Tag: vignerons

  • [Festival] Du rire et du vin pour réchauffer l’hiver dans l’Hérault

    [Festival] Du rire et du vin pour réchauffer l’hiver dans l’Hérault

    Durant trois week-ends d’affilée, du 30 janvier au 13 février, les Hivernales du rire et du vin sont de retour dans l’arrière-pays héraultais pour une 35e édition. Organisé par la communauté de communes des Avants-Monts, ce festival original marie, comme son nom l’indique, l’humour et la viticulture. Un beau programme pour réchauffer le cœur de l’hiver, « à une période où il y a très peu d’événements sur notre territoire, qui est plutôt touristique donc s’anime davantage aux beaux jours », explique Olivia Losse, responsable du service culturel de la communauté de communes des Avants-Monts.

    Murviel, Roujan et Laurens

    « Sur chaque commune où nous allons, on invite un vigneron qui y est domicilié à venir présenter ses vins. Le spectacle se déroule et à la fin de la représentation, nous organisons un moment convivial avec dégustation et rencontre avec les artistes et les vignerons », détaille Olivia Losse. « Notre but est que tout le monde puisse accéder à la culture, même en ruralité. On n’a pas de salle dédiée sur le territoire, donc on transforme les salles polyvalentes ou les salles des fêtes des différentes communes pour accueillir les spectacles, afin que les habitants s’y sentent comme dans un vrai théâtre. On favorise aussi l’accès à la culture en pratiquant des tarifs accessibles* », poursuit la responsable du service culturel.

    Pour cette édition 2026, quatre spectacles seront proposés dans trois communes différentes. Entre sketch, stand-up, danse et musique, le Montpelliérain Kevin Levy assurera l’ouverture du festival vendredi 30 janvier à Murviel-lès-Béziers avec son premier seul en scène, « Cocu ». « À la fois drôle et authentique, il séduit un public toujours plus large. Dans son spectacle en solo, il retrace la désillusion amoureuse et en profite pour croquer notre époque. »

    Le lendemain, toujours à Murviel-lès-Béziers, c’est « Madame Fraize » qui investira la salle multi-activités. « Clown lunaire à contre-courant des lois de l’humour et des diktats de l’efficacité, Monsieur Fraize est un personnage culte dans l’univers du one man show. Cette fois, il rend hommage à Madame, avec un spectacle délicieusement drôle et absurde. »

    Le week-end suivant, 6 février, cap sur Roujan avec Amor à mort, de la compagnie Boulègue Production. « Un spectacle d’humour noir cathartique, audacieux. Amor à mort, c’est une série de tableaux féroces, drôles, grinçants et résolument transgressifs sur des histoires d’amour. »

    Enfin, en clôture du festival le 13 février, Bernard Mabille, qu’on ne présente plus, se produira à Laurens avec « Loin des cons », « un spectacle incisif et intimiste démontant politiques et société avec humour et liberté. » Le tout en présence, à chaque représentation, des vignerons du territoire invités pour la soirée.

  • L’un des plus grands vinaigriers de France est à Sausset-les-Pins

    L’un des plus grands vinaigriers de France est à Sausset-les-Pins

    En 2019, il installe ses premiers fûts dans son garage. En 2025, il travaille avec les plus grands. Son vinaigre est à la table du meilleur ouvrier de France Philippe Mille, du restaurant Mirazur – élu meilleur établissement du monde en 2019 – ou encore du Grand-Hôtel du Cap-Ferrat. Laurent Boyer a pour le moins réussi sa reconversion.

    À l’aune de ses 50 ans, le directeur commercial décide de changer de vie. « Je voulais travailler dans la gastronomie », explique-t-il simplement. Issu d’une lignée de vignerons, le Saussetois d’adoption avait « toujours vu (s)a grand-mère et (s)es parents faire leur vinaigre de manière artisanale ». C’est donc tout naturellement qu’il s’est dirigé vers ce produit, ressuscitant une tradition familiale.

    « C’est un savoir-faire qui s’est perdu, affirme-t-il. On est une poignée en France à travailler comme ça. » Et pour cause : quand un artisan met 15 à 20 mois à produire un fût de vinaigre, l’industrie, elle, prend une journée à grand renfort d’injection d’oxygène et de ferment acétique.

