Tag: Valérie Boyer

  • Au nom des maires, une 4e liste à droite pour les sénatoriales

    Au nom des maires, une 4e liste à droite pour les sénatoriales

    Le maire LR de Gardanne, Hervé Granier, va constituer une liste pour les sénatoriales. Présentée comme un « rassemblement des élus de terrain », cette candidature se veut une « liste de maires » indépendante. Elle compte la maire centriste du Paradou, Pascale Licari, en deuxième position, et le maire (DVD) de Ceyreste, Patrick Ghigonetto, en troisième. « Cette expérience de terrain est indispensable pour élaborer des lois utiles et applicables », défend l’élu.

    Cette entrée en campagne ajoute une quatrième liste à droite dans les Bouches-du-Rhône, après celle de Brigitte Devésa (UDI) et Renaud Muselier (Renaissance), investie par Les Républicains et la majorité du Sénat, et celles des sénateurs sortant Stéphane Le Rudulier (LR) et Valérie Boyer (LR). Un embouteillage qui promet une belle dispersion des voix des grands électeurs.

    Pour Hervé Granier, la démarche répond à une attente. « En toute humilité car je ne suis pas le représentant des maires du Département, je porte la voix de mes collègues qui veulent qu’un maire soit au Sénat. C’est important, dans le contexte actuel, de pouvoir faire remonter les problématiques qu’on partage dans nos 119 communes. »

    « Fâché avec personne »

    Une manière aussi de se distinguer de la liste Devésa-Muselier qui met aussi en avant les communes sans placer toutefois de maire aux deux premières places. « Notre liste porte des maires aux places éligibles : on vise deux ou trois sièges, sans prétention, et on a la certitude profonde d’y arriver. »

    Malgré la multiplication des candidatures à droite ? Le maire de Gardanne refuse de parler de division. « Ce n’est pas utopique de penser qu’on peut rentrer trois sièges. Il n’y a pas de question de division, juste une question de liste de droite et avec des maires susceptibles d’être élus. C’est la différence », explique-t-il. « Moi, je ne suis fâché avec personne et je souhaite une bonne campagne à mon amie Brigitte Devésa et à Valérie Boyer. Il n’y a pas de sujet, chacun mènera sa campagne comme il l’entend, avec ses arguments. »

    Pour convaincre les grands électeurs, Hervé Granier entend défendre « la proximité », arguant qu’un maire, « quand il se présente à ce type d’élection, sait de quoi il parle : signer un arrêté, répondre à un administré parce qu’il y a un problème à la crèche ou de service public… C’est le rôle d’un maire et c’est ce que je veux faire remonter au Sénat ».

    Même si, non-cumul des mandats oblige, l’édile perdra de facto son statut, comme ce fut le cas de Valérie Boyer ou Stéphane Le Rudulier. « Si j’arrive à avoir d’autres maires, il y en aura d’autres sur la liste, mais certainement qu’il y aura aussi des personnes qui comptent dans le paysage politique. On est déjà en contact avec certains. Après, il faut qu’ils aient la volonté de venir. Mais on la montera d’une manière ou d’une autre. »

    « Ambitions politiques personnelles »

    À Gardanne, le groupe d’opposition municipale « Ensemble, changeons de cap pour Gardanne-Biver » critique la candidature d’Hervé Granier (LR) aux sénatoriales, quatre mois seulement après son élection à la mairie. Les élus de gauche estiment que ses « ambitions politiques personnelles » prennent le pas sur son mandat et appellent celui qui est déjà conseiller départemental à se consacrer pleinement aux dossiers communaux en matière de logement, services publics, sécurité ou finances : « Ces sujets méritent un maire pleinement investi, pas un élu déjà en campagne pour le Palais du Luxembourg ».

  • Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    On a connu lancement de campagne plus serein. Jeudi, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, présentait les quatre premiers de sa liste baptisée « En Provence, l’expérience qui rassemble » pour les sénatoriales du 27 septembre. à ses côtés, la sénatrice (UDI) sortante, Brigitte Devesa, la maire (LR) d’Auriol, Véronique Miquelly, et le maire (LR) de Graveson, Michel Pécout.

