Author: tecnavia

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • Agression d’une Atsem à l’école Campagne Lévêque à Marseille

    Agression d’une Atsem à l’école Campagne Lévêque à Marseille

    « Elle a été violemment attaquée aux abords de l’école, alors qu’elle s’y rendait », relate Patrick Rué, secrétaire général FO Territoriaux de la Ville de Marseille. Son organisation tire la sonnette d’alarme suite à une agression d’une Atsem, ce mardi matin, à l’école Saint-Louis Campagne Lévêque (15e arrondissement). Le syndicaliste affirme qu’elle a « reçu de nombreux coups violents » et pointe la gravité de l’agression.

    Contacté, le bataillon des marins-pompiers a confirmé l’intervention de ses services, tôt dans la matinée, et explique que l’agente d’une quarantaine d’années a été transportée aux urgences « pour des douleurs au visage et au dos ».

    « La police municipale a été prévenue quelques minutes après l’agression. Une fois sur place, nous constatons la hauteur de l’agression subie par cette personnelle de la Ville. Nous lui apportons notre soutien total, plein et entier », réagit Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité et de la police municipale. Il précise qu’un dépôt de plainte « au nom de la Ville » va être réalisé prochainement. « Nous avons dépêché un équipage de police municipale qui restera autant que nécessaire pour assurer la sécurité devant l’école », développe l’adjoint. « L’agente a été prise en charge, elle a été très choquée. Nous prévoyons un accompagnement psychologique et une cellule psychologique pour les autres agents de l’établissement », conclut-il.

    Le maire de la ville, Benoît Payan, a également réagi sur les réseaux sociaux : « Cette agression est révoltante et je veux dire toute ma solidarité à cette victime qui ne faisait qu’exercer son métier. Je suis à ses côtés et aux côtés de toute l’équipe ». Il s’est également entretenu directement avec l’agente pour lui réaffirmer son soutien, dans la journée.

  • Agression d’une Atsem à l’école Campagne Lévêque à Marseille

    « Elle a été violemment attaquée aux abords de l’école, alors qu’elle s’y rendait », relate Patrick Rué, secrétaire général FO Territoriaux de la Ville de Marseille. Son organisation tire la sonnette d’alarme suite à une agression d’une Atsem, ce mardi matin, à l’école Saint-Louis Campagne Lévêque (15e arrondissement). Le syndicaliste affirme qu’elle a « reçu de nombreux coups violents » et pointe la gravité de l’agression.

    Contacté, le bataillon des marins-pompiers a confirmé l’intervention de ses services, tôt dans la matinée, et explique que l’agente d’une quarantaine d’années a été transportée aux urgences « pour des douleurs au visage et au dos ».

    « La police municipale a été prévenue quelques minutes après l’agression. Une fois sur place, nous constatons la hauteur de l’agression subie par cette personnelle de la Ville. Nous lui apportons notre soutien total, plein et entier », réagit Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité et de la police municipale. Il précise qu’un dépôt de plainte « au nom de la Ville » va être réalisé prochainement. « Nous avons dépêché un équipage de police municipale qui restera autant que nécessaire pour assurer la sécurité devant l’école », développe l’adjoint. « L’agente a été prise en charge, elle a été très choquée. Nous prévoyons un accompagnement psychologique et une cellule psychologique pour les autres agents de l’établissement », conclut-il.

    Le maire de la ville, Benoît Payan, a également réagi sur les réseaux sociaux : « Cette agression est révoltante et je veux dire toute ma solidarité à cette victime qui ne faisait qu’exercer son métier. Je suis à ses côtés et aux côtés de toute l’équipe ». Il s’est également entretenu directement avec l’agente pour lui réaffirmer son soutien, dans la journée.

  • La macronie au bord de l’implosion

    La macronie au bord de l’implosion

    Dissolution, démission et présidentielle anticipée… De tout bord, les mots d’ordre ont fusé alors que Sébastien Lecornu tentait mardi de « définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Sans surprise, le premier ministre démissionnaire s’est tourné vers la droite et son socle commun. Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, présidents du Sénat et de l’Assemblée, Marc Fesneau, représentant François Bayrou, Gabriel Attal et Edouard Philippe ont été les premiers reçus.

