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  • [Le Grand entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    [Le Grand entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement en tournée pour votre dernier album, « Charlotte ». Un album intimiste où vous vous dévoilez. C’était un besoin pour vous à ce stade de votre carrière ?

    Vitaa : Oui, complètement, cet album est celui où je suis allée le plus loin. Déjà par le titre de l’album, je révèle mon vrai prénom et c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire pendant ces années de carrière, tellement je me suis attachée à créer une armure derrière Vitaa. Pour cet album, je me suis dit qu’il était temps de tout révéler. Mes failles, les doutes, les complexes. C’est mon dernier album solo et j’avais besoin de cette mise au point, de vider mon sac. Je suis en train d’organiser la suite, on me verra moins sur le devant de la scène, mais je me mettrai davantage au service des autres tout en continuant à faire ce que j’aime.

    Montrer votre vulnérabilité, vos failles au grand public, est-ce aussi un moyen d’aider les femmes à s’accepter ?

    Vitaa : J’ai réalisé, avec le temps et quand je suis sur scène, que j’ai la chance d’avoir un public qui a grandi avec moi. Ce sont essentiellement des femmes de ma génération qui sont devenues mamans parfois, qui font 5 000 choses en même temps, qui travaillent, qui sont éprouvées et c’est aussi ce que je raconte dans cet album, en tournée et dans un documentaire disponible sur TF1+ . En fait, je veux dire que je suis une femme comme tout le monde. Personnellement, je ne m’aime pas. J’essaie d’être la meilleure des mamans possibles, mais je suis en tournée tout le temps, j’ai une culpabilité énorme de rater des moments avec mes enfants… Je sais qu’on ressent toute la même chose.

    Vous ne cachez plus vos échecs, vous racontez votre parcours et les remarques qui ont été faites sur votre physique notamment, au-delà de la chanson. C’est quoi être une femme dans l’industrie musicale ?

    Vitaa : C’est très dur d’être une femme dans ce métier. On vieillit, et je crois que les regards portés sur nous sont cent fois plus durs que sur les artistes masculins. On est dans une ère de viralité violente, cruelle, et je me dis que si j’avais dû démarrer ma carrière dans cette ère-là, je n’en aurais pas été capable. Je n’aurais pas eu les épaules pour subir les critiques permanentes des gens sur les réseaux. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on passe notre temps à se regarder le nombril, à critiquer et je crois que ce n’était pas comme ça il y a 20 ans. Ce qu’il y a de plus compliqué, c’est de durer dans le temps en tant que femme, artiste et moi, j’ai décidé de le faire. Je ne voulais plus dépendre de personne, alors avec mon mari, on a décidé de lancer notre propre label, c’est un immense chemin que nous avons parcouru. J’ai vécu tant de traversées du désert et quand je vois mon public qui me suis depuis toutes ces années, qui chante mes chansons par cœur comme Confessions nocturnes, je ne peux être que pleine de gratitude, donc je m’arrête à ça et je laisse les méchancetés derrière, parce que la finalité est de faire ce qu’on aime.

    Vous répétez souvent que vous faites de la musique populaire, c’est important pour vous ?

    Vitaa : Pour certains, le populaire, c’est presque une insulte malheureusement. Nous, artistes populaires, nous faisons des chansons pour toucher les gens, on ne fait pas des chansons pour être branchés et aimés des médias. Je peux vous dire que quand vous faites une chanson qui raconte votre vie et que 8 000 personnes en concert la reprennent, c’est le plus beau des cadeaux. Je n’ai jamais fait de la musique pour les chiffres, j’ai fait de la musique pour partager avec les gens, alors je suis très fière d’être une artiste populaire aujourd’hui et j’en aurais jamais honte !

    Vous avez toujours raconté votre vie dans vos chansons. Pensez-vous que c’est l’une des raisons qui fait votre succès et votre longévité ?

    Vitaa : Je pense que la clé, c’est d’avoir toujours été une artiste qui ne triche pas. J’ai commencé dans ma chambre à raconter mes histoires chaotiques, la rupture la plus difficile de ma vie, c’est ce que raconte À fleur de toi et l’album est un journal intime, les chansons ont traversé le temps et, aujourd’hui, c’est toujours le cas, j’ai toujours raconté ce qui me touchais, ce que je vivais et je continue au-delà des rapports hommes-femmes, qui est un peu mon thème de prédilection, avec mes enfants, ma vie en tant que mère, etc. Ce n’est pas un choix, c’est juste parce que je ne sais pas faire de la musique autrement qu’en étant moi-même.

    Les premières images du reportage de TF1 parlent de l’acceptation de la différence, alors que votre fils raconte une poésie. Vous aviez repris, aux côtés de Camélia Jordana et Amel Bent, la chanson « Marine » de Diam’s. Que pensez-vous de la montée des extrêmes en France et de la situation politique actuelle ?

