Tag: violences conjugales

  • Terrorisme domestique

    Terrorisme domestique

    Si à chaque féminicide perpétré en France, les parlementaires avaient l’obligation d’observer une minute de silence à l’Assemblée nationale et au Sénat en mémoire de la femme tuée, ils devraient se lever et se taire trois fois par jour. Peut-être qu’à force de silences répétés, l’exercice deviendrait insupportable jusqu’à l’absurde. Jusqu’à la nausée. Ces cérémonies quotidiennes seraient bien sûr diffusées à la télévision et sur tous les réseaux sociaux. Des féminicides à la Une, trois fois par jour. Cela réveillerait peut-être les consciences, la société.

    Dénoncer dans l’espace public

    Dystopie ? Non. C’est la réalité : chaque jour en France, trois femmes sont victimes de féminicides directs ou indirects. Leur conjoint les a harcelées, violentées, physiquement et psychologiquement ; les a, pour certaines, poussées au suicide. S’en est pris aux enfants, victimes collatérales de la violence domestique. Ce terrorisme intime qui ne dit pas son nom.

    Si, depuis trente ans, l’arsenal législatif a été renforcé pour punir les auteurs de violences conjugales et protéger les femmes, l’explosion des féminicides démontre, malheureusement, que cela ne suffit pas. La dénonciation, dans l’espace public, de ces actes est impérative. C’est le sens du rassemblement organisé ce mercredi soir à Marseille par Femmes solidaires et le collectif Droits des femmes 13. La peur doit changer de camp et les femmes être soutenues, accompagnées, soignées, reconnues. La justice doit passer, mais les dispositifs pour prévenir les violences, sortir de l’emprise, doivent être multipliés. Pour cela, il faut des moyens et la mobilisation de tous.

  • Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    « Chantage à la rupture », « domination », prostitution forcée… Le procureur de la République de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a détaillé, jeudi, les raisons pour lesquelles l’ex-conjoint de Laëtita a été mis en examen. Il sera jugé en mai pour torture, acte de barbarie, viol, proxénétisme « au préjudice d’une personne particulièrement vulnérable » et détention d’arme.

    Le responsable d’une agence bancaire manosquine est soupçonné d’avoir violé, torturé et livré sa compagne Laëtitia à des dizaines d’inconnus, de 2015 à 2022, à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Au cours de l’enquête, Laëtitia « a décrit des viols et des violences extrêmes commis depuis 2015 dans le cadre d’une relation de couple marquée par des pratiques sadomasochistes au départ consenties », relate le procureur. « À plusieurs reprises, depuis 2015, lorsqu’elle lui avait demandé d’arrêter en raison de la douleur ressentie, il avait, selon elle, poursuivi ses gestes, commettant des violences lorsqu’elle s’opposait à ses demandes », indique le magistrat.

    « Leurs jeux sexuels avaient rapidement dépassé les limites qu’elle pouvait accepter, le mis en examen se livrant alors à un chantage à la rupture et exerçant une domination sur elle. Elle a indiqué qu’il lui avait ordonné d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes, pendant lesquelles il écoutait via son téléphone portable », décrit Antoine Pesme.

    Forcée à se prostituer

    En plus des violences conjugales multiples, il est reproché à l’accusé d’avoir forcé son ex-compagne à se prostituer et d’avoir récupéré les fonds récoltés de par cette activité illicite. « Elle avait dû se prostituer à la demande du mis en examen, lequel décidait des pratiques et des tarifs et récupérait la moitié puis la totalité des gains », avance le procureur de Digne-les-Bains. Le responsable d’agence bancaire reconnaît l’existence de relations sadomasochistes avec sa compagne, « mais a affirmé que celles-ci étaient consenties, décrivant la prostitution, l’échangisme ou les pratiques zoophiles comme des jeux ».

    « L’intensité et la répétition des violences décrites par la partie civile, mises en relation avec les conclusions de l’expertise médicale et l’exploitation d’enregistrements sonores et vidéos, a conduit le magistrat instructeur à renvoyer le mis en examen devant la cour d’assises », conclut Antoine Pesme.

