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  • [Entretien] Lionel Mathieu : « Au bataillon, nous avons une vie partagée avec les Marseillais »

    [Entretien] Lionel Mathieu : « Au bataillon, nous avons une vie partagée avec les Marseillais »

    Viscéralement attaché aux hommes et femmes du bataillon, mais aussi à une ville, Marseille, avec laquelle il a appris à composer au quotidien, le vice-amiral nous livre, avant son départ, les grands axes de son action mais aussi son analyse sur l’évolution du métier et des risques auxquels les marins-pompiers sont confrontés.

    La Marseillaise : Lorsque vous avez été désigné commandant du bataillon de marins-pompiers de Marseille, quels étaient vos objectifs ?

    Lionel Mathieu : Le premier objectif, c’était de faire un peu le point sur ce qu’était le bataillon contemporain de mon arrivée. Il venait de traverser la période de la crise sanitaire, riche mais difficile. Dans les mois qui ont suivi ma prise de fonction, j’ai dégagé trois grandes orientations. La première c’est ce que j’appelle conserver notre excellence opérationnelle. C’est-à-dire remplir la mission vis-à-vis des Marseillaises et des Marseillais de la manière la plus optimale possible. Et pour ce faire, il faut d’abord continuer à s’entraîner, c’est un élément extrêmement important. Un entraînement conséquent et diversifié pour justement être polyvalent. Il faut aussi que le marin-pompier en opération soit soutenu par des médecins, par de la logistique, que son matériel soit toujours en bon état. Être bon en opération, c’est aussi conserver notre expertise maritime et portuaire. Le deuxième grand axe, c’était ancrer l’humain au cœur du bataillon car sa richesse, ce sont bien ses marins-pompiers et ses personnels. On a travaillé sur une modernisation de ce qu’on appelle la gestion de carrière, sur le maintien de conditions de travail acceptables avec des équipements de pointe, de la sécurité en intervention et des casernes aménagées. Il y a aussi les conditions de vie à l’extérieur du bataillon, le socle sur lequel se bâtit là aussi leur efficacité opérationnelle. Principalement une vie décente pour eux-mêmes et pour leur famille, c’est-à-dire trouver des logements, les aider à garder leurs enfants, trouver des emplois aux conjoints, s’occuper des blessés quand nous en avons, des décès aussi malheureusement. Le troisième axe, c’est de regarder demain…

    Justement, le métier a-t-il évolué ?

    L.M. : Oui parce qu’on a une évolution des risques de plusieurs natures. La première, le changement climatique avec des feux plus forts, des phénomènes météorologiques intenses où on recommence à parler en Méditerranée du risque de tsunami. De là découle l’évolution des énergies. On voit une ville qui s’électrifie de plus en plus. La propulsion des navires est différente, on a la présence de batteries dans les véhicules… Et enfin le troisième élément, ce sont les tensions, la montée de la violence. Elle n’est pas dirigée contre les marins-pompiers mais on est confronté à l’exacerbation de la violence des rapports humains. Derrière l’évolution de ces risques, il y a donc l’évolution de nos techniques, de nos stratégies, de nos matériels avec notamment la numérisation, l’apport de l’intelligence artificielle, il y a aussi un besoin et une volonté d’aller vers plus de partenariats, d’être plus ouverts sur notre environnement, à la fois dans les autres services au public, les universités. Mais aussi d’aller vers la population parce qu’il faut absolument qu’elle soit avertie de ces risques, préparée à avoir des bons comportements. Aujourd’hui, on peut dire que nous ne sommes plus des soldats ou des marins du feu mais des soldats ou marins de la crise. On attend de nous d’être un peu la boîte à outils de tout ce qui est un peu déréglé. Notre intervention à Mayotte par exemple, n’était pas du secours d’urgence mais de la reconstruction. Cela demande une évolution de l’état d’esprit, l’emploi de plus en plus important de nos spécialités, qu’elles soient aquatiques, de secours en milieu périlleux, de risques technologiques, sur l’usage des drones ou des robots, mais aussi de les combiner entre elles. Ce qui requiert une certaine dextérité.

