Tag: Violences faites aux femmes

  • Mobilisés pour briser le silence et lutter contre l’excision

    Mobilisés pour briser le silence et lutter contre l’excision

    « On doit tous se sentir concernés », avertit Jennifer Salles, conseillère régionale et avocate, lors de la 19e Journée mondiale de lutte contre l’excision, vendredi dernier. Dans la seule région Paca, 3 000 femmes victimes de mutilations sexuelles ont été recensées.

    Une réalité sous silence. « J’ai rencontré des femmes qui avaient vécu ça en France. On pense que ça se passe dans le pays d’origine mais c’est encore perpétué sous silence ici », témoigne la psychologue clinique Kawiyat Mohamed. Cette pratique d’ablation de l’appareil génital externe, touche majoritairement les femmes de culture africaine, depuis des générations. Condamné par la loi française et 18 pays d’Afrique, cet acte social ancré par les traditions reste pourtant toujours pratiqué.

    L’association Gams SUD s’engage dans la lutte contre l’excision, avec des actions qui se définissent en 3 mots :
    « Prévenir, protéger et reconstruire ». Les onze Maisons régionales des femmes font le relais pour la prise en charge de ces femmes. Ces institutions, unies contre les violences faites aux femmes, sont soutenues à hauteur de 10 millions d’euros par la Région Paca.

    Sensibilisation et prise en charge des victimes

    Méconnue par la population, le milieu médical et institutionnel, l’association Gams SUD s’engage à sensibiliser sur l’excision dès le plus jeune âge. Les bénévoles interviennent dans les lycées de Provence pour informer sur ces mutilations sexuelles féminines, comme au lycée Monnet de Vitrolles. Mais aussi auprès des parents et famille : le programme « Les vacances, c’est fait pour s’amuser, pas pour être mutilée » est mis en place pour repérer les signes précurseurs du risque d’excision pour une fille. Départ au pays, mention de « l’attachement aux traditions » : ces détails doivent alerter l’entourage. « Il faut sensibiliser auprès des familles », rappelle une participante, victime d’excision. « Une fois l’excision faite, on peut réparer mais il y a quelque chose de brisé. »

    La gynécologue Emmanuelle Cohen-Solal détaille la prise en charge de ces femmes, prévue par la Maison des femmes 13 :
    « Psychologique, sexologique, sociale, parfois juridique, et lorsque c’est nécessaire, je m’occupe de la réparation chirurgicale », précise-t-elle. Et d’affirmer qu’il faut améliorer les « actions de prévention dès le plus jeune âge, et renforcer la formation des personnels de santé ».

  • Aubagne : Giovanni Schipani éreinte la gestion de Gazay

    Aubagne : Giovanni Schipani éreinte la gestion de Gazay

    «Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour construire une ville plus à l’écoute, plus humaine et plus forte », déclare, devant un auditoire de 364 personnes réunies à l’Espace des libertés, le candidat de « Aubagne mérite mieux ».

    Juste avant, l’Aubagnais de 35 ans, qui fut adjoint à la jeunesse durant le 1er mandat du maire (LR) Gérard Gazay a dit vouloir porter la voix des électeurs « autour d’un projet à la fois réaliste et réalisable ». Dans son équipe, Wahiba Thiery (finances) a constaté qu’il y avait aujourd’hui « moins d’agents municipaux, mais une masse salariale qui a explosé » sous la gestion du maire Gérard Gazay.

    « Le social sera protégé »

    Or « cette gestion-là, ça veut dire plus de strates hiérarchiques. Plus de cadres très bien payés. Et pendant ce temps, le terrain se vide », a-t-elle relevé. Au contraire, a développé la jeune femme, avec le programme de Giovanni Schipani, « le social sera protégé ». Le candidat, selon « la conviction que personne ne doit plus être laissé de côté », veut par exemple « une meilleure coordination entre les associations, les services de la Ville, les acteurs sociaux, notamment pour les personnes sans domicile et les situations de grande précarité. » Il défend le projet, dénommé Aubagn’elles, de « créer une maison municipale dédiée à la protection des femmes victimes de violence ». Mais aussi « une équipe de médiation sociale ». Il promet la cantine à 1 euro pour les enfants scolarisés. Le budget du Centre communal d’action sociale sera « augmenté de 10% ». Giovanni Schipani s’engage par ailleurs « à baisser de 10% les indemnités du maire et de ses adjoints ».