    Méthode

    Les discussions ont porté sur « l’adoption d’un budget pour l’État et pour la sécurité sociale » et « l’avenir de la Nouvelle-Calédonie », selon un communiqué de Matignon à midi. « Un échange s’en est suivi sur l’urgence budgétaire et les paramètres d’un compromis possible avec les oppositions », indiquait le texte sans préciser la tonalité des échanges. Entre eux déjà, l’accord n’était pas majeur. Avant le rendez-vous, Marc Fesneau, le patron des députés Modem avait visé Gabriel Attal, très critique, la veille, vis-à-vis d’Emmanuel Macron dont il assure « ne plus comprendre » les décisions. Mardi, sa voix a encore dissoné. Sans aller jusqu’à se mêler à celle de « ceux qui appellent matin, midi et soir à la démission » du Président, il a plaidé une nouvelle méthode intégrant « un négociateur indépendant des partis ». L’idée ? Contourner la polarisation politique d’un Premier ministre désigné par Macron. On en rirait…

    Démission

    Dans la matinée, Edouard Philippe, Premier ministre de 2017 à 2020, a poussé plus loin encore la charge contre la figure tutélaire, en l’appelant le président de la République à « prendre l’initiative » et organiser une élection présidentielle anticipée, après l’adoption du budget. « Ce n’est pas une critique de l’homme, j’ai de l’estime pour lui. Mais face à l’affaissement et cette mise en cause de l’autorité de l’État, il doit prendre une décision à la hauteur », explique le président du parti Horizons, un des composants de la macronie.

    « La dissolution de l’Assemblée ne peut pas être la solution (…) Il faut un projet clair et partagé », justifie Paul Christophe, le patron des députés Horizons. Une « démission programmée » déjà mise sur la table par Hervé Morin, président des Centristes, et portée, la veille, par David Lisnard, le maire (LR) de Cannes.

    Cohabitation

    à rebours du socle commun, Bruno Retailleau, le président des Républicains n’était pas à Matignon le matin. Il a été reçu en tête à tête à 17h, une heure après Laurent Wauquiez, le chef des députés LR qui lui mène une fronde en interne, estimant que la sortie ayant entraîné la démission de Lecornu, a « abîmé l’image » de « stabilité et de responsabilité » du parti.

    Avant de s’y rendre, le ministre de l’Intérieur démissionnaire a planté le décor : « Nous participerons à une condition, que ce soit un gouvernement de cohabitation », a-t-il expliqué chez Europe 1 et CNews, assurant qu’« une page était tournée ». « La condition, c’est que le président ne gouverne plus », pousse son vice-président, François-Xavier Bellamy, écartant la nomination d’un macroniste à Matignon. « Les échanges ont été francs et constructifs » glissait l’entourage de Lecornu après le rendez-vous. Ni « un macroniste », ni « homme de gauche » a confirmé Retailleau au JT de France 2.

    Dissolution

    « Un Premier ministre de gauche serait extrêmement minoritaire à l’Assemblée », juge de son côté Aurore Bergé, la porte-parole démissionnaire du gouvernement alors que le PS sera reçu à Matignon ce matin. Mais « est-ce que ce bloc du centre et de la droite (…) est capable de réussir à continuer à s’entendre ? », questionne-t-elle aussi, lucide.

    Alors que son entourage indiquait le matin qu’il « prendra ses responsabilités » en cas d’échec de Lecornu, Emmanuel Macron a reçu dans l’après-midi Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, entretenant l’hypothèse d’une dissolution. La Constitution prévoit en effet que le chef de l’État consulte les présidents des deux chambres avant de dissoudre la représentation nationale…

    Retraite : une suspension de la réforme envisagée

    La ministre démissionnaire de l’Éducation et ancienne Première ministre Elisabeth Borne s’est dite mardi ouverte à une « suspension » de la très impopulaire réforme des retraites qu’elle avait fait adopter en 2023, dans une interview au Parisien. Affirmant qu’il « faut savoir écouter et bouger », elle a ajouté qu’il ne fallait pas en faire « un totem ». « La suspension de la réforme des retraites, c’était impossible il y a quelques jours encore, aujourd’hui ça devient possible », a confirmé Raphaël Glucksmann de Place publique au sortir de son entretien avec Sébastien Lecornu mardi soir, assurant que le Premier ministre démissionnaire avait « ouvert la porte » mais que cela demandait à être « précisé ».

    Cette « volte-face est un aveu : la réforme des retraites est un échec », a immédiatement réagi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. « Même Elisabeth Borne qui avait porté cette réforme ouvre aujourd’hui la voie à une suspension », a-t-elle affirmé dans une déclaration écrite envoyée à l’AFP, « Le chef de l’État ne peut plus se permettre de faire la sourde oreille ». « Le Président de la République doit maintenant choisir, a intimé Sophie Binet. S’il veut renouer avec toute forme de légitimité, il doit entendre, écouter, abroger. Cette réforme est rejetée par plus de 80% des Français, elle a mobilisé des millions dans la rue : elle ne peut survivre ».

