Tag: Valérie Boyer

  • Au Sénat, Renaud Muselier se cherche un siège d’équilibriste

    Au Sénat, Renaud Muselier se cherche un siège d’équilibriste

    Dans quel groupe siégera Renaud Muselier au palais du Luxembourg ? C’est l’inconnue de cette rentrée sénatoriale dans les Bouches-du-Rhône. Élu sur la liste de Brigitte Devésa, la sénatrice (UDI) sortante qui va rejoindre les bancs de l’Union centriste, l’ex-président (REN) de la Région Sud réserve son choix.

    « Je siégerai dans la majorité sénatoriale comme promis, et voterai pour élire mon ami Gérard Larcher à la présidence du Sénat, avec qui j’étais au gouvernement de Jacques Chirac. Le choix des groupes sera fait lundi, et j’échange actuellement avec les groupes », se contentait-il de répondre à la veille de la rentrée de la haute assemblée.

    Ce jeudi 1er octobre débute une séquence décisive dans l’organisation du Sénat qui, pour sa première séance, élira son président avant de procéder à la mise en place de ses instances. Les nouveaux élus auront jusqu’au 5 octobre pour choisir le groupe politique dans lequel ils siégeront. Un choix qui conditionne leur représentation dans les commissions, leur temps de parole et leurs responsabilités parlementaires.

    Le groupe macroniste dans la majorité ?

    Renaud Muselier plaide pour « un candidat unique » à la présidentielle et a encore répété lundi, sur cette base, sa volonté de soutenir celui capable de réunir la droite et le centre quitte à lâcher Gabriel Attal au profil d’Edouard Philippe. Une posture qui pourrait rejaillir sur son positionnement à la Chambre haute.

    Car même si sa démission de la présidence de Région lui a fait perdre son statut de membre de droit du bureau exécutif national de Renaissance, la logique veut qu’il rejoigne les macronistes réunis au Sénat dans le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI). Sauf que selon nos informations, la participation du groupe RDPI à la majorité de Gérard Larcher n’était pas encore actée mercredi.

    Le grand écart paraît impossible pour Renaud Muselier, qui pourrait dans ce cas se réfugier chez Les Indépendants – République et Territoires (LIRT), groupe composé de nombreux élus proches d’Horizons, parti d’Edouard Philippe. LIRT fera partie de la majorité sénatoriale et plusieurs de ces élus avaient salué son élection comme un des leurs. Une voix de secours pour Renaud Muselier que l’on voit mal siéger avec son ancienne famille, Les Républicains, où sera confortablement installée la sénatrice (LR) dissidente, Valérie Boyer, réélue avec le soutien de Bruno Retailleau, son président.

    À gauche, sans surprise, Jérémy Bacchi (PCF) retrouvera le groupe communiste CRCE-K, Marie-Arlette Carlotti (PS), le groupe Socialiste, écologiste et républicain, et Guy Benarroche (EELV) celui des écologistes. Les deux sénateurs d’extrême droite rejoindront eux le groupe Rassemblement national, formé avec leurs alliés.

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, Muselier cède la Région avec un goût amer

    Dimanche à 20h, dans la foulée de la validation du résultat de l’élection sénatoriale, Renaud Muselier a signé sa lettre de démission de la présidence de Région qu’il occupe depuis 2016. C’est Christian Estrosi qui assure l’intérim jusqu’à la plénière convoquée le 12 octobre pour élire le nouveau président et son exécutif.

    Son choix pour lui succéder est connu. Le désormais ex-président espère « donner les clés de cette honorable maison » à François De Canson « un maire respecté et un élu local reconnu qui sera un président compétent ». Lui, reste conseiller régional spécial avec des prérogatives sur les fonds européens, les JO d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Mais Renaud Muselier a beau avoir le cuir politique cabossé par les campagnes électorales, « cette victoire » lui laisse « un goût amer dans la bouche ». Il s’en est fallu d’une trentaine de voix, celles qui ont manqué à la réélection du sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, pour que le président de la Région passe à côté du Sénat.

    Si « la gauche et les écologistes sont redevenus la première force politique » en nombre de voix comme le rappelle la sénatrice sortante (PS) Marie-Arlette Carlotti réélue avec Jérémy Bacchi (PCF) et Guy Benarroche (EELV), le siège de Jean-Noël Guérini échu à Mireille Jouve après sa condamnation, est tombé dans les mains du Rassemblement national. Le parti d’extrême droite décroche deux sénateurs : Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. Un siège revient à la sénatrice (LR) sortante Valérie Boyer, et deux à la Liste Devesa – Muselier qui portait les couleurs officielles de la droite et du centre droit.

