Tag: Vaucluse

  • Un « déni de démocratie » du maire d’Avignon selon l’opposition

    Un « déni de démocratie » du maire d’Avignon selon l’opposition

    « Votre ouverture à la démocratie est pitoyable », lance ce lundi 20 avril, en conseil municipal d’Avignon, l’élu d’opposition et ancien candidat à la mairie, David Fournier (PS), au maire Olivier Galzi (DVD). En cause, la décision du premier édile de ne pas permettre aux élus d’opposition de siéger au sein des conseils d’administration des sociétés publiques locales (SPL) et sociétés d’économie mixte (SEM), telles que Tecelys, Citadis ou encore Avignon Tourisme.

    L’ex-joker du JT de France 2 assure de son côté que l’opposition sera tenue au courant des activités de ces sociétés « à l’aide de comptes rendus réguliers où vous pourrez lire le travail de ces commissions ». Il assure qu’il « respecte la loi » et que « la démocratie, c’est respecter la loi ».

    Nouvelle salle

    De quoi faire bondir l’opposition, d’autant que cette présence était possible lors des mandatures de Cécile Helle et de ses prédécesseurs. « C’est-à-dire que le fait majoritaire écrase la minorité ? C’est ça votre vision des choses ? C’est de la démocratie illibérale que vous faites là », lance hors de lui Fabrice Tocabens (PS). « Le respect et la bienséance instaurés depuis des décennies par les maires Henri Duffaut, Jean-Pierre Roux, Guy Ravier, Marie-Josée Roig et Cécile Helle sont balayés d’un revers de main. Opacité, dictature et vente d’organismes de la ville en préparation », accuse David Fournier.

    « Où est passée la main tendue à l’opposition dont vous parliez au premier conseil municipal ? » demande Mathilde Louvain (LFI), sans obtenir de réponse ni du maire, ni de ses adjoints, restés muets pendant plus de trois heures de la séance de plus de cinq heures.

    « Je considère que ce que les Avignonnais attendent dans la gestion de ces sociétés, c’est une bonne gestion, et je ne crois pas que vous ayez un bon bilan à cet égard », conclut Olivier Galzi, sans pour autant étayer son propos.

    Les premiers éléments de la « patte Galzi » se retrouvent aussi dans la tenue de la séance elle-même. Fini les conseils municipaux le samedi matin, ils se tiendront pour l’instant en semaine, en fin de journée. Changement de lieu aussi. Plus de salle des fêtes, retour pour l’heure à l’étroite et bien nommée salle du conseil municipal, où seule une petite dizaine de spectateurs peuvent assister directement aux débats, tandis qu’un écran est disposé dans un espace voisin pour que d’autres personnes puissent suivre les échanges à proximité. En tout début de séance, le maire explique être « attaché aux traditions politiques avignonnaises. À un moment donné, tradition, c’est aussi le bon sens. On ne voulait pas créer des frais supplémentaires lorsque l’on doit aménager la salle des fêtes », explique le premier édile en répétant sa formule qu’il a usée à foison pendant sa campagne. 

    « On avait changé de lieu pour des raisons d’emplacements pour la majorité comme pour l’opposition et avoir ainsi plus de facilité à travailler. Aussi pour avoir plus de public. En vue des incommodités avec les fortes chaleurs qui arrivent, peut-être que vous reviendrez sur votre décision », rétorque de son côté l’ex-adjoint et candidat de la gauche, David Fournier (PS). À voir si, en pleine canicule, le bien-être des élus et du public primera sur « le bon sens ».

  • [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    [Parole de maire] William Bouquet (Entraigues-sur-la-Sorgue) : « Maire, le plus beau des mandats car on touche la réalité »

    Un petit mois à peine après son élection à la tête de la commune du Grand Avignon de 9 000 habitants, le premier magistrat livre ses premières impressions et feuille de route pour assurer la relève de Guy Moureau (PCF), qui après 42 ans à la tête d’Entraigues ne se représentait pas.

    La Marseillaise : Commencez-vous à prendre la mesure de ce nouveau costume ?