    Il entend également « mettre fin à la bétonisation », « classer les meilleures terres agricoles en zones protégées, et sécuriser l’eau ».

  • Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    « Faire cette pièce, c’est une manière de reconnaître ce qui est arrivé à ces femmes. » Ce vendredi, sur les planches du forum de Berre, l’histoire de Carmen résonne avec les histoires d’autres femmes victimes de violences conjugales dans la pièce de théâtre Prends garde à toi.

    Une création artistique qui voit le jour avec la rencontre de Jeanne Béziers, metteuse en scène et comédienne, et des femmes du Relais des possibles, un hébergement d’urgence aixois. « La porte d’entrée a été l’opéra de Carmen, explique la dramaturge. Au fur et à mesure, ce personnage est devenu une voisine à qui ces femmes racontaient des parties de leur vie très difficiles. » De ces échanges est donc née cette pièce de théâtre, où deux voisines racontent l’histoire de Carmen, tout en dévoilant les violences conjugales qu’elles ont subies.

    Le spectacle raconte également la résilience de ces femmes. « Car elles s’en sortent, explique la metteuse en scène. Elles ne veulent pas être définies comme des victimes. […] La pièce ne s’arrête donc pas sur le féminicide de Carmen. » Une façon pour le directeur de la salle, Mickhaël Piconne de « délier les langues grâce à la culture ».

    Une représentation qui donne donc la parole à ces femmes, en dialogue et en chanson, pour retracer des parcours de vie parfois difficiles à raconter. « Une manière d’inviter les gens à penser par un geste artistique », précise Jeanne Béziers.

  • Violences faites aux femmes : un fléau aux origines préhistoriques

    Violences faites aux femmes : un fléau aux origines préhistoriques

    D’année en année, c’est toujours le même constat. Celui d’un fléau qui ne reflue pas. Selon le rapport publié fin novembre par l’Observatoire national des violences faites aux femmes, « toutes les 23 secondes une femme est victime de harcèlement, d’exhibition sexuelle ou d’envoi d’images à caractère sexuel. Toutes les deux minutes, une femme subit un viol ou une tentative de viol ». Le nombre de féminicides, quant à lui, « reste dramatique  ». Autant de vies brisées.

    Face à ce terrible constat, « je me suis interrogé : personne ne parle des causes. On traite les symptômes. Or en médecine, tant que nous ne soignons que les symptômes, nous n’avons pas progressé », explique le Dr Pierre Costa, ancien chef du service urologie-andrologie du CHU de Nîmes. « J’ai fait des recherches. Le document le plus complet que j’ai trouvé est celui de l’OMS, qui ne parle pas des causes spécifiques mais des causes du passage à l’acte, comme l’alcool ou le fait d’avoir été un enfant battu. En somme les facteurs favorisants », poursuit-il.

    Un enjeu de reproduction et de contrôle

    Aussi décide-t-il, il y a quelques années, d’entreprendre une étude inédite consacrée aux causes anciennes de ces violences, avec l’aide financière de la Région Occitanie et du Département du Gard. Il crée alors l’Association gardoise sur les causes des violences masculines liées au sexe, co-présidée par lui-même et le paléoanthropologue Pascal Picq, avec lequel il se lance dans cet ambitieux travail. « Il faut dépasser les explications simplistes et mobiliser toutes les connaissances disponibles pour identifier non pas une cause unique, mais l’ensemble des facteurs historiques, sociaux et culturels qui alimentent les violences faites aux femmes », précise Pascal Picq.

    Après plusieurs années de recherche, la première phase de cette étude, rendue publique le 25 novembre dernier à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, livre les premiers enseignements sur les origines des coercitions et des violences envers les femmes.