    Vitaa : Je pense que les extrêmes ne seront jamais la solution, c’est ce que je pense du plus profond de mon cœur. C’est une priorité pour moi d’apprendre à mes enfants que le but dans ce monde, c’est le respect et la tolérance, donc le jour où ces valeurs-là seront respectées, le monde ne s’en portera que mieux.

    Est-ce que Marseille est une ville que vous appréciez particulièrement ?

    Vitaa : Marseille est ma ville de cœur, ma famille est à Marseille, on va souvent au Vélodrome et le public est mon préféré en France parce qu’il y a une ferveur particulière. Je me sens très bien dans le Sud et je ne m’en cache pas.

  • [Entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    [Entretien] Vitaa : « Avec “Charlotte”, je vide mon sac »

    La Marseillaise : Vous êtes actuellement en tournée pour votre dernier album, « Charlotte ». Un album intimiste où vous vous dévoilez. C’était un besoin pour vous à ce stade de votre carrière ?

    Vitaa : Oui, complètement, cet album est celui où je suis allée le plus loin. Déjà par le titre de l’album, je révèle mon vrai prénom et c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire pendant ces années de carrière, tellement je me suis attachée à créer une armure derrière Vitaa. Pour cet album, je me suis dit qu’il était temps de tout révéler. Mes failles, les doutes, les complexes. C’est mon dernier album solo et j’avais besoin de cette mise au point, de vider mon sac. Je suis en train d’organiser la suite, on me verra moins sur le devant de la scène, mais je me mettrai davantage au service des autres tout en continuant à faire ce que j’aime.

    Montrer votre vulnérabilité, vos failles au grand public, est-ce aussi un moyen d’aider les femmes
    à s’accepter
    ?

    Vitaa : J’ai réalisé, avec le temps et quand je suis sur scène, que j’ai la chance d’avoir un public qui a grandi avec moi. Ce sont essentiellement des femmes de ma génération qui sont devenues mamans parfois, qui font 5 000 choses en même temps, qui travaillent, qui sont éprouvées et c’est aussi ce que je raconte dans cet album, en tournée et dans un documentaire disponible sur TF1+ . En fait, je veux dire que je suis une femme comme tout le monde. Personnellement, je ne m’aime pas. J’essaie d’être la meilleure des mamans possibles, mais je suis en tournée tout le temps, j’ai une culpabilité énorme de rater des moments avec mes enfants… Je sais qu’on ressent toute la même chose.

    Vous ne cachez
    plus vos échecs,
    vous racontez votre parcours et les remarques qui
    ont été faites
    sur votre physique notamment, au-delà de la chanson. C’est quoi être une femme dans l’industrie musicale
    ?

    Vitaa : C’est très dur d’être une femme dans ce métier. On vieillit, et je crois que les regards portés sur nous sont cent fois plus durs que sur les artistes masculins. On est dans une ère de viralité violente, cruelle, et je me dis que si j’avais dû démarrer ma carrière dans cette ère-là, je n’en aurais pas été capable. Je n’aurais pas eu les épaules pour subir les critiques permanentes des gens sur les réseaux. J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on passe notre temps à se regarder le nombril, à critiquer et je crois que ce n’était pas comme ça il y a 20 ans. Ce qu’il y a de plus compliqué, c’est de durer dans le temps en tant que femme, artiste et moi, j’ai décidé de le faire. Je ne voulais plus dépendre de personne, alors avec mon mari, on a décidé de lancer notre propre label, c’est un immense chemin que nous avons parcouru. J’ai vécu tant de traversées du désert et quand je vois mon public qui me suis depuis toutes ces années, qui chante mes chansons par cœur comme Confessions nocturnes, je ne peux être que pleine de gratitude, donc je m’arrête à ça et je laisse les méchancetés derrière, parce que la finalité est de faire ce qu’on aime.

    Vous répétez souvent que vous
    faites de la musique populaire,
    c’est important pour vous
    ?

    Vitaa : Pour certains, le populaire, c’est presque une insulte malheureusement. Nous, artistes populaires, nous faisons des chansons pour toucher les gens, on ne fait pas des chansons pour être branchés et aimés des médias. Je peux vous dire que quand vous faites une chanson qui raconte votre vie et que 8 000 personnes en concert la reprennent, c’est le plus beau des cadeaux. Je n’ai jamais fait de la musique pour les chiffres, j’ai fait de la musique pour partager avec les gens, alors je suis très fière d’être une artiste populaire aujourd’hui et j’en aurais jamais honte !

    Vous avez toujours raconté votre vie dans vos chansons. Pensez-vous que c’est l’une des raisons qui fait votre succès et votre longévité ?

