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  • « Le moustique tigre est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite »

    « Le moustique tigre est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite »

    Claire Teillet : Nous savons qu’elle joue un rôle mais il y a encore beaucoup à comprendre sur ces interactions et les implications en matière de santé publique. Le mâle a besoin de la végétation pour se nourrir du nectar des plantes. Et la femelle –qui nous pique pour obtenir les protéines nécessaires à ses œufs– en a aussi besoin pour se nourrir et se mettre à l’abri pendant les périodes de repos. La végétation apporte de l’humidité et de la fraîcheur qui conservent l’eau. Et la femelle peut y pondre ses œufs.

    Il lui faut vraiment de l’eau stagnante ?

    C.T. : Oui, car après l’éclosion de l’œuf -pondu sur les rebords asséchés du récipient et immergé quand l’eau monte avec la pluie ou l’arrosage-, la larve se développe dans l’eau puis se transforme en nymphe. Ces stades ont besoin d’eau pour exister. Mais des œufs peuvent rester même si l’eau s’évapore. Ils entrent dans une sorte de dormance –la diapause– pour passer l’hiver. Quand l’eau revient et que les conditions sont plus propices –comme au printemps-, ils peuvent éclore.

    Chasser l’eau stagnante est donc crucial pour limiter la présence du moustique tigre, en été, et le risque de transmission de maladies ?

    C.T. : Oui, et notamment dans nos espaces privés qui sont les zones produisant souvent le plus de moustiques tigres. Ils peuvent pondre dans n’importe quel objet pouvant retenir de l’eau. C’est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite.

  • [Science] La lutte contre le moustique tigre prend de la hauteur

    [Science] La lutte contre le moustique tigre prend de la hauteur

    Originaire du Sud-Est asiatique, le moustique tigre est vecteur de maladies comme la dengue, chikungunya ou Zika. Arrivé en France métropolitaine en 2004, il a aujourd’hui colonisé presque tous les départements. Il ne provoque pas encore d’épidémies récurrentes dans l’Hexagone, mais les cas autochtones se multiplient. « Il est important de s’attaquer au problème avant que des épidémies ne surviennent régulièrement », insiste Claire Teillet.

    Quartiers résidentiels

    L’étude montre que la végétation augmente la probabilité de trouver des larves dans les chambres télécoms et collecteurs d’eau pluviale à proximité. « Une densité de végétation très élevée semble toutefois diminuer la probabilité de présence », note la chercheuse. De plus, la végétation associée à des structures urbaines influence cette probabilité de présence : « Elle est plus forte dans des environnements organisés autour d’objets urbains et de zones végétalisées, ainsi qu’à proximité de grands espaces verts », précise-t-elle. Autrement dit, dans des quartiers résidentiels composés d’habitations avec jardin et de parcs.

    Les images satellites ont été associées à des modèles de distribution d’espèces. Des données recueillies sur le terrain par l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen ont permis d’identifier des gîtes larvaires privilégiés pour calibrer les modèles et pouvoir prédire la probabilité d’en trouver ailleurs. « Ce n’est pas la première fois que l’imagerie satellitaire est utilisée pour mener ce type d’étude, précise Claire Teillet. Mais nous avons utilisé une méthode particulière permettant d’extraire de l’information quant à l’arrangement spatial des éléments dans une image. »

    La chercheuse voit dans cet outil un moyen d’identifier les zones prioritaires à inspecter dans l’espace public. « C’est maintenant aux politiques et aux acteurs en charge de la lutte de s’en emparer », pointe-t-elle, rappelant que les principaux gîtes larvaires ne sont pas dans l’espace public mais privé – dans les coupelles et autres récipients dans les jardins.

  • [Recette] Les poireaux vinaigrette revisités

    [Recette] Les poireaux vinaigrette revisités

    Pour 2 personnes
    il vous faudra :

    – Deux blancs de poireaux

    – Deux œufs durs

    – Des cornichons et des câpres

    – Des anchois à l’huile

    – De l’huile de pépins de raisins et d’olive

    – Du jus de citron jaune et vert, de pamplemousse et d’orange

    – Du vinaigre de cidre et de xérès

    – Des graines de courge, chia, fenouil et noix de cajou torréfiées, concassées

    – De la coriandre fraîche

    Il est possible de cuire les blancs de poireaux la veille, à la vapeur ou dans une eau frémissante. Laissez refroidir à température ambiante pour ne pas perdre les saveurs du légume, coupez les blancs en deux puis de nouveau en deux dans le sens de la longueur. Brûlez au chalumeau ou dans une poêle chaude, sans matière grasse, et faites mariner une nuit idéalement avec de l’huile d’olive, du vinaigre de xérès, du sel et du poivre. égouttez une heure avant le service de votre assiette.

