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  • Après la gronde, Montpellier ne fait plus de zèle

    Après la gronde, Montpellier ne fait plus de zèle

    On les pensait enterrées et voici que les Zones à faibles émissions (ZFE) pourraient refaire surface. Bien que mises aux oubliettes par l’Assemblée nationale, les ZFE pourraient ressurgir à la faveur de la décision du conseil constitutionnel. « 9 Sages [les 9 membres du Conseil constitutionnel, Ndlr] ont décidé de piétiner les votes de l’Assemblée nationale, du Sénat et l’avis de 8 Français sur 10 », rumine Laurent Jaoul (sans étiquette). Opposant de la première heure à ce dispositif qui devait améliorer la qualité de l’air grâce à un système n’autorisant que les véhicules les moins polluants à circuler dans les métropoles et grandes agglomérations, le maire de Saint-Brès n’est pas pour autant surpris par ce revirement. « Je m’en doutais parce que les Sages sont à la botte de Macron, qui est favorable aux ZFE. »

    Pour autant, au motif que les ZFE constitueraient une entrave au principe de se déplacer librement voire une sorte d’assignation à résidence pour les foyers n’ayant pas les moyens financiers de changer de véhicule, Laurent Jaoul ne croit pas à un retour immédiat sous cette forme. Après une première fronde qui a conduit à une mise au placard des ZFE, « je ne vois pas comment les maires les mettraient en place ». Le maire de Saint-Brès apporte une précision importante. « Durant sa tournée des 31 communes, le président de la Métropole, Michaël Delafosse (PS), est venu me voir. Il m’a clairement dit qu’il ne voulait plus entendre parler des ZFE », affirme Laurent Jaoul.

    Les « Gueux » sortent une application référendaire

    Officiellement, aucune annonce de ce type n’a été formulée par Michaël Delafosse. Mais sa vice-présidente qui, à l’origine, tenait à la mise en place du dispositif d’État le plus tôt possible, semble beaucoup plus souple désormais. « Nous sommes dans un État de droit. Le Conseil constitutionnel a décidé, on attend la clarification de l’État », résume Julie Frêche. L’élue socialiste rappelle que les ZFE faisaient partie de la stratégie mobilités de la Métropole parce qu’elles étaient « une obligation pour les territoires de plus de 150 000 habitants ». Si elle compte continuer à « prendre sa part » dans la lutte contre la pollution, Julie Frêche ne met plus forcément les ZFE en première ligne. « Il n’y avait aucune harmonisation, le dispositif était mal pensé. Il faudrait des mesures d’accompagnement pour les personnes en difficulté. »

    Pour elle, ce sujet complexe nécessite d’y mettre de la nuance. « Il faut le traiter avec sérieux, rigueur. Et prendre en compte la grogne. » Pour autant, Julie Frêche rappelle que « la France va devoir se positionner sur le sujet, c’est une demande de l’Europe ». Allergique aux vignettes Crit’Air, Laurent Jaoul ne l’entend pas de cette oreille. Le collectif des « Gueux », qu’il avait monté avec le metteur en scène Alexandre Jardin, reprend du service. « On va lancer une application référendaire pour permettre aux citoyens de s’exprimer sur les grands sujets », confie Laurent Jaoul. Et devinez quoi ? Le questionnaire sur les ZFE sera l’un des premiers proposés ainsi qu’un autre sur les prix à la pompe.

  • La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    La droite héraultaise aussi en proie aux divisions

    Vu le nombre d’élus municipaux qu’elle compte, la droite héraultaise est en droit d’espérer obtenir un second siège de sénateur. Et pourtant, la mission ne s’annonce pas simple.

    À l’instar de la gauche, la droite pourrait partir divisée dans l’Hérault. Le sénateur sortant Jean-Pierre Grand n’a jamais caché son souhait de continuer à siéger au Palais du Luxembourg qui compte, paraît-il, le meilleur restaurant de Paris. L’ancien maire de Castelnau-le-Lez a même déjà l’investiture du parti d’Édouard Philippe, Horizons.

    Affaire réglée ? Pas du tout. Puisque contre toute attente, un autre élu Horizons revendique lui aussi l’étiquette. Il s’agit du maire de Saint-Georges d’Orques, Jean-François Audrin, qui n’est autre que… le délégué départemental d’Horizons dans l’Hérault ! Chez les troupes du maire du Havre aspirant à l’Élysée, on marche donc sur des œufs. J.-F. Audrin finira-t-il par rentrer dans le rang d’une manière ou d’une autre sachant que la 3e place qui pourrait lui être attribuée derrière J.-P. Grand ne sera pas éligible ? Ou bien J.-F. Audrin montera-t-il sa propre liste sous peine d’être exclu ? Suspense.