    Vitaa : Je pense que la clé, c’est d’avoir toujours été une artiste qui ne triche pas. J’ai commencé dans ma chambre à raconter mes histoires chaotiques, la rupture la plus difficile de ma vie, c’est ce que raconte À fleur de toi et l’album est un journal intime, les chansons ont traversé le temps et, aujourd’hui, c’est toujours le cas, j’ai toujours raconté ce qui me touchais, ce que je vivais et je continue au-delà des rapports hommes-femmes, qui est un peu mon thème de prédilection, avec mes enfants, ma vie en tant que mère, etc. Ce n’est pas un choix, c’est juste parce que je ne sais pas faire de la musique autrement qu’en étant moi-même.

    Les premières images du reportage
    de TF1 parlent de l’acceptation de la différence, alors que votre fils raconte une poésie. Vous aviez repris, aux côtés de Camélia Jordana et Amel Bent, la chanson «
    Marine » de Diam’s. Que pensez-vous de la montée des extrêmes en France et de la situation politique actuelle ?

    Vitaa : Je pense que les extrêmes ne seront jamais la solution, c’est ce que je pense du plus profond de mon cœur. C’est une priorité pour moi d’apprendre à mes enfants que le but dans ce monde, c’est le respect et la tolérance, donc le jour où ces valeurs-là seront respectées, le monde ne s’en portera que mieux.

    Est-ce que Marseille est une ville
    que vous appréciez particulièrement
    ?

    Vitaa : Marseille est ma ville de cœur, ma famille est à Marseille, on va souvent au Vélodrome et le public est mon préféré en France parce qu’il y a une ferveur particulière. Je me sens très bien dans le Sud et je ne m’en cache pas.

  • Raymond Depardon superstar du 47e Cinemed

    Raymond Depardon superstar du 47e Cinemed

    Une édition qui s’annonce haute en couleurs. Pour ses 47 bougies, le festival du cinéma méditerranéen de Montpellier Cinemed met la barre très haut. Il démarre sur les chapeaux de roues puisque dès la soirée d’ouverture, le 17 octobre, sera projeté L’Étranger, très attendu film de François Ozon (20h30, au Corum). « Je pense que les gens ne seront pas déçus car François Ozon réussit là où Luchino Visconti a échoué, c’est-à-dire adapter un monument de la littérature française en restant fidèle à Albert Camus mais en apportant une touche de modernité. C’est une réussite avec un formidable Benjamin Voisin dans le rôle de Meursault », sourit Christophe Leparc, directeur du Cinemed.

    Mais l’acmé du festival sera à n’en pas douter la présence de Raymond Depardon et de son épouse, la cinéaste Claudine Nougaret. Si le photographe est mondialement connu pour ses photographies, il l’est moins pour son œuvre cinématographique réalisée avec sa femme. Le Cinemed y remédie et programme une grande partie de sa filmographie (21 projections) avec notamment Journal de France, que le couple présentera au Corum (19/10, 14h). « Claudine Nougaret revient sur l’histoire du cinéma chez Depardon, elle retrouve des chutes de films non montés et brosse un portrait de lui absolument passionnant », précise Christophe Leparc. L’œuvre du photographe témoigne des bouleversements sociétaux depuis les années 70. « C’est un cinéaste à part entière qui a inventé son propre langage comme pour la photographie. C’est une œuvre assez foisonnante et éclectique. »

    Fidèle à son ADN, le Cinemed élargit sa focale sur le bassin méditerranéen et met à l’honneur l’Espagne, notamment, avec la venue du réalisateur Fernando León de Aranoa (rencontre le 24/10, 17h). « C’est un cinéaste plutôt intéressé par les petites gens, les conflits de classe. Son dernier film, El buen patrón, reflète la lutte sociale tout en étant caractérisé par l’humour et la tendresse des gens », souligne le directeur du Cinemed.

    Focus sur le cinéma syrien

    Mais le Cinemed ne s’emploie pas uniquement à mettre sur le devant de la scène des pointures de renommée nationale ou internationale. En ce sens, le festival met en lumière le jeune cinéma syrien, victime depuis dix ans de la guerre et aujourd’hui à un moment charnière de son histoire, depuis la chute du régime de Bachar al-Assad. « On se demandait quel était l’état de la production cinématographique syrienne. On s’est aperçu qu’il y avait beaucoup de choses intéressantes, une créativité foisonnante que ce soit en Syrie ou de la part des cinéastes en exil », précise Christophe Leparc. Une sélection de courts et longs métrages sera proposée – coconstruite avec le collectif d’artistes syriens Al-Ayoun – ainsi que plusieurs tables rondes pour dresser un état des lieux du cinéma syrien (22/10). « Il est important de leur donner la parole, de la visibilité. On leur permet de se rencontrer, de montrer leurs projets à des producteurs. »

    En somme, pléthore de films présentés dont la diversité est représentée sous toutes ses formes. « On a une volonté d’être un festival populaire puisqu’on n’aime pas une seule forme de cinéma, mais toutes les formes, les cinémas. »

    *Programme complet à retrouver sur cinemed.tm.fr

  • [Portrait] Michel Potoudis, débatteur et metteur en liens

    [Portrait] Michel Potoudis, débatteur et metteur en liens

    Un récit de vie s’articule souvent autour des impressions de l’enfance et de l’adolescence. Rien ne prédisposait Michel Potoudis pour qu’il devienne un militant de l’éducation populaire, un enseignant d’économie des classes de Prépa du lycée militaire d’Aix-en-Provence. Proportions gardées et sans légende, son itinéraire ressemble au parcours de la chorégraphe Pina Bausch qui se souvenait pour ses spectacles des prolétaires et des prostituées qu’elle rencontrait au café Müller de ses parents.

