Tag: Union européenne

  • Hérault : une réunion publique pour lutter contre la mort au travail

    Hérault : une réunion publique pour lutter contre la mort au travail

    Mardi 28 octobre à Lunas. Alors que quelques ouvriers s’affairent sur un chantier, un pylône électrique cède. Bilan : un mort et deux blessés graves. Deux semaines plus tôt, c’est le corps sans vie d’un bûcheron qui a été retrouvé à La Salvetat-sur-Agout alors qu’il officiait sur un chantier d’une forêt privée. Fléau invisible, la mort au travail est pourtant un enjeu de sécurité majeur dans le monde du travail. Chaque année, on estime en France que deux personnes en en moyenne en sont victimes chaque jour. Pourtant, la problématique semble peu intéresser la sphère politique et médiatique.

    Pour mettre en lumière ces drames invisibles, le député LFI Sylvain Carrière organise une réunion publique à Grabels* en présence de l’eurodéputé insoumis Anthony Smith. Ancien inspecteur du travail, ce dernier a fait de la mort au travail le fer de lance de ses combats au Parlement européen. En ce sens, le député avait organisé avec sa collègue Marina Mesure deux journées d’échange en novembre 2024 avec différents acteurs pour trouver des solutions. 14 recommandations en sont ressorties, afin de tendre vers l’objectif de zéro mort au travail.

    3 200 décès dans l’UE

    Car le constat est accablant. Si on dénombre 3 286 personnes décédées au travail en 2022 dans l’UE – sur 3 millions d’accidents – le chiffre semble sous-estimé. « Il y a une difficulté de la comptabilité des morts en Europe parce que les États ne comptent pas forcément de la même façon. Donc il n’y a pas d’homogénéité et il y a plein de configurations possibles : comptabilise-t-on les suicides ? Les décès survenant 24h après l’accident au travail ? », interroge Anthony Smith. Sans compter les autoentrepreneurs, les salariés ubérisés qui ne sont pas comptabilisés. En cause notamment le faible nombre d’inspecteurs du travail – 1 800 pour 20 millions de salariés -, qui impacte le nombre de contrôles et donc la prévention des risques. Surtout que la situation s’aggrave. « Depuis 2010, le nombre d’accidents au travail ne baisse plus en France. On a construit une législation qui détruit les droits sociaux. Les ordonnances Macron de 2017 ont par exemple supprimé les CHSCT [Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail], et on se retrouve aujourd’hui dans les entreprises de 50 à 300 salariés sans aucune instance dédiée à la santé, à la sécurité au travail », soupire Anthony Smith.

    Si toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées, les jeunes et les travailleurs précaires sont les plus touchés. « Les jeunes ont 2,5 fois plus d’accidents graves et mortels que la population générale. Or on doit prendre deux fois plus de temps pour former les jeunes  », reprend l’eurodéputé. Mais force est de constater que l’économie prime sur la sécurité. « C’est insupportable que le coût d’une vie humaine soit moins important que celui de la réalisation d’un chantier », s’indigne Anthony Smith, dénonçant l’aveuglement des États à ce sujet. « Il existe des moyens mais c’est un problème de volonté politique. Les morts au travail ne sont pas une somme de faits divers mais un fait social ». Parmi ces leviers qui pourraient être actionnés, le renforcement de la formation des employeurs et des employés ou encore la mise en place d’une « présomption de la responsabilité de l’employeur  » et d’un « crime d’employicide ». « L’homicide au travail n’est pas reconnu. Or, un employeur responsable d’un accident mortel devrait être jugé comme un criminel. Mais le code du travail prévoit au maximum 10 000 euros d’amende, il faut donc des dispositions plus répressives. »

    *Le 7 novembre à 19h, à la salle Richard-Campos de Grabels.

  • Ces millions manquants de la marina olympique

    Ces millions manquants de la marina olympique

    La magie des épreuves olympiques en rade de Marseille passée, reste désormais l’addition. Et son partage. Mais, alors que les coûts du réaménagement de la marina du Roucas-Blanc ont flambé, les financements publics n’ont pas suivi, laissant une ardoise se chiffrant jusqu’à près de 11 millions d’euros pour la Ville de Marseille, alerte un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) présenté, ce vendredi, dans l’hémicycle municipal.

    C’est que l’inflation est passée par là, sans compter les nombreux ajustements de chantier. Ainsi, pour la partie terrestre, l’accord signé avec la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) en 2020 prévoyait un chantier à 25 millions d’euros. La note finale s’élève à 31,3 millions d’euros, une augmentation d’un quart du coût initial entre révision des prix (2 millions d’euros) et dépenses additionnelles pour le stockage provisoire des équipements nautiques, le relogement des activités maritimes (2,5 millions d’euros).