    LR et RN en réflexion

    Pendant ce temps, Joseph Francis avance. Après avoir échoué de peu en 2020 (5e avec 9,45%, 234 voix), l’entrepreneur montpelliérain s’est déclaré… cette fois sans le soutien de l’UDI. « Je dévoilerai ma liste fin juin. J’aurai des maires avec moi. Je m’occupe d’eux, pas des candidats ni des partis politiques », précise Joseph Francis qui a l’air vacciné des étiquettes. « Ils font de la tambouille. Il y en a marre de la politique d’hier, des calculs. Les maires sont dans une détresse totale, ils ont besoin qu’on s’occupe d’eux », charme le chef d’entreprise qui dit rencontrer entre deux et douze maires par jour.

    Du côté des Républicains, on est encore au stade de la réflexion et des discussions en coulisses. « Pour l’instant, il n’y a pas de liste LR, on va voir », glisse le secrétaire héraultais Arnaud Julien, dans l’expectative. En charge des sénatoriales, le maire de la Grande-Motte, Stéphan Rossignol, n’a pu être joint pour nous en dire davantage.

    Quant à l’extrême droite, elle n’a pas davantage communiqué. Si à Béziers Robert Ménard ne semble pas intéressé pour peser dans ce scrutin, nul doute que, comme en 2020 (8e avec 4,76% soit 118 voix), le RN présentera une liste dans l’Hérault. Selon les premiers bruits, elle pourrait être menée par l’ancien candidat RN aux régionales 2021, Jean-Paul Garraud. Étonnant puisqu’il est déjà député européen. Ou bien par Sébastien Pacull, qui a pourtant raté son pari aux Municipales à Sète. À ce stade, rien n’est donc acté.

  • Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    La gauche héraultaise conservera-t-elle ses 3 sièges de sénateurs au Palais du Luxembourg le 27 septembre ? Bien malin qui peut le dire. Car le corps électoral a profondément été modifié avec les municipales et la division guette les uns et les autres.

    Si les jeux sont ouverts, c’est d’abord parce que deux des trois sénateurs de gauche sortants ne se représentent pas dans l’Hérault. Il s’agit des deux élus du PRG qui siègent dans le groupe RDSE. À savoir : le viticulteur Henri Cabanel et le maire de Péret, Christian Bilhac. Le premier, qui a échoué à réformer en profondeur le statut des parlementaires et leurs privilèges, estime avoir fait le tour de la politique. Le second, plus âgé, a envie de « prendre du temps » pour lui. Mais Christian Bilhac ne restera pas spectateur. Il soutiendra Florence Brutus. Déjà numéro 2 sur sa liste en 2020, la conseillère régionale des hauts cantons de l’Hérault a l’investiture du PRG. La conseillère municipale du village de Causses-et-Veyran se dit prête à ouvrir sa liste à « toute personne à gauche en capacité de rassembler, hors LFI ». « Je suis pour une liste d’union. Notre intérêt est d’ouvrir la liste au-delà du PRG. On discute avec nos partenaires. »

    Parmi eux pourraient figurer les communistes, dont la stratégie dans l’Hérault n’a pas encore été arrêtée. Discussions possibles aussi avec le partenaire historique du PS. De ce côté-là, le sénateur sortant Hussein Bourgi a annoncé sa candidature. Qui sera sur sa liste ? Dans le lanterneau, il se murmure que Julie Frêche pourrait être en seconde position, la seule des six a priori éligible. Contactée, la vice-présidente de la Métropole de Montpellier n’a ni confirmé ni infirmé. « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur ce sujet. »

    Il semblerait que rien ne soit facile en raison des équilibres à préserver entre l’urbain et la ruralité mais aussi avec les partenaires potentiels dont le PCF ou peut-être les Écologistes… Le 31 mai, ces derniers ont choisi leurs 6 noms d’une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition à Pézenas, Agnès Gizard. Troisième sur la liste écolo, la Lunelloise Lise Florès, favorable à l’union de la gauche, se dit ouverte à des accords. À une condition : « Ne pas être des supplétifs et faire entendre de vraies propositions écologistes en réponse aux problèmes du quotidien dans les zones périurbaines et rurales. »

    Règlements de comptes ?

    Ça bouge aussi du côté du Département de l’Hérault. Le 30 mai, Audrey Imbert (sans étiquette) a officialisé sa candidature hors des formations politiques. « Doit-on laisser ces élections sénatoriales aux seuls partis politiques quand on constate aujourd’hui leur état ? », questionne l’élue du canton de Mèze, qui estime connaître son territoire en tant que conchylicultrice.

    Elle trouvera sur sa route Aurélien Manenc. Depuis le 1er juin, le maire sans étiquette de Lunas-les-Châteaux dit vouloir incarner la candidature des territoires et de la ruralité. En tant qu’édile et pompier au Sdis, il pense « être le mieux placé pour mesurer ce que vivent mes collègues maires avec la fuite des services publics, la fermeture des écoles, les problèmes de mobilité ». Sa « vision complémentaire aux candidats urbains » concurrence directement Hussein Bourgi, dont il était le numéro 3 en 2020… « Ce n’est pas un règlement de comptes, il y avait aussi des listes PRG à l’époque », répond
    A. Manenc. Reste qu’il est soutenu par le président héraultais Kléber Mesquida (DVG). Lequel, depuis son départ du PS, semble en froid avec Carole Delga à la Région et Michaël Delafosse à Montpellier…

    Enfin, LFI montera aussi une liste sur un « programme de rupture ». Elle sera soit avec des amis de la Nupes, soit Insoumise pur jus. « Au plan national, on discute avec le PCF et les Verts », glisse le co-référent héraultais Sylvain Carrière. Le député sait qu’arracher un siège serait un exploit mais pour LFI l’essentiel est ailleurs : continuer à s’implanter et préparer la course aux parrainages pour Jean-Luc Mélenchon.

