Tag: Ville de Marseille

  • Tout pour saisir les enjeux de l’eau en Méditerranée

    Tout pour saisir les enjeux de l’eau en Méditerranée

    La gestion de l’eau à travers le passé, le présent et le futur sera au cœur de cette 3e édition des Rencontres interacadémiques méditerranéennes, de mercredi à vendredi, entre les murs de la bibliothèque marseillaise de l’Alcazar. Organisé par l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, le colloque réunira 35 conférenciers venus de France, de Tunisie, du Maroc et d’Algérie.

    « Le but est d’avoir une approche pluridisciplinaire, explique Marc Sentis, secrétaire perpétuel de la classe des Sciences de l’Académie. Il y aura des écologues, paléoclimatologues, historiens, urbanistes, architectes, ainsi que des représentants d’institutions issus de divers pays du pourtour méditerranéen. »

    Durant trois jours, les participants tenteront de proposer une vision transversale des enjeux liés à la ressource en eau : de sa symbolique dans les différentes religions aux solutions face au réchauffement climatique, en passant par les questions de solidarité dans sa gestion.

    Un colloque pensé pour être accessible au plus grand nombre. Des classes de seconde avec leurs professeurs, assisteront à plusieurs conférences. « L’objectif de ce colloque est que tout le monde puisse venir, explique Marc Sentis. C’est sans inscription et gratuit pour que les visiteurs de l’Alcazar, venus pour autre chose, puissent suivre les conférences. »

    Les conférences et ateliers seront interactifs, avec un temps d’échange prévu entre les experts et le public.

    Programme complet sur le site academie-sla-marseille.fr

  • Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    En raison de « manquements récurrents » dans l’organisation de son centre aéré les mercredis, l’association Union sportive et culturelle de la Rouvière Marseille (USCRM) se voit interdite, par le préfet des Bouches-du-Rhône, d’exercer ses activités de loisirs au sein des écoles maternelle et élémentaire de la Rouvière (9e).

    C’est une mesure rare, exceptionnelle. L’arrêté préfectoral du 7 octobre sonne comme un coup de tonnerre. Les services de l’État justifient cette fermeture « au regard de la gravité et de la récurrence des manquements constatés » et après deux courriers d’injonction non suivis d’effet pour se mettre en conformité avec la réglementation sur l’accueil collectif de mineurs (ACM). Les constats procèdent de cinq contrôles du service départemental de la jeunesse et des sports entre le 22 octobre 2024 et le 1er octobre 2025.

    Sont pointés « le non-respect du taux d’encadrement, l’absence d’une partie des diplômes de l’équipe pédagogique, l’absence de diplôme de la directrice ou de son adjointe, le non-respect des règles de sécurité des locaux, la présence d’individus extérieurs non déclarés au contact des mineurs, l’absence de projet pédagogique ». Parmi les récriminations, le signalement reçu le 14 mai 2025 d’un parent dénonçant « l’unique présence de la directrice pour encadrer une soixantaine d’enfants sans animateur ».

    Interrogée, la Ville de Marseille rappelle qu’elle avait émis « plusieurs alertes et recommandations » à l’égard du centre aéré. Elle indique avoir d’ores et déjà entamé des démarches pour que les enfants soient pris en charge dans des centres aérés alentours, dès mercredi prochain, mais également pour « qu’une autre association puisse assurer la continuité de ce centre aéré à compter de la première semaine des vacances scolaires, en lien avec les services de la CAF 13 et de la Jeunesse et des Sports ». La mairie dit se rapprocher des parents pour les informer de l’évolution de la situation et des mesures mises en place.