    « Ce n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. Avec tout ce qu’on a pu faire pour l’aménagement de nos communes et de notre territoire, c’est intéressant comme renvoi d’ascenseur, ça mène à beaucoup d’humilité », ironise l’ex-président de région qui lors de son entrée en campagne début juillet tablait sur quatre sièges. « Sans la division organisée par Mme Boyer et M. Granier, on aurait gagné un siège supplémentaire, c’est bien dommage. Si il y a défaite, c’est la défaite de l’addition », regrette celui qui associe toutefois l’élection de la candidate LR dissidente à son bilan.

    L’inquiétude Retailleau

    « Les appartenances politiques ne s’effacent pas au soir d’une élection », ne tardera pas à lui répondre cette dernière rappelant qu’elle sera la seule à siéger au sein du groupe Les Républicains. « Présenter ce résultat comme l’élection de trois sénateurs de droite ne doit pas masquer une réalité. Renaud Muselier appartient à Renaissance, Brigitte Devésa à l’UDI et sont tous deux macronistes ».

    Ce résultat décevant, Renaud Muselier le met aussi sur le compte d’une campagne « violente » où rien ne lui a été épargné, évoquant des « fausses affaires » reprises avec « des titres à la une » par la presse, des « tracts anonymes », des « soi-disant menaces » et des « trahisons nationales ». Car la rancœur vis-à-vis de Bruno Retailleau, le président Les Républicains, pointe vite. « Vous avez un chef de parti qui part contre son parti, contre la décision de sa commission d’investiture, contre sa parole donnée… C’est pas banal pour quelqu’un qui veut être président de la République. Ça devient compliqué et ça m’inquiète », reprend le nouveau sénateur. « Nous étions partis avec trois sièges, nous les conservons malgré la division mais le total de voix est clair : unis nous avions ce 4e siège voilà pour la triste conclusion : la division a toujours un prix et ce prix est un sénateur RN de plus dans les Bouches-du-Rhône. »

    Au palais du Luxembourg où il siégera « dans la majorité sénatoriale » sans préciser quel groupe, Renaud Muselier promet d’être focus sur la métropole, la loi SRU, la fiscalité et les finances des collectivités, le budget du pays mettant sur la même ligne la reconnaissance faciale et la cyber sécurité, et l’unité à la présidentielle. « Uni, on gagne. On l’a prouvé aux Régionales et on vient de le prouver dans un sens comme dans l’autre aux Sénatoriales. La division entraîne la défaite ». Un défi pour 2027.

  • Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche conserve ses trois élus, le RN en obtient deux

    Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche conserve ses trois élus, le RN en obtient deux

    La liste d’union de la gauche est arrivée en tête des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône ce dimanche soir, en obtenant 1008 voix et 27% des suffrages. Dans un scrutin marqué par un nombre record de candidatures et brouillé plus encore par la crise traversée par la Métropole Aix-Marseille, elle conserve ainsi les trois sièges de ses sénateurs sortants, Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (EELV). Sans obtenir le quatrième siège qu’elle espérait conquérir, forte de son résultat lors des dernières municipales à Marseille.

    A droite, la liste menée par la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI) et le président de Région, Renaud Muselier (Ren.) obtient 581 voix, soit 16% des suffrages. Elle obtient donc deux sièges, de justesse pour le président de Région. La sénatrice sortante Valérie Boyer (LR) réussit de son côté son pari en conservant son siège avec 395 voix (10%). Quant à maire de Gardanne Hervé Granier (LR), il reçoit 201 voix (5%) et échoue à entrer au palais du Luxembourg.

    La liste d’extrême droite, menée par deux récents ralliés au RN, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, espérait obtenir deux sièges. Elle réussit son pari, avec 685 voix (18%). Le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier, toujours sous le couperet d’une peine d’inéligibilité en attendant la décision de la Cour de Cassation, obtient de son côté 265 voix (7%) et perd son siège.

    L’ancien député (PS) Jean-David Ciot espérait quant à lui capitaliser sur la crise métropolitaine. Un pari perdu, avec 249 voix (6%). La sénatrice guériniste sortante Mireille Jouve perd elle son siège au palais du Luxembourg en n’obtenant que 201 voix (5%).