    Bardella « prêt à tendre la main »

    Le parti d’extrême droite qui a décliné l’invitation de Lecornu, a multiplié mardi les demandes de dissolution. Persuadé que le « barrage républicain » de 2024 « est en train de prendre l’eau », Jordan Bardella, le président du RN, « probable » candidat, estime que son parti peut l’emporter lors « de potentielles élections », mais se dit quand même prêt à « tendre la main aux Républicains » ne souhaitant pas « se fondre dans le macronisme », pour « former une majorité si besoin ». « Une main pour nous étouffer » a réagi, Daniel Fasquelle, le vice-président des Républicains. Ch. C.

  • La macronie au bord de l’implosion

    Dissolution, démission et présidentielle anticipée… De tout bord, les mots d’ordre ont fusé alors que Sébastien Lecornu tentait mardi de « définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Sans surprise, le premier ministre démissionnaire s’est tourné vers la droite et son socle commun. Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, présidents du Sénat et de l’Assemblée, Marc Fesneau, représentant François Bayrou, Gabriel Attal et Edouard Philippe ont été les premiers reçus.

    Méthode

    Les discussions ont porté sur « l’adoption d’un budget pour l’État et pour la sécurité sociale » et « l’avenir de la Nouvelle-Calédonie », selon un communiqué de Matignon à midi. « Un échange s’en est suivi sur l’urgence budgétaire et les paramètres d’un compromis possible avec les oppositions », indiquait le texte sans préciser la tonalité des échanges. Entre eux déjà, l’accord n’était pas majeur. Avant le rendez-vous, Marc Fesneau, le patron des députés Modem avait visé Gabriel Attal, très critique, la veille, vis-à-vis d’Emmanuel Macron dont il assure « ne plus comprendre » les décisions. Mardi, sa voix a encore dissoné. Sans aller jusqu’à se mêler à celle de « ceux qui appellent matin, midi et soir à la démission » du Président, il a plaidé une nouvelle méthode intégrant « un négociateur indépendant des partis ». L’idée ? Contourner la polarisation politique d’un Premier ministre désigné par Macron. On en rirait…

    Démission

    Dans la matinée, Edouard Philippe, Premier ministre de 2017 à 2020, a poussé plus loin encore la charge contre la figure tutélaire, en l’appelant le président de la République à « prendre l’initiative » et organiser une élection présidentielle anticipée, après l’adoption du budget. « Ce n’est pas une critique de l’homme, j’ai de l’estime pour lui. Mais face à l’affaissement et cette mise en cause de l’autorité de l’État, il doit prendre une décision à la hauteur », explique le président du parti Horizons, un des composants de la macronie.

    « La dissolution de l’Assemblée ne peut pas être la solution (…) Il faut un projet clair et partagé », justifie Paul Christophe, le patron des députés Horizons. Une « démission programmée » déjà mise sur la table par Hervé Morin, président des Centristes, et portée, la veille, par David Lisnard, le maire (LR) de Cannes.

    Cohabitation

    à rebours du socle commun, Bruno Retailleau, le président des Républicains n’était pas à Matignon le matin. Il a été reçu en tête à tête à 17h, une heure après Laurent Wauquiez, le chef des députés LR qui lui mène une fronde en interne, estimant que la sortie ayant entraîné la démission de Lecornu, a « abîmé l’image » de « stabilité et de responsabilité » du parti.

    Avant de s’y rendre, le ministre de l’Intérieur démissionnaire a planté le décor : « Nous participerons à une condition, que ce soit un gouvernement de cohabitation », a-t-il expliqué chez Europe 1 et CNews, assurant qu’« une page était tournée ». « La condition, c’est que le président ne gouverne plus », pousse son vice-président, François-Xavier Bellamy, écartant la nomination d’un macroniste à Matignon. « Les échanges ont été francs et constructifs » glissait l’entourage de Lecornu après le rendez-vous. Ni « un macroniste », ni « homme de gauche » a confirmé Retailleau au JT de France 2.

    Dissolution

    « Un Premier ministre de gauche serait extrêmement minoritaire à l’Assemblée », juge de son côté Aurore Bergé, la porte-parole démissionnaire du gouvernement alors que le PS sera reçu à Matignon ce matin. Mais « est-ce que ce bloc du centre et de la droite (…) est capable de réussir à continuer à s’entendre ? », questionne-t-elle aussi, lucide.

