Tag: violences

  • Détention prolongée dans une affaire d’agressions homophobes à Avignon

    Détention prolongée dans une affaire d’agressions homophobes à Avignon

    Kaysse A., son frère Ayoub A. et Mohamed K., âgés de 19 et 20 ans, ont été présentés ce lundi 23 février en comparution immédiate devant le tribunal judiciaire d’Avignon. Ils sont poursuivis pour « violences aggravées par trois circonstances, suivies d’incapacité n’excédant pas 8 jours » et « extorsion commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». Le tribunal a décidé de renvoyer l’examen de l’affaire au jeudi 16 avril. Dans l’attente, les deux frères ont été placés en détention provisoire, le président Lionel Mathieu évoquant un risque de réitération, car « les faits ont été commis sur une durée relativement longue et sont extrêmement récents ». Le troisième, Mohamed K., a été placé sous contrôle judiciaire.

    Selon les éléments présentés à l’audience, les frères auraient, à deux reprises, le 31 janvier à Avignon et le 10 janvier à Vedène, tendu des « guets-apens » à au moins deux personnes homosexuelles contactées sur un site de rencontre avec un faux compte. Les victimes auraient ensuite été agressées. Dans l’un des cas, les prévenus auraient tenté de soutirer de l’argent, sans succès.

    Les arguments du parquet

    Mohamed K. n’est poursuivi que pour son implication présumée dans les faits du 10 janvier. Deux mineurs auraient également participé à l’une des agressions. Les trois jeunes adultes sont tous domiciliés chez leurs parents respectifs et n’exercent aucune activité professionnelle. Un précédent fait datant de 2022 a été mentionné, mais il concernerait une période où ils étaient tous mineurs.

    Lors de l’audience, le procureur, Nicolas Delpierre, a sollicité le maintien en détention, relevant « deux ou trois éléments » malgré les « dossiers lisses » des prévenus. Il note des « faits revendiqués », car les agressions ont été filmées, et estime que « tous les hommes homosexuels sont des cibles potentielles ». Il confie que les frères auraient affirmé que « tous les pédés sont des pédophiles (sic) » et qu’ils « devraient être en prison comme dans d’autres pays ».

    La défense d’Ayoub A. et Kaysse A., Me Isabelle Cuilleret, estime dans sa plaidoirie que « la détention provisoire n’est pas adaptée et qu’il y a d’autres moyens », évoquant pour l’aîné un « caractère influençable » et différents troubles neurologiques. Une expertise médico-psychiatrique a été demandée. Tandis que Me Jalil-Henri Amr, avocat de Mohamed K., estimait que les 48h de détention de son client constituent une « pédagogie suffisante » et qu’il est le seul à toujours être scolarisé (bac pro climatisation). Il assure que ce dernier n’a été « que le cinéaste » de l’agression et qu’« aucun élément dans le dossier n’indique qu’il a adoré faire cette œuvre cinématographique ». Dans le box, tous trois se sont excusés auprès des victimes.

  • « L’extrême droite veut plonger le pays dans la guerre civile »

    « L’extrême droite veut plonger le pays dans la guerre civile »

    La Marseillaise : Demandez-vous l’interdiction de la marche suite à la mort de Quentin Deranque qui se déroule ce samedi à Lyon ?

    Manuel Bompard : Évidemment que je demande son interdiction. La marche à Lyon n’a rien d’un hommage. Un hommage serait légitime mais il s’agit là de faire une démonstration de force de groupes fascistes, néonazis, violents, racistes et antisémites. La presse fait d’ailleurs état du fait que plus de 1 000 militants d’extrême droite venus de toute l’Europe y sont attendus. C’est un danger pour les habitants, ça serait irresponsable de laisser cette marche s’organiser dans le contexte que l’on connaît. Je constate aussi que même la famille [de Quentin Deranque, Ndlr.] dit qu’elle n’y participera pas et que, quelque part, ça n’a rien à voir avec elle. Qu’on rende hommage à une personne qui vient de mourir, c’est légitime. Mais qu’on en profite pour faire une démonstration de force de l’extrême droite, fasciste, c’est inacceptable. J’appelle le ministre de l’Intérieur à prendre les dispositions nécessaires pour que ça ne puisse pas avoir lieu.

