Tag: vote

  • Lionel de Cala, pour un nouveau mandat à Allauch

    Lionel de Cala, pour un nouveau mandat à Allauch

    Sur la place de l’Hôtel de ville, l’ambiance est festive et la météo clémente pour ce conseil municipal d’installation. Plusieurs centaines d’Allaudiens et d’Allaudiennes se sont réunies. Lionel de Cala (DVD) avait récolté 75,77% des voix au premier tour. Le maire sortant a été officiellement réélu pour un deuxième mandat avec 32 voix, à l’issue du vote des conseillers municipaux.

    La première ambition du maire reste : « La préservation de notre cadre de vie. » Il est revenu dans son discours sur son engagement pour « maîtriser totalement l’urbanisation et résister aux pressions foncières », et compare Allauch au « village gaulois qui résiste aux grands promoteurs immobiliers et aux pressions de l’État au titre de la loi SRU ». Un sujet que la gauche, qui revient au conseil municipal, aura à cœur de défendre, promet d’ores et déjà le communiste Frédéric Dutoit. Débat en perspective.

  • L’extrême droite menace Agde

    L’extrême droite menace Agde

    À l’instar de Beaucaire depuis 2014 dans le Gard ou de Perpignan dans les P-O, Agde pourrait-elle devenir la première ville gérée par le RN dans l’Hérault où Robert Ménard (EXD) dirige déjà Béziers ?

    Le danger semble réel tant Agde, en perte de repères et convoitée par le parti de Marine Le Pen, semble au bord du précipice. Depuis 25 ans qu’elle est dirigée par la droite, la « Perle noire de la Méditerranée » n’a cessé de s’enfoncer dans la précarité. Si la dynamique démographique existe avec 29 939 habitants recensés en 2023 (31 431 estimés par l’Insee en 2026), son développement économique anarchique, guidé par les intérêts privés, est une catastrophe.

    Construit à l’entrée du Cap-d’Agde, le nouveau casino maintient à flot les finances de la 4e commune héraultaise. Mais les chiffres sont têtus. Avec un revenu annuel moyen faible (20 410 euros) et un taux de chômage record (17,6%), Agde est une ville pauvre. Au plan national, elle forme avec Béziers et Pézenas le triangle des Bermudes : la pire zone d’activité du pays.

    Agde est avant tout une ville de retraités (35%) : la moyenne d’âge s’élève à 49 ans (41% des habitants ont plus de 60 ans), à peine 35,8% de la population travaille. Le niveau de diplôme est particulièrement bas : seuls 21% des habitants ont un diplôme supérieur au Bac.

    Le poids de l’héritage

    Depuis que le PS de Régis Passérieux a perdu la ville en 2001, les promoteurs y ont fait leur beurre au détriment des habitants qui peinent à se loger avec des loyers élevés. La droite aux affaires a fini par se faire prendre par les radars de la Justice. En mars 2024 éclate la désormais célèbre affaire de la voyante ventriloque, Sophia Martinez. Le 31 mai 2024, Gilles d’Ettore est poussé à la démission. Le 24 juin 2024, celui qui présidait aussi l’Agglomération est mis en examen pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption ». Il est incarcéré dans la foulée puis libéré et remis en détention provisoire le 21 janvier 2026 après avoir violé son contrôle judiciaire. Prétendant alors vouloir être à nouveau candidat en Agde où il a pourtant interdiction de paraître, il avait rencontré un témoin de l’affaire avec qui il avait interdiction de s’entretenir.

    Le mois dernier, sa mise en examen a été étendue pour corruption passive. Finalement, Gilles d’Ettore ne tentera pas d’improbable come-back politique. Mais sa chute place Agde dans l’inconnu. Son successeur, Sébastien Frey, cherche à se faire élire sur son nom. S’il a tout fait pour couper les ponts avec d’Ettore, les électeurs associeront-ils l’ancien adjoint aux affaires ? C’est ce qu’espère l’opposant Thierry Nadal (divers droite) étrangement soutenu par le PS. En 2020, le docteur avait obtenu un score honorable de 35,1%. Pour le chef d’entreprise Didier Irailles (DVD), ce sera une première.