    « Ça a commencé il y a à peu près 15 000 ans et ça s’est beaucoup renforcé il y a environ 10 000 ans, avec le passage aux sociétés agricoles. Tant qu’il y a eu la transhumance, les femmes étaient les égales des hommes. Cela a pris fin quand nos ancêtres se sont rendu compte qu’ils avaient intérêt à prendre possession d’un territoire et à le défendre », explique Pierre Costa. « Pour cela, il fallait être plus nombreux, donc avoir plus de femmes pour se reproduire. On a découvert des charniers avec des ossements exclusivement masculins, prouvant que les femmes du groupe avaient été kidnappées », poursuit-il. S’il y a eu d’abord coercition pour être plus nombreux, l’homme a ensuite « voulu être sûr d’être le père des enfants ». Il a donc voulu maîtriser la sexualité des femmes. « À partir de là, on les surveille. On les enferme. Elles deviennent des esclaves domestiques. L’homme s’accapare tous les biens, tous les postes de prestige : chasseur, guerrier, soldat… Sans parler du bénéfice sexuel, les femmes n’ayant pas leur mot à dire. C’est sur ces bases que les sociétés patriarcales se sont développées », détaille Pierre Costa.

    « Ce qu’il est important de noter, c’est que c’est un choix. Ce n’est pas la nature. Ce n’est pas une fatalité. On n’est pas obligés de taper sur nos femmes. La violence chez l’homme est une décision », insiste le scientifique, qui s’apprête à lancer la seconde phase de cet éclairage sur l’histoire longue du patriarcat et des mécanismes qui perpétuent ces violences. Elle se focalisera, cette fois, sur la période allant de l’invention de l’écriture à nos jours. « Je vais proposer à des experts dans différentes disciplines (économie, sociologie, lois et constitution, religions) de rejoindre le groupe de travail », indique le Dr Costa. Avec le souhait, à terme, « de mettre ce rapport à disposition des associations qui travaillent sur le terrain et de faire, avec elles, des recommandations d’actions qui prendront en compte les causes, afin d’agir plus efficacement ».

  • [Entretien] « J’invite les victimes de violences à révéler les faits »

    [Entretien] « J’invite les victimes de violences à révéler les faits »

    La Marseillaise : Quelle est votre philosophie dans votre fonction ?

    Thierry Lescouarc’h : La mission d’un procureur de la République, par définition, c’est défendre l’application uniforme de la loi, représenter la société lors des procès pénaux mais aussi l’intérêt général lors de procédures civiles ou commerciales. C’est porter la parole de la loi dans toutes ses dimensions. On a une sensibilité particulière, lorsque des faits graves sont commis, pour découvrir les auteurs des faits : délits ou des crimes. Nous avons aussi la volonté de protéger et d’accompagner les victimes tout au long du processus pénal.

    Quelle est l’évolution des crimes et délits ?

    T.L. : Les chiffres consolidés seront donnés à l’audience solennelle le 26 janvier. Mais globalement je ne vois pas de baisse ni d’explosion. Le niveau de délinquance reste important.

    Votre priorité est-elle la lutte contre le narcotrafic ? Que va changer la création du Parquet national anti-criminalité ?

    T.L. : Le narcotrafic gangrène nos villes et nos campagnes dans toutes ses dimensions : dans le trafic, le blanchiment, la violence avec la détention illicite d’armes. Ces faits sont graves et justifient des procédures prioritaires. Au quotidien, notre Parquet travaille sur les enquêtes soit préliminaires soit de flagrance en matière de criminalité organisée pour démanteler des réseaux de trafiquants de stupéfiants. Pas une semaine ne passe sans que l’on ne saisisse sur l’autoroute des cargaisons en provenance de l’Espagne ou des pays nordiques. Cela donne des comparutions immédiates avec une sévérité certaine. Avec des compétences spécifiques définies par la loi, le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) doit permettre de traiter le haut du spectre, le transnational et les têtes de réseaux. À Montpellier, nous aurons une coordination avec le Pnaco auprès des Juridictions interrégionales spécialisées (Jirs). On en attend des effets majeurs. C’est un effort à mener sur la durée, les réseaux étant implantés même en dehors des villes. Rappelons qu’il existe aussi des consommateurs qui alimentent le trafic. La législation pénale prévoit des peines d’emprisonnement et d’amende contre eux. La consommation de stupéfiants constitue aussi des circonstances aggravantes pour des infractions de violence ou le fait de prendre le volant. C’est strictement interdit.

    Les violences aux personnes sont souvent celles qui augmentent. Comment agir ?