    Valérie Boyer « s’isole »

    Pas de Valérie Boyer sur la photo de famille, en revanche. Annoncé partante, la sénatrice LR sortante de Marseille a finalement annoncé, une heure plus tôt, qu’elle irait en solitaire. « Elle était quatre, elle est passée trois, elle voulait être en tête de liste (…). Elle s’isole, nous, on additionne », glisse Renaud Muselier, qui laisse la première place à Brigitte Devesa.

    « Moi, je recherche l’équilibre », insiste le macroniste qui se dépeint volontiers en rassembleur, relevant que sa liste a le soutien de Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, et des majorités régionale, départementale et métropolitaine. « Nicolas Isnard (LR) et Martine Vassal (DVD) seront les deux coprésidents du comité de soutien », ajoute-t-il pour mieux convaincre.

    Mais la candidature de Valérie Boyer n’est pas le seul grain de sable dans la machine. La veille, le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête pour prise illégale d’intérêt après un signalement affirmant qu’un des employés de maison du président de Région serait salarié par une société attributaire de marchés publics de sa collectivité. Dans la foulée, une enquête de Mediapart révèle qu’à l’initiative des JO d’hiver 2030 dans les Alpes, Renaud Muselier a investi dans une station de l’Utah où se tiendront les JO d’hiver en 2034, et décrit « les contours d’un conflit d’intérêts majeur » pour le membre du bureau exécutif du Cojop et coprésident de la Solideo.

    « Un fait de campagne »

    « Je m’en prends deux à un moment particulier, c’est un fait de campagne », a réagi Renaud Muselier, indiquant avoir, dès la publication de l’article, mandaté son avocat pour « préparer un dépôt de plainte avec constitution de partie civile pour dénonciation calomnieuse. Ces affirmations sont fausses et ces accusations sont mensongères dans le seul but de me nuire ».

    Mettant en avant un tout récent de rapport de l’Agence française anticorruption notant que tous les process de sa collectivité sont conformes, il assure, sur un « plan juridique pur », n’avoir « jamais siégé à la commission des marchés, ni signé un marché depuis dix ans. Les process sont clairs et je n’ai jamais eu de salarié payé directement ou indirectement par la Région ».

    Dans un communiqué, la Région défend pour sa part « un fonctionnement conforme à la réglementation, et rigoureux, des procédures de mise en concurrence », et indique se réserver le droit de déposer une plainte contre X auprès du procureur.

    Dans ce contexte, Renaud Muselier reste, lui, ambitieux. Chiffres à l’appui, il espère décrocher quatre places fin septembre. « On est capable d’en rentrer quatre, c’est un match collectif », martèle le président, sans doute quand même bien conscient que la candidature de Valérie Boyer et celle de Stéphane Le Rudulier (LR) pourraient lui coûter le grand chelem espéré.

  • Dernière séance pour Renaud Muselier

    Dernière séance pour Renaud Muselier

    « C’est sûrement ma dernière plénière... » Après dix ans passés à la tête de la Région, Renaud Muselier (Ren.) se prépare à laisser la place après la séance de ce vendredi 26 juin, en élu fier de son bilan et gonflé à bloc pour l’après, sa candidature aux sénatoriales.

    « Nous avons bien géré, avec une capacité de désendettement de 7,4 ans contre 9,5 prévus, une épargne brute de 420 millions d’euros, un taux d’épargne brut de 17,5 millions. Des indicateurs meilleurs que dans le budget primitif », se félicite-t-il à la veille des discussions sur le budget dans l’hémicycle ce vendredi 26 juin. Et ce alors qu’il « a fallu faire des efforts importants pour assumer 140 millions d’euros de baisse de dotations », ajoute-t-il. Et de citer des délibérations sur le pouvoir d’achat avec l’aide à l’acquisition de kit éthanol, l’environnement avec le plan canicule ou les transports avec un financement pour de nouvelles études sur la ligne nouvelle.