    Même divisé avec la candidature dissidente de Fabienne Varesano (EXD), le RN espère rafler la mise. Ayant placé Agde sur sa liste des villes gagnables, le parti à la flamme a envoyé l’artillerie lourde. À savoir le député RN Aurélien Lopez-Liguori. En 2020, son homologue Jean-Louis Cousin était loin du compte (9,8%) mais le contexte a changé. Les Agathois ont aussi préféré deux fois Le Pen à Macron.

    Éviter le scénario du pire, c’est le pari difficile d’une gauche faible scrutin après scrutin. Il y a 6 ans, l’écologiste Bertrand de Pontual avait été éliminé au 1er tour (7,22%). Écœuré par les divisions, il a cette fois renoncé à se représenter. Les espoirs des progressistes reposent sur les épaules du jeune Arthur Labatut (PRG), soutenu par l’écolo Chloé Donate Estournet. Pour lutter contre la précarité, la création d’une « sécurité sociale alimentaire » fait partie de leurs propositions phares.

  • [Tribune] Voter, une responsabilité collective face au danger

    [Tribune] Voter, une responsabilité collective face au danger

    À la veille des élections municipales, puis de l’élection présidentielle, notre pays se trouve à un moment décisif de son histoire démocratique. Jamais l’avenir de la République n’a été aussi fragile. Le passé revient au grand galop.

    Face à cette situation, voter n’est pas un simple droit : c’est une responsabilité collective.

    Méfiez-vous des discours mensongers et trompeurs portés par le Rassemblement national, Reconquête et Identité-Libertés. Leurs votes à l’Assemblée nationale comme au Parlement européen sont en contradiction avec leurs déclarations publiques. Refusez toute banalisation de ces discours.

    Ces candidatures n’ont pour effet que de diviser le pays et de promouvoir un projet politique inspiré des dérives populistes observées ailleurs, notamment aux États-Unis sous l’ère trumpiste.

    L’histoire nous l’enseigne avec force : lorsque les démocrates se divisent ou se taisent, les forces extrémistes avancent. Ce mécanisme est constant depuis les années 1930, des idées historiquement portées par l’extrême droite deviennent « acceptables », banalisées ou reprises par des forces politiques traditionnelles. Nous assistons actuellement, en France, à ce glissement progressif d’une partie de la droite républicaine vers les thèses de l’extrême droite.

    Nous rappelons que préserver la démocratie, c’est refuser toute complaisance avec ces extrêmes, c’est défendre l’universalisme contre le repli identitaire, la loi contre l’arbitraire, la vérité historique contre sa falsification.

    Il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout, mais de se rassembler autour d’un socle commun essentiel : la démocratie, l’État de droit, l’égalité et la dignité humaine.

    Face au danger, notre histoire est sans ambiguïté. Dès 1943, au cœur de l’Occupation nazie, des femmes et des hommes de gauche, du centre et de droite ont su dépasser leurs divergences pour résister ensemble au nazisme.

    Beaucoup d’entre eux ont parrainé notre association. Ils s’appelaient Lucie Aubrac, Jacques Chaban-Delmas, Marie-Jo Chombard de Lauwe, Geneviève De Gaulle, Père Jean Cardonnel, Georges Guingouin, Jean Matteoli, Pierre Sudreau, Raymonde Tillon, et beaucoup d’autres.

    Ils ont sauvé l’essentiel : la République et ses valeurs démocratiques.

    Ils n’avaient pas les mêmes origines, ni les mêmes parcours, ni les mêmes convictions. Mais tous furent persécutés par un système totalitaire fondé sur la haine, la peur et la négation de l’humain.

