Tag: Ville de Marseille

  • [Maj] 5000 mètres carrés partent en fumée à Marseilleveyre

    [Maj] 5000 mètres carrés partent en fumée à Marseilleveyre

    Quatre canadairs et un hélicoptère bombardier d’eau loué par la ville de Marseille, ont été mobilisés, ainsi qu’une soixantaine de marins-pompiers.

    « La police municipale a également bloqué les accès routiers et les sentiers de randonnée », indiquait Arnaud Drouot, l’adjoint au maire de Marseille chargé du bataillon des Marins pompiers, rapidement présent sur place. L’alerte à été donnée à 16h45.

    Vers 19h, le foyer était fixé après avoir parcouru entre 4000 et 5000 mètres carrés. Les forces terrestres sont alors entrées en action pour se rendre sur site et définitivement maitriser le foyer.

  • Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Des professeurs de sport serrés dans une piscine gonflable au milieu du Vieux-Port. C’est tout l’objet de la mise en scène organisée, ce jeudi, par le Snep-FSU Aix-Marseille pour attirer l’attention sur le manque d’équipements aquatiques et de piscines dans la ville. Lunettes de plongée et bonnet de bain sur la tête, ils veulent alerter sur cette situation qu’ils jugent préoccupante.

    « À Marseille, seulement 14 piscines sont en activité, ce n’est pas assez. Surtout qu’il y a des piscines qui ont fermé, notamment celles de Luminy et de la Bombardière. La situation ne s’améliore pas, elle a plutôt tendance à se dégrader », affirme Jean Cugier, cosecrétaire académique du Snep-FSU et professeur d’EPS au lycée polyvalent Antonin-Artaud (13e). « Dans la deuxième ville de France, on compte 100 m² de piscine pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’à Lyon par exemple. Énormément de professeurs d’EPS sont privés de piscine pour emmener leurs élèves apprendre à nager », déplore Cédric Vassenaix, enseignant à Aix-en-Provence.

    Les professeurs d’EPS alertent surtout sur le nombre important d’enfants qui arrivent au collège sans savoir nager. D’après le syndicat, jusqu’à 85% des élèves entrant en 6e ne maîtrisent pas la nage, dans certains quartiers de Marseille. C’est le cas pour les élèves du collège Henri-Barnier, dans le 16e arrondissement, toujours selon le syndicat. Ce dernier précise qu’une grande partie des élèves ne sachant pas nager sont scolarisés dans les quartiers nord de la ville et ne disposent que de cinq piscines municipales, contre neuf dans le reste de Marseille.

    Face à ce constat, les professeurs d’EPS ont choisi un slogan : « Savoir lire, c’est essentiel. Savoir nager, c’est vital. » L’occasion de mettre en avant les risques liés à l’absence d’apprentissage de la natation, d’autant plus élevés dans une ville bordée par la mer, soulignent-ils.

    Réunion avec la Ville

    Paul Mauranes, qui enseigne depuis deux ans au collège Elsa-Triolet (15e), témoigne : « On a bien 40% d’élèves qui entrent et qui ne savent pas nager. Ça fait presque un enfant sur deux, même si on n’est pas les plus mal lotis car la piscine est à 25 minutes à pied. »

    Cette mobilisation s’inscrit dans une revendication portée à l’échelle nationale. « Notre syndicat réclame la construction de 1 000 piscines sur le territoire et la rénovation des bassins », précise Jean Cugier, qui évoque un enjeu de santé publique : « L’an dernier, il y a eu 50 décès par noyade en France chez les enfants de moins de 12 ans. C’est aussi la première cause de décès par accident domestique chez les moins de 25 ans », ajoute-t-il.

    Prévenue de la mobilisation, la Ville de Marseille a proposé « une rencontre », selon le syndicat, afin d’échanger sur le manque de piscines. Celle-ci devrait se tenir le 10 septembre.

