Tag: violences

  • Les communistes de Gardanne sur le pont

    Les communistes de Gardanne sur le pont

    « La centrale thermique fait ses vœux en février, on s’est dit qu’on allait faire notre rentrée en octobre. » Ce samedi, Amélie Barbey, secrétaire de la section communiste de Gardanne, prend avec humour le « traditionnel retard gardannais » à l’occasion de son discours qui officialise la rentrée des communistes de la ville.

    Avec humour, mais aussi avec du fond puisque cela permet justement « d’avoir du recul » sur ladite rentrée. « Les lycéens nous ont rattrapés avec leur actualité. Et ce n’est pas une étincelle qui a pris feu comme ça », campe la secrétaire. « Ils ont des revendications très claires : que les effectifs par classe n’excèdent pas 25. Dans toutes les classes du lycée Fourcade, cela dépasse 30 ! Ils veulent que des infirmiers et des psychologues soient présents dans les établissements. On a beau jeu de pleurer sur la santé mentale des adolescents mais rien n’est mis en place », développe-t-elle. Les communistes seront d’ailleurs de la partie pour la journée de mobilisation du 6 octobre aux côtés des lycéens gardannais qui devraient se retrouver devant la mairie. Elle en profite pour « dénoncer les violences » qui ont eu lieu en marge des blocus, la semaine dernière : « Il ne faut pas attaquer les pompiers… Ni quand ils interviennent, ni quand ils manifestent ! ». Référence aux charges répétées par les forces de l’ordre à l’encontre des sapeurs-pompiers lors de leurs différentes mobilisations, notamment pendant la réforme des retraites de 2023.

    Solidarité avec Cuba

    Amélie Barbey a aussi dénoncé « l’impérialisme américain » notamment en Amérique du Sud. De quoi faire le lien avec l’après-midi dédiée à la solidarité avec les Cubains avec la présence de représentants de l’association France Cuba 13, dont Nicolas Maury qui a animé un débat sur le sujet. Et la projection d’un film De la Camargue à la Cienaga de Zapata en présence du réalisateur Alain Sabatier. Ce dernier a documenté « l’état de siège » subi par les Cubains. « Il y a des menaces croissantes des États-Unis sur Cuba. Depuis fin janvier, Trump a mis un blocus énergétique, la situation sociale devient très tendue pour les Cubains », explique-t-il. Avis partagé par Nicolas Maury : « La pression contre Cuba est énorme. » Claude Jorda, figure des communistes de Gardanne, précise qu’une antenne de France Cuba a été créée sur la commune.

  • Le CIDFF des Alpes de Haute Provence poursuit son action pour les femmes étrangères

    Le CIDFF des Alpes de Haute Provence poursuit son action pour les femmes étrangères

    Dans le cadre de la semaine de l’intégration, organisée de lundi à vendredi par la préfecture et le ministère de l’Intérieur, le CIDFF espère donner de la visibilité à ses actions pour les femmes étrangères, peu identifiées par leur public cible. « Le CIDFF n’est pas forcément identifié sur ce public-là. On nous identifie souvent sur le droit des femmes, mais on accompagne aussi les personnes primo-arrivantes ou étrangères », explique Wided Halaoua, directrice du CIDFF 04.

    Le CIDFF tient par exemple une permanence juridique en droit des étrangers pour les victimes de violences, et accompagne les femmes primo-arrivantes pour leur insertion professionnelle. « On a un dispositif qui s’appelle Opération’elles, qui soutient les femmes étrangères et primo-arrivantes à travers des journées d’ateliers collectifs qui permettent de travailler la confiance en soi, la connaissance des droits en France, la valorisation des compétences, l’interculturalité, la déconstruction des stéréotypes de genre… Donc c’est accompagner les femmes vers l’emploi, mais plus généralement, lever les freins qu’elles peuvent rencontrer », précise la directrice. Le CIDFF intervient également au Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada).

    Les femmes primo-arrivantes ont souvent quitté leur pays à cause de violences, ou en ont subi pendant leur parcours migratoire. Le CIDFF 04 est ainsi amené à accompagner des situations dans lesquelles les violences peuvent être directement liées au parcours ou au contexte d’origine : mariage forcé, excision, violences subies au cours du parcours migratoire…

  • La quasi-totalité des lycées de Nîmes et de Montpellier bloqués par les jeunes

    La quasi-totalité des lycées de Nîmes et de Montpellier bloqués par les jeunes

    À Nîmes, le mouvement touche quasiment tous les lycées ce jeudi 1er octobre. Il y a eu des blocages ou tentatives de blocage à Camus, Daudet, Mistral, Voltaire, Saint-Vincent, Lamour, Hemingway, Raimu ou encore Gaston-Darboux. La situation a été assez tendue par endroits, avec feux de poubelles et de palettes.

