Tag: weekend

  • Une journée pour tous à la découverte de l’Opéra

    Une journée pour tous à la découverte de l’Opéra

    Des costumes à la technique, en passant par des visites historiques, l’Opéra de Marseille vous ouvre grand ses portes pour vous faire découvrir ou redécouvrir ce lieu comme vous ne l’avez jamais vu.

    Ce samedi, petits et grands sont invités à franchir les portes de cet édifice emblématique du centre-ville, qui regorge pourtant de nombreux secrets et trésors. L’occasion d’attirer un public plus jeune et de rendre la culture accessible à tous.

    Dans les coulisses

    Cette journée portes ouvertes s’inscrit dans le cadre de l’événement national du même nom, qui célèbre cette année sa 19e édition autour du thème de la jeunesse.

    Tout au long de la journée, des visites libres seront proposées entre 9h et 17h. Les costumes créés par l’atelier de couture de l’Opéra de Marseille seront également exposés en accès libre, au bâtiment de la rue Molière.

    Quant aux visites guidées, elles porteront soit sur l’histoire, soit sur les aspects techniques du lieu. Des lieux habituellement fermés au public se dévoileront ainsi, permettant à chacun de découvrir l’envers du décor. Ce sera aussi l’occasion de rencontrer les équipes et d’échanger avec elles sur les différents corps de métier.

    Au-delà des visites, ateliers en tous genres et concerts seront aussi au programme.

    Divers cours de danse sont proposés : cours de classique, variations pour les garçons puis pour les filles, mais aussi des séances de découverte de la danse classique et contemporaine à destination des enfants de 6 à 10 ans. Ces ateliers se dérouleront au Studio de la danse avec l’École nationale de danse de Marseille, de 9h15 à 14h45.

    Du côté du foyer Ernest-Reyer, un cours de danse contemporaine et deux ateliers autour de cette discipline seront proposés. La musique et le chant seront également à l’honneur avec un atelier de chant participatif ouvert à tous entre midi et 13h.

    Vous pourrez aussi profiter d’un concert du chœur des enfants de la Savine et de la Maîtrise du conservatoire Pierre-Barbizet, suivi d’une carte blanche à l’Orchestre Demos. La journée se clôturera avec un récital des artistes solistes de l’Opéra municipal de Marseille.

  • Le salon du livre de Géménos, partage et découverte pour tous

    Le salon du livre de Géménos, partage et découverte pour tous

    Le salon du livre de Gémenos est de retour salle Jean-Jaurès et à l’hôtel de ville ces samedi et dimanche. Ouvert à tous les amateurs de livres et à tous les curieux, cette cinquième édition vous invite à la rencontre d’une cinquantaine d’écrivains d’importance pour dédicacer leurs ouvrages mais aussi échanger avec le public au cours de la vingtaine de cafés littéraires et rencontres organisés sur les deux jours. Le tout en entrée libre et gratuite.

    De grands écrivains au rendez-vous

    « J’ai voulu bâtir un vrai programme et ne pas juste aligner les auteurs derrière leur pile de livres. Je pars du principe qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise littérature mais plutôt un endroit où chacun est libre de trouver son bonheur quelles que soient les envies », explique Floryse Grimaud, instigatrice et organisatrice du salon du livre de Gémenos. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nouvelle édition est placée sous le parrainage d’écrivains et de personnalités incontournables. Johana Gustawsson, « nouvelle reine internationale du thriller français » née à Aubagne en est la présidente. Jean-Paul Delfino, « l’un des écrivains les plus talentueux de notre époque de par sa plume inimitable et sa profonde humanité » est l’invité d’honneur tandis que Pascal Ory de l’Académie Française, « grand historien de l’époque contemporaine et de l’histoire culturelle » et, Richard Werly, « l’un des meilleurs éditorialistes internationaux et correspondant du média suisse Blick » seront tous deux des grands témoins.

    Un salon populaire

    « C’est la première fois que j’ouvre la programmation à des essayistes et historiens, c’est aussi l’occasion grâce à des rencontres et cafés littéraires prévus à leurs côtés d’emmener le public à la réflexion autour notamment de la société actuelle », poursuit-elle. « Pour autant, ce salon est avant tout un salon populaire et qualitatif avec des invités médiatisés mais aussi des auteurs locaux et des pépites qui méritent d’être connues. »

    Cette année, la lecture jeunesse et enfants occupe également une place centrale dans le salon. « J’ai décidé de doubler le carré jeunesse cette année. Le tout à travers des livres forts de sens, des thématiques et auteurs qui peuvent leur parler par exemple du harcèlement ou de l’exclusion », conclut-elle.