    Alors que son entourage indiquait le matin qu’il « prendra ses responsabilités » en cas d’échec de Lecornu, Emmanuel Macron a reçu dans l’après-midi Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, entretenant l’hypothèse d’une dissolution. La Constitution prévoit en effet que le chef de l’État consulte les présidents des deux chambres avant de dissoudre la représentation nationale…

    Retraite : une suspension de la réforme envisagée

    La ministre démissionnaire de l’Éducation et ancienne Première ministre Elisabeth Borne s’est dite mardi ouverte à une « suspension » de la très impopulaire réforme des retraites qu’elle avait fait adopter en 2023, dans une interview au Parisien. Affirmant qu’il « faut savoir écouter et bouger », elle a ajouté qu’il ne fallait pas en faire « un totem ». « La suspension de la réforme des retraites, c’était impossible il y a quelques jours encore, aujourd’hui ça devient possible », a confirmé Raphaël Glucksmann de Place publique au sortir de son entretien avec Sébastien Lecornu mardi soir, assurant que le Premier ministre démissionnaire avait « ouvert la porte » mais que cela demandait à être « précisé ».

    Cette « volte-face est un aveu : la réforme des retraites est un échec », a immédiatement réagi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. « Même Elisabeth Borne qui avait porté cette réforme ouvre aujourd’hui la voie à une suspension », a-t-elle affirmé dans une déclaration écrite envoyée à l’AFP, « Le chef de l’État ne peut plus se permettre de faire la sourde oreille ». « Le Président de la République doit maintenant choisir, a intimé Sophie Binet. S’il veut renouer avec toute forme de légitimité, il doit entendre, écouter, abroger. Cette réforme est rejetée par plus de 80% des Français, elle a mobilisé des millions dans la rue : elle ne peut survivre ».

    Bardella « prêt à tendre la main »

    Le parti d’extrême droite qui a décliné l’invitation de Lecornu, a multiplié mardi les demandes de dissolution. Persuadé que le « barrage républicain » de 2024 « est en train de prendre l’eau », Jordan Bardella, le président du RN, « probable » candidat, estime que son parti peut l’emporter lors « de potentielles élections », mais se dit quand même prêt à « tendre la main aux Républicains » ne souhaitant pas « se fondre dans le macronisme », pour « former une majorité si besoin ». « Une main pour nous étouffer » a réagi, Daniel Fasquelle, le vice-président des Républicains. Ch. C.

  • Point de non-retour

    Point de non-retour

    Ambiance fin de règne. Le premier coup – et le plus dur – a été porté lundi soir par Gabriel Attal, président du parti présidentiel et du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Confiant ne « plus comprendre » les décisions du chef de l’État, il a déploré son entêtement dans la méthode.

    Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, viole le dernier tabou macroniste en appelant de ses vœux une présidentielle anticipée après le vote du budget.

    Élisabeth Borne, également ancienne hôte de Matignon, s’est quant à elle déclarée ouverte, au nom de la « stabilité » du pays, à la suspension de la réforme des retraites qu’elle avait imposée à coups de 49.3…

    Rassemblement

    « Un aveu : la réforme des retraites est un échec », a commenté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Emmanuel Macron lâché par les siens, face à un bilan en forme de champ de ruine, a-t-il conscience que la France avait atteint un point de non-retour ?

    S’il s’avère incapable de nommer un Premier ministre de gauche ou, pire, si la gauche se révèle incapable de proposer un compromis fondé sur la justice sociale au pays, alors il faudra en revenir aux urnes.

    Mais rien ne permet d’assurer que de nouvelles législatives conduiraient à une situation sensiblement différente d’aujourd’hui.

    L’extrême droite, haineuse et revancharde, bien que déconsidérée par les affaires, croit dur comme fer en ses chances.

    Il y a urgence à lui opposer un rassemblement pour la démocratie et le progrès social.

  • Point de non-retour

    Ambiance fin de règne. Le premier coup – et le plus dur – a été porté lundi soir par Gabriel Attal, président du parti présidentiel et du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Confiant ne « plus comprendre » les décisions du chef de l’État, il a déploré son entêtement dans la méthode.

    Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, viole le dernier tabou macroniste en appelant de ses vœux une présidentielle anticipée après le vote du budget.