    T.L. : C’est aussi une priorité. Une organisation spéciale et un suivi des victimes pour un accompagnement sont mis en place. Ces process s’améliorent. À Montpellier, il existe une permanence spéciale dédiée aux violences intrafamiliales avec une assistance et des magistrats spécialisés et donc des réponses pénales graduées en fonction de la nature des faits, des antécédents du mis en cause. La grande majorité concerne les violences faites aux femmes. On sait que la procédure judiciaire peut faire peur. Alors il y a un accompagnement par une association d’aide aux victimes. Elle assure une meilleure connaissance, information, orientation, sur la manière dont on dépose plainte, la procédure. Désormais la prise de plainte est systématique en la matière. Nous disposons aussi du « téléphone grave danger » (télésurveillance) attribué à la victime pour la protéger, avec un suivi individuel au sein du Parquet. Il y a aussi le système du bracelet anti-rapprochement qui peut être imposé à l’auteur de violences ou menaces. Ce sont des interdictions de paraître dans tel ou tel lieu, de rester à distance. Beaucoup de cas de harcèlement sont jugés en comparution immédiate. J’invite les victimes à révéler les faits. Ne pas parler n’arrangera pas les choses et va générer un sentiment d’impunité chez certains auteurs. On a des services associatifs et sociaux qui peuvent héberger les victimes. On peut mettre en œuvre l’éviction du conjoint violent s’il est sous contrôle judiciaire ou porte un bracelet électronique. Il existe l’ordonnance de protection qui permet d’ordonner des obligations ou interdictions.

    La Justice n’a-t-elle pas urgemment besoin de davantage de moyens ?

    T.L. : La Justice a besoin de moyens comme nombre de services et d’institutions qui traitent des affaires sensibles qui touchent les personnes dans leur chair parfois. Beaucoup d’efforts ont été faits ces dernières années. L’équipe autour des magistrats ici qui compte une dizaine de personnes a été renforcée. Nous avons 19 magistrats du Parquet. Les perspectives doivent se poursuivre. Je pense aussi en moyens de fonctionnaires de greffe. Sans eux, on ne peut pas faire de procédure. Nous sommes un service public, notre souhait est de traiter les affaires au mieux et au plus vite. Je ne méconnais pas les délais importants parfois des procédures. Mais une permanence du Parquet traite la plupart des affaires dans les délais. Je ne peux pas entendre que la Justice ne fonctionne pas. S’il y a surpopulation carcérale, c’est que la Justice travaille. Il est nécessaire de pourvoir les postes, d’éviter les vacances, les trous à l’emploi lors des mutations.

  • Les violences sexistes et sexuelles dans le sport passées au crible

    Les violences sexistes et sexuelles dans le sport passées au crible

    La faculté d’économie et de gestion d’Aix accueillait, mercredi, une journée régionale de formation dédiée à la prévention des violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le sport. Une initiative proposée par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof). Le Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps), situé à côté de la fac et relais institutionnel sur le sujet, et la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes) ont également piloté cette journée.

    Des ateliers se sont tenus l’après-midi alors que la matinée était consacrée à des interventions de professionnels. Parmi eux, Roxana Maracineanu, ancienne championne de natation et ministre des Sports entre 2018 et 2022. Secrétaire générale de la Miprof, elle mène la lutte pour former les personnes qui entoureront les victimes de violences sexistes et sexuelles : « On crée des outils de formation et nous pilotons ça avec l’Observatoire national des violences faites aux femmes pour délivrer une réalité que personne ne peut contester, qui est celle des données et des chiffres. »

    La championne du monde du 200m nage libre 1998 a évoqué ses combats lorsqu’elle était au gouvernement et la difficulté de libérer la parole : « Ce n’est pas un travail facile que de parler des violences, parce que personne n’a envie de les aborder. On va rencontrer des victimes, les entendre. Et dire aussi aux personnes qui étaient autour de ces victimes et qui ont dit ne pas avoir su “qu’est-ce que vous faites encore là, Monsieur ? Vous n’avez pas agi, votre rôle, ce n’est pas que de rapporter des médailles”. »

    Les rôles détaillés

    Cette matinée de sensibilisation a offert aux 250 personnes installées dans le nouvel amphithéâtre de la faculté, un point global sur les VSS, avec chaque spécialiste, dans chaque domaine. La Miprof a d’abord expliqué les formes de violence et leurs impacts avec, en point d’orgue, une définition générale des VSS : actes et comportements à caractère sexuel exercés sous la contrainte, en raison du genre, dans le but de dominer.

