exploitation des gisements d’argile du bassin de Séon, c’est encore une page de 150 ans d’histoire industrielle qui se tourne. Reste à savoir quel avenir se dessine sous les lettres capitales Marseille.

  • Autour de Baumettes 3, des voisins inquiets

    Autour de Baumettes 3, des voisins inquiets

    Très attendue par l’administration pénitentiaire, la sortie de terre de Baumettes 3 (B3) ne fait pas que des heureux. Alors que les détenus sont en cours de transfert pour désengorger des cellules remplies à 208%, les riverains du nouvel établissement s’inquiètent des conséquences sur leur vie quotidienne. « On a été échaudé par l’ouverture de Baumettes 2, il y a eu tellement de problèmes que cette fois-ci l’Apij [Agence publique pour l’immobilier de la justice, Ndlr] a fait les choses correctement, il y a eu des préconisations et certaines ont été respectées. Mais sur d’autres j’ai des interrogations », alerte Éliane Gastaud, coordinatrice du collectif des voisins des Baumettes.

    D’abord, la vue. « On a obtenu l’installation d’un pare-vue qui part des garages puis quand on arrive au bâtiment des prisons, plus rien du tout », décrit-elle. Une trentaine de riverains « ont une vue imparable sur les bâtiments de détention », selon cette dernière. Et de craindre que les visiteurs ne grimpent sur les clôtures des maisons pour des parloirs sauvages.

    Des brouilleurs

    trop efficaces ?

    Côté cellules, des fenêtres équipées « d’oreilles », des espèces « de coques remplies de matériel isolant », permettent d’isoler les détenus au niveau visuel et auditif. En théorie. « On ne sait pas encore quelle va être leur efficacité », nuance Éliane Gastaud, qui rappelle que les bâtiments de Baumettes 3 sont disposés face à face, « à très peu de distance », de quoi encourager, selon elle, les conversations.

    Autre source de nuisances, la lumière. Avec un éclairage jour et nuit, une lumière « extrêmement puissante », confirme Éliane Gastaud, pour assurer la sécurité des agents pénitentiaires qui entrent dans la prison. Résultat : « À Beauvallon, la nuit, on voit comme en plein jour dans le salon », explique-t-elle. Et trouver une solution ne va pas être chose aisée. Même si les contacts sont « très bons avec le directeur actuel des Baumettes », reconnaît-elle, « il y a des préconisations avec des normes édictées par le ministère de la Justice ».

    Qui dit 740 places supplémentaires, dit aussi plus de visiteurs. « Et il n’y a déjà pas beaucoup de places de stationnements », rappelle Éliane Gastaud, et côté transports en commun « une seule ligne de bus ». Quant à la mobilité douce, « les pistes cyclables se sont transformées en parking ». Vient enfin la question ardue des brouilleurs pour empêcher les communications depuis les cellules et les livraisons illicites par drones. Un marché à 24 millions d’euros hors taxe, dont 8 millions dévolus à l’équipement de B3, a été passé en juin, demandant au prestataire d’éviter les « perturbations ou débordements à l’extérieur » des zones concernées. Le chantier serait finalisé en mars. Mais depuis la mise en place du système en 2021 à Baumettes 2, les habitants des maisons autour sont déjà obligés de recourir au Wifi pour téléphoner. « Pour B3, c’est tout le centre de Beauvallon situé à 100 m qui est concerné », s’inquiète Éliane Gastaud. Et de promettre de remettre l’ouvrage sur le métier au cours des réunions régulières organisées par l’Apij.

  • Violences faites aux femmes : à Martigues, une semaine pour sensibiliser

    Violences faites aux femmes : à Martigues, une semaine pour sensibiliser

    Il y a des rendez-vous qu’on préférerait voir disparaître. C’est le cas de la semaine dédiée à l’élimination des violences faites aux femmes, qui marque chaque année la fin du mois de novembre dans les communes membres du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD) – Martigues, Port-de-Bouc Châteauneuf-les-Martigues et Saint-Mitre-les-Remparts.

    Car les chiffres sont alarmants. L’an passé, le nombre de féminicides a augmenté de 11%, passant de 96 victimes en 2023 à 107 en 2024. La région Sud, avec 20 féminicides recensés dont 6 dans les Bouches-du-Rhône, demeure la plus touchée. « Et notre commune, Martigues a elle-même été marquée par un tel drame cette année », rappelle le maire (PCF) Gaby Charroux. En effet, dimanche 3 août dernier, Sylvia Iannello, rouée de coups par son compagnon, décédait à son domicile à l’âge de 43 ans.

    Ce fléau n’est pas « inéluctable », affirme l’édile, qui pointe la responsabilité de l’État, des institutions et des collectivités territoriales, mais aussi la responsabilité citoyenne. Pour donner de la visibilité aux actions menées au quotidien par les associations et les acteurs locaux, la Ville et ses partenaires du CISPD ont construit un programme riche et ambitieux.

    Aller vers

    Jeudi, le van Nina Simone du CIDFF PACA sera stationné au marché de Jonquières puis devant le centre social du Mas de Pouane pour aller au-devant de celles qui n’osent pas franchir une porte ou demander de l’aide. Rebecca Guyot-Kaboré, la conductrice du véhicule, explique : « Ma mission est de sillonner le territoire pour sensibiliser les publics à l’égalité entre les femmes et les hommes et d’orienter les victimes vers les partenaires adaptés si elles se présentent à moi. La lutte contre les violences faites aux femmes est vraiment un enjeu sociétal et de santé publique. L’aller vers est indispensable. »

    Des actions de sensibilisation auprès des jeunes, des temps d’échanges et des expositions sont également proposées. Le film Black box diaries sera par exemple projeté ce mardi à La Cascade devant des lycéens. La population pourra se retrouver vendredi soir à 19h au centre social Jacques Meli pour discuter. Une exposition conçue comme un outil pour comprendre les mécanismes de violence au sein du couple est également visible au sein de l’hôtel de ville jusqu’au 28 novembre. Le programme complet est à retrouver sur le site de la Ville.