    Deuxième sur la liste

    Pour la suite, prévient-il, « je ne pars pas, je quitte la présidence, ici je resterai conseiller régional spécial sur les Bouches-du-Rhône, les affaires européennes, je serai à une place différente », sans « interventionnisme » mais avec une « envie de transmettre », promet-il. Estimant que la « mère des batailles se mène là-haut » à Paris, il précise : « Je vais aller vers le Sénat en essayant d’avoir le plus d’élus possible sur ma liste » pour « peser et ne pas laisser le pays à l’extrême droite ».

    Une liste d’union de la droite et du centre, sur laquelle il sera finalement en deuxième position derrière la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI) et devant Valérie Boyer (LR) candidate elle aussi à sa succession. « Cela a été validé par le président M. Larcher, le président de la commission d’investiture, et M. Retailleau », assure Renaud Muselier. On ne saura rien pour l’instant d’un ou une quatrième…

    S’il assure être capable de mettre de côté son ego, rappelant qu’aux régionales de 2004, largement battu par le socialiste Michel Vauzelle, il se positionnait à la suite de Viviane Spagnolo (UDF), tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, « par contre c’est moi qui pilote la campagne, hein », balance-t-il. Il disposera aussi d’un « directeur de campagne avisé », en la personne de son directeur de cabinet durant 6 ans, Jean-Philippe Ansaldi.

    Il part confiant, fort de sa méthode, « j’ai montré dans mon histoire politique que j’ai fait l’UMP avant l’UMP, le bloc central avant le bloc central, j’ai montré qu’il fallait additionner pour gagner », et il a fait ses calculs, « en l’état des blocs en présence, on aurait plutôt trois sénateurs pour nous, je pense qu’on va les faire ». Il n’a pas peur d’une éventuelle liste concurrente de maires non plus. « J’ai assisté à trois sénatoriales avec Jean-Claude [Gaudin] et Jean-Noël [Guérini], très souvent les maires votaient pour Jean-Noël parce que, Jean-Claude le disait avec élégance, “il a le chéquier et le revolver“, nous, on n’a que le charme et tous les chéquiers », se targue-t-il. Enfin pour sa succession, « François de Canson est le meilleur de très loin », estime-t-il.

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du Rhône, des unions mises à l’épreuve

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du Rhône, des unions mises à l’épreuve

    « Cette fois, le scrutin se prête moins aux manœuvres qu’en 2020 », sourit-on dans les états-majors. À quatre mois des sénatoriales, les candidats multiplient les visites sur le terrain à la rencontre des élus du territoire, et de ces 3 600 grands électeurs du département des Bouches-du-Rhône qui auront à élire huit sénateurs, le 27 septembre prochain, alors que les regards se tournent déjà vers la présidentielle. Six ans en arrière, chaque camp était parti divisé. L’union de la gauche faisait face aux guérinistes, les Républicains et Renaissance faisaient bande à part. Mais le contexte politique a drastiquement changé, et les lignes de force ont bougé sur le territoire : en retrait dans le département, la gauche peut compter sur sa progression à Marseille, qui pèse pour un tiers des voix, tout comme l’extrême droite qui a aussi mis la main sur plusieurs municipalités.

    Reste à savoir si cette progression, moins importante que ce qu’escomptait le camp lepéniste, suffira à ouvrir les portes du palais du Luxembourg au RN. « Nous espérons bien faire deux sièges », avance son délégué départemental Franck Allisio, quand bien même il ne comptabilise que 400 grands électeurs dans son camp. Ce qui n’assure qu’une seule place au Sénat. « Systématiquement, les listes RN ont dépassé le nombre de grands électeurs du RN », argumente-t-il. Le parti d’extrême droite a ainsi misé sur une tête de liste confiée à une transfuge de la droite, la vice-présidente du conseil départemental Marie-Pierre Callet, pour grappiller ces voix (notre édition du 19/05). Un choix dans lequel beaucoup voient la main du vice-président du RN Sébastien Chenu, et dont s’est désolidarisé le député Romain Baubry. Mais il faudra composer avec une autre liste à l’extrême droite emmenée par le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, qui risque de diviser les voix et coûter un deuxième siège. « Ça a toujours été convenu comme ça », assure Franck Allisio pour écarter tout soupçon de trahison après l’accord des municipales. Au-delà de ses proches élus à Marseille, le sénateur sortant avait déjà grappillé plus de 200 voix hors de son camp lors du dernier scrutin. De quoi réduire les marges de manœuvre à droite.