    Rappeler cette histoire, ce n’est pas figer le passé. C’est honorer toutes les mémoires – résistante, politique, juive, tsigane, homosexuelle – sans jamais les opposer. C’est faire vivre une mémoire commune qui demeure une leçon universelle contre le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, le fascisme et toutes les formes d’exclusion.

    Aujourd’hui encore, la République a besoin de vigilance, de courage et d’unité. L’abstention, le vote blanc et la division sont toujours des alliées objectives des forces qui contestent les fondements mêmes de la démocratie.

    Réunis en Assemblée générale nous appelons solennellement l’ensemble des citoyennes et des citoyens à la mobilisation, au vote et à la défense de la démocratie.

    Ne laissez pas votre avenir être confisqué.

    Responsables et candidats, de gauche ou de droite, nous plaçons notre confiance en votre attachement aux valeurs de la République, aux valeurs défendues par le Conseil National De la Résistance et à votre responsabilité de les protéger.

    Françaises, français ne vous résignez ni à l’abstention, ni au vote blanc. Votez et faites voter pour un candidat républicain fidèle aux valeurs démocratiques.

    Marseille le 7 mars 2026.

  • Vincent Bouget, enfant de Nîmes

    Vincent Bouget, enfant de Nîmes

    Vincent Bouget aime rappeler qu’il est un « pur produit nîmois ». Dans sa famille, la politique n’est pas une carrière mais une tradition. Ses parents, Nathalie et Michel, militants communistes, se rencontrent au Prolé, lieu emblématique de la gauche nîmoise. L’engagement fait partie du décor. L’histoire familiale remonte même plus loin. Sa grand-mère Betty participe à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale en faisant passer des messages entre militants. Son grand-père, lui, porte les couleurs du Nîmes Olympique. Deux héritages qui marquent durablement le futur candidat.

    Dans cette famille où l’on parle politique, solidarité et sport populaire, Vincent Bouget grandit au rythme des matchs de football, des corridas et des discussions militantes. Le football occupe très tôt une place particulière dans sa vie. Il joue au ballon au sein du Sporting Club de Castanet pendant des années, du primaire jusqu’au lycée. Mais surtout, il grandit dans l’ambiance du stade. « Le Nîmes Olympique, c’est beaucoup de souvenirs. Des moments qu’on attend en famille, entre amis, depuis tout petit », raconte-t-il. Il se souvient des matchs aux Costières avec son père, des soirées passées à écouter les rencontres à la radio ou à suivre les Crocos même lorsqu’il vivait en région parisienne. Pour lui, le club dépasse largement le simple cadre sportif. « C’est un symbole fort de la vie nîmoise. Dans les tribunes, c’est l’un des rares endroits où des gens qui ne se croisent jamais se retrouvent. »

    L’engagement comme fil conducteur

    Élève studieux passé par la prépa littéraire du lycée Daudet de Nîmes, passionné d’histoire, Vincent Bouget se destine un temps au journalisme sportif avant de devenir enseignant. Il commence sa carrière en région parisienne avant de revenir à Nîmes, sa ville.

    C’est à ce moment qu’il s’engage pleinement au PCF, jusqu’à en devenir le secrétaire départemental. Pour lui, être communiste aujourd’hui signifie « suivre un chemin vers l’émancipation des individus, indissociable de l’égalité et de la liberté ». Au conseil municipal puis au Département, il se forge une image d’élu calme et méthodique, davantage porté sur la discussion que sur l’affrontement.

    Au-delà de la campagne électorale, Vincent Bouget parle souvent de Nîmes comme d’un projet collectif. Une ville populaire, traversée d’inégalités mais riche de cultures et de solidarités. Entre les souvenirs des Jardins de la Fontaine, les matchs des Crocos ou les discussions au Prolé, son histoire personnelle se confond largement avec celle de la ville. C’est sans doute ce mélange de racines familiales, de passion de l’échange et de convictions politiques qui explique sa trajectoire : celle d’un Nîmois convaincu que la politique locale peut encore changer la vie quotidienne.