    Il y a des mobilisations antifascistes prévues ce week-end, vous y participerez ? Craignez-vous des menaces contre des militants insoumis ?

    M.B. : Quand on a une quinzaine de permanences parlementaires et locaux de campagne attaqués, une attaque à la bombe, des militants menacés et poursuivis jusqu’à leur domicile personnel… J’appelle d’abord à faire preuve de la plus grande vigilance possible. Et évidemment à ne participer à aucune initiative qui pourrait donner lieu à des scènes de violences. S’il y a des protestations pacifiques, démocratiques, elles sont les bienvenues. Mais je vois bien comment une partie de la classe politique française, de l’extrême droite en particulier, a l’intention de plonger notre pays dans la guerre civile. Il faut faire preuve du plus grand sang froid et ne céder à aucune provocation. Je considère qu’on est dans un contexte qui n’est pas digne d’une démocratie qui fonctionne bien. Les pouvoirs publics, les autorités doivent garantir la capacité de chacun d’exprimer ses idées. Et cesser l’instrumentalisation honteuse et ignoble à laquelle ils participent depuis des jours. Il y a une responsabilité absolue du gouvernement qui a bazardé, en une semaine, tous les principes de l’État de droit : il n’y a plus de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice, de secret de l’enquête, plus de secret de l’instruction… Il faut qu’ils se ressaisissent et qu’ils fassent en sorte que tout le monde puisse défendre ses idées, faire campagne, sans risquer de se faire agresser, intimider ou tabasser dans la rue.

    Quelles conséquences internes au sein du mouvement ? Raphaël Arnault est-il maintenu à LFI ? Sera-t-il présent sur une liste pour les municipales à Avignon ?

    M.B. : Il est actuellement menacé dans tous le pays et dans toute l’Europe. Il n’est absolument pas question qu’il soit démis de ses fonctions. Pour sa participation à une liste à Avignon, il faudra lui poser la question. Pour l’instant, une enquête est en cours, il faut attendre qu’elle aille à son terme et ne pas faire d’accusations hâtives. Un des deux collaborateurs qui avait soi-disant une responsabilité dans ce drame a été relâché et ne fait l’objet d’aucune poursuite. Et pour le deuxième, si j’en crois les propos du Procureur ce jeudi, il n’est pas accusé d’avoir une responsabilité directe dans la mort de cette personne. C’est à la justice de déterminer les circonstances des uns et des autres. Pas aux groupes d’extrême droite sur les réseaux sociaux, ni aux médias qui en relaient les accusations.

    Vous dénoncez une instrumentalisation, entendez-vous ceux qui demandent une clarification de LFI ?

    M.B. : Absolument pas. Mes propos sont très clairs depuis le début : je condamne absolument le fait qu’on frappe un homme à terre, je suis en désaccord avec ce qu’il s’est passé. De quelle clarification supplémentaire y a-t-il besoin ?

    Vous craignez que ça enterre de possibles unions avec les autres forces de gauche, au second tour des municipales ?

    M.B. : Ça dépend lesquelles. J’ai enregistré avec une grande satisfaction les déclarations du président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, Stéphane Peu. J’ai vu les réactions de Sandrine Rousseau, d’Elsa Faucillon, celle de Marine Tondelier qui est d’une clarté totale. C’est un certain nombre, à mon avis minoritaire, des dirigeants politiques de gauche qui perdent leurs repères quand ils mettent sur le même plan le fascisme et l’antifascisme. Il y a une différence fondamentale qu’il faut rappeler : le jour où il n’y a plus de fascistes, il n’y a plus d’antifascistes mais le jour il n’y aura plus d’antifascistes, malheureusement il y aura encore des fascistes.