    L’accusé sera défendu par les avocats Me Charlotte Barriol et Me Arnaud Lucien, du barreau de Toulon, tandis que son ex-compagne sera assistée par Me Philippe-Henry Honeger, avocat au barreau de Paris.

    La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    Procès du 18 au 22 mai, devant la cour d’assises de Digne-les-Bains.

  • Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Municipales

    « On sort d’un cycle électoral réussi » se félicite le préfet. « Je ne parle pas des choix politiques qui sont faits, mais de l’organisation et du déroulement. Je laisse les analyses et les commentaires politiques. La participation est décevante pour un cycle municipal qui traditionnellement appelle plus d’électeurs que d’autres élections politiques. Pour les petites communes moins nombreuses, moins peuplées et où il y a plus de proximité, la participation est restée conforme. »

    Sénatoriales

    Le renouvellement des 8 sénateurs est dans 4 mois, le 27 septembre. « On va commencer les réunions préparatoires. Il y aura environ 3 600 grands électeurs dans ce département. La liste sera arrêtée en juin. »

    Carburants

    « Il n’y a pas de pénurie » souligne le préfet, mais un certain nombre de stations ont été en difficulté notamment Total. « Environ 8% des stations ont eu une difficulté de réapprovisionnement sur un carburant, donc il n’y a rien d’inquiétant. » « Sur les conséquences économiques, les batteries d’aides sont là. On s’est mis en veille, en contact et en déploiement des mesures gouvernementales avec les secteurs économiques concernés en début de semaine dernière. » Un point devait être fait hier matin avec la ministre de la Mer pour la totalité des pêcheurs sur la façade Méditerranée. D’évoquer le cas d’un producteur de fraises dont le fournisseur de barquettes en plastique avait multiplié ses prix par trois, sans pouvoir répercuter cette hausse sur le prix final.

    Ligne THT des bassins ouest du GPMM

    Suspense. « On est dans une phase très imminente de communication de l’État sur ce dossier d’importance nationale et européenne. »

    Sécurité

    Le préfet met en avant de bons résultats avec, au premier trimestre, une baisse des cambriolages et des violences crapuleuses mais une hausse en zone police de 2,51% des violences intrafamiliales et de 3,62% en violences conjugales dans le département. Les violences sexuelles baissent de 2%. Le recours à la violence dans les rapports humains continue d’augmenter. « On a un recul de la capacité à prendre en compte la santé mentale. Le nombre de psychiatres et de psychologues en ville a beaucoup baissé. Sur l’agression d’un infirmier de l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, j’ai demandé à comprendre. L’ARS a déclenché des vérifications pour comprendre comment un patient au passé extrêmement violent a pu se retrouver en possession d’un couteau. »

    Narcotrafic

    « Ma stratégie reste fondée sur le maximum de présence de terrain, pour être le plus visible possible et utiliser tous les outils à disposition », pose le préfet. « On porte des coups sur les cartels et ce n’est pas fini. » Les saisies judiciaires depuis le début de l’année atteignent les 100 millions d’euros en comptant avec l’opération du Marché du Soleil.

    Logement

    C’est la « priorité absolue » qui exige de consacrer beaucoup de moyens à la production. Sur la lutte contre l’insalubrité, « on commence à taper, à monter sur des astreintes financières ». Le volume d’insalubrité constaté est important. « Dans le département, la moitié de l’habitat doit être rénovée. Cela demande du temps et c’est tous ensemble qu’il faut le gérer sur le temps et avec soin. »

    Relogement

    Les victimes d’habitat insalubre dans le parc social ne sont pas prioritaires en réattribution de logement, déplore le préfet. « Un vide juridique que je déplore à titre personnel. »

    Réquisitions

    Avec 57 000 logements vides à Marseille quid de la réquisition ? « Je ne pense pas que ce soit une solution. Il faut repartir sur une production et la remise à niveau de logement. C’est presque 200 millions d’euros qui ont été mis dans la remise en état de logements anciens dans le centre-ville de Marseille depuis les événements de la rue d’Aubagne. »

