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  • Venez découvrir l’écosystème de Provence

    Venez découvrir l’écosystème de Provence

    C’est une journée festive qui attend les familles, ce samedi, au théâtre de Verdure et en centre-ville de Saint-Paul-les-Durance, à l’occasion de l’événement Nature en sCENe, organisé par le Conservatoire d’espaces naturels en Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca). « C’est une grosse journée qui attend les visiteurs autour de trois grands axes : des sorties natures, des conférences, mais aussi des stands et ateliers pour petits et grands », explique Emeline Pujolas, chargé de la vie associative au CEN Paca et coordinatrice de l’événement. « Il y aura également des expositions, une sur des dessins naturalistes et l’autre sur des photographies animalières. »

    Ainsi, les habitats, faunes et flore en bord de Durance n’auront plus aucun secret pour vous. En ce qui concerne les conférences, elles porteront sur la forêt, les fleuves et les rivières. « Saint-Paul-lez-Durance est l’endroit idéal pour cette nouvelle édition, car c’est un carrefour entre différents territoires : le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, mais aussi le Var », ajoute la coordinatrice, qui précise : « On veut montrer la richesse de la région et de ce territoire au bord de l’eau, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la biodiversité d’une richesse incroyable. »

    Information et sensibilisation du public

    Nature en sCENe est une grande journée festive, gratuite et conviviale, où la sensibilisation à la biodiversité y est prégnante. « On observe depuis plusieurs années un déclin de la biodiversité, ce n’est un secret pour personne et nous, nous souhaitons porter la voix du vivant qui n’est pas en mesure de s’exprimer », précise Emeline Pujolas. « Sans compter qu’observer la nature ça fait toujours du bien à tout le monde. »

    La journée est aussi une opportunité de célébrer le 50e anniversaire du Conservatoire. « Nous sommes l’une des rares associations régionale créée par une petite poignée de naturalistes passionnés et qui a su perdurer dans le temps. Nous avons, pendant toutes ces années, poursuivi notre mission et aujourd’hui, nous comptons 70 salariés », continue-t-elle. L’association, depuis sa création, à pour objectif la préservation du patrimoine naturel de la région. Son action s’appuie sur une approche concertée au plus près des enjeux environnementaux, sociaux et économiques des territoires.

    « Aujourd’hui, nous poursuivons nos missions en ce qui concerne la connaissance de la biodiversité, la protection des espaces naturels et des espèces, la gestion de sites naturels, mais aussi l’information et la sensibilisation du public, l’un de nos axes majeurs, ce samedi », souligne Emeline Pujolas. « Nous sommes fiers de pouvoir proposer un événement de cette envergure symbole de notre accroissement, mais aussi du fait que nous sommes connus et reconnus. »

    La journée se clôturera avec un apéritif à partir de 19h, où les partenaires historiques du Conservatoire, et notamment la commune de Saint-Paul-lez-Durance, seront présents pour célébrer cet anniversaire.

    Samedi de 10h30 à 19h30.

    Gratuit.

  • [Recette] Ricotta maison, figues fraîches et amandes torréfiées

    [Recette] Ricotta maison, figues fraîches et amandes torréfiées

    Les ingrédients

    Pour quatre personnes, il vous faudra :

    – Un litre de lait entier

    – 1 citron et son zeste

    – Une poignée d’amandes torréfiées

    – 4 figues fraîches

    – 1 linge type torchon ou gaze propre

    – De la crème liquide à 35%

    – Sel, poivre, huile d‘olive

    – Un peu de persil frais haché

    Faire cailler le lait

    Pour débuter la recette, versez votre lait entier dans une casserole et faites chauffer à feu fort jusqu’à ce qu’il atteigne environ 92°, avant ébullition. L’idéal est d’utiliser un thermomètre, mais si vous n’en avez pas, l’astuce du chef est d’arrêter le feu lorsqu’une petite mousse se forme sur la surface du liquide « un peu comme un cappuccino » et là, le lait est à bonne température.