    Vous dirigez aussi l’école des marins-pompiers. Pour vous, la relève est-elle assurée ?

    L.M. : Cette école c’est le projet d’avenir par excellence. C’est là que tout commence, où le jeune a sa première image du bataillon, où on lui donne les bases les plus importantes, celles qu’il va garder tout au long de sa carrière, même si après il repassera dans le cycle de connaissances. C’est un projet sur lequel il faut encore convaincre, parce que ce sont des investissements humains et financiers importants. À terme, on souhaite regrouper les 3 sites sur lesquels elle est répartie en un. On recrute 180 jeunes par an, c’est un peu moins de 10% de l’unité, nous n’avons pas de crise de vocation.

    Quand on est marins pompiers on est militaire mais aussi pompier de Marseille, comment se traduit cette double appartenance ?

    L.M. : Nous sommes une unité militaire qui vit dans la cité. J’ai 350 marins pompiers tous les jours, l’hiver, un peu plus l’été, qui sont en action dans la ville. Ça crée une proximité avec la population qui est extrêmement importante. Nous consacrons 37 minutes à chaque Marseillais par an. C’est ce que j’appelle la vie partagée. Après, il y a l’histoire commune, celle des grands événements heureux, malheureux, ou douloureux qui font cette vie. Parmi les premiers, on a eu les dispositifs de protection qu’on a mis en place pour la coupe du monde de rugby, pour les Jeux Olympiques, la venue du Pape. Encore ce 15 août, les marins-pompiers faisaient partie du paysage lors du spectacle de drones. Pour les événements malheureux, les drames humains, la mort, nous les côtoyons régulièrement. Massages cardiaques, décès de personnes âgées, d’enfants, on est dans les familles. Et puis il y a les événements douloureux comme la rue d’Aubagne ou la rue Tivoli. Il ne faut pas s’imaginer que le marin-pompier, même si de par son métier côtoie des choses difficiles, est insensible.

    Quelles sont selon vous les interventions les plus marquantes de votre temps de commandement ? Que retenez-vous de cette période ?

    L.M. : Au-delà des événements douloureux que nous venons juste d’évoquer, je retiendrai surtout le contact humain avec les marins-pompiers, avec les médecins, tous ceux qui optent pour le bataillon. J’ai trouvé ici une densité humaine que je n’avais pas beaucoup rencontrée, peut-être un peu sur le porte-avions Charles de Gaulle quand j’y ai servi. Je pense que ce qui va rester ce sont ces visages où on voit sourire, fatigue, engagement… Tout ce qui marque. Ces gueules saisies sur l’instant, dans la charge émotionnelle ou la satisfaction du contact avec son chef. C’est une espèce de complicité tout en retenue.

    Quels conseils donneriez-vous à votre successeur ?

    L.M. : En substance, je vais lui dire trois choses : « aime Marseille, aime les marins-pompiers et sois toi-même ».

    Le bataillon en bref

    Plus de 2 500 militaires et civils constituent le BMPM

    17 centres d’incendie et de secours du BMPM sont répartis dans Marseille

    L’unité intervient aussi sur 4 sites à l’extérieur de la ville, l’aéroport Marseille-Provence, Airbus hélicopters, le port de Fos-sur-Mer et celui de Port-de-Bouc.

    Plus de 126 000 interventions en moyenne, soit plus de 340 opérations par jour, sont réalisées chaque année, 81% des missions relevant du secours à personnes

  • Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    « Lorsque l’on est en voiture, on est soumis à la fois à la pollution extérieure de l’air mais aussi à l’augmentation du taux de gaz carbonique qui est exhalé par les occupants », explique le président de l’association varoise ACTEnergies* Michel Pierre. L’ingénieur chimiste a fait les mesures à l’aide de l’appareil modulaire d’AtmoSud et les concentrations révélées sont sans appel. Ainsi avec la position mal nommée « recyclage d’air » actionnée, 2 personnes à bord du véhicule suffisent pour atteindre en 8 minutes seulement 2 000 ppm (parties par million) alors que le seuil d’alerte dans une salle de classe est fixé à 800. « Et il faut savoir qu’au-dessus de 2 000, cela peut provoquer des maux de tête, une baisse des performances cognitives et de la somnolence », met en garde le scientifique. Avec tous les risques que cela peut engendrer sur la route notamment en ce moment avec le ballet des vacanciers qui passent plusieurs heures au volant. L’association indique qu’elle va prendre contact avec les stations de radio autoroute pour faire passer le message de prévention.