  • Des activités tous azimuts à la Maison Sport Santé

    Des activités tous azimuts à la Maison Sport Santé

    Dans la cour de l’école élémentaire Olivier-Gillibert de Marseille (5e), stands et clubs sportifs ont remplacé les jeux pour enfants. Organisé pour la première fois par la Ville de Marseille, ce mercredi 17 juin, cet événement vise à présenter la Maison Sport Santé (MSS) et les dispositifs d’accompagnement qu’elle propose. « Ça fait deux ans que la MSS existe et avec cet événement, on a voulu rassembler les adhérents et les personnes qui travaillent avec nous. C’est aussi l’occasion pour nos adhérents de se rencontrer entre eux et de tester de nouvelles disciplines », explique Perrine Roux, responsable de la Maison Sport Santé Ville de Marseille. Cette structure accompagne des personnes souhaitant reprendre ou maintenir une activité physique adaptée à leur âge, leurs capacités et leur état de santé.

    De 15h30 à 18h, les participants ont pu profiter d’initiations avec des activités sportives gratuites, comme du volley, du yoga ou encore du tennis de table. « Aujourd’hui, j’ai pu essayer le basket, le cardio-tir, le ping-pong et un jeu de raquette. J’ai beaucoup aimé le basket, car il se fait avec un ballon très léger », raconte Gaëlle, adhérente à la MSS depuis le mois de février, en raison de problèmes cardiaques.

    Un peu plus loin, Yann, enseignant en activité physique adaptée à la Maison Sport Santé, anime un cours de fitness baguette. Ce sport consiste à réaliser un enchaînement d’exercices tout en battant deux baguettes en rythme. « Le but c’est de faire découvrir cette activité qui est ludique. Elle peut s’adapter à tous et toutes selon les problématiques de santé », précise-t-il. Des stands d’information ont également permis aux visiteurs de découvrir les clubs sportifs et associations partenaires. « J’ai pris des renseignements pour la piscine, s’exclame Chantal, adhérente depuis six mois. Pour mon corps, ce sera bien, comme j’ai des rhumatismes. »

    Une activité sportive adaptée

    Les Maisons Sport Santé sont des dispositifs d’État qui s’inscrivent dans une politique de prévention et d’accompagnement par l’activité physique. « Il y en a quatre à Marseille, avec des statuts différents. La Maison Sport Santé Ville de Marseille est la seule municipale », précise Perrine Roux. Les adhérents sont suivis pendant deux ans pour leur permettre d’adopter un mode de vie actif. « On réadapte en fonction des besoins et de l’évolution de la santé de la personne à chaque bilan, tous les trois à six mois », explique Yann. La majorité des adhérents sont orientés vers ce dispositif par leur médecin traitant, comme l’explique Rachida : « C’est mon docteur qui m’a inscrite et ça fait maintenant un mois que je suis suivie. Je fais un sport souple, avec des exercices simples, car je ne peux pas faire d’effort intense à cause de ma santé. » Cette première édition a surtout rappelé que le sport est un outil de santé, de bien-être et de lien social.

  • Logement : CDC Habitat veut poursuivre sur sa lancée

    Logement : CDC Habitat veut poursuivre sur sa lancée

    Filiale de la caisse des dépôts et consignation, CDC Habitat, premier bailleur de France, compte poursuivre sa dynamique en région Paca. En 2025, 1 919 logements neufs ont été livrés, indique son directeur, Pierre Fournon, qui espère maintenir « ce train d’activité soutenu ». Dans un contexte de demande « forte » dans le locatif, « nous avons la volonté de continuer à produire de manière forte tout en travaillant sur notre patrimoine » poursuit-il. Au sein de son parc de 29 987 unités, le bailleur panache logements sociaux, intermédiaires et libre moyennant 422 millions d’investissements en 2025. Des logements répartis de Menton à Fos-sur-Mer, essentiellement « sur la frange littorale et le long des axes autoroutiers », précise le directeur interrégional.

    Démolition, construction, rénovation, l’entreprise sociale mène de front différents projets au fil des politiques publiques locales. On la retrouve notamment à Marseille sur un « recyclage d’habitat dégradé » à Saint-Mauront, avec une quarantaine de logements sociaux qui devraient être livrés à l’automne. Dans le cadre d’une concession d’aménagement pour le compte de la Métropole Aix Marseille, CDC Habitat est aussi partie prenante de la réhabilitation du parc Corot, vaste co-propriété dégradée, de six bâtiments. Le bâtiment A a été démoli, la tour C va suivre d’ici septembre-octobre.

