Author: tecnavia

  • [On passe à table] Le crémeux de carottes et ses Saint-Jacques snackées

    [On passe à table] Le crémeux de carottes et ses Saint-Jacques snackées

    Rendez-vous cette semaine dans la toute récente cuisine du Marius Bar, une institution familiale qui perdure depuis des années rue Méry. Avec Bastien et Moad, vous apprendrez à réaliser un crémeux de carottes au cumin accompagné de carottes anciennes rôties, de Saint-Jacques snackées et d’une crème de corail. Un délice à reproduire sans attendre.

    Des couleurs de saison

    Commencez par éplucher les carottes et coupez-les en tronçons grossiers. Gardez-en deux avec les fanes que vous ne coupez pas. Faites cuire dans une eau froide au départ et salée. Pendant ce temps, ôtez à la main les coraux des noix de Saint-Jacques. Réservez les noix au frais.

    Ciselez l’oignon, faites chauffer un peu d’huile dans le fond d’une casserole, faites suer les oignons, quand ils sont dorés, ajoutez une petite cuillerée de purée d’ail ou une gousse hachée, mélangez bien et ajoutez les coraux avec le bouquet de thym. Restez bien devant la casserole et mélangez sans arrêt, un peu comme un risotto. Quand le corail commence à changer de couleur, déglacez au vin blanc. Laissez-le s’évaporer, ôtez le thym et couvrez à hauteur avec la crème fraîche. Mixez le tout pour obtenir une crème bien lisse. Remettez sur feu et faites réduire.

    Quand les carottes sont fondantes, vous pouvez d’une part mixer celles coupées en tronçon avec du cumin, de la crème, de la fleur de sel et du poivre et un peu d’eau de cuisson pour avoir une belle purée. Celles qui sont restées entières à la cuisson, coupez-les en tronçon et massez-les avec de l’huile d’olive, de la fleur de sel, un tour de moulin à poivre et du piment d’Espelette, avant de les mettre au four à 180° pendant une dizaine de minutes.

    Reprenez maintenant vos noix de Saint-Jacques assaisonnez avec du sel, du poivre et de l’huile d’olive. Sur une poêle à feu fort, avec de l’huile, déposez les Saint-Jacques 2 minutes de chaque côté pour qu’elles soient nacrées. Dressez avec le crémeux de carottes, entourez de crème de corail, trois noix par assiette, disposez quelques carottes rôties. Bon appétit.

    Pour deux personnes, il vous faudra :

    – 1kg de carottes anciennes

    – 1/2 oignon

    – 6 Saint-Jacques fraîches avec leur corail

    – Une brique de crème fraîche liquide entière

    – Purée d’ail ou gousse, 1 bouquet de thym frais

    – 1 verre de vin blanc

    – Du cumin en poudre et du piment d’Espelette

  • La Fête des alternatives de Roquevaire prône d’autres modèles

    La Fête des alternatives de Roquevaire prône d’autres modèles

    C’est à nous de créer la société et non dépendre de directives gouvernementales sur le modèle d’une économie libérale débridée », donne le ton Erwan Bouisseren, de l’Union locale CGT d’Aubagne. « Avec cette fête, nous voulons montrer que des alternatives existent pour créer un autre monde non pas régressif, mais qui respecte l’humain et la planète », déclare-t-il. « Sensibles à l’impact de l’activité humaine sur notre environnement, soucieuses de la santé des travailleurs dans leur entreprise, inquiètes de l’évolution productiviste et capitaliste de notre économie et des restrictions de nos libertés que cela engendre, 25 associations se sont mobilisées pour organiser cet événement autour des alternatives possibles et nécessaires pour répondre à l’urgence écologique, économique et sociale », présente-t-il. La fête se déroule de 9h à 17h au boulodrome, sur le cours Négrel-Féraud, prêtés par la municipalité. L’expo Durance 360 degrés est à voir à la salle l’Univers du cigalon.

    Marché paysan

    De 9h à 13h, un marché paysan sera installé cours Négrel-Féraud. Le matin et l’après-midi, des tables rondes nourriront, elles, les réflexions. De 10h à 12h, Christian Ollivier, élu à Roquevaire et spécialiste de l’eau, participera, avec Marina Mesure (FI), élue au Parlement européen, un ex-cadre de la SPL Eau des collines, la référente biodiversité France Nature Environnement, à celle intitulée « Eau, bien commun ». De 14h à 16h, conférence et débat autour de « alimentation, production, consommation », avec par exemple le secrétaire de la Confédération paysanne 13. Sur place, le public retrouvera les stands des assos, un bar et une restauration engagés, et de la musique, avec les groupes Los Fralibos et le collectif Kalapech.