  • « Gâté » entre dans le Larousse et dans le langage courant

    « Gâté » entre dans le Larousse et dans le langage courant

    En 2020, le tube Bande organisée est certifié single de diamant à une vitesse record. Outre ce succès remporté par les rappeurs Jul et SCH, accompagnés d’autres figures du rap local, ce morceau a contribué à démocratiser un mot typiquement marseillais : gâté. Ce terme, qui touche aujourd’hui les plus jeunes, est employé dès la première phrase du morceau : « Oui, ma gâtée, RS4 gris nardo, bien sûr qu’ils m’ont raté. » Depuis, l’expression est devenue emblématique. De plus en plus employé, de Marseille à Paris en passant par Grenoble, le parlé marseillais, tiré du Provençal, illustre « le rayonnement de la culture marseillaise », bien au-delà d’un simple mot, selon le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus.

    « On n’a jamais autant parlé marseillais »

    « Gâté » avait été également employé en littérature, notamment dans les nouvelles d’Eric Schulthess, dans Marseille, rouge sangs, paru en 2013. Polysémique, « gâté » signifie à la fois « câlin » et « petit chat », un terme largement utilisé dans les années 1950-60 avant d’être plus ou moins délaissé à la fin du siècle. Ce mot doit ce regain de popularité au rap, réel « catalyseur à échelle nationale », explique Médéric Gasquet-Cyrus, transcendant ainsi les générations et les classes sociales.

    L’histoire des mots marseillais a été célébrée dans son ouvrage À Marseille ça se dit comme ça, publié en 2024. La même année, il publie Va voir dans le dico si j’y suis, ce que les dictionnaires racontent de nos sociétés, ouvrage qui explique l’évolution de la société au regard des nouveaux mots intégrés dans les différents dictionnaires et des choix effectués par ces derniers. « Marseille n’arrête pas de produire de la musique, du cinéma, des sketchs humoristiques… Les expressions marseillaises ont été démocratisées via les réseaux sociaux, qui ont été un puissant vecteur de propagation de mots comme minots et tarpin, repris jusqu’en Suisse et même à Montréal », poursuit-il. « Marseille a ses codes et son propre langage, un réel dynamisme culturel qui fait qu’elle n’a pas besoin de passer par Paris pour exister. On n’a jamais autant parlé marseillais », souligne le linguiste.

  • [Entretien] « La nature de l’énergie noire reste une grande question de la cosmologie »

    [Entretien] « La nature de l’énergie noire reste une grande question de la cosmologie »

    La Marseillaise : Vous travaillez sur les données fournies par le télescope Euclid, mis en orbite en 2023. En quoi cela consiste-t-il ?

    Pauline Vielzeuf : Nous travaillons sur les données récoltées pendant la première année d’observation. Nous avons un catalogue de galaxies, avec leur position en trois dimensions et nous identifions les endroits où il y en a très peu : les vides cosmiques. Quand nous aurons des catalogues de vides, nous pourrons faire de l’analyse cosmologique et tenter de comprendre ce qu’est l’énergie noire.

    Qu’essaye-t-on de comprendre à son sujet ?

    P.V. : Sa nature. Cela reste une des grandes questions de la cosmologie. Pour l’instant, son existence est supposée pour expliquer l’expansion accélérée de l’Univers mais nous ne savons pas d’où elle vient. Il y a plusieurs hypothèses. Cela pourrait être une constante -c’est comme ça et nous ne savons pas l’expliquer-, ou être causé par un fluide que nous n’arrivons pas à détecter. Cela pourrait aussi être un problème avec la théorie de la relativité générale qui devrait être corrigée à certaines échelles.

    L’an dernier, la collaboration Desi a publié des premiers résultats semblant montrer que l’énergie noire ne serait pas une constante…

    P.V. : Effectivement. Si c’était confirmé, cela remettrait en question ce que l’on considère depuis des décennies. Mais si nous considérions que l’énergie noire était une constante, c’est parce que nos mesures n’étaient pas assez précises. C’est en train de changer. Et avec Euclid, nous essayerons de préciser cette variation.