    Celle-ci compte pourtant bien réaliser « 3,75 sièges », calculait Renaud Muselier. « Il y a un rapport de force très majoritairement à droite », souligne la très droitière sénatrice LR sortante Valérie Boyer. Candidate à sa réélection en attendant la commission d’investiture de son parti début juin, elle assume l’union avec le président (Ren.) de Région, qui s’est déclaré début avril pour conduire une liste d’union. « Je prêche pour l’entente, c’est dans l’intérêt commun », défend aussi Valérie Boyer, en assumant qu’« une liste, ça représente des courants divers ». Mais tandis que la sénatrice UDI Brigitte Devesa annonçait ne pas vouloir descendre sous la quatrième place, elle avertit : « Le courant centriste est très faible. C’est bien d’avoir des grandes ambitions, mais il faut faire des sièges. » « Il n’y a aucune décision prise, Renaud Muselier avance et travaille avec Gérard Larcher et les élus locaux », explique son directeur de cabinet Romain Simmarano. Avec l’annonce vendredi du retrait de la course de la ministre déléguée Sabrina Roubache, officiellement pour se concentrer sur son action gouvernementale (notre édition du 23/05), « le jeu s’éclaircit un peu » estime-t-il.

    L’éclaircissement ne devrait pas tarder à gauche aussi. « L’idée, c’est d’avoir une union la plus large possible, dans la mouture de ce qui s’est fait la dernière fois », avance-t-on dans l’entourage du maire de Marseille. « Nous avons décidé de partir sur une liste commune, avec la même configuration et les mêmes candidats qu’en 2020 », complète le sénateur (EELV) Guy Benarroche. Les communistes doivent ainsi avaliser leur stratégie cette semaine, Marie-Arlette Carlotti tient la corde au PS. Mais chez les écologistes, ils sont quatre candidats face au sénateur sortant, dont l’adjoint des 2-3 Thomas Laffare et l’ancienne responsable de la tutelle des Écologistes Paca, Samia Lakehal. Élue suite à la condamnation de Jean-Noël Guérini qui avait conduit sa propre liste en 2020, Mireille Jouve (DVG) a de son côté entamé une tournée des élus du territoire. Au risque de diviser les voix à gauche, alors qu’à la tête de la municipalité marseillaise un veto est mis contre sa présence sur une liste d’union.

    Le 27 septembre prochain, quelque 63 départements – dont les six départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur – auront à renouveler 178 sièges au Sénat, la moitié de l’hémicycle. Au total, 87 000 grands électeurs devront élire leurs représentants, au nombre de 22 dans la région : un dans les Alpes-de-Haute-Provence ainsi que dans les Hautes-Alpes, élu au scrutin majoritaire, trois en Vaucluse, quatre dans le Var, cinq dans les Alpes-Maritimes et huit dans les Bouches-du-Rhône, élus au scrutin proportionnel. Un vote obligatoire, sous peine d’une amende de 100 euros. Première étape, les conseils municipaux éliront leurs délégués le 5 juin prochain, représentant seulement une partie des élus dans les communes de moins de 9 000 habitants, l’ensemble du conseil jusqu’à 30 000 habitants, et des citoyens supplémentaires au-delà, auxquels s’ajoutent les élus départementaux, régionaux et les parlementaires. Les listes devront être déposées du 7 au 11 septembre, avant le vote du 27 septembre.

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.

  • Sylvain Souvestre fait de la surenchère sécuritaire à Marseille

    Sylvain Souvestre fait de la surenchère sécuritaire à Marseille

    L’élu a d’entrée de jeu blâmé « l’abandon du secteur par Benoît Payan pendant six ans », le mettant dos à dos avec le RN, qu’il accuse d’« incompétence ». Sylvain Souvestre s’est félicité des actions menées par ses équipes dans son secteur, observant la « réalisation d’un grand nombre de travaux avec un grand nombre de satisfactions ».