    Logements sociaux

    Avec 116 000 demandes de logements sociaux fin 2025, la situation se tend. « Le taux de rotation de 4% est faible. Peu de gens quittent le parc social pour beaucoup qui demandent à y entrer avec une production qui de 11 000 est descendue à 9 000. Il faut remettre de la tonicité sur la production tout en rénovant un parc ancien. » Le préfet a publié les arrêtés de pénalités à l’encontre de communes carencées dont « certaines ont fait le choix cynique local de préférer payer » (lire page 6).

    EPF Paca

    L’État a relancé un appel à candidatures pour le recrutement du directeur de l’Établissement public foncier Paca. « La directrice actuelle a donné entière satisfaction mais après 12 ans passés, on peut considérer que sur un poste d’État il faut passer la main. On a plein de candidats. Un certain nombre seront auditionnés. » La désignation est attendue pour cet été.

    Cité judiciaire

    L’État a tranché sur l’engagement d’études de faisabilité dans le quartier d’Arenc en signant avec les collectivités une convention de cofinancement des études de l’ordre de 10 millions d’euros soit 750 000 euros par collectivité. « C’est un projet majeur qu’il faut faire vite. Une justice moderne passe aussi par des bâtiments dignes. C’est un besoin impératif, car on ne peut pas laisser la justice fonctionner dans des conditions dégradées. Les études vont prendre du temps, une bonne année, et il faudra ensuite une décision politique centrale. »

    Marseille en Grand

    Pas de changement en vue. « Les projets sont préfinancés et préétudiés. L’enjeu de la mobilité et des transports en commun est vital à l’échelle de la 2e métropole de France » insiste le préfet qui consent qu’il puisse y avoir « quelques modifications sur des tracés ». Quid du tramway des Catalans ? « Je suis ouvert à toute discussion pour améliorer et faire vivre les projets pour une meilleure acceptabilité. Sur les mobilités, l’État sera au rendez-vous et ne lâchera pas le morceau. »

    Spem

    Le préfet a demandé et obtenu de la Spem (Société publique des écoles marseillaises) « une présentation de la totalité de leur process de sécurisation des marchés publics. Mes deux services experts m’ont répondu que cette présentation était conforme à leurs attentes. Donc il n’y a pas de difficultés à poursuivre notre travail avec eux ». Cet audit fait suite à la polémique sur un signalement effectué par son prédécesseur, Georges-François Leclerc, au parquet sur l’achat de préfabriqués sans mise en concurrence.

    Halte soins addictions

    La création repoussée de cette structure d’accueil fait toujours débat et c’est un bus qui va au contact des consommateurs de drogues dures. « Il a repris ses activités avec un lieu de déploiement inadapté qui sera déplacé en mai, rue de Blidah (3e) près de l’église », annonce le préfet. Sur la Halte soins, « l’ARS est prête à accompagner sur une expérimentation. D’un point de vue social, j’en vois l’utilité, mais je redis que ce n’est pas moi qui irais chercher un site. C’est un sujet compliqué, essentiellement médical. Il faut gérer les voisins. Je ne veux pas de point de fixation autour de la gare Saint-Charles. L’accompagnement à l’hôpital ne pose pas de difficultés ».

  • À Carpentras, Serge Andrieu s’emploie face au risque RN

    À Carpentras, Serge Andrieu s’emploie face au risque RN

    S’il nous a donné rendez-vous devant le cimetière de Carpentras pour faire du porte-à-porte, l’espoir de se faire réélire n’est pas mort pour le maire sortant Serge Andrieu (DVG) ce jeudi 19 mars. « On n’a pas perdu encore ! » lance-t-il ainsi à une dame venue se recueillir et qui en profite pour le saluer et qui s’inquiétait d’une éventuelle prise de la mairie par le RN.