  • Mort du militant identitaire : 7 mises en examen requises

    Mort du militant identitaire : 7 mises en examen requises

    De très nombreuses investigations [menées] » dans un « contexte très très sensible » : le procureur de la République de Lyon a donné une conférence de presse ce jeudi à 17 heures pour communiquer les derniers développements de l’enquête sur la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque. L’étudiant lyonnais, récemment converti au catholicisme proche des milieux traditionalistes, cofondateur d’un groupuscule national révolutionnaire – entre autres – est décédé samedi d’un traumatisme crânien. Frappé à mort alors qu’il était venu défendre le collectif féminin d’extrême droite Némésis qui manifestait contre la tenue d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.

    Sept personnes ont ainsi été identifiées et le parquet de Lyon requiert leur mise en examen pour « homicide volontaire » contre Quentin Deranque, « violences aggravées » et « association de malfaiteurs ». Deux de ces personnes auraient refusé de s’expliquer sur les faits, les autres ont reconnu leur présence sur les lieux, certains ont admis les coups, « en revanche, ils contestaient tous une intention homicide », détaille le magistrat.

    Thierry Dran a par ailleurs précisé le profil de ces sept personnes : ils ont entre 20 et 26 ans, « ce sont pour l’essentiel des étudiants, des employés dans le privé, un est sans-emploi et un, comme vous le savez, assistant parlementaire », faisant ici référence à Jacques-Élie Fravot, ex collaborateur du député vauclusien Raphaël Arnault (LFI), fondateur de l’organisation antifasciste « La Jeune Garde », désormais dissoute. Le jeune homme « a reconnu (…) la commission de violences et sa présence sur les lieux » mais « a indiqué qu’il n’était pas l’auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque », avait indiqué mercredi son avocat Bertrand Sayn. Et d’ajouter : « il a exposé également qu’en aucun cas il ne s’agissait d’un guet-apens, mais en vérité d’un affrontement ».

    Pour les sept suspects, « certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie, ou être proche, de la mouvance d’ultragauche », a précisé le procureur de la République de Lyon. Deux ont des antécédents judiciaires : l’un pour violences et usage de stupéfiants, l’autre pour vol et port d’armes. Un troisième « fait actuellement l’objet d’un contrôle judiciaire par une juge d’instruction à Paris à la suite de faits de violences aggravées en raison de la race, l’ethnie ou la religion », a-t-il encore détaillé et affirmé ne pas savoir s’ils étaient fichés S. Ils seront tous placés en détention provisoire.

    D’autres personnes restent à identifier

    Quatre autres personnes – dont trois femmes – mis en cause pour « recel de malfaiteurs » ont été arrêtées, placées en garde à vue et relâchées à l’issue de leur interrogatoire. Le procureur de la République de Lyon affirme que plusieurs personnes restent toujours à identifier, « les juges sont saisis de l’ensemble de l’enquête », explique Thierry Deran. Une information judiciaire est ouverte, pour déterminer, ce qui s’est passé avant, pendant et après les faits.

    Les réseaux d’extrême droite ont relayé des appels à l’organisation d’une marche, ce samedi à Lyon, en hommage au militant nationaliste. Le maire de la ville, Grégory Doucet (EELV) a réclamé son interdiction, « face au risque réel de débordements violents ».

  • L’extrême violence politique en accusation

    L’extrême violence politique en accusation

    Une conférence de presse expéditive pour une affaire hautement sensible. Le militant nationaliste Quentin Deranque a succombé à des coups portés par au moins six individus masqués et cagoulés, qui ne sont pas encore identifiés, a déclaré lundi le procureur de Lyon. Une enquête criminelle a été ouverte pour « homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs en vue de commettre un délit ». Quand il a été pris en charge par les secours jeudi soir, le jeune homme « présentait essentiellement des lésions à la tête », « au-delà de toutes ressources thérapeutiques et mortelles à brève échéance », a indiqué Thierry Dran. Aucun coup de couteau n’a été porté à cet étudiant de 23 ans, sans casier judiciaire, a précisé le magistrat.

