Tag: Union européenne

  • La 12e université de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe à Toulon pour mieux faire connaître l’Europe aux collectivités

    La 12e université de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe à Toulon pour mieux faire connaître l’Europe aux collectivités

    Jean-Louis Masson, le président (LR) du conseil départemental du Var, le revendique en toute occasion : les normes l’irritent, qu’elles soient nationales ou européennes. « On applique aux pêcheurs varois les mêmes normes que celles qu’on applique aux pêcheurs de haute mer en Bretagne ou en Normandie. On ne peut pas tout prévoir à Bruxelles, pas plus à Paris d’ailleurs, car c’est souvent l’État qui surtranspose les normes européennes », précise-t-il. Pour autant, l’Europe « est un financeur sur des sujets majeurs, comme les fonds sociaux européens, qui nous ont apporté autour de 10 millions d’euros en 2026 », admet-il. « Et il faut aller chercher ces fonds, ce serait dommage de s’en priver. »

    Pour cela, il faut être au fait des réglementations et des opportunités. C’est la mission de l’Association française du conseil des communes et régions d’Europe (AFCCRE), qui vise à faire davantage connaître l’Europe aux collectivités, à travers, notamment, ses universités annuelles, dont la 12e édition a lieu à Toulon ces jeudi et vendredi.

    « Maintenir la décentralisation »

    Rôle des collectivités dans le budget européen, jumelages, réseaux de coopération… Autant d’enjeux discutés durant deux jours par près de 200 participants élus, agents territoriaux et partenaires institutionnels venus de toute l’Europe. Car dans une UE sur laquelle la commission pèse fortement, et dans le contexte de la baisse de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités locales – suite à un amendement porté par le RN dans le projet de loi de finance 2026 -, l’apport des fonds européens demeure primordial. À cet égard, « il est important de maintenir la décentralisation, pour avoir une réponse au plus près des besoins des territoires, au niveau des départements mais aussi des communes, qui peuvent bénéficier de fonds sur de nombreux projets. », affirme Mélanie Lepoultier, présidente déléguée de l’AFCCRE, présidente de la délégation française au Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, et maire de Sommervieu (Calvados).

    Dans le Var, Collobrières, et sa maire Christine Amrane, également présidente de la commission Europe du département, sont de bons élèves en la matière : « À chaque fois que je peux, je vais chercher des fonds », abonde cette dernière, pour qui « on méconnaît ce que l’Europe peut apporter aux territoires. » Ces deux jours sont ainsi l’occasion de « faire remonter les problématiques locales aux institutions », pour influer sur les politiques européennes, notamment en matière « de changement climatique. Il faut construire des projets communs sur la protection de demain », milite-t-elle.

  • À Forcalquier, un lieu pour faire le lien entre Europe et ruralité

    À Forcalquier, un lieu pour faire le lien entre Europe et ruralité

    « Démocratiser l’action de l’Europe », informer, orienter, fournir une aide administrative et encourager les porteurs de projets à se tourner vers les fonds européens : tels sont les objectifs du centre Europe Direct inauguré, mardi, à Forcalquier. « L’objectif est de faire le lien entre les territoires et les institutions, de comprendre les attentes des citoyens, de dialoguer sur les projets qu’ils souhaitent mener, sur leur ressenti vis-à-vis de l’Europe », explique Tanguy Specq, représentant de la Commission européenne à Marseille. L’idée est également de redorer le blason de l’Europe et de montrer qu’elle ne se résume pas qu’à des contraintes, alors que « l’on voyait de plus en plus d’eurosceptiques sur notre territoire », constate Alexandra Fol-Gutierrez, responsable du centre.

    « On a besoin aujourd’hui pour peser d’une Europe qui soit forte. Mais pour pouvoir avoir une Europe forte, il faut qu’elle soit incarnée dans les territoires, avance David Gehant, maire (DVD) de Forcalquier et président de la communauté de communes. Il faut saisir l’opportunité de ces fonds européens qui sont à disposition. »

    Le nouveau centre Europe Direct mettra en place des ateliers pour faire connaître les fonds européens aux élus, et a également pour projet d’intervenir dans les établissements scolaires, les collèges et les lycées agricoles. « L’agriculture est une partie prenante de ce lieu », pour lequel la communauté de communes a travaillé avec la Chambre de l’agriculture, a expliqué David Gehant. Avec cet espace, il espère « faire de cette commune un laboratoire de la ruralité active ». « Les territoires ruraux incarnent l’avenir de notre pays. La ruralité a un potentiel immense », a-t-il lancé.