    Car pour l’heure, les chiffres du premier tour ne vont pas dans le sens d’un deuxième mandat consécutif pour Serge Andrieu. Hervé de Lépinau (RN) est arrivé premier avec 26,71% devant l’actuel premier édile avec 25,17%. Suit Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018 qui a dû quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, avec 24,29% et qui, après plusieurs revirements, n’a pas souhaité fusionner sa liste avec celui qui le devançait de peu. Mais surtout, la fusion de la liste du candidat RN avec celle de Bertrand de la Chesnais (EXD) et ses 14,33%, ainsi que le soutien affiché du dernier arrivé Christian Richaud Simoni et ses 9,51%, ne font que creuser l’écart sur le papier et augmenter le risque d’une vague brune sur la capitale du Comtat Venaissin. « On doit chercher des électeurs de Francis Adolphe, mais surtout parmi les 9 000 abstentionnistes », pointe Serge Andrieu.

    Donc, à quelques dizaines de minutes de la cérémonie d’anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie dans ce même cimetière, Serge Andrieu en a profité pour, avec son colistier Patrick Botella Mondet, faire du porte-à-porte dans le quartier environnant. Et c’est souvent ce dernier qui, lorsque la porte et le portail s’ouvrent, entame l’échange avec un cinglant : « Nous sommes ici pour le second tour des élections municipales et nous sommes les seuls à pouvoir battre le RN. » « C’est un vrai danger pour les associations, le vivre-ensemble et le bien-vivre. Il ne faut pas se monter les uns contre les autres », embraye-t-il.

    « Demandez aux députés »

    Et pendant un peu plus d’une heure, les échanges se multiplient, la plupart du temps sans adversité particulière. L’un, un médecin retraité, glisse qu’il a « bien peur que le RN passe » et ne comprend pas pourquoi « Francis Adolphe s’est présenté avec ses casseroles et se maintient », car « là, c’est dangereux ». « On a fait tout ce qui était légalement possible, mais on nous demandait trop de choses », souffle le candidat.

    Quelques dizaines de mètres plus loin, c’est encore un accueil chaleureux pour celui qui est adjoint depuis 2008 et le premier mandat de celui qui est devenu son adversaire aujourd’hui. « On va voter pour vous », assure une dame. « Je suis de votre côté. Mais c’est dommage d’avoir affiché tous ces échanges avec monsieur Adolphe sur les réseaux », ajoute plus loin un autre administré. Ce à quoi Serge Andrieu répond qu’il n’a fait que se défendre. Avant un long échange avec une habitante de l’avenue Victor-Hugo qui veut des travaux pour refaire les trottoirs devant chez elle et glisse qu’elle « ne sait pas si elle va rester à Carpentras avec les incivilités ». « Ce sont les députés qu’il faut aller voir. Mais quand on les sollicite, ils ne font rien », répond Serge Andrieu, sans évoquer que l’un d’eux est aussi son adversaire ce dimanche 22 mars, Hervé de Lépinau.

  • [Entretien] Serge Andrieu : « Il faut sauver Carpentras des mains du RN »

    [Entretien] Serge Andrieu : « Il faut sauver Carpentras des mains du RN »

    Lors du premier tour des élections municipales sur Carpentras, Hervé de Lepineau (RN) est arrivé en tête avec 26,71% des voix. Il est suivi par Serge Andrieu avec 25,17% des suffrages, puis Francis Adolphe (DVG) a 24,29%. Deux listes d’extrême droite ont clos le quintuplé : Bertrand de La Chesnais à 14,33% puis Christian Richaud-Simoni à 8,50%.

    La Marseillaise : Vous arrivez en deuxième position, derrière le RN qui a depuis fusionné avec deux autres listes d’extrême droite. La troisième liste de Francis Adolphe vous talonne. Quelle est votre analyse du rapport de force après ce premier tour ?