    Sécurité et proximité

    Si peu de nouveaux projets ont été présentés, le maire sortant a réaffirmé ses lignes de conduite, faisant de la sécurité une « priorité ». Il a annoncé sa volonté de poursuivre des mesures engagées durant le dernier mandat, avec l’installation de « 185 caméras » dans les rues, « l’éviction du squat de la Valentine » et la création de « stationnements intelligents ».

    Valérie Boyer, arrivée à la fin de la conférence, a souligné l’importance de « la sécurité, qui est la première pierre que l’on doit mettre dans cet édifice de reconstruction de Marseille ».

    Le maire des 11-12 a insisté être candidat à « une élection locale, pas nationale », ayant pour préoccupation « le quotidien des habitants ». Il a déclaré avoir « déjà obtenu la prolongation du tramway des Caillols jusqu’à la Valentine et à la Barasse », et a promis « la rénovation immédiate de la piscine de la Bombardière », sa priorité dans la rénovation des équipements publics. La sécurité se jouera aussi aux abords des écoles, qu’il a déclaré vouloir « sécuriser » par « l’installation de barrières ».

  • [Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »

    [Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »

    La Marseillaise : Vous présentez vos vœux de fin de mandat, de quoi êtes-vous particulièrement fier ?

    Sylvain Souvestre : En partant d’une feuille blanche sur des domaines qui m’intéressent comme le sport, il y la création des premiers paddles municipaux de France, gérés à 100% mairie de secteur, et qui ont un succès monstre. Je suis très fier aussi de l’Académie des sports qui réunit les clubs du secteur sur des tournois, des stages. À côté de la rénovation des équipements, il y a la création de la Maison des abeilles et de la biodiversité, aussi. Je suis fier aussi d’avoir mis fin aux squats de Saint-Marcel, de la Barasse et de St-Jean-du-Désert, et d’avoir pu rénover aussi avec la Métropole et sa présidente, les noyaux villageois de Saint-Barnabé et Saint-Marcel, ou la place de l’église de la Valentine. Quand il y a de la volonté, on réussit de belles choses.

    Il y a des regrets, des choses que vous n’avez pas pu faire ?

    S.So. : Il y a déjà la frustration de ne pas avoir eu, pas un accord, mais rien qu’une réponse du maire de Marseille aux demandes qui le concernaient. J’ai écrit plus de 1 500 courriers sur cinq ans sur des problématiques d’école, j’ai proposé l’installation de 185 caméras de vidéosurveillance… pas une réponse. Je regrette d’avoir vu ce secteur laissé en dehors du plan école. Aucune n’a été entamée sur ce mandat. La première est inscrite dans la prochaine vague et débutera en 2027. C’est La Figonne à Beaumont, une des quatre écoles « Geep » qui auraient dû être terminées depuis trois ans si le partenariat public-privé (PPP) n’avait pas été dénoncé par cette majorité. Pour la première fois de l’histoire, Marseille a de l’argent, c’est inadmissible d’avoir laissé 124 000 habitants au pain sec et à l’eau. J’ai même proposé à l’adjoint à la sécurité d’installer un poste de police municipale dans des bâtiments vides à Saint-Marcel… C’est du mépris.

    Qu’est-ce qui fait la force d’un maire de secteur ?

    S.So. : Ma force en tout cas, c’est mon engagement dans la proximité. Je me lève tous les jours à 4h30, je travaille toute la journée, je vais chaque jeudi matin aux opérations de propreté coups de poing de la Métropole. Cette proximité fait la force des maires de secteur, quel que soit leur bord. Il est dommage que la modification de la loi PLM n’ait pas renforcé ces pouvoirs.

    Votre discours très sécuritaire sur un secteur où le RN est très fort, est-ce nécessaire ?