    De la ville sur la ville

    À la Maurelette, un contingent de 756 logements, CDC Habitat va passer la main, la résidence faisant partie des quatre ORCOD-IN sur Marseille, un programme massif de travaux destiné à lutter contre le logement indigne par le biais d’une convention entre État, Ville de Marseille, Métropole, Agence nationale de l’habitat et Établissement public foncier.

    Sur son patrimoine, le bailleur « essaie de reconstruire de la ville sur la ville car le foncier est rare », précise Pierre Fournon. Comme Boulevard Schloesing (9e), où 56 logements vont être détruits pour en remettre 67 sociaux et intermédiaires. à Aix-en-Provence, la résidence Bellevue va passer de 42 à 100 logements.

    Pour ses 199 logements rénovés en 2025, CDC Habitat a aussi fait dans le qualitatif en agissant sur le confort thermique, à Roquefort-la-Bédoule, ou en tentant la peinture réfléchissante sur le toit terrasse à Canto-Perdrix, à Martigues.

  • La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    Plus qu’un symbole : l’espace Bargemon, à deux pas de l’hôtel de ville de Marseille, où se déroulent habituellement les conseils municipaux, s’est transformé, ce samedi, en centre de collecte de sang géant le temps d’une journée.

    En son sein : une équipe de l’Établissement français du sang (EFS) reconnaissable avec leurs blouses blanches et tout le matériel nécessaire pour collecter le précieux produit. « C’est grâce à la Ville de Marseille qu’on peut réaliser une collecte dans cet espace. Ce dimanche c’est d’ailleurs la journée mondiale des donneurs de sang, pendant 15 jours on multiplie les actions dans la région pour des collectes », campe Virginie Ferrera-Tourenc, directrice de l’EFS Paca-Corse.

    Des besoins croissants

    Pour l’occasion, l’EFS reçoit un donneur de sang bien particulier : Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé. « On réalise cette action dans le cadre du partenariat que nous avons avec l’Établissement français du sang. Concrètement, la Ville favorise la collecte de sang, de plasma, de plaquettes… », développe celui qui est également oncologue médical à l’Institut Paoli-Calmettes. Il insiste sur l’importance de l’action du jour : « C’est un acte extrêmement important dans notre société : c’est une action de solidarité réelle. Comme oncologue médical, je passe mon temps à prescrire des traitements qui nécessitent qu’on ait ce soutien en globules rouges ou en plaquettes. » La directrice de l’EFS ne dit pas le contraire : « L’été est une période fragile en termes de dons. Les gens donnent un petit moins et les stocks en France sont en diminution, entre les ponts de mai et la canicule. » Elle insiste sur le fait que les besoins de l’établissement ne portent pas que sur le sang : « On a aussi besoin de dons en plasma, l’eau dans laquelle circulent les cellules. C’est très riche en protéines, avec lesquelles on peut faire des médicaments qui aident des patients au quotidien. »

    En clair, donner son sang, mais pas que, est plus que jamais nécessaire : « Les besoins en médicaments dérivés du plasma sont en augmentation partout en France. Il faut continuer à donner. La demande est toujours importante : urgences vitales, accidents de la route, traitements de cancers et greffes… Sans sang, on ne peut pas traiter les patients. » Des paroles aux actes, Anthony Gonçalves a donné son sang, souhaitant « montrer l’exemple ». Le geste n’a rien d’insurmontable : le parcours du donneur prend 45 minutes pour le sang, avec un accompagnement aux petits oignons de l’équipe de l’EFS qui met à disposition boissons et nourriture. L’élu à la santé note aussi l’aspect « non-marchand et altruiste » du don du sang à l’heure où certains pays, comme les États-Unis, rémunèrent les donneurs : « Les principes de don de sang en France sont clairs : volontariat, bénévolat, gratuité. C’est l’assurance de concrètement sauver des vies. »

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin

    C’est un tableau plein de grâce et de mystère. Intrigant, immédiatement envoûtant. Il est accroché dans une encoignure du second étage du musée, les visiteurs pourraient ne pas l’apercevoir. Voici trois jeunes femmes, des vases et des cruches, la margelle d’un puits. Celle qu’on aperçoit à gauche semble avoir oublié qu’elle verse de l’eau dans un récipient. Sa silhouette est en suspens, son corps est distrait. Ses gestes restent pertinents, ses yeux et sa mémoire sont exclusivement captés par la figure centrale, une autre jeune femme qui voudrait maîtriser son émotion. Sur la droite, une troisième personne affiche une attitude impérieuse et désinvolte, un regard distant. Elle n’ignore rien de ce qui se passe à côté d’elle, mais prétend pourtant ne pas être du tout concernée.

