[Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (3/3)

Trois ans plus tard, cette reconstruction commence à produire ses premiers effets visibles. Après son retour en National 3 au printemps 2025, le Gaz vient de disputer une saison complexe mais salvatrice. Longtemps installé dans le haut du classement après un début de saison particulièrement encourageant, le club a lutté pour assurer son maintien, objectif affiché depuis le départ, avec la volonté de stabiliser durablement son retour à ce niveau. Car personne, au club, ne souhaite verser dans la précipitation. Le discours est prudent. Le Gaz sait ce que coûte l’emballement.

Ce qui frappe surtout, en parlant avec eux, c’est cette constance dans les mots qui reviennent : famille, travail, humilité, transmission. Des mots simples, des mots presque banals mais qui, ici, semblent encore avoir du sens.

Jean-Philippe me disait, quelques jours plus tôt, que le football était presque secondaire. Que ce qu’il venait chercher au Gaz, même en Régional 2 ou en Régional 1, c’était d’abord un sentiment d’appartenance. En voyant ce soir-là ces quelques centaines de personnes venues pour un simple match amical de préparation, je comprends mieux ce qu’il voulait dire. Personne n’est là pour le prestige. Ils sont là parce que c’est leur club. Ils sont là parce que dans une époque où le football semble souvent se détacher de ses racines populaires, le Gaz continue de faire vivre quelque chose de plus ancien, de plus simple, de plus vrai.

À Ajaccio, le Gazélec n’a jamais été le club le plus riche. Mais il reste, pour beaucoup, l’un des plus profondément enracinés dans la ville. Peut-être parce qu’il lui ressemble. Avec ses excès, ses blessures, ses fidélités.

Il y a une âme ici

En quittant le stade ce soir-là, je repense à cette phrase de Jean-Philippe : « Il y a une âme ici. » C’est peut-être cela, au fond, que le Gaz a réussi à sauver en 2023. Pas seulement une structure. Pas seulement une équipe. Mais une âme. Et dans le football moderne, c’est sans doute ce qu’il y a de plus rare.

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