    Militant très actif dans les sphères d’extrême droite

    La police a entendu « plus d’une quinzaine de témoins » et analyse des vidéos de l’agression, mais « au moment où je vous parle, il n’y a pas eu d’interpellation », a appuyé Thierry Dran. « L’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels. » Alors que le gouvernement a accusé le groupe antifasciste la Jeune Garde, le procureur a refusé d’en dire plus sur le profil des agresseurs. « Quand on aura interpellé les gens, on va vous en dire plus sur leur appartenance », a-t-il martelé, disant vouloir se baser « non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments » d’investigation.

    Jeudi, vers 17h30, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, sept femmes militantes du collectif féminin d’extrême droite Némésis ont déployé une banderole pour dénoncer sa présence, selon le récit du magistrat. Elles avaient « demandé à un certain nombre de leurs amis de venir les aider en cas de violence. Néanmoins, ces derniers restaient à l’écart » quand elles ont été agressées par plusieurs individus, a-t-il rapporté. Deux d’entre elles disent avoir été étranglée pour l’une, jetée au sol pour l’autre, et ont des ITT de deux et cinq jours, selon lui. C’est un peu plus tard, vers 18h, que les jeunes hommes chargés d’aider Némésis « ont été pris à partie par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués et cagoulés ». La plupart d’entre eux ont réussi à s’enfuir mais trois, dont Quentin Deranque, ont été isolés.

    Ils « étaient alors jetés au sol, puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six pour Quentin Deranque », a rapporté Thierry Dran. « Deux des victimes parvenaient tout de même à fuir, tandis que Quentin Deranque restait au sol. » Une fois leurs agresseurs partis, un de ses amis est revenu sur place et l’a trouvé conscient. Il a cherché à le ramener chez lui mais a constaté sur le chemin une dégradation de son état et a appelé les secours. Hospitalisé dans le coma, le jeune homme a été déclaré mort samedi. Il était inscrit depuis cette année en BUT Sciences des données à l’université Lumière Lyon II.

    Ancien membre du mouvement royaliste historiquement antisémite l’Action française à Vienne -qui lui a rendu hommage-, Quentin Deranque était « militant d’un groupe nationaliste-révolutionnaire local », a indiqué à l’AFP un porte-parole d’un autre groupe nationaliste lyonnais Audace. Ce groupuscule néofasciste se nomme Allobroges Bourgoin, fondé début mai 2025 et inauguré lors du défilé d’extrême droite du « Comité du 9 mai », auquel le jeune homme aurait participé selon Libération. Converti au catholicisme depuis peu, il fréquentait d’après les informations du Figaro, l’Academia Christiana, un institut de formation catholique traditionaliste et nationaliste, créé par l’un des cofondateurs de Génération identitaire en 2013.

    REACTIONS

    Fabien Roussel secrétaire national du PCF

    « Un drame. Une famille en deuil, des proches bouleversés… Il faut arrêter avec cette violence en politique qui mènera toujours à des tragédies. Que toute la lumière soit faite et que justice soit rendue. »

    Jean-Luc Mélenchon fondateur de la France insoumise

    « Notre service d’ordre s’est déployé pendant toute la durée de la présence de [Rima Hassan à l’IEP de Lyon]. Durant cette période, il ne s’est strictement rien passé : ni dans la salle, ni devant l’école, ni alentours. Tout a été arrangé pour faire croire à une sorte d’expédition de notre service d’ordre contre le jeune homme. Mensonges ! Nous n’avons rien à voir avec cette histoire. Tous ceux qui affirment le contraire sont des calomniateurs ! »

    Laurent Nunez ministre de l’Intérieur

    « Aucune cause ne pourra jamais justifier ce déchaînement de violence. Dans ce contexte, j’ai [appelé] les préfets au renforcement de la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu’autour des permanences de campagne. »

    Olivier Faure premier secrétaire du PS

    « Le niveau de violence atteint est inacceptable. Dans une démocratie personne ne devrait mourir pour ses idées. »

    Grégory Doucet maire (EELV)de Lyon

    « Je condamne avec la plus grande fermeté la rixe d’une extrême violence qui s’est déroulée à Lyon. Rien ne peut justifier de tels affrontements (…) La ville de Lyon est à la disposition de la justice pour faire toute la lumière sur ces évènements dramatiques. »