    L’auteur de cette toile s’appelle Jean-Dominique Ingres. Sur ce petit format de grande modestie, en dépit de l’harmonie des couleurs des vêtements et de la finesse des traits des visages de ces personnes, on ne trouve quasiment rien qui puisse être aisément rattaché à Madame de Senonnes, à Jupiter et Thétis, à l’Odalisque, ou bien au Bain Turc. Le cartel nous sauve de cette indécision, il s’agit d’un épisode de la Bible. Ce tableau, c’est son titre, retrace la « Rencontre d’Eliezer avec Rébecca ». Le patriarche Abraham décide d’envoyer en Chaldée la caravane d’un homme de confiance pour qu’il puisse trouver une épouse digne de son fils Isaac.

    On est à Paris entre 1801 et 1806, Ingres vient d’avoir 20 ans. Le natif de Montauban voudrait partir pour Rome, visite souvent le Louvre, songe énormément aux deux maîtres qu’il vénère, Raphaël et Nicolas Poussin. Il choisit de copier trois silhouettes qui figurent dans une vaste et beaucoup plus solennelle composition de Poussin où l’on découvre dans un décor urbain, au beau milieu de douze jeunes femmes, cette mission qu’Eliezer entreprend afin de convaincre Rébecca.

    Jeune apprenti à la fois fidèle et audacieux, Ingres supprime l’argument central et synthétise la composition de Poussin. Point de négociation, ni de demande en mariage. Eliezer, l’agitation des suivantes et les architectures du paysage n’existent pas. Rébecca accepte sobrement son destin de future compagne d’Isaac. À droite, une jeune femme déclare son indifférence en face de cette éventualité. À gauche, une troisième personne accompagne rêveusement le départ de la mariée.

  • Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Sur le quai de la Fraternité, les étals des poissonniers paraissent bien maigres à côté de la trentaine de véhicules de nettoyage stationnés, ce vendredi matin. Le dispositif se veut imposant, déployé pour illustrer la capacité qu’ont la Ville et la Métropole à « décaper Marseille ».

    Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté, s’en félicite : « L’opération est faite à la demande du maire. C’est une nouvelle étape dans notre relation : la Ville et la Métropole vont pouvoir travailler main dans la main. »

    Sur le Vieux-Port, l’opération devrait durer 15 jours. « La question de la propreté est essentielle à Marseille, notamment durant l’été (…). Il y a un surplus de personnes, ce qui nécessite une action renforcée, expose l’adjoint. C’est la première pierre d’une opération qui va se prolonger au-delà du cœur de ville, pour pouvoir être réalisée dans d’autres secteurs. »

    Le coût du dispositif reste flou

    Devant les agents présents, Pierre Huguet, vice-président de la Métropole délégué à l’Amélioration du cadre de vie, martèle : « Vous l’avez compris, la volonté de la Métropole est de pouvoir mettre les moyens. » Par ailleurs, les élus promettent que de nouvelles machines de nettoyage arriveront d’ici quelques semaines.

    Cette opération propreté intervient dans un contexte budgétaire tendu, alors que la Chambre régionale des comptes vient de recommander d’importantes coupes dans les finances, dans la foulée du refus des élus de la Métropole de voter son budget (lire ci-dessus). Alors que le coût précis de ce dispositif reste pour l’instant flou, les élus tentent de rassurer : « Les chiffres correspondront à la réalité économique des Marseillais. »

  • [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    [Rue de la République] Pierre-Marie Ganozzi : « À Marseille, nous voulons qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue »

    Du plan écoles à la sécurité

    Didier Gesualdi : Vous êtes le nouvel adjoint du Printemps marseillais à la sécurité, vous succédez à Yannick Ohanessian après vous être occupé du plan écoles. Vous pouvez tout faire ? Vous êtes bon partout ?