    « Les enfants ne sont pas en danger »

    Contacté via son secrétaire général, le président de l’USCRM, Daniel Amar, n’avait pas réagi à l’heure où nous bouclons. Au siège de l’association, 83, boulevard du Redon (9e), c’est un sentiment d’injustice et de colère que nous recueillons auprès d’une bénévole qui veut garder l’anonymat. « Le recrutement des animateurs est un problème que connaissent tous les centres aérés de Marseille. En juin-juillet, On avait tout restructuré et les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports nous avaient dit qu’ils nous aideraient et nous soutiendraient. Niveau mairie, nous n’avons eu aucun reproche. Au contraire, la responsable nous a énormément aidés. On avait regardé avec elle les effectifs, les papiers à jour, les dossiers enfants, les fiches d’urgence, le projet pédagogique avec les animations et les emplois du temps, les locaux, l’encadrement, les diplômes des animateurs, le récépissé de la préfecture, les menus du jour, etc. S’il y avait eu le moindre problème, on aurait eu un retour écrit. Là, on sanctionne à tort une nouvelle équipe pour des manquements imputables à l’ancienne en nous fermant du jour au lendemain. »

    La goutte d’eau, c’est le constat du 1er octobre au matin, pourtant moins grave que le signalement parental de mai dernier. Deux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports reviennent au centre aéré et constatent qu’il manque deux animateurs. La réglementation exige, pour les maternelles, un animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et, pour les primaires, un animateur pour 12 enfants de 6 à 11 ans. « Ce mercredi-là, il y avait 4 animateurs, la directrice et son adjointe pour une cinquantaine d’enfants. Il nous manquait deux animateurs. La directrice en remplaçait un, mais les inspecteurs ont estimé que ce n’était pas son rôle. »

    C’est très compliqué, nous assure-t-on, d’avoir le nombre d’animateurs requis disponibles chaque mercredi. « On sait exactement le nombre d’enfants qu’on aura d’un mercredi sur l’autre, mais parfois, un animateur fait défaut au dernier moment. Le 1er octobre, nous n’étions pas arrivés à trouver un animateur au pied levé. Il n’y a eu aucune situation de danger. En aucun cas, nous mettrons des enfants en danger. Nous sommes nous-mêmes des parents. »

  • Le Frioul éteint les lumières pour observer les étoiles

    Le Frioul éteint les lumières pour observer les étoiles

    Une journée pour sensibiliser à la pollution lumineuse et la biodiversité nocturne. C’est l’objectif du « jour de la nuit », organisée au niveau national, depuis 17 ans, par l’association Agir pour l’environnement.

    La ville de Marseille s’en fait le relais et, pour la première fois, toutes les lumières de l’île du Frioul seront éteintes de 18h à 22h, pour permettre aux visiteurs de mieux observer le ciel et ses milliards d’étoiles. « Pour ne pas oublier que la pollution lumineuse impacte aussi la biodiversité marine », explique Christine Juste, élue (EELV) des 6-8 et organisatrice de l’événement.

    C’est cependant en plein jour que les animations débuteront ce samedi. à partir de 14h, de nombreux ateliers auront lieu au muséum d’histoire naturelle pour sensibiliser des petits aux plus grands sur la biodiversité nocturne et les dangers de la pollution lumineuse. Une fois la nuit tombée, différentes balades nocturnes sont prévues pour découvrir chauve souris ou rapaces nocturnes au parc Pastré (8e), Athéna (13e), au col de Sugiton (9e) et autour du muséum (4e). Animée par la Ligue de la protection des oiseaux ou du groupe chiroptères de Provence, ces balades sont gratuites sur réservation.

    Au planétarium du muséum, le documentaire de 20 minutes Le côté obscur de la lumière sera projeté entre 18h30 et 22h30, toutes les demi-heures. Un moyen de découvrir comment les lumières artificielles peuvent perturber les cycles de beaucoup d’organismes vivants : insectes, animaux, plantes et humains. Une façon de rappeler, aussi, les richesses de l’obscurité.