    William Bouquet : Oui, j’ai fait déjà deux mandats en tant qu’adjoint, mais c’est vrai que le poste de maire, c’est une marche assez importante entre les deux. Là, j’ai encore mon activité de responsable de formation jusqu’à fin mai. Cela me prend un jour par semaine le temps d’accompagner jusqu’au diplôme. Donc à partir du 1er juin, je serai vraiment à 100% pour la commune. Le costume, on est vite obligé de l’endosser parce que les affaires et la vie ne laissent pas le temps à l’installation. Il faut prendre des décisions sur des choses assez importantes et rapidement, comme l’installation du conseil, les délégations des élus, les différentes commissions… Et les parapheurs [dont plusieurs sont posés sur son bureau], c’est le quotidien. C’est très important, parce que ça permet au maire d’être au courant de tout. Quand j’ai un doute, j’appelle la DGS [directrice générale des services] pour avoir des compléments d’information. J’ai la chance d’avoir des services qui sont réactifs. Je dois rencontrer cette semaine le préfet, j’ai déjà vu les sénateurs Jean-Baptiste Blanc (LR) et Lucien Stanzione (PS) mais également Olivier Galzi [maire DVD d’Avignon] dans le cadre du Grand Avignon.

    Avez-vous été surpris par un aspect du rôle de maire ?

    W.B. : Pour l’instant, non. Car j’avais de très bons contacts avec l’ancien maire, Guy Moureau. Il m’avait proposé de prendre la suite au niveau de la tête de liste, depuis 2022, donc j’avais une vue sur les dossiers importants et il m’avait familiarisé avec le fonctionnement de la mairie. J’avais participé au jury de recrutement de la nouvelle DGS qui vient d’arriver. Mais on passe au stade supérieur. Avant, j’étais plutôt sur l’enfance-jeunesse, sur le sport, moins sur le CCAS avec les demandes de personnes qui sont dans le besoin.

    Est-ce difficile de passer après Guy Moureau, quelle sera la patte Bouquet ?

    W.B. : Ah, c’est sûr qu’il y a un historique ! Que je ne rattraperai pas car je ne serai pas maire pendant 42 ans (rires). Un des avantages que j’ai, c’est que je suis un enfant du village. Donc les gens me connaissaient d’avant, m’ont connu dans mon rôle d’adjoint. La transition s’est fait plus naturellement que quelqu’un qui n’est pas connu. Pendant la campagne, il a été à nos côtés pour vraiment dire qu’on était sur une continuité de l’existant. Souvent, ce qu’on me dit, c’est que j’ai une plus grande écoute que lui-même si je n’ai jamais eu ce problème avec lui. En tant que formateur et avant directeur d’une plateforme logistique, l’écoute et le management issus de ma vie professionnelle m’aident dans cette prise de poste. Ma patte sur les projets sera davantage sur la partie environnement et surtout énergie renouvelable, c’est là où on pèche un petit peu. Mais on ne lâchera pas le social, on va faire le maximum pour aider les gens qui ont des problèmes.

    Vous parliez du préfet. De quoi allez-vous lui parler en priorité ?

    W.B. : Il veut recevoir tous les nouveaux maires. Aujourd’hui, on a deux dossiers qui nous sont chers : un, qui est tombé la semaine dernière, celui d’une fermeture d’une classe en maternelle. On a déjà fait un courrier à l’inspection académique. Et l’autre, c’est au niveau de la gendarmerie, avec la création du centre pénitentiaire. Le sénateur Blanc a rencontré le directeur de cabinet de M. Lecornu. On avait neuf gendarmes en 1984, alors qu’on était à 4 500, 5 000 habitants. Aujourd’hui, on a toujours neuf gendarmes, pour 9 000 personnes avec une coopération entre Pernes-les-Fontaines et Entraigues et le commandement est à Pernes. Nous demandons à ce que le commandement puisse être ici, en même temps que des renforts qui ne seront pas de trop avec l’ouverture du centre pénitentiaire d’ici à au 1er décembre a priori. D’après le préfet, les futurs détenus seront tous en fin de peine et réinsérables.

    Lors de votre discours d’installation, vous disiez que « être maire, c’est le plus beau des mandats ». Pourquoi ?

