Tag: vacances

  • Le sud, destination refuge en temps de crise

    Le sud, destination refuge en temps de crise

    Au Vieux-Port à Marseille, les valises s’entassent déjà sous l’ombrière. Assis sur ces bagages, les deux fils de la famille Fromentin patientent en regardant leur père dans la file d’attente pour accéder à la navette vers la Pointe Rouge. Venus de Marne-la-Vallée pour six jours, ils incarnent cette clientèle française qui, malgré un budget serré, n’a pas renoncé aux vacances. Leur destination aurait pourtant dû être tout autre. « C’était le voyage des 50 ans de ma belle-sœur prévu depuis un an. On devait aller en Sicile, mais c’est hors de prix », raconte Julie Fromentin.

    Cette adaptation des vacanciers, les professionnels du tourisme l’avaient anticipée. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que les inquiétudes du printemps, alimentées par les tensions au Moyen-Orient et la baisse du pouvoir d’achat, laisseraient finalement place à des perspectives plus rassurantes. « On a eu un printemps qui a démarré très doucement, mais pour juillet et août, les tendances sont positives », résume Isabelle Brémond, présidente de Provence Tourisme.

    Les premiers indicateurs confortent cet optimisme. Dans les Bouches-du-Rhône, les réservations de locations saisonnières affichaient, fin juin, une hausse de 7 % sur juillet et août par rapport à l’an dernier, avec +6 % pour le 14 juillet et +7 % pour le 15 août. Chaque été, le département accueille en moyenne 1,9 million de touristes. Les Français restent les plus nombreux, représentant 69 % des visiteurs. La clientèle étrangère est portée par les touristes allemands, américains, britanniques et italiens.

    À l’échelle régionale, l’optimisme est aussi de mise. « À date, on va faire a minima une aussi bonne saison que l’année dernière », assure François de Canson, président du Comité régional de tourisme Paca. Selon lui, « 80 % des professionnels se déclarent confiants pour leur activité cet été ».

    Pourtant, les vacanciers sont de plus en plus obligés de faire des choix. Une enquête de l’Ifop sortie en avril révélait qu’un Français sur deux prévoyait de réduire ses dépenses en vacances. « On voit des décisions plus tardives, des séjours plus courts et plus échelonnés dans le temps », confirme Isabelle Brémond.

    Partir, mais consommer différemment

    Même constat pour François de Canson : « Les Français ne renoncent pas à partir, mais ils consomment différemment. Une fois le logement payé, il faut arbitrer car le budget n’est pas extensible ». Isabelle Brémond abonde : « Le secteur de la restauration souffre, car là où on allait au restaurant trois fois par séjour, aujourd’hui, on va se faire la cuisine ou pique-niquer ».

    Dans les rues de Marseille, les vacanciers témoignent de ces nouveaux arbitrages. Venue de Lyon pour une semaine, Sandra reconnaît que, sans l’hébergement chez son amie Nassira, « [elle] ne serai[t] peut-être pas venue ». Plus loin dans les rues du Panier, Sacha, étudiante parisienne de 18 ans, a limité son séjour à cinq jours. « Au-delà, ça aurait été beaucoup trop cher, souffle la jeune femme qui s’est fixé un budget de 350 euros pour ses vacances. Déjà 180 euros de train, ça fait mal au porte-monnaie ».

    Au Vieux-Port, Thibault et Laetitia ont, de leur côté, traqué les bons plans : échange d’appartement, premier train Ouigo à 6h du matin et seulement un restaurant pendant leur séjour. « On ne voulait pas aller à l’étranger, parce que c’est trop cher et aussi par conviction », explique le couple. Marseille s’est naturellement imposée à eux : « On a vraiment choisi la ville. Il y a tout ce qu’on recherchait : les mobilités douces, les musées et le coût de la vie bien sûr. »

    Le témoignage du couple illustre le constat dressé par Julien Harounyan, adjoint au maire de Marseille en charge du tourisme : « Ce n’est pas une destination par défaut, c’est une destination qu’on choisit précisément pour son budget ». La ville profite d’une dynamique bien installée. En juin, la fréquentation a progressé de 4 % par rapport à 2025, les hôtels dépassent les 95 % de taux d’occupation et les locations meublées affichent 44 % de fréquentation supplémentaire. Marseille s’est même hissée en tête des destinations françaises sur le site spécialisé Booking en juillet, une première. Les récents concerts de Jul et de Bad Bunny, les demi-finales du Top 14 ou les ponts du mois de mai ont contribué à ces pics de fréquentation.