    Son père était en Turquie un grec de Smyrne. Chassé par la guerre, il apprend le français à Oran avant de faire sa place à Marseille comme ouvrier métallurgiste et porteur de sacs de charbon. Notis Potoudis (1923-2005) épouse une jeune femme venue de la Nièvre, de 17 ans moins âgée que lui. Leur fils est né en 1956. Sa mère tient un bar rue d’Endoume avant de gérer une baraque proche des Docks et d’Arenc. Ensuite, avec sa clientèle d’ouvriers et de routiers, le Bar de l’Indépendance, 234 boulevard de Paris fut pour Michel un lieu d’amitiés et d’interrogations à propos de l’injustice sociale.

    Un instituteur conseille ses parents. Michel Potoudis apprend le latin et le grec à l’École de Provence, boulevard Sicard ; les jésuites sont des pédagogues qui ouvrent des chemins pour donner des cours d’alphabétisation à la Cimade, rue d’Aix. Non pas parce qu’il se perçoit comme un leader, mais comme souvent, parce qu’il se sent « poussé par les autres », Michel accepte d’être élu délégué de classe, forge ses convictions. Autre lieu de clarté pour un adolescent, les années lumineuses de Bourseiller du Théâtre du Gymnase : il découvre les mises en scène de Jean-Pierre Vincent et Patrice Chereau, Jean-Louis Barrault dans un solo de deux heures pour un texte de Jean Vauthier. Après son Bac, plutôt que devenir un philosophe à l’Université, il cherche des armes pour « transformer le monde » : il choisit d’étudier les sciences économiques et sociales, représente l’UNEF dans plusieurs instances et milite à l’UEC. Sa thèse concerne les conflits du monde du travail : il mène des enquêtes auprès des syndicalistes à propos des luttes chez Ugine-Acier.

    Une retraite active et inventive
    Sa carrière d’enseignant entre Aix et Marseille qui s’achève en juillet 2023 au lycée Saint Charles le confirme pleinement, Michel Poutoudis est un personnage cultivé et discret, à l’aise dans tous les milieux, un esprit critique soucieux de partager avec autrui les expériences de sa vie. Quoiqu’à la retraite, il conserve un pied au lycée St Charles, informe par voie de mail les lycéens pour les emmener dans des débats avec le festival Allez savoir autour de la désinformation ou bien via le pass cuturel dans des spectacles au théâtre Joliette ou à la Criée : sous sa houlette une trentaine de lycéens rencontrent une dirigeante de Mediapart, réfléchissent à propos de l’actualité d’Antigone, assisteront prochainement à une représentation de « 65 rue d’Aubagne ».Il est temps d’évoquer les intenses activités orchestrées depuis plus de deux ans par son association Coudes à Coudes à l’intérieur de l’espace public marseillais. Sans subventions, loin des grandes machines des Festivals, grâce aux relais de ses nombreux amis, pour la joie des partenaires qui lui font confiance (entre autres la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, la Bibliothèque de l’Alcazar, des éditeurs, les librairies de l’Hydre, Maupetit et Transit, les mairies du 1-7 et du 4-5, la Compagnie Manifeste Rien, le cinéma Pathé Madeleine et la Baleine) Coudes à Coudes échafaude avec des universitaires et des militants des débats publics dans des lieux étonnamment diversifiés (Hyperion aux Cinq Avenues, l’auditorium de l’Alcazar, un micro-lieu comme Hang’Art). Chaque fois l’objectif, c’est autour d’un livre ou d’un thème (le racisme, le travail, le logement, le service public, l’inceste et la transphobie, les Biens Communs ou la décolonisation) d’inviter des personnes capables de susciter « horizontalement » des prises de paroles citoyennes.

    Cette passionnante démarche mérite clairement des aides ponctuelles des collectivités locales, un maximum de canaux d’informations. On croise les doigts pour que l’aventure de Coudes à Coudes ne dépende pas seulement de l’ingéniosité et de la ténacité de son programmateur. Par les temps qui courent, sa combativité est une merveilleuse antidote !