  • La préfecture sur le pont pour un scrutin municipal très sensible

    La préfecture sur le pont pour un scrutin municipal très sensible

    Le défilé des candidats a démarré le 6 février en préfecture et sous-préfectures des Bouches-du-Rhône avec l’ouverture du dépôt des listes pour les municipales. Il s’achèvera le 26 février à 18h. Dans la foulée, aura lieu le tirage de l’ordre des listes pour leur positionnement sur les panneaux et dans les bureaux. Le lendemain, toute la journée, aura lieu la validation de la propagande électorale (bulletins et professions de foi).

    Une première commission s’est d’ailleurs tenue le 13 février pour les listes déjà déposées. L’idée est d’assurer la plus grande fluidité pour la mise sous plis confiée pour partie (mairies de secteur à Marseille, Allauch, Septèmes, Plan-de-Cuques, Châteaurenard…) à un prestataire privé à Toulouse. Pour eux, la date de livraison est le 2 mars. À Marseille, la mise sous plis orchestrée par la préfecture et les services communaux se fera le week-end précédent le 1er tour.

    Les élections sont à chaque fois « un sujet majeur », rappelle Frédéric Poisot, le secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône, pour qui ce scrutin a toutefois « une couleur particulière », les maires étant des « élus très importants et visibles et des attentes très fortes de la population ». La préfecture prévoit de mobiliser jusqu’à 750 agents d’État sur l’ensemble de la période. Mais c’est surtout la réforme de la loi PLM et le dédoublement du scrutin à Marseille qui marque ce rendez-vous 2026. Elle ajoute 550 000 électeurs pour un total de 2 millions dans le département.

    Une gymnastique logistique qui rajoute à des élections par ailleurs « très regardées sur le plan de leur bon déroulement » vis-à-vis d’éventuelles fraudes, désorganisations ou problèmes dans les bureaux de vote. Dans ce registre, la préfecture reconnaît poser un « regard très particulier » sur Marseille.

    « Le continuum

    de sécurité »

    Les jours de vote sont « des étapes importantes au niveau du contrôle et de l’appui que l’on apporte aux mairies ». Une permanence téléphonique est mise en place et le lien avec les forces de l’ordre est resserré. La remontée des résultats fait aussi l’objet d’un suivi de contrôle.

    Pour la sécurisation du scrutin, l’organisation est assez habituelle. Chaque président de bureau de vote est responsable de la police de son bureau, à l’extérieur, les forces de sécurité sont sensibilisées pour intervenir à leur demande. À Marseille, un travail particulier a été engagé avec les services municipaux au regard des problèmes rencontrés par le passé. « 7% des bureaux ont été ciblés », précise Frédéric Poisot détaillant les grandes lignes d’une « chaîne d’alerte » travaillée avec les services de la Ville. La police municipale sera engagée aussi, « on est sur le continuum de sécurité, il n’y a pas que les forces d’État. » Sécurisation de l’espace public, prévention des cyberattaques, tout est prévu, d’autant que sur les deux tours, l’OM joue au Vélodrome face à Auxerre puis Lille.

    Sur la partie contrôle des opérations électorales, le nombre de commissions a été légèrement augmenté sur Marseille. Ces équipes formées d’un juge, d’un assistant juridique et d’un secrétaire, ici un agent de la préfecture formé, circulent pour vérifier que les bureaux de vote sont correctement agencés, certains, comme celui où il y a eu des échauffourées comme en 2020, faisant l’objet d’une attention particulière. « Ce n’est pas une démarche politique, elle est objectivée par rapport à des faits passés mais ce travail est fait aussi dans d’autres départements », assure Frédéric Poisot.

    Pour l’heure, une partie des services est focus sur le respect du code électoral avec des signalements et des questions qui remontent de candidats concernant de l’affichage, des manquements d’obligation de discrétion, ou sur l’utilisation par un maire sortant des moyens de sa commune à des fins électoralistes. Rappelant qu’il y a un juge de l’élection, le secrétaire général assure n’en négliger aucun, même les plus « farfelus ».

  • Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Des jeunes avec des idées, prêts à aller aux urnes pour peu qu’on s’intéresse à eux. Selon les conclusions de l’enquête lancée par Aix-Marseille Université (AMU) avec le concours de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Ifop, présentées mardi 10 février, 67% des étudiants se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter pour les élections municipales.

    Menée du 24 novembre au 22 décembre par le biais d’un questionnaire envoyé par courriel ou un QR code mis à disposition, sur un échantillon de 5 190 étudiants répartis sur dix villes, cette étude, « issue d’une démarche scientifique », insiste Éric Berton, président d’AMU, s’est intéressée à « la manière dont ils vivent leur vie d’étudiants et leur état d’esprit actuel ». « On considère qu’il y a une sorte d’invisibilité de la jeunesse, étudiante en particulier, et on voulait qu’elle soit vue et entendue, en particulier dans le cadre des élections municipales, car il nous semble qu’elles sont à une échelle concrète, qu’elles ont une réelle incidence sur la vie des étudiants dans la ville », explique-t-il.

    Le président d’AMU assumant dans nos colonnes, le 3 février, que le rôle de l’université était de « redonner le goût du vote ». En ressort le portrait d’une jeunesse « dynamique, mais aussi en colère », qui a « du mal à aller voter, mais s’il y a une offre politique correspondant à ses aspirations, elle n’est pas loin » de retourner aux urnes, résume Éric Berton. Une génération « confinée » qui a
    vécu « une succession de crises majeures », ajoute Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès.

    Un fort sentiment de solitude

    Un jeune de 22 ans aujourd’hui a connu la crise de l’euro à 8 ans, celle des attentats à 11 ans, le Covid à 16 ans, la guerre en Ukraine à 18 ans, détaille-t-il. De quoi expliquer la priorité donnée à la santé quand 85% des étudiants jugent la thématique prioritaire pour les politiques publiques. Il y a aussi « le sentiment de solitude » : 66% de l’échantillon disant l’éprouver, « soit 20 points de plus que l’ensemble de la population », note Gilles Finchelstein, ainsi qu’un écart marqué entre « bonheur personnel et pessimisme collectif ». Pas moins de 79% des jeunes se disent heureux, 86% sont optimistes pour eux-mêmes, mais seulement 21% le sont pour l’avenir de la France, 18% pour celui du monde. Où une vie réussie, selon eux, c’est d’abord « avoir une famille heureuse » pour 58% des sondés, à égalité avec « avoir du temps libre pour profiter de la vie » suivi par « avoir de vrais amis » (51%).

    Les étudiants n’en n’oublient pas pour autant les autres : 79% d’entre eux ont apporté une aide financière directe à une personne dans le besoin, 61% ont fait un don à une association ou une fondation, 57% ont fait du bénévolat, 50% ont déjà créé ou rejoint une association. Leurs préoccupations sont diverses : droits des femmes et lutte contre le sexisme (97%), droits de l’homme (96%), environnement (95%), ou encore lutte contre le racisme (94%).

    Intéressés par l’élection présidentielle

    S’ils se sentent concernés par la chose politique, c’est au niveau national, 84% se disant intéressés par l’élection présidentielle contre 46% par les municipales. Seulement 40% des participants à l’enquête savent qu’il faut se rendre aux urnes en mars, 25% disent ne pas être inscrits sur les listes municipales, 28% envisagent l’abstention. Ce qui pourrait motiver les troupes : « Une offre politique qui correspond à [leurs] attentes » pour plus de 70% des étudiants. Au-delà de la santé qui arrive en première position, les thématiques de politiques publiques devraient porter sur la sécurité (69%), à égalité avec la lutte contre la pollution. La lutte contre le dérèglement climatique arrive en troisième position.

