Tag: Université

  • L’AMU en campagne contre le racisme et l’antisémitisme

    L’AMU en campagne contre le racisme et l’antisémitisme

    Des affiches dans tous les campus, des messages diffusés sur les supports numériques de l’université, des événements et des ateliers dédiés, et la mise à disposition de ressources pédagogiques. Aix-Marseille Université (AMU) déploie une campagne ambitieuse de lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur l’ensemble de ses sites. Cette initiative vise à interpeller et sensibiliser la communauté universitaire à l’existence et aux conséquences du racisme et de l’antisémitisme, à travers des messages forts et une identité visuelle dédiée.

    Elle a également pour objectif de libérer la parole en incitant les témoins comme les victimes à s’exprimer, notamment grâce à la valorisation des dispositifs de signalement et d’accompagnement existants. L’université affirme par ailleurs son principe de tolérance zéro face à tout acte discriminant : chaque situation signalée fait l’objet d’une prise en charge, et tout acte avéré est susceptible d’entraîner des sanctions conformément au règlement intérieur et à la législation en vigueur.

  • Les enjeux de l’étude de la nappe du miocène

    Les enjeux de l’étude de la nappe du miocène

    « C’est comme le compte en banque. Si on ne regarde pas combien on a, combien rentre et qu’on utilise sans compter, on risque très vite de se retrouver sans rien », lance Konstantinos Chalikakis, professeur-chercheur en hydrogéologie à l’université d’Avignon, à propos des réserves d’eau de la nappe du miocène.

    Car, à l’heure actuelle, on ne connaît pas exactement la quantité d’eau qui se trouve sous nos pieds. Des études ont été menées au fil des années, mais sans connaître précisément les réserves et le fonctionnement de cette nappe très particulière, qui fournit en eau 300 000 Vauclusiens à l’heure actuelle. Un intérêt relancé après la sécheresse de l’été 2022, qui avait frappé le Vaucluse et poussé le Département à organiser les premiers États généraux de l’eau, en décembre de la même année. « Le premier objectif est la connaissance du miocène, ressource particulièrement importante pour notre territoire », souligne la présidente (LR) du Département, Dominique Santoni, devant le rocher de Rocalinaud à Beaumes-de-Venise, affleurement qui illustre comment l’eau de surface pénètre dans le sol.

    Unir les forces

    Cette nappe, constituée en réalité de plusieurs masses d’eau distinctes dont la communication entre elles n’est pas encore avérée, s’étale sur plus de 1 000 km2 dans le département, qui était sous la mer lors de sa formation.

    « Il faut arrêter de travailler en parallèle et unir nos forces. Et ce, pour que nous puissions décliner des études en mesures concrètes », poursuit l’élue. Ce qui est lancé avec la structure GeEAUde, une chaire universitaire d’Avignon Université dédiée aux eaux souterraines. « On ne connaît pas bien la géométrie de la structure, et le type de fonctionnement, ce qui n’est pas encore le cas. Le sol qui contient l’eau est constitué de différentes couches géologiques dont on ne connaît pas la composition. Et la profondeur des forages peut varier de plusieurs centaines de mètres », confie ainsi Konstantinos Chalikakis.

    Des analyses et évolutions du niveau d’eau sont ainsi effectuées régulièrement. Un plan d’action, le Pare, a notamment été déployé jusqu’en 2028. Le réseau de points d’études devrait notamment passer de 19 à une trentaine pour étoffer les connaissances sur le sujet. « L’enjeu est aussi de voir si le Rhône alimente la nappe et comment, afin de protéger cela aussi », ajoute Patrick Merle, vice-président du Département et président de la commission environnement.

    CHIFFRES

    1 000

    kilomètres carrés de superficie totale de la nappe du miocène en Vaucluse

    16 millions

    de mètres cubes d’eau sont prélevés, chaque année, dans la nappe du miocène

    70

    communes sont couvertes par la nappe du miocène

  • Les soutiens de Pinar Selek réunis à l’Imera d’AMU

    Les soutiens de Pinar Selek réunis à l’Imera d’AMU

    « Transformer ce malheur en une action politique », déclarait, lundi, Pinar Selek dans nos colonnes, à propos de l’acharnement judiciaire que lui fait subir l’État turc depuis 27 ans. C’était l’ambition de la journée organisée, mardi, à l’institut d’études avancées d’Aix-Marseille, où la sociologue franco-turc et ses soutiens ont été reçus entre 9h et 16h, en parallèle de la 6e audience du 5e procès de la militante féministe. « Comme Pinar Selek n’assiste pas aux audiences à Istanbul, le comité de soutien organise des journées de sensibilisation et de mobilisation sur les journées d’audience, détaille Valérie Manteau, membre du comité de soutien à Pinar Selek de Marseille. Aujourd’hui, on a la chance d’être reçus par l’IMERA, un lieu qui accueille des chercheurs en exil. On a choisi de centrer la journée sur la question des libertés académiques parce que Pinar Selek est aussi poursuivie pour ses recherches universitaires ».