    S.So. : Notre secteur historiquement à droite, a une identité, des traditions et des marqueurs forts. Je me suis battu contre la sortie de Pagnol de la Buzine, j’ai dénoncé la censure du film Sacré-Cœur. Après, les gens disent qu’ils veulent de la sécurité, même si on est assez protégé ici par rapport d’autres. Nos principaux problèmes, c’est l’incivisme, le jet clandestin, le stationnement illégal, ce qu’on peut résoudre grâce à de la vidéosurveillance et de la police de proximité. Si certains, comme le RN ou LFI, cherchent à nationaliser l’élection, c’est pour compenser leur absence du terrain. Moi, je suis dans l’action de proximité et les résultats. Franck Allisio, candidat du RN sur la ville, était élu du secteur en 2020 avant de démissionner pour aller se faire élire député à Marignane. Aura-t-il le courage d’être à nouveau candidat ici ? Où va-t-il se protéger en l’étant juste sur la ville ?

    Si jamais Franck Allisio venait sur ce secteur, vous seriez prêt ?

    S.So. : Je l’attends, j’espère qu’il viendra. Même si je crois qu’il n’y habite pas, il a été plusieurs fois candidat et a toujours voulu être ici. Si Franck Allisio ne vient pas dans les 11-12, ce serait un manque de courage politique. Le RN cherche à incarner la sécurité, mais c’est un vernis auquel beaucoup de gens ne croient pas. Je peux comprendre leur ras-le-bol, mais je peux vous dire qu’ils font la différence entre le local et le national. Ils parlent d’insécurité, d’immigration, mais savent que ça ne se règle pas à ce niveau. Puis on est identifié, avec mon équipe, avec Valérie Boyer, on a des résultats. Le marqueur de la proximité peut faire la différence. Et la crédibilité aussi. Les gens qui viennent à deux mois du scrutin et n’ont pas été là pendant six ans… Personne n’est naïf.

    Vous êtes référent sur les 11-12. Vous y serez candidat ?

    S.So. : Je suis quelqu’un de très légitimiste, je m’inscris dans un collectif. Tant que notre candidate n’a pas arbitré, je ne vais pas me positionner. Mais j’ai bien entendu la volonté de défendre ce secteur. Je serai là où je suis le plus utile pour les habitants des 11-12.

    En mairie centrale aussi donc ?

    S.So. : Ça peut. Mon souhait parce que je maîtrise moins bien les autres secteurs est de m’engager pour les 11-12.

    Qu’est-ce que vous souhaitez aux habitants pour cette année ?

    S.So. : Je leur souhaite des débats sains et sereins, sur du fond, avec de vraies propositions, pour qu’ils puissent choisir en toute connaissance. Je leur souhaite aussi de continuer à être fier de ce secteur, de cette qualité de vie et de conserver ce dynamisme, cet état d’esprit et cette bienveillance entre nous.

  • [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    Point presse sous pression au QG de campagne de Martine Vassal, cours Pierre-Puget (6e), ce mardi. Le thème initial a été ajourné pour un rendez-vous « plus politique », et l’heure avancée pour permettre à la très droitière sénatrice (LR), Valérie Boyer, d’y prendre part. à deux mois du scrutin, le sondage égrainé depuis lundi dans La Marseillaise, a bousculé la campagne en plaçant le candidat d’extrême droite (30%), largement devant la candidate de la droite dite républicaine (23%). Deux courbes qui se croisent.

    « Il y a beaucoup d’agitation, tout le monde commente en jouant le second tour avant le premier, mais la plupart des candidats confondent des échéances nationales avec ces municipales », tempère Romain Simmarano (Ren). Le porte-parole de Martine Vassal essaie de recentrer le débat, appelle à parler « projet », « visions », à la « confrontation des idées » et s’évertue à replacer sa candidate dans « un duel à deux », s’appuyant sur le second volet du sondage, sorti le matin-même.

    à la question « qui ferait un bon maire ? », 47% des Marseillais interrogés répondent Benoît Payan (DVG), 44% Martine Vassal (DVD) et 29% Franck Allisio (RN). « On a pour la première fois un chiffre intéressant, avec la seule question qu’on devrait se poser. Et là, les choses s’inversent et créent un duel de fait », argue Simmarano.