    W.B. : Le plus beau est le plus dangereux. Guy Moureau disait souvent que « le maire c’est le seul élu à portée de baffe ». Et c’est peut-être pour ça que c’est beau. Dans le sens où on est là pour résoudre les problèmes, trouver des solutions, et quand on y parvient, les gens sont contents et reconnaissants. C’est le mandat de la proximité, de l’action concrète, des réalisations visibles, utiles. On touche la réalité. C’est aussi le mandat du lien, qui fait la force et l’âme de notre commune. On voit les décisions qu’on prend. Alors que quand on n’est pas maire, on signe des papiers, on vient peut-être pour l’inauguration d’une école de musique ou autre chose, mais on ne vit pas avec.

    Entraigues est l’une des dernières communes à gauche en Vaucluse et vous avez très largement battu la candidate RN. Comment l’expliquez-vous ?

    W.B. : Je ne pense pas qu’au niveau de la mairie, on soit dans une vive histoire droite-gauche, parce que quand on regarde les élections autres que les municipales, c’est le RN qui arrive en tête [48,01% pour Jordan Bardella aux Européennes de 2024 ou 61% pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle 2022]. Les gens voulaient vraiment quelqu’un de la commune, qui connaît sa ville et surtout qui veut rester dans la même politique et garder cette âme de village, les gens sont très attachés à ça. Et notre programme, il est vraiment sur ça. Quant à l’opposante RN [Catherine Chavrier] il semblerait qu’elle ne soit pas dans une démarche d’opposition systématique.

    Quelles premières réalisations devraient aboutir ?

    W.B. : Il y a un gros projet qui est en préparation depuis quelques années, le quartier de la gare qui va démarrer. La commercialisation va attaquer dans quelques jours, c’est plus de 254 logements. Après, il y a la transition écologique : des panneaux photovoltaïques seront posés sur la salle des sports et alimenteront en énergie la cuisine centrale, les services techniques, le stade de foot, le tennis, le boulodrome. C’est un investissement, mais quand on voit aujourd’hui les fluctuations énergétiques, on a tout intérêt à arriver à une indépendance complète. La création d’un pump track est en bonne voie aussi du côté du stade Nardini. Enfin, l’autre projet qui est très intéressant pour la cohésion sociale, c’est un parc dont les études sont en train d’être lancées, non loin de la maison de retraite. Notre but c’est de garder ce lien, que les gens puissent se rencontrer, discuter. Qu’il y ait toujours cette bonne atmosphère dans la ville, cela fait partie de notre ADN.

  • Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dialogue musclé entre Olivier Galzi et les agents de la propreté

    Dès la campagne, Olivier Galzi avait donné le ton, en pointant des dysfonctionnements au sein du service propreté. « Ceux qui nuisent au service doivent être sanctionnés », prévenait-il à l’adresse des quelque 135 agents. Le nouveau maire (DVD) était attendu de pied ferme ce vendredi matin pour une visite du service. Une rencontre virile mais correcte, où Olivier Galzi n’a pas hésité à sortir les muscles, assumant un dialogue qui l’est tout autant. « Si quelqu’un n’est pas content, il vient me le dire en face. On va s’expliquer. S’il a des bonnes raisons, je vais les écouter. Mais si j’ai des bonnes raisons de lui dire qu’il fait mal son boulot ou qu’il ne le fait pas, on va se parler franchement d’homme à homme », pose-t-il.

    Il faut dire que le matin même, des tags hostiles avaient été réalisés invitant les nouveaux élus ou les chefs de service à dégager. « Adam = mafia », pouvait-on lire. En l’occurrence, Michel Adam, adjoint à la propreté et qui officiait dans ce service jusqu’à son départ à la retraite il y a deux ans. Pourquoi réussirait-il en tant qu’élu là où, à écouter Olivier Galzi, le service défaille ? « Cela fonctionnait bien avec Marie-Josée Roig [maire de 1995 à 2014] car l’adjoint était en phase avec le directeur, moi-même, justifie Michel Adam. Depuis, la propreté n’était pas la priorité du maire, donc c’était difficile d’avoir les moyens matériels et la volonté d’agir comme on voulait. »