  • Des mesures contre les agressions de pompiers annoncées à Toulon

    Des mesures contre les agressions de pompiers annoncées à Toulon

    Laurent Nuñez est arrivé au commissariat de police aux alentours de 17h. La séquence a débuté par une rencontre avec sept policiers adjoints et de futures recrues. Ces dernières, âgées de 18 à 29 ans, au nombre de 54, sont issues de la première cuvée du processus de recrutement 100% varois. Elles sont amenées à devenir policiers adjoints après une formation de quatre mois. S’ensuit un contrat de 3 ans renouvelable une fois, sans condition de diplôme, qui permet, après un an, de passer le concours de gardien de la paix.

    Après ces salutations lui ont été présentés plusieurs chantiers en cours : ceux des cellules et du bureau des plaintes de l’hôtel de police (achevés d’ici mai 2026) et le desserrement de ce dernier vers le conseil départemental, ainsi que ceux du chenil de la brigade canine et du nouveau commissariat de Sanary, qui sera inauguré le 20 février.

    Le ministre a ensuite pris la direction du centre d’incendie et de secours de Toulon, dans le contexte de la recrudescence des violences sur les sapeurs-pompiers. « Il y a eu un électrochoc en mai 2025 lorsqu’un sapeur-pompier de Haute-Savoie a été sauvagement agressé au point de presque y laisser la vie. Face à ces violences, il y a un principe simple : la tolérance zéro », martèle Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile et de la gestion des crises, présent aux côtés du ministre.

    1 500 agressions par an sur les pompiers, 56 dans le Var

    Ce dernier a rappelé que les pompiers étaient victimes de « 1 500 agressions (physiques) par an depuis 2021 [dont 56 dans le Var en 2025, + 166% en un an, Ndlr]. Dans trois quarts des cas, elles sont le fait des personnes secourues, qui sont, une fois sur deux, sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants ». Pour endiguer ce phénomène, a été conçu un plan national de lutte contre les violences visant les sapeurs pompiers, « en concertation avec les organisations professionnelles », précise Laurent Nuñez, pour qui nombre de « ces 19 mesures ne seront efficaces que si elles sont déclinées dans chaque département ».

    Parmi celles-ci, « la cartographie des secteurs posant des difficultés », « faire systématiquement remonter les événements à l’observatoire des violences », « un état-major de sécurité annuel entre préfets et acteurs », le déploiement généralisé des « caméras embarquées », expérimentées dans certains départements, et des « gilets pare-lames », et enfin, le renforcement de « l’accompagnement des pompiers victimes d’agressions ». Un plan qui élude, comme souvent, les causes – sociales – au profit des conséquences, que Laurent Nuñez veut aussi doter de « référents en contact avec les forces de l’ordre », annonçant une réflexion pour « apporter des moyens supplémentaires aux services d’incendie et de secours ».

  • Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    L’effroi a une nouvelle fois frappé le milieu scolaire. Qui plus est dans un collège réputé sans histoire, dans une commune peu habituée aux faits divers, d’autant plus d’une telle gravité. Peu après 14h, un élève de 14 ans, en 3e du collège la Guicharde de Sanary a porté trois à quatre coups de couteau à sa professeure d’arts plastiques, au niveau du torse, avant de prendre la fuite. Il a rapidement été appréhendé par un assistant d’éducation, sans manifester d’opposition. Il a ensuite été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. Une enquête a été ouverte et confiée aux commissariats de police de Toulon et de Sanary.

    La professeure, âgée de 60 ans, a rapidement été secourue et transférée vers l’hôpital Sainte-Anne de Toulon. Elle y a été opérée en urgence puis placée dans un coma artificiel. mardi soir, son pronostic vital était toujours engagé.