  • Les frais d’inscription différenciés agitent la rentrée universitaire

    Les frais d’inscription différenciés agitent la rentrée universitaire

    Aix Marseille Université (AMU) demeure, malgré « une année difficile pour notre pays » et des « nouvelles formes de conflits qui ont émergé partout dans le monde », un « sanctuaire ». C’est en tout cas ce qu’a défendu Éric Berton, président de l’université, dans son discours de rentrée solennelle lundi, dans ses locaux du Pharo (2e). Un « sanctuaire pour la recherche » d’abord, a-t-il plaidé, avec « une dotation préservée, et même en augmentation, quand les budgets de l’État diminuent dans tous les domaines ». Mais aussi pour les étudiants « quelles que soient leurs origines, leurs religions, leurs convictions, leur sexe ou leur genre ». Un pont parfait pour évoquer le décret gouvernemental de mai 2026, relatif aux modalités d’exonération des droits d’inscription des étudiants étrangers et contre lequel une quarantaine de personnes étaient mobilisées en parallèle, à l’extérieur des bureaux de la direction d’AMU. Concrètement, le texte indique qu’une université n’a la possibilité d’exonérer que 30% des étudiants étrangers hors Union européenne. Une politique jugée xénophobe par l’intersyndicale universitaire. « Sur le fond : cette mesure est une fausse bonne idée, issue de calculs peu rentables sur le long terme, a défendu le président. Sur la forme : ce texte s’impose à l’ensemble des universités. (…) Un décret ne se choisit pas à la carte. Il s’applique. » Sur les 5 500 étudiants extracommunautaires d’AMU, seuls 1 800 seront donc exonérés, a-t-il maintenu.

  • Hautes-Alpes : Marie-José Allemand fait le bilan de ses mandats

    Hautes-Alpes : Marie-José Allemand fait le bilan de ses mandats

    « Il ne suffit pas d’être députée, encore faut-il expliquer ce que l’on fait et dialoguer », a déclaré Marie-José Allemand (PS) samedi 5 septembre, devant une salle comble de la Cinémathèque d’images de montagne à Gap. « Un mandat, ce n’est pas une boîte noire. Nous devons rendre des comptes », a complété son attaché parlementaire Elie Cordier. Élue en juillet 2024 sous la bannière du Nouveau Front populaire, après « un duel serré avec le Rassemblement national », la députée de la 1re circonscription des Hautes-Alpes a rassemblé près de 200 personnes pour évoquer son mandat et échanger avec le public. La députée de la 2e circonscription du département Valérie Rossi (PS), plusieurs maires locaux et des habitants étaient présents. Avec son équipe, Marie-José Allemand est revenue sur ses combats à l’hémicycle.

    Engagement pour

    les communes rurales

    Sur les transports, elle défend notamment le maintien de la ligne de train de nuit Paris-Briançon et a soutenu les syndicats alertant de la diminution du personnel formé à l’accompagnement de personnes en situation de handicap en gares. Elle-même agricultrice, elle défend le pastoralisme, s’est opposée à l’accord UE-Mercosur et a voté contre la loi d’urgence agricole : « Nos territoires sont oubliés de cette loi, qui privilégie de très grosses exploitations », précise-t-elle. La députée s’est engagée pour la loi sur l’aide à mourir, adoptée cet été et exprime régulièrement son inquiétude sur la désertification médicale. Alors que le département a récemment été frappé par des crues, elle a rappelé sa volonté de créer une solidarité amont-aval : « Lorsqu’un ouvrage réalisé en amont protège aussi les populations en aval, son financement doit être partagé ». Une proposition en partie reprise dans la loi pour une montagne vivante et souveraine promulguée en août.

    La députée a enfin rappelé sa priorité : faire remonter les problématiques locales pour des avancées concrètes.

    Agathe Di Lenardo

  • L’Europe prise à son propre piège sur la viande du Brésil

    L’Europe prise à son propre piège sur la viande du Brésil

    Après avoir conclu un accord de « libre-échange » avec le grand pays d’Amérique latine, l’Union européenne commence à se mordre les doigts et va suspendre à partir de jeudi les importations de volaille et de bœuf brésiliens, a indiqué Bruxelles, qui attend des garanties du Brésil sur le respect de ses règles sanitaires.

    À ce stade, la Commission européenne reproche au Brésil de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage. « Le Brésil est un partenaire important de l’UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d’assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l’UE pourront reprendre », a précisé une porte-parole de l’exécutif européen.