    Plus mortifère que

    la pollution aux particules

    « C’est un petit empoisonnement », insiste Philippe Chesneau pour Toulon Var Déplacements, une des associations adhérentes d’ACTEnergies. Un phénomène qui s’amplifie encore en période de grosses chaleurs, ajoute-t-il, où l’on retarde le moment d’ouvrir les vitres et de faire entrer l’air brûlant dans l’habitacle. Et de poursuivre : « Les automobilistes ne sont pas forcément conscients de cette problématique-là ».

    Pour mémoire la fonction recyclage d’air, qui s’enclenche automatiquement sur certains véhicules récents, est destinée à protéger les passagers de la pollution aux particules fines provenant de l’extérieur. Le problème c’est que le circuit fonctionne alors en vase clos. Et que le confinement peut s’avérer plus toxique encore. Il faut donc l’utiliser sur une période de courte durée lorsque cela est vraiment nécessaire, par exemple lors de la traversée d’un tunnel. Pour l’ingénieur chimiste, l’arbitrage doit se faire en faveur du maintien du taux de dioxyde d’azote à des valeurs acceptables. D’autant que seules les grosses particules sont filtrées. Pas les plus dangereuses pour l’organisme qui sont inférieures à 6 microns. Michel Pierre conclut : « Il faut être conscient que la fonction recyclage d’air en voiture, qui est souvent activée pour améliorer l’efficacité de la climatisation, augmente le risque d’accident ». Le message d’alerte vise donc à sensibiliser conducteurs et passagers de l’effet du gaz carbonique (CO2) invisible mais qui peut avoir des effets délétères sur l’attention au volant.

    *60 Rue Pablo Picasso, 83 500, La Seyne-sur-Mer. Tel : 06.70.21.80.10

  • À Velaux, un VLOG flambant neuf pour les anciens pompiers 13

    À Velaux, un VLOG flambant neuf pour les anciens pompiers 13

    Les clés de ce VLOG leur ont été remises mardi au centre de formation départemental de Velaux. Cet équipement leur permettra de poursuivre leur mission de soutien auprès des personnels engagés sur les interventions, notamment en assurant le ravitaillement en eau, café et nourriture. Bénévoles, les anciens pompiers constituent un maillon essentiel
    du dispositif opérationnel et maintiennent un lien fort avec les effectifs en activité avec
    un engagement précieux qui se prolonge parfois jusqu’au bout de la nuit.

  • Du covoiturage plutôt que le projet de liaison Fos-Salon

    Du covoiturage plutôt que le projet de liaison Fos-Salon

    « Notre idée c’est d’abord de privilégier le covoiturage en le rendant le plus pratique possible », estime Pascal Bazile, coprésident Istréen de l’association des Vélos des étangs. Alors que la réalisation de la liaison Fos-Salon se profile pour 2032, l’association propose un contre-projet à cette route à 566 millions d’euros devant accueillir 40 000 véhicules par jour selon l’État, dont 10 000 camions.

    C’est pourquoi Pascal Bazile défend l’idée « de réduire les voitures sur cet axe » pour éviter les travaux. « Nous trouvons que ce projet ne se justifie pas », assume-t-il, « aux Pays-Bas, chaque gros carrefour dispose d’une aire de covoiturage, de ranges-vélos et d’arrêt de bus, on est vraiment en retard », estime le militant écologiste.