    Enfin, les Insoumis qui se présentaient pour la première fois dans ce scrutin dans le département reçoivent seulement 77 voix (2%) pour la liste LFI menée par l’élue d’opposition à La Bouilladisse Michelle Blanchard-Svoboda.

    Autant de voix qui privent la gauche de son quatrième siège.

  • [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    Ce dimanche, un nombre record de listes sont soumises au vote des 3 695 grands électeurs des Bouches-du-Rhône, avec neuf bulletins à disposition dans les bureaux de vote installés au sein de la préfecture. De quoi faire baisser le seuil pour obtenir un siège.

    Des huit sénateurs sortants, seul l’ancien maire (LR) de Rognac Stéphane Le Rudulier a jeté l’éponge, nourrissant les spéculations sur son avenir professionnel. Partie sans les centristes en 2020, la droite a vu l’addition de ses nuances exploser rapidement en plein vol, sapée par son effondrement aux municipales à Marseille. Le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, après s’être lancé dans l’arène dès le mois d’avril, avait pourtant concédé la tête de liste à la sénatrice sortante aixoise Brigitte Devésa (UDI) pour laisser une place éligible à Valérie Boyer (LR). Celle-ci a finalement décidé de partir de son côté, et revendique la légitimité dans son camp. Quand la liste d’union de la droite et du centre recevait l’investiture des LR et le soutien du président LR du Sénat Gérard Larcher, elle affichait celui du président des LR lui-même, Bruno Retailleau. D’abord sollicité par la ministre déléguée Sabrina Roubache, brièvement candidate, le maire (LR) de Gardanne lui aussi mène une liste, revendiquant porter la voix des maires. Entre pressions et mots durs, la campagne à droite a connu un dernier éclat ce vendredi, Valérie Boyer annonçant déposer plainte et alerter le préfet, après l’envoi d’un tract « particulièrement agressif » s’en prenant aux listes de droite et du RN.

    Face à la dispersion des voix de droite, le parti lepéniste espère bien élargir ses voix au-delà des communes conquises et de son score élevé à Marseille pour obtenir une représentation. Il mise sur deux transfuges, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, au risque de brusquer les historiques qui pourront se tourner vers le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier. Menacé d’inéligibilité, il pourrait céder sa place à sa compagne Emmy Font.

    La gauche unie de son côté repart avec les trois sénateurs sortants, menés par Jérémy Bacchi (PCF) et espère obtenir un quatrième pour la Marseillaise Clara Jaboulay, forte d’un score écrasant dans la cité phocéenne aux municipalités et d’une victoire à Aubagne. Il faut certes compter sur la dispersion des voix : LFI présente pour la première fois une liste, la sénatrice guériniste Mireille Jouve se représente tandis que le maire (PS) du Puy-Sainte Réparade Jean-David Ciot a aussi déposé une liste. Mais ces deux dernières candidatures peuvent aussi bien mordre sur les plates-bandes de la droite.

    Surtout, la « mélasse » métropolitaine achève de brouiller les cartes entre blocage marseillais, suppression de la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, main tendue de son président au RN. De quoi faire bouger les positions partisanes.

  • Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Ce devrait être le point d’orgue de la campagne Devésa-Muselier ce jeudi : la réunion publique du président LR du Sénat, Gérard Larcher, à Aix-en-Provence, pour appeler à serrer les rangs autour de cette liste officiellement investie par LR et la majorité sénatoriale. Un temps fort annulé le matin même en raison d’une réunion urgente qui a retenu le 2e personnage de l’État à Paris.

    Il n’en fallait pas plus aux listes concurrentes pour interpréter la nouvelle comme un acte de défiance à l’issue d’une campagne marquée par la désunion à droite où les listes de Valérie Boyer, sortante LR, et d’Hervé Granier, maire LR de Gardanne concurrencent celle conduite par Brigitte Devésa la sortante UDI avec le président de Région en deuxième position.

    « Je crois que le président Larcher n’a guère apprécié les prises de position Facebook de Brigitte Devésa sur les sénatoriales du Var où elle a soutenu en quelques jours la liste UDI puis la liste LR », souffle un proche d’une liste concurrente considérant que « les Bouches-du-Rhône, c’est un terrain miné, surtout depuis que Bruno Retailleau soutient à titre personnel Valérie Boyer. Gérard Larcher n’a pas voulu mettre les pieds dans la boue ».