  • La crise du logement, un défi ici et partout en Europe

    La crise du logement, un défi ici et partout en Europe

    « On retrouve à Marseille et partout ailleurs en Europe les mêmes freins liés au foncier, au financement et à l’acceptabilité de la mixité », pose Patrick Amico (GRS), l’adjoint au maire de Marseille en charge du logement et de la lutte contre l’habitat indigne. Il rappelle le besoin annuel non satisfait de 4 000 nouveaux logements, dont 2 300 abordables. « On ne peut pas compter sur la bonne volonté du marché. Une politique de production de logements abordables est encore plus nécessaire », exhorte-t-il. S’agissant des 12 937 meublés touristiques recensés fin 2024, dont 6 000 sauvages, une « régulation » s’impose, car ils font « perdre des logements familiaux ».

    Sur l’habitat dégradé qui affecte 40 000 logements à Marseille, « le travail a été pris à bras-le-corps avec des situations d’urgence absolue », déclare Patrick Amico. Beaucoup d’immeubles sortent de péril, mais 1 300 arrêtés de mise en sécurité sont encore actifs. « La problématique de sécurité diminue, mais celle de l’indécence et de l’insalubrité augmente », reconnaît-il.

    « La reconquête de logements vacants et l’investissement dans l’ancien ne suffisent pas », expose David Ytier (LR), le vice-président en charge du logement à la Métropole, conscient que « la crise du logement touche l’intégralité du territoire intercommunal ». « Il faut convaincre nos concitoyens que la production de logements est une nécessité d’intérêt général pour que chaque citoyen ait un toit. » Sur les grandes copropriétés privées dégradées « longtemps dans l’angle mort des politiques publiques », 4 des 28 les plus préoccupantes à Marseille vont faire l’objet d’une opération Orcod-IN*, « cela fait 30 ans qu’on enchaîne les plans de sauvegarde. Il est temps qu’on se donne une méthode pour être efficace quand des habitants sont pris au piège de situations inhumaines, atroces et inimaginables », lance David Ytier.

    « Ce n’est plus une crise mais une tendance »

    Pour l’État qu’il incarne, Patrick Vauterin, directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM), rappelle qu’« on ne résoudra pas les questions marseillaises sans la solidarité territoriale quand on est face aux défis du logement, de la lutte contre l’habitat indigne, de la rénovation urbaine ». De redire que « l’état est là » avec l’Anah qui, depuis 2018, a mis plus de 40 millions d’euros sur ce territoire et 25 millions d’euros supplémentaires en 2025 et 650 millions d’euros de l’Anru sur Marseille. Il rappelait l’impact de la crise du Covid où « la production s’est écroulée de 30% quand les demandes de logements sociaux augmentaient de 30% ».

    Pour Francis Vernède, de la Fondation pour le logement des défavorisés, « avec 2,8 millions de demandeurs d’un logement social en France, dont 110 000 dans les Bouches-du-Rhône, la question devrait être le cœur de cible des pouvoirs publics. Ce n’est plus une crise, mais une tendance car on a fait du logement social un produit financier ».

    * opération de requalification de copropriétés dégradées d’intérêt national

  • La Ville de Marseille amène la prévention au plus près des jeunes

    La Ville de Marseille amène la prévention au plus près des jeunes

    « La loi, à quoi ça sert ? » Autour du jeu de l’oie « graine de droit », installé sous un arbre du jardin de la Porte d’Aix (1er), Ahmer et ses petits camarades se grattent la tête. Il trouve la réponse : « Protéger les personnes ! » Ateliers de sécurité routière avec la police municipale, gestes de premier secours avec les marins-pompiers, centre de loisirs de la police nationale, stands de tir à l’arc, de badminton, escalade avec l’Addap 13… Associations et institutions ont investi la place, au cœur de Belsunce, pour la journée phare, ce mercredi 8 octobre, de la semaine de la prévention et de la protection de la jeunesse organisée par la Ville de Marseille et la mairie des 1er et 7e arrondissements. Dans les centres sociaux, les écoles ou les lycées des projections, animations sont aussi au programme.