    Pendant que le lait chauffe, vous pouvez zester l’entièreté du citron, de préférence bio. Filtrez ensuite le jus. Si vous voyez que votre citron ne donne que peu de jus, n’hésitez pas à en rajouter. Le citron fait cailler le lait et ainsi séparer la matière solide du petit-lait.

    Une ricotta onctueuse

    Une fois que le lait est prêt, retirez la casserole du feu, versez le citron dans le lait chaud et mélangez à la maryse. L’action de l’acide est instantanée.

    Laissez reposer à température ambiante pendant une dizaine de minutes. Filtrez ensuite dans un chinois au-dessus d’un saladier et déposez un linge sur le chinois pour filtrer le plus finement possible. Laissez égoutter le tout entre 15 et 30 minutes. Attention à ce que la future ricotta ne soit pas en contact avec le petit-lait, sinon, ça ne fonctionne pas.

    Pendant le temps de repos, vous pouvez concasser vos amandes à la main, au pilon ou au mixeur et préalablement torréfiées au four pendant 10 minutes à 180°. Coupez les figues en quartiers et réservez.

    Une fois que la ricotta est égouttée, débarrassez dans un saladier et ajoutez les zestes du citron, un peu de crème liquide, une belle lampée d’huile d’olive, du sel et du poivre à votre convenance. Mélangez bien pour amalgamer le tout et avoir une ricotta lisse et onctueuse.

    Pour le dressage, formez trois petites quenelles à l’aide de deux petites cuillères et disposez-les dans l’assiette, un filet d’huile d’olive, un tour de moulin à poivre, les figues, une pincée de persil et les amandes. Bon appétit !

  • [Sciences] Taille des animaux : il y a mille ans, la main humaine a tout changé

    [Sciences] Taille des animaux : il y a mille ans, la main humaine a tout changé

    Il y a 8 000 ans au Nord-Ouest de la Méditerranée débute le Néolithique : les humains commencent à pratiquer l’agriculture et à élever bœufs, chèvres, moutons et autres cochons. Parallèlement, renards, cerfs et lapins continuent de vivre à l’état sauvage. Pendant des millénaires, la taille des animaux domestiques et sauvages évolue de manière synchrone avec des périodes de diminution et d’augmentation. Il y a 1 000 ans, tout change : la taille des animaux sauvages plonge quand celle des animaux domestiques augmente. « L’impact humain s’intensifie et devient plus important que l’effet de l’environnement, justifie Allowen Evin, bio-archéologue à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier et dernière autrice d’un article publié dans PNAS. C’est la première fois qu’une comparaison entre sauvage et domestique est menée, et en plus sur une période aussi longue ».

    Ces résultats sont le fruit de l’analyse minutieuse de milliers d’os découverts sur 311 sites archéologiques du Sud de la France. « La région s’y prête, insiste la chercheuse. Les sites y sont nombreux et bien étudiés ». Le tout a été comparé à ce qui est connu de l’environnement dans la région à la même période, notamment via les pollens retrouvés qui donnent des indications sur la végétation, qui donne elle-même une idée du climat. Des indices sur l’évolution des températures et de l’hydrométrie se cachent aussi dans les grottes. La température de l’eau en Méditerranée aux mêmes périodes est aussi connue.

    Quatre phases

    Les scientifiques distinguent quatre phases. Entre -8 000 et -4 000 ans, animaux domestiques et sauvages rétrécissent tous, puis grossissent jusqu’à -1 700 ans avant de rétrécir à nouveau. « Ces évolutions synchrones indiquent que l’environnement était le moteur principal des changements de taille des animaux », souligne Allowen Evin. Par exemple avec un climat impactant la végétation, et donc les ressources et l’habitat des animaux – domestiques comme sauvages. Puis une divergence forte s’opère il y a 1 000 ans.

    Pour l’expliquer, l’hypothèse avancée est celle d’une intensification de la sélection humaine vers des animaux domestiques plus gros, plus productifs. Quant aux animaux sauvages, la baisse de la taille s’expliquerait par une fragmentation de l’habitat et une intensification de la chasse. « Elle induit un stress et un accès plus difficile aux ressources, ce qui peut impacter la taille des animaux, précise Allowen Evin. Et chasser les plus gros finit par impacter leur taille moyenne ».

