Tag: violences conjugales

  • Après Mazan, l’évidence du consentement

    Après Mazan, l’évidence du consentement

    « Nous souhaitons que les victimes puissent reprendre confiance en la justice et que cette loi embarque la société toute entière vers la culture du consentement », a lancé la députée écologiste Marie-Charlotte Garin devant l’Assemblée nationale le jeudi 23 octobre. « Quand c’est oui, ça doit être un vrai oui, un oui qui n’a pas peur, un oui libre et céder ne sera plus jamais consentir. »

    Après deux ans de travail, la proposition de loi introduisant la notion de consentement dans la définition du viol a été définitivement adoptée par les parlementaires le mercredi 29 octobre. Une redéfinition largement boostée par l’ère post-Mazan, après que l’affaire des viols par soumission chimique de Gisèle Pelicot a glacé la France entière.

    « La justice n’est pas à la hauteur »

    Jusqu’ici, seuls les contextes de violence, contrainte, menace ou « surprise » étaient mentionnés dans la loi. Ce qui laissait peu de place aux phénomènes de sidération et d’emprise par exemple. Un angle mort que cette nouvelle mention pourrait participer à combler.

    C’est en tout cas le souhait des associations féministes.

    « Cette loi acte quelque chose d’important et dont il n’avait jamais été question avant. Jusqu’à présent, s’il n’y avait pas de violence directe, de contrainte, de menace, ou de surprise, on pouvait subir un acte sans le vouloir. Là on se demande enfin si la femme est d’accord ou si elle ne l’est pas. On n’est pas juste un animal à disposition, et à qui on peut tout faire. Cette loi nous rapproche un peu plus du statut d’être humain », salue Vigdis Morisse-Herrera, fondatrice de l’association des Tricoteuses hystériques et de la plateforme Opale.care, pour aider les femmes victimes de violences conjugales à en prendre conscience.

    Principal bémol pour la plupart des associations féministes : cet ajout ne servira à rien sans un changement majeur dans la formation des agents et dans la prise en charge des plaintes.Car en termes de consentement, des dispositifs de sensibilisation existaient déjà, « mais dans les tribunaux et dans les commissariats, on n’est pas toujours à l’écoute des victimes », estime la militante, elle-même à l’origine d’une plainte pour viol conjugal, classée sans suite en 2024. « Si c’est à la victime de prouver qu’elle n’était pas consentante ou qu’elle a changé d’avis, cela rendrait les choses encore plus complexes », ajoute Vigdis Morisse-Herrera. « À l’heure actuelle, la justice n’est pas à la hauteur… C’est uniquement ce qu’elle en fera qui pourra changer les choses. Sinon cette loi ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau. »

  • Des transports publics gratuits pour les femmes victimes de violences conjugales

    Des transports publics gratuits pour les femmes victimes de violences conjugales

    En s’engageant pour la gratuité des transports en commun en cas de violences conjugales – hors situation d’urgence, où des dispositifs de prise en charge taxis existent localement -l’Hérault se veut précurseur. Le 26 août, la préfecture a en effet signé, avec Hérault Transports, un protocole permettant aux femmes n’ayant pas de moyen de locomotion ou ne pouvant les utiliser, de bénéficier d’un titre de 10 transports gratuits et, selon le besoin, d’une carte d’abonnement de six mois. Une disposition qui pourra faire l’objet d’un renouvellement.

    Dans la mesure où « seules 15% des femmes porteraient plainte, ce dispositif n’est pas contraint par une obligation de justificatif de la situation mais sur attestation dans le cadre d’un accompagnement auprès des associations spécialisées et travailleurs sociaux des collectivités », fait savoir la préfecture dans un communiqué.

    Une initiative destinée, en priorité, aux femmes vivant en milieu rural. « La prise en compte du territoire permet une approche spécifique, car les difficultés de mobilité comme l’accès à l’information et la nécessité d’anonymat complexifient la détection et le départ du domicile conjugal. Une part importante de ces violences reste donc invisible et échappe aux dispositifs mis en place pour les réduire et les traiter. Les conséquences sont lourdes : en 2023, la gendarmerie est intervenue 4017 fois pour des situations de violences intrafamiliales dans le département et, en France, 47% des féminicides sont commis en zone rurale alors que seules 32% des femmes y résident », illustre la préfecture de l’Hérault.

    L’État et le syndicat mixte Hérault Transport, dont le réseau maille le territoire de plus de 1 800 points d’arrêt, qui sont autant de points d’accès au système de transport public, ont donc décidé de collaborer. « Hérault Transport sollicitera ses prestataires, sociétés de transport en vue de leur demander d’intégrer au plan de formation de leurs conducteurs un module de sensibilisation aux situations d’accueil de femme en situation de fragilité, voire de danger », précise le communiqué.