    Face à quelques dégradations la police est intervenue, notamment à Camus et Saint-Vincent où il y a eu usage de gaz lacrymogène. À Mistral, le portail a été dégondé et les cours ont été annulés. Mercredi 30 septembre, le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) est allé à la rencontre des jeunes. « Les lycéens nîmois, comme dans de nombreuses autres villes du pays ont manifesté un profond mal-être sur leurs conditions d’apprentissage et sur les perspectives d’avenir », a déclaré le maire dans un message sur les réseaux sociaux. « Quelques violences, qui relèvent d’une minorité, ont émaillé la mobilisation et je le regrette. Dans le même temps, il faut garantir la liberté de manifestation et l’expression pacifique des revendications », insiste-t-il.

    Soutien de la CGT

    de l’Hérault

    Dans l’Hérault, selon la préfecture une quinzaine de lycées du département étaient concernés ce jeudi matin par le mouvement. La préfète Chantal Mauchet a fait un point de situation jeudi matin. « Le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur. Il y a plusieurs points de blocages, notamment à Montpellier. Des interventions de la police ont eu lieu. C’est une situation très délicate que je suis attentivement. » Dans un communiqué, l’Observatoire des libertés publiques de Montpellier rapporte que dès le mardi 29 septembre, des actes de violences policières ont été constatés.

    Dans un communiqué, l’Union départementale CGT de l’Hérault, dénonce la répression « Ce 1er octobre, alors qu’ils poursuivent leur mobilisation, la répression monte d’un cran. Des nuages de gaz lacrymogènes toxiques flottent sur Montpellier. Cette situation est inacceptable. La colère d’une jeunesse qui revendique. Cette situation est inacceptable. La colère d’une jeunesse qui revendique des moyens pour étudier, se former et construire son avenir doit être entendue, pas réprimée. » Pour la CGT, « un lycéen qui revendique n’est pas une menace. La réponse doit être claire : des moyens pour l’École, des services publics renforcés et un avenir digne pour toutes et tous, pas l’austérité et la répression. » Le gouvernement a mis en place une cellule de crise.

  • [Maj] Le maire de Marseille appelle au calme face aux agressions et dégradations

    [Maj] Le maire de Marseille appelle au calme face aux agressions et dégradations

    Face aux nombreuses agressions et dégradations, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan a dénoncé ce jeudi matin les «violences inacceptables, incendies et agressions subies par les professeurs, les pompiers, les journalistes, les Marseillais, qu’aucune cause ne peut justifier». Il appelle donc « à l’apaisement de chacun, et à retrouver le chemin d’une expression démocratique des revendications» en indiquant que la Ville «se tient aux côtés de ceux qui défendent le service public et l’avenir de nos jeunes, pas de ceux qui cassent, incendient et violentent».

    Selon nos informations, un professeur du lycée professionnel Le Chatelier, dans le 3e arrondissement de Marseille, a été blessé par un jet de pavé, comme le confirme la préfecture de police qui dit prendre tous les faits très au sérieux et invite à déposer plainte. Le maire (PS) du secteur Anthony Krehmeier a apporté son soutien au personnel. «Je soutiens les revendications et le droit des lycéens à se mobiliser, mais rien ne justifie la violence», écrit-il.

    Le rectorat de son côté a infirmé l’information selon laquelle les équipes de direction du lycée Victor-Hugo (3e arr.) ont été aspergées d’essence, précisant qu’elles avaient été éclaboussées lorsque des individus ont tenté d’en verser dans des conteneurs. De source policière, on évoque une quarantaine d’interpellations en fin de matinée, un chiffre susceptible d’évoluer.

    Le réseau de la RTM a été entièrement suspendu en fin de matinée suite à des agressions d’agents. Un camion des marins-pompiers a aussi été incendié et des uniformes dérobés. Le bataillon est intervenu sur 45 feux dans la ville à 12h15.