    Deux gendarmes et une magistrate spécialistes de la jeunesse ont détaillé leur champ d’action, avant que l’une des juristes du Comité national et olympique du sport français (CNOSF), Anne-Sophie Weisz, s’étende sur les sanctions pour les agresseurs. Cette journée, riche en échanges, a permis de sensibiliser et d’informer sur un sujet majeur.

  • Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Violences faites aux femmes : une journée pour réfléchir au rôle de l’entreprise dans l’Hérault

    Quel rôle pour les entreprises face aux violences faites aux femmes ? Un sujet important qui sera au centre de tables rondes*, le 25 novembre, au siège d’IBM à Montpellier. Portée par l’association Les créateurs d’énergies positives, la journée sera l’occasion de sensibiliser directions et salariés à ce fléau présent aussi bien dans la sphère privée que professionnelle.

    Une première table ronde sera consacrée aux violences conjugales. « Elles ont un impact sur la vie professionnelle, il s’agit de voir comment les entreprises peuvent aider », soutient Sandrine Musel, directrice de l’association. Satya Goetz Lancel, responsable du programme de protection des salariés victimes de violences conjugales des Magasins U, y partagera son expérience. Confrontée à plusieurs féminicides de salariées, cette dernière a mis au point une bopite à outils interne à l’entreprise. « C’est un dispositif de “droits exceptionnels” – qui n’existe pas dans le droit du travail – ne coûtant rien. Le temps de travail peut être aménagé avec plus ou moins de télétravail, on peut avoir des autorisations spéciales pour aller à l’audience de son agresseur, une mobilité géographique d’urgence, etc. », énumère celle qui est aussi membre de l’association organisatrice. Des propositions reprises dans un guide de l’Association nationale des DRH, mis à disposition des entreprises.

    Mais ces violences se retrouvent également au sein de l’entreprise, sujet qui fera l’objet d’une seconde table ronde. « Des règles juridiques existent, pour autant, ça n’est pas suffisant, parfois ces comportements sexistes ne sont pas bien identifiés. On met en place des méthodes soft, voire ludiques – comme des formations – pour faire passer des messages de prévention et d’éradication de ces comportements », détaille Michèle Tisseyre, membre de l’asso et présidente de Face Occitanie, soulignant le caractère « volontaire » de certaines entreprises. Les outils sont là, il n’y a plus qu’à.

    * Ouverts à tous, billetterie, infos sur lescreateursdemotionspositives.com.

  • Violences sexistes et sexuelles : un colloque sur la prévention dans le milieu sportif

    Violences sexistes et sexuelles : un colloque sur la prévention dans le milieu sportif

    Le milieu sportif n’est malheureusement pas épargné par les violences sexistes et sexuelles. Certaines athlètes n’hésitent plus à briser la loi du silence, révélant des pratiques qui gangrènent tous les niveaux de discipline. Jusqu’aux équipes nationales. Afin de sensibiliser les formateurs et entraîneurs aux moyens de prévenir les dérives, la Délégation régionale académique à la jeunesse et aux sports (Drajes) co-organise avec la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) une journée de formation.

    Ateliers pratiques

    Cet événement se déroulera en deux temps et réunira environ 300 participants sur la journée, issus de l’ensemble des publics du secteur sportif et associatif.

    Cette journée sera animée par plusieurs intervenants qui présenteront les diverses pistes à explorer. Roxana Maracineanu, secrétaire générale de la Miprof et ancienne ministre déléguée chargée des Sports, en sera la modératrice générale.

    Cette dernière présentera les rôles et missions de la Miprof à l’occasion d’une prise de parole et d’échanges, en ouverture de la journée à partir de 9h30 dans les locaux de la faculté d’économie et de gestion de l’Université d’Aix-Marseille, campus Pauliane.

    L’après-midi, à partir de 14 heures, des ateliers de mise en pratique seront proposés. Ces travaux pratiques auront lieu au sein de site d’Aix-en-Provence du Creps.

  • L’hôpital de Toulon sensibilise à la cyberviolence conjugale

    L’hôpital de Toulon sensibilise à la cyberviolence conjugale

    À l’heure où les outils numériques occupent une place centrale dans la vie quotidienne, les violences conjugales se déplacent pour partie dans le cyberespace. Pour de nombreuses victimes, la « cyberviolence » devient une extension silencieuse, constante et difficilement repérable des violences exercées par le partenaire ou ex-partenaire. À la Maison des femmes-santé Toulon, les équipes pluridisciplinaires s’attachent chaque jour à identifier, prévenir et accompagner ces formes contemporaines de violences encore trop méconnues et donc mal identifiées.