    Pour news-letter, écrire à michelpotoudis@gmail.com

  • « Avec les neutrinos, nous espérons avancer vers une nouvelle physique »

    « Avec les neutrinos, nous espérons avancer vers une nouvelle physique »

    La Marseillaise : Le détecteur Juno (en Chine) et Orca (au large de Toulon, dans le cadre du projet KM3NeT) visent à étudier les propriétés fondamentales du neutrino, notamment sa masse. En quoi sont-ils différents ?

    L’idée de ces deux détecteurs n’est donc pas de faire naître une nouvelle astrophysique exploitant
    les neutrinos pour observer des phénomènes cataclysmiques à l’autre bout de l’Univers
    ?

    J.B. : Non, ça c’est le rôle d’Arca, l’autre détecteur de KM3NeT au large de la Sicile (Italie) qui traque les neutrinos de plus haute énergie. Orca et Juno ont une portée plus fondamentale. Nous espérons qu’ils nous permettront d’avancer vers une nouvelle physique et de nouvelles théories car il existe des questions auxquelles le modèle standard de la physique des particules ne permet pas de répondre.

    Par exemple ?

    J.B. : Une des grandes questions est de savoir pourquoi il y a plus de matière que d’anti-matière dans l’Univers. La théorie dit qu’il devrait exister autant de l’une que de l’autre. La physique du neutrino pourrait apporter des réponses.

  • Juno : un nouveau détecteur géant pour la chasse aux neutrinos

    Juno : un nouveau détecteur géant pour la chasse aux neutrinos

    Alors que deux détecteurs de neutrinos sont en cours de déploiement au fond de la mer Méditerranée avec le projet KM3NeT, un troisième est entré en service en Chine : Juno. « Un projet XXL », insiste José Busto, chercheur au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM) et impliqué dans le projet depuis une dizaine d’années. Le détecteur est composé d’une sphère de 35 mètres de diamètre plongée dans une piscine enfouie à 700 mètres sous terre. Et il est complémentaire aux deux autres : « Ils observent des neutrinos différents », ajoute le chercheur. Ceux produits sur Terre par des centrales nucléaires pour Juno. Ceux venus de l’atmosphère ou du cosmos pour KM3NeT. Pendant dix ans, Juno étudiera les propriétés fondamentales de cette particule élémentaire –une brique de base, indivisible, de la matière– encore très méconnue.

    Théorisé en 1930 et découvert en 1956, le neutrino n’interagit avec presque rien –ce qui le rend difficile à détecter- et a une masse presque nulle. « Si faible qu’on a longtemps pensé qu’il n’en avait pas, souligne José Busto. Jusque dans les années 2000… » Aujourd’hui, les physiciens veulent étudier cette masse et notamment la hiérarchie des masses. Car il existe trois types de neutrinos : le neutrino-électronique, le neutrino-muonique et le neutrino-tauique. Lequel est le plus lourd ? Le plus léger ? « Nous avons des indices, mais c’est encore incertain », admet José Busto. Pour y voir clair, ils souhaitent étudier le phénomène d’oscillation -c’est-à-dire le passage des neutrinos d’un type à l’autre.

    Physique fondamentale

    Juno est positionné entre deux centrales nucléaires chinoises : celles de Yangjian et de Taishan. « Les centrales nucléaires produisent beaucoup de neutrinos », souligne José Busto. Mais il s’agit de neutrinos-électroniques à basse énergie. « Placer un détecteur à proximité est bien pratique pour les étudier », ajoute-t-il. Très précisément, Juno se situe à 53 kilomètres de chacune des centrales. « Selon les calculs, c’est là que se produira le plus d’oscillations », explique le chercheur. Quand un neutrino-électronique interagit avec le liquide contenu dans la sphère du détecteur, cela produit une réaction qui émet une lumière caractéristique. Ce signal permet de détecter l’interaction du neutrino, sa position, son énergie… « Le détecteur doit être ultra-sensible et s’affranchir des effets de la radioactivité ambiante », insiste José Busto. C’est là qu’a résidé la principale contribution du CPPM.

    À travers cette étude de la masse des neutrinos et du phénomène d’oscillation, les scientifiques espèrent répondre à des questions de physique fondamentale (voir interview). « Des premiers événements ont déjà été observés », glisse José Busto. Mais ils servent pour l’instant à calibrer le détecteur. Il faudra être patient avant d’obtenir les premiers résultats réellement utiles.

  • [Le Grand Entretien] Sinclair : « Quand on reste sincère, on ne meurt pas »

    [Le Grand Entretien] Sinclair : « Quand on reste sincère, on ne meurt pas »

    La Marseillaise : Peut-on le voir votre « Best of studio » comme un retour aux sources ou bien une renaissance ?

    Sinclair : Des deux manières. C’est un moyen de faire partager aux gens qui m’ont un peu oublié, ou qui ne savaient plus trop ce que j’étais, ce que j’avais fait auparavant. Quand on a décidé de repartir sur les routes faire des concerts, je me suis dit que le moyen le plus sain et évident était de sortir un best of. J’ai rajouté des inédits, des versions démo de certains titres emblématiques. Il faut savoir que moi, je suis producteur et éditeur de ma musique. C’est de l’artisanat.