  • Expansion de l’Univers : si la réponse se cachait dans le vide ?

    Expansion de l’Univers : si la réponse se cachait dans le vide ?

    Les vides cosmiques sont des régions du ciel qu’on ne regardait même pas. Et pour cause : il n’y a rien à voir, ou presque. « Ce sont des régions sous-denses », insiste Alice Pisani, chercheuse CNRS en cosmologie au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM). C’est-à-dire qu’il y a très peu de galaxies. Sur les cartes du ciel, ces vides apparaissent comme de vastes espaces sombres entre les structures brillantes que forment les galaxies. Mais depuis quelques années, l’intérêt grandit autour de ces espaces auparavant négligés : « Il y a finalement beaucoup d’information à en tirer, souligne Alice Pisani, qui publie un article compilant ce qui est connu sur ces objets dans The Astronomy and Astrophysics Review. De nouveaux outils permettent d’en observer de plus en plus et nous font entrer dans un âge d’or des vides cosmiques. »

    Les cosmologistes les voient comme des objets pouvant leur apporter des réponses au sujet de l’« énergie noire ». Cette énergie qui leur échappe, dont ils ne comprennent ni la nature ni l’origine, mais dont ils sont bien obligés de constater l’existence. « Elle a été introduite pour expliquer l’expansion accélérée de l’Univers », rappelle Alice Pisani. Car notre Univers s’agrandit. À grande échelle, les galaxies s’éloignent les unes des autres. Et de plus en plus vite. Pourtant, la force de gravitation –qui fait que des objets massifs s’attirent– devrait les rapprocher. C’est donc qu’il existe une composante mystérieuse qui les repousse. « Ses effets sont plus visibles dans les vides cosmiques, où il y a peu de matière », explique la chercheuse.

    Cartes de vides

    Alors on observe la forme des vides, leur taille et leur évolution dans le temps. « Cela permet d’estimer la quantité d’énergie noire, indique Alice Pisani. S’il y en a plus qu’estimé, les vides cosmiques seraient plus déformés qu’attendu. »

    Depuis quelques années, de nouveaux télescopes (Euclid, Desi) cartographient le ciel
    –ou sont sur le point de commencer avec l’Observatoire Vera C. Rubin– et observent de plus en plus de vides. « Ce n’est pas évident car ce sont des régions vastes, souligne Alice Pisani. En 2014, nous n’en avions observé que quelques centaines. Aujourd’hui, nous en avons des dizaines de milliers et nous en aurons encore plus demain. » De quoi faire des statistiques de plus en plus précises. « Nous avons également progressé sur la théorie et les modèles pour étudier ces objets », ajoute-t-elle.

    À Marseille, les chercheurs et chercheuses du CPPM ont accès aux données de ces trois nouveaux télescopes. « C’est une force de notre laboratoire », se félicite Alice Pisani. Et la dizaine de spécialistes s’activent pour cartographier les nouveaux vides. « Nous avons déjà des premiers catalogues qui devraient être publiés dans les prochaines années », glisse-t-elle. Pour enfin comprendre cette mystérieuse énergie noire ?

  • La recette du Vieux-Port : les moules Poulette

    La recette du Vieux-Port : les moules Poulette

    Le vendredi, samedi et dimanche, la famille Bendjema vend les coquillages de Camargue de Carteau. Ça tombe bien, Bernard Loury restaurateur voisin a décidé de faire des moules Poulette à midi. « Je les nettoie, je les gratte et les rince. Puis je les fais ouvrir dans une marmite avec des échalotes, un bouquet garni et du vin blanc sec », explique Bernard. Il poursuit : « Dans un plan rond, je dispose des demi-coquilles de moules, bien à plat. Enfin, je mélange doucement la crème fraîche avec le jaune d’œuf pour faire la liaison, du poivre et du persil haché. Et je nappe les moules. »

  • Dans le Var à La Celle, le Jardin à papillons reprend son envol

    Dans le Var à La Celle, le Jardin à papillons reprend son envol

    Le Jardin à papillons de La Celle dans le Var célèbre son dixième anniversaire. 10 ans de connaissances pour mieux protéger et s’engager en faveur de la biodiversité. En ce sens, le Jardin de l’Escarelle aux côtés de la LPO Paca vous propose pas moins de 10 sorties nature pour découvrir et apprendre à identifier la faune locale. Le premier rendez-vous est prévu ce samedi sur le site du Jardin à papillons à partir de 9h30.

