Tag: Union européenne

  • Rentrée universitaire : le constat alarmant des syndicats

    Rentrée universitaire : le constat alarmant des syndicats

    « La dynamique est celle d’une baisse drastique des dotations », Xavier Luciani co-secrétaire du Snesup-FSU Toulon

    « La situation est assez catastrophique », se désole Xavier Luciani, cosecrétaire du Snesup-FSU, syndicat national de l’enseignement du supérieur, à Toulon. Au centre des inquiétudes : « la baisse drastique des financements des universités ». « On constate une baisse très importante des dotations de l’État, un vrai désengagement qui se traduit par des demandes locales d’économie », poursuit-il. Concrètement, dans le cas de l’université de Toulon par exemple, cela se matérialise par « une coupe de 20% des heures d’enseignements de certains diplômes ».

    « L’autre problème est celui de la gestion locale des budgets. Ce n’est plus l’université qui remonte ses besoins et le ministère qui répond en ajustant sa dotation. C’est le président qui gère le budget qui lui est alloué, détaille l’enseignant-chercheur. Ce sont les besoins qui s’adaptent aux moyens et pas l’inverse. Donc vous allez chercher de l’argent à droite à gauche, et dans le cas de Toulon, le tissu industriel local, c’est la Marine nationale. L’université va se tourner vers ce secteur pour trouver des financements et orienter sa stratégie de recherche, mais également d’enseignement au travers des diplômes. Une stratégie complètement assumée par l’université de Toulon ». Et d’ajouter : « Localement, nous appelons à une rentrée musclée, avec une reprise en main par la base des travailleurs du mouvement social, pas noyautée par les centrales syndicales parisiennes ».

    « Le logement est au cœur de nos préoccupations », Louis Marjollet membre de l’Union étudiante Avignon

    En tête des préoccupations en cette rentrée universitaire pour Louis Marjollet, étudiant à Avignon Université et membre de l’Union étudiante : le logement. « D’abord nous sommes mobilisés sur la question des aides personnelles au logement (APL), qui ont déjà été retirées aux étudiants étrangers hors Union européenne qui ne touchent pas la bourse [depuis le 1er juillet, ndlr], et qui pourraient être indexées sur les revenus des parents bientôt, ce qui constituerait un danger pour les étudiants. » (Notre édition du 24 août). Mais la question du logement, « prégnante depuis un bon moment », dépasse la problématique des aides : « nous continuons de revendiquer la construction de logements Crous ». À ceci s’ajoute l’accès au parc privé, duquel les étudiants avignonnais sont « presque systématiquement exclus en période estivale », les propriétaires cherchant à louer « à des prix absolument exorbitants » pendant le Festival d’Avignon. « Quand on n’est pas du coin on doit avoir une solution de repli, ce qui peut s’avérer compliqué pour les personnes en rupture familiale ou les personnes étrangères ». L’Union étudiante se dresse aussi contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne, multipliée par 15 par rapport à ceux des étudiants français. « Et un nouveau rapport du ministère suggère d’élargir l’augmentation des frais d’inscription à l’ensemble des étudiants, ça nous inquiète beaucoup ».

    « Il y a une surcharge de travail et un manque de personnel », Sylviane Jacquet membre du Snasub-FSU Toulon

    « L’université affronte un manque total de personnel et une surcharge abominable de travail », s’indigne d’entrée Sylvianne Jacquet, membre de la Snasub-FSU à Toulon, syndicat des personnels administratifs et techniques de l’enseignement supérieur. « Aucun service ne va bien, poursuit-elle. Le surplus de travail pousse beaucoup de gens vers la dépression, et les départs à la retraite des fonctionnaires sont remplacés par des contractuels [agents recrutés par contrat, en CDD ou CDI, sans qu’ils ne possèdent le statut de fonctionnaire, ndlr]. Certains d’entre eux signent pour une fiche de poste sans savoir qu’ils réalisent les tâches auparavant partagées entre deux personnes ». Mais c’est aussi le statut précaire de ces employés qui inquiète le Snasub-Fsu. « Les contractuels ne sont pas à l’abri de perdre leur emploi. Ils n’ont pas la possibilité d’être titularisés, n’ont pas les primes que nous avons nous, en tant que fonctionnaires, ni la possibilité de passer des concours en interne, comme c’est le cas pour nous, insiste Sylvianne Jacquet. C’est aussi compliqué pour se mobiliser, car ils ont peur que leur poste ne soit pas renouvelé ensuite. Je les comprends. Ils n’ont pas la même sécurité que nous : ils peuvent être virés pour rien. » Et d’ajouter : « Ces embauches peuvent également être dévalorisantes pour certains fonctionnaires qui sont au cœur de leur métier et qui ont passé des concours pour occuper un poste ».

  • Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Les images de Ceuta sont insoutenables et les réactions politiques face à ce véritable drame humain, abjectes. Comment rester de marbre face au désespoir qui a conduit des dizaines de milliers de marocains, d’exilés subsahariens, à braver la mer, les barbelés, les armes, une mort certaine, pour tenter de rejoindre un bout d’Europe en quête d’un avenir meilleur ? Des questions restent en suspens quant aux conditions qui ont permis à plus de 60 000 personnes de franchir cette frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole.

    Rapidement, l’internationale brune a instrumentalisé ce drame pour servir son idéologie raciste et xénophobe, Giorgia Meloni en tête. La présidente d’extrême droite du Conseil italien a appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, rejointe par son homologue danoise la sociale-démocrate Mette Frederiksen, défenseure d’une politique migratoire ultra-restrictive. Et ce, alors que Ceuta n’appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation… La désinformation au plus haut sommet des États. Face à cela, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a demandé ce mardi la tenue d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne qui se tiendra en visioconférence.

    Attaqué de toutes parts, le chef de gouvernement socialiste a accusé les réseaux de traite d’être humains d’avoir organisé ces arrivées massives et renforcé la sécurité sur le territoire en déployant une barrière flottante. Sur les réseaux sociaux, les comptes qui avaient annoncé que les frontières étaient ouvertes ont mystérieusement disparu.

    72 morts selon Madrid, 11 corps récupérés par Rabat

    Dans son éditorial de ce lundi, le premier quotidien d’Espagne El País (centre gauche) titre : « Mohammed VI et ses projectiles humains », estimant que « les munitions avec lesquelles le Maroc tire sans cesse sur l’Espagne, c’est son propre peuple ». Car cet épisode n’est pas sans rappeler celui de mai 2021, où plus de 12 000 personnes avaient rejoint Ceuta en quelques jours. Un coup de pression du royaume chérifien sur Madrid, sur fond de crise diplomatique autour du Sahara occidental. Et si depuis, l’Espagne a reconnu la marocanité du territoire disputé, elle tente par ailleurs de réchauffer ses relations avec Alger. De quoi irriter la couronne ? Selon le quotidien El Español (libéral-conservateur), des sources de l’état-major de la Garde civile espagnole auraient « repéré des agents des services de renseignement marocains infiltrés parmi les milliers de migrants entrés illégalement à Ceuta ».

    Et si la quasi-totalité d’entre eux sont, depuis, retournés au Maroc, près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children. Des tombes sont érigées au sein du cimetière musulman pour y enterrer dignement ceux qui n’ont pas survécu. Ils sont 72, selon les autorités espagnoles, tandis que Rabat comptabilise 11 corps récupérés côté marocain. La liste risque de s’allonger. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) recense à ce stade « près de 130 victimes » et des dizaines de disparus. Des avis de recherche sont lancés sur son groupe Facebook, parmi lesquels figure un adolescent de 13 ans qui a fui vers Melilla. Sur les images prises sur place, on voit des parents postés aux pieds des grillages barbelés de Fnideq, ville frontalière de Ceuta. Ces derniers montrent aux passants des photos de leurs enfants dont ils sont sans nouvelles depuis des jours et qu’ils espèrent toujours vivants.