    Serge Andrieu : Il y a près de 50% de personnes qui n’ont pas voté, il y a eu une grosse abstention. Ces personnes, on va aller les chercher, on est déjà en train de les motiver. Il faut que les habitants se mobilisent et se rendent compte de l’urgence. Je pense qu’on a des chances et que la situation n’est pas perdue. Il faut que les abstentionnistes se réveillent. Pourquoi les gens ne sont pas allés voter ? Je ne sais pas, je n’arrive pas à l’expliquer. Mais on fait tout notre possible pour qu’ils y aillent au second tour.

    Il y a eu des discussions pour une fusion avec la liste de Francis Adolphe mais elles n’ont pas abouties. Quel commentaire de votre part sur ces négociations avortées ?

    S.A. : J’aurais préféré faire une fusion face au risque que la commune bascule dans les mains de l’extrême droite. Malheureusement, les exigences de l’autre candidat étaient anormales. Il voulait faire rentrer tellement de monde de son équipe que je n’aurais pas eu la majorité au conseil municipal. En plus de ça, il exigeait la présidence de l’intercommunalité… Cela fait beaucoup. Alors même qu’il s’était engagé, s’il était derrière moi, à se désister. Ce qu’il n’a pas fait. Vous comprenez que c’est très difficile de discuter avec lui et d’arriver à un accord avec lui dans ces conditions. Nous avons tout fait pour créer les conditions du rassemblement, mais Francis Adolphe a tout fait pour que cela ne réussisse pas. Il a voulu faire une tambouille. Mais nous savons que, dès la semaine dernière, il avait déjà imprimé des tracts pour le second tour. Faire croire à une possible fusion était une manœuvre, il ne l’envisageait pas vraiment. Mais c’est un mauvais calcul de sa part : c’est le Balkany de Provence ! Il n’est même pas né ici.

    Vous l’appelez à la raison d’ici dimanche ? Que dites-vous à ces électeurs ?

    S.A. : Bien entendu que je vais aller chercher cet électorat. L’extrême droite est réunie, les trois listes sont ensemble au second tour, il faut donc aller chercher toutes les bonnes volontés. Il faut sauver Carpentras des mains du RN, de l’extrême droite, il faut bien voter et ne pas diviser les voix. Il est encore temps qu’il revienne à la raison et se retire.

    Vous tirez la sonnette d’alarme
    sur le fait que l’extrême droite
    peut prétendre à prendre la mairie
     ? Quelles conséquences pour
    les habitants
     ?

    S.A. : Quand trois équipes se réunissent pour vous battre, c’est un souci mais ce n’est pas perdu d’avance. Il faut que les gens prennent conscience des conséquences qu’une élection du RN sur la commune peut avoir. Sur le social, ça peut être grave. Dans le monde associatif aussi. À chaque fois qu’on vote des subventions à des associations dites sociales au conseil municipal, le RN s’y oppose. Ce sont les structures du quotidien qui seront vulnérables, celles qui s’occupent des jeunes, des personnes âgées Je pense également aux centres sociaux… On a 250 associations sur la ville, une bonne partie d’entre elles peuvent être inquiètes. On sait ce que fait le RN au pouvoir : au conseil municipal, ils demandent déjà des coupes dans les subventions.

    Avez-vous des temps forts d’ici dimanche ? Quel est le programme pour convaincre les abstentionnistes ?

    S.A. : On fait du porte-à-porte intensif, on toque à toutes les portes. Plusieurs équipes tournent déjà dans la ville, on cible les endroits où il y a eu de l’abstention. Évidemment, on leur explique que si le RN arrive à Carpentras, il y en a pour 20 ans. C’est toujours très difficile de se débarrasser du RN. C’est pour cela qu’il ne doit pas passer. Il faut que Carpentras reste dans le camp républicain.

    Vous avez reçu du soutien depuis le premier tour ?