    Élisabeth Borne, également ancienne hôte de Matignon, s’est quant à elle déclarée ouverte, au nom de la « stabilité » du pays, à la suspension de la réforme des retraites qu’elle avait imposée à coups de 49.3…

    Rassemblement

    « Un aveu : la réforme des retraites est un échec », a commenté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Emmanuel Macron lâché par les siens, face à un bilan en forme de champ de ruine, a-t-il conscience que la France avait atteint un point de non-retour ?

    S’il s’avère incapable de nommer un Premier ministre de gauche ou, pire, si la gauche se révèle incapable de proposer un compromis fondé sur la justice sociale au pays, alors il faudra en revenir aux urnes.

    Mais rien ne permet d’assurer que de nouvelles législatives conduiraient à une situation sensiblement différente d’aujourd’hui.

    L’extrême droite, haineuse et revancharde, bien que déconsidérée par les affaires, croit dur comme fer en ses chances.

    Il y a urgence à lui opposer un rassemblement pour la démocratie et le progrès social.

  • Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Si Marseille signe encore une saison touristique exceptionnelle en termes de fréquentation, le contexte économique demeure contraint. Le pouvoir d’achat se contracte avec un panier moyen qui diminue, et Marseille tire son épingle du jeu avec une clientèle principalement française », expose Jean-Pierre Cochet le président de l’Office de Tourisme, des Loisirs et des Congrès de Marseille. Il poursuit : « au regard de la concurrence des pays comme l’Italie et l’Espagne, les hôteliers n’ont pas hésité à réaligner leurs tarifs, cet été, pour être un peu plus attractifs. Avec succès.»

    Même constat du côté des locations de type Airbnb, où une hausse de 43 % des tarifs a été observée entre les étés 2023 et 2025. Non sans humour, Jean-Pierre Cochet suggère « d’atterrir en tenant compte de la réalité du pouvoir d’achat.»

    L’Office de Tourisme entend adopter une stratégie plus offensive pour renforcer l’attractivité de la ville. Attirer une clientèle étrangère, notamment coréenne ou chinoise, en dehors de la haute saison pourrait permettre de compenser la baisse de consommation des touristes français. « L’ attrait du tourisme pour les produits Fabriqué à Marseille est très important. En choisissant de mettre à l’honneur ses talents locaux, la foire a été témoin de ce succès. ça nous conforte pour l’attractivité de la ville, mais c’est aussi générateur d’emploi locaux », détaille Maxime Tissot, directeur général de l’Office de Tourisme et des Congrès de Marseille.

    La filière tourisme représente actuellement 25 000 emplois sur la ville. Allonger la saison à cinq ou six mois ne pourrait qu’amplifier cet impact. « Le tourisme d’affaires va également s’affirmer au Pharo mais aussi au parc Chanot, avec l’arrivée de GL Events », abonde Marc Thépot, président délégué de l’Office. « Ce parc doit devenir un produit de son temps avec la foire, le tourisme d’affaire et les événements ludiques. Cet été, huit concerts ont eu lieu au Vélodrome, attirant 530 000 spectateurs », précise Jean-Pierre Cochet.

    Conscients de l’impact des réseaux sociaux, les professionnels du secteur misent sur l’image photogénique et désirable de Marseille, qui s’exporte à l’international. Toutefois, la vigilance reste de mise face au surtourisme. Le mirage « des croisiéristes qui consomment 100 euros par débarquement », n’a pas fait ses preuves, tandis que la pollution des navires non raccordés à quai et les embouteillages dans les ruelles du Panier suscitent des inquiétudes. Marc Thépot est formel : « Marseille ne doit pas devenir une ville chère, mais une ville durable où on échange, on partage le savoir vivre Marseillais. » Concerts, événements ponctuels, valorisation de la gastronomie locale et promotion du vivre-ensemble sont désormais au cœur des ambitions pour un tourisme plus durable et apaisé.

    Marseilletourisme.com

  • Les cadeaux d’Urgo aux pharmaciens

    Les cadeaux d’Urgo aux pharmaciens

    Un coffret de deux séjours en Relais & Châteaux (formule « le bonheur de vivre » et « le temps d’un voyage »), trois lots de 21 bouteilles de champagne Taittinger, sept aspirateurs Dyson, quatre enceintes Bose, trois iPhone, un fauteuil Le Corbusier, un sac Lancel, deux valises Samsonite, un barbecue, etc. Tel un inventaire à la Prévert, le président égrène, pour chacun des apothicaires poursuivis, la quarantaine de cadeaux reçus entre 2015 et 2021 pour un montant allant de 20 000 à 50 000 euros.

