Surnommé le Mirabeau de la Populace et des Sans-Culottes, Danton était, pour l’académicien Hippolyte Taine, un esprit sain, un génie, original et spontané, possédant l’aptitude politique. En un mot, il était bonhomme.
Pour le tribunal révolutionnaire qui l’a jugé et envoyé à l’échafaud, il avait pour projet liberticide de détruire le gouvernement républicain et de rétablir la royauté. Donc un démon. À cette accusation, des plus inattendues, dont la lecture sera faite par Saint-Just le jour même à la Convention, Georges-Jacques répondit (on dirait du Socrate) : « Les lâches qui me calomnient oseraient-ils m’attaquer en face, qu’ils se montrent, et je les couvrirais eux-mêmes de l’ignominie, de l’opprobre qui les caractérise ? »
Bonhomie
ou malveillance
Quatre-cent-soixante pages furent ainsi nécessaires à l’auteur pour nous faire comprendre pourquoi Robespierre tenait à l’œil celui qui n’avait pas attendu l’apparition d’un Hugo pour dire qu’après le pain, l’éducation était le premier besoin du peuple. Ni celle d’un Stendhal pour hurler que, pour vaincre, il nous faut de l’audace. Vous serez d’accord, lecteurs, pour découvrir par vous-mêmes si ce livre vous a convaincus de la Bonhomie de Danton ou de sa malveillance.
Qui se hasarderait à nier qu’il y a en chaque être un je-ne-sais-quoi mi-ange mi-démon, et que cette double nature ne dépend pas de sa volonté, mais des circonstances ? Le souffle qui anime ces pages est tout à l’honneur de Jean-Paul Desprat et des idées qu’il défend.
Le Rocher, 24 euros

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