    Une formule, qui, en tournant dans les quartiers marseillais depuis deux ans, rencontre un franc succès, se félicite Zoubida Meguenni, conseillère municipale (PM) déléguée aux politiques de prévention, protection et de médiation sociale pour les jeunes. Le but : « Amener la prévention sur les territoires dont beaucoup sont isolés, ici c’est le centre-ville mais il y a des problèmes de drogue et de violence », rappelle l’élue. Avec cette journée, il s’agit aussi d’« occuper le terrain », ajoute-t-elle, et d’informer « tout le monde sur les outils à disposition », en créant par la même occasion une synergie entre tous.

    Zoubida Meguenni aimerait faire plus, plus longtemps avec plus de moyens, déplorant le « grand vide » en matière de prévention. Même s’il y a de légers bougés. Manu*, éducateur à la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), embauché avec cette mission, « une nouveauté cette année depuis septembre », nous indique Pierre Pibarot, directeur territorial de la PJJ des Bouches-du-Rhône, explique : « Ce qui fait tomber les jeunes dans le trafic c’est l’appât du gain, la rupture avec les institutions telles que la police, l’Éducation nationale et la banalisation de la violence et de la criminalité. C’est un travail sur le temps long, on essaie de mettre tous les moyens possibles. Mais quand ils en sortent, c’est par l’amour… Ou la mort. »

    * Le prénom a été changé

  • L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    L’État lance un appel pour reloger les occupants d’habitat insalubre

    La préfecture a lancé un appel à manifestation d’intérêt « pour la captation d’hébergements, de relogements, et d’accompagnement social pour des ménages dont le logement fait l’objet d’un arrêté d’insalubrité ».

    L’approche, qui se veut expérimentale, s’attelle enfin au laxisme qui a longtemps prévalu dans le suivi des arrêtés préfectoraux d’insalubrité, en particulier ceux qui prescrivent une interdiction temporaire ou parfois définitive du logement. Il ne suffit pas de relancer la chaîne de production des arrêtés, faut-il encore s’assurer de leur exécution.

    Par manque de logements et de volontarisme aussi, nombre d’arrêtés sont restés lettres mortes face à la carence du bailleur, même sous la pression croissante d’astreintes. Les autorités sont souvent dans l’incapacité de se substituer au propriétaire à ses frais avancés. De fait, de nombreux occupants finissent par se reloger d’eux-mêmes, mais certains n’ont d’autres choix que de se maintenir dans le local insalubre, comme le constate régulièrement La Marseillaise : des locaux insalubres interdits depuis des lustres restent occupés et parfois même reloués en douce.

    La Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) est en quête d’un opérateur inventif à qui confier cette mission pour une durée initiale d’un an, reconductible jusqu’à trois ans « sous réserve de disponibilité budgétaire ». « L’appel à projets vise à favoriser l’émergence de projets innovants et partenariaux… Toutes les propositions alternatives et les initiatives sont les bienvenues », énonce le cahier des charges qui promeut l’idée d’un « groupement d’opérateurs » qui « serait semble-t-il de nature à favoriser la capitalisation des compétences et des expériences dans des domaines variés et de mieux couvrir l’intégralité du département ».

    Marseille exclue de la mission expérimentale

    La DDETS rappelle combien la lutte contre l’habitat indigne est une priorité d’action de la puissance publique « à valeur constitutionnelle », dans un département qui détient « les taux les plus élevés de France » : 63 000 logements privés y sont potentiellement indignes, soit 9,6% des résidences principales. « Marseille concentre, à elle seule, 30% du parc potentiellement indigne de la région Paca. Ainsi, 40 000 logements privés sont potentiellement indignes à Marseille, dont 10 000 nécessiteraient un traitement prioritaire. »

    Pourtant, Marseille est exclue de l’expérimentation, alors que la cité phocéenne pèse pour la moitié (242) des 502 arrêtés préfectoraux engageant la procédure d’insalubrité dans le département ces dix dernières années. Depuis le début de l’année, 66 arrêtés préfectoraux (dont 9 avec interdiction définitive du local) ont ouvert une procédure de traitement de l’insalubrité, dont 39 à Marseille (60%). L’État justifie cette exclusion par « la convention de délégation de traitement des situations d’insalubrité », signée en janvier 2023 avec la Ville de Marseille. « La plupart des situations de la ville de Marseille sont donc gérées par le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), hormis les situations de ménages non titrés et en surpeuplement. » Or, la ville est bien plus confrontée à ses difficultés que l’État.

