Tag: violences

  • Cause toujours

    Cause toujours

    Sidérante rencontre entre les organisations syndicales et le Premier ministre ce mercredi.

    L’hôte de Matignon avait promis « d’écouter », « d’échanger » avec les représentants du monde du travail alors que la France traverse une période de colère sociale, mais aussi de violences d’une rare intensité.

    Bilan : aucune annonce, aucune prise en compte des revendications des syndicats notamment pour faire face à la vie chère et à l’envolée du prix des carburants.

    Chef d’un gouvernement minoritaire à l’Assemblée nationale, soutenu par un bloc central lessivé par 10 ans d’exercice du pouvoir macroniste, Sébastien Lecornu apparaît plus que jamais incapable detrouver une issue à la crise qui secoue notre pays.

    Le cap d’austérité fixé par le président de la République, qui a laissé l’hôte de Matignon se dépêtrer de la situation en se rendant au Moyen-Orient, est en effet incompatible avec la moindre avancée sociale.

    En même temps

    Depuis le Qatar, Emmanuel Macron n’a d’ailleurs lui-même délivré aucune réponse aux nombreuses revendications portées par les manifestants, mais seulement appelé à « la fermeté » envers les auteurs des violences.

    En écho, le ministre de l’Intérieur assure qu’un important dispositif de sécurité sera mis en place ce samedi. Pour empêcher la casse et garantir la liberté constitutionnelle de manifester ? Ou peut-être pour dissuader les honnêtes citoyens de descendre dans la rue.

    Coluche disait que « la dictature, c’est “ferme ta gueule”, la démocratie, c’est “cause toujours” ».

    La Macronie semble une fois encore décidée à jouer la carte du « en même temps ».

  • La gauche appelle à répondre à la colère sociale

    La gauche appelle à répondre à la colère sociale

    Trois jours après la manifestation nationale et les violences qui l’ont émaillée en marge, les partis de gauche demandent à l’exécutif de rendre des comptes. « Toutes les violences sont condamnables, mais je veux d’abord et avant tout condamner le fiasco de ce gouvernement qui porte la responsabilité politique de ce qui s’est passé », lance Mathilde Panot, lors d’un point presse ce mardi. La présidente du groupe insoumis à l’Assemblée accuse le gouvernement d’avoir joué la stratégie du « pourrissement en n’ayant répondu à aucune des revendications ». Un gouvernement qui, selon elle a « plongé le pays dans une crise sociale et politique d’ampleur » en ayant été « incapable de garantir le droit à manifester, la sécurisation des bâtiments publics et des commerces ». Et ce, tout en rappelant les revendications des centaines de milliers de personnes dans la rue ce samedi, en premier lieu la jeunesse qui réclame un plan de 10 milliards pour les lycéens et pour l’éducation, l’abrogation de Parcoursup, mais aussi les actifs, avec le blocage des prix et l’augmentation des salaires.

    Comme les communistes (lire ci-dessus), les Écologistes réclament une commission d’enquête parlementaire pour établir les responsabilités de ce « fiasco ». La présidente du groupe Écologiste et social au palais Bourbon regrette que le président, dans son allocution, n’ait répondu à « aucune des revendications ». L’échec du gouvernement est cuisant. La seule conclusion logique est que le président de la République doit accepter la démission du ministre de l’Intérieur, qui est aujourd’hui délégitimé dans ses fonctions », appuie Cyrielle Châtelain.

    Pour le Premier secrétaire du Parti socialiste, « le gouvernement joue le pourrissement. Il fait face à un mouvement social puissant qui est né sur des bases claires : des conditions d’apprentissages dignes pour les lycéens, la possibilité de vivre de son salaire pour les travailleurs qui n’en peuvent plus », note Olivier Faure.

  • [Émeutes urbaines] Des comparutions immédiates avec des jugements mesurés

    [Émeutes urbaines] Des comparutions immédiates avec des jugements mesurés

    Quinze prévenus doivent défiler devant la 12e chambre A, dont huit sous mandat de dépôt. Le premier est un Algérien de 20 ans sous OQTF arrivé en train des Hauts-de-Seine. Le grand nigaud porteur d’une grosse valise a intrigué les policiers à qui il demandait son chemin. À l’intérieur, 38 articles du Monoprix pillé sur le cours Saint-Louis. « Il y avait beaucoup d’affaires éparpillées au sol, des vêtements pour enfants, des Mon Chéri, des Ferrero Rocher, j’en ai pris pour ma petite sœur. Je ne pensais pas que c’était répréhensible », dit le gars, candidat à la Légion étrangère, « prêt à mourir pour la France que j’ai dans mon cœur ».