    La CGT 13 en défense des lycéens

    «Le mouvement lycéen se transforme en chaos urbain», écrit pour sa part la présidente (DVD) du conseil départemental Martine Vassal qui «appelle à la plus grande fermeté» et accuse la France insoumise de souffler «sur les braises». Dans un communiqué, le conseil régional comptabilise 39 lycées touchés par des violences entre le 28 et le 30 septembre. «Ce n’est pas de la contestation, c’est de la délinquance. Ceux qui brûlent nos lycées attaquent la République», dénonce la Région qui réclame l’identification immédiate et des poursuites «contre chaque casseur». La collectivité propose à la justice «10 000 heures de travaux d’intérêts généraux» et assure aussi que «les députés La France Insoumise portent une responsabilité lourde dans ce chaos».

    L’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle de son côté que «leur mobilisation met en lumière les conséquences de choix politiques qui affaiblissent depuis des années l’Éducation nationale». «Dans plusieurs établissements, des directions maintiennent les cours et demandent aux personnels de signaler les élèves absent·es alors que des lycéens font entendre leurs revendications et que des gaz lacrymogènes sont utilisés jusque dans l’enceinte des lycées. Comment peut-on prétendre assurer normalement les cours dans de telles conditions ?» interroge l’union départementale qui appelle à se tenir au côté de la jeunesse et «contribuer collectivement à sa protection».

  • [Entretien] Amélie Barbet : « La méritocratie n’existe plus »

    [Entretien] Amélie Barbet : « La méritocratie n’existe plus »

    La Marseillaise : Partagez-vous la colère de vos élèves ?

    Amélie Barbet : Oui. Il y a plein de problématiques, à commencer par l’école inclusive. On accueille toutes sortes de pathologies, ce qui est formidable, mais il n’y a pas de moyens. Donc c’est une inclusion qui ne se fait pas, ou à moindres frais, ça nous mobilise beaucoup au détriment des autres élèves. Ils sont nombreux, il fait chaud, les emplois du temps sont intenables à cause de la réforme Blanquer, on leur vend un Parcoursup qui ne fonctionne pas, ou on ne sait pas bien comment… On ne peut pas dire que le lycée aille bien en France.

    Est-ce une « génération sacrifiée » ?

    A.B. : C’est le service public et la vision du bien public qui est sacrifié. Tout le modèle se tourne vers le privé, c’est pareil à l’hôpital, c’est pareil partout… C’est un projet de société. Nous, à Martigues, petite ville de province, tout le monde s’en fout. On n’a plus d’option latin, on n’a plus de théâtre, on n’a plus rien et ce n’est pas grave. Par contre, dans les bahuts privés d’exception, ça va.

    La méritocratie existe-t-elle encore ?

    A.B. : Moi, je suis un pur produit de l’école publique. J’ai eu des profs formidables, j’ai fait une classe prépa alors que mes parents n’avaient pas fait d’études. Elle a existé, mais elle n’existe plus.

    Quel regard portez-vous sur les violences en marge des blocus ?

    A.B. : On condamne à 100%, c’est pour ça qu’on est là, pour calmer le jeu. Après, il ne faut pas oublier qu’on est sur un public adolescent. Et on se demande dans quelle mesure la violence n’est pas attisée parfois. Ce serait bien de dire que ce ne sont que des casseurs, mais c’est pas le cas. Ça fait 10 ans qu’on est gouverné par le 49.3. On a mené des luttes pour les retraites, on a laissé des semaines de salaire pour ne rien obtenir. Il y a un message de surdité totale de la part du gouvernement. Ça finit par avoir des conséquences.

  • À Avignon, la colère face au mutisme

    À Avignon, la colère face au mutisme

    C’est en fin de journée que le préfet du Vaucluse a pris plusieurs arrêtés dont un interdisant les rassemblements aux abords du lycée Philippe de Girard à Avignon où des affrontements ont eu lieu entre jeunes et forces de l’ordre. Dans une vidéo, largement partagée, du vidéaste indépendant Adrien Arbl, on aperçoit des policiers charger violemment un jeune et lui asséner un coup de pied au visage alors qu’il est au sol avant de le laisser repartir.

    Un collectif de personnels de l’établissement a tenu à s’exprimer après les événements matinaux. Ils regrettent des « messages et actes de violences » qui « nuisent profondément à la cause du mouvement, que nous soutenons ». En dénonçant également « tout débordement et violence à l’encontre des lycéens ». Ils rappellent qu’eux aussi ont alerté sur « les conditions délétères dans lesquelles nous devons faire travailler et progresser les élèves ».