  • #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ?

    #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ?

    Après trois semaines de publications quotidiennes, c’est aujourd’hui le dernier « Dis moi pourquoi ? ». Un grand merci aux enfants petits et grands, aux chercheurs de tous les labos qui se sont portés volontaires et aux Petits débrouillards, partenaires essentiels de cette opération. À l’an prochain !

    Emma, 11 ans, en 6e au collège Marie-Rivier à Sorgues

    C’est une bonne question ! Les IA ont appris ce qu’elles savent sur des bases de données. Ces bases paraissent immenses, les temps d’apprentissage sont longs et l’énergie associée à l’apprentissage très importante, par exemple pour de la reconnaissance dans des images ou des IA génératives. Mais en réalité, ces bases sont toutes petites par rapport à l’expérience d’un humain qui apprend chaque jour sur des millions de données qui lui sont présentées en permanence, avec des circuits d’apprentissage qui sont également transmis de génération en génération et qui évoluent depuis la nuit des temps. Au final, les IA arrivent à très bien faire des tâches précises, mais les bases d’apprentissages sont infiniment moins générales et fines que celles des humains, ce qui engendre parfois des erreurs absurdes. »

  • « Pour l’honneur de Gaza », un documentaire poignant projeté dans l’Hérault

    « Pour l’honneur de Gaza », un documentaire poignant projeté dans l’Hérault

    Réhumaniser les Palestiniens. Voilà le mantra du réalisateur gazaoui Ilyad Allastal. C’est ce qu’il a entrepris de faire avec son documentaire Pour l’honneur de Gaza, qui sera projeté du 17 au 23 octobre dans plusieurs villes héraultaises*, une tournée organisée avec l’Association France Palestine (APFPS) du Biterrois, aboutissement d’un long cheminement commencé en 2019. « J’avais décidé de lancer une web série, Gaza stories. En Occident, on considère toujours les Palestiniens comme des chiffres, on n’a pas une idée sur la vie quotidienne des Gazaouis. Certains imaginent Gaza comme une zone occupée, c’est une réalité mais il y a aussi une culture, un patrimoine », rembobine Iyad Allastal. Au total, 250 épisodes ont été réalisés.

    35 portraits de Gazaouis

    Puis vient octobre 2023 et les massacres qui s’en suivent. « Tout ce que j’avais connu, la vie quotidienne que j’avais filmée, tout a disparu. Ce n’était pas facile de rester là sans rien faire. J’ai pris alors la décision de retourner voir ceux que j’avais filmés mais aussi d’autres, de parler de ces déplacés. » Pendant cinq mois – il a été rapatrié en février 2024 – Iyad Allastal a suivi le quotidien de 35 Gazaouis afin de montrer la diversité de la société palestinienne. Musiciens, peintres, marionnettistes, cuisiniers, aînés, enfants, tous poursuivent leur vie sous les bombardements incessants. « C’est le paradoxe du peuple à Gaza : il se déplace tous les jours. Quand ils sont déplacés, ce sont des moments où les gens essaient de respirer en pratiquant leurs activités, leurs passions », poursuit Iyad Allastal. En tentant d’oublier la guerre. « Il y a beaucoup de théâtre pour les enfants à Gaza, à travers des initiatives des artistes. Je suis par exemple un artiste qui anime un atelier de théâtre, deux heures de joie pour les enfants, un moment très important pour eux pour essayer d’oublier l’impact de la guerre. » Ou encore un musicien cheminant entre les tentes afin de jouer pour les autres. Un documentaire qui apporte une vision humaine de Gaza.

    *à Sète le 17 à 20h30 au cinéma Comedia, à Lamalou-les-Bains le 18 à 20h30 au cinéma Imperial, à Pézenas le 20 à 20h au cinéma Molière, à Béziers le 22 à 18h à la Cimade et à Clermont-l’Hérault le 23 à 20h30 au cinéma Alain-Res

  • Verrerie : le préfet du côté des salariés mais sans solution

    Verrerie : le préfet du côté des salariés mais sans solution

    Demi-teinte. À la sortie de leur entrevue avec le préfet, l’intersyndicale, qui était également accompagnée de la maire de Vergèze Pascale Fortunat-Deschamps (SE) et des sénateurs Denis Bouad (PS) et Vivette Lopez (LR), était rassurée sur un point : le préfet a confirmé les avoir soutenus face à la direction d’Owens Illinois (OI). « Nous avons eu confirmation qu’OI avait demandé des réquisitions pour envoyer des gendarmes sur le site par exemple et il a refusé. Il était complètement contre l’arrêt de ce four dans l’urgence. Il a demandé à OI de faire les choses dans les règles, mais OI ne l’a pas respecté. Il va aussi mettre la pression à OI vis-à-vis des agents de sécurité qui nous sont envoyés pour nous mettre la pression », a souligné Yvon Pallier, délégué syndical FO.