  • Les voix d’une armée impartiale pour la paix au Proche-Orient

    Les voix d’une armée impartiale pour la paix au Proche-Orient

    C’est certes un petit rassemblement qui s’est formé, ce mardi soir, sur le Vieux-Port. Mais il prône de grandes valeurs, la paix, la vie, le cessez-le-feu. Et attire la sympathie des passants. Le mouvement lancé par la réalisatrice militante Hanna Assouline, en 2022, commence à prendre du galon et à faire entendre son message de justice et d’égalité.

    « Nous sommes un mouvement féministe, nous luttons contre toutes les formes de haine qui traversent la société, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, la haine anti-LGBT et tous les ostracismes », décrit Laura Sahin, une des représentantes des Guerrières de la paix de la section Sud, alors que les premières militantes commencent à déployer leurs pancartes. À ses côtés, Nawelle Senad précise : « Au-delà de nos frontières, nous sommes mobilisées partout où les droits des femmes sont menacés, et les droits humains bafoués. » Et ce mardi, l’objectif précis était de « porter des voix militantes, pour rendre hommage aux victimes israéliennes et palestiniennes, exiger l’arrêt de ce bain de sang insensé et localement, de faire en sorte qu’un dialogue puisse se renouer ».

    Il y a deux ans, l’attaque terroriste du Hamas faisait 1 219 victimes et 251 personnes étaient enlevées durant la fête juive de Souccot. Depuis, en réponse, le gouvernement israélien mène une riposte violente qui a provoqué quelque 67 160 décès, avec une situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza.

    Devant les pancartes qui demandent justice, paix et cessez-le-feu, « nous sommes là en soutien aux enfants, femmes, hommes, vieillards et adolescents d’un conflit qui n’en finit pas, nous refusons d’instrumentaliser la souffrance », lance une des militantes au mégaphone. Depuis deux ans, elles sont de plus en plus nombreuses à parler d’« une voix fragile, mais ferme ».

    Fragile, car même à des milliers de kilomètres, le conflit « s’immisce dans nos esprits, nous sommes sommés de prendre parti. Mais nous refusons de choisir un camp. Nous sommes du côté de la paix, de la vie ». Ferme, car elles refusent de céder aux chants de division des mauvaises sirènes de la haine et sont déterminées à « dire toujours plus haut et plus fort notre solidarité avec les deux peuples ».

    Un banc pacifique

    sur la Méditerranée

    Pour donner du souffle à leur message contre vents et marées, cette armée pacifique jette toutes les bouteilles à la mer. Financé par les Guerrières, un banc de mosaïque réalisé par des élèves des écoles de la deuxième chance sous la houlette de l’association Viv’arthe, sera inauguré le 13 novembre, sur la Corniche Kennedy. « C’est un geste symbolique, qui doit sensibiliser aux discours de paix, explique Laura Sahin, nous utilisons tous les moyens d’expression pour faire avancer nos revendications. » Et l’art est une des plus belles armes contre les propagandes fascistes.

    La mairie éteinte

    Extinction des feux pour l’hôtel de ville, en hommage aux victimes du 7 octobre. « Marseille sera toujours du côté de la paix » assène sur le maire Benoît Payan (DVG), appelant à la libération immédiate des otages détenus par le Hamas.

    M.R.

  • La dérive complète du 31, rue Barthélémy à Marseille

    La dérive complète du 31, rue Barthélémy à Marseille

    La fuite en avant du propriétaire du 31, rue Barthélémy se poursuit, continuant, malgré les interdits, de décloisonner et diviser les grands appartements de 140 m² de ce bel immeuble marseillais, pour les exploiter en meublés saisonniers sans autorisation de changement d’usage.

