Tag: vessie

  • [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    [Ce cancer dont personne ne parle 3/3] Des traitements pour le cancer de la vessie plus adaptés

    On sait que les tumeurs de la vessie, c’est des cancers tout le temps », pose d’emblée Géraldine Pignot, chirurgienne urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Mais la nature exacte de ce cancer, son degré d’agressivité et sa profondeur d’infiltration, va tout changer dans le choix du traitement.

    D’une analyse, faite grâce à une micro caméra qu’on appelle cystoscopie, ressortent deux informations clés : le grade, qui mesure l’agressivité des cellules, et le stade, qui indique jusqu’où le cancer s’est enfoncé dans la paroi de la vessie. Si la tumeur ne touche pas encore le muscle de la vessie, qu’elle est « non infiltrante », le simple grattage peut suffire. C’est le cas pour 80% des patients diagnostiqués à temps. Mais cette forme de cancer a tendance à récidiver. Si en revanche la tumeur a infiltré le muscle de la vessie, le traitement change radicalement. Il s’agit « de retirer la vessie, de faire une cystectomie, et parfois d’y associer de la chimiothérapie avant et ou de l’immunothérapie après », explique la chirurgienne. Ce qui implique de reconstruire entièrement les voies urinaires. Deux options existent : soit une dérivation externe, avec une poche collectrice fixée sur le ventre, soit une reconstruction interne à partir d’un fragment d’intestin suturé à l’urètre, ce qu’on appelle une néo-vessie, qui permet au patient d’uriner comme avant, en appliquant une pression sur le ventre. À l’IPC, chaque patient bénéficie d’abord d’une préhabilitation : avant même d’entrer au bloc, il est suivi par une diététicienne, une coach sportive, une psychologue et une assistante sociale. « On essaie de faire en sorte qu’ils ne soient pas dénutris, qu’ils aient une activité physique régulière, qu’ils soient bien accompagnés sur le plan psychologique », détaille Géraldine Pignot. L’objectif est d’arriver à l’opération dans le meilleur état possible. Pendant et après la chirurgie, c’est la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) qui prend le relais. Elle passe d’abord par la chirurgie robotique, moins invasive, qui permet depuis quelques années de préserver les organes génitaux et donc l’activité sexuelle. « Avant, on enlevait à la fois la vessie, l’utérus, le vagin chez la femme. Aujourd’hui on préserve l’utérus et le vagin chaque fois qu’on le peut », souligne-t-elle. Chez l’homme, les nerfs responsables de l’érection peuvent également être épargnés. Puis en post-opératoire, mobilisation dès le lendemain, réalimentation rapide et durée d’hospitalisation réduite : « Tout est fait pour que le patient retrouve une vie normale au plus vite.» Depuis sa mise en place il y a dix ans, « les taux de complications ont diminué et les durées de séjour se sont raccourcies », ajoute la praticienne. Ce qui enthousiasme le plus Géraldine Pignot, c’est ce qui devrait être proposé aux patients prochainement : une nouvelle combinaison chimiothérapie-immunothérapie administrée avant même la chirurgie. Un espoir concret, pour une maladie qui, prise en charge tôt et bien traitée, se gère de mieux en mieux.

  • [Ce cancer dont personne ne parle 2/3] Des symptômes indolores et pourtant bien réels

    [Ce cancer dont personne ne parle 2/3] Des symptômes indolores et pourtant bien réels

    Le cancer de la vessie se manifeste rarement par des douleurs. C’est là toute sa traîtrise. « Le symptôme le plus typique, c’est l’hématurie, c’est-à-dire des urines qui deviennent rouges, couleur sang », explique Jochen Walz, chirurgien urologue à l’Institut Paoli-Calmettes (IPC) de Marseille. Un seul épisode peut suffire à déclencher l’alerte, même s’il ne dure qu’une journée ou disparaît spontanément. « Il ne faut pas se dire que cela n’est arrivé qu’une seule fois, que c’est disparu et que tout est bon. La maladie est quand même là, elle progresse », insiste le chirurgien.

    Ce saignement peut avoir d’autres origines : une infection urinaire, un problème de prostate ou des vaisseaux fragilisés. Mais seule une exploration complète permet de l’affirmer. Le médecin commence par une cystoscopie, une petite caméra introduite par les voies naturelles jusqu’à la vessie, sous anesthésie locale, en une poignée de minutes. Puis par un scanner pour inspecter l’ensemble du circuit urinaire, des reins jusqu’en bas. « Il faut explorer la totalité des voies urinaires pour être sûr qu’il n’y a nulle part une tumeur qui explique le saignement », précise Jochen Walz.

    Un délai qui a de l’importance