    Mais au-delà de ce soutien, Jérôme Bonet a confirmé son incapacité à pouvoir s’opposer à un groupe privé. Il a tout de même assuré qu’il contacterait la nouvelle équipe gouvernementale comme il l’avait fait avec les ministres de François Bayrou, pour les pousser à trouver une solution pour les salariés.

    Le four est en cours d’arrêt

    Depuis début octobre, les salariés oscillent entre tristesse et colère. En effet, le 9 octobre, la direction d’Owens Illinois a envoyé un communiqué de presse (sans avertir l’intersyndicale de son contenu) pour annoncer la fermeture prochaine du four à cause de la mobilisation des salariés qui occupent l’entrée du site depuis une quinzaine de jours. « Il s’agit de la seule option permettant de rétablir la sécurité des personnes et des installations, tout en préservant l’intégrité du four », écrit la direction. L’intersyndicale, composée de la CGT, de la CFE-CGC et de FO, a immédiatement réagi en organisant un rassemblement avec les salariés et les élus locaux le lendemain pour dénoncer « les mensonges de la direction d’OI ». « Ce sont des menteurs », a martelé Yohan Goupille, délégué syndical CGT.

    « Les prétextes cités ne sont pas justifiés. Pendant plus de dix jours, ce sont les salariés qui ont maintenu l’activité et la sécurité en l’absence totale de direction sur le site. Un accord de méthode a été signé stipulant la fin du PSE au 31 octobre. Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI, ce sont des voyous », fustige Yohan Goupille qui affirme que si le four est arrêté, il ne pourra pas redémarrer, contrairement à ce qu’avance la direction. Les syndicats ont également mis en avant les risques de sécurité d’un arrêt décidé à la hâte. Car la manœuvre est complexe. Pour stopper le four, il faut notamment le percer, faire couler 300 tonnes de verre liquide au sol et le refroidir.

    Lundi 13 octobre, du personnel de sécurité extérieur a été dépêché par OI à Vergèze pour s’assurer que les salariés n’allaient pas s’opposer à l’arrêt du four. Mais les syndicats ont rapidement contacté l’inspection du travail face à des manquements à la sécurité. « Il y a des risques humains et environnementaux », précise le délégué syndical CGT Bruno Santiago. « Ils étaient en costumes et chaussures de ville et n’avaient pas les équipements de protection. Y compris l’huissier. Et ils ont demandé à ce que le personnel ne s’approche pas. »

    Le lendemain, le four a finalement bien été percé, lançant la première phase de l’arrêt du four. Trop éprouvés, certains salariés n’ont pu contenir leurs larmes. « Maintenant, la direction nous annonce que nous ne sommes pas en indisponibilité totale mais partielle. Ils veulent qu’on vienne nettoyer le site. Ils disent que c’est pour présenter un site propre s’il y a un repreneur. C’est se foutre de nous. Pour attirer un repreneur, il aurait fallu lui montrer un site avec un four qui fonctionne et des salariés au travail. Pour moi, c’est de la torture psychologique », fustige Bruno Santiago.

    Les négociations autour du Plan de « sauvegarde de l’emploi » doivent en parallèle se poursuivre jusqu’au 31 octobre.

    « Pourquoi arrêter le four quinze jours avant ? OI,
    ce sont des voyous »

  • Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Les communistes disent « non » à la liquidation de la verrerie

    Plus les jours passent, plus les solutions pour sauver la verrerie à Vergèze s’amenuisent. Bien conscientes qu’un éventuel sauvetage de l’usine n’est désormais plus de leur ressort, les organisations syndicales négocient les conditions les plus favorables pour les futurs licenciements. Pendant de longues semaines, la CGT, la CFE-CGC et FO avaient pourtant travaillé à la recherche d’un repreneur et plusieurs pistes étaient apparues, mais elles sont tombées à l’eau les unes après les autres.