    Le logo Renaissance est-il un repoussoir ?

    Dans l’entourage de Renaud Muselier on estime que « ces murmures sont de vastes conneries » en brandissant une lettre signée de la main de Gérard Larcher, « adressée à Brigitte Devésa et Renaud Muselier dans laquelle il explique son empêchement et confirme le soutien de la majorité sénatoriale et son soutien personnel à leur liste ».

    Parallèlement, depuis quelques jours, des grands électeurs ont reçu une lettre dans laquelle Valérie Boyer qui fait campagne en tant que « représentante de la vraie droite » est décrite comme plus que complaisante avec le macronisme.

    « Je ne sais pas d’où ça vient, peut-être de l’extrême droite », confie un élu centriste qui regrette, pour sa part, que le président de Région n’affiche pas l’étiquette Renaissance sur son bulletin de vote. « Pour moi ce n’est pas un repoussoir », déplore-t-il.

    Hervé Granier, ostensiblement poussé par la très macroniste Sabrina Roubache, se garde d’afficher toute appartenance partisane sur son matériel de campagne. « Je veux porter la voix des maires », martèle-t-il à l’envi.

    Valérie Boyer, quant à elle, arbore le logo LR alors même que la commission nationale d’investiture de son parti et la fédération LR des Bouches-du-Rhône soutiennent le tandem Devésa-Muselier. Pour ne rien arranger à la confusion, Catherine Pila, la rivale malheureuse de Ludovic Perney lors des élections internes à la présidence de LR 13 figure sur la liste de… Valérie Boyer. « Si Valérie fait son siège, Ludovic Perney devra rendre des comptes », prévient-on dans l’entourage de la sénatrice.

    L’annonce de la suppression de la gratuité des transports dans l’ex-Pays d’Aubagne par Nicolas Isnard le président LR de la Métropole, sans concertation avec les maires concernés, n’aide pas à éclaircir l’horizon. « Je soutiens la liste conduite par Brigitte Devésa et Renaud Muselier. Pour autant, j’ai beaucoup de sympathies pour nombre de candidats qui se présentent à cette élection aussi. Que le meilleur gagne dimanche », déclare-t-il. Sur la liste Devésa-Muselier, Véronique Miquelly, maire d’Auriol, commune touchée par l’abandon de la gratuité figure… en troisième position. « Ce choix aurait pu être évité ou au moins temporisé si chacun avait pris ses responsabilités lors du dernier conseil métropolitain à commencer par MM. Payan et Squillari », rétorque un soutien de la liste en question.

    Quelles conséquences sur les sénatoriales ? Verdict dimanche.

  • Martine Vassal met en scène l’union de la droite pour sa rentrée politique

    Martine Vassal met en scène l’union de la droite pour sa rentrée politique

    Union de la droite. C’était le mot d’ordre de la rentrée politique de la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal. Ce dimanche, au domaine de la Tour de La Ciotat, 80 maires et 200 élus de droite des Bouches-du-Rhône sont venus partager un aïoli et afficher une union de façade devant deux mille cinq cents participants. Car la droite affiche ses divisions pour les élections sénatoriales du 27 septembre. Trois listes ont été déposées ce vendredi. Mais malgré ce climat à couteaux tirés, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.) second sur la liste conduite par Brigitte Devésa, soutenue par la majorité sénatoriale de droite LR, Valérie Boyer, tête de liste soutenue, elle, par le président du parti LR Bruno Retailleau et Hervé Granier, maire de Gardanne, tous candidats sur trois listes adverses, étaient présents derrière Martine Vassal.

    C’est donc avec une droite qui apparaît unie derrière elle que la présidente du Département a tenu son discours de rentrée. Le premier depuis sa défaite aux municipales de Marseille. Si elle s’est dite « triste et en colère de voir que la droite n’a pas réussi à s’unir pour les sénatoriales », elle a officiellement apporté son soutien à la liste de Brigitte Devésa et de Renaud Muselier. Mais ce dimanche, l’objectif est clair : mettre en scène l’unité. « Ça fait chaud au cœur de les voir autant rassemblés », s’émeut la présidente du Département. Pour elle, sa famille politique « n’a pas le droit d’être en conflit ou d’être en opposition. Pour les prochaines élections départementales, il n’y aura qu’une candidature et pour les régionales aussi, clame-t-elle. Parce que c’est obligatoire pour tout ce que l’on a fait. » Il reste deux ans pour y travailler.