    La suspension des importations brésiliennes concerne aussi les œufs et le miel. Bruxelles n’a pas souhaité donner de calendrier pour la reprise des importations. Sollicité par l’AFP, le gouvernement brésilien n’a pas commenté l’annonce dans l’immédiat, bien qu’il ait fait valoir en mai qu’il « prendrait rapidement » toutes les mesures nécessaires pour que le commerce reprenne. Concernant la volaille et le miel, un audit est en cours et doit s’achever vendredi. S’il s’avérait concluant et que les pays européens donnent leur feu vert, les exportations de volaille brésilienne vers l’UE pourraient de nouveau être autorisées dans les semaines qui viennent. Les délais pourraient en revanche être plus longs pour le bœuf. « En raison de la durée des cycles de production selon les espèces animales concernées, la date à partir de laquelle le Brésil pourrait être en mesure de certifier sa conformité aux exigences de l’UE varie selon les filières », précise ainsi la Commission européenne.

    L’UE veut donner des gages de sa vigilance, alors qu’elle a été vivement critiquée par le secteur agricole et la France après avoir signé en janvier 2026 un accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur : Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay.

    « Un éleveur européen

    n’a aucun moyen

    de rivaliser avec moi »

    Le Brésil a été retiré en mai d’une liste de pays respectant les règles de l’UE relatives à l’utilisation intensive d’antibiotiques dans l’élevage, sous la pression de ce secteur après la signature de cet accord.

    En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur vers l’UE de viande bovine, avec plus de 92 000 tonnes de produits bovins, représentant plus de 713 millions d’euros. « Un éleveur européen n’a aucun moyen de rivaliser avec moi » et si les gouvernements « importent de la viande bon marché, ils vont anéantir l’agriculture de leur pays », a déclaré à Carlos Roberto dos Santos, un éleveur de Barretos, dans l’État de São Paulo (sud-est). Le produit qu’il utilise pour ses bêtes les « aide à digérer l’herbe » pour qu’elles prennent « plus de poids, il ne sert pas à traiter une maladie », admet-il.

    Selon les règles européennes, l’utilisation d’antimicrobiens en élevage dans le but de favoriser la croissance ou d’augmenter les rendements est interdite. Ces mesures font partie d’une politique européenne visant à lutter contre la résistance des microbes aux médicaments, en évitant les recours inutiles aux traitements antibiotiques.

    D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens (RAM) sont directement responsables de plus d’un million de décès et contribuent à près de cinq millions de morts supplémentaires chaque année.

  • Rentrée universitaire : le constat alarmant des syndicats

    Rentrée universitaire : le constat alarmant des syndicats

    « La dynamique est celle d’une baisse drastique des dotations », Xavier Luciani co-secrétaire du Snesup-FSU Toulon

    « La situation est assez catastrophique », se désole Xavier Luciani, cosecrétaire du Snesup-FSU, syndicat national de l’enseignement du supérieur, à Toulon. Au centre des inquiétudes : « la baisse drastique des financements des universités ». « On constate une baisse très importante des dotations de l’État, un vrai désengagement qui se traduit par des demandes locales d’économie », poursuit-il. Concrètement, dans le cas de l’université de Toulon par exemple, cela se matérialise par « une coupe de 20% des heures d’enseignements de certains diplômes ».

    « L’autre problème est celui de la gestion locale des budgets. Ce n’est plus l’université qui remonte ses besoins et le ministère qui répond en ajustant sa dotation. C’est le président qui gère le budget qui lui est alloué, détaille l’enseignant-chercheur. Ce sont les besoins qui s’adaptent aux moyens et pas l’inverse. Donc vous allez chercher de l’argent à droite à gauche, et dans le cas de Toulon, le tissu industriel local, c’est la Marine nationale. L’université va se tourner vers ce secteur pour trouver des financements et orienter sa stratégie de recherche, mais également d’enseignement au travers des diplômes. Une stratégie complètement assumée par l’université de Toulon ». Et d’ajouter : « Localement, nous appelons à une rentrée musclée, avec une reprise en main par la base des travailleurs du mouvement social, pas noyautée par les centrales syndicales parisiennes ».

    « Le logement est au cœur de nos préoccupations », Louis Marjollet membre de l’Union étudiante Avignon