    Un adjoint qui connaît très bien la maison

    Quant aux tags, le maire préfère les prendre comme un message encourageant. « Cette méthode lâche une bonne nouvelle, ça veut dire qu’on dérange les ultra-minoritaires qui ont compris que les petits arrangements sur le dos des Avignonnais sont terminés », commente-t-il, annonçant le dépôt d’une plainte contre ces « ennemis de la ville qui agissent comme un poison lent ». Devant une bonne soixantaine d’agents, Olivier Galzi implore : « L’heure est venue de combattre ceux qui nuisent à votre image et à celle de notre ville : n’acceptez plus qu’une grande gueule vous empêche de faire votre travail ou parte avec le matériel de l’équipe pour faire son petit business. »

    Mais il sait aussi se montrer cajoleur : « Vous êtes les ambassadeurs de la propreté d’Avignon, votre action doit être visible reconnue et valorisée. » En ce sens, le premier magistrat promet « un dialogue social apaisé et constructif, ceux qui s’investissent seront reconnus, ceux qui freinent l’action collective devront rendre des comptes ». Des « moyens matériels et humains à la hauteur » sont annoncés. Contrairement à la police municipale, il n’est pas prévu de recrutements supplémentaires. « L’idée, c’est de mieux organiser », précise-t-il.

    À bâtons rompus, plusieurs échanges s’enchaînent avec les agents. Les présents condamnent « les tags qui jettent le discrédit ». « M. le maire, venez voir où on mange et l’état des toilettes, même des animaux n’iraient pas », interpelle Adel. Tout au long de la visite, il prend garde de ne jamais parler d’incurie ni d’impéritie, mais son visage le dit pour lui. Ou alors, il prend la presse à témoin quand un agent lui explique que 100 poubelles dites bi-flux, visiblement inadaptées, ont été commandées malgré l’avis contraire des services concernés.

    Trois mesures globales sont affichées pour une meilleure propreté, où l’adage vertueux du « si c’est propre, je vais faire en sorte de ne pas salir » est mis en avant. Brigades d’intervention rapide et opérations quartiers propres, qui commenceront dès la fin du mois, vont être lancées, pour une sorte de grand ménage ciblé, associant la population. Enfin, la « troisième action, ça va être de suivre la demande de l’usager pour qu’il ne reste jamais sans réponse », conclut Michel Adam.

  • À Memento, l’archéologie vauclusienne reprend vie

    À Memento, l’archéologie vauclusienne reprend vie

    Finis les deux tréteaux précaires pour examiner un objet, l’étroit escalier en colimaçon ne permettant pas de faire passer des statues ou bien l’espace de lavage qui cohabitait avec la vaisselle des agents. Depuis septembre, les dix archéologues du service départemental ont pris possession d’un nouveau cadre de travail bien plus optimal pour mener à bien leurs missions. Ils ont laissé sans regrets les vétustes locaux de la rue Saint-Charles dans l’intra muros d’Avignon pour le pôle des patrimoines à Agroparc, qui sera inauguré le 28 mai. Celui-ci abrite désormais toutes les collections vauclusiennes (céramiques, lapidaire, mobilier métallique, ossements, objets en bois, mosaïques, etc.), auparavant disséminées sur plusieurs sites.

    « Je n’ai pas l’impression de travailler », se régale Vincent Faure, gestionnaire des collections. Aux côtés notamment d’Emilie Fencke, cheffe de service, il a participé à l’élaboration de l’exposition permanente « Mon trésor », qui sera accessible au public dès le 29 mai et présentera quelques-unes des plus belles pièces du service. « Le patrimoine doit vivre, il était en attente d’être montré, même nous, on redécouvre tous ces objets qui étaient stockés », apprécie Vincent Faure tout en déballant fièrement une timbale et une bague en or, dans un état de conservation remarquable. Des objets trouvés dans ce qui était une tombe d’enfant à Robion et datant de l’époque antique. Des pépites qui feront partie de l’exposition Mon trésor.