    Pour rester attractive, la mairie mise aussi sur l’Été marseillais, programme reconduit pour une 7e édition avec concerts, cinéma en plein air, activités sportives et visites. Le tout gratuitement. « L’objectif, c’est l’accessibilité pour les touristes, mais aussi pour les Marseillais qui sont là toute l’année et qui ne partent peut-être pas », insiste Julien Harounyan.

  • Les 90 ans des congés payés célébrés à la Belle de Mai

    Les 90 ans des congés payés célébrés à la Belle de Mai

    L’événement a investi, ce jeudi 16 juillet, le deuxième étage de la Friche la Belle de Mai. Les panneaux de l’exposition sur les premiers congés payés instaurés en 1936 par le Front populaire ont attiré les curieux. Coordinateur régional du programme et président d’honneur du Mouvement Associatif Sud-Paca, Frédéric Rosmini a rappelé la dimension culturelle du Front Populaire avec un spectacle musical en soirée, intitulé Les jours heureux.

    La campagne nationale de célébration a été rejointe par nombre d’acteurs du tourisme inclusif, comme Vacances Léo Lagrange. Pascal Carrano, son directeur, souligne l’évidence de cette greffe : « En portant le nom du sous-secrétaire d’état aux loisirs en 1936, il y a un lien naturel à fêter les 90 ans des congés payés », rappelle-t-il. « Nous sommes dans cette logique d’éducation populaire », ajoute celui qui coordonne en parallèle le programme d’animation de cet anniversaire dans 350 villages vacances en France.

    La rencontre du jour a été pensée pour rappeler le chemin parcouru mais aussi prévenir d’un contexte politique qui pourrait menacer ces acquis sociaux historiques, et qui résonne auprès des participants. « Ça fait partie de l’histoire, c’est un point important pour tous les travailleurs », fait remarquer un membre bénévole du Mouvement associatif. « Maintenant ils auraient du mal à proposer ce qu’ils ont fait à l’époque », réagissent Agnès et Roxanne au sujet du programme de Léon Blum. Respectivement fille et petite-fille d’ouvriers, la plus jeune avoue ses inquiétudes face au panorama politique ambiant : « c’est dur de continuer à garder espoir donc ça fait du bien de se replonger dans cette époque. »

  • [C’est l’été] Embrun : d’ombre et de lumière

    [C’est l’été] Embrun : d’ombre et de lumière

    Les ombres portées redonnent vie aux témoignages mystérieux d’époques lointaines, sculptures, symboles gravés, peintures… Rendez-vous place Dosse pour une visite guidée et contée hors du commun.

    À partir de 21h. Réservations : 04.92.43.77.43

    De 4 à 7 euros.

  • [C’est l’été] Un soir à la Citadelle de Sisteron

    [C’est l’été] Un soir à la Citadelle de Sisteron

    Accompagnés d’un guide du patrimoine, vivez une visite unique et insolite en parcourant les huit siècles d’histoire et d’architecture de ce monument emblématique. Des vues époustouflantes qui, au coucher du soleil, se parent de couleurs chatoyantes vous attendent.

    De 20h à 21h30. De 3,50 à 15 euros.

  • [C’est l’été] Les gorgones fantastiques de L’Isle-sur-la-Sorgue

    [C’est l’été] Les gorgones fantastiques de L’Isle-sur-la-Sorgue

    À partir de matériaux recyclés, de mousse expansive, d’éléments naturels, de peinture et surtout de ton imagination, tu inventeras des créatures étonnantes, mi-humaines, mi-animales, mi-objets. Comme dans les récits mythologiques, chaque création possédera ses propres pouvoirs, son caractère et son apparence unique.

    De 14h à 17h. 12 euros.

    Réservations : 04.90.95.23.70

  • [C’est l’été] Les jeudis découverte à Brignoles

    [C’est l’été] Les jeudis découverte à Brignoles

    Au programme, un jeu, une explication et des parties guidées le tout dans une ambiance conviviale et chaleureuse pour décompresser dans la semaine.

    De 16h à 22h.