    Alors que la société MessieursDames (propriétaire de l’immeuble racheté 1,7 million d’euros en octobre 2023) et la société Lovely Keys (qui loue les neuf meublés touristiques créés au rez-de-chaussée et au 1er étage) sont assignées, lundi prochain, par la Ville de Marseille devant le tribunal judiciaire, aux côtés de trois autres investisseurs, pour violation du règlement sur le changement d’usage, des travaux dangereux et non autorisés ont été entrepris la semaine dernière, au 3e étage.

    « Un jour de plus

    et ça s’effondrait »

    « Lundi dernier, ça s’est mis à trembler de partout », relate Julie, en état de choc et qui vivait en colocation au 4e étage. « En quelques jours, ils ont tout pété, tout détruit. C’est samedi en revenant qu’on a découvert de grosses fissures. Les portes ne fermaient plus, le sol s’affaissait. C’était la panique totale. Un jour de plus et ça s’effondrait. C’est du mépris et de la mise en danger. » Les marins-pompiers et techniciens de la Ville ont constaté la déstructuration du 4e étage avec une descente du plancher. Les 3e et 4e étages sont désormais interdits. Aidés par des membres du Collectif du 5-Novembre et des amis pour déménager leurs affaires, Julie et ses deux colocataires ont trouvé refuge loin de la rue Barthélémy. « J’ai mis 7 ans de vie dans des sacs et là je dors chez des amis. »

    Ce mardi, des ouvriers évacuaient des gravats. Interrogé par La Marseillaise sur la situation de son immeuble et de ses locataires, dont une jeune étudiante en « bail mobilité » au rez-de-chaussée, Mehdi Guenouni, le gérant des deux sociétés, a répondu très posément : « Il n’y a pas de situation. Il n’y a pas de péril. » Il n’a pas souhaité davantage s’exprimer.

    « C’est un exemple assez sidérant de la dévitalisation d’un immeuble qui passe de l’habitation classique à la location hôtelière sauvage en chassant les habitants et en fracturant leurs murs », commente Dominique Dias, expert appelé par des locataires. Les travaux opérés sur la base de déclarations préalables visant un « changement de destination de bureau en hébergement hôtelier » ne sont pas réguliers. En effet, à la suite d’un recours contre trois déclarations préalables et après visite d’un inspecteur de l’urbanisme, des illégalités ont été constatées. « L’analyse approfondie des pièces de ces trois dossiers a mis en lumière plusieurs éléments susceptibles de conduire à un retrait pour fraude de la décision implicite de non-opposition dont vous bénéficiez depuis le 13 juin 2024 », avait signifié l’adjoint à l’urbanisme, éric Méry, dans une mise en demeure du 17 décembre 2024. « Des éléments précis et concordants laissent penser que les surfaces objet du changement de destination étaient en réalité des surfaces d’habitation, et non de bureau », écrivait la Ville. Les déclarations décrivent des travaux « sans modification des structures porteuses » or, « contrairement à ce que laissait penser sa présentation, le projet de changement de destination s’accompagne nécessairement de modifications des structures porteuses du bâtiment et aurait donc dû, à ce titre, faire l’objet d’une demande de permis de construire ».

    En conclusion, pour la mairie, « les trois projets visent à la création d’un grand nombre de meublés de tourisme » qui « engendrera inévitablement des nuisances sonores graves pour le voisinage, notamment la nuit ». Avertissements et assignation n’ont pas empêché la fuite en avant.

  • Agression d’une Atsem à l’école Campagne Lévêque à Marseille

    Agression d’une Atsem à l’école Campagne Lévêque à Marseille

    « Elle a été violemment attaquée aux abords de l’école, alors qu’elle s’y rendait », relate Patrick Rué, secrétaire général FO Territoriaux de la Ville de Marseille. Son organisation tire la sonnette d’alarme suite à une agression d’une Atsem, ce mardi matin, à l’école Saint-Louis Campagne Lévêque (15e arrondissement). Le syndicaliste affirme qu’elle a « reçu de nombreux coups violents » et pointe la gravité de l’agression.