  • Violences faites aux femmes, la lutte totale

    Violences faites aux femmes, la lutte totale

    Cinq titres et 78 articles pour investir de A à Z la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Après avoir réuni, en janvier, des parlementaires de tous bords (à l’exception de l’extrême droite), pour créer une coalition transpartisane, Céline Thiébault-Martinez, députée socialiste de Seine-et-Marne, a présenté, ce lundi 24 novembre à l’Assemblée nationale, une loi « intégrale » pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Intégrale pour signifier « solennellement qu’il faut en finir avec le pointillisme législatif », a précisé l’élue.

    L’idée : traduire en « feuille de route » les 140 propositions émises en octobre 2024 par une soixantaine d’associations féministes, a-t-elle rappelé. « On ne peut pas se contenter de répondre uniquement par la répression », estime Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes. « Ça suffit les mesurettes, les petites formules », a enchaîné Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, « fière » de ce travail « collectif » accompli face à l’urgence. « En 2024, 94% des plaintes pour viol ont été classées sans suite », a-t-elle rappelé. Des plaintes qui depuis le lancement du mouvement Metoo, il y a 9 ans, ont été multipliées par 3, ajoute-t-elle.

    Justice, enfance, cyberviolences, travail, santé… Concrètement, le texte s’appuie sur de grands chapitres avec de nombreux leviers d’actions. D’abord, renforcer l’arsenal judiciaire. Pour « combler les angles morts du droit » et assurer correctement l’ensemble « du parcours judiciaire des victimes, du dépôt de plaintes jusqu’aux tribunaux », explique Céline Thiébault-Martinez. En supprimant notamment les cours criminelles départementales pour retourner à la cour d’assises, en inscrivant noir sur blanc que le « devoir conjugal » n’existe pas ou en élargissant la possibilité pour les associations de se constituer partie civile.

    Nombre d’articles se concentrent sur le volet « enfance ». Avec pas moins de 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année selon la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), c’est une véritable « chappe de plomb » qu’il faut lever en mettant le focus sur la prévention et les soins, explique Arnaud Bonnet, député écologiste.

    L’interdiction du mariage forcé et des mutilations sexuelles inscrite dans le Code pénal, la formation des professionnels de santé pour mettre fin aux VOG (violences obstétricales et gynécologiques), la réglementation de l’espace numérique et une meilleure prévention au travail quand il peut s’agir d’un « lieu de prédation mais aussi un lieu pour s’en sortir », indique Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale activité femmes-mixité à la CGT, sont aussi prises en compte.

    Aurore Bergé dégaine

    sa « loi-cadre »

    Relevant qu’il est peu probable qu’une proposition de loi de cette ampleur soit inscrite à l’ordre du jour, Céline Thiébault-Martinez espère que certains articles seront repris dans des propositions de loi de groupes, dans leurs niches parlementaires, ou par le gouvernement. C’était sans compter avec la ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes Aurore Bergé qui, dans un entretien accordé à l’AFP, a annoncé dans la foulée de la conférence de presse de la députée socialiste que… la future loi-cadre sur les violences faites aux femmes était « prête ». Comportant 53 mesures visant à « mieux former, mieux détecter, mieux prévenir et mieux sanctionner », le texte devrait être inscrit à l’ordre du jour parlementaire « dès que cela sera possible », a affirmé la ministre déléguée.

    Quel que soit le texte qui aboutira, la question des moyens reste entière. Comme l’a souligné la syndicaliste CGT durant la présentation collective de la première proposition, le contexte actuel est celui de l’austérité, « avec des subventions aux associations qui se réduisent. » Le coût de ses mesures est estimé à 3 milliards d’euros. Des crédits que les associations, toujours en mode combat, n’ont de cesse d’arracher. « Nous l’avons appris de nos aînées, la meilleure des manières de ne pas reculer c’est de continuer à avancer », assène Anne-Cécile Mailfert.

  • Question de vie ou de mort

    Question de vie ou de mort

    Terrible constat : selon les derniers chiffres officiels publiés jeudi par la Mission interministérielle pour la protection des femmes, le nombre de féminicides conjugaux a augmenté de 11% entre 2023 et 2024, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Alors que l’année 2025 n’est pas encore achevée, les associations féministes ont déjà dénombré 151 femmes ou filles tuées dans un contexte de violence misogyne.

    Ce n’est pas une addition de drames isolés, mais un fait social, le reflet de la violence que notre société laisse s’exprimer à l’égard des femmes.

    2,6 milliards

    C’est dans ce contexte, à la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qu’une proposition de loi transpartisane a été présentée à l’Assemblée nationale. En réponse, la ministre chargée du dossier, Aurore Bergé, a annoncé de son côté un projet de loi-cadre sans être en mesure de préciser une date pour son examen ni de chiffrer son financement.

    Comme toujours, c’est là que le bât blesse. Pourquoi ce qu’il a été possible de faire dans une Espagne profondément marquée par le patriarcat, n’est pas possible en France ? De l’autre côté des Pyrénées, une loi-cadre dotée de financements conséquents a permis de faire reculer de 35% les féminicides.

    Oui, mettre les moyens pour protéger les femmes est une question de vie ou de mort.

    La Fondation des femmes estime à 2,6 milliards par an le budget minimum que l’État devrait consacrer
    à la protection des victimes de violences conjugales, sexistes et sexuelles en France, « soit 0,5% du budget de l’État ». Aux actes !