Syndicats d’enseignants, élèves et organisations de parents d’élèves l’avaient exigé par la grève et dans la rue les 26 et 31 mars : l’école publique a besoin de plus de moyens. La carte est passée de 152 fermetures de classes programmées à 143 pour 88 ouvertures, après débat, « quelques avancées » pour les syndicats, mais les moyens restent « insuffisants ».
Avec plus d’une trentaine de suppressions de postes envisagées dans l’académie d’Aix-Marseille pour le premier degré, dont une vingtaine dans les Bouches-du-Rhône, le CSA-SD qui se tenait vendredi matin en préfecture s’annonçait tendu. Des bougés ont eu lieu et la carte peut encore subir des modifications jusqu’à la rentrée en fonction des nouveaux inscrits ou de problématiques non encore débattues. Ce sont donc 105 fermetures de classes qui sont programmées ainsi que 38 classes dédoublées en éducation prioritaire pour 71 ouvertures, plus 14 en éducation prioritaire ainsi que trois en très petites sections.
À Marseille, le centre-ville reste le plus touché par les fermetures, notamment dans les 1er et 2e arrondissements avec quatre classes en REP+ en moins et une autre à Franklin-Roosevelt (5e) où une classe avait déjà été supprimée à la rentrée dernière. En revanche, dans le 6e arrondissement l’école élémentaire Friedland regagne sa classe, comme celle de Saint-Barnabé dans le 12e et le secteur de Malpassé (13e) récupère une classe REP+ aux Oliviers.
Aucun bougé pour Aix-en-Provence qui perd 11 classes. Mais pour le reste du département, des fermetures ont aussi été annulées : la maternelle Anaïs-Gibert et la primaire Albaron d’Arles conservent chacune leur classe, comme les écoles élémentaires Simone-Thoulouze à Carry-le-Rouet, la primaire Claudie-Haigneré des Pennes-Mirabeau, la maternelle la Tour à Mimet et l’élémentaire de Saint-Étienne-du-Grès. Quant à Gardanne, si l’école Paul-Cezanne ne perd plus de classe, l’ouverture d’une classe REP à Beausoleil n’est plus à l’ordre du jour. Pour les classes en dédoublement, Istres est recrédité sur Jules-Ferry.
Sur les moyens consacrés à l’inclusion, on ne note aucune ouverture mais une fermeture de classe Ulis pour élèves en situation de handicap, et cinq fermetures de postes en CMPP, Sessad, IME… enfin, zéro création de poste en classe recevant des élèves allophones (UPE2A). De même aucun poste de brigade n’a été annoncé en dépit de difficultés chroniques de remplacements. Enfin, les seuils de nombre d’élèves par classes ont été déterminés en fonction de l’indice de position sociale : 20 élèves pour un IPS inférieur à 75, 23 pour un IPS entre 79 et 95 et 26 pour un IPS de plus de 95.
Dans la droite ligne du budget d’austérité Macron-Lecornu, cette carte scolaire répond « à une vision purement arithmétique, au lieu de ne permettre de profiter de la baisse démographique dans certains secteurs pour améliorer les conditions de travail des enseignants et assistants d’éducation comme les conditions d’apprentissage des élèves » estime Sébastien Boistel, élu au conseil syndical FSU-SNUipp 13, dont les élus ont voté contre la carte proposée par la Dasen. De même pour les élus des syndicats CGT et FO. L’Unsa s’est quant à elle abstenue et le SIAES n’a pas siégé. « Et pour les postes, les mouvements vont être difficiles à opérer », ajoute le syndicaliste. Dans le second degré, les mobilisations doivent encore tomber.
« Une vision purement arithmétique »

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