    Quatre chercheurs, dont Brian Sandberg, arrivée en France dans le cadre du programme Safe Place for science, imaginé pour accueillir les universitaires étasuniens qui ne pouvaient plus exercer librement avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, se sont donc exprimés sur le sujet. L’après-midi a également été l’occasion d’une visio conférence avec la délégation internationale présente à Istanbul pour le procès. Pour la 6e fois consécutive, le procès de Pinar Selek a mardi été reporté à avril.

    M.M.
  • [Entretien] Yannick Bosc : « Nous vivons sur une idée appauvrie de la République »

    [Entretien] Yannick Bosc : « Nous vivons sur une idée appauvrie de la République »

    Ce mardi à 18h30, l’association Provence Mémoire du monde ouvrier (Promemo) et l’Université populaire du pays d’Aix organisent une conférence-débat à l’institut d’études politiques (25 rue Gaston-de-Saporta) sur « Le peuple souverain et la démocratie, politique de Robespierre » avec Yannick Bosc, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Rouen, auteur, notamment, de La liberté contre le capitalisme, Le républicanisme du XVIIIe siècle et les révolutions à venir et Robespierre. La fabrication d’un mythe.

    Dans votre ouvrage, « Le peuple souverain et la démocratie, politique de Robespierre », vous revisitez l’idée (et la pratique) de « république » entre 1789 et 1794. De quelle république sommes-nous les héritiers ?

    Yannick Bosc : Nous vivons, aujourd’hui, sur une idée très appauvrie de la République, souvent réduite à être définie négativement par rapport à la monarchie. En France, elle est essentiellement construite à partir de nos représentations de la Troisième République, celle de Jules Ferry. En revanche, ses devancières, la Première (pendant la Révolution française) et la Deuxième république (1848), sont la plupart du temps ignorées et renvoyées au magasin des curiosités historiques dans lesquelles il serait vain de chercher une quelconque aide concrète pour penser le monde d’aujourd’hui.

    Vous analysez l’action de Robespierre, qui œuvra sans relâche au triomphe d’une République démocratique et sociale. Les Thermidoriens qui écrasèrent le mouvement populaire au nom de la bourgeoisie possédante nommèrent (après coup) « Terreur » le gouvernement révolutionnaire (1793-1794)…

    Y.S. : La Première République, et plus précisément la Première République dans son moment démocratique, entre 1793 et 1794 (l’an II), a de surcroît l’inconvénient majeur d’être qualifiée de « Terreur », un qualificatif répulsif, conçu pour l’être, qui n’incite guère à investir ce moment républicain pour réfléchir sur notre actualité. Or, Robespierre incarne cette « Terreur ». Le mot « terreur », au sens de la crainte que doit ressentir l’ennemi face à la détermination de ceux qui le combattent, est d’un usage très courant pendant la Révolution française. Tous les camps l’utilisent, tous cherchent à terroriser l’autre dans ce temps de guerre. Mais ce sont ceux qui ont réprimé l’expérience politique démocratique de l’an II, dont Robespierre est une des figures emblématiques, qui ont forgé la notion de « Terreur », au sens d’un système politique. Jamais ceux qui sont alors désignés comme des « terroristes » ne se sont réclamés d’un « système de Terreur ». Les qualificatifs « Terreur » ou « terroriste » ont été des moyens très efficaces pour occulter la nature de cette expérience républicaine. La vision des vainqueurs a en grande partie effacé celle des vaincus.

    En quoi consistait donc ce républicanisme des vaincus, dont Robespierre a été l’un des porte-parole, et que l’on s’est efforcé d’initialiser ? Au-delà, en quoi ce républicanisme peut-il nous aider à interroger nos sociétés actuelles ?