    Autant de stratégies dissonantes qui pourraient jouer des tours à la gauche le 27 septembre ? Pas forcément, même si des accords sont préférables. En 2020, 14 listes dont 6 de gauche étaient en lice dans l’Hérault et la gauche avait obtenu trois sièges sur quatre.

  • Sophie Binet est sur la voie d’un nouveau mandat

    Sophie Binet est sur la voie d’un nouveau mandat

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    Un avant-goût de la future direction de la CGT a été entériné lors de cette avant-dernière journée du 54e congrès de l’organisation. Car la commission exécutive confédérale (CEC), et la liste de noms de syndicalistes qui la composent, ont été élues sans modifications par les congressistes. « Tout le monde a été élu, largement élu, c’est une bonne chose », note positivement Sandrine Mourey, secrétaire confédérale sortante. « La liste proposée pour composer la commission exécutive confédérale correspond à la meilleure équipe de direction en capacité de porter les orientations confédérales », abonde Myriam Lebkiri, également secrétaire confédérale.

    Si le rôle de cette instance est un poil technique, il faut la voir comme une direction élargie et ciment du futur bureau confédéral, ce dernier étant l’instance dirigeante majeure de l’organisation. « La CEC assure la direction de la CGT et de la conduite de l’action confédérale dans le cadre des orientations du congrès », explique Myriam Lebkiri. C’est de la composition de la CEC dont dépend l’élection du, ou de la future, secrétaire générale de la CGT. À un détail d’importance près : c’est le comité confédéral national (CCN), instance réunissant dirigeants d’Union départementale et des différentes Fédérations, qui élit le bureau confédéral, à partir de la CEC. En clair, le bureau confédéral et le secrétaire général de la CGT sont issus de la CEC, mais après un vote du CCN.

    Au regard des débats du congrès, notamment du vote à une majorité écrasante en faveur du bilan d’activités de la direction sortante, et de la validation sans appel du document d’orientation, Sophie Binet va être sans surprise reconduite en tant que secrétaire générale de la confédération, seule candidate officielle pour sa succession. Des sources concordantes au sein du CNN le confirment. Elle est évidemment présente au sein de la CEC approuvée par le congrès. Le CCN du 29 avril dernier avait approuvé la liste de candidats pour cette CEC dans des proportions parlantes : 79 pour, 5 contre et 12 abstentions.

    Quoi qu’il en soit, le mot de la fin sera dévoilé officiellement e vendredi matin, pour le dernier jour du congrès.

  • Début de débats vigoureux sur les orientations de la GCT

    Début de débats vigoureux sur les orientations de la GCT

    De notre envoyé spécial, Amaury Baqué

    Entrée dans le dur des débats pour les congressistes du 54e congrès de la CGT, à Tours, ce mercredi. C’est le document d’orientation, qui doit définir les stratégies de l’organisation pour les trois années à venir, qui était mis sur la table.

    Le thème 1, « Nous organiser pour nous renforcer : faire des questions d’organisation une priorité », a été discuté toute la matinée avec plusieurs dossiers chauds au programme. Notamment s’attaquer aux « syndiqués isolés », des militants n’ayant pas les moyens de créer un syndicat dans leur entreprise. C’est ce sujet qui a concentré les interventions des congressistes, notamment avec la question de la « création de syndicats professionnels de territoire », une structure déjà utilisée à certains niveaux de la CGT, mais pas encore officiellement entérinée, et justement prévue dans ce document d’orientation. Ces syndicats professionnels territoriaux doivent « permettre aux syndiqués isolés de se regrouper par profession dans un territoire », résume Sandrine Mourey.

    « Il est important de rester ancré dans les boîtes, on ne veut pas d’une méga structure éloignée du terrain », juge pour sa part Patrick Rispal, pour la CGT RATP, qui plaide plutôt pour « un syndicat, une entreprise ». Carine Didia, travailleuse de la propreté dans les Bouches-du-Rhône et rattachée à la Fédération Ports et Docks, lui répond indirectement : « Notre force repose sur la coopération entre syndicats du client [en l’occurrence le port de Marseille Ndlr] et ceux de la propreté. Nous poursuivons la création de syndicats professionnels, cette proximité avec les travailleurs nous permet d’être la première organisation syndicale de la branche. »

    Vient ensuite le bras de fer autour des amendements, par exemple sur la question de l’intégration des ICTAMS (Ingénieurs, cadres techniciens et agents de maîtrise), le document d’orientation établissant la volonté de développer la CGT auprès de ces travailleurs. « On doit organiser et s’adresser aux Ictam, pour parler à tout le salariat », explique Sandrine Mourey pour la confédération.