    La question est maintenant de savoir si cette évolution est généralisée, dans des endroits où le climat et l’environnement sont différents. « L’idéal serait que notre étude soit copiée par d’autres », estime Allowen Evin. Par exemple dans le Nord de la France. Voire plus à l’Est, au Proche-Orient, là où a débuté l’élevage il y a environ 10 000 ans.

    REPÈRES

    Néolithique

    C’est la période qui voit apparaître l’agriculture et l’élevage, les humains délaissant leur vie de chasseur-cueilleur. Au Nord-Ouest de la Méditerranée, le Néolithique débute il y a environ 8 000 ans. Mais il est né il y a environ 10 000 ans au Proche-Orient.

    Demeter

    Financé entre 2020 et 2025 par le Conseil européen de la recherche, ce projet étudie les changements dans l’agro-biodiversité des plantes et des animaux au Nord-Ouest de la Méditerranée sous l’effet de facteurs environnementaux et socio-économiques sur les 8 000 dernières années.

    225 780

    C’est le nombre d’os identifiés sur 311 sites archéologiques du Sud de la France ces 30 dernières années et qui correspondent à des animaux ayant vécu sur les 8 000 dernières années. Plus de 81 000 mesures ont permis d’évaluer l’évolution de la taille des animaux sauvages et domestiques.

  • [Entretien] Allowen Evin : « Le Sud de la France est peut-être là où a été domestiqué le lapin »

    [Entretien] Allowen Evin : « Le Sud de la France est peut-être là où a été domestiqué le lapin »

    La Marseillaise : Vous montrez que, depuis 1 000 ans dans le Sud de la France, les animaux sauvages rétrécissent. À une exception : le lapin…

    Allowen Evin : Effectivement, c’est un cas à part car il a potentiellement été domestiqué dans la région. L’aire naturelle de distribution du lapin sauvage – ancêtre du lapin domestique – est la péninsule ibérique et le Sud de la France.

    Il est donc sauvage au début de notre période d’étude – il y a 8 000 ans -, puis domestique à la fin. Même si nous ne savons pas encore exactement quand et où il a été domestiqué.

    Même chose du côté des animaux domestiques : depuis 1 000 ans, les bœufs, les moutons, les cochons et les poules grossissent, mais c’est moins clair pour la chèvre…

    A.E. : C’est vrai, mais cela peut être dû à un manque de données pour les derniers siècles. Il nous en faudrait plus pour confirmer cette diminution.

    L’augmentation de la taille des animaux domestiques depuis 1 000 ans peut-elle s’expliquer par l’introduction de nouvelles lignées ?

    A.E. : Ce n’est pas exclu, mais cela entre dans l’intensification de la sélection pour l’amélioration de la productivité. L’introduction de nouvelles lignées en archéologie dans le Sud de la France est méconnue. Et pour cause : c’est difficile à détecter avec des données morphométriques. Nous savons que de nouvelles lignées ont été importées à l’Âge du Bronze. Il est possible que cela se soit produit à nouveau par la suite. Si nous voulions l’observer, il faudrait faire de la paléo-génétique ou étudier les régimes alimentaires des animaux.

  • [Le Grand entretien] Kassav’ : « La créolisation, on la retrouve partout »

    [Le Grand entretien] Kassav’ : « La créolisation, on la retrouve partout »

    La Marseillaise : Suite à la disparition en 2021 de Jacob Desvarieux (leader et cofondateur du groupe), vous avez déclaré : « Après sa mort, pour moi, Kassav’, c’était fini. » Qu’est-ce qui vous a redonné du souffle pour poursuivre l’œuvre du groupe ?