    Y.S. : La société française s’affirme républicaine et la tradition républicaine repose sur un contrôle très strict des pouvoirs délégués et le refus de la domination (la soumission arbitraire à la volonté d’un autre). Pourtant, la souveraineté populaire et la décision politique sont aujourd’hui confisquées par ce que l’on nomme « la représentation nationale » et par les « experts », ce qui est une source importante de la défiance des citoyennes et citoyens vis-à-vis de leurs représentants. La crise politique que traverse la France, aujourd’hui, en est une des manifestations. La tradition républicaine repose également sur le contrôle des ressources, qui permettent de garantir l’existence de la communauté et de ses membres. En quoi le républicanisme porté par Robespierre peut-il nous aider à interroger les normes de nos sociétés fondées sur la propriété privée exclusive et le marché (le capitalisme) ? Un capitalisme dont on nous explique aujourd’hui qu’il est compatible avec les principes républicains et la Déclaration des droits, mais plus encore, dont on a pris l’habitude de considérer qu’il en serait l’expression même. Quel était, à l’époque, le sens de cette devise, fondée sur la Déclaration des droits et formulée pour la première fois par Robespierre : Liberté, Égalité, Fraternité ?

  • [Entretien] Yannick Bosc : « Nous vivons sur une idée appauvrie de la République »

    Ce mardi à 18h30, l’association Provence Mémoire du monde ouvrier (Promemo) et l’Université populaire du pays d’Aix organisent une conférence-débat à l’institut d’études politiques (25 rue Gaston-de-Saporta) sur « Le peuple souverain et la démocratie, politique de Robespierre » avec Yannick Bosc, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Rouen, auteur, notamment, de La liberté contre le capitalisme, Le républicanisme du XVIIIe siècle et les révolutions à venir et Robespierre. La fabrication d’un mythe.

    Dans votre ouvrage, « Le peuple souverain et la démocratie, politique de Robespierre », vous revisitez l’idée (et la pratique) de « république » entre 1789 et 1794. De quelle république sommes-nous les héritiers ?

    Yannick Bosc : Nous vivons, aujourd’hui, sur une idée très appauvrie de la République, souvent réduite à être définie négativement par rapport à la monarchie. En France, elle est essentiellement construite à partir de nos représentations de la Troisième République, celle de Jules Ferry. En revanche, ses devancières, la Première (pendant la Révolution française) et la Deuxième république (1848), sont la plupart du temps ignorées et renvoyées au magasin des curiosités historiques dans lesquelles il serait vain de chercher une quelconque aide concrète pour penser le monde d’aujourd’hui.

    Vous analysez l’action de Robespierre, qui œuvra sans relâche au triomphe d’une République démocratique et sociale. Les Thermidoriens qui écrasèrent le mouvement populaire au nom de la bourgeoisie possédante nommèrent (après coup) « Terreur » le gouvernement révolutionnaire (1793-1794)…

    Y.S. : La Première République, et plus précisément la Première République dans son moment démocratique, entre 1793 et 1794 (l’an II), a de surcroît l’inconvénient majeur d’être qualifiée de « Terreur », un qualificatif répulsif, conçu pour l’être, qui n’incite guère à investir ce moment républicain pour réfléchir sur notre actualité. Or, Robespierre incarne cette « Terreur ». Le mot « terreur », au sens de la crainte que doit ressentir l’ennemi face à la détermination de ceux qui le combattent, est d’un usage très courant pendant la Révolution française. Tous les camps l’utilisent, tous cherchent à terroriser l’autre dans ce temps de guerre. Mais ce sont ceux qui ont réprimé l’expérience politique démocratique de l’an II, dont Robespierre est une des figures emblématiques, qui ont forgé la notion de « Terreur », au sens d’un système politique. Jamais ceux qui sont alors désignés comme des « terroristes » ne se sont réclamés d’un « système de Terreur ». Les qualificatifs « Terreur » ou « terroriste » ont été des moyens très efficaces pour occulter la nature de cette expérience républicaine. La vision des vainqueurs a en grande partie effacé celle des vaincus.

    En quoi consistait donc ce républicanisme des vaincus, dont Robespierre a été l’un des porte-parole, et que l’on s’est efforcé d’initialiser ? Au-delà, en quoi ce républicanisme peut-il nous aider à interroger nos sociétés actuelles ?