    Le vote sur le thème 2 reporté

    Les congressistes approuvent majoritairement l’ensemble des propositions de la commission des amendements. Le préambule et le thème 1 sont d’ailleurs largement adoptés avec 74,6% des voix.

    Le thème 2, « Transformation du travail : quelles réponses syndicales pour peser », provoque aussi des interventions vigoureuses. Le développement de la prise en compte du « Nouveau statut du travail salarié (NSTS) » et donc d’une sécurité sociale professionnelle – deux thématiques travaillées de longue date par la confédération – n’est pas sans susciter des interrogations chez certains délégués. Des questionnements au regard d’une potentielle concurrence de ces concepts avec un autre cher à l’histoire de la CGT : celui du 100% Sécurité sociale.

    Patrizia Benezit, pour la fédération de la Santé et Action sociale de la Haute-Loire, tempête : « La place de la Sécurité sociale dans le document d’orientation n’est pas à la hauteur des enjeux. Le 100% Sécu, il faut en faire une priorité. » « Il n’y a pas d’opposition entre sécurité sociale professionnelle et NSTS, et pas d’opposition avec la Sécurité sociale, il faut déminer les appréhensions des camarades, ce sont deux concepts qui se complètent », rassure Boris Plazzi, secrétaire confédéral sortant.

    Reste que Sandrine Nosengo, des organismes sociaux, propose un amendement remplaçant carrément les notions de NSTS et de sécurité sociale professionnelle par le 100% Sécurité sociale uniquement. En clair, supprimer les deux premiers concepts au profit du troisième. Et, à l’inverse du thème 1, Cette fois, la commission des amendements, qui proposait un maintien du texte initial et le rejet dudit amendement, est mise en minorité, d’une courte tête. De quoi creuser la dualité entre sécurité sociale professionnelle et 100% Sécu ?

    Cela provoque tant de débats que les votes sur le deuxième thème sont décalés au lendemain. « Une nouvelle rédaction va être présentée, il faut plus de pédagogie sur ces deux concepts », rassure Boris Plazzi. De quoi animer les débats pour la suite de l’examen.

  • 54e congrès de la CGT : le rapport d’activité largement adopté et un bilan plébiscité

    54e congrès de la CGT : le rapport d’activité largement adopté et un bilan plébiscité

    Débats riches et de fond pour le vote du rapport d’activité, qui fait office de jauge du bilan de la direction sortante.

    Pour l’introduction aux débats, Nathalie Bazire, secrétaire confédérale, a vanté « trois années marquées par une forte amélioration de l’image de la CGT », de même que la réussite « de ne pas clôturer à la baisse de nos adhésions : le cap des 600 000 syndiqués a été franchi ». « L’analyse de la mobilisation contre la réforme des retraites nous a permis d’identifier les points d’appuis à préserver : l’unité et la proximité, mais aussi ce qui nous a manqué pour étendre la grève », a-t-elle développé. Avant de résumer : « Le cap était clair pour ce mandat, faire de la vie syndicale une priorité. »

    Un bilan largement salué par les interventions des délégués. Gaétan Lecocq, d’ArcelorMittal Dunkerque, comme Nicolas Bruel, de Fibre Excellence Saint-Gaudens, ont appuyé les orientations prises par la confédération dans le soutien aux industries. « La coordination entre la confédération, la fédération, les UD et les UL est déterminante. Nous croyons à l’avenir de nos sites », a résumé Nicolas Bruel. Même principe pour Jean-Michel Roccasalva, de la Centrale de Gardanne, louant le « retour de la confédération » dans la lutte à leurs côtés durant le mandat et rappelant que le développement d’un projet industriel par les salariés est « une victoire fruit de la convergence de lutte » et donc du processus enclenché à tous les niveaux de la CGT.

    Analyse tout autre pour Frédéric Alpozzo, pour la CGT des Marins de Marseille, qui a dénoncé « un problème de coordination des luttes entre fédérations pendant la réforme des retraites ! ». Avant d’appeler à « changer le fonctionnement de nos instances pour être au plus près des travailleurs en lutte ». Comme lui, seulement 18,64% des délégués ont voté contre ce bilan d’activité. Bien loin des 81,36% de voix favorables, qui représentent 414 347 voix sur les 543 855 délégués ayant participé au vote. Car les congressistes votaient « par mandat » pour ce scrutin, c’est-à-dire qu’un délégué vote pour plusieurs structures. Une majorité écrasante valide donc le bilan de Sophie Binet et de la direction sortante, à l’inverse du précédent et houleux congrès de Clermont-Ferrand, où le rapport d’activité avait été rejeté par les congressistes et avait donc fait office de désaveu pour la direction alors, sous la houlette de Philippe Martinez. « C’est la reconnaissance du travail effectué, cela fait très longtemps qu’on n’avait pas atteint des scores similaires. On revient à une culture du débat classique, on avait un mandat de rassemblement », se félicite Thomas Vacheron, secrétaire confédéral.

  • Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Responsable, juste et protecteur » pour les uns. « Trahissant la parole donnée aux électeurs » pour les autres. Voté mardi 28 avril, le budget 2026 de la Métropole de Montpellier n’a pas fini de faire parler. Pas tant pour son montant (1,7 milliard d’euros) dont 1,26 milliard de dépenses réelles parmi lesquelles des dépenses de personnel (173 millions d’euros ; +2,2%) « plutôt maîtrisées », convient le nouveau maire divers droite (DVD) de Grabels, Pascal Heymes. Pas davantage pour la charge de la dette (130 millions d’euros d’annuité) accrue en raison des 480 ME investis sur la 5e ligne de tramway. Ni même à cause d’investissements ramenés à un niveau jugé « plus soutenable » (371 ME au lieu de 450 ME et avant les 200 ME annoncés pour 2027).

    Non, ce qui a nourri les presque quatre heures de débat, c’est le choix du président Michaël Delafosse (PS), révélé la semaine dernière, d’activer le levier fiscal. Un « tournant », selon l’élu LFI de Montpellier, Antoine Bertrand. « Un mois après les municipales, c’est un déni de démocratie. Il fallait le dire pendant la campagne ! », reproche l’ancien bras droit de René Revol (LFI), battu à Grabels. S’il s’était engagé à ne pas toucher à la fiscalité à l’échelle communale, Michaël Delafosse n’avait rien promis au sujet de l’intercommunalité.

    Son choix surprise concerne uniquement la taxe sur le foncier bâti. Si les taux de la Contribution foncière des entreprises (36,58%), du foncier non bâti (5,69%), de la taxe d’habitation (12,8%), de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (14,62%) ou de la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et lutte contre les inondations (+50 euros décidés par l’État) restent stables, le taux de la taxe foncière explose, lui, de 0,167% à 5,8%. Pour les propriétaires, cela représente un surplus estimé entre 50 à 250 euros annuels en fonction des caractéristiques du logement.

    La droite vent debout

    C’est trop selon l’élu pro-Altrad, Salim Jawhari. « Ce n’est pas une stratégie, c’est un renoncement. On demande toujours l’effort aux mêmes, aux classes moyennes et aux entreprises qui auront une double peine fiscale. » Du côté des maires, la pilule ne passe pas à Castelnau-le-Lez où le nouveau maire Julien Miro (DVD) a choisi de « baisser de 20% cette taxe et de stopper les logements sociaux ». À Montferrier-sur-Lez, l’édile Frédéric Gueydan (DVD) ne cautionne pas davantage, de même que Guy Lauret (DVD) à Vendargues (DVD), Roger Caizergues (sans étiquette) à Lavérune ou encore Virginie Martos-Ferrara (DVD) à Villeneuve-lès-Maguelone. « C’est un effort trop brutal, trop rapide. » Avec à peine 25 votes contre et 9 abstentions sur 102, la hausse est toutefois validée.

    Si la plupart des élus s’y sont résolus, c’est en raison d’une situation financière délicate. « L’État a supprimé toutes les recettes dynamiques aux collectivités », déplore Christian Assaf (PS). L’État qui « ne s’attaque pas aux plus riches (ISF +211 milliards d’exonérations fiscales) et démantèle les services publics », fustige Hervé Martin (PCF). Un choix funeste refusé à Montpellier. « Nous ne vendrons pas nos médiathèques, nos crèches, nos piscines ou notre réseau des eaux », insiste le vice-président communiste.

    S’il consent que « personne ne paye l’impôt avec plaisir », l’écologiste Grégoire Delforge assure « qu’on peut y consentir s’il est transparent, juste, exemplaire et finance une part d’avenir ». C’est le cas selon le premier vice-président, Renaud Calvat (PS), qui promet que « chaque euro dépensé doit l’être utilement ». 350 millions d’euros iront aux mobilités douces (tramway 124 ME, bustram 8 ME, bus 6 ME…), 176 ME à la transition énergétique (déchets 128 ME), 140 ME à la voirie et à l’espace public (nettoiement 47 ME, entretien voirie 19 ME, espaces verts 9 ME, éclairage 5 ME….), 117 ME à la culture (subventions aux associations 20 ME, médiathèques 15 ME…) et au sport (subventions aux clubs sportifs 8,4 ME, piscines 11,7 ME). La solidarité (rénovation urbaine, aide aux communes) sera dotée de 90 ME (aides à la pierre 34 ME), le développement économique de 44 ME (filières 4,7 ME) ou encore la sécurité de 40 ME (Sdis 20,2 ME). Au total, 1 095 euros de dépenses de fonctionnement par habitant au lieu de 595 en moyenne ailleurs. « Nous faisons plus donc nous portons plus de charges, c’est un choix politique du service public », insiste Julie Frêche (PS). « Fermer des piscines, réduire la voirie, personne ne l’a proposé », observe Michaël Delafosse. « L’impôt ne fait jamais plaisir mais il permet de tenir sur la qualité de vie. »

  • L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    S’il était attendu, c’est tout de même un coup de tonnerre qui s’est déroulé au conseil communautaire de Petite Camargue mercredi 15 avril. Et ce, pour deux raisons. D’abord parce que pour la première fois un élu du Rassemblement national va gérer une intercommunalité dans le Gard. Mais c’est aussi l’ampleur du score qui interroge : Nicolas Meizonnet l’a en effet emporté avec 25 voix sur les 30 possibles et aucun candidat n’a osé se présenter face à lui.