    « On espère n’avoir qu’un candidat à la présidentielle »

    Pour la présidentielle, « on espère n’avoir qu’un seul candidat pour ne pas tomber dans l’un ou l’autre extrême ». précise Martine Vassal. Pour Sylvain Di Giovanni, ancien président du mouvement Marseille Provence Unie « la droite a gagné lorsqu’elle a été unie ». Selon Martine Vassal, son camp politique devra « trouver des voies pour ne pas charger davantage ni les entreprises ni les habitants et donc réduire les dépenses en faisant des économies d’échelle ». Un cap qui fait l’unanimité à droite.

  • La droite vers le Sénat en rangs dispersés dans les Bouches-du-Rhône

    La droite vers le Sénat en rangs dispersés dans les Bouches-du-Rhône

    Ils sont allés jusqu’au bout malgré les pressions. Tandis que la liste menée par la sénatrice sortante (UDI) Brigitte Devésa et Renaud Muselier, le président (Ren.) de Région se vantait lundi qu’ils seraient « les seuls à siéger dans la majorité sénatoriale aux côtés de Gérard Larcher », le maire (LR) de Gardanne Hervé Granier a bien déposé ce mardi après-midi sa liste pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, et la sénatrice sortante (LR) Valérie Boyer doit en faire de même ce mercredi.

    Avec le maire de Gardanne accompagné de Pascale Licari, la maire (DVD) du Paradou, et Patrick Ghigonetto, le maire (DVD) de Ceyreste, figurent aussi l’ex-maire (DVD) des 9-10 Anne-Marie d’Estienne d’Orves, le maire de Mallemort Dimitri Farro, la présidente de la chambre de commerce et d’industrie franco-arménienne Angèle Melkonian, le conseiller municipal de Grans Vincent Tiquet, l’adjointe gardannaise Claire Campodinoco. « Les maires comptaient avoir une liste de maires, il fallait avoir le courage de la monter », appuie Hervé Granier, déplorant la suppression du cumul des mandats, « qui a supprimé la proximité entre les collectivités et Paris ». Il défend ainsi réforme de la loi SRU – qui impose 25% de logements sociaux – simplification des normes, information sur les fichés S ou agresseurs sexuels dans les communes… Mais surtout, il tique sur les propos de Brigitte Devésa, qui écrivait que « les collectivités ont besoin de sénateurs qui connaissent leurs réalités et savent agir, l’amateurisme n’a pas sa place ». « Les amateurs que nous sommes faisons vivre les collectivités tous les jours, nous occupons de nos administrés tous les jours », tempête-t-il.

    Monopoles de la droite

    La sénatrice Valérie Boyer a de son côté annoncé ce mardi les derniers noms de sa liste : l’ancien député Guy Teissier, l’ancienne présidente de l’opposition marseillaise Catherine Pila, l’ex-candidat aux législatives Maxime Aghemo, la conseillère d’opposition martégale Magali Scalzo-Lopez. En suscitant une vive réaction de la fédération LR. « Par cette candidature dissidente à une élection à un seul tour, Madame Boyer prend le risque d’empêcher les maires réélus Véronique Miquelly et Michel Pécout de faire leur entrée au Sénat », indique un communiqué qui promet que « la droite la plus bête du monde n’est pas une fatalité ». Face à l’investiture LR affichée par la liste de Brigitte Devésa, Valérie Boyer ironise : « C’est compliqué de dire qu’on est une liste LR quand la liste est conduite par une ex-Modem à l’UDI et le patron de Renaissance ». Elle rappelle sa fidélité à son parti et son opposition au gouvernement macroniste, dont les coupes budgétaires affectent les collectivités, tandis que huit membres de LR figurent sur sa liste. « Un parti qui donne une investiture à une centriste UDI associée à Renaissance, on peut se poser des questions. Si une personne devait l’avoir, c’était Valérie Boyer », la défend Hervé Granier.

  • [Sénatoriales] Stéphane Le Rudulier ira-t-il jusqu’au bout ?

    [Sénatoriales] Stéphane Le Rudulier ira-t-il jusqu’au bout ?