  • Fos-sur-Mer : le navire Deliver condamné pour défaut de pavillon

    Fos-sur-Mer : le navire Deliver condamné pour défaut de pavillon

    L’armateur a été condamné par le tribunal judiciaire de Marseille à une peine pécuniaire de confiscation pour avoir omis de justifier de la nationalité du navire.

    Le Deliver battait pavillon camerounais, bien qu’il figurait sur une liste de « navires radiés du pavillon camerounais » établie le 29 mai par le ministère des Transports de ce pays.

    Il est également sur la liste des navires sous sanctions de l’Union européenne depuis février 2025, et est le cinquième pétrolier soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe arraisonné depuis septembre 2025 par la France.

  • Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Les pompiers mènent toujours un combat dantesque contre deux mégafeux en Gironde et dans les Landes, tandis que dans le Var, l’incendie de Pontevès continue sous le coup de mauvaises conditions météo (lire ci-contre). 2 000 pompiers au total sont mobilisés (1 000 en Gironde, 500 dans les Landes et autant dans le Var) pour circonscrire ces feux, dont l’origine n’est pas encore déterminée. Mais on sait que neuf fois sur dix, l’origine est humaine : imprudence, comportement dangereux.

    Un climat d’apocalypse règne dans le Sud-Ouest, dans une région, la Nouvelle-Aquitaine, très touristique. Vendredi soir, l’incendie avait déjà parcouru 20 000 hectares en Gironde, quelque 2 600 hectares dans les Landes et 2 500 dans le Var. Pour les services de secours, la priorité absolue est la mise à l’abri des vies humaines, car les deux monstres de flammes et leurs multiples brasiers sont pour l’instant incontrôlables. Au total, vendredi, et selon un bilan provisoire, 110 000 personnes, habitants et visiteurs, ont été évacuées en Gironde, 31 000 dans les Landes et 300 dans le Var.

    Le feu « se dirige vers

    la métropole bordelaise »

    Selon le lieutenant-colonel Éric Pitault, des pompiers de Gironde, « l’arrière du feu, vers Le Porge et au-dessus, a connu un ravivement avec des reprises de feu importantes. Ce qui complique l’action de nos collègues, c’est l’intensité du foyer et le vent qui a forci et changé de direction ». « L’odeur du feu se sentait jusqu’à Bordeaux dont le ciel prenait une couleur jaunâtre. »

    Après une nuit marquée par une vitesse de propagation des flammes très rapide, malgré une « lutte acharnée » du millier de sapeurs-pompiers engagés, l’ordre a été donné, vendredi matin, d’évacuer en totalité la très touristique presqu’île du Cap-Ferret et ses 40 000 habitants estivaux. Cela se fait par l’unique route et par une noria de bateaux, selon un scénario prévu et répété l’an passé par les autorités. Vendredi soir, Sophie Brocas, la préfète de Nouvelle-Aquitaine, a annoncé que l’incendie de Lège-Cap-Ferret est « poussé par un vent d’ouest soutenu et qu’il se dirige vers la métropole bordelaise ».

    Quarante-deux sapeurs-pompiers blessés ont été pris en charge, dont neuf évacués, « tous en urgence relative », selon la préfecture. Les pompiers sont appuyés dans les airs par 4 Canadairs, 2 Dash, 3 Air Tractor et 2 hélicoptères bombardiers d’eau.

    Selon le ministre de l’Intérieur, « actuellement, on a 32 feux en cours, qui n’ont évidemment pas tous la même importance ». « On a dépassé le seuil des 50 000 hectares qui ont été brûlés depuis le 1er janvier de cette année. Par rapport à l’an passé, c’est quasiment fois trois. » Laurent Nuñez a annoncé un transfert d’une partie des moyens déployés jusqu’à présent dans le Sud-Est vers la Gironde et les Landes. Face à une situation « sous très forte tension », le président de la République a demandé vendredi aux armées « de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile ». Emmanuel Macron a aussi annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, avoir demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) : « Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais, ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque ». Une cellule interministérielle de crise était convoquée à 22h, vendredi, par le premier ministre.