    Tous les maires l’ont ainsi soutenu, que ce soit Jean-Paul Franc, maire d’Aimargues et ancien secrétaire CGT chez Perrier, le président sortant réélu à Aubord André Brundu, le nouveau maire de Beauvoisin Frédéric Meseguer ou encore l’édile du Cailar, Joël Tena. Des soutiens d’autant plus incompréhensibles que dans l’histoire de la Communauté de communes, le maire de Vauvert, la ville centre, n’a jamais eu la présidence de l’interco.

    « C’est déconcertant, il n’y a eu aucune opposition, aucune résistance », s’indigne Magali Nissard, nouvelle leader de l’opposition à Vauvert depuis le retrait de Jean Denat. « Il y a la droite dans toutes les villes et on voit qu’elle bascule. Meizonnet a dit que la Communauté de communes ne serait pas la vitrine du RN mais on a du mal à y croire. J’ai tenté de pousser le président sortant à y aller mais il n’a jamais donné d’explications sur son retrait. Ce qui m’inquiète c’est comment ils vont se positionner face à lui par la suite ? Est-ce qu’ils vont laisser tout passer ? »

    La gauche s’élargit

    à l’Agglo d’Alès

    Toute la semaine, les présidents des intercommunalités ont été élus avec une forme de continuité. C’est par exemple le cas pour le maire de Cardet, Fabien Cruveiller, qui était seul en lice pour récupérer la présidence du Piémont Cévenol où la majorité de Saint-Hippolyte-du-Fort a retrouvé la première vice-présidence, tournant ainsi la page de l’opposition frontale qui avait entaché le mandat précédent. Les élus régionaux socialistes Régis Bayle et Fabrice Verdier ont également été réélus respectivement à la tête du Pays Viganais et du Pays d’Uzès. Du côté des changements, l’opposant à Pierre Martinez et maire de Montpezat, Jean-Michel Andriuzzi, a été élu président du Pays de Sommières. Elu à Montfrin, Philippe Marchesi, a pris la suite de Pierre Prat à la tête de l’intercommunalité du Pont du Gard sur fond de divisions.

    Côté Alès Agglomération, Christophe Rivenq (LR) a été réélu confortablement dans le fauteuil de président qu’il occupe depuis 2020. Mais pour cela, il a plié devant les demandes de la gauche qui lui demandait plus de responsabilités. Ainsi, le PCF a récupéré un poste de vice-président supplémentaire (Sylvain André (Cendras), Claude Cerpedes (Saint-Martin-de-Valgalgues), Pascale Eugène (La Grand-Combe) et Ghislain Chassary (Rousson). Avec l’écologiste Aurélie Génolher et Nathalie Montoro Teissier (DVG), la gauche compte six vice-présidents sur 15 à l’Agglo. « Il y a les vice-présidents mais il y a aussi les responsabilités et on peut affirmer que la gauche prend une place plus importante à l’Agglo, en compromis avec Christophe Rivenq », réagit Sylvain André.

  • Le brin de muguet fait plier le gouvernement

    Le brin de muguet fait plier le gouvernement

    Victoire ! Le 1er-Mai restera, cette année au moins, férié, chômé et payé, comme le veut la loi depuis 1948. C’est la conclusion que tirent les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) à l’issue de leur rencontre avec le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, organisée à la suite d’une lettre cosignée par huit dirigeants syndicaux au total (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires). Envoyé dimanche, le courrier demandait au Premier ministre, Sébastien Lecornu (Ren.), de pas convoquer de commission mixte paritaire (CMP) pour la proposition de la loi (PPL) sur le 1er-Mai, rendue possible par un vote tactique de ses défenseurs vendredi. Une demande à laquelle le Premier ministre a décidé d’accéder. « C’est la journée des travailleurs et des travailleuses, c’est le seul jour férié, chômé et payé, a déclaré lundi soir Jean-Pierre Farandou. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles », a-t-il estimé, renvoyant la question du travail ce jour-là au 1er mai 2027.

    « Tour de passe-passe parlementaire »

    « Permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er-Mai », c’est là l’intention de la proposition de loi (PPL) déposée au Sénat en avril 2025 et adoptée dans la foulée par la chambre haute, en juillet 2025. Car il est bien question, selon les défenseurs de la loi, de « permettre », et non d’habilement contraindre, bien sûr. Une bien étonnante conception unanimement dénoncée chez les syndicats et élus de gauche.