    En compagnie d’un naturaliste de la Ligue pour la protection des oiseaux, petits et grands sont invités à partir à la découverte de la faune et de la flore locales comme les oiseaux des jardins, les rapaces, les chouettes et hiboux mais aussi les papillons, pollinisateurs, libellules, sauterelles et bien d’autres.

    Découvrir et reconnaître les bruits de la nature

    Une sortie qui mêle observation, écoute, ateliers pratiques et sensibilisation dans un cadre naturel exceptionnel. Science participative et animations conviviales viendront également s’ajouter à ce temps de partage.

    « Oiseaux des jardins : écoutez, observez et construisez votre nichoir ! » est une sortie d’écoute matinale qui s’adresse autant aux débutants qu’aux naturalistes confirmés. Elle vous apprendra à tendre l’oreille pour reconnaître le chant des espèces communes. L’occasion également de comprendre les enjeux de conservation dans notre région, de découvrir des gestes concrets pour accueillir la biodiversité chez soi et de participer à des ateliers pratiques puisque, après la balade vous construirez un nichoir que vous pourrez installer dans votre jardin pour peut-être y abriter des mésanges.

    Le Jardin à papillons,
    c’est quoi ?

    Le domaine de l’Escarelle est d’abord un domaine viticole situé au cœur du département du Var, non loin de Brignoles. Il compte une centaine d’hectares de vignobles enserrée dans une propriété de plus de mille hectares de milieux naturels préservés.

    Parmi eux, le jardin à papillons dont la création a débuté en 2016. Les terrains ont été réhabilités et des plantes indigènes et locales y ont été plantées en fonction de l’inventaire des espèces de papillons déjà présentes sur site et potentielles. L’objectif, ne pas induire de pollution génétique par l’introduction d’hybrides ou de plantes exotiques.

    Et le moins que l’on puisse dire c’est que des papillons, à l’Escarelle il y en a ! Pas moins de 87 espèces différentes sont recensées sur le site, bien qu’il ne soit pas toujours possible de toutes les observer lors d’une sortie. Le Jardin à papillon s’impose donc comme un vecteur de sensibilisation du public à la préservation de la biodiversité, mais également un réel observatoire privilégié de la biodiversité.

    Comptez 25 euros pour la balade de ce samedi.

    Gratuit pour les enfants
    de –
     10 ans. Renseignements : 04.94.72.04.21

  • L’emblématique Fort de Bouc rouvre ses portes à Martigues

    L’emblématique Fort de Bouc rouvre ses portes à Martigues

    C’est l’attractivité phare du côté de Martigues. Le Fort de Bouc se dévoile au grand public avec des visites guidées que l’office de tourisme organise tous les mois. Un monument connu pour sa position stratégique dans le domaine maritime. Le fort contrôlait également la région en tant qu’ouvrage défensif et phare au XVIIe siècle. Au programme de cette visite : une traversée en bateau jusqu’au fort, une découverte des espaces intérieurs, des récits captivants autour de son histoire et de ses usages et des points de vue uniques sur le littoral martégal. Depuis des années, l’office du tourisme organise les visites à la même période de l’année.

    « C’est une visite qui fonctionne toujours bien, on remplit très souvent la billetterie. Les habitants ont envie de découvrir une autre facette de Martigues et ça leur plaît puisque tout le monde connaît le lieu mais pas son histoire », déclarent les organisateurs des visites.

    Depuis de nombreuses années, la structure organise les visites et compte énormément sur l’événement : « On a été coupé par la crise du Covid-19 mais depuis 2023, c’est un rendez-vous phare de la saison estivale », annonce l’office de tourisme. La prochaine visite aura lieu le samedi 2 mai à partir de 9 h 30, d’autres créneaux seront proposés en juin, juillet et août avec deux dates par mois, les samedis aux mêmes horaires. Une bonne occasion pour les touristes aussi de découvrir ce haut lieu.

    Pour tout renseignement
    et réservation : martigues-tourisme.com ou
    04.42.42.31. 10.