    La solution était donc de se tourner vers Perrier pour que Nestlé reprenne la Verrerie dans son escarcelle, comme c’était le cas avant 2006. « Le remplacement d’un four obsolète serait la cause de la fermeture. Nous pouvons logiquement nous poser la question : pourquoi avoir aussi attendu pour effectuer des travaux pour le remplacement d’un four ? Le groupe Perrier a les moyens de financer son remplacement. À ce jour, la verrerie produit toujours 75% de bouteilles Perrier, les dirigeants de cette entreprise ont une responsabilité à l’égard des salariés de la verrerie », explique Christian Bastid, vice-président (PCF) du conseil départemental.

    La nationalisation évoquée

    L’autre solution avancée au vu de l’urgence de la situation, c’est la nationalisation du site. Comme l’usine gagne de l’argent, il pourrait ainsi passer dans le giron de l’État, au moins le temps de trouver un repreneur. « Le problème c’est que c’est le boxon au niveau national. Mais la nationalisation est une solution. Nous avons relancé notre groupe à l’Assemblée nationale et son président Stéphane Peu pour que la question de la nationalisation soit reposée », poursuit Christian Bastid même si le préfet a fermé la porte à cette solution lors de sa rencontre avec les syndicats.

    Laurent Nunez, très présent sur le site depuis l’annonce de la fermeture du site, abonde : « Quand l’État envoie plus de 100 milliards d’aides aux entreprises sans contrôle, il est tout à fait possible que l’État s’engage pour le rachat de l’entreprise. Pour la France, ça n’est qu’un investissement. » Le secrétaire de la section communiste de Camargue-Vidourle souhaite aussi rapidement organiser une grande rencontre pour réfléchir à l’avenir de ce territoire industriel : « Ça ne va pas bien à Éminence, chez Perrier et chez Royal Canin. Il faut trouver des solutions pour ce territoire. Pour cela, il faut que l’on ait une réflexion collective. »

    Autre élu départemental présent devant la préfecture, Vincent Bouget regrette la faiblesse de l’État dans ce dossier : « S’il n’y a pas une intervention des pouvoirs publics et de l’État ça devient très compliqué. Mais aujourd’hui, que fait le gouvernement ? La solution est forcément de côté là. On entend réindustrialisation à tout bout de champ, mais quand on est devant un cas concret il n’y a pas de réaction », fustige le candidat à la mairie de Nîmes dont le cousin travaille à la verrerie.

  • Delga dénonce les propos « insultants » du RN

    Delga dénonce les propos « insultants » du RN

    Le 25 septembre, le député du Rassemblement national de Moselle Laurent Jacobelli a posté une vidéo après avoir visité le mémorial, à l’occasion de la journée nationale d’hommage aux harkis. Dans celle-ci, il reproche aux « Département et la Région » d’avoir fait du Mémorial « un temple du wokisme » où l’on « propose des expositions sur l’Ouganda, sur les LGBT, sur tout et rien, pour diffuser une pensée de gauche et pro-migrants » et où « on ne parle plus des harkis ».

    Michèle Martinez, députée RN des Pyrénées-Orientales, a confirmé le même jour qu’au Mémorial, « le passé harki est parfois invisibilisé par d’autres mémoires  », sans préciser que celui-ci n’avait pas été créé pour la mémoire des harkis mais pour l’ensemble des populations passées dans ce camp dont des Républicains espagnols qui ont fui le franquisme, des Juifs envoyés ensuite à Auschwitz, des migrants, des homosexuels ou des Tsiganes…

    Ces propos ont rapidement fait réagir plusieurs historiens qui ont dénoncé les mensonges de l’élu d’extrême droite, puisque l’exposition permanente par exemple traite largement des 22 000 harkis passés dans ce camp. Carole Delga s’est également émue de ces propos et a dénoncé des « propos indignes et haineux ». « Méconnaître l’Histoire est une chose, la salir en est une tout autre. Par ses propos indécents et insultants, Laurent Jacobelli témoigne tout à la fois de sa profonde ignorance de l’Histoire des Pyrénées-Orientales et de celle de la France, comme de son irrespect envers celles et ceux qui ici, à Rivesaltes, ont connu les heures les plus sombres de notre pays », a précisé la présidente socialiste de la Région.