    « Ce jour où la République a vacillé »

    « Il vient faire ses emplettes sur Marseille », cingle Nicolas Bessone, procureur de la République, qui requiert un an ferme avec mandat de dépôt et une interdiction définitive du territoire. Le haut représentant du ministère public décrit « une action concertée entre deux catégories de population différentes pour semer le chaos et le désordre en ce jour où la République a vacillé. D’abord, les black blocs dès 7h du matin pour fatiguer les forces mobiles puis vers midi qui s’attaquent à des institutions dans l’objectif de fixer les CRS. Puis concomitamment arrivent des délinquants issus des quartiers difficiles et des sans papiers qui vont se livrer à du pillage le plus bestial ». À peine 107 interpellations pour 3 000 pillards et 10 000 émeutiers. « La police en sous-effectif n’était pas en mesure de faire des interpellations massives », dit le procureur, pour qui « chacun des prévenus a apporté sa pierre à cet épisode apocalyptique ». Le tribunal le douche en condamnant le bougre à seulement six mois de prison avec sursis et confiscation de la valise.

    « Je savais pas que c’était un vol »

    Vient le tour de trois gars qui ne se connaissent pas, chopés à 14h30 par la Bac Centre, rue de la République, devant la boutique de sport I-Run dévastée. Mohamed, 26 ans, sans papier expulsé en 2023, dit être descendu en train de Villefranche-sur-Saône pour renouveler sa carte d’aide médicale d’État. « J’ai rien fait, rien volé, j’étais seul. Il y a confusion, les policiers interpellaient tous azimuts. Mais si j’avais voulu voler, je serais allé à Lyon. » D’ailleurs, les policiers n’ont rien trouvé sur lui. Le second, Boumedine, 35 ans, se présente comme « influenceur sur Tiktok ». « J’ai rien volé, je suis rentré pour filmer en live le chaos. » Rien sur lui non plus. Le dernier, Oussama, 37 ans, trois enfants, chauffeur livreur, est vu avec une boîte à chaussures. « J’ai ramassé un truc sans voir ce que c’était. J’ai couru, on m’a interpellé. Je savais pas que c’était un vol. Aujourd’hui, je le comprends. » La Métropole s’est constituée partie civile dans huit dossiers, justifiant de 12,49 millions d’euros de préjudice matériel suite au saccage urbain dont 350 000 euros en déblayage des rues. « Il y en a pour des millions d’euros à refaire toute la chaussée de la rue de la République ! », tonne Me Pierre Bruno, qui demande 2 000 euros solidairement au trio. « Tout Marseille savait que ça allait exploser et qu’il y allait avoir le chaos et eux y vont par opportunisme, par idéologie ou avec la volonté de semer le désordre », lance le procureur, qui réclame de trois mois à un an ferme, exhortant le tribunal « à des décisions fermes pour resolidifier le pacte social ». Le tribunal le glace d’une relaxe générale !

    « Ils ont tout dévalisé,

    c’est top »

    Trois jeunes gens répondent du recel de cinq caisses de maquillage, de parfums et d’une télé volés chez Sephora. « En détention, c’est la misère », hoquette la petite caissière de 21 ans qui prépare « le concours de policière adjointe ». Elle aurait appelé son frère et un pote pour récupérer le butin en voiture. « C’est impossible que ce soit moi, regardez, j’étais en pyjama ! » montre le frère dans le box. « Je me suis retrouvé au mauvais endroit au moment », annonce le pote à qui le procureur rappelle le SMS sur son portable : « J’attends mon collègue, il est chargé en affaires, ils ont tout dévalisé, c’est top. » Un renvoi est demandé. Le procureur veut leur maintien en détention. Le tribunal les remet en liberté. Ils seront jugés le 15 décembre.