    Après la France, l’Espagne a annoncé avoir activé le « Mécanisme européen » et demandé « quatre moyens aériens de lutte contre les incendies », indiquant que la Grèce avait « accepté la demande, offrant deux avions Canadair ». En Espagne, au moins 63 000 personnes ont déjà été évacuées ou sont confinées dans la région de Madrid en raison du « pire incendie de l’histoire » de la région, qui a déjà ravagé 6 000 hectares, selon la présidente régionale, Isabel Díaz Ayuso.

  • Dix ans de sauvetage en mer : SOS Méditerranée fait le bilan

    Dix ans de sauvetage en mer : SOS Méditerranée fait le bilan

    Dans le droit maritime international, le devoir de porter assistance à toute personne en détresse en mer est obligatoire. C’est au nom de cette exigence que depuis dix ans, l’ONG SOS Méditerranée mène des missions de sauvetage en Méditerranée centrale, l’une des routes migratoires les plus mortelles au monde. Au cours des 453 opérations menées depuis 2016, les membres de l’association ont témoigné du démantèlement progressif des opérations de recherche et sauvetage (SAR) dirigées par les États européens, de l’externalisation du contrôle des frontières européennes et de la criminalisation croissante de l’action humanitaire.

    Après avoir affrété l’Aquarius de 2016 à 2018, SOS Méditerranée poursuit désormais sa mission à bord de l’Ocean Viking depuis 2019. Le 19 juin 2026, l’ONG a publié un rapport anniversaire intitulé En pleine tempête, dans lequel on peut lire : « Entre janvier 2016 et décembre 2025, au moins 19 655 personnes sont décédées ou ont disparu en tentant de traverser cette portion de mer à la recherche d’un lieu sûr. »

    La violence des garde-côtes libyens

    Hélène est bénévole à SOS Méditerranée et co-référente du pôle évènements de l’antenne Hérault-Gard. Elle explique : « Entre la Libye et l’Italie, il y a cinq jours de navigation. Les personnes qui fuient leur pays par cette route sur des embarcations de fortune ont donc rarement assez d’essence pour traverser, et une chance sur deux d’être repérées et sauvées. »

    Avec d’autres bénévoles, Hélène organise des interventions de SOS Méditerranée dans de nombreux festivals en Occitanie, notamment au festival de Thau ou à Fiesta Sète. « Sur les stands, on explique que les États de l’UE financent la Libye pour intercepter les embarcations et les ramener d’où elles viennent. Seulement la Libye n’est pas un pays sûr. Elle ne respecte pas les droits humains et certains groupes armés y pratiquent l’esclavage. Les témoignages de nos sauveteurs montrent que les garde-côtes libyens sont armés, et nous avons désormais une mission aérienne qui témoigne de leur violence lors des opérations. Certains rescapés préfèrent donc sauter à l’eau et mourir, plutôt que de retourner en Libye. » Les embarcations auxquelles vient en aide SOS Méditerranée comptent parfois une centaine de personnes, dont des enfants, des femmes enceintes et souvent des grands brûlés, à cause des fuites d’essence mélangées à l’eau de mer.

    Mary a 20 ans et a été secourue par l’Ocean Viking en janvier 2024 alors qu’elle fuyait l’Erythrée. « Il y a tellement de risques quand on monte [sur ces embarcations] pour traverser la mer, témoigne-t-elle dans le rapport de SOS Méditerranée. Plus que de la mort, on a peur de se faire arrêter par les garde-côtes libyens. »

    Le tournant Salvini

    « Avec l’arrivée de Matteo Salvini au ministère de l’Intérieur italien en 2018, l’Italie a fermé ses portes au sauvetage humanitaire. C’est là que tout a commencé à se dégrader », se rappelle Hélène. Avant cette date, les opérations de sauvetage en Méditerranée étaient coordonnées depuis Rome. Cependant, après avoir secouru 630 personnes en juin 2018, l’Aquarius s’est vu refuser leur débarquement en Italie et à Malte. Et après plusieurs blocages administratifs et judiciaires, le navire a dû cesser ses opérations de sauvetage.