    Une application

    pour covoiturer

    Défenseur du vélo, mais pas ayatollah. « Évidemment que les gens qui viennent bosser à Fos depuis Salon vont pas le faire à vélo », reconnaît Pascal Bazile, « mais quelqu’un de Miramas doit pouvoir accéder à une aire de covoiturage en vélo ou en bus et se faire récupérer par son collègue de Salon », illustre-t-il. Pour compléter, l’association a créé une carte reprenant la liaison Fos-Salon pour y montrer les emplacements stratégiques pour ces futurs carrefours intermodaux. « Il faut cesser d’être seul en voiture » reprend le cycliste, « réaliser les aires et adapter le transport est une chose, mais créer une application comme cela se fait à Chambéry ou bien d’autres endroits, est nécessaire », estime Pascal Bazile.

    Reste à porter cette politique. La Métropole propose déjà un dispositif de covoiturage avec application en lien avec les entreprises. Le plan de déplacement urbain prévoit notamment la réduction de 68 à 60% des déplacements en voiture particulière sur cet axe.

  • Marseille : une arme sur le plancher de la voiture

    Marseille : une arme sur le plancher de la voiture

    Un équipage décide de contrôler un véhicule après avoir constaté plusieurs infractions au Code de la route. Lors de la vérification, les agents repèrent une arme de poing au niveau du plancher arrière droit, visible depuis l’extérieur du véhicule. Les trois occupants ont été immédiatement interpellés. L’arme a été saisie puis remise à l’officier de police judiciaire, qui a pris la suite de la procédure.

  • À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    Assis à l’ombre des oliviers, près d’une parcelle agricole située sur les hauteurs de Barjols, qui sert de point de ravitaillement en eau pour les sapeurs-pompiers engagés dans la lutte contre l’incendie qui a ravagé 4 500 hectares dans le massif du Gros-Bessillon, Lionel, Sylvain, Tom et une poignée d’autres agriculteurs de Barjols et ses environs prennent cinq minutes de repos. Depuis neuf jours, ce n’est pas le travail aux champs qui les fait transpirer, mais celui d’appui aux 870 sapeurs-pompiers encore présents sur le terrain, mercredi. Si le feu est fixé depuis mardi soir, le combat est encore loin d’être gagné face à des réactivations possibles sur certains secteurs, comme ce fut le cas ce jour.

    « Heureusement qu’ils sont là », reconnaît l’adjudant-chef Gilles du Sdis 83. Lionel, trufficulteur à la retraite, et sa gouaille provençale ne le contrediront pas : « S’il n’y a pas les agriculteurs, tout brûle. » Ces derniers ne ménagent pas leurs efforts. Chaque jour, de 7h à minuit, ils vont, au moyen de leurs engins agricoles et de leurs citernes, puiser des milliers de litres d’eau où ils le peuvent (bornes incendies, canal de Provence, rivières de l’Eau Salée, du Fauvery, de l’Argens…) afin d’alimenter les véhicules de lutte anti-incendie. « C’est inquantifiable, mais sur les jours les plus forts, on a constitué des réserves de 60 000 à 70 000 litres », estime Sylvain, viticulteur dans les environs. Et personne ne compte ses heures, à tel point qu’Hugo, qui dirige les opérations, n’a pas le temps de couper pour répondre à nos questions. « On est une cinquantaine chaque jour, dimanche on était entre 100 et 150 », affirme Sylvain.

    « On sauve nos terres pour continuer à travailler »

    Les camions des sapeurs-pompiers se branchent directement sur les citernes, soit pour s’alimenter avant de se rendre sur le terrain, soit pour remplir des piscines qui servent de réservoir pour les hélicoptères bombardiers d’eau. Deux sont disposées dans le secteur, en plus des piscines des particuliers réquisitionnées, et de réservoirs de fortune réalisés avec des bennes agricoles. « On a aussi tout labouré en lisière pour éviter que le feu ne s’étende », ajoute Lionel.

    « On sauve nos terres pour pouvoir continuer à travailler, au détriment de nos exploitations », résume Sylvain, dont les vignes ont été épargnées par le feu, mais risquent de subir les conséquences des fumées avec des fruits au goût altéré. Ses confrères et lui n’ont pas le choix et pointent amèrement le manque de moyens dont disposent les sapeurs-pompiers : « C’est une honte que le feu soit arrivé jusqu’ici, qu’il ait fait le tour du massif », dénonce Tom. « Ils font ce qu’ils peuvent, mais ça reflète ce qu’il se passe en France. On a 12 canadairs, mais que 5 opérationnels », abonde Lionel.