    Il est vrai que dans les Bouches-du-Rhône, la droite et le centre ne manquent pas de candidats. Il y a la liste soutenue par le président du Sénat Gérard Larcher conduite par le tandem Brigitte Devésa (UDI)-Renaud Muselier (Renaissance). Celle du maire LR de Gardanne, Hervé Granier et celle de la sortante LR Valérie Boyer.

    Officiellement toujours en lice, Stéphane Le Rudulier (ex-LR) s’était déclaré candidat début juillet. Mais alors que le scrutin prévu le 27 septembre approche, il semble avoir quitté les radars des grands électeurs. « On ne le voit pas sur le terrain, il n’a pas de noms pour sa liste, il n’ira pas au bout », glisse un membre d’une équipe de campagne concurrente pour qui « il a du mal à se dépêtrer de ses affaires ».

    Stéphane Le Rudulier est en effet visé, avec Sylvie Miceli-Houdais qui a pris sa relève à la mairie de Rognac, par une enquête préliminaire pour détournements de fonds publics par le parquet d’Aix ouverte en 2024. Il est aussi l’objet d’une plainte pour « violences volontaires » déposée par sa successeure. Depuis la mairie est tombée aux mains du RN.

    S’il ne poursuit pas seul, Stéphane Le Rudulier peut-il rallier une liste ? Celle de Brigitte Devésa et Renaud Muselier est déjà complète. Chez Valérie Boyer on ne l’imagine pas sur la liste mais on ne serait pas contre un appel à voter.

    Le sénateur sortant dont la campagne est très discrète n’a pas donné suite à nos sollicitations. Un indice ?

  • [Entretien] Valérie Boyer : « Je prends la place de la droite républicaine »

    [Entretien] Valérie Boyer : « Je prends la place de la droite républicaine »

    La Marseillaise : En 2020 vous êtes élue sur une liste de la droite rassemblée. Quel est le sens de votre candidature solitaire ?

    Valérie Boyer : En 2020, j’étais n°2 d’une liste où les trois premiers étaient Les Républicains avec ensuite une représentation centriste pour Aix. Aujourd’hui, ma candidature a tout son sens : je suis sortante, de droite, Les Républicains, et j’ai toujours été fidèle et loyale à ma famille politique. C’est une question de clarté. Je pense qu’il y a une alternative entre le macronisme incarné par la liste de Devésa – Muselier et les autres listes extrêmes. C’est la place que je prends, celle de la droite républicaine. Je suis très heureuse du soutien de David Lisnard, le président des maires de France. Je ne suis ni dissidente, ni solitaire dans cette démarche, et il y a sur ma liste des maires qui ont une carrière : Jean Mangion n’est pas n’importe qui pour Les Républicains du 13. Ce n’est pas un LR de cinq minutes.

    Vous ne craignez pas la dilution des voix de droite avec quatre listes ?

    V.B. : Quelle dilution ? C’est une affirmation. Si je n’avais pas été candidate, mon courant de pensée ne serait pas représenté. Ma liste est la seule liste de droite. Brigitte Devésa explique que la liste d’Hervé Granier est pilotée par Mme Roubache. Donc, il y a deux listes macronistes que je ne place pas à droite. Moi, je suis d’une droite libre et républicaine.

    ll se dit que vous avez quitté la liste Muselier par rapport à votre place ?

    V.B. : Je l’assume. Il y avait des négociations, sans moi, on voulait me mettre 4e puis 3e mais ça ne fonctionnait pas. J’ai de l’amitié et de bonnes relations avec Renaud Muselier mais à un moment, il soutient Gabriel Attal et moi tout m’y oppose, c’est un vrai différend politique. Je ne suis pas du tout alignée sur le plan des idées. Moi je suis restée fidèle au chemin tracé par le parti où je milite, je ne suis pas allée ailleurs contrairement à ce qu’on m’a prêté, et je ne suis pas méprisante en le disant. Donc ce n’était pas possible parce que la tête de liste colore la liste. Or je ne suis ni Modem-UDI, ni Renaissance. Et puis ça ne correspond pas à la sociologie du vote dans les Bouches-du-Rhône, ni aux maires. À part Jean-Pierre Serrus, il n’y a pas de maire Renaissance. Il n’y a d’ailleurs pas de maire en position éligible sur leur liste. Donc j’ai dit non, en cohérence avec les convictions que je défends depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir. J’ai toujours été dans son opposition. Même quand il était en majesté à Marseille, je ne l’ai pas soutenu. Ni lui, ni ses candidats. Qui est plus LR que moi dans les Bouches-du-Rhône ? Personne.