    Dans un communiqué cosigné avec Hermeline Malherbe, la présidente du Département des Pyrénées-Orientales, Carole Delga réaffirme son soutien « aux équipes pour le travail remarquable qu’elles mènent » et ajoute : « Réécrire une partie de ce passé, en nier sa réalité mémorielle et scientifique comme l’a fait Laurent Jacobelli, porte un nom : provocation à la haine et à la discrimination. Tout cela dans quel but ? Falsifier l’Histoire pour fracturer la société française. Autant de méthodes qui rappellent la dangerosité du Rassemblement national, son histoire et ses idées d’extrême droite. »

  • Au Mémorial, la tolérance pour ADN

    Au Mémorial, la tolérance pour ADN

    Aux abords du Mémorial de Rivesaltes, une succession de barbelés et de baraquements délabrés parcourt la garrigue. Ici, entre 1941 et 2007, la France a interné de force près de 60 000 personnes au total. D’abord les Juifs et les Nomades, puis les Républicains espagnols exilés lors de la Retirada. Ensuite les Harkis et les Guinéens… Dès 1982 et jusqu’à sa fermeture en 2007, le camp Joffre est transformé en centre de rétention où sont alors confinés l’ensemble des migrants en cours d’expulsion…

    C’est donc ici, sur le site du camp Joffre, que le gouvernement de Vichy puis l’État français plus largement ont entassé les « indésirables » dans des conditions indignes, et c’est à l’ensemble de ces peuples que le Mémorial d’aujourd’hui, abrité dans un immense bloc à moitié enterré, souhaite rendre hommage. Graver dans le marbre. Raconter. Et surtout réparer.

    « Toutes ces personnes étaient très différentes. Mais elles avaient un point commun : elles ont été enfermées ici sans avoir commis ni crime ni délit. Elles n’ont pas été enfermées pour ce qu’elles ont fait mais pour ce qu’elles sont », analyse Nicolas Serpette, directeur de la communication du Mémorial, bien déterminé avec l’ensemble de l’équipe à veiller à l’équilibre des mémoires.

    Éclairer, rayonner, éduquer…

    Ces dix dernières années, le site s’est donné pour mission de plancher sur trois axes essentiels. D’abord « éclairer » en participant à faire avancer la connaissance historique et scientifique, « notamment sur des périodes ou des groupes encore peu explorés, comme les populations de tirailleurs sénégalais, ou encore les femmes et les enfants internés dans les camps de Vichy, un thème que nous avons abordé récemment à l’occasion d’un colloque ».

    Le deuxième grand axe consiste évidemment à éduquer, le Mémorial accueillant de nombreux groupes scolaires tout au long de l’année. « Nous sommes un lieu de transmission, qui inclut tous les publics, dont un visiteur sur deux a moins de 18 ans », ajoute Nicolas Serpette. Doté d’un conseil pédagogique dirigé par Benoît Falaise depuis 2023, le Mémorial accueille de nombreux projets scolaires autour de l’écriture, de l’histoire et de la laïcité. « L’idée, c’est de contribuer à faire de ces élèves les citoyens éclairés de demain. Avec ces témoignages, nous voulons les préparer à faire face au monde d’aujourd’hui, qui n’est pas toujours facile à décoder et qui voit un retour en force des discours dangereux. »

    Mais l’équipe s’échine aussi à faire rayonner cette structure, pour en développer la portée. « Nous avons une programmation culturelle très active et nourrie. Nous essayons toujours d’associer un temps de réflexion historique avec un temps artistique. Nous sommes convaincus que la transmission de l’histoire ne peut pas être que savante », détaille Nicolas Serpette. Actuellement, elle se révèle notamment via l’exposition « Objets de mémoires », de l’artiste Nicole Bergé, à voir jusqu’en février 2026.

    En lutte contre

    les discriminations

    En 2006, Robert Badinter, dont la dépouille vient tout juste de faire son entrée au Panthéon, avait joué un rôle déterminant en mobilisant de nombreuses personnalités autour de lui, pour alimenter une pétition en faveur du projet de mémorial. « Je me souviens d’un discours tout à fait émouvant. C’était un homme très sensible à ces problématiques d’internement et de déportation. À l’époque, on lui avait remis une cuillère trouvée sur le site de Rivesaltes. Dans les camps, les gamelles et les cuillères en métal sont un symbole fort, ce sont des éléments de survie. Et Robert Badinter l’a conservée dans son bureau jusqu’à la fin de ses jours. »

    Tout comme l’avocat, le Mémorial s’inscrit dans une lutte sans faille contre le racisme et les discriminations. À l’image de Badinter dans ses mille combats, il s’est donc lui aussi attiré les foudres du RN (voir ci-dessous), mais qu’importe. En interne, on assume : « Nous, nous portons des valeurs de tolérance, d’ouverture, de respect et de fraternité. C’est dans notre ADN », martèle Nicolas Serpette.