    Elles étaient présentes mardi, en salle de conférences, de l’hôpital Sainte-Musse pour sensibiliser les professionnels de santé à ces pratiques de harcèlement et les familiariser avec les outils permettant de les repérer afin d’accompagner et orienter au mieux les victimes de cette cyberviolence conjugale.

    Un phénomène qui regroupe un ensemble de comportements numériques visant à contrôler, surveiller, intimider ou humilier une personne. Parmi les formes les plus fréquemment observées, on retrouve la surveillance numérique avec la géolocalisation forcée, l’installation de logiciels espions et la vérification des messages, des réseaux sociaux ou des comptes bancaires.

    Mais aussi le harcèlement en ligne avec l’envoi massif de messages, menaces, appels incessants, pression psychologique permanente. Sans compter le vol ou la diffusion d’images intimes et l’accès illégal aux comptes personnels.

    « Nous intervenons à la demande des urgences dès qu’il y a une victime de violence qui se présente », explique Lilou, l’assistante sociale qui reçoit ses femmes en binôme avec à ses côtés Julie, psychologue.

    Pour intervenir rapidement

    Des femmes qui dans un premier temps refusent de se livrer, précise-t-elle, à cause de l’image associée à l’assistante sociale et au placement des enfants. Et de poursuivre : « Ce qui ressort le plus, c’est la peur de ce qui va se passer après, de la prise en charge. Parce qu’on ne sait pas si les associations, si le commissariat vont jouer le jeu derrière. »

    Tout le travail va donc être d’écouter, de rassurer et d’accompagner et orienter au mieux ces personnes.

    Et en amont, pour les détecter, de former l’ensemble du personnel à poser, entre autres, systématiquement la question : « Avez-vous déjà été victime de violence ? »

    Une sensibilisation qui porte ses fruits, reprend Lilou : « Alors, moi, ça fait deux ans que je suis sur l’hôpital. L’année dernière, on était à 50 dossiers. Et cette année, on est déjà à 160. Et 2023, on était à peine à 4 ou 5 dossiers. » Des chiffres parlant.

    Mais pour les professionnelles une grande partie passe encore en dessous des radars, malheureusement.

    Pour ce qui est de la cyberviolence beaucoup plus invisible que la violence physique, il est tout aussi important d’arriver rapidement à la révéler. Par exemple lorsqu’il s’agit de surveillance à l’aide de la géolocalisation, insiste le docteur Mouna El Omri.

    « Savoir qu’elle est à l’hôpital, très bien, mais si de l’hôpital, on la bascule en hébergement d’urgence et qu’on n’a pas pris le temps de questionner les cyberviolences, on va mettre en danger madame qui sera dans le lieu sécurisé et puis les autres femmes potentiellement », prévient la coordinatrice de la Maison des femmes-santé Toulon. D’où l’importance des conférences comme celle d’aujourd’hui pour savoir que ça existe et comment ça se manifeste pour pouvoir anticiper une exposition.

    D’autant plus, précise le médecin, que « bien souvent, les dames ne prennent conscience de l’emprise à laquelle elles sont soumises que tardivement ».

    Et entre-temps, conclut-elle, « ces violences psychologiques détruisent la personnalité de la victime et vont avoir un impact sur toute sa vie en termes de santé ».

    Toutes et tous ensemble pour que ça cesse enfin

    Après la sensibilisation l’après-midi à l’hôpital Sainte-Musse, place à la mobilisation en soirée devant le Palais de justice de Toulon. Un rassemblement à l’initiative du Collectif droits des femmes et des LGBTQIA + pour exiger que soit mis fin à l’hécatombe. Car hélas, les journées contre les violences faites aux femmes se succèdent, les bonnes intentions sont énumérées de la part des pouvoirs publics mais les féminicides continuent. Et sont même repartis à la hausse, contrairement aux budgets des associations. C’est pour dénoncer tout cela qu’il y avait encore du monde mardi soir.

  • [Vidéo] Création d’un cyberharcélomètre à l’occasion de la journée contre violences faites aux femmes

    [Vidéo] Création d’un cyberharcélomètre à l’occasion de la journée contre violences faites aux femmes

    Une manifestation qui intervient dans le cadre de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Témoignages.