    « Des tensions avec cette professeure »

    Qu’est-ce qui a bien pu, dès lors, pousser cet élève à commettre un tel geste ? « Pour le moment, il n’y a aucune connotation religieuse ni politique qui apparaissent », a annoncé le procureur de la République de Toulon Raphaël Balland. « On sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure, et qu’il lui en voulait d’avoir fait des rapports à son encontre. » Une version corroborée par des témoignages d’élèves. « Le matin, il disait qu’il voulait tuer la prof de maths. On croyait que ce n’étaient que des paroles. Mais comme elle n’était pas là, il s’en est pris à la prof d’arts plastiques car elle lui mettait beaucoup d’observations », déclarait l’un d’entre eux. Autre élément important : l’élève « avait visiblement des problématiques familiales, mais il n’était pas connu pour le moindre fait de violences », a ajouté le procureur, ce qui aurait pu, également, favoriser son passage à l’acte.

    Tatiana Kolodziej, professeure d’EPS et référente premiers secours au collège la Guicharde, est la première à avoir secouru sa collègue : « Les élèves sont venus me chercher. On a eu peur, mais elle est partie consciente », a-t-elle expliqué. Au sein du corps enseignant, c’est « la stupéfaction, le choc. Les collègues sont en larmes. On ne s’attendait pas du tout à ça dans un collège privilégié, tranquille », déplorait-elle.

    « Il faut mettre plus de moyens humains notamment pour le contrôle des sacs. C’est un collège d’une petite ville, on n’est pas à l’abri de ce type d’acte dans n’importe quel établissement », s’est ému Dominique Queyroulet, représentant du Snes-FSU dans le Var. Du côté des parents d’élèves « on ne comprend pas. Ma femme et ma fille ont eu cette professeure lorsqu’elles étaient au collège, elle est super gentille (sic). On est une grande famille, les Sanaryens. Il va falloir se soutenir face à ce traumatisme », déplore Roland.

    Les élèves ont quant à eux été rapidement sortis de classe, puis regroupés dans la cour de récréation, avant d’être progressivement évacués à partir de 15h30. Ce mercredi, les cours n’auront pas lieu, mais une cellule psychologique a été mise en place, ainsi qu’un « accueil organisé par le collège pour les professeurs, mais aussi pour les enfants qui en ressentent le besoin », a précisé le préfet du Var Simon Babre. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est quant à lui rendu sur place dans la soirée.

  • La violence déborde au collège Malraux à Marseille

    La violence déborde au collège Malraux à Marseille

    Mardi, l’AED intervient pour séparer une bagarre. Bousculée, elle tombe à terre et se fait piétiner par « le moulon ». En langage d’ado, un attroupement d’élèves, « un jeu sur les réseaux », précise un collégien, encore choqué. En début d’année un surveillant avait déjà subi une agression similaire. Il n’a pas été remplacé et ils ne sont à ce jour plus que huit dans cet établissement de 935 élèves qui n’est pas en zone prioritaire.

    Des faits de violence extrêmement alarmants que les parents et les personnels du collège ont dénoncés jeudi lors d’une grève et d’un rassemblement devant l’établissement du 13e. Dans le rassemblement organisé devant les grilles de Malraux, une élève de 5e confie : « Moi, ça va, j’ai la chance, et la malchance, de connaître un de ceux qui sèment le trouble, mais ceux qui sont plus isolés ont peur, alors il y a l’effet de groupe. » Déjà 16 élèves sont convoqués en conseil de discipline. Un père réagit également : « Ils ont entre dix et quinze ans et provoquent des bagarres de rue à l’école. Et ça n’a rien à voir avec le milieu social. »

    L’enveloppe est vide

    Les parents sont déroutés. Car ce n’est pas le seul établissement en proie à de telles dérives. « Le jour où c’est arrivé, il y a eu des déclenchements d’alarme dans plusieurs collèges, c’est comme si tout ça était organisé. Et ils font des vidéos, fascinés par les réseaux sociaux », s’épouvante une maman. Comme dans une mauvaise série, « c’est le manque d’adultes qui a permis une prise de pouvoir par des ados ! », accuse une autre.