    Alors que la PPL devait être débattue vendredi à l’assemblée, le vote d’une motion de rejet tactique par ses propres défenseurs (allant des macronistes au Rassemblement national), devait lui permettre de sauter cette étape. En effet, en cas de désaccord entre le Parlement et le Sénat, le gouvernement a la possibilité de convoquer une Commission mixte paritaire, comprenant 7 députés et 7 sénateurs, chargés de trouver, ensemble, un compromis. Une réunion dans le cas présent favorable au vote de la PPL sur le 1er-Mai, le Sénat s’étant déjà prononcé en sa faveur. Un « tour de passe-passe parlementaire », a dénoncé lundi Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT sur RTL. « Ce qu’il s’est passé vendredi est inacceptable. On vit un choc pétrolier plus grave que celui de 1973 et aujourd’hui ce que veut faire Gabriel Attal [Ren, Ndlr] en alliance avec la droite et l’extrême droite, c’est nous voler le 1er-Mai, le fruit de 140 ans de luttes sociales et de luttes ouvrières ! », s’est-elle indignée sur la même antenne. L’objectif de cette tentative de procédure accélérée : permettre au texte, s’il était voté, d’être appliqué dès le 1er mai de cette année. Une option que le Premier ministre a donc lundi écartée, refusant de convoquer cette commission.

    Étendre l’exception

    Concrètement, en l’état, la proposition de loi visait à autoriser le travail des salariés le 1er-Mai, dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres). Seul jour férié obligatoirement chômé et payé depuis 1948, le 1er-Mai, journée internationale des travailleurs, empêche donc aux patrons de la majorité des secteurs de faire travailler leurs employés, au risque d’une amende de 750 euros par salarié concerné. Font exception les « établissements et services pour lesquels la continuité de l’activité est indispensable », parmi lesquels figurent actuellement les hôpitaux, les transports, les forces de l’ordre ou encore l’hôtellerie et la restauration. L’ambition était donc bien d’étendre l’exception. Une volonté revenue l’an dernier après que des boulangers en Vendée, en Charente et à Paris s’étaient émus de contrôles inopinés suivis d’amendes pour avoir fait travailler des employés le 1er mai 2024. Selon les syndicats, le grand danger à terme est qu’une telle proposition de loi « étende la dérogation d’ouverture » le 1er-Mai « à de nombreux secteurs professionnels et pour de grandes entreprises, aux dépens des salariés mais aussi des petits commerces indépendants de proximité ».

    Le symbole politique du muguet

    Alors que certains fleuristes réclament la possibilité de faire travailler leurs employés le 1er-Mai, date de vente du muguet, Ariane Lombardi, membre de la direction nationale du PCF et élue de Marignane, rappelle le symbole de cette vente pour les communistes : « C’est une tradition qu’on a toujours portée. On fait vivre la solidarité, la présence dans les quartiers. On fait vivre concrètement cette histoire et ces luttes sociales, ouvrières, populaires, souligne-t-elle. Et pour les sections, c’est aussi un moyen de gagner une autonomie financière pour mener les luttes aux côtés de la population et des salariés. »

  • « Les Aubagnais ont refusé que l’extrême droite mène la ville »

    « Les Aubagnais ont refusé que l’extrême droite mène la ville »

    La Marseillaise : Alors que vous étiez en troisième position au premier tour, c’est finalement vous qui arrivez en tête au second, devant la liste de Joëlle Melin (RN) et celle du maire sortant (DVD), Gérard Gazay. Comment traduisez-vous ces scores ?

    Jean-Pierre Squillari : Ces résultats montrent que les Aubagnais et les Aubagnaises ont refusé que l’extrême droite mène la ville. Et que les habitants ont aussi rejeté le maire sortant (DVD), Gérard Gazay. C’est ma première analyse. Et puis, pour moi, cela traduit aussi une volonté d’avoir plus de proximité, en faisant confiance à une personne qui connaît bien sa ville.

    Vous avez notamment fusionné avec la liste divers centre menée par Giovanni Schipani. Comment allez vous travailler ensemble ?

    J.-P.S. : D’une manière très naturelle, puisque leur programme a de grandes similarités avec le nôtre. Donc, ça ne pose pas de problème. Les quelques problèmes qu’il pourrait y avoir, on va les aplanir très rapidement. On a déjà eu une réunion de travail et on va se répartir les rôles. Comme convenu à l’avance, ils auront 8 sièges au conseil municipal.

    Après douze ans de droite, Aubagne revient donc à gauche…

    J.-P.S. : C’est quelque chose de pratiquement exceptionnel dans la zone, puisque c’est, je pense, la seule ville de cette importance qui bascule de droite à gauche. Ce qui veut dire que le travail qui a été accompli a été formidable. Parce qu’au début, nous n’étions pas favoris, parce que nous partions de pas grand-chose. Mais, au fur et à mesure de la campagne, qui a duré pour nous trois ans, on a vu les bénéfices de cela. Car on s’est mis en ordre de marche, il y a trois ans, pour faire cette liste citoyenne et de gauche. Je pense aussi que M. Gazay [maire sortant, DVD] nous a facilité la tâche par sa politique de constructeur, bétonneur et démolisseur. Les Aubagnais et les Aubagnaises ont été fatigués de cette politique. C’est d’ailleurs sûrement pour cela qu’il est arrivé troisième à la fin de ce second tour, derrière le Rassemblement national. Il y a eu un rejet de sa politique par les habitants.