    « On a retrouvé un bateau, l’Ocean Viking, en 2019, raconte Hélène. Mais il y a eu ensuite la décision de l’UE de remettre graduellement la mission de sauvetage et de repérage aux mains des Libyens. » Entre décembre 2022 et décembre 2025, l’Ocean Viking a passé au total 239 jours à naviguer depuis ou vers des ports éloignés, des jours qui auraient dû être consacrés à sauver des vies en mer. Les garde-côtes libyens se sont également livrés à plusieurs reprises à des actions hostiles envers les navires humanitaires de sauvetage. Ainsi, le 24 août 2025, l’Ocean Viking a essuyé les tirs d’un patrouilleur de la Garde côtière libyenne dans les eaux internationales alors qu’il transportait 87 rescapés. Plus de 100 impacts de balles ont été recensés sur le navire. « Il n’y a eu aucune réaction européenne, s’insurge Hélène. L’UE continue d’équiper, de financer et de former la Garde côtière libyenne. » Une illustration supplémentaire de la responsabilité des États européens dans la facilitation d’actes de violence et d’intimidation à l’encontre des travailleurs humanitaires et des personnes en détresse en mer.

    « Si SOS Méditerranée est toujours debout après dix ans, c’est grâce aux dons, conclut Hélène. De nombreux citoyens refusent que les règles de droit international soient bafouées. Lorsqu’on entrave des opérations de sauvetage et qu’on laisse des personnes mourir en mer, c’est un pan de l’humanité toute entière qu’on efface. »

  • Au 40e congrès du PCF, des engagements pour une Europe de la paix

    Au 40e congrès du PCF, des engagements pour une Europe de la paix

    Tandis qu’au fil des débats du 40e congrès du PCF, à Lille, les délégués des fédérations ont pu débattre du refus des traités libéraux de l’Union européenne, c’est un message de refus du militarisme qu’est venu apporter le président du Parti de la gauche européenne, Walter Baier. « Nous vivons une époque dangereuse, plus de 150 guerres ravagent le monde », alertait-il sur la scène du Grand Palais. Et de dénoncer l’emprise des États-Unis de Donald Trump sur le Vieux continent. « L’Otan veut que l’Union européenne consacre 800 milliards d’euros au réarmement, mais une autre Europe est possible, espérait-il. Un nouveau mouvement contre le militarisme et l’austérité est en train de naître, et nous sommes fiers d’en faire partie. Nous disons stop au réarmement de l’Europe : construisons des écoles et des hôpitaux, pas des chars, ni des missiles ! » Il appelle ainsi à mettre fin à la course aux armements, en particulier à l’armement nucléaire : « La lutte pour la paix est aussi une lutte de classe. »

    Face au génocide à Gaza, il rappelle l’engagement du PGE pour la solution à deux États. Il apporte également au soutien à Cuba face au blocus, mais aussi aux déserteurs des deux camps, en Russie en Ukraine, qui refusent de tuer, au moment où la présidente de la Commission européenne appelle à renvoyer en Ukraine les Ukrainiens en âge de combattre.

    Face à la progression de l’extrême droite sur le continent, il tient à commémorer les 90 ans des Brigades internationales qui sont allées se battre en Espagne contre le général Franco, en particulier les 10 000 volontaires français. Et rappelant la réélection de la maire communiste de Gräz en Autriche, Elke Kahr, il sourit : « Même dans les temps les plus difficiles, le pire n’est jamais certain. »

    Après lui, la vice-présidente française du PGE, Hélène Bidard, souligne qu’avant même la création de cette coalition des partis de la gauche européenne, avant même Maastricht, le PCF avait dénoncé l’Europe telle qu’elle s’était construite. « Elle est aujourd’hui encore plus vassalisée que jamais, avec l’Otan », alerte-t-elle, en dénonçant les centaines de milliards d’euros consacrés à la remilitarisation du continent. Mais elle cible aussi les dumpings sociaux et fiscaux, la concentration de la production agricole jusqu’au brevetage du vivant, sur les semences, la « fuite en avant sécuritaire » de l’Union européenne en matière migratoire, avec une externalisation des expulsions à travers la création de camp dans des pays tiers. Et d’appeler à créer « de nouveaux espaces de démocratie » sur le continent européen.