  • À Avignon, des « violences policières » dénoncées

    À Avignon, des « violences policières » dénoncées

    Dans les locaux de l’association Le Hérisson à Avignon, lieu d’autodéfense juridique populaire à Avignon, une vingtaine de personnes ont évoqué des faits qu’elles qualifient de « violences policières » lors de cette rencontre organisée par la LDH.

    « Le but est de recenser les différents cas afin d’apporter une riposte juridique et de faire cesser les comportements inadaptés », explique Véronique Marcel, avocate au barreau d’Avignon. Elle confie elle-même défendre une mineure de 15 ans poursuivie pour outrage : « Elle avait une pancarte avec écrit “ACAB” pendant une manifestation et a été placée en garde à vue. Il y a des choses qui ne vont pas. »

    Enseignante matraquée

    Une dizaine de personnes ont ainsi rapporté différents faits. Sandrine, professeure des écoles, montre les photos d’un bleu longiligne sur sa jambe. « Ce samedi, j’ai vu des policiers s’acharner sur un jeune. Quand j’ai dit d’arrêter et après avoir refusé de reculer, l’un d’entre eux m’a donné des coups de matraque », affirme-t-elle. D’autres faits ont été rapportés lors des tentatives de blocus de l’Université, la semaine dernière. Marie confie avoir été « plaquée contre le mur pour un contrôle d’identité ». Christèle Lagier, enseignante-chercheuse, dénonce une « vraie volonté de couper l’herbe sous les pieds », avec un « rapport de force très net », tout en pointant des intimidations.

    Un nouveau rendez-vous est fixé ce samedi à 14h, toujours dans les locaux du Hérisson. « On prendra du temps pour chacun afin de donner des conseils juridiques plus précis », explique Me Véronique Marcel.

    Témoignages à envoyer à
    faire-collectif@herisson-asso.org

  • À Courthézon, les maires de Vaucluse s’affichent unis

    À Courthézon, les maires de Vaucluse s’affichent unis

    Écharpe tricolore sur les épaules, une vingtaine de maires de Vaucluse se sont retrouvés ce lundi 19 octobre à l’hôtel de ville de Courthézon, à la suite des violences qui ont marqué la journée du 17 octobre.

    Entouré de ses homologues, le maire de Courthézon, Nicolas Paget (DVD), également président de la communauté de communes du Pays d’Orange en Provence, a pris la parole à l’issue du conseil d’administration de l’Association des maires de Vaucluse. « Nous ne pouvons plus détourner le regard », lance-t-il face à l’assemblée, en présence notamment du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), ou encore celui de Bollène, Anthony Zilio (DVC). Il cible des « casseurs-pilleurs venus de l’ultragauche », dont le but serait « de rendre inaudibles » les revendications des manifestants. Tout en appelant à « choisir son camp », mais aussi « avancer au-delà des considérations politiques ». « Rien ne justifie la casse des biens publics qui sont le symbole de la République. La République n’est pas seulement une idée abstraite et il faut la défendre chaque jour », poursuit-il.

    Attente de réponses

    Un discours partagé par Pierre Gonzalvez, président de l’Association des maires de Vaucluse et premier édile de L’Isle-sur-la-Sorgue. « Il y a une vraie prise de conscience, de la part de la population, de la gravité de ce qu’il s’est déroulé. Ce côté anxiogène d’une société en fracturation vient brouiller le message porté par notre jeunesse. Cette jeunesse, on doit l’aimer et lui apporter des réponses. La violence ne provient pas des jeunes, mais de casseurs », assure-t-il. S’il considère l’allocution du président de la République, prononcée le dimanche soir, comme une « déclaration de principe », l’élu attend désormais des « réponses pour lutter contre ces délinquants qui pourrissent la vie également au quotidien de nos citoyens ».

  • À Port-de-Bouc, rassemblés contre toutes les violences

    À Port-de-Bouc, rassemblés contre toutes les violences

    Alors que le Rassemblement national souffle déjà sur les braises encore chaudes de la journée de mobilisations du 17, les mairies de gauche ont choisi de ne pas laisser la scène à l’extrême droite. À Port-de-Bouc, la Ville a répondu à l’appel de l’Association des maires de France.