    … mais le score de la liste du Rassemblement national, portée par Joëlle Melin, reste haut, avec 33,71%.

    J.-P.S. : D’abord, si vous comparez avec les élections législatives de 2022, les résultats de l’extrême droite sont en baisse, donc on voit que c’est fluctuant. Mais c’est vrai qu’il y a une montée du Rassemblement national dans la France entière. On peut toutefois dire quand même que sur Aubagne, on l’a contenu. Car c’est Joëlle Melin qui avait remporté la mise en 2022 [pour les élections législatives].

    Qu’est-ce que cela révèle, selon vous ?

    J.-P.S. : Ça montre qu’il y a sans doute eu un basculement des voix de droite, de la droite traditionnelle sur le Rassemblement national. Puisque Monsieur Gazay perd 10 points au premier tour [par rapport au premier tour de 2020]. Notre liste quant à elle, a conservé et consolidé son électorat. Mais ce que révèle cette élection, c’est la perte pour la droite traditionnelle de ses électeurs au profit du Rassemblement national à Aubagne, comme dans toute la France.

    Qu’est-ce qui, selon vous, pourrait résorber cette montée de l’extrême droite ?

    J.-P.S. : C’est un problème général, mais lorsque les Aubagnais et Aubagnaises verront que leur ville redevient accueillante, souriante et intéressante avec un centre-ville plus dynamique par exemple, naturellement, ils adhéreront à notre politique. On ne va pas faire de l’anti-RN basique. C’est naturellement que les citoyens vont revenir dans notre politique. On va également travailler dans les quartiers, et surtout avec les associations à qui on a coupé beaucoup d’aides et qui n’ont plus de budget pour faire leur travail.

    Vous voulez donc augmenter
    les subventions aux associations
     ?

    J.-P.S. : Oui. Les responsables des maisons de quartier font un travail extraordinaire avec quatre bouts de ficelle. Ils essaient de faire vivre un quartier, mais c’est très difficile. Car pour emmener les jeunes à la mer ou à la montagne, il faut louer un bus, et sans financement, ils ne pouvaient plus le faire.

    Quelles vont être vos priorités dans les prochaines semaines et mois ?

    J.-P.S. : Une fois que je serai élu officiellement maire, c’est-à-dire samedi à 11h, nous allons tout d’abord rassurer les commerçants du cour Voltaire en leur précisant que le marché reviendra sur le cour, une fois qu’on aura fait les aménagements nécessaires. Ce qui sera fait en plusieurs étapes, en faisant d’abord ce qu’on peut réaliser le plus rapidement et qui ne coûte pas grand-chose. Au mois de mai ou de juin, ensuite, comme on l’a dit dans nos propositions, programmer une braderie dans le centre-ville. Un événement festif qui se renouvellera tous les mois. Puis on va également entamer des négociations pour municipaliser ce qui peut l’être au détriment du privé.

    Que voulez-vous municipaliser ?

    J.-P.S. : Tout d’abord, on va créer une mutuelle municipale. On va également entamer des négociations pour les frais d’obsèques. Car municipaliser cette partie de la vie est important, au profit du pouvoir d’achat des habitants. L’idée est de réduire les coûts de nos administrés. Et puis on va étudier tous les contrats qui ont été signés, pour tenter de voir ceux que l’on peut annuler, ou ceux où l’on doit attendre la fin du contrat. On va également faire un audit [procédure de contrôle de la gestion, Ndlr.] sur la comptabilité pour savoir où en est la ville.

    Et quels sont les projets sur le plus long terme ?

    J.-P.S. : Il y a nos projets phares. Tout d’abord, la rénovation de la piscine centrale avec un grand parc urbain. Nous souhaitons également mettre en place un plan Marshall pour les écoles, c’est-à-dire qu’il faut que, durant la mandature, nous ayons pu rénover les écoles qui sont dans un état de délabrement. Nous allons également créer une zone agricole protégée, afin qu’aucune construction ne puisse exister sur les parcelles agricoles irriguées. Nous allons aussi mettre en place un plan particulier des risques d’incendie concernant les forêts et les constructions dans les collines.

    Enfin, nous allons travailler sur le domaine culturel. Là aussi, depuis deux mandatures, les artistes désertent Aubagne, alors qu’auparavant la ville était une pépinière de jeunes talents. Aujourd’hui, ils fuient et vont se réfugier ailleurs. Il y a donc un immense chantier autour de cette thématique.

    Avez-vous un dernier mot pour les Aubagnais et Aubagnaises ?

    J.-P.S. : Mon dernier mot, ce serait pour remercier les électeurs et les électrices qui nous ont fait confiance. Je voudrais également remercier et encourager les employés du service public qui ont subi pendant des années des suppressions de postes. On leur a dit de tenir bon, et on est là maintenant.

    « Il y a sans doute eu un basculement des voix de droite sur le RN »