  • #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ? Emma, 11 ans, en 6e au collège Marie-Rivier à Sorgues

    #DisMoiPourquoi parfois l’IA fait des erreurs absurdes alors qu’elle « voit » beaucoup plus de données que nous ? Emma, 11 ans, en 6e au collège Marie-Rivier à Sorgues

    Après trois semaines de publications quotidiennes, c’est aujourd’hui le dernier « Dis moi pourquoi ? ». Un grand merci aux enfants petits et grands, aux chercheurs de tous les labos qui se sont portés volontaires et aux Petits débrouillards, partenaires essentiels de cette opération. À l’an prochain !

    C’est une bonne question ! Les IA ont appris ce qu’elles savent sur des bases de données. Ces bases paraissent immenses, les temps d’apprentissage sont longs et l’énergie associée à l’apprentissage très importante, par exemple pour de la reconnaissance dans des images ou des IA génératives. Mais en réalité, ces bases sont toutes petites par rapport à l’expérience d’un humain qui apprend chaque jour sur des millions de données qui lui sont présentées en permanence, avec des circuits d’apprentissage qui sont également transmis de génération en génération et qui évoluent depuis la nuit des temps. Au final, les IA arrivent à très bien faire des tâches précises, mais les bases d’apprentissages sont infiniment moins générales et fines que celles des humains, ce qui engendre parfois des erreurs absurdes. »

  • Renaud Muselier : « Notre pays dysfonctionne, il faut un fédéralisme à la française »

    Renaud Muselier : « Notre pays dysfonctionne, il faut un fédéralisme à la française »

    Ce week-end, Renaud Muselier, président Renaissance de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Le Macronisme
    Didier Gesualdi : Quelle triste fin pour le macronisme nous sommes en train de vivre. Qu’en pense le président de Région Renaissance que vous êtes encore ?
    Triste fin… je ne sais pas comment ça va finir en fait. Je ne suis pas pour son départ, je pense que ça ouvre la porte à d’autres problèmes pour l’avenir. On a un Parlement, il faut qu’il trouve des solutions. Le problème, c’est que les parlementaires n’arrivent pas à s’entendre. Le fait qu’on ait voté le non-cumul des mandats fait que les députés sont aux ordres de leurs chefs de parti. Certains demandent le départ du président de la République, on en a eu quelques-uns avant lui. Avec des hauts et des bas. Quand ça va pas, si on fait partir le président de la République, qu’est-ce qui va se passer pour le prochain ?
    Didier Gesualdi : On a l’impression qu’il joue un peu avec les Français non ?
    Léo Purguette : Il y a de la colère dans le pays !
    Ce sont deux choses différentes. La colère est réelle, les incertitudes sont nombreuses, dans toutes les couches sociales. Du patron au salarié tout le monde déteste ce contexte d’instabilité donc il y a une sourde colère mais ce qui me gêne le plus, au-delà de ce sentiment que je partage quelque part, je n’arrive pas à comprendre que les parlementaires ne s’entendent pas. Ça m’énerve ! Leur façon de se comporter, de s’exprimer, de voter… Un jour je suis pour, un jour contre…
    Léo Purguette : C’est particulièrement caractéristique dans votre ancienne famille politique, LR, avec l’exclusion de 6 ministres qui viennent d’être nommés.
    Ils ne sont pas exclus… Je regarde ça avec un peu de sidération aussi. Je regarde la totalité du schéma là-haut qui est assez incroyable. Vous avez le RN, l’extrême droite, qui demande absolument la dissolution non pas pour régler nos problèmes collectifs mais pour voter une loi d’amnistie pour Mme Le Pen. C’est ça son problème à elle. Quant à M. Mélenchon, il veut absolument faire partir le président parce que des socialistes qui arrivent à vivre sans lui, reprennent du poids. Les communistes sont tiraillés là-dedans, je ne les vois pas trop au niveau national. Et vous avez le bloc central, où vous avez des trucs incroyables. M. Bayrou qui dit « c’est moi ou le chaos » en rentrant de vacances. On lui a dit, ben c’est toi. Au revoir et merci…
    Le bloc central

    Léo Purguette : Édouard Philippe d’Horizon qui demande le départ du chef de l’État, c’est assez significatif des dissensions qui règnent dans ce bloc central.

    Ou des stratégies complexes. Il a vu que dans les sondages, il était en train de s’effondrer donc il prend un autre chemin. Moi j’essaye d’être plus raisonnable. D’abord parce que je ne suis pas candidat à la présidence de la République. Quand on veut le devenir, si on peut gagner, on ne déstabilise pas la fonction.

    Léo Purguette : Êtes-vous favorable à la concession faite avec la suspension de la réforme des retraites et en cohérence avec le budget qui continent un certain nombre de reculs sociaux dénoncés par la gauche et les syndicats ?