    Côté mer, les demandes supplémentaires du comité d’organisation des Jeux olympiques, ainsi que les révisions des prix, ont chacune ajouté plus d’un million à l’ardoise, sans compter les études supplémentaires nécessaires. Et le bassin s’étant ré-ensablé au fil des travaux, il a également fallu réaliser un nouveau dragage, d’un coût de 1,2 million d’euros. Quelque 4 millions de surcoûts se sont ainsi ajoutés au fil de l’eau, entre 2022 et 2024, portant ce chantier maritime à près de 15 millions d’euros.

    La CRC porte au final l’addition de ce chantier olympique à 45,6 millions d’euros en 2024. Sans que le partage de la charge ne suive. « En dépit de ces hausses des dépenses, la répartition des financements publics n’a pas évolué depuis 2022 », s’alarme le rapport, pointant que seuls 34,6 millions d’euros de financements avaient été confirmés en mars 2025. Et les magistrats de sortir la calculatrice : « Au total, un écart de 10,95 millions d’euros hors taxes apparaît entre l’ensemble des dépenses du projet de réaménagement de la marina du Roucas-Blanc et les financements confirmés. » Un écart qui tomberait à 4 millions d’euros si toutes les subventions promises tombaient finalement, en particulier les 2,8 millions de dotation de soutien à l’investissement local de l’état, dont la première moitié n’était qu’en cours d’engagement en juillet. Mais, quoi qu’il en soit, cette charge risque de retomber sur la municipalité marseillaise.

    En fin de séance

    Cela d’autant plus que les 3 millions d’euros espérés du Fonds européen de développement régional (Feder) n’arriveront jamais. « La commune n’a constaté qu’en 2023 que le projet était inéligible à ce fonds », glisse le rapport. « On ne peut pas nous reprocher d’avoir essayé de travailler sur cette source de financement, se défend l’élu (EELV) délégué aux fonds européens, Fabien Perez. On a travaillé, mais on ne savait pas. »

    La Ville de Marseille a bien demandé à l’état de réunir les différents financeurs pour que chacun fournisse une aide supplémentaire. « En juillet 2025, ces propositions n’avaient pas reçu de réponse », note sobrement le rapport de la CRC. Interrogé à ce sujet à de multiples reprises par la presse, le président du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet (G.s), rappelle : « C’est un équipement salué par l’ensemble des Marseillais. L’objectif à terme, c’est qu’une classe d’âge puisse profiter d’un stage d’apprentissage de la voile dans sa scolarité. » Mais les réponses sur le financement, insiste-t-il, ne seront apportées qu’en conseil municipal vendredi. Cela tombe bien : le rapport a été glissé à la toute fin de l’ordre du jour.

  • Incendie de l’Aude : Carole Delga en appelle à l’État

    Incendie de l’Aude : Carole Delga en appelle à l’État

    Nous n’y arriverons pas seuls. Nous avons besoin de la solidarité nationale parce que la sécheresse est durable et que nous sommes frappés par d’autres aléas climatiques. »

    Un mois après le gigantesque incendie des Corbières qui a parcouru en août 16 000 hectares de pinèdes et de vignes, détruit 36 habitations et causé la mort d’une habitante, Carole Delga (PS) et Hélène Sandragné (PS) en appellent à l’aide de l’État.

    Vendredi 12 septembre, les présidentes de Région et du Département de l’Aude ont demandé « la reconnaissance des incendies comme aléas climatiques au titre des indemnisations agricoles et viticoles ». Actuellement, en cas de pertes de récoltes, les agriculteurs ne peuvent obtenir des indemnisations de l’État qu’en cas de phénomènes météorologiques extrêmes (inondations, gel, grêle…).

    L’Occitanie étant la région française « la plus exposée aux aléas et catastrophes climatiques », Carole Delga a interpellé le président de la République sur « le besoin d’une prise en compte spécifique » de ce territoire. L’élue socialiste réclame un « plan national Occitanie résilience » qui serait soutenu par l’Union européenne avec des « outils réglementaires et financiers pour agir vite et fort ».

    La présidente de Région pense entre autres à des financements pour maintenir le pélicandrome de l’aéroport de Carcassonne, du matériel supplémentaire pour le Sdis audois ou à un élargissement du fonds d’indemnisation agricole (8 millions d’euros) au-delà des territoires brûlés. Enfin, Carole Delga demande un avenant au contrat de plan État/Région afin de « faire face au changement climatique ».

    En attendant une réponse, Carole Delga et Hélène Sandragné ont indiqué que la Région et le Département de l’Aude ont chacun débloqué une enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros en solidarité aux sinistrés (viticulteurs, entreprises, associations…). Un premier geste qui sera suivi en novembre d’un plan de transformation du territoire.