  • Des subventions européennes pour les projets solidaires à Digne-les-Bains

    Des subventions européennes pour les projets solidaires à Digne-les-Bains

    Dans le contexte actuel de baisse des financements publics, les subventions européennes peuvent être un levier de diversification du modèle économique, pour autant c’est des financements qui peuvent être complexes », explique Mathilde L’Hôte, directrice de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress).

    C’est la raison pour laquelle la Chambre a organisé, vendredi, une matinée pour aider les entreprises, associations ou coopératives sociales et solidaires des Alpes du Sud à identifier et demander des subventions européennes adaptées à leur structure. Ces acteurs de l’économie sociale et solidaire ont des projets « d’utilité sociale, avec des modes de gouvernance démocratiques (un homme = une voix) et un principe de lucrativité limité », précise Mathilde L’Hôte.

    Thibault Dingreville, qui accompagne ces structures dans leur recherche de fonds européens, a expliqué que cela pouvait être pour certains « un enfer administratif ». Il a cependant appelé à « ne pas les essentialiser : ils ne sont pas tous complexes ».

    « Travailler ensemble pour trouver des solutions »

    Il existe deux catégories d’appels à projets européens : les projets de développement local, avec des gestionnaires provençaux ; et les projets de coopération internationale, qui incitent à travailler avec des homologues européens. « L’idée est de travailler ensemble pour trouver des solutions à des enjeux communs de part et d’autre de la frontière et échanger des pratiques », avance Thibault Dingreville.

    Certains fonds, comme le Fonds européen de développement régional (Feder), visent à réduire les écarts de développement entre les différentes zones de l’UE en fonction du PIB (produit intérieur brut) par habitant, a expliqué le chargé de mission Europe. D’autres soutiennent notamment les projets pour les quartiers prioritaires de la ville, les communes rurales, les familles monoparentales ou encore contre le décrochage scolaire et la pauvreté.

    Un autre projet européen appelle à revitaliser les territoires ruraux. « Les Français sont en retard par rapport à d’autres pays. L’Italie prend la moitié des enveloppes de l’UE », a lancé Thibault Dingreville. Le programme européen Citoyenneté, égalité, droits et valeurs (Cerv) permet lui de financer des projets luttant contre les violences faites aux femmes ou encore les discriminations homophobes. Un appel à projets en cours appelle à soutenir la charte des droits fondamentaux de l’UE.

  • [Entretien] Gaby Charroux : « J’interpelle le président pour protéger nos industries »

    [Entretien] Gaby Charroux : « J’interpelle le président pour protéger nos industries »

    Le projet Carbon de giga-usine de panneaux solaires à Fos-sur-Mer, avec les 3 000 emplois promis, est abandonné par son porteur, qui dénonce l’absence de protectionnisme de l’Europe sur ses marchés. Le vice-président de la Métropole chargé du développement industriel, réagit.

    La Marseillaise : Comment accueillez-vous cette nouvelle de l’abandon du projet Carbon ?

    Gaby Charroux : C’est un coup de massue. Ce projet suscitait des espoirs énormes dans les perspectives de développement industriel. Ma crainte est de voir, peu à peu, tout le monde reculer et que tout soit abandonné. Certains s’en réjouiront peut-être, mais la situation est plus que délicate. Il ne faudrait pas que d’autres entreprises ou projets soient affaiblis. Je pense notamment à Marcegaglia, qui a des industriels à sa tête, avec des préoccupations industrielles, à la différence de financiers.

    Pensez-vous à une remise en cause du contournement autoroutier de Port-de-Bouc ?