    Au-delà du titanesque déménagement des archives départementales du palais des Papes vers Mémento, le pôle des patrimoines abrite donc le service archéologie, créé il y a plus de 40 ans. « Notre mission principale, c’est de l’archéologie préventive, expose Emilie Fencke. Lors de tout chantier, l’État peut prescrire des fouilles. On sonde 10% du terrain pour un premier diagnostic et en fonction ensuite tout le sol est fouillé et archivé. » Un cas assez rare car seulement 10% des chantiers sont sondés et ensuite à peine 1% font l’objet d’une fouille préventive.

    Chaque pièce entrant à Memento fait l’objet d’un cheminement méticuleux : station de tamisage à l’extérieur puis zone de quarantaine ou salle de lavage. Direction ensuite une salle scientifique. « En ce moment on a des sédiments du château des Princes à Orange, avec des restes d’un boulet de canon époque Louis XIV », fait valoir Emilie Fencke. Des objets qui cohabitent avec les trouvailles issues de recherches lors de l’installation de conteneurs enterrés en intra muros d’Avignon. La salle de stockage change aussi de dimensionnement. « On passe d’un dépôt de 450m2 et 2m de haut qui était derrière le parking des Italiens à une réserve de 560m2 et 6m de haut, chiffre la cheffe de service. Soit une capacité de stockage de 590m3. » De quoi voir venir pour les 20 prochaines années.

    « Le patrimoine doit vivre, il était en attente d’être montré »

  • Les missions des élus du Grand Avignon sont connues

    Les missions des élus du Grand Avignon sont connues

    Dix jours après l’élection d’Olivier Galzi à la tête du Grand Avignon, le maire (DVD) d’Avignon a levé le voile, vendredi sur le rôle de ses 15 vice-présidents, élus dans la foulée*. Celui-ci conserve en direct la gestion du projet NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain) et la politique de la ville.

    Les deux maires RN, Joris Hébrard (Le Pontet) et Grégoire Souque (Morières) ont hérité de portefeuilles divers. Le premier sera en charge des bâtiments et voirie, une délégation qu’il avait éphémèrement occupé entre 2020 et 2022 avant que la vice-présidence ne bascule à son opposant Jean-Firmin Bardisa. Quant à Grégoire Souque, il traitera de la collecte des déchets et économie circulaire. Poste clé, les finances reviennent à Philippe Inderbitzin, élu à Roquemaure.

    Plusieurs vice-présidents gardent peu ou prou les mêmes délégations que lors du mandat précédent. À l’instar de Patrick Sandevoir (Rochefort) sur l’eau – autant dire que le retour en régie publique est mal embarqué –, Philippe Armengol (Velleron) sur l’environnement, climat et biodiversité, Yvan Bourelly (Saze) sur la gestion des milieux aquatiques, ou Claude Morel (Caumont) avec le spectacle vivant et enseignement artistique. Jacques Demanse (Sauveterre) conserve aussi la transition énergétique et récupère l’agriculture, sa profession d’origine. Dévolue à l’ex-maire d’Entraigues jusque-là, l’économie revient à Lionel Fischer, adjoint à Saint-Saturnin. Quant à William Bouquet, nouveau maire d’Entraigues, il va se charger de l’emploi, insertion et formation, là aussi un domaine qu’il connaît professionnellement. La 1ère vice-présidente, Pascale Bories, maire de Villeneuve, pilotera l’aménagement du territoire, l’habitat et les gens du voyage. Quant à son voisin des Angles, Paul Mély, l’importante délégation des mobilités lui échoit.

  • Grand Avignon : voici les délégations des 15 vice-présidents

    Grand Avignon : voici les délégations des 15 vice-présidents

    Le conseil communautaire du 8 avril dernier a élu Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon comme président du Grand Avignon. Dans la foulée, 15 vice-présidents, maires ou adjoints des autres communes de l’agglo, ont aussi été élus. Ce vendredi 17 avril, un arrêté vient attribuer leurs délégations :

    1ère vice-présidente : Pascale Bories, maire de Villeneuve lez Avignon ; aménagement du territoire, habitat et gens du voyage

    2e vice-président : Joris Hébrard, maire du Pontet ; bâtiments et voiries

    3e vice-présidente : Martine Durieu, Première adjointe au maire de Vedène ; ressources humaines et modernisation de l’action publique

    4e vice-président : Grégoire Souque, maire de Morières-lès-Avignon ; collecte des déchets et économie circulaire