    C’est deux questions en une. Sur la première, je pense que la réforme des retraites est indispensable. Il y a de moins en moins d’actifs, de plus en plus de retraités. Ce sont les jeunes qui payent pour les vieux et les vieux veulent partir de plus en plus tôt. C’est une inégalité sociale incroyable. Je suis pour la réforme des retraites. Une fois que j’ai dit ça, je ne suis pas pour la dissolution parce que c’est le chaos dans le pays. Donc chacun doit faire des efforts. Il y a une démarche à l’Assemblée nationale, s’il n’y a pas un mouvement sur la réforme des retraites, le gouvernement saute. Ça coûterait encore plus cher que de lever la plume de la réforme. Il faut que chacun fasse un effort. Sur la physionomie du budget, il faut laisser une chance au débat parlementaire. Je souhaite que chacun soit capable de discuter avec son voisin.

    Dissolution

    Didier Gesualdi : Certains ont peur de repasser devant les urnes, pourtant la dissolution pourrait clarifier les choses, non ?

    Moi, je n’ai pas peur des électeurs. J’ai fait 17 campagnes, j’en ai gagné 15. En général, c’est ceux qui ont été candidats une fois ou deux qui ont peur, ou ceux qui se disent « j’ai pas reçu les gens, j’ai traîné tout le temps à Paris parce que j’étais tranquille sans électeurs pour m’ennuyer ». Il n’y a pas à avoir peur du peuple mais quand vous faites une dissolution, tout s’arrête au niveau national. Donc ce qui pose question, c’est que pendant un moment bien particulier, plus rien ne bouge.

    Les municipales

    Léo Purguette : Vous êtes partisan de ce qu’on pourrait appeler un « socle commun » au niveau marseillais. Peut-il tenir localement alors qu’il a volé en éclat au plan national ?

    L’unité c’est toujours difficile. Quand les états-majors sont loin d’être exemplaires, forcément ça a des conséquences au niveau local. Mais ici je pense quand même que chez Renaissance, les LR, chez Horizon, chez les divers droite, les écologistes raisonnables, tous ceux qui composent ma majorité en réalité, il y a des gens qui se respectent, qui fonctionnent assez bien.

    Didier Gesualdi : En face, c’est qui l’ennemi ?

    Tous ceux qui sont candidats contre nous. Le RN s’est uni. LFI veut y aller et déteste le Printemps marseillais et Benoît Payan. Il y a les Verts qui ont décidé de soutenir le Printemps marseillais mais chez les Verts, je connais plutôt M. Barles qui était le chef des Verts depuis longtemps et qui était candidat la dernière fois, même s’ils s’étaient mariés entre deux tours. Aujourd’hui, il est plutôt proche de LFI. Chacun a ses problèmes et son histoire. Moi je trouve que cette mairie est mauvaise. Je disais à l’un de vos confrères de me dire ce que Benoît Payan a réussi. Il m’a répondu les JO ! Mais vous rigolez ou quoi ? ! C’est moi qui suis allé les chercher à l’époque quand il y avait Jean-Claude à la mairie. Et eux, ils votaient toujours contre !

    Léo Purguette : Benoît Payan a décroché le plus grand plan d’aides de l’État de l’histoire de Marseille.

    Vous me reprochez à moi d’être Renaissance et quand le président de la République Renaissance donne à Marseille, vous dites que c’est lui. J’espère que vous rigolez ! Ou alors c’est lui qui ment. Soyons sérieux.

    Léo Purguette : M. Sarkozy, ne vous avait pas beaucoup aidé quand vous étiez aux responsabilités.

    C’est pas parce qu’ils nous ont aidés ou pas beaucoup aidés qu’il faut donner la paternité de la victoire à l’adversaire.

    Léo Purguette : La maire de Marseille a récemment inauguré un parc Jean-Claude Gaudin. Quel regard avez-vous porté sur cela ?

    Je suis un peu mort de rire et triste à la fois. Mort de rire parce que c’est la honte absolue. Quand il y a eu la rue d’Aubagne, c’est lui qui organisait les trucs en criant « Gaudin assassin » et maintenant, c’est lui qui va nous expliquer que Gaudin était un homme merveilleux ? J’ai travaillé avec Gaudin suffisamment longtemps, j’ai eu une proximité avec lui que personne n’a eu dans cette ville, j’ai eu des difficultés avec Jean-Claude que personne n’a eu dans cette ville…

    Didier Gesualdi : …Est-ce que le Printemps marseillais n’a pas fait sortir Marseille de sa torpeur ?