    Une vinaigrette revisitée

    En parallèle, réalisez la vinaigrette et mettez en premier dans un saladier les noix de cajou, les graines de courge, de chia et de fenouil. Ajoutez deux cuillères à soupe d’huile d’olive, une de vinaigre de cidre puis une cuillère à soupe de chaque jus. Faites foisonner légèrement, ajoutez de nouveau une pincée de chaque graine et, à la fin, les herbes fraîches pour éviter leur oxydation.

    Une sauce nappante

    Vous pouvez également réaliser la sauce caesar dans un récipient haut et étroit en mettant les œufs et 25g de chacun des ingrédient suivant, à savoir les anchois, les cornichons, les câpres, une cuillère à soupe de moutarde et une gousse d’ail râpée. Mixez le tout avec un mixeur plongeant pour avoir quelque chose de lisse puis monter comme une mayonnaise avec l’équivalent de 200g d’huile de pépin. Détendez le tout avec un filet d’eau et de jus de citron.

    Pour le dressage, déposez les poireaux dans l’assiette zébrez les 2/3 avec la sauce caesar et le reste avec la vinaigrette. Servez et régalez-vous !

  • Des projets pour l’innovation verte primés

    Des projets pour l’innovation verte primés

    Au cours de cette cérémonie, qui avait lieu à l’hôtel du Département mardi 2 décembre, trois prix ont été remis à des chercheurs qui se sont distingués dans leurs travaux. « Nous comptons plus de 5 000 chercheurs sur le département et cette nouvelle édition se tourne vers l’innovation et l’avenir », a expliqué en préambule Sylvain Di Giovanni, conseiller départemental délégué à la santé, à l’enseignement supérieur et à la recherche, mais aussi président du jury. « La culture scientifique est faite pour être partagée avec l’objectif de la rendre intelligible de tous. »

    « Sauve ta mer, mange un crabe bleu »

    Parmi eux, le Prix spécial, qui a pour objectif de mettre en lumière une découverte et un résultat remarquable en lien avec la thématique annuelle, à savoir « biodiversité, espèces envahissantes et nuisibles : trouver une solution face au réchauffement climatique ». C’est le projet du docteur Guillaume Marchessaux, chercheur au sein de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) qui a été récompensé pour ses travaux sur l’invasion du crabe bleu en Méditerranée. Une espèce marine invasive qui a fait son apparition dans les années 1960 dans l’étang de Berre. Une espèce à la fois opportuniste, agressive et vorace, qui provoque, depuis son arrivée, la disparition locale d’espèces méditerranéennes emblématiques et un effondrement écologique et économique pour la pêche artisanale. Les recherches du docteur Guillaume Marchessaux sont combinées à des actions de sensibilisation du grand public, comme la campagne « Sauve ta mer, mange un crabe bleu », qui mêle ateliers, événements artistiques et valorisation culinaire pour promouvoir une gestion innovante et durable de cette invasion en Méditerranée.

    étaient également présents, lors de l’événement, Gianni La Tonna, président du Conseil départemental des jeunes, et Mostfa Bentousi, conseiller. Ensemble, ils ont « fait entendre la voix des jeunes sur les sujets de demain » en présentant une campagne de sensibilisation réalisée par ce conseil axée sur le frelon asiatique. Une espèce envahissante que l’on retrouve de plus en plus dans la région et en France. « Il y a plusieurs actions de sensibilisations qui sont menées au niveau des communes sur le frelon asiatique et nous avons décidé de nous emparer de ce sujet car l’espèce représente un risque pour la biodiversité et notamment la survie des abeilles », a précisé Mostfa Bentousi.

    Ont également été remis le Prix Jeune Chercheur et le Grand Prix, chacun des lauréats s’étant vu remettre respectivement un chèque de 3 000 et 5 000 euros pour le dernier prix, récompensant ainsi leur travail.

  • La Sainte-Baume à travers les contes

    La Sainte-Baume à travers les contes

    C’est dans cette optique qu’elle organise, ce dimanche, au Jardin des Oliviers à Sanary, une matinée de présentation de contes locaux.

    Des contes pour personnes hospitalisées

    Ces œuvres filmées et réalisées sur le territoire de la Sainte-Baume ont la particularité d’avoir été conçues pour des personnes alitées, hospitalisées et/ou à mobilité réduite.