    Vous et cette droite assumée avez quand même voté au Sénat, ces budgets qui font mal aux maires dont vous dites porter la voix.

    V.B. : Oui et grâce au Sénat, beaucoup moins que ce que le gouvernement proposait. C’est la Macronie qui a lancé « Balance ton maire », et la baisse de la dotation aux communes a été féroce, sous Macron. On a fait en sorte de la compenser.

    Pourquoi ne pas s’opposer ?
    La gauche a voté contre.

    V.B. : On va jusqu’au bout de ce qu’on peut. Sur certains sujets, comme l’euthanasie, on s’est opposés mais sur le budget, à un moment il faut un compromis. Donc on a fait des propositions pour que la casse soit moins importante. Je suis intervenue sur le ZAN ou la loi SRU pour que les maires retrouvent de la disponibilité. Je plaide pour changer totalement le système et redonner de la liberté aux maires et aux communes.

    Où siégerez-vous si vous êtes réélue, sachant que Gérard Larcher, le président (LR) de la majorité sénatoriale soutient la liste Devésa ?

    V.B. : Brigitte Devésa siège chez les centristes et la majorité sénatoriale a différentes composantes. Les Républicains sont très largement majoritaires et je siège dans ce groupe. Vous voulez que j’aille où ? Et je peux vous dire que mes collègues me soutiennent énormément.

  • Jean Mangion se range derrière Valérie Boyer pour les sénatoriales

    Jean Mangion se range derrière Valérie Boyer pour les sénatoriales

    Comme Stéphane Le Rudulier, un autre sénateur LR, elle est partie en solitaire, en se désolidarisant de la liste de droite du président de la région Sud, Renaud Muselier (REN), menée par Brigitte Devésa (UDI) et soutenue par la majorité sénatoriale de Gérard Larcher. Mais Valérie Boyer (LR) la sénatrice de Marseille, rapidement rejointe par le maire de Trets, Pascal Chauvin (DVD), affiche depuis 48 heures ses soutiens. Ce week-end, David Lisnard, le maire de Cannes et son parti Nouvelle Énergie ont annoncé se ranger derrière elle. Lundi, une autre personnalité, plus locale mais pas moins influente, a été confirmée sur sa liste.

    Libre et enracinée

    Il s’agit de Jean Mangion, le maire (LR) de Saint-Étienne-du-Grès, petite commune de 2500 habitants, située entre Rhône et Alpilles. Une surprise quelque part, puisque fin mai ce dernier avait apporté son soutien à Renaud Muselier dans la perspective d’une « liste d’union des personnalités de droite ». La personnalité, désormais, c’est lui ?

    Âgé de 76 ans, ce docteur en droit a été durant sa carrière, administrateur de l’École d’art et d’architecture de Marseille et directeur de l’Office régional de la culture, directeur général des affaires culturelles de la Ville de Marseille et président de la Cité de la Musique. Proche de Jean-Claude Gaudin dont il a dirigé la campagne électorale de 2001, il était devenu un fervent soutien de Martine Vassal.

    Réélu maire depuis 2014, il a progressivement étendu son influence au-delà de Saint-Étienne-du-Grès. Il préside aujourd’hui le Parc naturel régional des Alpilles et le Pôle d’équilibre territorial et rural du Pays d’Arles, deux structures stratégiques dans l’aménagement, l’environnement et le développement du territoire local.

    « Je refuse que la droite des Bouches-du-Rhône soit réduite à une force d’appoint. Avec Pascal Chauvin, Jean Mangion et les élus qui nous rejoignent, nous voulons construire une liste libre, enracinée et entièrement tournée vers la défense de nos communes », insiste Valérie Boyer, espérant rassembler « tous les grands électeurs attachés à une droite fidèle à son identité, à la sécurité, à la maîtrise des finances publiques, à la défense des libertés locales et au respect des communes ».

    Reste qu’en l’état actuel, avec quatre listes sur la ligne de départ, puisque s’ajoute celle formée par le maire (LR) de Gardanne Hervé Granier qui promet lui aussi de représenter les maires du territoire, la droite pourrait surtout perdre gros lors du scrutin programmé le 27 septembre.