    5e vice-président : William Bouquet, maire d’Entraigues-sur-la-Sorgue ; emploi, insertion et formation

    6e vice-président : Paul Mély, maire des Angles ; mobilités et infrastructures de transport

    7e vice-président : Patrick Sandevoir, conseiller municipal délégué de Rochefort-du-Gard ; eaux et assainissement

    8e vice-président : Philippe Inderbitzin, conseiller municipal de Roquemaure ; finances, stratégie budgétaire et évaluation des politiques publiques

    9e vice-président : Claude Morel, maire de Caumont-sur-Durance ; spectacle vivant et enseignement artistique

    10e vice-président : Lionel Fischer, Premier adjoint au maire de Saint-Saturnin-lès-Avignon ; développement économique et innovation

    11e vice-présidente : Sandrine Soulier, maire de Pujaut ; tourisme et attractivité

    12e vice-président : Philippe Armengol, maire de Velleron ; environnement, climat et biodiversité

    13e vice-président : Yvan Bourelly, maire de Saze : gestion des milieux aquatiques – prévention des inondations Gemapi) et gestion des risques

    14e vice-président : Jacques Demanse, maire de Sauveterre ; agriculture et transition énergétique

    15e vice-présidente : Dominique Ancey, maire de Jonquerettes ; commande publique et achats durables

    Olivier Galzi conserve en direct la gestion du projet NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain) et la politique de la ville.

  • La tournée sur terre battue lancée pour les Provençaux

    La tournée sur terre battue lancée pour les Provençaux

    À un mois de Roland-Garros, les tournois sur terre battue s’enchaînent au calendrier ATP. L’occasion pour les tennismen provençaux de prendre leurs repères sur cette surface exigeante. C’est notamment le cas d’Arthur Gea (138e mondial), auteur d’un début de saison remarqué sur dur. Le Vauclusien de 21 ans a d’abord décroché le titre au Challenger de Nouméa, avant de sortir des qualifications de l’Open d’Australie et de remporter, pour la première fois de sa carrière, un match en Grand Chelem. Il a également profité de deux abandons consécutifs pour se hisser jusqu’en quart de finale à l’Open d’Occitanie, à Montpellier.

    Chidekh a la tête dure

    Depuis le début du mois de mars, Arthur Gea s’est pleinement tourné vers la terre battue. Au programme : deux tournois au Rwanda, puis un en Croatie, avant des éliminations au 1er tour du Challenger de Madrid et lors des qualifications de l’Open de Barcelone. Clément Chidekh (176e, 24 ans), lui, a fait le choix de prolonger sa saison sur dur. L’Arlésien n’a pas encore disputé la moindre compétition sur terre battue, contrairement à certains de ses anciens partenaires, comme Sascha Gueymard-Wayenburg (267e). L’ancien élève de Lionel Zimbler, peu réputé pour son appétence pour les surfaces lentes, a déjà lancé leur campagne sur ocre. Le géant aixois de 22 ans a atteint les demi-finales du Challenger de Split avant de s’incliner dès le premier tour à Sarasota, aux États-Unis.

    Certains d’entre eux pourraient toutefois être tentés par une participation à l’Open Aix Provence Crédit Agricole, prévu du 27 avril au 3 mai, afin d’affiner leur préparation à quelques semaines du Grand Chelem parisien.

  • Condamnés pour guets-apens homophobes

    Condamnés pour guets-apens homophobes

    Triste télescopage d’actualité à caractère homophobe ce jeudi après-midi au tribunal judiciaire d’Avignon. « C’est effarant », glisse-t-on, perplexe, au parquet à la vue de ces affaires. En comparution immédiate, trois personnes étaient prévenues pour avoir, le 30 mars dernier à Bédarrides, volé le véhicule de la victime dans le cadre d’un rendez-vous fixé sur une application de rencontres pour homosexuels. Si l’affaire a été renvoyée, les faits sont qualifiés de vol avec violences, commis en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime.