    « Notre association a été lauréate, début 2025, de l’appel à projet de la mutuelle Mutualia. Ces films, souvent tournés dans un environnement naturel, ont pour but de divertir les patients ou le public qui ne peut pas y accéder, pour apporter une ambiance plus favorable en leur faisant découvrir le monde des légendes », explique Thierry Blondeau, président de l’association.

    Une idée à la base portée par Christian Vacquié, un touche à tout aux multiples casquettes (technicien forestier, conteur, professeur de yoga et musicien) désireux de partager la richesse de ses sorties en nature. Ce dernier est accompagné de quatre autres conteurs, présents ce dimanche avec l’équipe de l’association.

    Les visionnages auront lieu de 10h à midi, après un accueil café à 9h30. Il sera possible de visiter, avec une guide, le jardin des oliviers et son moulin à huile, sa route des oliviers, ses fours à chaux et à cade… à midi, place à un apéritif dînatoire durant lequel vous pourrez déguster de l’anchoïade, de la tapenade, ainsi que du pain cuit au four à bois, préparé directement par une boulangère de la commune de Bras, qui propose aussi des chocolats (sur commande*). Chacun est invité, s’il le souhaite, à compléter ce repas en apportant le met de son choix. Les visiteurs pourront ensuite aller profiter des illuminations sanariennes, pour poursuivre ce dimanche aux accents de Noël.

    *Infos sur guidesaintebaume.fr et sur la page facebook de l’association

  • La couleur des émotions pour tous au théâtre

    La couleur des émotions pour tous au théâtre

    Un album tout en douceur et en poésie pour aider les plus jeunes à pouvoir, eux aussi, mieux comprendre et exprimer ce qu’ils ressentent.

    De la douceur et des couleurs

    Sur scène, c’est Oumria Mouffok qui incarne cette histoire s’inspirant librement de l’album. La compagnie « La fabrique des rêves » propose ainsi un spectacle à destination du jeune public et des plus grands qui s’émerveillent encore ces samedi et dimanche sur les planches du théâtre de La Carreterie à Avignon.

    Cette fois-ci c’est sous l’œil des monstres de couleurs incarnant chacun une émotion accompagnés de leur amie qu’il va falloir remettre de l’ordre au milieu de ce bazar où les couleurs et émotions sont sens dessus dessous. Un spectacle mêlant le clown et le kamishibaï qui désigne un ensemble de planches utilisées pour raconter une histoire.

    Une invitation à l’exploration des émotions, entre autres, pour les enfants et ceux qui le sont restés à travers le théâtre.

    Un voyage d’une trentaine de minutes qui invite le public dès 1 an à participer pleinement à cette épopée poétique pour réussir à remettre de l’ordre dans son cœur et retrouver son équilibre.

    Spectacles samedi et dimanche à partir de 10h et 11h15.

    Comptez 10,50 euros
    pour une place

    Informations et résa : 06.65.21.63.45

  • La grande braderie de Noël d’Emmaüs vous attend

    La grande braderie de Noël d’Emmaüs vous attend

    « Dans cette vente, on peut trouver les choses classiques de Noël comme le sapin, les boules, mais aussi les guirlandes. Sans oublier des jouets neufs qui se mêlent à ceux d’occasion ou encore des vêtements de seconde main, et donc de marque, et des meubles », précise Kamel Fassatoui, l’un des responsables d’Emmaüs Pointe-Rouge, qui se prépare à vivre sa dernière vente de Noël. « Nous avons vraiment beaucoup de choix avec des produits neufs ou d’occasion. On a vraiment pioché dans nos réserves pour être prêts pour le grand jour. »

    Et côté prix, ne cherchez pas ailleurs, ils sont imbattables. « On prend les prix du marché et on les divise par trois. On doit être moins chers que le Bon Coin, moins chers que les brocantes… Nous avons une démarche de solidarité et de défense du pouvoir d’achat, donc on se doit d’être moins cher qu’ailleurs, sinon ça n’a pas de sens », poursuit-il.

    Des prix toujours plus bas

    Cette année, le coin dressing à 1 euro est « particulièrement intéressant ». Vêtements, chaussures, couettes, draps, rideaux, etc. « C’est un mix entre le neuf et l’occasion là aussi, il y a énormément de choix et je pense que ce sera difficile de repartir les mains vides », sourit le responsable.