    J’espère devenir bon partout en tout cas. M. le maire m’a confié cette délicate tâche de la sécurité. C’est un vrai beau défi. Il y a eu le plan écoles, maintenant la sécurité, c’est une vraie marque de confiance. Je mets tout en œuvre avec son aide et avec les fonctionnaires de police pour améliorer la sécurité globale à Marseille et pour lutter contre le sentiment d’insécurité qui est également très fort dans notre ville.

    Léo Purguette : Quel bilan tirez-vous du plan écoles ?

    Le plan écoles continue d’avancer. Nassera Benmarnia est très bien entrée dans ses nouvelles fonctions. On est aujourd’hui sur la vague 4 qui est en train d’être lancée en projet. Il y a des dizaines d’écoles dans lesquelles les travaux ont déjà commencé. Certaines vont être livrées d’ici une petite année environ. Le plan écoles avec la société publique des écoles ou, en direct avec la Ville de Marseille, continue d’avancer à un bon rythme. On peut être fier de cette réussite qui est collective, qui provient de la volonté du maire Benoît Payan avec l’aide de l’État et du président Emmanuel Macron. Quand l’État et une collectivité veulent travailler main dans la main, les services publics, la fonction publique, deviennent de véritables donneurs d’ordre et font avancer les choses.

    Didier Gesualdi : Il y a eu des batailles de chiffonniers sur les chiffres pendant la campagne électorale. Quoi qu’il arrive ça ne va jamais assez vite ?

    Évidemment, j’aimerais pouvoir tout reconstruire le plus rapidement possible. Mais nous respectons toutes les règles d’urbanisme, de conformité, les normes liées au réchauffement climatique, ça prend du temps, de l’argent mais on en est fiers parce que ceux qui en profitent ce sont nos petites Marseillaises et nos petits Marseillais.

    Léo Purguette : Vous dites respecter toutes les règles, l’ancien préfet de région a quand même signalé le contraire. Où en êtes-vous ?

    Il a signalé le contraire… oui, c’est quand même un peu confus ce qu’il s’est produit. Les services de la préfecture ont mené une enquête récemment et le nouveau préfet lui-même, M. Witkowski, a dit qu’il n’y avait aucune anomalie. Nous, on le savait. On avait travaillé avec nos avocats qui nous avaient dit qu’il y avait beaucoup de bruit pour rien. La campagne électorale a probablement servi de caisse de résonance.

    SA FEUILLE DE ROUTE

    Didier Gesualdi : Yannick Ohanessian nous disait que votre majorité avait fait plus en six ans que les autres en quarante ans. Il reste encore beaucoup à faire non ? Beaucoup de Marseillais ont le sentiment que ça ne va pas mieux.

    Je me mets dans les pas de mon prédécesseur et je m’inscris surtout dans les directives données par le maire, Benoît Payan. Nous avons déjà recruté 400 policiers durant le mandat précédent. On va doubler ce chiffre en passant à 800 recrutements sur le nouveau mandat. C’est le premier axe. C’est un vrai défi parce qu’aujourd’hui, tous les métiers de la sécurité sont en tension. À nous de faire en sorte que l’on vienne taper à notre porte. Le deuxième axe, c’est la proximité avec la volonté de créer des commissariats de police municipale dans tous les arrondissements de Marseille. Il y avait le plan écoles, il y aura très bientôt le plan commissariats avec l’objectif d’être au plus près des habitants pour pouvoir les rassurer, les renseigner, les protéger, faire du flagrant délit en cas de problème. Nous voulons assurer la sécurité de tout le monde, dans tous les quartiers.

    Léo Purguette : Ces ambitions sont très hautes alors que l’argent manque dans les collectivités. N’avez-vous pas l’impression d’en dépenser beaucoup pour compenser les manques de l’État ?

    Ce qui est sûr, c’est que nous ne ferons pas d’économies sur la sécurité. Nous allons investir dans des nouveaux commissariats, recruter des policiers mais aussi les équiper. En revanche, il est hors de question que la police municipale vienne remplacer la police nationale qui est sous l’autorité du préfet. Nous voulons qu’il y ait plus d’uniformes dans les rues, davantage de policiers municipaux et davantage de policiers nationaux. L’État s’est désengagé des services publics, d’abord la justice ensuite la santé, puis l’éducation… Il serait inadmissible qu’il se désengage de la sécurité.

