Les éleveurs et exportateurs de viande bovine ne veulent pas entendre parler de vaccination contre la dermatose nodulaire, car celle-ci ferait perdre à la France son statut de pays « indemne », rendant lesdites exportations plus difficiles voire impossibles. L’abattage de la centaine de têtes de la ferme ariégeoise tient pour eux d’un dommage collatéral. Les professionnels du monde agricole sont sur une ligne diamétralement opposée. De la Confédération paysanne à la Coordination rurale en passant par les militants de la FNSEA – à contre-courant de leur direction – ces syndicalistes mettent la pression sur le gouvernement pour étendre et accélérer la vaccination et sauver les petites exploitations qui peuvent l’être. Ils s’inscrivent dans la réalité quotidienne du travail.
Les citoyens méritent mieux
À la menace de l’épizootie s’en ajoute une autre à plus ou moins long terme : la signature de l’accord de libre-échange avec les pays d’Amérique du Sud du Mercosur. Une concurrence jugée déloyale. Une grande porte ouverte à des produits à bas coût qui plongeraient un peu plus dans le marasme des centaines de petits élevages, incapables de rivaliser. Les grandes firmes agro-industrielles, en revanche seraient toujours en capacité de tirer leur épingle de ce jeu aussi libéral que mortifère. Où seuls les bénéfices à grande échelle ont droit de cité. Notre agriculture, nos élevages et les citoyens français et européens méritent mieux que d’être bradé sur l’autel du capitalisme soutenu, encore aujourd’hui, à bout de bras par l’Union européenne. Envers et contre tous et en dépit du bon sens.

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