  • [C’est l’été] Réveil sportif à Saint-Cyr-sur-Mer

    [C’est l’été] Réveil sportif à Saint-Cyr-sur-Mer

    Avec un large choix d’activités qui sauront satisfaire tout un chacun : renforcement cuisse-abdos-fessiers (lundi, mercredi et vendredi de 8h à 8h45), circuits training (mardi et jeudi de 8h à 8h45), fitness bâtons (lundi, mercredi et vendredi de oh à 9h45) et stretching (mardi et jeudi de 9h à 9h45). Le tout dans un cadre idyllique vue sur mer, à l’ombre des pins du square Ferrié, au bord de la plage des Lecques, pour profiter d’une bonne baignade après l’effort ! Pensez seulement à apporter vos baskets, bouteille d’eau, serviette, et éventuellement votre tapis de sport pour plus de confort.

  • [C’est l’été] Grand jeu aux archives municipales

    [C’est l’été] Grand jeu aux archives municipales

    « Les soldats arriveront dans le bâtiment dans 1 heure. Le temps est compté… », lance l’animatrice des archives municipales. C’est le début du grand jeu d’évasion. Aussitôt, tous les participants, replongés en 1944 à la libération de Marseille, s’activent pour trouver à travers les copies des documents historiques les indices leur permettant de sauver de précieux documents des griffes des nazis. « L’idée c’est de valoriser les archives municipales et de concevoir l’importance de la conservation des documents », explique Laurence, chargée de projets culturels au sein des archives.

    Le jeu, ouvert à tout type de public tout l’été les mardis et jeudis à 14 h permet de se divertir tout en découvrant l’histoire de Marseille offrant 1h15 de fraîcheur dans l’ancien bâtiment de la manufacture des tabacs (3e). « Alors que la mémoire se perd, c’est cool d’aborder la Seconde Guerre mondiale sous forme de jeu pour les nouvelles générations », félicite Mathilde, après avoir participé à l’animation. « L’immersion était totale », ajoute Priscilla qui recommande l’activité.

  • [Entretien] Robin Renucci : « Les congés payés ont été une conquête du temps libre »

    [Entretien] Robin Renucci : « Les congés payés ont été une conquête du temps libre »

    La Marseillaise : Dans quel contexte les congés payés se sont-ils imposés comme des acquis sociaux ?

    Robin Renucci : C’était dans l’urgence sociale, dans un étau menaçant lorsque les discours de fanatisme et de haine avaient libre cours dans une Europe vacillante. En 1936 une France républicaine a résisté à la couleur marron montante et s’est rassemblée en ce qu’on a appelé le Front Populaire, cette réunification syndicale de la CGT, de la CGTU, des socialistes, des communistes, des radicaux et des autres forces antifascistes autour de Léon Blum. La gauche l’a emporté et un grand mouvement de grève a poussé pour que des réformes soient mises en œuvre sans plus tarder. C’était donc une conjonction du consensus populaire, de la volonté de réforme du chef du gouvernement et puis d’une majorité parlementaire, qui a amené des avancées comme on n’en avait jamais vu dans le monde ouvrier : la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Que symbolisait cette mesure ?

    R.R. : Cette année-là, des femmes et des hommes ont réclamé et gagné quelque chose qui était immense, c’est-à-dire du temps. Du temps pour vivre, pour soi. Regarder ses enfants autrement qu’entre deux fatigues était devenu un événement. Ces mesures n’ont pas seulement été des acquis sociaux, mais une révolution sensible de l’existence, une transformation du regard sur la dignité humaine. Derrière ces idées, il y avait l’idée qu’une société juste est une société qui reconnaît à chacun le droit au repos, le droit à la beauté, à l’imaginaire et à la rencontre. Les gens ont aussi fait du théâtre, et toutes celles et ceux qui y sont sensibles sont aussi sensibles à l’idée que ces mesures ont fondé un modèle culturel : tout un peuple était entré dans le temps libre comme dans un horizon nouveau. Le théâtre public est né de tout cela. La culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns mais c’est un droit, un souffle qui doit se partager.

    Pourquoi déployer cette campagne nationale aujourd’hui ?

    R.R. : Déjà parce qu’on fête un anniversaire. Mais aussi parce que ces années 1936 nous rappellent qu’une société avance lorsqu’elle conquiert pour chacun davantage que la seule survie. Ces luttes sociales ont ouvert un droit nouveau, celui de disposer d’un temps à soi, libéré du travail contraint. Malgré cela, la précarité continue encore aujourd’hui et 40% des Français ne partent pas en vacances. C’est pourquoi il faut continuer à nommer le Front Populaire, à parler de ce bouleversement politique, social, mais aussi profondément culturel. Les montées totalitaristes sont en train de se répéter en Europe, le fascisme revient au galop et nous sommes dans une année électorale où l’extrême droite est en train de gagner beaucoup de terrain. La même extrême droite que dans les années 36, déguisée différemment. C’est important de fêter les congés payés et ce qu’ils racontent.