    Vous retrouvez l’ADN du funk français qui vous a caractérisé. Quelle est la différence avec le funk américain, si ce n’est la langue ?

    Sinclair : Le funk reste un style difficile à définir en France, car il est rarement arrivé ici, hormis des choses très commerciales, mais malgré tout superbes, comme Earth Wind & Fire, Kool & the gang ou Prince. Le funk, à la base, est un mélange de rock, de jazz, de soul…. c’est une fusion. Le funk français, c’est ce mélange de musiques avec des paroles et une façon de chanter en français. Avec, parfois, d’autres influences : certains de mes titres comportent, par exemple, de l’accordéon.

    L’époque qui vous a vu cartonner, celle des années 1990-2000, a été le climax, puis le déclin du disque. Avez-vous eu, à l’époque, le sentiment d’être avalé par l’industrie musicale et les majors, qui ne voient les musiciens que comme un produit de consommation ?

    Sinclair : Ce qui est sûr, c’est que cela n’a pas changé. C’est même devenu encore pire avec les plateformes. Après, en ce qui me concerne, j’ai eu la chance que mon père soit ingénieur du son et baigne dans ce milieu. J’ai donc pu faire un premier album de manière artisanale. Beaucoup de gens à l’époque m’ont dit : « reste producteur et éditeur, ça te sauvera la vie un jour. » Si je n’avais pas été artiste indépendant, je ne serai pas là depuis longtemps. La vie, c’est une bataille. Si vous ne vous battez pas, quelqu’un le fera pour vous. Mais du coup, il mangera aussi à votre place. De nos jours, on ne gagne pas bien sa vie en vendant des albums ou en passant sur des plateformes. Mais, à mes yeux, ce qui a été le nerf de la guerre n’a jamais été l’argent, mais plutôt la liberté artistique. C’est comme ça qu’on devient indépendant.

    Après votre apogée, le public vous a connu dans des émissions de télécrochet ou téléréalité. Regrettez-vous certains choix ?

    Sinclair : Mon choix de faire La nouvelle star était intéressant à l’époque, car j’avais besoin de faire une pause dans mes concerts. Je ne regrette absolument rien. ça a surtout témoigné de la possibilité de faire d’autres choses après de gros passages à vide. Dans l’ensemble, je suis quand même content d’avoir eu ce parcours et d’être encore là aujourd’hui, de savoir que des gens m’attendent encore dans les salles. Une espèce de cycle vient de passer. J’ai l’impression d’avoir traversé l’épreuve du temps. Je me dis que, quand on reste sincère, qu’on bosse ce qu’on aime, on ne meurt pas.

    Après votre traversée du désert, le public est de retour dans vos concerts. Une reconnaissance de votre authenticité ?

    Sinclair : Il y a de ça. Le monde dans lequel on vit est devenu tellement fou qu’on ne peut pas distinguer, si on n’a pas l’œil averti, une vidéo en intelligence artificielle d’un discours de haine déguisé en discours populiste. On est envahi par les réseaux sociaux. Il faut être sincère et humble. Et c’est ce que le public a envie d’entendre sur scène, de la musique. Il y a bien sûr un côté nostalgique, mais je propose de la musique au présent avant tout. ça peut paraître bizarre de dire ça mais, dans mon concert, tout est joué en direct. Il n’y a aucun playback et de l’humain partout.

    Vous êtes aussi installé à Arles depuis 7 ans, où vous avez monté le label Rocket records. Une ville qui a aussi joué un rôle dans votre renaissance ?

    Sinclair : Je me suis toujours dit qu’un jour, j’y habiterai. au premier regard. Cette ville m’a permis de me reconstruire car elle est à taille humaine, avec une énergie particulière. On y a monté un petit collectif pour faire des soirées DJ. Grâce à cela, j’ai repris confiance et j’ai produit un artiste, Aissa Malouk, qui va partager la scène avec moi lors de la tournée. J’ai trouvé à Arles quelque chose de rassurant.

    Dans votre tube « Tranquille », sorti en 1994 et que vous reprenez dans votre « Best of studio », vous chantez : « on ne choisit pas sa mentalité, c’est pourquoi je trouve bien troublant que des gens se fassent insulter pour des questions d’identité. » Des paroles qui trouvent hélas toujours un écho dans la société actuelle, avec l’extrême droite plus que jamais aux portes du pouvoir…

    Sinclair : Ce qui est étrange, c’est qu’il y a 30 ans, je chantais la liberté et la tolérance en imaginant que les choses allaient bien évoluer. Malheureusement, c’est quelque chose qui décline. Aujourd’hui, les gens ne pensent qu’à l’argent. ça ne peut pas marcher comme ça. Ils s’accrochent à des idées reçues et à leur téléphone, où ils ne reçoivent que de la merde. Moi, avec mes concerts, je veux leur donner la possibilité de kiffer l’instant présent pendant une heure et demie.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • [Recette] Filet de rouget en portefeuille, seiche et purée de fenouil