    Jocelyne Béroard : Quand je disais cela, ce n’était pas une affirmation. On se demandait alors comment Kassav’ pouvait continuer après la mort de Jacob, car il avait une voix particulière et un tel charisme… Pratiquement tous les gros tubes du groupe sont écrits, composés ou chantés par lui. Maintenant, chacun a la même importance. Si Kassav’ a pu offrir au reste du monde sa musique qui venait de toutes petites îles, c’était justement grâce à la réunion de tous ses membres. On avait déjà déploré, en 2010, le décès de Patrick Saint-Eloi, puis celui de Jacob derrière. On finit par se poser des tas de questions. D’abord, parce qu’on monte en âge. On se demande si on a encore l’énergie pour continuer sans eux. Il a donc fallu faire cet hommage à Jacob. ça nous a permis de reprendre confiance. Et on lui devait ça. On a donc cherché des gens qui pouvaient nous accompagner sur scène, d’autant que Jean-Philippe Marthély, aussi un élément majeur de Kassav’, avait fait un AVC. On a eu la chance de rencontrer des musiciens qui avaient le talent et l’énergie pour nous accompagner et continuer l’aventure.

    Le zouk est, à l’image des Antilles, un mélange de toutes les cultures qui la composent. Selon vous, Marseille, cette cité carrefour où vous venez jouer, est-elle aussi une terre de créolisation ?

    J.B. : Il est vrai que Marseille est le lieu d’énormément de rencontres, un port avec des bateaux qui arrivent de partout, notamment d’Afrique. Après, chacun défend son héritage, sa culture. Mais les enfants qui naissent en France créent autre chose, c’est ça la créolisation. Et la créolisation, en fait, on la retrouve partout dans le monde aujourd’hui avec le développement et l’accès aux moyens de transport. Les voyages permettent de s’habituer aux autres cultures, de devenir plus tolérant.

    Le producteur de Kassav’, Georges Debs, avait déclaré en 1988 à « L’Humanité », après le succès de l’album « Vini Pou » : « Pour la première fois de l’histoire des Antilles, un groupe authentiquement antillais est récompensé nationalement. Ce ne sont pas les doudous et les plages qu’on récompense, mais notre culture et notre créole ». Vous sentiez-vous méprisé par l’industrie à l’époque ?

    J.B. : Je n’utiliserais pas le mot de mépris, mais plutôt d’ignorance. Et il ne faut pas oublier que les États-Unis envahissaient le monde musicalement. Même la variété française avait du mal à subsister et certains chanteurs se mettaient parfois à chanter en anglais. Ils rêvaient d’exploser en Amérique, alors que les Américains avaient la main forte sur l’industrie. Nous qui venions de petites îles qui comptent 350 000 habitants et 80 km de long, on ne faisait pas le poids. Certains leur avaient vendu une vision doudouiste des Antilles : cocotiers, sable blanc, doudou, accras, punch, fête… Eh bien non, chez nous, comme partout ailleurs, on travaille, on réfléchit à une culture, une musique… Et cela, il fallait le faire admettre à tous.

    Kassav’ a même commencé à cartonner dans le reste du monde avant de le faire en France…

    J.B. : Oui, on avait besoin d’un public, d’assurer nos attaches au niveau local. Cela nous a rendus beaucoup plus fort pour aller ailleurs. L’Afrique a vite appelé Kassav’. Ensuite, on est revenu par ici. Car quand ils ont su les scores qu’on faisait dans les concerts, jusqu’à 80 000 personnes dans les stades, tout le monde a sursauté. Un gros truc est en train de se passer et on n’est pas au courant, ont-ils pensé.

    À vos débuts, vous définissiez le zouk comme « la musique antillaise actuelle » qui « amalgame les cultures ». C’est toujours le cas ?

    J.B. : Ce qui nous avait nourris au départ, c’était les musiques traditionnelles de chez nous, comme le gwo ka. ça vient de nos arrières grands-parents, qui jouaient du tambour. Aujourd’hui, c’est le même principe, on peut les mélanger à tout : de la musique classique, du jazz, du RnB… Désormais, on se nourrit de tout ce qu’on peut. Avec juste un ordinateur, on peut vagabonder dans les musiques du monde. La base du zouk, c’était ça. Et c’était important qu’on ne soit pas une pâle copie des Américains, ni de qui que ce soit. Même si on aimait le reggae par exemple, on n’allait pas se mettre à en faire, car on avait autre chose de plus original à offrir au reste du monde.