    « On a des classes gonflées à 32 élèves, la pause méridienne, avec 800 demi-pensionnaires, est ingérable », dénonce Séverine Vernet, professeure, élue au conseil d’administration et représentante des personnels pour le Snes-FSU. Elle souligne aussi le manque d’accompagnement en termes de santé mentale. Une seule infirmière reçoit jusqu’à 50 passages par jour. « On a une super équipe éducative, c’est un bon collège, confirme Christelle Sanchez, de l’association MPE 13, mais ça fait presque 5 ans que l’établissement dépasse sa capacité maximum. » Une construction nouvelle est bien prévue dans le secteur, mais elle arrive en remplacement du collège Mallarmé.

    Face à cette montée en puissance, des parents d’élèves et enseignants réclament des effectifs depuis plusieurs années. Ainsi que la construction d’un nouvel établissement dans ce secteur où la pression immobilière est intense. En témoignent les résidences neuves et les grues qui s’activent alentour. « On ne peut pas pousser les murs. C’est la troisième fois cette année que la violence éclate au sein du collège et on n’a pas de réponses pour des effectifs suffisants, sinon que l’enveloppe est vide », déplore la représentante syndicale reçue avec les instances représentatives mercredi en audience au rectorat.

    En 2024, une agression au couteau d’une élève sur un enseignant avait déjà secoué le collège. Contactée, l’inspection académique n’a pas donné suite.

  • Les organisateurs condamnent les dégradations en marge du cortège

    Les organisateurs condamnent les dégradations en marge du cortège

    Ce jeudi après-midi, la grande manifestation organisée en soutien au peuple kurde du Rojava (nord-est de la Syrie) a été entachée par des débordements. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté et sans ambiguïté ce qui s’est passé en marge de la manifestation », martèle Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M). Pour lui, il s’agit d’« éléments infiltrés qui ont provoqué », ne prenant pas part à la manifestation déclarée. « Nos services d’ordre ont été dépassés », concède-t-il.

    Les premières tensions sont apparues devant la préfecture de police, point d’arrivée du cortège, après une déambulation sans accrocs au départ des Réformés. « Au moment de la dispersion de la manifestation en soutien au peuple kurde, cet après-midi, dans le centre-ville de Marseille, les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice et autres projectiles », indique le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui « condamne fermement ces violences et les dégradations commises. Les forces de sécurité intérieure protègent tous ceux qui souhaitent manifester pacifiquement mais aucune atteinte à l’ordre public ne sera tolérée ». La préfecture de police qui fait par ailleurs état de deux interpellations et de dix policiers blessés.

    Rue Saint-Ferréol, puis sur la Canebière, des stations de tramway ont été saccagées, des poubelles incendiées, du mobilier urbain renversé et des projectiles jetés sur le bureau de la police municipale, provoquant quelques instants de panique. « J’exige la vérité sur ce qui s’est passé », assène la maire GRS des 1er et 7e arrondissements Sophie Camard dans une série de messages postés sur X.

    « Provocations extérieures »

    Rapidement, les images captées ont été relayées par les médias d’État turc sur les réseaux sociaux, présentant ces personnes comme des « partisans du groupe terroriste YPG/FDS », soit les forces armées kurdes qui combattent l’État islamique dans le Rojava. Puis, la fachosphère s’en est emparée et a instrumentalisé ces vidéos pour vomir sa haine anti immigrations. « Les Kurdes combattent au quotidien le terrorisme de Daech dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Cette situation suscite une émotion légitime et doit nous indigner. Néanmoins, je rappelle avec force qu’à Marseille comme partout ailleurs, aucune cause ne peut justifier de s’en prendre aux personnes ou aux biens », tempère le maire DVG de Marseille Benoît Payan.

    « Ces dégradations ne servent que ceux qui attaquent la cause du peuple kurde, qui tentent de le faire taire. J’ai peur que cela salisse l’image de la communauté kurde », regrette Salih Azad qui hésite à maintenir le rassemblement prévu ce samedi sur le Vieux-Port. « Nous ne sommes pas à l’abri des provocations extérieures », estime-t-il.