    La mobilisation avait démarré devant lycée Théodore-Aubanel où les choses ont commencé à dégénérer après un feu et une explosion à quelques mètres du portail. Des face-à-face qui ont continué dans les rues adjacentes, où insultes et tirs de mortiers ont fusé en direction des forces de l’ordre, qui ont chargé les jeunes à diverses reprises. « Ils devraient nous protéger et nous laisser nous exprimer car c’est vraiment de mauvaises conditions pour travailler », regrette Clélia*, élève de première. Dans la journée, les rues situées autour de l’établissement, dans le centre-ville d’Avignon, étaient plongées dans un nuage de fumée. Face à quelques dizaines de jeunes, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs charges. 49 personnes ont été interpellées en Vaucluse, selon la préfecture. Qui ajoute que trois policiers et un gendarme ont été blessés et annonce 2 160 manifestants en Vaucluse.

    Ce mouvement lycéen est également soutenu par les syndicats FO et CGT. En Vaucluse, des lycées à Orange, Carpentras, L’Isle-sur-la-Sorgue ou Bollène ont aussi été bloqués.

    RÉACTIONS

    Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon

    « Manifester est un droit. Casser n’en est pas un. Car ces dégradations ont un coût pour la collectivité : plus de 9 000 euros à l’heure actuelle et dans l’attente du bilan définitif… Nous ne laisserons rien passer et nous avons déposé plainte. »

    Raphaël Arnault, député (LFI) du Vaucluse

    « Et dans le même temps [le Premier ministre] annonce qu’ils vont faire payer aux étudiants leur inscription en BTS et en classe prépa, geler les APL, geler la prime d’activité… La crise c’est eux ! ».

  • À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    « Financez l’école, pas l’armée », « on voit + nos profs que nos parents », « désolé du dérangement, on essaye de sauver notre avenir », « un lycée en ruine et des profs sous payés, mais pour eux le problème c’est le voile »… Plus de 400 lycéens se sont rassemblés devant les lycées de Manosque, munis de pancartes, jeudi matin.

    « Nos emplois du temps sont trop chargés, il n’y a pas de clim dans les classes, il fait trop chaud, on ne peut pas travailler », déplore Eden, en classe de seconde au lycée Esclangon. « Les classes sont en ruines, les profs sont sous-payés. Déjà, en troisième, il y avait un manque de moyens dans notre établissement au collège de Forcalquier. Dès qu’il pleuvait, un escalier entier était condamné », ajoute Lucie, sa camarade.

    « On est trop nombreux par classe, on a très froid l’hiver et très chaud l’été », regrette Zoé, 17 ans, élève au lycée Esclangon. Si plusieurs lycéens faisaient brûler des poubelles, des meubles, des sommiers et lançaient des projectiles, des bouteilles en verre et des explosifs en direction des policiers et de leurs camarades, la plupart d’entre eux condamnaient ces actes et regrettaient l’image que cela donne de leur mobilisation. « On va pas nous prendre au sérieux si on fait tout brûler et exploser des choses, c’est énervant ! », lance Laura, 17 ans, lycéenne à Esclangon. « C’est violent, ça décrédibilise la cause, c’est dommage », abonde Meryl, elle aussi élève de 17 ans à Esclangon. Un manifestant a été blessé à l’œil par le tesson d’une bouteille de gaz lancée dans un feu et a été évacué par les pompiers. Une journaliste de BFM DICI a été prise à partie, menacée, agressée et exfiltrée par les forces de l’ordre. Un artifice lancé dans la mairie a cassé une vitre et enflammé la moquette.

    « Un mouvement qui fait suite à l’austérité »

    « Comme nous, les enseignants, ils souffrent du manque de moyens chronique. On comprend ce mouvement qui fait suite à des années de politique d’austérité dans l’éducation », regrette éric Gauthier du Snes FSU, présent en début de matinée pour assurer la sécurité des lycéens.

    D’autres lycéens des Iscles, comme Assia, dénonçaient « la pression de Parcoursup ». « Il y a beaucoup de suppressions de postes, c’est ingérable pour les profs. Ceux qui arrivent en retard n’ont même pas de table ou de chaise où s’asseoir. On doit faire cours dans le couloir tellement il fait chaud », a déploré Léon, 15 ans, lycéen à Esclangon.

    Sept lycéens ont été placés en garde à vue et trois ont été interpellés et seront convoqués ultérieurement.

    Jeudi soir, la préfète, Isabelle Tomatis, a dénoncé « des exactions » et une « radicalisation du mouvement ». Elle a regretté « le mouvement d’aller vers les forces de l’ordre, qui étaient en retrait, pour jeter des mortiers, des aérosols dans les flammes pour provoquer des explosions et des boules de feu ».