    Votre show actuel s’ouvre par du gwo ka, musique traditionnelle de Guadeloupe jouée avec des tambours, entre autres symboles de résistance pendant le Code noir, qui en interdisait la pratique. Est-ce que la jeunesse antillaise s’en empare encore pour porter ses aspirations face à un état central qui les laisse encore à l’abandon ?

    J.B. : Je crois que dans les gens ont besoin d’avoir leurs propres réponses dans tous les pays. Ça vous ramène à votre enfance et culture. Même en ce qui concerne les gens nés en France et qui n’ont jamais vécu aux Antilles : quand leurs parents leur font découvrir la musique du pays, ça leur parle. C’est dans les tripes. Quelle que soit l’évolution, il y a toujours une référence à l’origine, qui fait qu’on appartient à un groupe de personnes.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • La daube s’invite dans les rues de la ville

    La daube s’invite dans les rues de la ville

    Mars à table est de retour à Marseille pour une nouvelle édition marquée cette fois-ci par la daube. Ode à la terre avec la traditionnelle daube de bœuf, ou à la mer avec la daube de poulpe, c’est ce plat savoureux empreint du patrimoine gastronomique provençal qui est à l’honneur lors de ce festival qui débute ce samedi, à l’Estaque, avec un grand banquet ouvert à tous.

    « La cuisine se partage, c’est un moment convivial où ceux qui cuisinent prennent plaisir à régaler ceux qui en profitent », souligne Rébecca Bernardi, adjointe au maire en charge du commerce et de l’artisanat. Pour débuter les festivités, c’est le restaurant Sage, mené par Loris de Vaucelles, qui est aux commandes. Un « honneur » pour ce jeune restaurant implanté rue Sainte. Daube de poulpe, daube de bœuf… Le client, ce samedi, est roi et profite des différents mets préparés par ces premiers hôtes. « C’est un événement que nous voulons accessible à tous et populaire. Pour que le plus grand nombre puisse venir profiter de ce moment de convivialité, nous avons mis en place des prix attractifs », confie le cofondateur de Sage.

    Sur place, pas de chichi, les premiers arrivés seront les premiers servis et ce jusqu’à épuisement des stocks. Mais, si vous n’avez pas la chance de vous attabler ce jour-là, les commerces et restaurateurs aux alentours se feront un plaisir de vous accueillir. « Nous n’avons pas pour objectif de mettre en concurrence les professionnels, au contraire, c’est une journée qui fait rayonner un quartier et souvent, les terrasses aux alentours du banquet sont elles aussi pleines », précise Jean-Pierre Cochet, président de l’office de tourisme.

    Tout au long de cette journée, vous aurez également la possibilité de profiter de visites guidées du quartier dispensées par l’office de tourisme de la ville. Il y aura de nombreuses animations musicales et les enfants y trouveront aussi leur compte avec des jeux installés pour eux.

    Prochaines sessions du grand banquet prévues le 11 octobre à l’Escale Borély et le 18 sur la place Bargemon. Et s’il vous est impossible d’y assister, plus de 70 restaurants sont partenaires de l’événement et mettent, eux aussi, à l’honneur les daubes sur leur carte.

    A.Lh.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À Cantini, Pinocchio suspendu au bout d’une cordelette

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À Cantini, Pinocchio suspendu au bout d’une cordelette

    Parfaitement absurdes, voilà que surgissent d’un néant plus ou moins burlesque, ce transpercement, cet effilement et cette excroissance, la pointe difficilement terminable de son nez. L’extravagance de ce plâtre rejoint les terreurs irrationnelles qu’éprouvent les enfants et les adultes. Un croc et les nœuds d’une cordelette empêchent les déséquilibres qu’il devrait provoquer.

    Ce serait une agonie sans recours possible. Une œuvre de rebrousse-poil qu’on peut trouver brutale, démesurée, carnavalesque et sarcastique. Quelques-uns, c’est assez facile, estiment carrément phallique le développement de son nez. Plus ou moins dérisoires, sa suspension et son épuisement ressemblent à un début d’exorcisme. Ce malheureux est ambivalent, Pinocchio est un frère qui engendre de la compassion.