    Autour d’eux, la solidarité s’organise, avec des villageois qui viennent, eux aussi, donner un coup de main, en préparant des repas, par exemple. L’élan dépasse les frontières du village, à l’image de Julien, dirigeant de trois entreprises à Rians, qui a répondu à un appel aux bénévoles lancé sur les réseaux sociaux. « J’ai mis mon activité en sommeil pour venir en aide aux pompiers », explique-t-il. Doté de cuves d’une capacité totale de 9 000 litres, il effectue jusqu’à trois rotations par jour pour participer au ravitaillement en eau. « J’ai une maison dans les bois, si demain ça m’arrivait, ça me ferait plaisir d’avoir autant de monde pour aider à stopper l’incendie. Les pompiers manquent de moyens. On fait comme on peut à notre échelle. » Derrière les héros aux camions rouges, il y a ceux aux tracteurs et aux citernes.

    Nouvel incendie à Brignoles

    Un incendie s’est déclaré mercredi, vers 17h, à Brignoles, près de la RD12. La préfecture du Var indiquait, à 20h, que 250 pompiers, 85 engins, 3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau, ainsi que 2 avions Dash étaient mobilisés. Le stade du Vabre accueille un poste de commandement. Des messages ont été envoyés pour évacuer les quartiers de Pélicon, Tombarel, Les Jaussérannes, Sainte-Barbe, Les Agasses et Les Petits Ubacs. La commune a mis en place un point de regroupement au Hall des expositions. La RN7 et la RD12 ont été fermées.

  • En Vaucluse, les services au taquet pour le Tour de France Femmes

    En Vaucluse, les services au taquet pour le Tour de France Femmes

    Une grande première, ça se prépare ! Le Tour de France Femmes passera pour la première fois par le mont Ventoux ce vendredi 7 août. Pour l’occasion, les services de la préfecture et du Département de Vaucluse s’activent afin que tout se déroule sans accroc.

    Une mission similaire à celle menée lors du passage du Tour masculin, déjà passé une vingtaine de fois sur les pentes du Mont Chauve. Sur le bord des routes, les agents en jaune des Routes de Vaucluse sont d’ailleurs à l’œuvre depuis la semaine du 20 juillet. « Nous sommes en train de préparer la mise en place d’éléments de sécurité. À savoir des ballots de paille, de façon à ce que, quand les coureuses passent, dans les giratoires, quand il y a des croisements, des choses comme ça, ils soient prévenus visuellement des éventuels risques de chute », précise Stéphane Boudier, chef du centre routier de Vaison-la-Romaine. Entre 150 et 200 ballots de paille seront installés d’ici le début de l’épreuve.

    Cette préparation a en réalité débuté il y a plusieurs mois Depuis que le parcours a été validé, les organisateurs s’entretiennent régulièrement avec les services routiers. « On voit ensemble les points singuliers. On voit même des endroits où il faut refaire des chaussées ou des choses comme ça, parce qu’il y a des risques, il y a des problèmes », poursuit le responsable.

    Sécurisation

    De son côté, la préfecture de Vaucluse rappelle aussi avoir mis en place de nombreuses mesures de sécurisation autour du parcours. À commencer par le déploiement de plus de 200 gendarmes du groupement vauclusien, qui viennent « en complément du dispositif permanent du ministère de l’Intérieur inséré au sein du Tour de France, mobilisant des forces de l’ordre et de sécurité attachées au Tour », précise la préfecture, dans un communiqué de presse. Les 6 et 7 août, 224 sapeurs-pompiers et 60 véhicules seront aussi mobilisés le long du parcours et en garde casernée. « Si l’attention des services portera sur l’intégralité des massifs forestiers, dans un contexte très sensible à l’éclosion d’incendies, une vigilance particulière s’appliquera autour du massif du mont Ventoux et de celui des Dentelles de Montmirail », est-il précisé. L’accès au massif des Dentelles de Montmirail sera d’ailleurs interdit au grand public durant les deux jours.