    LA POLICE NATIONALE

    Didier Gesualdi : On a assisté à des échanges aigres-doux entre Benoît Payan et le préfet sur les effectifs de police nationale la nuit, faites-vous encore appel à l’État ?

    Bien sûr. C’est un domaine régalien de l’État. Ce que je veux c’est qu’il y ait le plus de bleu possible dans la rue que ce soit dans la journée ou la nuit parce que nos concitoyens ont besoin de les voir, d’être rassurés et en cas de flagrant délit, qu’il y ait une intervention. Avoir du bleu dans les rues, c’est nécessaire la nuit aussi. Je n’entre pas dans une bataille de chiffres mais les demandes répétées du maire de Marseille, je les ai moi-même relayées auprès de la préfète de police et du directeur de la police nationale que j’ai rencontré il y a quelque temps. Main dans la main on doit pouvoir arriver à trouver des solutions pour améliorer la sécurité à Marseille.

    Didier Gesualdi : Comment pouvez-vous contribuer à la lutte contre le narcotrafic ?

    C’est un drame pour les familles et les quartiers qui en sont victimes. C’est une compétence police nationale. Il y a des enquêteurs, des brigades spécialisées, ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas. En revanche, nous pouvons apporter une aide sur les caméras de vidéosurveillance, sur les opérations « grappin » en venant enlever les voitures qui ralentissent les services de police, les chariots ou autres… C’est aussi rétablir un cadre de vie agréable pour les personnes qui y vivent.

    LA PROXIMITÉ

    Léo Purguette : Un commissariat par arrondissement, c’est à quelle échéance ?

    On se donne le mandat pour y parvenir. À l’instant T, nous avons déjà des pistes dans plusieurs arrondissements.

    Léo Purguette : Avez-vous déjà une idée du prochain qui ouvrira ?

    Les deux pistes les plus avancées sont dans le 15e et dans le 11e. Nous avons déjà celui de Canebière qui fonctionne bien, celui de Loubon, dans le 3e, qui va fonctionner encore mieux dans la prochaine période. Trouver une implantation pour un commissariat n’est pas si facile que ça parce qu’il y a un critère intangible qui est le parking pour accueillir les véhicules de police.

    Léo Purguette : Quel lien police-population ? Ces rapports sont parfois tendus voire violents.

    Nous faisons de la prévention. Une de mes premières sortie d’adjoint était à la Savine pour faire découvrir tous les métiers à uniforme aux jeunes. Il y a des enjeux de recrutement.

    LA GAUCHE ET LA SÉCURITÉ

    Léo Purguette : « Plus de bleu dans la rue », c’est un discours que l’on n’entend pas toujours à gauche. La gauche est parfois critiquée pour un supposé angélisme en matière de sécurité. Quelle est votre doctrine ?

    L’angélisme, ce n’est pas la doctrine du Printemps marseillais. Ce que nous voulons c’est que toutes les Marseillaises et Marseillais se sentent en sécurité, où qu’ils se trouvent dans la ville. On vit dans un territoire magnifique avec la plus belle rade du monde, des sites absolument remarquables, il n’est pas acceptable que des personnes puissent être agressées, se sentent en difficultés selon les endroits, que certaines femmes se fassent harceler. C’est inacceptable que l’on soit de gauche ou de droite. Peut-être qu’il y a quelques décennies, la gauche pouvait être angélique. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Au Printemps marseillais nous avons à cœur que l’on se sente bien en sécurité partout à Marseille. Nous ne voulons pas que des quartiers populaires soient abandonnés comme cela a été le cas pendant des années avec des problèmes de trafics, des services de propreté ou de bus qui ne venaient plus. Nous, nous remettons du service public dans les quartiers populaires.

    Léo Purguette : C’est votre manière de tenter de faire refluer l’extrême droite ?

    Ce que nous voulons, c’est faire vivre le vivre-ensemble. Tout le monde en parle mais comment fait-on ? On met du service public. C’est le service public qui doit permettre aux gens d’être reliés et de vouloir vivre ensemble. Ce n’est pas une évidence de vivre ensemble. Si vous avez une école délabrée, si vous appelez le 17 et qu’il ne se passe rien, si vous vous faites agresser dans la rue, si des gens vous empêchent de rentrer chez vous, vous vous sentez comme un citoyen de seconde zone. Nous à Marseille, on ne veut que des citoyens de première zone. Notre belle ville est peuplée par 900 000 Marseillaises et Marseillais qui sont fiers de l’être et ils ont raison. Nous, ce que nous voulons, c’est que notre police permette la concorde.