    C’est une œuvre de l’après-guerre que Giacometti remanie, au lendemain d’une exposition de 1948 dans la galerie Pierre Matisse de New York. Il s’acharne à réaliser à Paris en 1949 cette seconde version présentée à Cantini. Dans sa monographie Yves Bonnefoy explique qu’à l’époque de la création de cette pièce, Alberto Giacometti sortait d’un grand désarroi. Il était traumatisé par le décès vers trois heures du matin, de son voisin Tonio, le gardien des ateliers de la rue Hippolyte-Maindron. Pour se délivrer de ce qui le hante, il aurait convoqué ses souvenirs d’un crâne-trophée aperçu au musée de Bâle. Dans un essai édité chez Gallimard, Jean Clair évoque à propos de cette face de Carême, Nicolas Gogol et Stanley Kubrick. Il souligne qu’en cette occurrence, Giacometti s’éloigne franchement d’André Breton et des utopies Surréalistes. Sans futur envisageable, il se rapproche de Pablo Picasso et de la revue Documents de Georges Bataille où furent publiées des reproductions de masques et de crânes océaniens.

    À revenir voir sans plus attendre. Depuis jeudi et jusqu’au moment de la clôture définitive, demain soir 18h, ce dimanche 29 septembre, la Ville de Marseille offre des entrées libres et gratuites rue Grignan, chez Jules Cantini, exposition « Alberto Giacometti, Sculpter le vide ».

    Plâtre et métal peint, format 82 x 37 x 71 cm

  • Une exposition de Liliane Giraudon à propos des détours et des sentiers de la création

    Une exposition de Liliane Giraudon à propos des détours et des sentiers de la création

    Osons l’écrire d’emblée. L’exposition qui s’ouvre en fin de journée au Cipm est foisonnante, déconcertante, généreuse et radicale. Difficile à saisir quand on connaît mal les codes et des enjeux de la poésie des 40 dernières années, quand on a rarement croisé les livres de cette autrice née dans le Vaucluse, habitante de Marseille, pas loin de la Place Castellane, depuis 1981.

    Cette inquiétude se dissipe quand on se laisse surprendre par deux grands formats de ce parcours, le dispositif en fond de salle de trois calicots à propos des luttes et des identités féministes, ainsi qu’un enchevêtrement de lettres rouges et noires tracées en mémoire de l’américaine Mina Loy. On parie qu’avec sa poétique franchement visuelle, l’œuvre de Liliane Giraudon attirera de plus jeunes générations qui l’appréhenderont à leur façon. Dessiner, griffonner avec de l’humour, tenter d’éclaircir un instant de vie avec des signes sur une page, Jean Dubuffet et Frédéric Pajak estiment que c’est à la portée de tous.

    Sous vitrines et sur les murs, voici les ateliers et les chambres d’écho d’une écrivaine. Ces vagues changeantes de signes qui déferlent volontiers, ce sont des sursauts et des étoilements, une sorte de murmure continu : on osera penser que c’est à la fois minuscule et monumental. On aperçoit un hommage à Robert Walser tramé avec un ami dessinateur, Jean-Jacques Ceccarelli, des calligrammes et des carnets de journaux intimes. Quand on scrute les balafres d’un crayon de couleur, des traits d’ironie, des moments de révolte, l’humour noir ou bien la crudité de tel ou tel manuscrit, on comprend à quel point les recherches d’une écrivaine peuvent devenir énigmatiques, souterraines et clandestines. Certaines fois subversives ou bien scandaleuses.

    Poésies visuelles
    et féminismes

    On revoit aussi avec des sommaires incroyablement variés, une revue des années 1980, Banana Split, délibérément pauvre, encollée rapidement, sommairement imprimée avec une photocopieuse. On se rappelle que Liliane Giraudon qui fut avec son compagnon de vie Jean-Jacques Viton (1923-2021) la responsable de ce périodique du « poétariat international », racontait « avoir mis dans cette revue l’énergie d’une tenancière de bordel ». Plus loin, sur un autre panneau on voit des photographies de Laurent Goumarre et de Marc-Antoine Serra, ou bien on suit en boucle un montage filmique de Robert Cantarella.