    G.C. : Celui de Port-de-Bouc, comme la liaison Fos-Salon, j’espère qu’ils n’auront pas de plomb dans l’aile. Le dynamisme apporté par ces nouvelles entreprises a montré une nouvelle considération de notre territoire, une quasi-presqu’île avec un seul chemin pour accéder à la zone industrialo-portuaire. C’est pour ça que le contournement autoroutier a été envisagé. J’espère qu’il n’y aura pas de recul, pour l’instant et définitivement. Ce serait un renoncement terrible pour le territoire, mais aussi pour la France.

    Les porteurs du projet dénoncent la politique libérale de l’Europe et ses nombreux accords de libre-échange. Est-ce le cœur du problème ?

    G.C. : On nous présentait cette entreprise comme un fleuron, qui allait montrer la puissance de la France face à la concurrence internationale. Je suis quand même surpris que des libéraux parlent comme ça. Ces acteurs veulent l’exclusivité, le contrôle et l’argent public. C’est comme si un pizzaïolo s’installait à Jonquières et se plaignait de ne pas pouvoir travailler à cause de la concurrence. Ma foi, c’est un marché concurrentiel qu’ils ont choisi !

    Alors, on laisse faire ?

    G.C. : Parlons franchement : si on nationalise Arcelor Mittal alors, oui, il faut protéger son marché. Aujourd’hui, on est dans un monde concurrentiel, tant que les lois sont celles du marché, on aurait tort de s’apitoyer. Il ne faudrait pas faire les chevaliers blancs quand cette façon de faire nous met dans le mur. Je remarque quand même que l’Europe se défend moins bien que les États-Unis ou la Chine sur le plan économique.

    L’État a-t-il encore un rôle à jouer pour défendre son industrie existante et en projet ?

    G.C. : L’Opération d’intérêt national sur la zone se cantonne à l’industrie et la mobilité, c’est une question d’indépendance nationale et je compte sur le rôle prépondérant de l’État et sur son influence européenne. C’est lui qui doit défendre cette position. Je pense justement interpeller le président de la République à ce sujet. Nous, sur le plan local, ne pouvons pas grand-chose face aux va-et-vient de l’Union européenne. Il faut rappeler que le rôle de l’état a été déterminant dans ces sujets. Lors de sa visite en 2023, le président déclarait que, pour la décarbonation et le maintien de l’industrie existante, il fallait pouvoir disposer de source d’énergie indispensable – l’électricité – pour ce faire. Je pense à l’indispensable ligne Très haute tension, la THT, même si je regrette l’absence de recherche de solution alternative pour préserver le patrimoine exceptionnel de Camargue.

    Quid de l’attractivité du territoire après un tel rétropédalage ?

    G.C. : La question de l’attractivité dont on se glorifie est soumise à des critères qui nous dépassent largement, que ce soit la commune, la Métropole, le Département ou la Région. La preuve en est avec Carbon : ils parlent de l’Europe. Ça se joue ailleurs.

    Entretien réalisé par Antonin Maja

  • L’UE durcit ses règles migratoires

    L’UE durcit ses règles migratoires

    Le Parlement européen serait-il en train de se trumpiser ? L’adoption du règlement retour, grâce à l’alliance entre la droite et l’extrême droite, le 26 mars, semble donner raison à cette tendance. En effet, le texte prévoit un net durcissement d’une politique migratoire déjà plus que répressive. « Il aura des conséquences dramatiques pour les personnes étrangères et pour les personnes qu’on accompagne. C’est effectivement un développement très inquiétant », soupire Olivia Carniel, responsable des questions européennes à la Cimade.

    Le texte prévoit notamment la possibilité d’externaliser des centres de retour dans des pays hors de l’Union européenne afin d’y enfermer les personnes exilées ou des demandeurs d’asile déboutés. « Ce qui est vraiment problématique, c’est que le texte pose uniquement les bases légales pour créer ces centres mais il ne précise rien. On ne sait pas pour combien de temps les personnes pourraient être enfermées dans de tels centres dans des pays qu’on ne connaît pas, ni dans quelles conditions », reprend Olivia Carniel. Et ainsi criminaliser un peu plus les exilés en les plaçant dans des conditions de détention sans avoir commis de crime ou de délit. « Il n’y a pas de mécanismes pour vérifier si les droits des personnes sont respectés. Les États s’exonèrent de toutes les responsabilités », abonde Titouan Cady, membre de la LDH à Montpellier.