    S.A. : Bien entendu, et j’ai d’ailleurs reçu un certain soutien suite au fait que je n’ai pas pactisé avec la liste de l’ancien maire condamné pour violences conjugales. Les habitants saluent ce geste et cela me motive. Il y a aussi des associations qui peuvent faire bouger des lignes…

  • La parole qui brise les murs

    La parole qui brise les murs

    Avec son ouvrage intitulé Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot propose davantage qu’un livre. Il s’agit d’un acte de résistance intime et politique. En revisitant son histoire, de l’enfermement silencieux aux révélations qui ont bouleversé la France et même le monde, elle transforme sa douleur en levier d’émancipation. Dans ce récit, publié alors que son procès a fait d’elle une figure mondiale de la lutte contre la soumission chimique et les violences sexuelles, Gisèle Pelicot s’impose comme une voix qui déplace les lignes et rappelle que « la honte doit changer de camp ».

    Son témoignage n’est pas seulement celui d’une survivante : c’est une quête obstinée pour asseoir le consentement, mais aussi une manière de renouer avec la joie malgré avoir subi l’innommable.

    En se livrant de la sorte, Gisèle Pelicot renforce une lutte féministe qui se joue autant dans les tribunaux que dans la vie quotidienne. Elle montre qu’un récit personnel peut devenir un manifeste pour toutes celles dont la parole a été étouffée.

    Prise de conscience

    La portée internationale de son livre dit quelque chose de notre époque : la soif de comprendre, de nommer, de mettre en lumière les violences longtemps tues. Car si son parcours bouleverse, il inspire aussi celles et ceux qui luttent pour que ces crimes ne soient plus jamais dissimulés.

    Face à elle, une société qui, enfin, écoute. Autour d’elle, des chercheuses, des associations, des citoyennes qui transforment l’indignation en savoir et en action. Ensemble, elles rappellent que la parole d’une femme peut, elle aussi, renverser l’histoire.

  • Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    L’heure était au bilan pour les faits de délinquance commis dans le Var l’an passé. Si la délinquance générale (infractions commises contre les personnes et les biens) a progressé de 0,66% en 2025 (45 584 faits contre 45 285 en 2024) après une année 2024 marquée par une baisse de 4,1%, le nombre de faits constatés (45 584) reste inférieur à celui de 2022 (46 076) et de 2023 (47 197). En ce qui concerne leur taux d’élucidation, il se maintient autour de 42%.

    Parmi les principales infractions, les atteintes aux biens sont en légère baisse (-0,5% après -7,3% en 2024). à ce titre, les cambriolages ont reculé de 9,1%. Cela s’explique par une stratégie engagée dès 2023 permettant de cartographier les secteurs les plus touchés, mais aussi par le succès des opérations tranquillité vacances (1 281, +12%). Les vols liés aux véhicules ont en, revanche progressé de 4,3%.

    Plus inquiétantes, les atteintes aux personnes progressent, comme depuis 5 ans (+3% en 2025). Si le nombre d’homicides chute de 80% (5 en 2025), les violences sexuelles stagnent (1 819 faits, +0,2%) et les violences conjugales augmentent (+2,4%). Pour y répondre, les services de l’État affirment agir afin de faciliter les dépôts de plainte et la prise en charge des victimes, notamment grâce au développement des postes d’intervenants sociaux en police et gendarmerie (huit aujourd’hui), à la formation des agents, ainsi qu’à une politique de prévention menée en partenariat avec les associations.

    La sécurité routière inquiète

    En ce qui concerne la lutte contre le narcotrafic, la préfecture se félicite de la baisse de 5,4% des infractions, quand on note une augmentation de 7,6% au niveau national. Les saisies de cannabis (+389% sur les plants, -49,4% sur la résine) sont en hausse, comme celles de cocaïne (+133%). Sur le plan pénal, les amendes douanières progressent : 15 818 410 euros en 2025 contre 11 235 140 euros en 2024, soit +40,8%. Enfin, le préfet a décidé de prendre un arrêté annuel concernant la détention et la consommation de protoxyde d’azote.

