Garantir un héritage durable » : l’expression est revenue plusieurs dizaines de fois lors de la réunion de clôture de la concertation publique sur l’aménagement du site de compétition de Montgenèvre, en vue des Jeux Olympiques 2030. Près de 80 personnes ont participé ce lundi à cette réunion publique organisée par la Solidéo, la société publique en charge de l’aménagement des jeux. L’objectif était de présenter une première synthèse des contributions recueillies dans le cadre de la concertation, qui se tient depuis le 17 août et s’achèvera le 2 octobre.
Levier économique pour les uns, aberration sociale et environnementale pour les autres : les avis divergent. Mais la majorité d’entre eux sont défavorables à la tenue des Jeux sur le territoire. « Même si d’un point de vue quantitatif, ils ne représentent pas la réalité », a rappelé Diane Pouget, la directrice générale adjointe de la Solidéo. Il est prévu que la station accueille l’ensemble des épreuves de ski freestyle et du snowboard. Sont prévus des aménagements de pistes existantes, le remplacement du télésiège du Prarial ou encore le renforcement du réseau de production de neige. « Chaque euro investi l’est de façon durable et au bénéfice des territoires », a lancé Diane Pouget.
de propagande »
Du côté des personnes et institutions en faveur du projet, comme la CCI ou la Fédération française du bâtiment des Hautes-Alpes, on parle de retombées économiques, de création d’emplois, de modernisation de la station et d’augmentation de l’attractivité de Montgenèvre et de l’ensemble du département.
Des promesses auxquelles ne semblent pas croire la plupart des participants à la concertation. « C’est une réunion de propagande », a dénoncé Stéphane Faure-Brac du Caojop, un collectif citoyen opposé à la tenue des JO sur le territoire. Des premiers questionnements ont été émis quant au choix de cette station en particulier. « Grâce à son altitude de plus de 1800 mètres et sa très bonne exposition au nord, la conservation de la neige sera très bonne, a justifié Nicolas Laurent-Brouty, directeur de la maîtrise d’ouvrage. La configuration permet d’accueillir plusieurs épreuves sur un périmètre compact, et est propice à l’accueil de spectateurs. »
Autre inquiétude majeure : l’impact sur la biodiversité. Les opposants dénoncent le défrichage de 5,5 hectares de mélèzes qui sera nécessaire à l’aménagement. « Le tracé a déjà été ajusté pour réduire les impacts sur les zones boisées », a répondu la Solidéo. Le calendrier des travaux sera aussi adapté pour prendre compte « du calendrier écologique ». Des compensations devraient également être mises en place, comme la restauration de zones endommagées. « La meilleure compensation, c’est de s’abstenir », disait un avis, affiché lors de la réunion. Tout le monde ne croit pas non plus à aux retombées économiques. « Il y aura une perte d’attractivité lors des travaux, estime un représentant de l’association Mountain Wilderness 05. Lors des Jeux, il y aura une fuite de la clientèle habituelle. Et tout cela dans quel intérêt ? La station est pleine en hiver, il y a déjà le plein-emploi ! » Quant au coût du projet, qui suscite aussi des critiques, il est estimé à 26,8 millions d’euros. 80% seront pris en charge par l’État et la région Sud et 20% par les collectivités locales. « La majorité de ces aménagements de modernisation auraient de toute façon dû être faits dans les prochaines années », a précisé la Solidéo.
« Vous vous rendez compte de tous les impacts pour 15 jours de festivités ? On dirait un projet des années 1970, mais on a changé de monde ! Est-ce qu’il y aura de la neige en 2030 ? Je suis terrorisé pour les générations futures », s’est exclamé un opposant. « Je partage votre angoisse, a répondu Elie Patrigeon, directeur Impact Héritage et Durabilité de la Solidéo. Mais je crois au pouvoir des Jeux pour rassembler ».

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