    Les renvois accélérés

    La détention semble d’ailleurs être devenue la norme puisque les délais d’internement pourraient aller jusqu’à 24 mois. « Il y a aussi une logique d’accélérer les renvois sans passer par des recours juridiques. Alors qu’aujourd’hui, on pouvait contester et ainsi suspendre le renvoi », note Titouan Cady. Des renvois pourraient se faire sans que le juge n’ait besoin de statuer. Tout est fait pour déshumaniser des personnes déjà épuisées par un exil forcé. En ce sens, la « décision de retour européenne » est inquiétante. « On généralise le fichage. Toute personne soumise à une procédure d’éloignement dans un pays sera expulsable d’un second pays de l’UE même si elle respecte toutes conditions d’asile. On pousse ces personnes dans une plus grande précarité », se désole Olivia Carniel.

    Un texte xénophobe qui met un coup au respect des droits fondamentaux, pourtant érigé comme une valeur cardinale d’une Union européenne de plus en plus marquée à droite. Si le Parlement lui est acquis, il en est de même à la tête des États membres : seuls trois pays sont gouvernés par la gauche dont le Danemark, connu pour ses positions anti-migrants. « C’est une rupture dans l’histoire du Parlement européen, qui avait toujours été une institution progressiste. Mais depuis 2024 [date des dernières élections, Ndlr], on voit se former une majorité de droite et d’extrême droite sur les sujets liés à l’immigration et l’environnement. Cette alliance est néfaste pour l’UE et affaiblit sa souveraineté », fait valoir Chloé Ridel, députée PS européenne, qui a voté contre le texte, s’inquiétant des dérives trumpistes de l’institution strasbourgeoise. Le texte va maintenant faire l’objet de négociations en trilogue avec la Commission européenne et le Conseil de l’UE, avant d’être définitivement adopté.

  • Les Journées européennes lancent la saison à St-Quentin

    Les Journées européennes lancent la saison à St-Quentin

    Tous les ans au printemps, les Journées Européennes des Métiers d’Art mettent à l’honneur le savoir-faire des métiers d’art. Et c’est à l’occasion de ce week-end que Saint-Quentin-la-Poterie et ses dizaines d’échoppes de métiers artisanaux présentent un programme fourni dans l’objectif de faire découvrir au public la richesse du savoir-faire communal. Placé cette année sous le thème « Cœur à l’ouvrage », le programme propose notamment des portes ouvertes des ateliers-boutiques de 40 artisans, une visite libre du Musée de la poterie méditerranéenne, une exposition « La terre s’emmêle les pinceaux » à la galerie Terra Viva, des ateliers de modelage, des démonstrations de création, de tournage ou encore des initiations au modelage.

    Ce week-end est aussi l’occasion d’exposer le travail d’un artiste accueilli en résidence pendant plusieurs mois sur la commune. Cette année, c’est Rebecca Maeder qui est mise à l’honneur. Céramiste depuis plus de 25 ans, elle a beaucoup étudié la culture locale ces derniers mois, et notamment les œuvres du musée pour donner naissance à une série de sculptures contemporaines qui s’inspirent « de formes, de moules et d’argiles liés à l’histoire locale » et « propose une relecture sensible du patrimoine céramique de Saint-Quentin-la-Poterie, faisant dialoguer tradition potière, terroir et création contemporaine ».

    Pour cette exposition disponible du 11 au 26 avril à la Salle Joseph Monier, Rebecca Maeder est associée à Yulia Batyrova (née au Turkménistan) et Marat Mukhametov (Russie) qui ont quitté leur pays après l’invasion de l’Ukraine et dont le travail de sculpture en porcelaine est très inspiré par la nature.