    À la recherche d’un local

    Mais à la fin, le résultat est bluffant. La gamme de Laurent Boyer compte dix bouteilles différentes, toutes produites à partir de vins naturels biodynamiques. Certaines ont un goût de miel, d’autres une fine acidité, d’autres encore un fond de nèfle. Pour celles qui sont macérées, le fruit ressort remarquablement en bouche. Pas étonnant que les grands chefs adoubent le Saussetois.

    Face à un carnet de commandes grandissant, Laurent Boyer se retrouve vite à l’étroit dans son garage. En 2023, la mairie débloque la situation en lui louant la cave de l’ancienne ferme du château de Sausset, à 200 mètres de chez lui. Après une rénovation express, ce nouveau lieu permet au quinquagénaire de tripler sa production, pour atteindre les 12 000 bouteilles par an. Et « chaque année, c’est mieux », affirme-t-il.

    Alors, Laurent Boyer cherche encore à agrandir. « Je suis à un tournant de mon activité, poursuit-il. Je suis connu et reconnu, maintenant, il faut voir si j’arrive à poursuivre mon expansion ou si je reste comme ça. » Lui veut relever le défi, même si, en autofinancement et avec des investissements gelés sur 18 mois, le risque est réel.

    « J’aimerais trouver un local d’au moins 100 m2 sur la Côte Bleue, car la mer a une influence sur le vinaigre. Dans l’idéal, j’aimerais y installer une boutique pour pouvoir faire de la vente directe. » Vu la pression immobilière sur le secteur, ce n’est pas une mince affaire. Mais Laurent Boyer a des atouts, au premier rang desquels sa volonté.

  • Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Attendue au Salon international des filières viticole, vinicole, arboricole et oléicole (Sitevi) du 25 au 27 novembre à Montpellier, Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, pourrait avoir les oreilles qui sifflent.

    Au sortir de vendanges qui laissent augurer d’une récolte historiquement faible (avec l’arrachage), les viticulteurs, en proie à une crise systémique de surproduction en raison de l’effondrement de la consommation de vin et du jeu pervers des puissants intermédiaires (négoce, grande distribution), ont le moral en berne.

    Samedi 15 novembre, après plusieurs mois de faux calme, entre 4 000 et 7 000 vignerons ont à nouveau dit leur inquiétude pour l’avenir d’une profession qui subit aussi les droits de douane de Trump ou les taxes chinoises (Cognac, Armagnac). La colère s’est exprimée aussi. En marge du calme cortège, un magasin Lidl et un radar ont été dégradés.

    Malgré la belle affluence, une viticultrice du Minervois se montre pessimiste. « On a l’impression qu’on ne nous écoute pas, qu’on se fout de nous », lâche-t-elle tandis qu’une réunion doit se tenir au ministère le 24 novembre, veille du Sitevi au parc des expos.

    À l’heure où la profession doit s’adapter (eau, cépages…) aux effets du dérèglement climatique (sécheresse, gel, grêle…), le président des Jeunes agriculteurs (JA) du Gard, Romain Angelras s’agace. « On nous étouffe sous les normes. On nous noie sous les taxes. On nous ment sur les prix. Et pendant qu’on se bat pour survivre, d’autres exportent le vin au prix de l’eau. D’autres vendent des bouteilles au prix d’un simple café ».

    Les propositions du PCF

    Attentifs, les élus du groupe communiste, républicain et citoyen d’Occitanie se disent solidaires. Ils réclament « l’instauration de prix planchers pour les vins de table, IGP, AOP et biologiques, fixés par une conférence exceptionnelle réunissant l’ensemble de la filière et garantissant une rémunération juste du travail des vignerons ». Le groupe se prononce aussi en faveur de « l’activation de mesures de sauvegarde et le blocage des importations lorsque le maintien de filières de production spécifiques est en jeu ». À plus long terme, les élus PCF prônent la « diversification des exploitations viticoles afin de sécuriser une partie du revenu agricole en cas d’aléa climatique ou sanitaire sur la vigne ». Enfin, ils réclament la mise en place d’un « véritable régime public d’assurance contre les risques climatiques, sanitaires et environnementaux ».