    Dans cette commune, quatre commerces ont subi des dégradations pendant le week-end. « Ces actes sont inadmissibles », a affirmé l’adjoint au maire délégué à la sécurité, à la prévention et à la médiation. Devant l’hôtel de ville, Frédéric Bolano a assuré condamner « toutes formes de violences ». « Toutes », a-t-il insisté : autant les violences urbaines que les violences d’État. Et de fustiger la politique de « pourrissement » du gouvernement face aux mobilisations des lycéens, mais aussi l’absence de réponse du chef de l’État, sinon l’autoritarisme, lors de son allocution dimanche soir. « Sur la vie chère, ce n’est la faute de personne, s’agace l’élu. (…) Pas un mot sur le blocage des prix. Sur la jeunesse, une pseudo-écoute. Et puis ? (…) Voilà le traitement et le mépris de classe que réserve le macronisme aux habitants de notre pays. »

    Dans la foule, deux Gilets jaunes préviennent : « Sans mesure de fond du gouvernement, on va droit vers la guerre civile. Macron nous avait déjà promenés en 2018 avec les cahiers de doléances qui ont fini aux archives. Il essaye de faire pareil, mais les jeunes vont pas se laisser manipuler, et ils ont raison. »

  • À Martigues, la justice sociale comme boussole contre la violence

    À Martigues, la justice sociale comme boussole contre la violence

    « Ne laissons personne étouffer nos revendications : refusons la violence, rejetons l’austérité et faisons entendre la voix de la justice sociale », clame le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, au milieu du hall de l’Hôtel de Ville, lundi midi.

    L’édile condamne « sans détour les dégradations, les pillages et les violences ». Mais il insiste : « Condamner la casse n’a jamais constitué une politique, se cantonner à la sidération sans regarder d’où vient la colère est une hypocrisie. Cela fait dix ans […] que les salaires et les retraites sont bloqués alors que les factures et les prix s’envolent. Se loger est un luxe, l’hôpital craque, l’école est sans moyens, tous sacrifiés au nom de l’austérité aveugle ». « Les gouvernements n’ont répondu que par le mépris, la surdité et le passage en force face à la détresse sociale […]. Il est donc illusoire de feindre l’étonnement face à cette rancœur qui explose », poursuit-il.

    Le piège fasciste

    Pour le maire, « le risque est de voir ce désespoir récupéré par l’extrême droite, avec son lot de divisions haineuses et de reculs sociaux ». Un « piège évident » face à « l’impasse de la colère destructrice sans lendemain » et « l’instrumentalisation du désordre par le pouvoir ». « On ne combat pas l’injustice par l’émeute ou le repli sur soi, mais par le collectif, la grève et le vote », développe l’édile, tout comme « la République ne se protège pas avec des postures et de la communication. Elle se défend et se construit en s’attaquant à la racine des inégalités et en redonnant un sens concret à l’Égalité et à la Fraternité ».

  • À Nîmes, le maire Vincent Bouget sépare la casse de la colère sociale : «On ne répare pas des injustices par d’autres injustices»

    À Nîmes, le maire Vincent Bouget sépare la casse de la colère sociale : «On ne répare pas des injustices par d’autres injustices»

    Lundi 19 octobre, midi pile. Sur le parvis de l’Hôtel de ville de Nîmes, le ciel se vide sur une forêt de parapluies. Le Gard est en vigilance orange inondations et c’est sous les trombes que le maire Vincent Bouget (PCF) prend le micro, entouré de ses élus et du sénateur Denis Bouad (PS). Une cinquantaine de Nîmois ont fait le déplacement : pas la foule des grands jours, mais une assistance attentive.

    Deux jours plus tôt, pourtant, tout avait commencé comme une fête. Samedi 17 octobre, à 14h, le cortège s’élançait des Jardins de la Fontaine : 5 000 personnes selon les organisateurs, 1 500 selon la préfecture. Lycéens au terme d’un mois de mobilisation, enseignants, gilets jaunes, salariés, retraités. Des chants, de la musique, et une colère commune : la vie chère, des salaires à l’arrêt, un avenir qui se ferme. « Je bosse depuis vingt ans, je me lève à 4 heures du matin et à la fin du mois, il me reste quoi ? Rien. On nous dit de travailler pour vivre, mais aujourd’hui, on travaille juste pour payer les factures », confie une salariée dans la grande distribution, venue assister au discours.