    Le timing pourrait aussi jouer. L’enquête ayant été réalisée en novembre et décembre dernier, « au fur et à mesure que les semaines vont passer, que la campagne va se lancer, ils vont s’y intégrer », estime Gilles Finchelstein. « Ce n’est pas une jeunesse perdue pour le vote », veut croire Éric Berton : « Aux politiques de prendre la responsabilité de faire des propositions. »

    Après cette enquête, un débat est organisé avec des représentants des candidats marseillais, mercredi 11 février, en présence d’une centaine d’étudiants.

    En chiffres

    67%

    des jeunes ayant répondu à l’enquête lancée par AMU se déclarent engagés pour une cause. Un chiffre qui monte à 70% chez les 22-24 ans, 72 chez les plus de 25 ans. Les causes défendues : l’urgence climatique, la lutte contre le sexisme ou la défense des droits humains.

    73%

    des abstentionnistes du panel de l’enquête menée par AMU déclarent qu’une offre politique correspondant à leurs attentes pourrait les faire changer d’avis.

    87%

    des étudiants de l’enquête se disent prêts à renoncer à la livraison de fast-fashion au nom d’une « conscience écologique », transformant la consommation « en levier d’action civique », estime AMU dans son analyse.

  • Un concours d’éloquence pour que les jeunes apprennent à se faire confiance

    Un concours d’éloquence pour que les jeunes apprennent à se faire confiance

    « Est-ce que le vote des jeunes est pris en compte ? » « Est-ce plus difficile d’être un jeune aujourd’hui qu’avant ? » Autant de questions sur lesquelles une centaine de 13-18 ans, venus des centres sociaux de Miramas, Istres, Marseille, Vitrolles ou Aix, avaient cinq minutes pour réfléchir avant d’argumenter devant un hémicycle. Pour sa 6e édition, le « Lab’oratoire », concours d’éloquence des centres sociaux organisé par le Réseau Jeunesse de l’Union des centres sociaux des Bouches-du-Rhône (UCS 13) a investi ce samedi 31 janvier l’hôtel du Département. L’idée : « donner aux jeunes des atouts mais aussi et surtout les faire se rencontrer et échanger » explique Pascale Baliand, chargée de mission à l’UCS 13. S’il s’agit là d’une compétition, elle se déroule en équipe, tient-elle à ajouter, car c’est aussi le travail en collectif que l’Union veut promouvoir.

    Où l’on découvre des jeunes engagés, solidaires, plein d’idées… Loin des clichés. « Cela sort du discours ambiant sur la jeunesse, surtout celle des quartiers, ça fait du bien », se félicite Joseph Richard-Cochet, délégué départemental de l’UCS 13. Tout le monde a un peu préparé avec l’aide de l’association Eloquentia et le Garage Comedy Club de Marseille dans le cadre d’ateliers.

    Un espace d’expression

    Entre deux phases éliminatoires, on retrouve des ados venus du centre social de la Martine (15e) avec leur coordinateur du service jeunesse, Kader Allem. « C’est difficile de s’exprimer quand on fait partie du sujet » explique Chemsy, 16 ans qui préfère « porter un regard extérieur » pour trouver ses arguments, pas plus effrayée que ça de prendre la parole face à un public. « Elle est à l’aise, plus que moi, alors je trouve les sujets et je les lui donne », raconte sa copine Maïssa. À leurs côtés, Nasser a de l’expérience, lui qui participe pour la deuxième fois à l’événement. « J’ai progressé, dans la posture aussi et on nous donne de bons conseils », estime le jeune homme. Quand Sofia y trouve elle aussi de l’intérêt car « on a le grand oral au bac coefficient 14 », précise-t-elle.

    Pour Kader, le concours leur permet « de se faire confiance en leur donnant les espaces pour s’exprimer et leur montrer qu’ils sont capables ». Il y a aussi le regard des parents, comme Echata et Laetitia, venues soutenir leurs filles, Sana et Melyna, du centre social la Garde (13e). « On les découvre, alors qu’elles sont plutôt timides » commente la première, « nous, on n’a pas eu la chance d’avoir une formation comme ça, c’est super pour leur avenir », ajoute la seconde.