    « Mais qui sont-ils ? »

    Pour l’équipe de campagne, ce chiffre souligne la fragilité du maire. « Un sortant n’a pas un taux de satisfaction de moins d’une personne sur deux », glisse Valérie Boyer, quand son partenaire met en avant sa candidate qui « n’a jamais été maire, se présente avec son expérience et une équipe forte de son renouvellement et de son savoir-faire ». L’offensive contre Payan, accusé de « nier les problèmes » et « recycler 85% du programme de 2020  », est ciblée : « Il a eu six ans et les pleins pouvoirs municipaux et son bilan est famélique », assène le porte-parole.

    Et si on observe que les 46% de Marseillais estimant que « Martine Vassal ne serait pas une bonne maire », jugent peut-être aussi son bilan à la tête de la Métropole sur les transports, la propreté ou la voirie, les deux balaient. « Elle n’est pas maire », objecte Valérie Boyer. « C’est une élection municipale », répond Simmarano, oubliant que les conseillers métropolitains seront aussi désignés en mars. « Le maire a un statut particulier avec la clause de compétence générale. Donc, quand on regarde l’état d’une ville, on ne peut regarder que le bilan de la municipalité ».

    Mais le discours est vite parasité par un point presse tenu une heure plus tôt par le RN (lire ci-contre). Se basant sur le sondage, il y a appelé au retrait de Martine Vassal. Si Valérie Boyer juge la manœuvre « paresseuse », Romain Simmarano s’énerve presque : « Mais qui sont-ils ? La démocratie, ce n’est pas demander à son adversaire de se retirer avant l’élection ! La campagne de Franck Allisio est motivée par la peur, la trouille des autres, de la confrontation et du terrain (…). Le RN n’a aucune proposition. Il se complaît dans le rôle d’assurance vie de Benoît Payan. »

    La droite, qui a surfé sur les thèmes sécuritaire, jusqu’à assumer un partage des valeurs avec le RN, revendique désormais une ligne claire. « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Ça c’est nous, cette droite et ce centre, cet humanisme. On n’est pas de la même famille. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Il est le candidat de l’extrême droite, il faudra le courage de le dire », martèle le proche de Renaud Muselier, pointant l’absurdité de l’état d’urgence proposé par Allisio pour lutter contre le narcotrafic et la surenchère fiscale du RN à Paris.

    Acculée à deux mois du scrutin, la droite se cherche un récit. Celui d’une candidate « capable de rassembler » face à un maire sortant fragilisé et un RN « fébrile ». « Bien sûr que nous ne nous retirerons pas. Nous avons uni la droite et le centre pour changer Marseille sans céder aux extrêmes. On ira projet contre projet, vision contre vision », promet Simmarano. « Et nous allons gagner ».

  • Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Vassal rend hommage aux victimes du 7 octobre

    Devant un olivier fraîchement planté, Sylvain Souvestre (LR), maire des 11e et 12e arrondissements, Romain Simmarano, président du collectif de droite « Une génération pour Marseille », Martine Vassal, présidente de la Métropole et candidate DVD à la mairie de Marseille ou encore Valérie Boyer, sénatrice LR, ont rendu hommage aux victimes du 7 octobre, deux ans après l’attaque terroriste.

    « On a inauguré le 4 avril ce parc Sarah-Halimi, le jour même de la date anniversaire de son assassinat », rappelle Sylvain Souvestre, ayant « à cœur d’être aux côtés de la population juive », car « nous sommes de racine judéo-chrétienne ». Pour Romain Simmarano, à l’heure des « pourparlers de paix en Égypte » qu’il voit comme « une petite lumière au bout du tunnel », il s’agit aussi de penser aux otages « qui doivent être libérés », avec une minute de silence.