    Une caractéristique que l’on retrouve dans une autre affaire, qui a occupé les débats pendant 3h30. D’abord présentés en comparution immédiate le 23 février dernier, trois prévenus étaient jugés ce jeudi, dont deux, les frères Ayoub et Kaysse A., avaient depuis été placés en détention provisoire. Un aspect qui a permis à l’audience de se tenir, malgré la nouvelle demande de renvoi par les avocats en grève. « Le délai d’expiration de la détention est proche », justifie la présidente Céline Simitian. Les deux frères étaient poursuivis pour « violences aggravées suivies d’incapacité n’excédant pas 8 jours » et « extorsion commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». À leur côté, Mohamed K., connu au collège, comparaissait sous contrôle judiciaire avec des faits finalement requalifiée en complicité, uniquement sur l’une des trois agressions pour lesquelles l’affaire est jugée.

    Le 8 janvier à Vedène puis, deux fois, le 31 janvier à Avignon, Ayoub (20 ans) et Kaysse A. (19 ans) sont suspectés d’avoir organisé des guets-apens contre des personnes homosexuelles rencontrées sur l’application Romeo. Mohamed K. (20 ans) est uniquement présenté comme étant l’auteur d’une vidéo du 31 janvier. Seulement deux des trois victimes se sont constituées parties civiles et une seule était représentée à l’audience par son avocate, Me Christelle Elineau-Yannakis. « Mon client a honte et il est terrorisé à l’idée des représailles », fait-elle valoir.

    Après avoir délibéré pendant près d’une heure, le tribunal a reconnu coupable Ayoub et Kaysse A. les condamnant à la même peine de 4 ans de prison, 2 ferme et 2 de sursis probatoire avec notamment obligation de soins et de travail [leurs parents ont présenté des promesses d’embauche]. Mohamed K, échappe, lui, au mandat de dépôt malgré une peine de 6 mois ferme, aménageable sous bracelet électronique. Il est condamné à 18 mois de prison dont 12 de sursis probatoire. Le fait qu’il soit scolarisé et « n’ait été qu’un intermittent du spectacle qui a reconnu sa présence », selon son avocat Jalil-Henri Amar, a joué en sa faveur. La procureure, Cécile Charrière, avait requis une peine commune aux deux frères de 5 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire et de 3 ans dont 1 an de sursis probatoire pour Mohamed K. « Comparer l’homosexualité à la pédophilie, c’est insoutenable, je ne pensais pas que c’était encore possible en 2026 », pointe la procureure.

    « Sale pédé », des vidéos accablantes diffusées

    Car c’est là le cœur de l’affaire, utiliser un faux profil sur un site de rencontres et tendre un piège ensuite à la victime qui est molestée par plusieurs personnes cagoulées. « Sale pédé », entend-on dans plusieurs vidéos diffusées à l’audience. En garde à vue, Ayoub A a déclaré que « tous les pédés sont des pédophiles » et qu’ils « devraient être en prison comme dans d’autres pays ». Ce jeudi devant le tribunal, le mutisme règne. Considérés comme pénalement responsables de leurs actes par une expertise psy, Ayoub est bien en peine d’expliquer ces gestes. Tantôt dans le déni, les dénégations de propos en garde à vue, ou préférant « garder le silence », il est souvent à peine audible et multiplie les « je sais pas », aux questions de la présidente. Son frère est un peu plus loquace mais tout aussi confus sur les circonstances qui les ont poussées « à s’ériger en justiciers envers des gens qui n’ont rien fait d’autre que d’être différent de vous », selon l’expression de la présidente.

    À tour de rôle, la fratrie explique s’être nourrie des réseaux sociaux et de vidéos où des policiers américains piègent des pédophiles. « Ils font partie de la meute mais ne sont pas les chefs de bande », plaide en défense Isabelle Cuilleret, rejetant sur les réseaux sociaux le mauvais rôle. Très loin du cas vauclusien où aucune preuve de pédophilie n’existe sur les victimes et « surtout vous n’êtes pas policiers, formés et autorisés à agir », appuie Céline Simitian. Du bout des lèvres, les accusés tentent une tardive prise de conscience. « Je n’ai rien contre les homos, ce n’est pas bien ce qu’on a fait », confesse Ayoub. Tous ont dix jours pour faire appel.