    Une cyclosportive est organisée au départ de Vaison-la-Romaine, le jeudi 6 août, la veille de l’épreuve, jusqu’au sommet du Ventoux. Pas moins de 12 000 cyclistes amateurs sont attendus. Sur ces deux journées, des mesures temporaires de circulation sont d’ailleurs mises en place. Tandis que, proche du sommet, trois grandes zones de stationnement seront autorisées. À savoir les Ermitants dès le 4 août, la Frâche uniquement le 7 août et celle du Mont-Serein, où des restrictions seront mises en place les 6 et 7 août.

    Tout en espérant voir une coureuse française lever les bras au sommet.

  • Le double sens porte Saint-Lazare inquiète des riverains d’Avignon

    Le double sens porte Saint-Lazare inquiète des riverains d’Avignon

    Alors que la mini-pelle a déjà commencé à buriner le goudron devant la porte Saint-Lazare d’Avignon pour permettre aux voitures de rentrer à nouveau dans les remparts, une vingtaine de personnes se sont rassemblées à quelques mètres pour s’opposer à cette décision.

    Didier Bally, membre du collectif Saint-Lazare, dénonce une « décision irréfléchie ». Il s’interroge ainsi sur la « précipitation » de cette opération qui fait partie d’un plan plus large. « Il n’y a aucun avantage, si ce n’est défaire pour défaire ce qui a été fait », insiste-t-il, estimant que cela augure « une modification plus importante de la circulation en intra-muros ».

    Il pointe également que cette circulation ne pourra emprunter, pour l’heure, la rue du Rempart-Saint-Lazare. Et que les véhicules vont croiser ceux descendant de la rue Carreterie, ainsi que les piétons et les cyclistes. « Ce qui pose aussi un problème de sécurité », estime-t-il.

    Modifications possibles

    Contacté par La Marseillaise, l’adjoint au maire délégué aux mobilités, Nicolas Donnadille, assure que cette mesure, qui fait partie du démantèlement du plan Faubourg, permet « d’ouvrir un accès supplémentaire au secteur nord-est d’Avignon intra-muros », estimant que les deux ouvertures existantes, que sont la porte Thiers et la porte Saint-Joseph, ne suffisaient pas. Tout en rappelant que « c’était un engagement de campagne ». Et que des évolutions sont possibles en apportant des « aménagements de sécurité ou de réduction de vitesse » pour dissuader ceux qui aimeraient se servir de ce nouveau passage pour éviter les embouteillages. Et d’assurer que des évolutions sont possibles si les retours des riverains sont négatifs.

    Pétition sur onparticipe.fr

  • Des soldats du feu en alerte maximale dans les massifs

    Des soldats du feu en alerte maximale dans les massifs

    En cette nouvelle journée d’alerte maximale, ce jeudi 23 juillet, ils sont un peu moins de 1 000 hommes et femmes prêts à intervenir au moindre départ de feu dans le département, nous explique Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône), depuis le centre opérationnel. Dans les casernes, mais aussi sur le terrain. « On va prépositionner des troupes et des camions sur des zones où on va pouvoir gagner en délai d’intervention », explique-t-il, devant une grande carte où sont représentées toutes les unités.

    On y voit notamment le groupe d’intervention feu de forêt du capitaine Gabriel Setti, venu de Martigues. Là, sur un parking en terre battue, aux Pennes-Mirabeau, non loin de la zone de Plan-de-Campagne, il veille avec 17 autres collègues et 4 camions, dont un équipé d’une citerne de 6 000 litres. « C’est un emplacement stratégique. On a la sortie de l’autoroute pas loin, on peut basculer sur l’A7, l’A55 », précise-t-il, la zone commerciale toute proche étant considéré comme « à risque » avec « un massif juste à côté et beaucoup de passages ».