    Au total, 950 lycéens étaient mobilisés sur le département jeudi : 800 à Manosque et Digne, et 150 à Barcelonnette.

    Lisa Défossez

    Des blocus annoncés à Gap

    Aucun lycée de Gap n’était bloqué ce jeudi, mais des appels au blocus sont relayés sur les réseaux sociaux.

    Un blocus au lycée professionnel Sévigné est annoncé ce vendredi 2 octobre. Un autre est prévu le jeudi 8 octobre au lycée Dominique-Villars. Un appel à étendre la mobilisation aux autres établissements a été lancé, même s’il est peu relayé : « Parcoursup, le 8h-18h, notre santé mentale ou une volonté de rébellion : rejoignez-nous. »

    Agathe Di Lenardo

    400 lycéens mobilisés à Digne

    400 lycéens des établissements Beau de Rochas et Alexandra David-Néel se sont mobilisés à Digne, jeudi. Un incendie a été allumé entre les deux lycées et des tirs de projectiles ont visé des policiers. Quatre interpellations ont eu lieu dans la ville préfecture.

    L.D.

    RÉACTIONS

    Fédération PCF des Hautes-Alpes

    « Face à cette mobilisation, le gouvernement choisit une nouvelle fois la répression plutôt que de répondre aux revendications. La jeunesse doit être entendue, pas réprimée. »

    Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF 04

    « Ce mouvement appartient aux lycéens. Il ne doit devenir ni le marchepied d’une récupération au service d’un agenda politique, ni l’épouvantail agité par d’autres pour instrumentaliser les peurs et transformer quelques incidents en procès de toute une génération. »

    Camille Galtier, maire (DVD) de Manosque

    « Bloquer les lycées, dégrader le mobilier urbain, enflammer les espaces publics : c’est de la bêtise, voire de l’inconscience. Des interpellations ont eu lieu et les identifications sont en cours : ces actes ne resteront pas impunis. »

  • Incidents en marge des blocages : les transports publics paralysés

    Incidents en marge des blocages : les transports publics paralysés

    Dans le sillage de la colère lycéenne, les violences urbaines ont débordé ce jeudi et entraîné en milieu de matinée l’arrêt des transports en commun de la ville de Marseille. L’exploitation du tram à Aubagne et du réseau d’Aix a aussi été stoppée. « En raison des perturbations liées au mouvement lycéen, le réseau est interrompu », alertait la RTM dans un message aux usagers. Il l’est resté toute la journée.

    Plusieurs bus ont été pris à partie aux abords de lycées du nord et de l’est de Marseille. Des conducteurs ont dû quitter précipitamment leur véhicule et l’un d’entre eux a été agressé, expliquait la direction de la régie dans un communiqué, déplorant « ces comportements irresponsables » et appelant « au respect de ses conducteurs et de ses équipements ». Affirmant « son plein soutien à ses personnels », la RTM indique également que la desserte de certains lycées sera temporairement adaptée. Une plainte va être déposée.

    C’est peu après 10h que les conducteurs de bus ont exercé leur droit de retrait et rejoint les dépôts, suivis par ceux du métro et du tram. « De toute manière, il n’y avait plus de service de sécurité puisque les agents du GAP et les vérificateurs étaient rentrés », explique Nicolas Ruiz (FO). « Les élus ont demandé le retour des quatre secteurs, par mesure de sécurité », indiquait de son côté la CGT-RTM, pour qui « la sécurité des agents n’est pas négociable. Nous resterons mobilisés et vigilants pour que les mesures nécessaires soient prises ».

    Ces derniers jours, des tracts avaient été diffusés sur les mobiles appelant au blocage des lignes 70, 25 et 27. Mais ce sont deux autres lignes qui ont été prises à partie. Sur la ligne 38, un chauffeur a été blessé au visage et trois véhicules ont été caillassés. L’un d’eux a fini incendié par des jets de mortiers. Des images qui ont fait le tour des réseaux. « Au lycée Floride, un jeune a pris le volant du 38 et est rentré dans un mur en marche arrière », détaille Nicolas Ruiz, précisant qu’un quatrième bus a été visé sur la ligne 15.

    Le trafic doit reprendre ce vendredi, mais au moindre incident, il sera interrompu, préviennent les syndicats.