    Non mais ça va bien là ? Pourquoi, il dormait ? On a eu Euroméditerranée, un certain nombre de choses quand même ! Et maintenant ça irait bien ? On connaît pas la même ville alors…

    Léo Purguette : Dans les enquêtes d’opinion, les Marseillais semblent dire que cela va plutôt mieux…

    Le dernier sondage on avait un point d’avance sur le Printemps marseillais, vous l’oubliez ?

    Léo Purguette : Comment analysez-vous le rapprochement Allisio-Ravier ? À moi la mairie, à toi le Sénat ?

    Vous avez M. Ravier qui représente le plus extrême de l’extrême et M. Allisio qui ne voulait pas lui parler. Donc oui, ils lui ont promis le Sénat.

    Didier Gesualdi : La droite va-t-elle courir après le RN dans cette campagne ?

    D’abord, c’est pas la droite, c’est une addition de forces pilotée par des gens comme Romain Simmarano, Mme Blanchard qui sont des jeunes, la génération pour Marseille. C’est la droite et le centre élargi.

    Décentraliser

    Didier Gesualdi : Il faut un geste de décentralisation ?

    Il faut aller beaucoup plus loin que ça. La loi 3DS, c’était des ajustements législatifs et réglementaires des dysfonctionnements français, ce n’est pas ça la décentralisation. Il faut faire ce que propose M. Borloo : un fédéralisme à la française où les territoires ont la capacité de faire et l’État s’occupe du régalien.

    Léo Purguette : Ça veut dire une autonomie fiscale pour les Régions ?

    Oui. Regardez on s’occupe bien des lycées, on les a tous refaits, ils étaient tous pourris, c’est la Région qui l’a fait, pas l’Éducation nationale. Là, c’est la Région qui paye le nouveau Samu qui arrive à Marseille. Est-ce que c’est dans notre mission ? C’est plutôt à l’État non ?

    Léo Purguette : Justement, ça ne vous fait pas craindre qu’avec une nouvelle décentralisation, il y ait une nouvelle déresponsabilisation de l’État ?

    Pourquoi on ne pourrait pas nous faire confiance à nous les élus locaux. On pleure pour avoir 4 euros 50 et quand on les a, on nous prend 1 euro 50…

    Personnalité régionale

    Didier Gesualdi : Vous avez été désigné personnalité régionale de l’année par le Trombinoscope. Il n’y a pas beaucoup de macronistes qui remportent des prix dans la période…

    Oui, ça m’a fait vraiment plaisir. J’ai passé ma vie et je passe ma vie à essayer de développer, de valoriser ce territoire, à trouver des solutions. J’ai amené les Jeux olympiques, je suis allé chercher les fonds européens, je travaille contre la désertification médicale… Là c’est un panel de journalistes qui s’est prononcé et j’ai gagné, moi le Marseillais, le bébé Chirac, un amoureux de la vie qui essaye d’aider son pays. Ou alors peut-être que les autres sont très très mauvais et que c’est pour ça que j’ai gagné.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Nathalie :

    Bonjour. Pourquoi s’obstiner sur la privatisation du rail alors que ça a été une catastrophe partout en Europe ?

    Ça n’a pas été une catastrophe dans toute l’Europe et ça a été très instructif d’arriver les derniers dans l’appel à manifestation d’intérêt, justement parce qu’on a vu là où ça ne marchait pas et là où ça marchait. Ça a été une catastrophe en Angleterre, un semi-succès en Italie, plutôt un échec en Espagne, un semi-succès en Allemagne, d’ailleurs parce que Transdev s’en occupe chez eux. En arrivant les derniers, on a vu ce qu’il ne fallait pas faire. Globalement, c’est plutôt un très gros succès. Sur les trains -à la louche- on perdait 365 millions d’euros par an, un million par jour ! On avait 80% de trains à l’heure. Aujourd’hui on est à l’équilibre et on a 97% de trains à l’heure. On a fait trois lots. Un a été gagné par la SNCF, l’autre par Transdev, ça marche plutôt bien. On vient d’attribuer le troisième, ce vendredi, pour le train des Alpes. C’est la SNCF qui a gagné, loin devant. Donc quand ils veulent, ils peuvent.

    Par ailleurs, on a diminué de 20% le prix des abonnements, parce qu’on a bien réalisé qu’il y a une gare à moins de 10mn de chaque habitation. Comme on ne peut pas faire de routes, d’autoroutes supplémentaires, on refait les gares.