    Le plus dur : savoir attendre l’intervention. Patience et concentration sont essentielles. « On ne sait jamais ce qui peut se passer, cela peut vite dégénérer. D’un côté, il ne faut pas se laisser emballer, de l’autre, il ne faut pas s’engager dans un faux rythme, s’endormir », analyse le pompier. Partir en renfort dans d’autres départements reste aussi une sérieuse option, à l’heure tout l’arc méditerranéen s’embrase.

    Un camion refuge

    La question de la sécurité de tous est également au cœur des préoccupations. « Bien sûr que s’il y a des gens ou de la forêt à sauver, on ira. Mais le but principal, c’est que ce soir ou demain matin, les 18 personnes du groupe rentrent chez elles », nous confie-t-il, marqué par la perte « des collègues en Gironde et d’un autre en Savoie ». Et s’il y a bien un endroit où se réfugier, quand le feu chauffe fort, faisant fondre jusqu’au joint des casques, c’est dans les camions.

    « Ils sont tous normés avec plusieurs dispositifs, à l’intérieur ou à l’extérieur », indique-t-il, montrant du doigt les petites buses qui entourent la cabine. Actionnables par un bouton, alimentées indépendamment du réservoir, elles permettent de faire une bulle d’eau « pour protéger les personnels, mais aussi les roues pour qu’on puisse potentiellement sortir d’une zone dangereuse. Et également la pompe sans laquelle on ne peut pas approcher du feu ». Dans la cabine, en surpression, renforcée avec des barres ignifugées, les pompiers disposent aussi de masques avec des bouteilles d’air, si la fumée rentre dans l’habitacle. « On a des procédures de repli. Chacun a une action bien précise à faire, que ce soit le chef, le chef du camion, le conducteur, les équipiers, etc. », ajoute le capitaine Gabriel Setti. Histoire de se sortir de situation critique en laissant passer les flammes. S’il n’a jamais eu à déclencher la bulle d’eau, il sait d’expérience que « la zone la plus virulente, c’est le front de l’incendie. En cas de danger, il faut alors en sortir ».

    Il y a aussi les détails qui font froid dans le dos. Comme ce carré blanc peint autour des poignées. « Cela permet de les repérer quand on est dans la fumée et de monter dans le camion », complète le pompier. Autant d’aménagements issus « malheureusement » des retours d’expériences après accident. En 50 ans, 21 sapeurs-pompiers ont perdu la vie, décompte-t-on au centre opérationnel, les interventions pour incendie représentant 5 à 6% d’entre elles.

  • [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    La Marseillaise : Le risque incendie était estimé sévère ce jeudi 23 juillet, comment appréhendez-vous cette nouvelle alerte ?

    Jean-Luc Beccari : Avant de vous répondre, je voulais rendre hommage à nos collègues de Savoie et de Gironde, puisque ce sont trois sapeurs-pompiers qui sont décédés depuis le début de la saison, et qu’on a en tête leur sacrifice. On appréhende cette journée avec beaucoup de préparation, on sait faire. C’est une des journées où les indicateurs de risque sont les plus importants depuis le début de la saison, même si depuis mi-juin, on en a eu une succession. Aujourd’hui, quasiment 980 sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône sont prêts, dans leurs casernes, ou prépositionnés sur le terrain, pour faire face aux opérations de secours courantes, mais aussi surtout au départ de feu que l’on pourrait avoir dans des conditions de sécheresse et de vent extrêmes sur certaines zones du département.

    Concrètement, que se passe-t-il quand un feu est détecté ?

    J.-L.B. : Très souvent, c’est un appel de secours par un témoin qui voit une fumée ou directement le feu du bord de la route. Sur le 18 et le 112, on le prend en compte directement. La détection peut aussi se faire par notre réseau de vigies, une trentaine, positionnées sur des points hauts des massifs forestiers. L’ensemble de ces éléments sont récupérés ici, dans ce centre opérationnel, et vont nous permettre d’engager les premiers moyens d’intervention, souvent d’ailleurs des forestiers sapeurs du Conseil départemental qui maillent, avec 60 patrouilles, le territoire. Et on va faire converger les moyens de secours des casernes et du dispositif préventif que vous voyez derrière moi prépositionné sur le terrain.