    Une campagne culturelle donc ?

    R.R. : Tout ça s’inscrit dans une année où la culture est menacée. Les coupes budgétaires qu’on subit sont une atteinte portée à ce temps-là, notamment aux festivals, qui se sont créés dans ce contexte. Les congés payés ont été une conquête du temps libre. À nous d’en faire un temps vivant, pour la culture, le partage du patrimoine, l’émancipation, la solidarité. Il faut rappeler l’histoire afin que nous soyons conscients de ce que nous risquons à nouveau en entrant dans la célébration de l’exclusion. Jean Guéhenno écrivait « la culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre. » Cette phrase marque mon engagement, mes convictions artistiques et politiques. C’est pour ça que je parraine l’événement, je veux faire un contre-don.

    * L’UNAT, l’ANCAV et l’association PARCOURS

    La Marseillaise : Dans quel contexte les congés payés se sont-ils imposés comme des acquis sociaux ?

    Robin Renucci : C’était dans l’urgence sociale, dans un étau menaçant lorsque les discours de fanatisme et de haine avaient libre cours dans une Europe vacillante. En 1936 une France républicaine a résisté à la couleur marron montante et s’est rassemblée en ce qu’on a appelé le Front Populaire, cette réunification syndicale de la CGT, de la CGTU, des socialistes, des communistes, des radicaux et des autres forces antifascistes autour de Léon Blum. La gauche l’a emporté et un grand mouvement de grève a poussé pour que des réformes soient mises en œuvre sans plus tarder. C’était donc une conjonction du consensus populaire, de la volonté de réforme du chef du gouvernement et puis d’une majorité parlementaire, qui a amené des avancées comme on n’en avait jamais vu dans le monde ouvrier : la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Que symbolisait cette mesure ?

    R.R. : Cette année-là, des femmes et des hommes ont réclamé et gagné quelque chose qui était immense, c’est-à-dire du temps. Du temps pour vivre, pour soi. Regarder ses enfants autrement qu’entre deux fatigues était devenu un événement. Ces mesures n’ont pas seulement été des acquis sociaux, mais une révolution sensible de l’existence, une transformation du regard sur la dignité humaine. Derrière ces idées, il y avait l’idée qu’une société juste est une société qui reconnaît à chacun le droit au repos, le droit à la beauté, à l’imaginaire et à la rencontre. Les gens ont aussi fait du théâtre, et toutes celles et ceux qui y sont sensibles sont aussi sensibles à l’idée que ces mesures ont fondé un modèle culturel : tout un peuple était entré dans le temps libre comme dans un horizon nouveau. Le théâtre public est né de tout cela. La culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns mais c’est un droit, un souffle qui doit se partager.

    Pourquoi déployer cette campagne nationale aujourd’hui ?

    R.R. : Déjà parce qu’on fête un anniversaire. Mais aussi parce que ces années 1936 nous rappellent qu’une société avance lorsqu’elle conquiert pour chacun davantage que la seule survie. Ces luttes sociales ont ouvert un droit nouveau, celui de disposer d’un temps à soi, libéré du travail contraint. Malgré cela, la précarité continue encore aujourd’hui et 40% des Français ne partent pas en vacances. C’est pourquoi il faut continuer à nommer le Front Populaire, à parler de ce bouleversement politique, social, mais aussi profondément culturel. Les montées totalitaristes sont en train de se répéter en Europe, le fascisme revient au galop et nous sommes dans une année électorale où l’extrême droite est en train de gagner beaucoup de terrain. La même extrême droite que dans les années 36, déguisée différemment. C’est important de fêter les congés payés et ce qu’ils racontent.

    Une campagne culturelle donc ?

    R.R. : Tout ça s’inscrit dans une année où la culture est menacée. Les coupes budgétaires qu’on subit sont une atteinte portée à ce temps-là, notamment aux festivals, qui se sont créés dans ce contexte. Les congés payés ont été une conquête du temps libre. À nous d’en faire un temps vivant, pour la culture, le partage du patrimoine, l’émancipation, la solidarité. Il faut rappeler l’histoire afin que nous soyons conscients de ce que nous risquons à nouveau en entrant dans la célébration de l’exclusion. Jean Guéhenno écrivait « la culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre. » Cette phrase marque mon engagement, mes convictions artistiques et politiques. C’est pour ça que je parraine l’événement, je veux faire un contre-don.