    Puis tout a basculé. Après la dispersion devant la préfecture, un groupe a poursuivi sur un itinéraire non déclaré. Les pancartes ont disparu, de jeunes hommes souvent cagoulés ont pris le relais. Le FootKorner de l’avenue Général-Perrier, le Carrefour Express de la place Montcalm, le Lidl des 7 Collines : vitrines brisées, pillages. Des poubelles ont brûlé, des projectiles ont visé les forces de l’ordre. Policiers et gendarmes ont répondu par des tirs de grenades lacrymogènes et de dispersion, notamment aux abords du Kilomètre-Delta. Bilan : deux policiers légèrement blessés, sept gardes à vue selon la préfecture. « Je suis venu pour manifester, pas pour casser. Mais ça me rend folle qu’on ne retienne que les violences. On était des milliers à marcher tranquillement pour vivre dignement, et tout ça passe au second plan. On leur mâche le travail pour ignorer nos revendications », livre une aide soignante qui manifestait ce samedi 17 octobre, exaspérée et en quête de réponses devant l’Hôtel de Ville, lundi.

    C’est à ce basculement que Vincent Bouget a répondu, une dizaine de minutes durant. D’abord par la condamnation, « sans ambiguïté » : « Quand une mairie est incendiée, c’est bien plus qu’un bâtiment qui est attaqué », a-t-il lancé, en pensant à Limoges. Aux commerçants : « Derrière chaque vitrine abîmée, il y a des femmes et des hommes, du travail, des investissements. On ne répare pas des injustices par d’autres injustices. » Puis il a refusé l’amalgame : « Ne confondons pas les casseurs avec celles et ceux qui manifestent pacifiquement. Ne confondons pas les dégradations avec les revendications. »

    « Une crise bien plus profonde »

    Le maire communiste a surtout plaidé pour que le fracas de samedi ne couvre pas le reste. « Mais écouter ne suffit plus : les revendications légitimes de celles et ceux qui souffrent doivent trouver des réponses concrètes », a-t-il martelé, réclamant « des décisions sur le pouvoir d’achat, les salaires, les services publics ». Et de résumer : « Si la violence ne peut jamais être une réponse à l’injustice, l’injustice, elle non plus, ne peut rester sans réponse politique. » Un ton qui détonne avec l’Élysée, où Emmanuel Macron a dénoncé dimanche 18 octobre au soir des « factieux issus de groupuscules d’ultragauche ».

    La question dépasse la vitrine brisée. La violence d’une nuit de révolte choque le monde parce qu’elle brise le décor, mais elle n’est que l’écho de la violence invisible qui s’exerçait chaque jour en silence : celle des fins de mois qui commencent le 15, du plein d’essence qu’on repousse d’un jour, des salariés debout à 4 heures du matin pour 1 300 € et sans un merci, des étudiants qui voient fondre leurs aides, des rendez-vous médicaux qu’on n’obtient plus, des lycéens à qui l’on demande d’attendre un avenir qui se dérobe, des services publics qui reculent chaque jour un peu plus. Pour le maire de Nîmes, le pays traverse « une crise profonde, à la fois sociale, politique et démocratique », qui appelle « une véritable refondation démocratique ». Sous les parapluies, il avait choisi sa formule : « Refuser les violences sans condamner le mouvement social. Défendre la République sans renoncer à la justice. »

    Ce rassemblement répondait à l’appel national de l’Association des maires de France (AMF), relayé dans le Gard par les associations d’élus. D’Alès en passant par Villeneuve-lès-Avignon, plusieurs communes ont répondu présentes. D’autres ont fixé leur rendez-vous plus tard dans la journée, comme Manduel, Rochefort-du-Gard, Gaujac ou Montfaucon. Même mobilisation dans l’Hérault, à Sète notamment, tandis que Béziers, Frontignan, Mèze et Montaud ont opté pour des horaires décalés. Lodève a déplacé son rendez-vous au mercredi 21 octobre. À Montpellier, aucun rassemblement municipal n’a été annoncé, la Ville privilégiant le soutien aux commerçants sinistrés. Les intempéries ont toutefois contrarié certains rendez-vous : à Sommières, le rassemblement a été annulé, tandis qu’Anduze a renoncé à l’organiser face au risque d’inondation. Une pluie qui finira par cesser. Pas forcément la colère.