  • À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    Pas de cours en présentiel dans 47 lycées des Bouches-du-Rhône, ce vendredi. À cela s’ajoutent quatre arrêtés préfectoraux interdisant « toute manifestation revendicative non déclarée dans les communes de plus de 10 000 habitants », « la vente de carburant au détail », « le port d’équipements de protection individuelle » ainsi que « la détention et le transport d’objets susceptibles de constituer une arme ». Une série de mesures prises en réaction à l’ampleur qu’a prise, jeudi, le mouvement social des lycéens.

    À Marseille, la mobilisation s’est en effet emparée de toute la ville, avec des blocus organisés notamment, devant les lycées Victor-Hugo (3e), Saint-Exupéry (15e), Thiers (1er), Montgrand (6e), Marseilleveyre (8e), Diderot (13e) ou encore Artaud (13e). Lancé par la mobilisation nationale de mardi centrée sur la défense des services publics, le mouvement a poursuivi sa course toute la journée de jeudi, porté par des élèves qui exigent plus de moyens dans l’éducation.

    Ils étaient, selon la préfecture, plus de 1 000 à camper devant les grilles de leur lycée pour être entendus. « Nos lycées sont en ruines. Les conditions ne sont plus acceptables. Au lycée Marie-Curie, il y a de l’amiante dans les murs, s’est indignée Rose, élève au lycée Montgrand. On a juste envie d’avoir des conditions de travail qui soient stables ».

    Au-delà de l’état des locaux, c’est aussi le manque de personnel qui est pointé du doigt, « avec des classes de 35 élèves » et des spécialités « surchargées depuis que des classes ont été supprimées » déplorent les jeunes. Les lycéens, qui n’ont de cesse de répéter qu’ils « ne veulent pas faire la guerre », dénoncent également l’augmentation du budget alloué à la défense.

    Dégradations et violence

    Les mobilisations ont donné lieu à plusieurs dégradations et débordements, notamment l’incendie d’un bus RTM et d’un véhicule des marins-pompiers devant les lycées La Floride (14e) et Saint-Exupéry (15e). Deux proviseurs, une journaliste violemment agressée, un marin-pompier et dix policiers ont été blessés dans le département, d’après la préfecture. 29 manifestants ont par ailleurs été interpellés à Marseille.

    « Vous savez quelle est la pire violence ? 120 000 lycéens n’ont eu aucune affectation Parcoursup cette année, s’est révolté Eustache, élève au lycée Montgrand et militant au Poing levé. Ça fait 10 ans que ce gouvernement mène une politique contre la jeunesse, contre les enseignants, contre l’ensemble de la population. (…) On se mobilise pour que nos services publics soient en meilleur état, et la seule réponse du gouvernement, c’est d’envoyer la police pour nous taper ».

    Lundi, dans le Val-d’Oise, un lycéen a perdu des dents à la suite d’un tir d’un policier en direction de son visage. Mercredi, à Tours, un élève a été blessé à l’œil, probablement par un tir de LBD. L’IGPN a été saisie.

  • Colère légitime, violences intolérables

    Colère légitime, violences intolérables

    De nombreux lycéens se sont mobilisés hier dans toute notre région, marquant un véritable changement d’échelle du mouvement qui proteste à la fois contre le manque de professeurs, de personnels et de moyens, mais aussi contre l’état de certains lycées ou encore contre Parcoursup, un système de sélection injuste où l’orientation des élèves est confiée à un algorithme opaque.

    Dans ce contexte de colère légitime, des violences graves ont éclaté notamment à Marseille : des personnels de l’Éducation nationale et un marin-pompier blessés, un véhicule des pompiers et un bus incendiés, causant un retrait des agents de la RTM et une paralysie de tout le réseau de transports.

    Ces violences sont intolérables d’autant plus qu’elles touchent des personnes et des biens essentiels aux services publics. Elles sont instrumentalisées pour semer le discrédit et justifier les violences policières.

    Priorité à la jeunesse

    Les provocateurs, les casseurs, les violents, n’ont pas leur place dans un mouvement qui exprime une colère et des revendications légitimes.

    La décision d’imposer des cours en distanciel et de mettre la pression sur les rassemblements spontanés ne règle rien des questions de fond posées par ce mouvement.

    Le gouvernement, minoritaire à l’Assemblée nationale, s’est déjà mis à dos les automobilistes, les fonctionnaires, les retraités, les collectivités territoriales… Le voilà confronté à la jeunesse.

    Aucune des vieilles ficelles libérales, pas plus que la potion amère de l’austérité ne sont en mesure de calmer sa colère et – c’est encore pire – de lui tracer un avenir désirable.

    Ce devrait pourtant être la priorité de notre société.