    Didier Gesualdi : Le moratoire sur les caméras de vidéosurveillance colle à la peau du Printemps marseillais. C’est totalement révolu ?

    D’abord, il était dans notre programme de 2020. On a donc fait ce pour quoi on avait été élu : pendant deux ans, on a fait un moratoire qui a permis d’analyser l’ensemble des caméras. On s’est rendu compte que certaines, soit ne fonctionnaient pas, soit ne servaient à rien, soit étaient dans des endroits un peu étranges pour surveiller des personnalités X, Y ou Z, ce qui n’est évidemment pas l’objectif principal. Nous avons mis les choses à plat, avec l’État, dans le cadre du plan Marseille en grand, à des endroits utiles : écoles, collèges, lycées mais aussi dans les lieux stratégiques pour lutter contre les trafics ou garantir la sécurité routière.

    L’INSÉCURITÉ

    Didier Gesualdi : Quand, à la Valentine, aux Accates, on voit des votes à 60% pour le RN lors des législatives, est-ce que c’est l’insécurité qui explique ces résultats ?

    Vous savez, quelqu’un qui est cambriolé, c’est un gros problème. Il faut d’ailleurs faire reculer cette insécurité concrète. Il faut aussi lutter contre le sentiment d’insécurité. Quand, dans la campagne, Mme Vassal disait qu’elle ne voulait pas venir au Vieux-Port à 18h de peur de se faire agresser. Excusez-moi, je suis régulièrement sur le Vieux-Port, à 18h, 20h ou 23h, il ne m’est absolument jamais rien arrivé. Il y a ce sentiment que Marseille serait une ville de non-droit, que ce serait Chicago dans les années 1930. C’est invraisemblable. Il y a une vraie insécurité qui existe, sur laquelle nous devons lutter au quotidien avec la police au plus proche des habitants. Et puis il y a ce sentiment d’insécurité qui est très fort. Le faire reculer passe par une présence policière accrue qui doit faire reculer ce sentiment-là. On vient très bien au Vieux-Port sans aucun problème.

    LA RÉPUBLIQUE, C’EST QUOI ?

    Pierre-Marie Ganozzi : « La République c’est une utopie, c’est l’idée formidable selon laquelle nous pouvons vivre ensemble, nous devons vivre ensemble. Rien n’est facile mais nous y travaillons, avec le maire Benoît Payan et tous les élus de la majorité municipale pour que notre République, j’ai presque envie de dire la «République marseillaise» se vive au quotidien. »

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Colette Drogoz :

    Je possède un garage donnant sur la rue, je ne peux ni entrer ni sortir car des voisins se garent devant en toute impunité. Pourquoi personne ne m’aide ? Cela dure depuis 10 ans !!!!

    Bonjour Colette. Ce que je peux vous dire, c’est que normalement il faut faire le 17 dans ce cas-là. Si ça ne fonctionne pas, il faut faire allô mairie qui peut être en direct avec la fourrière. Je vais voir ce qu’il se passe concrètement pour vous car il y a eu un temps d’adaptation mais la fourrière fonctionne désormais. En 2025, on en était à 11 000 mises en fourrière. Le début de l’année 2026, on est dans des ratios encore supérieurs et nous allons recevoir de nouveaux équipements pour encore augmenter notre capacité d’intervention.

    En outre, nous sommes à la recherche d’un deuxième site pour faire une deuxième fourrière dans les quartiers sud. Je vous donne un petit scoop : ça avance bien. J’espère que d’ici la fin de l’année 2026 on aura à la fois un deuxième site de fourrière dans le sud et de nouveaux équipements. Les deux réunis permettront à la fourrière d’être encore plus performante et donc pour Colette et pour les autres de multiplier les interventions. J’ai donné des consignes très claires en ce sens : on verbalise et on met en fourrière car l’insécurité routière à Marseille, ça suffit.

  • Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Marseille reste suspendue au couperet préfectoral

    Le maire (DVG) de Marseille avait été le dernier à prendre la parole lors de la conférence des maires le 21 avril, pour défendre le refus de voter le budget métropolitain. Et n’avait eu de cesse, dans la foulée, de cibler les attributions de compensations versées aux autres communes. La copie rendue ce jeudi par la Chambre régionale des comptes ressemble à un douloureux retour de flammes : la municipalité marseillaise paye le plus lourd tribut, avec une perte sèche de 36 millions d’euros sur la dotation de solidarité communautaire négociée en 2023. Sans compter les restrictions imposées à la RTM désormais dirigée par la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, ou sur la gestion des déchets.

    « C’est une équation mathématique qui est proposée par la Chambre régionale des comptes, ce n’est pas un exercice politique, et ce n’est pas ce qu’on lui demandait », souligne-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. En affichant une satisfaction sur l’exercice réalisé par les magistrats, « qui va dans le détail pour comprendre le fonctionnement du budget métropolitain », et le constat, « un réquisitoire assez sévère de la majorité précédente ».

    Mais face à la lourde peine infligée aux finances communales, on insiste : « Ce sera au préfet de trancher, les recommandations ne l’obligent en rien. » Même si l’avis ne dresse pas plusieurs options possibles, comme certains élus métropolitains l’espéraient. « Si le préfet choisit de toucher la dotation de solidarité communautaire, cette coupe serait très difficile à encaisser pour de nombreuses communes, appuie l’entourage du maire. La Métropole est faite pour faire de la solidarité entre les villes, le préfet connaît son fonctionnement et sera dans la recherche d’une solution pour l’intérêt général. » En se défendant de chercher à mettre la pression sur la préfecture. Même si on reconnaît qu’il faudra trouver des solutions politiques, à compter de 2027. D’autant plus face aux promesses d’un « new deal métropolitain » lancées dans la campagne des municipales, qui avec ces coupes imposées trouvent des obstacles de taille sur leur route.

  • Face à l’habitat indigne, les acteurs locaux prônent une réponse collective

    Face à l’habitat indigne, les acteurs locaux prônent une réponse collective

    À Marseille, selon l’Adil, 27 770 logements sont aujourd’hui qualifiés de potentiellement indignes dans le parc privé : moisissures, risque d’effondrement, concentration de plomb… Le sujet n’est pas nouveau. L’Hôtel du Département a accueilli, ce mercredi, une conférence-débat dédiée à ce sujet, organisée par l’Adil des Bouches-du-Rhône. « Un habitat est considéré comme indigne lorsqu’un logement possède des conditions qui ne répondent pas à des exigences minimales, portant atteinte à la santé ou à la sécurité des personnes », explique Thierry Moallic, directeur de l’Adil 13.

    Les acteurs locaux de l’habitat tentent de répondre « collectivement » à ce fléau. La plateforme « Signal Logement », lancée par le gouvernement, permet aux habitants de signaler en ligne leur situation. 3 475 signalements ont été réalisés dans le département en 2025, selon l’Adil.

    Isabelle Epaillard, préfète déléguée à l’Égalité des chances, rappelle l’importance du relogement : « Il faut proposer un logement pendant les travaux du bâtiment, et pas seulement dans les hôtels. Il est nécessaire d’anticiper ces besoins avec la Métropole. » Autre volonté : étendre le « permis de louer » actuellement appliqué dans le quartier de Noailles, à Marseille : « Dès le préavis de départ, les professionnels de l’immobilier ont l’obligation de prendre connaissance des problématiques. On ne peut pas louer un logement insalubre », déclare Laurence Pont, présidente de la Fédération nationale de l’immobilier des Bouches-du-Rhône.

    Des variables sociales

    Plusieurs conditions favorisent l’habitat indigne. « Les offres dignes et abordables sont insuffisantes. Les ménages sont de plus en plus précaires et la résolution des désordres est complexe et très longue, témoigne Cyrille Guiraudou, membre de l’Association de défense des locataires HLM (ADLH). Il y a un sentiment de redevabilité envers le bailleur qui a été le seul à fournir un toit, mais aussi un sentiment de honte et une peur de se retrouver à la rue. »

    Selon Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée au logement et présidente de l’Office Provence Métropole Logement, une vingtaine de propriétaires ont été condamnés, cette année.