    [Recette] Filet de rouget en portefeuille, seiche et purée de fenouil

    – 2 rougets entiers

    – 1 seiche

    – 2 fenouils

    – Un peu d’encre de seiche

    – De quoi faire une mayonnaise

    – De l’huile d’olive, de l’huile neutre et du sel fin

    – un brin de thym frais

    Pour débuter, coupez les nageoires des rougets à l’aide d’une pince, puis écaillez-les à la main en partant de la queue. Coupez la tête et réservez, videz les entrailles et coupez de chaque côté dans le sens de la longueur en suivant l’arrête. Attention, n’allez pas jusqu’au bout de la queue pour avoir une coupe que l’on appelle en portefeuille. Arrivé à la queue, cassez tout simplement au couteau l’arrête que vous réservez pour la sauce. Enlevez les quelques arêtes restantes à l’intérieur avec une pince et découpez légèrement le ventre restant. Faites désormais de petites incisions du côté de la peau, sans traverser la chair du poisson. C’est une technique qui empêche le filet de se rétracter à la cuisson. Faites la même chose des deux côtés.

    Un poisson frais et nacré

    Videz ensuite la seiche à la main au-dessus d’un saladier, avec de l’eau pour ne pas vous tacher avec l’encre. ouvrez-la en deux sur un côté et nettoyer ce qu’il reste. Passez votre doigt entre le blanc de la seiche et la peau pour l’enlever complètement, il ne vous restera plus que le blanc de seiche que vous quadrillerez légèrement avec un couteau en biseau, puis taillez de petits morceaux.

    Émincez ensuite le fenouil le plus finement possible. Au préalable, enlevez les petites pousses vertes et gardez-les pour le dressage. Faites-le cuire à feu doux dans une casserole avec un fond d’huile d’olive et laissez compoter. Quand il est tendre, mixez le fenouil pour faire une purée et assaisonnez.

    Faites cuire le rouget à feu doux avec un filet d’huile dans une poêle, un petit papier sulfurisé et déposez dessus le filet. Faites la même chose quand vous le retournez. Pour la seiche, faites bien chauffer une poêle avec de l’huile. Quand ça fume, déposez la seiche avec un brin de thym frais, pas plus de deux minutes à feu vif.

    Pour le dressage dans l’assiette, déposez le rouget, la purée et parsemez de morceaux de seiche. Ajoutez la sauce faite avec les restes de poisson et mise en réduction longue. Ajoutez les pousses de fenouil, une chips de fenouil et servez.

  • Dans « Marcel et Monsieur Pagnol », les affres de la création

    «Ce film est une renaissance pour Marcel. J’en suis très heureux, parce qu’il va remettre Pagnol en lumière. Le vrai Pagnol », déclare Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel. à trois jours de sa sortie nationale, mercredi 15 octobre, Marcel et Monsieur Pagnol, premier film d’animation parlant de Sylvain Chomet, le réalisateur notamment des Triplettes de Belleville (2003) ; va être projeté sur grand écran, dimanche, dans plusieurs salles du cinéma Pagnol. Le réalisateur, l’ensemble de l’équipe de production et Nicolas Pagnol ouvriront la séance.

    Laurent Lafitte, la voix de Marcel

    Le film, qui à l’origine devait être un documentaire avec des parties animées pour illustrer la vie de Marcel Pagnol, célèbre académicien aubagnais dont on fête cette année les 130 ans de la naissance, est finalement un film d’animation à part entière. « À l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours… En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain », esquisse le synopsis. « Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire. » Tel est le propos du film. Et sa singularité. « Tout au long du film, le petit Marcel guide le Marcel adulte, tel un revenant. Il l’inspire, lui fait rencontrer les personnages déterminants de son parcours », relate Sylvain Chomet. « J’ai eu cette idée en visitant, avec Nicolas Pagnol, le bureau de Marcel Pagnol où il a écrit La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Il était resté intact depuis sa mort en 1974 », évoque-t-il.

    « Marcel et Monsieur Pagnol est un film sur les affres de la création. » L’acteur Laurent Lafitte prête sa voix à tous les âges de la vie adulte de Marcel Pagnol. « C’était un véritable challenge pour lui. Il devait jouer un personnage qui vieillit et qui perd aussi son accent ! Quand Marcel arrive à Paris, il a un fort accent marseillais, l’accent de son enfance, qu’il perd, même s’il en reste toujours un petit quelque chose », commente Sylvain Chomet. Grand musicien de jazz et interprète de classique, Stefano Bollani a signé la musique du film. Et le rappeur aubagnais SCH, la chanson du générique.