    Autre volet important : la sécurité routière. Les accidents mortels (65, +3%) et les blessés (1 134, +1%) sont en hausse, mais les accidents corporels (818, -6%) diminuent. L’indice de gravité reste inquiétant : 7,9 personnes perdent la vie tous les 100 accidents. Les causes restent les mêmes : vitesse (32% des accidents mortels, 21% des accidents corporels), alcool (28% et 16%) et stupéfiants (12% et 8%). Les automobilistes sont les plus touchés (23 décès), suivis des usagers de deux-roues motorisés (22) et des piétons (12). En conséquence, les contrôles se renforcent et ont entraîné +18% de suspensions de permis, +14% de dépistages positifs aux stupéfiants, ainsi que plus de 3 800 mises en fourrière pour des infractions graves. Les actions de prévention ont également augmenté de 29,5%.

    Pour conclure, notons que les services de l’État ont abordé la question – souvent démagogique – des OQTF, indiquant une hausse de 9,8% par rapport à 2024 et de 99,3% par rapport à 2022, pour atteindre 1 063 décisions, dont 175 refus de titres pour actes de délinquance. Rappelons toutefois qu’une très large part d’entre elles sont liées à la lourdeur des démarches administratives liées aux titres de séjours, encore renforcées par la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, demandant aux préfets de les prononcer automatiquement. Et ce même si ces personnes ont déposé leur demande de renouvellement dans les délais. Leurs dossiers n’étant toujours pas traités lorsque les dates de validité des titres ont expiré, elles sont considérées comme sans-papiers.

  • Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    Des solutions financières pour fuir les violences conjugales

    « L’emprise économique est un vrai sujet dans les cas de violences conjugales », rappelle Clara Agnello, coordinatrice de projet chez Une voix pour elles. Face à cette problématique, le Crédit municipal de Marseille a décidé de s’emparer du sujet en rencontrant, ce jeudi à Marseille, de nombreuses associations d’accompagnement d’aide aux victimes de violences conjugales.

    Avec 90% de clients qui sont des clientes, « cette démarche est en cohérence avec notre public, explique Christelle Gerlier, directrice générale déléguée du Crédit municipal de Marseille. Et on sait qu’avec notre structure on peut répondre aux problèmes financiers que connaissent certaines femmes victimes de violences ». En effet, 20% des femmes victimes de violence ayant appelé le 3919 sont en situation de dépendance économique.

    Le Crédit municipal de Marseille, créé il y a plus de 300 ans, permet aux personnes exclues du système bancaire, d’avoir accès aux crédits. Les outils de l’établissement bancaire, comme les microcrédits accompagnés, le prêt sur gages ou encore le placement de petites sommes, peuvent donc être des solutions face à cette violence économique.

    « Une aide dans l’urgence »

    Le prêt sur gage a particulièrement interpellé Nada Baher, directrice adjointe du planning familial 13. Autorisé seulement dans les crédits municipaux en France, ce type de prêt permet à n’importe qui, sous réserve d’avoir une pièce d’identité et un justificatif de domicile, d’échanger un objet contre une somme d’argent. « C’est vrai que beaucoup de personnes peuvent avoir un objet de valeur. C’est donc quelque chose qui peut débloquer de l’argent rapidement et être une aide dans l’urgence. » Pour l’association Les Louves d’accompagnement de victimes, c’est plutôt le microcrédit accompagné qui a intéressé. Ils pourraient couvrir les frais juridiques que ces femmes doivent engager lors de divorce ou de dépôt de plainte.

    Des outils qui restent toutefois à affiner selon les besoins des associations. « Le but, ce n’est pas de réfléchir seuls à des solutions, mais avec les professionnels de terrain pour répondre au mieux aux différentes problématiques de ces femmes », explique Christelle Gerlier. Pour la directrice du centre d’information sur le droit des femmes et de la famille, Marielle Vallon, il reste par exemple « des interrogations sur la façon de sécuriser les demandes de papiers administratifs, pour que le conjoint ne soit pas au courant. Nous avons des choses réciproques à s’apprendre ». Des projets à coconstruire, entre réalité du terrain et moyens du Crédit municipal.

  • Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    Des récits de femmes se mêlent à Carmen sur les planches du forum de Berre-l’Étang

    « Faire cette pièce, c’est une manière de reconnaître ce qui est arrivé à ces femmes. » Ce vendredi, sur les planches du forum de Berre, l’histoire de Carmen résonne avec les histoires d’autres femmes victimes de violences conjugales dans la pièce de théâtre Prends garde à toi.

    Une création artistique qui voit le jour avec la rencontre de Jeanne Béziers, metteuse en scène et comédienne, et des femmes du Relais des possibles, un hébergement d’urgence aixois. « La porte d’entrée a été l’opéra de Carmen, explique la dramaturge. Au fur et à mesure, ce personnage est devenu une voisine à qui ces femmes racontaient des parties de leur vie très difficiles. » De ces échanges est donc née cette pièce de théâtre, où deux voisines racontent l’histoire de Carmen, tout en dévoilant les violences conjugales qu’elles ont subies.

    Le spectacle raconte également la résilience de ces femmes. « Car elles s’en sortent, explique la metteuse en scène. Elles ne veulent pas être définies comme des victimes. […] La pièce ne s’arrête donc pas sur le féminicide de Carmen. » Une façon pour le directeur de la salle, Mickhaël Piconne de « délier les langues grâce à la culture ».

    Une représentation qui donne donc la parole à ces femmes, en dialogue et en chanson, pour retracer des parcours de vie parfois difficiles à raconter. « Une manière d’inviter les gens à penser par un geste artistique », précise Jeanne Béziers.

  • Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des plaintes prises directement sur site… L’AP-HM et la police nationale ont signé ce vendredi 19 décembre une convention de partenariat. De quoi finaliser la présence, début janvier, d’effectifs de police pour assurer le dépôt des plaintes des agents éventuellement agressés au travail mais aussi des femmes victimes de violences conjugales accueillies au sein de la Maison des femmes Marseille Provence, avec une permanence assurée une fois par semaine.

    Le résultat d’un processus démarré sous l’égide de l’ex-préfète de police, Frédérique Camilleri, raconte Wanda Wrona, directrice de la sécurité de l’AP-HM et ex-commissaire de police. Avec près d’un million de personnes accueillies chaque année « la violence à l’hôpital fait partie du quotidien », témoigne-t-elle, « l’idée était de simplifier les démarches ». Une centaine d’agents sont victimes de violences physiques par an, 500 de violences psychologiques avec par exemple des insultes, précise François Crémieux, directeur général de l’AP-HM.

    Le début de la réparation

    Une situation « inacceptable et qui prend de l’ampleur » à laquelle il fallait réagir, avec de la formation pour désamorcer les crises, des aménagements dans les salles d’attente aussi, le tout financé par l’Agence régionale de santé à hauteur de « plusieurs millions d’euros », et une meilleure prise en charge de l’équipe, résume-t-il.

    Avec plus de 400 nouvelles femmes qui se sont présentées entre janvier et septembre à la Maison des femmes, une permanence, à l’image de celle installée à Saint-Denis, était aussi nécessaire pour convaincre celles qui « par crainte, par manque d’accompagnement », n’ont pas poussé la porte d’un commissariat, estime Wanda Wrona. Et ce malgré l’intervention du bureau d’aide aux victimes, de la permanence avocats. « La plus grosse des difficultés, c’est aussi la confrontation, il faudrait voir comment les protéger » ajoute le Pr Florence Bretelle, cheffe de service de la Maison et responsable du service obstétrique de la Conception.

    Le dépôt de plainte est « très important, c’est le début d’une réparation morale pour la victime », ajoute Christophe Allain, directeur zonal de la police nationale. Il insiste sur le recours aux réservistes pour assurer ce dispositif. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone aujourd’hui à 8 000 en 2030, constituée de policiers à la retraite mais aussi de citoyens volontaires complète Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale des Bouches-du-Rhône.

    Côté justice, Sylvie Odier, procureure de la République adjointe, a assuré d’une réponse pénale « ferme et systématique », se félicitant de cette prise en charge « pluridisciplinaire » de la victime.