    Aperçues sur la photographie de cet article, quatre personnes sont les responsables de cette exposition. Liliane Giraudon a grandement aidé la commissaire de l’événement, Cécile Marie-Castanet tout en lui laissant le soin d’investiguer pendant plusieurs mois afin d’aiguiser les matériaux et les transitions du parcours. On remercie pour leur forte implication Giulia Camin et Michaël Batalla qui complètent cette présentation avec quelques-unes des précieuses ressources en livres et documents de la bibliothèque du Cipm.

    Pensée sans besoin d’unité, cette exposition circule parmi les complicités de plusieurs époques d’une vie. On ne se focalise pas sur les embardées de Liliane Giraudon, ses vracs et ses chances, sa « rage » ou sa « rabia », dirait Pasolini. La visite ne sera jamais exhaustive, on reviendra révéler la prochaine fois un nouveau fil d’Ariane, ainsi qu’un nouveau labyrinthe. Un arpenteur comme Michel de Certeau aurait apprécié, on emprunte des lignes d’erre dont le dénouement reste aléatoire.

    Pour sa part, dans le droit fil des choix de Paul Otchakovsky-Laurens décédé en 2018, le directeur des éditions Pol qui sera présent pour l’inauguration de cette exposition, Frédéric Boyer, interrogé au téléphone, place très haut dans son catalogue l’œuvre de Liliane Giraudon : en immédiate proximité avec des auteurs comme Christian Prigent et Dominique Fourcade. Fidèle à ses luttes de la fin des années 1970, cette écrivaine continue de muer, « rencontre des urgences, les catastrophes les plus contemporaines ». Ses livres sont à la fois provocateurs et sincères. Elle traverse des textes anciens, la mythologie de l’amazone Penthélisée qui déchire Achille, la tristesse et les violences de plusieurs deuils, la modernité comme la souhaitaient Reverdy et Gertrude Stein. « La chose rare, ajoute Frédéric Boyer, c’est que de plus jeunes générations, pas seulement les queers, la lisent passionnément ».

    Vernissage exposition Madame himself & l’humour poétasse, Cipm, samedi de 18 à 21h. Programme de la soirée, entrée libre, Mallarmé Memory Boat, performance sonore d’Alessandro Bosetti et Liliane Giraudon et La poésie inflammable a-t-elle un goût ? performance culinaire de Ryoko Sekiguch

  • [Science] « Les flamants roses camarguais ont un comportement migrateur unique »

    [Science] « Les flamants roses camarguais ont un comportement migrateur unique »

    Sébastien Roques :Non c’est assez unique. En général, au sein d’une espèce d’oiseaux migrateurs, il peut exister des populations au nord qui migrent en hiver tandis que les populations plus au sud ne migrent pas. Mais ces populations sont séparées. Les flamants roses de Camargue sont une même population au sein de laquelle les comportements diffèrent. C’est très intéressant pour étudier les effets de la migration.

    Sait-on pourquoi ils ont ces comportements différents ?

    S.R. : Nous avons encore du mal à l’expliquer. Normalement la migration s’explique par les conditions météo : si elles deviennent trop difficiles en hiver, les oiseaux migrent vers le sud. Si elles sont clémentes, ils restent. Mais en Camargue, les flamants roses sont soumis aux mêmes conditions. Pourtant certains partent et d’autres restent. Peut-être est-ce un comportement héréditaire. Il nous faudrait l’étudier via de la génétique et des liens parent-jeune.

    Avec le réchauffement climatique, les flamants roses camarguais vont-ils arrêter de migrer ?

    S.R. : C’est aussi une chose que nous aimerions déterminer : comment la proportion de résidents et de migrateurs pourrait évoluer à l’avenir. L’hypothèse voudrait que les résidents prennent le dessus car non seulement les hivers sont plus doux en Camargue, mais les conditions environnementales dans les zones d’hivernage sont aussi plus variables avec des sécheresses ou des pluies intenses.