  • Le barreau de Marseille fustige sur les réseaux la lenteur judiciaire

    Le barreau de Marseille fustige sur les réseaux la lenteur judiciaire

    En 2025, 5 300 dossiers relevant du juge aux affaires familiales ont été enregistrés à Marseille, dont 80% conflictuels. « Les délais de procédure de divorce, par exemple, sont de 11 à 12 mois pour une première audience, et peuvent atteindre 18 mois avant une décision de justice », alerte Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau. Des délais dont « les premières victimes sont les justiciables et les enfants, ajoute-t-elle. À partir de cette première rencontre avec le juge, d’autres peuvent avoir lieu, avec la possibilité d’entendre les enfants, de mettre en place des médiations familiales… »

    Message « coup de poing »

    Cette vidéo publicitaire met en scène une famille qui joue à un faux jeu de société avec des cartes aux intitulés peu attrayants : « audience reportée », « insomnie », « disputes ». Un « message coup de poing », lancé sur les réseaux ce mardi, destiné à alerter d’un côté les pouvoirs publics, qui ont la main sur les budgets alloués à la justice, et de l’autre le grand public, des conséquences de cette lenteur judiciaire, notamment sur les enfants. En effet, « 51% des Français n’ont pas confiance en la justice à cause de délais excessifs », déplore la bâtonnière.

    Après des alertes restées sans réponse auprès de Gérald Darmanin, garde des Sceaux, le barreau dénonce un engorgement : « On parle peu de la justice civile et beaucoup de la justice pénale, surtout à Marseille », regrette Marie-Dominique Poinso-Pourtal. Cet engorgement de la justice civile « peut avoir des conséquences directes sur la justice pénale puisque ces délais vont entraîner des violences intrafamiliales qui vont entraîner toujours plus de violences ». Pour les justiciables, « l’absence de cadre légal », qui s’étale sur plusieurs mois, peut en effet voir naître des « crispations ».

    « Au sein des couples, tant qu’il n’y a pas de décision de justice, c’est l’anarchie, chacun fait ce qu’il veut, étant donné qu’il n’y a pas de cadre légal, notamment pour la garde des enfants », se désespère-t-elle.

  • [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    L’année 2025 restera marquée, à Alès et plus largement dans le Gard, par une succession de mobilisations citoyennes face aux violences d’extrême droite et à la banalisation des discours racistes.

    Déclencheur : l’attaque du Prolé d’Alès, dans la nuit du 30 au 31 mai, en pleine feria. Une douzaine d’activistes néofascistes ont fait irruption dans ce lieu emblématique de la vie militante et festive alésienne, faisant une vingtaine de blessés. Très vite, l’émotion a laissé place à la colère et à la réaction. Dès le lundi suivant, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture d’Alès à l’appel du Parti communiste français et de nombreuses organisations syndicales, associatives et politiques. Une foule dense, plurielle, déterminée à dire non à la violence politique. À la tribune, élus locaux, responsables syndicaux et militants ont dénoncé une attaque « préméditée » et exigé que les auteurs soient identifiés et jugés. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a fait le déplacement pour apporter son soutien aux victimes et alerter sur une « montée des violences d’extrême droite qui n’a plus rien de marginal ».

    Cette mobilisation ne s’est pas éteinte avec les jours. Tout au long de l’année, le Prolé est resté un point de ralliement. En septembre, une soirée de solidarité, mêlant concerts et prises de parole, a permis de collecter des fonds pour les victimes, alors que l’enquête judiciaire tardait à avancer. En novembre, les avocats des parties civiles ont publiquement dénoncé l’inertie de la procédure, relançant la mobilisation politique et médiatique.

    La peur doit

    changer de camp

    Comme une prémonition, Alès avait déjà pris toute sa part aux manifestations nationales contre le racisme et l’extrême droite, notamment le 22 mars, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Près de 300 personnes avaient battu le pavé dans le centre-ville cévenol, tandis que près de 90 000 manifestants défilaient partout en France. Syndicats, associations, collectifs et partis de gauche ont dénoncé une parole raciste « désinhibée » et appelé à l’unité face à ce qu’ils décrivent comme une menace démocratique majeure.

    De l’attaque du Prolé aux marches antiracistes, 2025 aura ainsi dessiné une ligne claire  : celle d’une riposte citoyenne qui refuse la peur, revendique la fraternité et rappelle que la rue reste un espace central de résistance démocratique.