    Vendanges : les résultats dévoilés par Sun’Agri au salon Sitevi

    Mardi 25 novembre à 9h30, au premier jour du Sitevi au parc des expositions de Montpellier, Sun’Agri dévoilera les résultats agronomiques des vendanges 2025. Un millésime qui pourrait être de bonne qualité mais d’une quantité historiquement faible, selon les craintes des syndicats. Tout au long de ce salon, Sun’Agri, agritech filiale d’Eiffage Concessions, pionnière et leader de l’agrivoltaïsme dynamique, propose plusieurs animations sur son stand. Mardi 25 novembre (11h), une dégustation du premier vin agrivoltaïque de Damien Besombes. Les 26 et 27 novembre, d’autres dégustations de vins agrivoltaïques comparés. Forte de 15 années de recherches conduites avec l’Inrae, auteure du premier démonstrateur agrivoltaïque dynamique, Sun’Agri équipe 41 parcelles agrivoltaïques.

  • [Le Grand entretien] Denis Verdier : « On ne sauvera pas la viticulture avec des rustines »

    [Le Grand entretien] Denis Verdier : « On ne sauvera pas la viticulture avec des rustines »

    PARCOURS

    La Marseillaise : Comment résumeriez-vous votre parcours
    et votre rôle ?

    Denis Verdier : Je viens d’une famille de vignerons modestes, enracinée dans le Gard, j’ai toujours eu un pied sur le terrain. J’ai grandi dans la coopération et dirigé des structures locales avant de présider les caves coopératives au niveau national. Aujourd’hui, à la tête des IGP du Gard, j’anime un conseil d’administration qui représente la diversité du vignoble. Mon rôle est à la fois stratégique et concret : défendre nos producteurs, promouvoir nos vins et porter leur voix auprès des pouvoirs publics. Rester au contact du terrain est indispensable pour garder la mesure de la réalité, comprendre les difficultés et anticiper les crises.

    CRISE VITICOLE

    LM : La filière viticole traverse une crise majeure. Comment la décririez-vous ?

    D.V. : C’est une crise économique mais aussi humaine, morale. Les vignerons travaillent à perte : selon les centres de gestion, les exploitations enregistrent en moyenne 1 500 euros de pertes par hectare. Quand on a une vingtaine d’hectares, cela fait 30 000 euros envolés sur une année, c’est colossal. Les prix du vrac s’effondrent, les stocks s’accumulent et l’endettement devient insupportable. Derrière les chiffres, il y a des familles, des salariés, des coopératives. On sent monter une grande lassitude. Si rien ne change, c’est tout un pan de notre économie rurale qui risque de disparaître dans l’indifférence.

    Que reprochez-vous aux pouvoirs publics dans la gestion de cette crise ?

    D.V. : Le principal reproche, c’est l’absence de vision. Nous alertons depuis des mois la Rue de Varenne et Bruxelles sur la situation, mais nous n’obtenons que des réponses techniques, jamais de cap politique. Même chose au ministère de l’Agriculture. Les personnes qui prennent ces décisions ne sont pas des gens de terrain et ne voient pas les vrais problèmes, c’est criant. Il faut une régulation du marché : permettre à ceux qui veulent arrêter de le faire dignement, et redonner de la valeur à ceux qui restent. L’État doit comprendre qu’un marché du vin totalement libéralisé, c’est la porte ouverte à la spéculation et à la casse sociale. D’autant plus quand nos exportations sont de plus en plus taxées, comme aux États-Unis avec les droits de douane de Donald Trump. Nous demandons un vrai plan d’arrachage, des aides à l’innovation et une simplification administrative. Pas des rustines.

    VIGNERONS

    LM : Quel est l’état d’esprit des viticulteurs sur le terrain aujourd’hui ?