    Quel premier bilan tirez-vous
    de cette saison par rapport
    à la précédente
     ?

    J.-L.B. : Nous avons eu 379 départs de feu depuis le 1er juin. C’est plus que l’an passé, mais les surfaces sont contenues. Pas moins de 95% des feux sont éteints avant d’atteindre les 5 hectares. L’an passé, nous avions eu trois feux qui avaient pratiquement créé la totalité de la surface. Mais soyons humbles, on a une grosse journée à passer, et surtout, nous sommes le 23 juillet, notre saison est encore devant nous.

    L’usage de nouvelles technologies, comme les caméras dotées d’intelligence artificielle, est-il un atout ?

    J.-L.B. : Ces caméras intelligentes sont pour l’instant expérimentales, utilisées en « back-up » du dispositif humain. Il faut les mettre à l’épreuve du réel car on a beaucoup d’activités autour des massifs et du monde qui circule sur les routes. Trois projets sont en cours, on en tirera des conclusions en octobre.

    Vous insistez aussi sur
    la prévention. Quel message souhaitez-vous faire passer
    à la population
     ?

    J.-L.B. : Tout notre dispositif a, bien évidemment, une limite. Celle des départs de feu multiples, celle de l’imprudence qui peut créer des départs de feu dans des zones extrêmement dangereuses, et aujourd’hui, malgré notre mécanisme mis en place, rien ne peut être plus efficace que le comportement de la population dans ces journées à risque. Alors quoi dire ? Pensez à nous ? Pensez à ceux qui sont tombés il y a quelques jours en Gironde. Pensez à eux quand vous êtes en voiture et que vous êtes tentés de jeter votre mégot par la fenêtre. Pensez aussi à ceux qui perdent leur maison. Peut-être, alors, que vous ne ferez pas un barbecue en bordure de massif cet après-midi ou que vous ferez très attention si vous voulez couper un métal avec une disqueuse à proximité d’un massif forestier. Plus de 90% des incendies sont d’origine humaine. Cette mobilisation de chacun est indispensable. Et c’est pour ça que, même si on le répète sans cesse, il va falloir aussi vraiment mobiliser les gens. Au bout du bout, il y a des vies et il y en a trois qui sont tombées, c’est déjà trois de trop.

    Alors que les incendies sont
    de plus en plus précoces
    et intenses, pensez-vous qu’il faille revoir votre doctrine, l’attaque massive des feux naissants
     ?

    J.-L.B. : Je pense que les grands principes de notre stratégie nationale sont toujours bons. Même si dans leur mise en œuvre, il y aura toujours de l’amélioration continue. L’évolution majeure est à avoir dans nos réflexions autour de l’aménagement du territoire. Il faut absolument qu’on réfléchisse au cloisonnement de nos massifs, à l’aménagement agricole et aux coupures vertes, à réinvestir les espaces qui peuvent être en friche, à travailler sur des ceintures peut-être vertes autour d’un certain nombre de villages, dans certaines configurations. L’aménagement DFCI pour « Défense de la forêt contre l’incendie », est capital pour accéder également aux massifs. Et puis il y a les obligations légales de débroussaillement. Il faudra, quoi qu’il en soit, passer un cap. Parce qu’on a encore trop de situations où la lutte et la défense des points sensibles sont rendues extrêmement compliquée, voire dangereuse, parce que l’habitation ou les accès ne sont pas débroussaillés, parce qu’il n’y a pas d’eau disponible et parce qu’on a de la voirie, parfois, qui ne nous permet même pas d’accéder avec nos véhicules sur des lieux habités. L’enjeu immédiat est probablement d’intervenir de manière plus conséquente et plus forte pour arriver à améliorer la « défendabilité » des zones d’interface entre habitat et forêt. Une oliveraie, une vigne entretenue, ou l’agro-pastoralisme qui existaient quand nous avons investi notre espace rural ou péri-rural et qui, petit à petit, ont perdu du terrain, peuvent aussi réellement être de nouveaux outils.