    Beaucoup repartiront avec un trophée, ravis. « Être ados hier c’était chercher sa voie, aujourd’hui c’est de la faire entendre », résume un membre du jury.

  • Un sondage donne David Fournier en tête à gauche

    Un sondage donne David Fournier en tête à gauche

    Un sondage commandé par nos confrères de La Provence, publié ce samedi 20 décembre, place le candidat socialiste David Fournier en tête des listes de gauche. Avec 18% des intentions de vote, il se place à la troisième position derrière Olivier Galzi (DVD) avec 21% et Anne-Sophie Rigault (RN) avec 22%.

    Tandis que derrière se suivent l’insoumise Mathilde Louvain avec 14% et Stéphan Fiori (DVD) avec 10%. Puis, plus loin, se talonnent Joël Peyre (PRG) avec 5%, Paul Roger Gontard (Convention) avec 4,5%, Zinèbe Haddaoui (ex-PS), pourtant pas officiellement candidate, avec 3,5%, et Benoît Belvalette (Place publique) avec 2%.

    Rassemblement attendu

    Si ces chiffres, issus d’un échantillon d’un peu plus de 600 personnes, ne donnent qu’une photographie incomplète à plus de trois mois du scrutin, ils doivent cependant alimenter les discussions. Notamment à gauche, où tous les candidats appellent au rassemblement. Comme Joël Peyre, dont certains, lors de l’inauguration de son local de campagne ce mercredi 17 décembre, envisageaient une entente avec Avignon Collectif, le mouvement du PCF et de Génération.s, avec Zinèbe Haddaoui. Tandis que celui qui serait en tête à gauche, David Fournier, assure dans un communiqué émis ce lundi 21 décembre que sa liste, à laquelle se sont joints notamment EELV, l’Après ou encore le Parti animaliste, « apparaît comme la seule option crédible et la plus rassembleuse pour l’avenir de notre ville ».

    Avant d’insister que « face à la menace du Rassemblement national et à une droite libérale déconnectée de toute réalité avignonnaise, l’union est la seule option et la condition de la victoire ».

  • Fin de vie : visite de terrain à Gardanne avant l’examen du texte

    Fin de vie : visite de terrain à Gardanne avant l’examen du texte

    À partir du 20 janvier, le Sénat examinera deux propositions de loi sur la fin de vie. L’une se penche sur soins palliatifs l’autre, qui suscite davantage le débat, sur la création d’une aide à mourir. C’est dans ce contexte sensible que Bernard Jomier, sénateur (Place Publique) et vice-président de la Commission des affaires sociales s’est rendu ce jeudi à La Maison de Gardanne, référence dans l’accompagnement des patients en soins palliatifs. À ses côtés, Pascaline Lécorché, déléguée nationale Place Publique et Magali Bailleul, co-référente du parti dans le Département.

    « La question de la fin de vie est une question de bioéthique. On se serait épargnés beaucoup de retard et beaucoup de tensions en l’incluant dans la révision de la loi bioéthique, parce qu’il faut rechercher du consensus », constatait Bernard Jomier, avant d’ajouter : « Mais ce dont on a discuté depuis le début de la visite permet d’éclairer le travail qu’on va porter dans l’hémicycle. » Autour d’une table, le personnel de l’établissement a exprimé ses inquiétudes vis-à-vis des textes.

    « Je trouve que la loi Claeys Leonetti est une bonne loi et répond à la grande majorité des situations. Une loi comme celle-ci, avant d’en faire une autre, il faut qu’elle ait eu le temps de vivre », campe Jean-Marc La Piana, fondateur de La Maison.

    « Coercitif » ?

    Autre notion dérangeante pour le médecin, le fait qu’un directeur d’établissement puisse être condamné en cas de refus d’une procédure dans établissement.