    D.V. : Catastrophique. C’est la désillusion. Tous produits confondus, toutes régions confondues, le moral est au plus bas. Les récoltes sont faibles à cause de la sécheresse, les charges explosent, et les prix chutent. Beaucoup ont le sentiment d’être abandonnés, de ne plus être écoutés. Les aides tardent, les décisions se perdent dans la technocratie. Certains viticulteurs ne savent plus comment boucler leurs comptes, d’autres songent à vendre ou à tout arrêter. Mais même les prix proposés pour l’arrachage ne sont pas satisfaisants, alors qu’ils abandonneraient une terre qu’ils cultivent parfois depuis plusieurs décennies. La colère existe, mais elle est rentrée, comme étouffée par la fatigue. Ce silence-là est peut-être le plus inquiétant, car il traduit une forme de résignation, et la résignation, dans ce métier de passion, c’est ce qu’il y a de plus dangereux.

    Les jeunes agriculteurs semblent particulièrement fragilisés…

    D.V. : Oui, ce sont eux qui souffrent le plus. Les jeunes qui se sont installés ont souvent dû emprunter pour acheter du matériel ou des vignes. Ils sont pleins d’énergie et d’idées, mais financièrement ils sont à la limite de la rupture. Ils voient leurs efforts réduits à néant par des conditions de marché qu’ils ne maîtrisent pas. C’est terrible, car ce sont eux qui devraient incarner l’avenir du vignoble. C’est pourquoi nous préparons avec les Jeunes agriculteurs une grande mobilisation le 15 novembre à Béziers, pour rappeler qu’il faut des mesures d’urgence, mais aussi une perspective à long terme pour cette génération. Nous essaierons d’être le plus nombreux possible, car si on les laisse tomber aujourd’hui, c’est tout un savoir-faire et un avenir rural qui s’effondrent avec eux.

    MODES DE CONSOMMATION

    LM : Les modes de consommation changent. Comment le monde viticole peut-il s’adapter ?

    D.V. : La baisse de consommation de vin rouge est nette, surtout chez les jeunes générations, qui se tournent davantage vers la bière, les cocktails ou des vins plus légers, moins alcoolisés et plus festifs. Cela nous oblige à repenser nos productions et nos manières de parler du vin. Il faut proposer des cuvées accessibles, conviviales, adaptées aux nouveaux moments de consommation, sans renier l’identité de nos terroirs. C’est un défi pour nous, car le vin du Gard est plutôt réputé pour sa richesse en saveur et en caractère, même si nous savons faire de tout. L’enjeu n’est pas tellement de faire moins de vin, mais de produire différemment et faire un vin qui parle à son époque. Cela passe par l’innovation, la créativité, et une communication renouvelée. Nous misons également de plus en plus sur l’œnotourisme, qui a un rôle clé à jouer en tant que mode de consommation de plus en plus populaire : il permet de reconnecter le consommateur au territoire, de raconter une histoire, de faire vivre une expérience. À travers une dégustation, une balade ou une rencontre, on redonne du sens à l’acte de consommer du vin, au-delà du simple produit.

    UNE IDÉE REÇUE À COMBATTRE ?

    D.V. : Celle qui voudrait que le vin soit un produit à proscrire. On confond prévention et interdiction. Oui, l’excès est dangereux, mais le vin, c’est d’abord du lien social, du partage, un symbole de culture. Derrière chaque bouteille, il y a des femmes et des hommes, des paysages, une histoire. À force de diaboliser la consommation, on efface tout un pan de notre patrimoine. Ce que je défends, c’est une consommation modérée, consciente, qui fait partie du « bien-vivre ensemble ». Le vin est une richesse qu’il faut préserver et transmettre.

  • Vaucluse : le savoir-faire vigneron distingué

    Vaucluse : le savoir-faire vigneron distingué

    Une cérémonie, qui « met à l’honneur depuis 25 ans celles et ceux qui font rayonner nos terroirs et la qualité de nos vins », rappellent les JA. Dans un contexte viticole très compliqué, cette édition 2025 a distingué 28 lauréats et 10 coups de cœur, « preuve éclatante de la diversité, de l’excellence et de la vitalité du vignoble vauclusien, du Ventoux au Luberon, des Côtes-Du-Rhône à Beaumes-de-Venise », mettent en avant les JA. Le Département a, de son côté, remis trois coups de cœur au domaine Plein Pagnier (Mazan), au cellier des Templiers (Richerenches) et au domaine Le Père Brun (Sorgues).