En séjour au Frioul, des Marseillais dépaysés

C’est la deuxième édition de cette opération qui s’étale du 13 juillet au 28 août, et au vu des retours, on compte bien la pérenniser », est ravi d’annoncer Hassan Guenfici. L’adjoint au maire délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire a pris le départ en navette pour accompagner une nouvelle vague d’hôtes du centre Léo Lagrange, « sur un site exceptionnel du Parc national des calanques, proche et dépaysant à la fois ».

Sur l’embarcadère, six femmes du centre de Malpassé savourent d’avance. « On va même faire de l’aquagym ! », assure Leila, des frites de piscine mousse dans son sac. Mebarkah et Salima, ont déjà pris place dans le bateau. « C’est vraiment bien ce que fait la mairie avec L’été marseillais. J’ai déjà fait des sorties avec le groupe mais jamais de séjour », explique Mehbarka. Retraitée, elle a « découvert le centre social et toutes ses activités. Sans ça je ferais kiné-maison ». Même enthousiasme du côté de la Belle de Mai pour Rahma et ses quatre enfants. « J’ai travaillé tout l’été et le soir j’étais trop fatiguée pour sortir. Je ne suis pas véhiculée et les bus sont pleins à craquer. On n’est pas parti en vacances, alors là, ils vont lever la tête des écrans », se réjouit-elle.

Oublier qu’on est

à Marseille

« Je ne suis allé nulle part cet été, ça me fait mes vacances. Je ne suis jamais venu au Frioul, mais j’ai un bon pressentiment », anticipe Mohamed, 15 ans, alors que la navette accoste au port. « On y est vraiment, ça y est ! », lâche un ado du centre Romain Rolland en mettant le pied sur l’île. Une farandole joyeuse tire ses valises sur la route caillouteuse en direction du centre Léo Lagrange, saluant au passage un autre groupe installé dans le petit-train qui termine son séjour. Accueillis par Laetitia, un T-shirt « créateur de souvenirs » sur le dos, les vacanciers écoutent les consignes. « Pas de chips ni biscuits dans le bungalow, sinon c’est l’invasion de fourmis garantie. En ce moment, il y a beaucoup de bébés gabians, mais évitez de les approcher car… ». Mohamed termine l’explication : « sinon leurs daronnes, elles vont serrer ». Et pour la clim qui doit être coupée en partant, l’ado a encore la réponse : « ça gaspille de l’économie et détruit la terre ».

Tandis que les nouveaux arrivés se répartissent dans les chambrées et prennent leurs marques, le groupe précédent s’installe à table à l’ombre des pergolas. Driss, Nour, Yassine, 13 ans, et la petite Yasmine, 8 ans, font la moue : « On est dèg’ ! De partir ». Nour précise : « tout est tarpin bien ici. Les randos, l’eau turquoise… Même le lait il a pas le même goût qu’à Marseille ». De quoi arracher un rire à Nawal, maman de deux d’entre eux, mais qui en convient : « ne plus faire le ménage, prendre le temps de tout, j’ai laissé le stress et le bruit de Marseille, à Val Plan. Une vraie pause ! ». Nour ajoute : « Et danser aussi tata ! ».

À 5 euros par jour et par personne, le séjour fait un carton. Et on en redemande. Au centre social Joliette, Aïncha, Moinaecha, et Hernani entament leur deuxième année. Le petit groupe semble soudé. Hernani a gardé au poignet le bracelet Léo Lagrange de l’année dernière. « La plongée, le Kayak, la visite du site et la vue de Marseille depuis l’île le soir, c’est magnifique. Les soirées aussi. On a des supers souvenirs », affirment-ils, unanimes. Ruben et Yostin, arrivés depuis peu de Colombie, ont déjà intégré le groupe.

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