    Évidemment, Martine Vassal ne dit pas autre chose. « Hier, lors de la séance du conseil métropolitain, nous avons rendu hommage à toutes les victimes », indique-t-elle, à la fois celles « du plus gros massacre depuis la Shoah », mais aussi « des victimes palestiniennes qui en ont découlé », les « terroristes » s’en servant « comme des boucliers humains ». Et de soutenir, même si elle n’en partage pas toutes les idées, le plan de Trump, se félicitant d’une « décision courageuse, qui va dans le bon sens ». Le « premier élément de paix », restant la « libération inconditionnelle des otages qui restent ». Et d’avertir : « Il ne faut surtout pas confondre la position des juifs de France avec le gouvernement israélien. » Des « juifs de France stigmatisés et pointés du doigt, attaqués pour ce qu’ils sont. Ce n’est pas acceptable » sur « un territoire du bien vivre ensemble ».

  • « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    Benoît Payan pouvait bien se placer au-dessus de la mêlée, en ouverture du conseil municipal de Marseille ce vendredi matin. « Les mots, les actes nous engagent, parce que nous sommes des élus de la République », invitait l’édile depuis la tribune, rappelant aussi bien la période de réserve électorale que les menaces de mort dont il avait fait l’objet, pour avoir simplement mangé un couscous à Noailles.

    Un vœu pieux dans un hémicycle recomposé. À droite, l’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut est absent, après avoir annoncé son départ de la vie publique et la dissolution de son groupe, dont les élues siègent maintenant avec les troupes de la candidate Martine Vassal. Sans Hayat Atia et Aurélie Falek, qui ont claqué la porte en dénonçant une dérive « vers l’idéologie de l’extrême droite ». Stéphane Ravier (ex-RN) en revanche est bien présent, après avoir annoncé la veille qu’il ne serait pas candidat aux prochaines municipales, ouvrant la voie au RN qui saluait « un geste extrêmement fort ».

    Complotisme antisémite

    Pas de quoi l’inciter au silence. Après les premières escarmouches de la droite sur le coût de l’Été marseillais, le château de la Buzine ou l’état du centre-ville, il n’aura fallu qu’à peine une demi-heure pour que le sénateur vienne mettre les pieds dans le plat. Une de ses diatribes habituelles, au gré d’une attribution de subventions, pour s’attaquer à une supposée « xénophilie suicidaire qui envoie un message aux candidats à l’immigration ». Mais en virant jusqu’au complotisme antisémite cette fois, désignant l’ONG SOS Méditerranée comme « Soros Méditerranée ». Il est rapidement interrompu. « Beaucoup de fake news existent contre Monsieur Soros en raison de sa religion, notamment celle que vous venez dire », le reprend vertement Benoît Payan, après avoir exigé son départ de l’hémicycle. Cette fois, Stéphane Ravier reconnaît son erreur.

    Mais la porte est ouverte. Vingt délibérations plus tard, le RN est fidèle à lui-même en accusant la majorité de « subventionner la submersion migratoire ». Mais dans la foulée, c’est la sénatrice (LR) Valérie Boyer qui accuse la municipalité d’avoir fait de Marseille « la capitale de l’immigration illégale ». Refusant une subvention de 130 000 euros à SOS Méditerranée, « cette organisation par laquelle arrivent dans nos rues la misère et l’errance ». Et s’opposant avec l’extrême droite au contrat territorial d’accueil et d’intégration à 630 000 euros pourtant signé avec l’État. Au fond de la salle, Stéphane Ravier jubile. Et crucifie la droite : « Je peux quitter le conseil municipal, le raviérisme n’est pas mort. »

    En tribune, Benoît Payan proteste. « Est-ce que vous savez combien de personnes ont été débarquées par SOS Méditerranée à Marseille ? Zéro. » « Nous avons entendu les représentants de la droite et de l’extrême droite dire que notre humanisme était mauvais parce qu’il permettait de vivre dans une forme de misère, ajoute l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. Mais lorsque nous contractualisons avec l’État pour leur intégration, ils votent contre ! »

    Peu importe : la porte désormais ouverte dans les 9-10, le risque de la dispersion des voix écarté, le RN n’a qu’à dérouler, pendant que la droite surenchérit pour espérer reprendre leur électorat. « Arrêtez de les singer, les gens préféreront toujours l’original à la copie », avertit Benoît Payan. Au fond de la salle, le lepéniste de la première heure Bernard Marendat applaudit des deux mains.