    « Je n’avais pas l’impression d’avoir commis une infraction. On n’a jamais été mis en garde par le conseil de l’ordre. On en parlait librement entre confrères. On était tellement en confiance avec Urgo. Ils m’ont toujours assuré que c’était légal », s’est défendue Magalie, qui était chargée des commandes au sein de la pharmacie du centre commercial le Merlan. « Vous ne l’avez pas appris dans vos études ? Vous pensez vraiment qu’Urgo est le meilleur interlocuteur en éthique ? Votre pharmacie paye plus cher en renonçant à la remise et cela vous profite », a répliqué le juge.

    Ils étaient huit pharmaciens à comparaître ce lundi, les uns après les autres, à la barre de la 6e chambre correctionnelle. Ils font partie des 215 pharmaciens du ressort du tribunal de Marseille à devoir rendre pénalement des comptes – dont 30 en correctionnelle – pour l’acceptation d’avantages personnels en échange de la renonciation de leur officine à des remises commerciales. Ce qui permettait aux laboratoires Urgo de réaliser des marges plus importantes. Le tout en violation frontale de la loi « anti-cadeaux », instaurée en 1993, dans le secteur de la distribution de produits médicaux.

    « Cette loi a instauré un système anti-corruption pour contrôler et moraliser les relations économiques entre l’industrie et les professionnels du secteur de santé, pour garantir leur indépendance intellectuelle, s’assurer de leur impartialité », a vivement rappelé la procureure Marion Chabot. Constitué partie civile, le Conseil national de l’ordre des pharmaciens a réclamé et obtenu de chacun des prévenus l’euro symbolique. « Le scandale Urgo crée une atteinte à la confiance que doit avoir le patient envers le personnel médical », a-t-il déploré.

    En 2021, une enquête de la Répression des fraudes (DGCCRF) révélait un système décomplexé mis en place par le groupe Urgo, premier fabricant français de pansements, pour s’assurer de leur fidélité. En tout 8 672 officines y ont cédé, soit 40 % des 22 000 pharmacies de l’Hexagone. Urgo a ainsi offert 65 000 objets divers pour un montant total de 55 millions d’euros en six ans. C’est dire l’ampleur de la fraude organisée qui a valu la condamnation du groupe à une amende de 1,125 million d’euros dont 625 000 euros avec sursis et la confiscation de 5,4 millions d’euros. En tant que praticienne au Havre, l’ancienne ministre de la Santé par intérim Agnès Firmin Le Bodo a été condamnée en octobre 2024 sur reconnaissance préalable de culpabilité à 8 000 euros d’amende dont moitié avec sursis pour 20 000 euros de cadeaux illicites.

    Le tribunal a prononcé, lundi, plusieurs peines d’amende allant de 6 000 euros dont 2 000 avec sursis à 50 000 euros d’amende dont 30 000 euros avec sursis. Cette dernière a été infligée à un pharmacien des Olives. Une peine ajustée à son chiffre d’affaires.

    « Je n’avais pas l’impression d’avoir commis une infraction »

  • #DisMoiPourquoi la Terre est la seule planète habitée ?

    #DisMoiPourquoi la Terre est la seule planète habitée ?

    La Terre est, pour le moment, la seule planète habitée connue, car elle réunit toutes les conditions parfaites pour que la vie, telle que nous la connaissons, puisse exister. Elle est à la bonne distance du Soleil, ni trop près ni trop loin (et donc ni trop chaude ni trop froide), pour que l’eau, indispensable aux êtres vivants, puisse exister sous forme liquide. Son air contient l’oxygène dont les animaux ont besoin pour respirer et le dioxyde de carbone que les plantes utilisent pour pousser. La Terre possède aussi une atmosphère qui nous protège des rayons dangereux du Soleil et sa force de gravité maintient tout solidement à sa surface, y compris nous-mêmes ! Les autres planètes du Système solaire sont soit brûlantes, soit glacées ou encore sans air respirable. Mais cela ne veut pas dire que la Terre est la seule planète habitée dans l’Univers ! Les scientifiques ont découvert des milliers d’exoplanètes et certaines pourraient ressembler à la Terre. Cependant, pour l’instant, nous n’avons trouvé la vie nulle part ailleurs… Mais la recherche continue ! Peut-être qu’un jour, on découvrira que nous ne sommes pas seuls ! »

    Romane Le Gal, astrophysicienne à l’Institut de radioastronomie millimétrique (Iram) et l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble (Ipag)