    Pour rendre la journée encore plus agréable, l’habituel marché des producteurs du samedi sera accompagné par un stand de soupes, de châtaignes… « Les jeunes du lycée Calanques, qui sont nos voisins, tiendront également un stand devant l’entrée. Tout comme une association palestinienne qui vendra des choses au profit de Gaza », ajoute Kamel Fassatoui. Plus de 2 000 personnes sont attendues sur la journée avec une ouverture non-stop de 10h à 17h30. Le tout avec la possibilité de se restaurer sur place et toujours à petits prix !

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : l’alimentation, une bataille de classe

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : l’alimentation, une bataille de classe

    Nous avons développé les mutuelles d’achat de bouchers, 16 groupes qui réunissaient 420 bouchers sur 800 à Marseille. Malgré les difficultés nombreuses, la population marseillaise n’a pas été privée de viande pendant de longues périodes. Elle nous valut des lettres de remerciements. La pêche locale qui rapportait, cinq tonnes par jour, était insuffisante pour les besoins de Marseille qui étaient de 50 tonnes par jour. Nous sommes intervenus auprès des UD, situées autour de l’Océan pour nous aider. Nous avons pu ainsi développer les arrivages de l’Océan en encourageant la création de mutuelles directes de poissonniers qui groupaient 50% des détaillants et ont fonctionné à partir de janvier 1947, Les arrivages passèrent 430 tonnes par mois, quantité qui permit de respecter les prix taxés pour la première fois.

    Hausse des prix et salaires

    Nos comités de lutte s’acharnaient aussi contre les trafiquants et obtenaient des résultats : fermeture pour trois mois de deux moulins de la société française qui étaient les plus importants sur la place de Marseille, ouverture d’une instruction contre A., gros trafiquant de porcs que nous avions fait arrêter mais qui fut vite relâché, fermeture pour trois mois de l’établissement C. et C., importants grossistes en épicerie de Marseille, qui avaient détourné trente tonnes de sucre. En résumé, notre action a certes porté ses fruits, nous avons freiné la hausse des prix de détail, mais je reconnais que nous étions incapables de la stopper. Le ministre Philips avait fait monter les prix de gros : ils dépendaient en grande partie des comités d’entreprise dont l’activité avait été très faible par rapport aux comités de lutte contre la hausse des prix. J’avais d’ailleurs dénoncé cette faiblesse lors du congrès de la CGT de 1947 : nous avions obtenu de magnifiques résultats. Notre activité n’était contestée par personne, bien au contraire, et nous donnait la possibilité d’obtenir plus, mais nous n’étions pas seuls. Nos adversaires, partisans du pouvoir personnel et du retour aux méthodes vichyssoises, nous attaquaient et développaient la thèse de la classe ouvrière et la démocratie étaient en recul. Même les minoritaires de la CGT nous accusaient d’avoir été incapables d’appliquer la baisse des prix, prétexte qui permettait d’attaquer l’orientation générale de la CGT, passant sous silence les causes réelles du succès de nos adversaires. Certains ne voulaient pas gêner les vrais responsables de la hausse de prix de gros. Analysant les frais précis de l’augmentation des prix à la conférence nationale, nous démontrions chiffres en main et force à l’appui, aux représentants des ministères du Travail, des Finances (d’en convenir ainsi que les patrons d’ailleurs) la validité de nos analyses. Ainsi, « 25% d’augmentation des salaires pourraient être accordés sans répercussion réelle sur le coût de la vie ». La contre-offensive patronale n’a pas tardé à se produire car ces messieurs ne pourraient sans réagir porter atteinte à leur marge de profit.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Le Terrier ramène le spectacle en ville à La Seyne-sur-Mer

    Le Terrier ramène le spectacle en ville à La Seyne-sur-Mer

    Après 27 années de bons et loyaux services, le café-théâtre de la 7e Vague tire sa révérence, sans pour autant disparaître. L’association continue d’exister en tant que régie artistique, mais cède ses murs au Terrier. Un changement qui s’opère dans la continuité, puisque ce nouveau café-théâtre associatif a été créé par Benjamin Lull, ancien de la 7e Vague, dont il avait pris la direction en 2022 avant de cofonder le Terrier, en compagnie de huit compagnons artistes.

    « On en avait besoin, et il était temps pour moi de prendre mon envol, explique ce jeune comédien de 28 ans. On a changé le nom, le bureau, une nouvelle équipe artistique et j’ai pris le projet à bras-le-corps. La 7e Vague m’a suivi, et on a gardé leur ligne de base. »

    Pour un lieu « populaire »

    Cette ligne, c’est celle d’un « laboratoire artistique. Le but est d’avoir une offre hétéroclite, avec de la musique, du théâtre, du clown… On va rajouter des drag show, des spectacles de marionnettes et on va faire des spectacles enfants dans l’année », détaille le président du lieu, nommé le Terrier car « j’ai connu le théâtre avec le Roman de Renart. Le Terrier, c’est le lieu où les renards mettent bas. C’est symbolique du fait que c’est ici que les artistes pondent leurs projets ».