    à Allauch, une expo sur « Les secrets de fabrication du film »

    Présentée jusqu’au dimanche 2 novembre, l’exposition « Marcel et Monsieur Pagnol, les secrets de la fabrication du film », est à voir à la galerie du Pôle culturel de l’Usine électrique, au 164, av. de Gaulle (ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h, le week-end de 10h à 12h et 14h à 18h, sauf jours fériés). L’entrée est libre. La Provence, le port de Marseille, les rues de Paris, le monde du théâtre, la magie des plateaux de tournage… De l’esquisse à l’image finale, l’exposition dévoile les dessins originaux, décors et tout le fascinant processus de création de Marcel et Monsieur Pagnol, à travers des visuels extraits de l’ouvrage paru aux éditions Michel Lafon. Lionel de Cala, maire (LR) d’Allauch, indique : « un vrai projet pédagogique en direction des écoliers a été construit autour de l’expo. » Quant au projet de musée dédié à Marcel Pagnol, qui devrait occuper le 1er étage de l’Usine électrique, « on continue d’y travailler », dit-il. Le musée pourrait ouvrir en 2027 ou 2028.

  • Dans « Marcel et Monsieur Pagnol », les affres de la création

    Dans « Marcel et Monsieur Pagnol », les affres de la création

    «Ce film est une renaissance pour Marcel. J’en suis très heureux, parce qu’il va remettre Pagnol en lumière. Le vrai Pagnol », déclare Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel. à trois jours de sa sortie nationale, mercredi 15 octobre, Marcel et Monsieur Pagnol, premier film d’animation parlant de Sylvain Chomet, le réalisateur notamment des Triplettes de Belleville (2003) ; va être projeté sur grand écran, dimanche, dans plusieurs salles du cinéma Pagnol. Le réalisateur, l’ensemble de l’équipe de production et Nicolas Pagnol ouvriront la séance.

    Laurent Lafitte, la voix de Marcel

    Le film, qui à l’origine devait être un documentaire avec des parties animées pour illustrer la vie de Marcel Pagnol, célèbre académicien aubagnais dont on fête cette année les 130 ans de la naissance, est finalement un film d’animation à part entière. « À l’apogée de sa gloire, Marcel Pagnol reçoit la commande d’une rédactrice en chef d’un grand magazine féminin pour l’écriture d’un feuilleton littéraire, dans lequel il pourra raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours… En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, lui apparaît soudain », esquisse le synopsis. « Ainsi, ses souvenirs ressurgissent au fil des mots : l’arrivée du cinéma parlant, le premier grand studio de cinéma, son attachement aux acteurs, l’expérience de l’écriture. Le plus grand conteur de tous les temps devient alors le héros de sa propre histoire. » Tel est le propos du film. Et sa singularité. « Tout au long du film, le petit Marcel guide le Marcel adulte, tel un revenant. Il l’inspire, lui fait rencontrer les personnages déterminants de son parcours », relate Sylvain Chomet. « J’ai eu cette idée en visitant, avec Nicolas Pagnol, le bureau de Marcel Pagnol où il a écrit La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Il était resté intact depuis sa mort en 1974 », évoque-t-il.

    « Marcel et Monsieur Pagnol est un film sur les affres de la création. » L’acteur Laurent Lafitte prête sa voix à tous les âges de la vie adulte de Marcel Pagnol. « C’était un véritable challenge pour lui. Il devait jouer un personnage qui vieillit et qui perd aussi son accent ! Quand Marcel arrive à Paris, il a un fort accent marseillais, l’accent de son enfance, qu’il perd, même s’il en reste toujours un petit quelque chose », commente Sylvain Chomet. Grand musicien de jazz et interprète de classique, Stefano Bollani a signé la musique du film. Et le rappeur aubagnais SCH, la chanson du générique.

    à Allauch, une expo sur « Les secrets de fabrication du film »

    Présentée jusqu’au dimanche 2 novembre, l’exposition « Marcel et Monsieur Pagnol, les secrets de la fabrication du film », est à voir à la galerie du Pôle culturel de l’Usine électrique, au 164, av. de Gaulle (ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h, le week-end de 10h à 12h et 14h à 18h, sauf jours fériés). L’entrée est libre. La Provence, le port de Marseille, les rues de Paris, le monde du théâtre, la magie des plateaux de tournage… De l’esquisse à l’image finale, l’exposition dévoile les dessins originaux, décors et tout le fascinant processus de création de Marcel et Monsieur Pagnol, à travers des visuels extraits de l’ouvrage paru aux éditions Michel Lafon. Lionel de Cala, maire (LR) d’Allauch, indique : « un vrai projet pédagogique en direction des écoliers a été construit autour de l’expo. » Quant au projet de musée dédié à Marcel Pagnol, qui devrait occuper le 1er étage de l’Usine électrique, « on continue d’y travailler », dit-il. Le musée pourrait ouvrir en 2027 ou 2028.