    Y.S. : La société française s’affirme républicaine et la tradition républicaine repose sur un contrôle très strict des pouvoirs délégués et le refus de la domination (la soumission arbitraire à la volonté d’un autre). Pourtant, la souveraineté populaire et la décision politique sont aujourd’hui confisquées par ce que l’on nomme « la représentation nationale » et par les « experts », ce qui est une source importante de la défiance des citoyennes et citoyens vis-à-vis de leurs représentants. La crise politique que traverse la France, aujourd’hui, en est une des manifestations. La tradition républicaine repose également sur le contrôle des ressources, qui permettent de garantir l’existence de la communauté et de ses membres. En quoi le républicanisme porté par Robespierre peut-il nous aider à interroger les normes de nos sociétés fondées sur la propriété privée exclusive et le marché (le capitalisme) ? Un capitalisme dont on nous explique aujourd’hui qu’il est compatible avec les principes républicains et la Déclaration des droits, mais plus encore, dont on a pris l’habitude de considérer qu’il en serait l’expression même. Quel était, à l’époque, le sens de cette devise, fondée sur la Déclaration des droits et formulée pour la première fois par Robespierre : Liberté, Égalité, Fraternité ?

  • Les peintres italiens témoins d’une relation à la mer oubliée

    Les peintres italiens témoins d’une relation à la mer oubliée

    Quelles espèces peuplaient la Méditerranée entre le XVIe et le XVIIIe siècle ? Lesquelles étaient consommées ? Quelle relation les gens entretenaient avec le milieu aquatique ? « Nous avons peu de données pour le savoir », admet Louise Merquiol, post-doctorante à l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) d’Aix-Marseille Université (AMU) qui s’est plongée dans les tableaux de maîtres italiens de cette période à la recherche des espèces représentées. « Les peintures peuvent être des sources de données écologiques et historiques », insiste la première autrice d’un article dans Npj biodiversity. « Les variations spatio-temporelles des représentations d’espèces dans les œuvres ont un sens », résume Thomas Changeux, hydrobiologiste de l’IRD au MIO qui a supervisé ces travaux.

    Louise Merquiol prolonge ici un travail publié en 2021 sur une zone plus large par Anne-Sophie Tribot, écologue au laboratoire TELEMMe (Aix-en-Provence), dans le cadre du projet BiodivAquArt d’« écologie historique ». Cette discipline utilise des ressources historiques –archives, histoires orales… – pour retracer des changements environnementaux. « Les œuvres d’art étaient encore peu considérées », assure Thomas Changeux, à l’origine du projet avec Daniel Faget du laboratoire TELEMMe. « Notre but est de retracer l’histoire des relations entre humains et environnement aquatique », précise-t-il.

    Au-delà de l’Italie

    Raison pour laquelle il se concentre sur cette période entre le XVIe et le XVIIIe siècle. « L’âge d’or de la peinture figurative en Europe », souligne-t-il. Les peintres sont alors nombreux et ont le souci de représenter le réel sans négliger l’esthétique et l’expression artistique.

    Les espèces présentes dans les peintures italiennes témoignent de changements dans les habitudes alimentaires, les techniques et la biodiversité. « Les natures mortes représentent principalement les espèces consommées », souligne Louise Merquiol. Or on constate que les espèces d’eau douce, très représentées au début, disparaissent au fil des ans au profit d’espèces marines. « Cela s’explique par une évolution des techniques de pêche, un climat de moins en moins favorable aux espèces d’eau douce et une perte de leur habitat due aux activités humaines », précise la chercheuse. La représentation d’espèces marines dans des œuvres peintes au cœur de l’Italie témoigne d’échanges entre la côte et l’intérieur du pays. « Probablement le fait d’une amélioration des techniques de conservation », ajoute Louise Merquiol, qui travaille maintenant à étendre le jeu de données à la Méditerranée occidentale.

    Plus il étudie les relations entre humains et environnement, plus Thomas Changeux y voit une capacité d’adaptation. « Dans un contexte de changement climatique qui annonce des temps difficiles, l’art nous touche et peut être vecteur de forces positives », conclut-il.

  • « Les œuvres d’art complètent l’histoire connue des espèces aquatiques »

    « Les œuvres d’art complètent l’histoire connue des espèces aquatiques »

    La Marseillaise : En étudiant les espèces aquatiques dans les peintures italiennes du XVIe au XVIIIe siècle, confirmez-vous des connaissances établies ou avez-vous fait des découvertes ?

    Louise Merquiol : Cela confirme principalement ce que nous savions. Mais les œuvres d’art complètent aussi l’histoire établie de certaines espèces. Par exemple, l’esturgeon a vu ses populations décliner au XIXe siècle. C’est connu. Mais ce déclin a probablement commencé plus tôt car il est de moins en moins représenté entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Nous avons aussi retrouvé des espèces cryptiques.

    C’est-à-dire ?