    Contacté, le bataillon des marins-pompiers a confirmé l’intervention de ses services, tôt dans la matinée, et explique que l’agente d’une quarantaine d’années a été transportée aux urgences « pour des douleurs au visage et au dos ».

    « La police municipale a été prévenue quelques minutes après l’agression. Une fois sur place, nous constatons la hauteur de l’agression subie par cette personnelle de la Ville. Nous lui apportons notre soutien total, plein et entier », réagit Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité et de la police municipale. Il précise qu’un dépôt de plainte « au nom de la Ville » va être réalisé prochainement. « Nous avons dépêché un équipage de police municipale qui restera autant que nécessaire pour assurer la sécurité devant l’école », développe l’adjoint. « L’agente a été prise en charge, elle a été très choquée. Nous prévoyons un accompagnement psychologique et une cellule psychologique pour les autres agents de l’établissement », conclut-il.

    Le maire de la ville, Benoît Payan, a également réagi sur les réseaux sociaux : « Cette agression est révoltante et je veux dire toute ma solidarité à cette victime qui ne faisait qu’exercer son métier. Je suis à ses côtés et aux côtés de toute l’équipe ». Il s’est également entretenu directement avec l’agente pour lui réaffirmer son soutien, dans la journée.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au palais Longchamp, Finson, vie brève : Italie et Provence, Le Caravage et Peiresc

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au palais Longchamp, Finson, vie brève : Italie et Provence, Le Caravage et Peiresc

    On aperçoit en pleine maturité un personnage audacieux et affranchi. Né à Bruges en 1578, Louis Finson quitte l’Italie et Naples en 1613. Dans sa trajectoire, les années italiennes sont cruciales. Parce qu’il croise à plusieurs reprises l’œuvre et la présence du Caravage, sa peinture se métamorphose : de même, en d’autres temps et toutes proportions gardées, Cezanne ou Picasso bouleversèrent de jeunes artistes. Finson n’est pas seulement comme l’écrivait Roberto Longhi un « peintre-marchand » qui vend, copie et comprend fortement les toiles d’un artiste qui révolutionne l’art. Il est l’introducteur du Caravage en France, son rôle fut déterminant.

    Torse nu, épaules et bras musclés, auparavant hanté par les clairs-obscurs et l’extase mystique de Madeleine, ce nordiste jubile. Sa main gauche brandit l’acier d’une hallebarde. C’est un guerrier d’opérette, le serre-tête d’un casque sans visière déploie une longue plume blanche. Sa main droite, ses clins d’œil et son visage songent ironiquement à ce que pourront dire son menton et sa bouche. Son séjour entre Marseille et Aix, moins que trois ans jusqu’en 1614, s’adapta aux circonstances et aux commandes : inégal et paradoxal, cet artiste qu’on imagine jouisseur et narquois réalisa pour les églises aixoises de Saint-Jean de Malte et de Saint-Sauveur des peintures religieuses brunes et grises, sobrement austères. Simultanément, il portraiturait l’entourage distingué et raffiné du grand érudit et collectionneur Nicolas Peiresc : entre autres, Boyer d’Eguilles, Lacépède et Guillaume du Vair, l’archevêque d’Aix Paul Hurault, François de Malherbe que Ponge vénérait.

    L’autoportrait est daté de 1613. Qui aurait pu deviner que cet homme robuste et joueur, cette personnalité épanouie, voyageuse et contradictoire doive interrompre brusquement une carrière à ce point prometteuse ? Après avoir séjourné à Arles, Montpellier et Paris jusqu’en juillet 1616, sa présence est signalée à Amsterdam. Il s’affaiblit, tombe malade. Il a 39 ans quand il rédige son testament ; Louis Finson meurt pendant les derniers jours de 1617.

    format 81 x 62 cm