    Son terrier, Benjamin Lull le veut ouvert, au carrefour de son passé et de son avenir : « On souhaite faire en sorte que les artistes qui se produisaient à la 7e Vague ait encore leur place, tout en ouvrant le lieu à de nouvelles personnes, à de jeunes artistes. D’ailleurs, quand les spectacles sont un peu fragiles, on leur donne le statut de spectacle à venir. » Avec l’objectif d’en briser les murs : « On veut créer pour le lieu et pour en sortir, avec des spectacles de rue, et pourquoi pas se produire dans d’autres théâtres. »

    Ce samedi marque donc le début d’une nouvelle aventure. De 18h à 20h, les visiteurs pourront venir découvrir le lieu, désormais doté d’une seconde entrée, avant un concert de tango du quatuor Anthéa à partir de 20h30. L’entrée est libre, et le concert à 10 euros. « On est le seul café-théâtre de la ville. On se veut populaire, l’entrée la plus chère est à 10 euros, il y aura des entrées à 5 euros et au chapeau. On veut donner accès à tout le monde. Le centre-ville est une zone prioritaire, on vient tous de la classe moyenne prolétaire, donc on veut offrir des spectacles pour cette catégorie-là. On veut que les gens cessent de penser que le théâtre est un lieu bourgeois », soutient Benjamin Lull.

    Infos et réservation sur leterrier.assoconnect.com

  • Entre céramiques et verres de couleurs dans le quartier du Panier

    Entre céramiques et verres de couleurs dans le quartier du Panier

    Pendant les trois dernières années rien n’a clairement changé. Au croisement de la rue Montbrion, on sort de l’escalier du passage de Lorette, on amorce la pente qui conduit vers la Vieille Charité, les maisons et les ruelles sont identiques. Sans qu’on s’en aperçoive immédiatement, ce fragment du Panier s’est métamorphosé.

    Avant la pizzeria Chez Étienne, à partir de la supérette du 41 rue de Lorette, sur plusieurs détails de façades, le décor s’est transformé, sans violence ni pagnolade. Ce ne sont pas comme sur d’autres murs du quartier des tags et des graffitis. Joyeuse et fine, une généreuse invasion de couleurs prend de l’ampleur.

    Métissages, art modeste

    C’est bariolé, ce ne sont jamais des gamineries ou des tartarinades. On aperçoit en verres des agencements et des transpositions, des semis de couleur vives, des fresques et des mosaïques qui évoquent Sidi Bou Saïd, les viaducs de la Côte Bleue, le Château d’If, la colline Notre-Dame, les immeubles, les rives et les bateaux du Vieux-Port. On aperçoit un aigle qui capture un poisson dans ses serres, les ailes et l’aigrette d’un paon, un perroquet ainsi qu’une cigogne. Plus haut, après les touches blanches et noires d’un piano, une bouteille et une assiette établissent une discrète enseigne de restaurant. C’est festif et sans nostalgie. Avec en sus un minuscule drapeau de la Palestine, ce subtil métissage raconte l’aujourd’hui des deux rives de la Méditerranée.

    L’auteur de ces prouesses, l’artiste autodidacte qui a désiré ces embellissements nobles et sans prétention est né́ en Tunisie en 1960. Il s’appelle Kazai Boubakar ; dans le quartier c’est Bouba. Depuis 2006, il s’occupe 7 jours sur 7 de la supérette de l’angle de Lorette, distribue boissons fraîches et cafés. Il a son élégance, ses affections, ses sourires et sa gravité. Les jeunes du Panier l’encouragent et le respectent. Les anciens disent que c’est lui, « le vrai gardien de l’âme du quartier ». Ses voisins d’en face, les artisans verriers lui prêtent volontiers des outils, le laissent choisir des chutes de leurs vitraux. De la colle, des rebuts en récupération et des thématiques de plein air : cet art écologique, c’est de l’art pour tous.

    Nombreux sont les venants de tous les pays qui le photographient et signent son livre d’or.

    Pour deux pans de l’escalier de Lorette, Bouba projette des vues du Vallon des Auffes et de l’Estaque. Pour ses amies bijoutières et décoratrices d’Art-Divergence qui ouvriront le 5 décembre au 8 rue Guintrand, il imaginera un décor d’oasis.