    CHIFFRES

    186

    C’est le nombre d’agressions physiques LGBTIphobes en France, rapporté à l’association SOS Homophobie, dans son rapport pour l’année 2025. 67% des victimes sont des hommes, suivi de 15% pour les femmes puis 8% pour les femmes trans.

    66%

    C’est le pourcentage d’agressions qui relèvent des « coups et blessures ». Pour les autres types, d’agressions, c’est 16% de « crachats et jets d’objets», 8% d’agressions sexuelles ou encore 4% de viol ou tentative de viol.

    6/10

    SOS Homophobie note que 6 fois sur 10, l’agresseur est un homme ou un groupe d’hommes. D’où l’analyse de l’association : « Agresser les personnes LGBTI semble être l’apanage des hommes ».

  • Pour que la peur change de camp

    Pour que la peur change de camp

    Difficile à le croire mais la haine homophobe dans notre région continue de s’abattre sur des femmes et des hommes qui n’ont rien demandé d’autre que de vivre leur vie comme elles et ils l’entendent.

    Le procès des guets-apens d’Avignon et de Vedène en est la triste illustration. Trois jeunes, manifestement bas du front, peut-être pas très au clair avec leur propre sexualité pour polariser autant de violence sur les gays, imprégnés des préjugés les plus rétrogrades, ont ainsi tendu des pièges à des homosexuels pour les passer à tabac.

    Les voilà condamnés par la justice. C’est un signal envoyé à toute la société mais aussi un encouragement aux victimes à porter plainte.

    Chasse aux homosexuels

    Trop longtemps, celles et ceux qui ont été pris pour cible par la haine des personnes LGBT+ sont restés silencieux. Par peur du scandale, du regard des autres, de l’accueil de la police ou même de représailles de la part des auteurs de violences.

    La situation évolue et c’est tant mieux. Il est temps, comme pour les violences racistes, antisémites, sexistes et sexuelles, que la peur change de camp.

    C’est une avancée fondamentale dans un monde encore largement dominé par les législations rétrogrades, les intégrismes religieux et les archaïsmes patriarcaux.

    Un monde où la chasse aux homosexuels est récemment entrée dans la loi au Sénégal.

    Une barbarie contemporaine qui ne mérite aucun relativisme, aucun silence gêné, aucun regard fuyant.

    Les LGBT+ sénégalais, elles et eux, méritent en revanche notre solidarité pleine et entière.

  • Les agents pénitentiaires d’Avignon veulent des renforts

    Les agents pénitentiaires d’Avignon veulent des renforts

    « Tout est bloqué », annonce Clément Lopez, secrétaire local FO des agents pénitentiaires d’Avignon-Le Pontet. Ce mercredi au matin, quelque 80 personnes ont interdit l’accès et la sortie au centre pénitentiaire et ce jusqu’en début d’après-midi. « On est en attente d’avoir la direction interrégionale pour bénéficier de renforts », exposait le syndicaliste en début de matinée.

    Alors que le centre pénitentiaire affiche plus que complet, « avec 1 000 détenus et 80 matelas à même le sol dans les cellules », selon Clément Lopez, les « agents doivent faire plus avec moins, et donc davantage de détenus à gérer, sources d’incidents et de promiscuité ». FO estime qu’il manque 56 agents pour avoir un taux de couverture de 100%. « On souhaite au moins 7 arrivées avant le 1er juillet pour retomber sur nos pattes car 7 départs sont prévus d’ici là », expose Clément Lopez, qui déplore le fait qu’il « n’y ait eu aucune affectation ici à la dernière sortie d’école, en plus de départs non remplacés ».

    Le mouvement s’est mis en pause vers 14h après un entretien avec le directeur interrégional pénitentiaire adjoint*. « On sera fixé dans les prochaines semaines quant aux nouveaux effectifs sortis de la nouvelle promotion, le directeur a dit qu’il comprenait notre détresse et que l’on serait prioritaire mais qu’il attendait de connaître l’enveloppe allouée », synthétise Clément Lopez. FO temporise donc mais redoute « des paroles en l’air ». « On a montré que le personnel mettait la pression et saura se remobiliser sans scrupule », avertit-il.

    * Contactée, la direction n’a pas donné suite