    * L’UNAT, l’ANCAV et l’association PARCOURS

    Les rencontres

    La campagne se déploie localement dans des centres sociaux et culturels du département. Au programme de ces événements tout public : exposition, projection du documentaire « été 36, les Premières vacances des Français », temps dédié au débat et représentation d’un spectacle sur mesure signé Christina Rosmini. Si le prochain rendez-vous affiche complet jeudi 16 juillet, d’autres rencontres sont prévues avant de clôturer la campagne au Sénat le 2 novembre.

    Infos : carte collaborative en ligne

  • Entre festivaliers et baroudeurs au Camping Bagatelle d’Avignon

    Entre festivaliers et baroudeurs au Camping Bagatelle d’Avignon

    Face au Palais des Papes et du Pont d’Avignon, de l’autre côté du Rhône, se dresse un arc bleuté derrière lequel on aperçoit quelques tentes et mobile homes. C’est là que se trouve le camping Bagatelle, presque dans la ville, tout « en restant champêtre », aime rappeler Christine Debernardini, l’une des gérantes, qui est aussi l’arrière-petite-fille de Jean Pelegrin, le fondateur des lieux en 1920.

    Il s’agit notamment du camping le plus proche du centre-ville de la Cité des Papes. En plein Festival d’Avignon, où des dizaines de milliers de personnes affluent du 4 au 25 juillet pour assister aux milliers de représentations proposées, et où les prix des hôtels et locations de courte durée s’envolent pour accueillir spectateurs et travailleurs, les prix réduits du camping sont une bonne alternative.

    Avec ses 197 emplacements, dont la plupart bénéficient au moins partiellement de l’ombre des grands platanes, le camping attire de nombreux festivaliers. « Des amies avaient réservé un Airbnb, mais on s’y est prises trop tard et c’était bien trop cher », confient devant leur tente commune Élise et Nelly. Venues toutes les deux de Grenoble pour voir plusieurs spectacles pendant quelques jours, elles n’ont pas le même rapport au camping. Élise, elle, est venue ici même « plusieurs fois avant le confinement ». « Moi, je n’en ai pas fait depuis au moins dix ans », sourit sa compère, à moitié inquiète. « Il fait chaud, donc on va voir comment ça se déroule. J’espère qu’il y aura assez d’ombre le matin pour dormir un peu. C’est des vacances et il faut qu’on se repose un peu quand même, parce qu’on a chacune un enfant de 2 ans qui nous attend à la maison », poursuit-elle. « Mais ça va aller. Elle a pris trois matelas pour les empiler », taquine sa copine.

    À quelques allées de là, Alain a installé son camping-car pour une semaine : « C’est l’endroit parfait, je peux tout faire à pied. » S’il s’est déjà rendu dans d’autres campings voisins – il y en a quatre sur la seule Barthelasse – il ne choisit plus que celui-ci, après une mésaventure. « On m’a volé mon vélo en cinq minutes il y a trois ans », peste le Montpelliérain.

    Un esprit à conserver

    D’autres sont plus aventuriers. À l’image de Wout, Néerlandais d’une cinquantaine d’années, venu à vélo tout droit de la ville de Bergen, au nord-ouest des Pays-Bas. « Je fais ça tous les ans, avec une destination différente, mais je suis déjà venu ici », se remémore-t-il devant sa petite tente une place. Pendant plus de deux semaines, il a traversé trois pays avant d’atteindre Avignon, étape finale de son périple. Il compte désormais rester plusieurs jours au camping pour conclure son voyage en beauté. « Il y a souvent des artistes qui viennent. C’est une ambiance vraiment sympathique », ajoute-t-il. Pas de souci de confort pour lui, même s’il reconnaît avoir « hâte de retrouver » son lit après une vingtaine de jours de bourlingue.

    Un esprit camping que souhaite conserver la direction actuelle du site, mis en place dans les années 50. « Certes, il y a quelques tentes solides ou des mobile homes. Mais on ne veut pas être une sorte de parc immobilier. Bien sûr, c’est un camping qui a de l’ancienneté, un peu dans son jus, mais on s’améliore », souligne Christine Debernardini, qui s’occupe du camping depuis 1999. Elle montre alors avec fierté des photos d’époque de ses aïeuls, qui organisaient des spectacles de vachettes avec des toreros en patins à roulettes, sur le parking. « Pour la suite, ce sera aux enfants et petits-enfants de choisir », conclut la gérante.