    L.M. : Ce sont des espèces morphologiquement proches mais génétiquement différentes. On en retrouve beaucoup parmi les poissons d’eau douce dont deux espèces peuvent évoluer différemment à partir d’une espèce commune. Nous avons identifié deux espèces cryptiques de brochet : une en démique et une importée. Elles étaient donc présentes en Italie quand le tableau a été peint. Nous l’ignorions.

    La biodiversité représentée présente toutefois
    des biais…

    L.M. : C’est vrai, l’œil de l’artiste et la culture jouent. Sur la période, le phoque était pêché et consommé mais il est peu représenté, probablement car il était vu comme un animal maléfique. Idem pour la sardine qui était très consommée mais qu’on voit peu sur les tableaux. Sans doute car elle était un « petit poisson du peuple ». Or les tableaux étaient souvent des commandes de riches clients qui préféraient voir des espèces symbolisant le luxe : homards, esturgeons, huîtres…

  • Les cours de licence de psychologie suspendus

    Les cours de licence de psychologie suspendus

    « À ce jour, la rentrée de la licence de psychologie est suspendue jusqu’à ce que des garanties claires soient apportées concernant des moyens attribués à notre formation », peut-on lire sur le mail qu’ont reçu les étudiants en psychologie du site ALLSH (arts, lettres, langues et sciences humaines), situé sur le campus Schuman d’Aix-Marseille Université (AMU).

    Face à « plusieurs années de dégradation chronique », des conditions de travail enseignant et d’accueil des étudiants, le conseil de licence en psychologie n’a eu « d’autre choix » que de retarder le lancement des cours.

    Sur le parvis du bâtiment Egger ce lundi midi, plusieurs professeurs ont tenu à faire un point sur la situation pour leurs étudiants, micro en main. « La notion de point de rupture est très parlante. On est 54 enseignants chercheurs titulaires, pour 3 000 étudiants. On est obligés de dédoubler nos cours, les TD (…) on les fait à 60, contextualise Bouchra Zouhri, maître de conférences et directrice du département de psychologie. À court terme, pour reprendre les cours, il faudrait une vraie réflexion et position autour du recrutement. » Bouchra Zouhri assure que les élèves ne seront pas impactés sur leurs cursus et « qu’en aucun cas ils ne seront mis en difficulté, loin de là ». Les revendications enseignantes ont été remontées auprès de l’Unité de formation et de recherche (UFR) et de la direction d’AMU et la mobilisation continue. Une réunion a eu lieu entre la direction et les enseignants le 9 septembre, après de premiers signalements : infructueuse pour les enseignants. Côté élèves, « je voudrais juste avoir des cours pour avoir mon année », rapporte Louane, en LAS (licence accès santé). « On est un peu désorienté », rapportent Coralie et Luna, en L2, qui soutiennent tout de même le mouvement. Sollicitée, l’Université n’a pas pu répondre à nos questions.

  • L’université d’Avignon grandit malgré les incertitudes

    L’université d’Avignon grandit malgré les incertitudes

    Dans cette période trouble, d’incertitudes, d’instabilité au niveau national, de situation compliquée des finances publiques, d’une situation géopolitique tendue, nos usagers ont besoin qu’on maintienne le cap. » C’est ainsi que Georges Linarès, président d’Avignon Université, a conclu son discours lors de la rentrée solennelle de l’université, ce jeudi 11 septembre.

    Car, malgré ce contexte, les projets ne manquent pas. D’autant que le nombre d’étudiants est le plus élevé depuis plusieurs années, avec un peu plus de 7 000 personnes réparties entre les deux campus de la Cité des Papes. « L’effectif était extrêmement critique pendant plusieurs années. On a inversé la tendance et il faut continuer cet effort », poursuit le responsable, qui se réjouit également « d’une offre de formation plus étoffée ». Et, afin de poursuivre ce développement, la présidence de l’université mise notamment sur les partenariats. « Il y a des limites structurelles lorsque l’on est une petite université. Pour les dépasser, et le faire dans un schéma qui soit économiquement soutenable, il faut multiplier les partenariats », précise Georges Linarès.

    Réorganisation

    Car l’exercice précédent n’a pas été de tout repos pour la direction d’Avignon Université, en témoigne la journée « université morte » en décembre dernier. Les cours n’avaient pas été assurés afin d’alerter sur la situation financière critique, suite au désengagement de l’État. Sur ce point, sans en préciser les contours, le président de l’établissement avignonnais a évoqué des « projets de transformation internes », stipule Georges Linarès.