  • [Entretien] « “L’Or du Rhin” est la vraie quintessence du génie wagnérien »

    [Entretien] « “L’Or du Rhin” est la vraie quintessence du génie wagnérien »

    Voilà 30 ans que L’Or du Rhin de Richard Wagner n’avait pas eu l’heur de passer la rampe de l’Opéra de Marseille. Ce sera chose faite pour quatre représentations dès le 5 mai. C’est la passion pour Wagner de Michele Spotti, directeur musical de la maison, qui vaut au public de redécouvrir le prologue de L’anneau du Nibelungen. Cette nouvelle production sera mise en scène par Charles Roubaud, un pilier de l’institution, à qui on doit une fameuse Walkyrie en 2007. Une distribution choisie d’une quinzaine de rôles qui réunit habitués, et nouveaux venus. Diriger Wagner en général, une volonté, « Das Rheingold » en particulier, un rêve qui prend forme. Le chef italien ne veut sans doute pas se voir confiné au seul répertoire péninsulaire. À l’instar d’un Toscanini qui vénérait le maître de Bayreuth, le maestro veut démontrer la largeur de sa palette. Entretien.

    La Marseillaise : Vous dirigerez dans
    la fosse de l’Opéra de Marseille
    votre tout premier Wagner. Avec
    quels sentiments l’abordez-vous ?

    Michele Spotti : Je suis très excité, dans le bon sens du terme. J’ai une telle hâte d’approcher ce type de répertoire. Et j’ai surtout la sécurité de le faire avec l’Orchestre de l’Opéra. Je le vois comme l’occasion d’un aboutissement de mon parcours artistique. En tant qu’italien, avec ma culture latine, je pense que c’est, ici, à Marseille, un excellent point de départ pour confirmer ma carrière de chef. Il y a dans la vie d’un chef un avant et un après le Ring.

    Pourquoi avoir choisi en particulier L’Or du Rhin ?

    M.S. : Symboliquement L’Or du Rhin est un début (celui de la Tétralogie) et aussi pour moi c’est le début d’une nouvelle étape. C’est Maurice Xiberras qui me l’a proposé quand je lui ai parlé de mon désir de diriger Wagner. Je vois l’œuvre comme la vraie quintessence du génie wagnérien. J’ai beaucoup lu et digéré Lohengrin, Tannhäuser, Le Vaisseau fantôme… tout aussi passionnant. Mais je devais commencer par le cœur de l’œuvre de Wagner. L’Or du Rhin me restera toujours très spécial.

    Que représente Wagner
    pour vous en tant que chef ?

    M.S. : C’est un compositeur que j’aime à la folie. J’y suis venu très naturellement. J’ai eu l’occasion à la Scala de Milan d’entendre Daniel Baremboïm le diriger. Il y a pour moi, chez Wagner, un énorme côté spirituel. Et une intelligence théâtrale hors du commun. L’Or du Rhin est un chef-d’œuvre total. C’est pour moi une chance de pouvoir le diriger à Marseille.

    Et « L’Or du Rhin »
    plus spécifiquement
     ?

    M.S. : L’Or du Rhin est une œuvre extrêmement fouillée d’un point de vue orchestral. À la première lecture la partition paraît opaque. Mais là, au milieu des répétitions, on peut entendre le génie du compositeur. Le défi est surtout de rendre sensible la puissance orchestrale pendant les interludes. C’est sans doute l’opéra le plus symphonique de Wagner. D’autant que c’est deux heures trente sans interruption. Ça exige pour moi à la fois une grande forme mentale mais aussi physique. Il faut que j’évite de boire avant, si vous voyez ce que je veux dire. Je dois rester dans un bon un état spirituel et physique, trouver la sérénité pour affronter un tel chef-d’œuvre.

    Comment avez-vous travaillé
    avec l’orchestre ?

    M.S. : Ça été génial ! La disposition dans la fosse est très intéressante. Côté jardin, les cordes et cour, les bois et les cuivres. Les percussions dans les loges d’avant-scène. Sans compter les six harpes qu’il a fallu dissimuler au public et obtenir un effet stéréophonique. On va remplir le théâtre de son. On a pensé à placer dans le minimum d’espace le maximum de musique. Les musiciens sont heureux de pouvoir se confronter à une telle partition. C’est le prolongement de notre travail symphonique ; la 2e de Mahler, Un Requiem allemand de Brahms… Ce travail nous a été utile pour atteindre la profondeur