En assemblée générale, la CGT prépare une mobilisation du 10 offensive

Camarades, on se serre dans la salle. S’il y a du monde en cette rentrée sociale agitée, tant mieux ! ». Devant une salle comble, Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône, lance l’assemblée générale du syndicat, ce lundi midi.

Une assemblée à laquelle ont répondu présent massivement les organisations du département. Travailleurs du port, de l’énergie, cheminots, salariés de petites entreprises, soignants ou enseignants, tous ont en tête la chute annoncée du Premier ministre et les mobilisations prévues dans la foulée. « François Bayrou est utilisé comme fusible pour poursuivre les mêmes politiques, chaque remaniement a laissé la place à de nouvelles attaques qui vont plus loin dans la casse sociale », campe Jessica Jadé. Avant de planter les objectifs des débats à venir : « Nous devons mettre les conditions pour qu’un remaniement ou une dissolution ne soit pas un frein au mouvement social, mais que ça pousse à la montée du rapport de force. L’enjeu est d’articuler le 10 et le 18 ».

Ça tombe bien, tous s’accordent sur le fait que « les piquets commencent à se préparer ». « À Airbus, on appelle le 10 et le 18. Il faut aller à la grève, on fait des assemblées de secteur dans l’usine. […] La CGT doit contribuer à la construction d’un mouvement par en bas », plaide François Roche, pour le site d’Airbus Marignane. Si certains notent que les mots d’ordre au lancement du 10 « étaient un peu flous », beaucoup insistent sur la nécessité d’une présence syndicale massive à cette date. « Aux finances publiques, on ne croit pas à la convergence des colères, mais celle des luttes. Derrière le 10, il y avait le risque que l’extrême droite s’empare du mouvement. Mais heureusement, le 10 s’est transformé. On va sur des valeurs de progrès social », analyse Frédéric Larrivée, secrétaire général de la CGT Finances publiques du département. Raisonnement similaire pour Jean-Marie Battini, militant CGT à l’Union locale de l’Huveaune : « Les mouvements comme celui-ci ciblent les gouvernements, l’État. Et ils oublient que le donneur d’ordre, c’est le patronat. La CGT rejoint le mouvement sur ses revendications, afin de montrer qui est l’ennemi de classe ». En clair, il invite ses homologues à préparer une grève franche : « Bloquer des ronds-points ne bloque pas la bourse ! »

Une vraie effervescence ?

En tout cas, plusieurs militants font part d’une vraie effervescence dans les entreprises et collectivités pour cette date de mobilisation. « Au conseil départemental, tout le monde est sur le 10. Il faut l’investir à la manière de la CGT : on a l’habitude de mener des combats, on est là pour prendre part », relève Valérie Marques. Faouzi Jacquot, pour la CGT Croix-Rouge, résume finalement le ressenti de bon nombre de syndicalistes : « Pour la première fois, je n’ai pas eu besoin d’aller vers les salariés pour leur parler de cette date. Ce sont eux qui sont venus à moi. Il faut se saisir de ça ! ». Même retour pour les travailleurs de la Caisse primaire d’assurance maladie. « On a lancé le préavis, les agents viennent nous voir aussi. La volonté, c’est plus d’écoles, plus d’hôpitaux, plus de salaires. On doit organiser une convergence », explique Sébastien Kassapian, secrétaire de la CGT CPAM 13.

Justement, la question de la grève est bien le nerf de la guerre pour les militants. Préavis de six mois pour les cheminots, un autre à l’AP-HM, appel et préavis pour la RTM, piquet à venir à l’usine Arkema à Marseille… À deux jours de cette première étape de la riposte sociale, les retours semblent plutôt positifs. D’autant que la journée intersyndicale du 18 est aussi dans le viseur. Avec le flou persistant sur l’avenir politique du pays. « La réussite de ces dates n’est pas une fin en soi, l’échec ne sonnerait pas le glas non plus. Faisons tout pour mobiliser, mais ne nous arrêtons pas là », conclut Marc Pietrosino, pour l’UL CGT Huveaune. En clair, un combat au long cours qui débute ce mercredi.

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