    « Même si cela ne se produira pas forcément, ça créé une notion coercitive à un endroit où l’on travaille sur l’humain et ça déstabilise les équipes », estime Jean-Marc La Piana. « Ce qui m’interpelle dans ce projet de loi est peut être la temporalité sur le délai de réflexion [14 jours sont requis, mais peuvent être abaissés à 48 heures, Ndlr.]. Ce qu’on constate est que pendant ce temps de fin de vie, il y a ce mouvement d’oscillation qui fait le vivant. C’est ça qu’on accompagne ici. J’ai peur que cette loi soit une réponse de la société à des personnes trop vulnérables qu’elle ne peut pas gérer », estime l’une des médecins. « J’ai l’impression que cette loi est spontanée, qu’elle se situe dans une idée ou il faut toujours aller vite… en tant que soignant, faire le geste, mettre un arrêt, je trouve ça violent », ajoute une autre.

    Des doléances par le sénateur qui estime que ce vote « sera des plus délicats ».

  • Budget de la Sécurité sociale : ce qu’en disent les députés de Provence

    Budget de la Sécurité sociale : ce qu’en disent les députés de Provence

    Laurent Lhardit, député PS de Marseille

    « Il faut comparer avec le budget initial qui aurait été imposé aux Français »

    « Je suis satisfait puisque je défendais avec mon groupe un vote positif, même s’il n’y a pas de quoi sauter de joie. Ce n’est pas un budget de gauche, mais c’est le fruit d’un compromis et nous considérons avoir obtenu dans la négociation des choses avantageuses car aucun effort n’est demandé aux classes populaires et moyennes. Il faut comparer, avant-après, avec le budget initial qui aurait été imposé aux Français si nous avions censuré le gouvernement, il y a six semaines. Nous l’avons amélioré avec le rétablissement de la suspension de la réforme des retraites, je le rappelle annulée par le Sénat, la suppression des franchises médicales, l’indexation des pensions de retraite et des minima sociaux sur l’inflation, la suppression de la hausse de la CSG sur les retraites et les pensions d’invalidité, les 2,5 milliards en plus pour l’hôpital, ou la suppression des cotisations supplémentaires sur les apprentis ». Ch. C.

    Raphaël Arnault, député LFI de Vaucluse

    « La finalité n’est pas du tout bonne pour les Français »

    « Dans ce budget de la Sécurité sociale, il y a 4 milliards de coupes sur la santé, une limitation des arrêts maladie, l’augmentation du prix des mutuelles… C’est évident que les batailles que l’on a menées à l’Assemblée ont permis d’alléger la casse, mais la finalité n’est pas du tout bonne pour les Français. Historiquement, la question du budget, c’était une façon très nette de savoir si, oui ou non, on est dans l’opposition au gouvernement. Manifestement, c’est une période de flou avec certains qui ont du mal à tenir la ligne qu’on a portée lors des législatives, avec le Nouveau Front Populaire. Avec une partie de la gauche, qui se dit encore de gauche, incarnée par le PS qui s’enfonce dans une crise durable. Le RN se comportait comme ça il y a quelques mois. C’est malheureux de se dire que des gens qui ont participé au NFP se retrouvent dans cette position. »

    Yannick Chenevard, député Ensemble pour la République du Var

    « Le choix du compromis »

    « Ce n’est pas le budget que j’aurais souhaité. Mais c’est un budget qui, s’il n’avait pas été voté, aurait coûté 10 milliards d’euros supplémentaires aux Français. En faisant le choix du compromis, nous protégeons les salaires des apprentis, nous sauvons le maintien de l’exonération des taxes sur les tickets-restaurants par exemple. »

    Hendrik Davi, député L’Après de Marseille

    « Cela reste un budget injuste »

    « Grâce à la mobilisation déterminée du Groupe Écologiste et Social dans son ensemble, plusieurs mesures parmi les plus indignes ont été supprimées. Mais il reste de nombreuses “horreurs” et ce PLFSS reste donc un budget injuste. Il s’attaque aux plus précaires, aux personnes âgées, aux malades chroniques, à l’hôpital public et au médico-social. »