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  • Un maire français frappé par des colons lors d’un voyage en Cisjordanie

    Un maire français frappé par des colons lors d’un voyage en Cisjordanie

    Maire communiste d’Aulnoye-Aymeries, dans le nord de la France, Bernard Baudoux a été agressé samedi alors qu’il était à Taybeh, un village de Cisjordanie. Il était sur place depuis mercredi, au sein d’une délégation de l’association L’Aulne et l’Olivier. Le séjour avait notamment permis de rencontrer des jeunes de l’école de Taybeh, une visite à Bethléem et à Ramallah, ainsi que l’officialisation du jumelage entre Aulnoye-Aymeries et Taybeh, samedi matin. « Un séjour profondément empreint d’humanité », témoigne le maire sur son compte Facebook avant d’ajouter : « C’est dans cet esprit que nous avons participé, quelques heures plus tard, à une récolte d’olives sur les terres de Taybeh. C’est alors que tout a basculé. »

    Ce déplacement a également intégré une mission de diplomates européens – français, belge et polonais – en visite en Cisjordanie occupée qui était présente à Taybeh samedi matin. « Trois véhicules sont arrivés. Plusieurs individus cagoulés, armés notamment de barres de fer, en sont descendus et se sont avancés vers nous avec une extrême agressivité, visant particulièrement les Français présents. J’ai immédiatement revêtu mon écharpe tricolore, symbole de la République française et du mandat que vous m’avez confié. Cela ne les a pas arrêtés », rapporte encore Bernard Baudoux avant d’ajouter : « J’ai été frappé à coups de barre de fer et de pied, avant d’être projeté au sol. Nous avons finalement réussi à rejoindre nos véhicules pour nous mettre à l’abri. »

    Si le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a « condamné fermement ces graves actes de violence », il les a imputés à des « émeutiers israéliens » sachant que des colons israéliens multiplient actuellement les attaques pour empêcher la récolte annuelle des olives. Il a également reproché aux consulats européens concernés de ne pas avoir coordonné la visite avec l’armée israélienne. Quant au Premier ministre Benjamin Netanyahu, son bureau a dénoncé une campagne de « diffamation » contre Israël et ses colons.

    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a appelé les autorités israéliennes à « arrêter impérativement les responsables de ces actes révoltants » et à les « traduire en justice ». La Belgique, dont le consul général se trouvait aussi sur place, a condamné « avec la plus grande fermeté » cette attaque « perpétrée par des colons masqués ». La police israélienne a annoncé avoir ouvert une enquête et dit s’efforcer de « localiser les victimes, recueillir des témoignages et identifier les suspects, afin de les traduire en justice ».

  • L’allocution creuse d’Emmanuel Macron

    L’allocution creuse d’Emmanuel Macron

    « Toute la transparence sera faite », a promis dimanche soir Emmanuel Macron lors d’une allocution télévisée alors que le pouvoir avait été pointé du doigt toute la journée quant à sa stratégie du maintien de l’ordre. Il a aussi multiplié les habituels propos sur la fermeté face aux casseurs : « Intraitable » et que « ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser »…

    S’il a pris soin de préciser qu’il ne fallait pas « confondre » les casseurs avec les manifestants aux « revendications légitimes », il n’a apporté aucune réponse à ces dernières, que ce soit dans l’éducation ou pour le pouvoir d’achat, si ce n’est une énième promesse de réunion avec le Premier ministre pour « construire » des solutions. Pire, il s’est même permis de dire qu’à 6 mois de la présidentielle, la bataille ne devait pas avoir lieu « dans la rue ».

    « Irresponsable » de jouer ainsi la montre, a commenté Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du Snes-FSU. « En 8 minutes 30, il aurait pu appeler au calme et apporter des réponses. Mais rien. Alors, on continue. Dans le calme et avec détermination. Sans attendre la présidentielle », a retoqué Fabien Roussel, secrétaire national du PCF sur X.