    En tête des préoccupations en cette rentrée universitaire pour Louis Marjollet, étudiant à Avignon Université et membre de l’Union étudiante : le logement. « D’abord nous sommes mobilisés sur la question des aides personnelles au logement (APL), qui ont déjà été retirées aux étudiants étrangers hors Union européenne qui ne touchent pas la bourse [depuis le 1er juillet, ndlr], et qui pourraient être indexées sur les revenus des parents bientôt, ce qui constituerait un danger pour les étudiants. » (Notre édition du 24 août). Mais la question du logement, « prégnante depuis un bon moment », dépasse la problématique des aides : « nous continuons de revendiquer la construction de logements Crous ». À ceci s’ajoute l’accès au parc privé, duquel les étudiants avignonnais sont « presque systématiquement exclus en période estivale », les propriétaires cherchant à louer « à des prix absolument exorbitants » pendant le Festival d’Avignon. « Quand on n’est pas du coin on doit avoir une solution de repli, ce qui peut s’avérer compliqué pour les personnes en rupture familiale ou les personnes étrangères ». L’Union étudiante se dresse aussi contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne, multipliée par 15 par rapport à ceux des étudiants français. « Et un nouveau rapport du ministère suggère d’élargir l’augmentation des frais d’inscription à l’ensemble des étudiants, ça nous inquiète beaucoup ».

    « Il y a une surcharge de travail et un manque de personnel », Sylviane Jacquet membre du Snasub-FSU Toulon

    « L’université affronte un manque total de personnel et une surcharge abominable de travail », s’indigne d’entrée Sylvianne Jacquet, membre de la Snasub-FSU à Toulon, syndicat des personnels administratifs et techniques de l’enseignement supérieur. « Aucun service ne va bien, poursuit-elle. Le surplus de travail pousse beaucoup de gens vers la dépression, et les départs à la retraite des fonctionnaires sont remplacés par des contractuels [agents recrutés par contrat, en CDD ou CDI, sans qu’ils ne possèdent le statut de fonctionnaire, ndlr]. Certains d’entre eux signent pour une fiche de poste sans savoir qu’ils réalisent les tâches auparavant partagées entre deux personnes ». Mais c’est aussi le statut précaire de ces employés qui inquiète le Snasub-Fsu. « Les contractuels ne sont pas à l’abri de perdre leur emploi. Ils n’ont pas la possibilité d’être titularisés, n’ont pas les primes que nous avons nous, en tant que fonctionnaires, ni la possibilité de passer des concours en interne, comme c’est le cas pour nous, insiste Sylvianne Jacquet. C’est aussi compliqué pour se mobiliser, car ils ont peur que leur poste ne soit pas renouvelé ensuite. Je les comprends. Ils n’ont pas la même sécurité que nous : ils peuvent être virés pour rien. » Et d’ajouter : « Ces embauches peuvent également être dévalorisantes pour certains fonctionnaires qui sont au cœur de leur métier et qui ont passé des concours pour occuper un poste ».

  • Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Les images de Ceuta sont insoutenables et les réactions politiques face à ce véritable drame humain, abjectes. Comment rester de marbre face au désespoir qui a conduit des dizaines de milliers de marocains, d’exilés subsahariens, à braver la mer, les barbelés, les armes, une mort certaine, pour tenter de rejoindre un bout d’Europe en quête d’un avenir meilleur ? Des questions restent en suspens quant aux conditions qui ont permis à plus de 60 000 personnes de franchir cette frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole.

    Rapidement, l’internationale brune a instrumentalisé ce drame pour servir son idéologie raciste et xénophobe, Giorgia Meloni en tête. La présidente d’extrême droite du Conseil italien a appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, rejointe par son homologue danoise la sociale-démocrate Mette Frederiksen, défenseure d’une politique migratoire ultra-restrictive. Et ce, alors que Ceuta n’appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation… La désinformation au plus haut sommet des États. Face à cela, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a demandé ce mardi la tenue d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne qui se tiendra en visioconférence.

    Attaqué de toutes parts, le chef de gouvernement socialiste a accusé les réseaux de traite d’être humains d’avoir organisé ces arrivées massives et renforcé la sécurité sur le territoire en déployant une barrière flottante. Sur les réseaux sociaux, les comptes qui avaient annoncé que les frontières étaient ouvertes ont mystérieusement disparu.

    72 morts selon Madrid, 11 corps récupérés par Rabat

    Dans son éditorial de ce lundi, le premier quotidien d’Espagne El País (centre gauche) titre : « Mohammed VI et ses projectiles humains », estimant que « les munitions avec lesquelles le Maroc tire sans cesse sur l’Espagne, c’est son propre peuple ». Car cet épisode n’est pas sans rappeler celui de mai 2021, où plus de 12 000 personnes avaient rejoint Ceuta en quelques jours. Un coup de pression du royaume chérifien sur Madrid, sur fond de crise diplomatique autour du Sahara occidental. Et si depuis, l’Espagne a reconnu la marocanité du territoire disputé, elle tente par ailleurs de réchauffer ses relations avec Alger. De quoi irriter la couronne ? Selon le quotidien El Español (libéral-conservateur), des sources de l’état-major de la Garde civile espagnole auraient « repéré des agents des services de renseignement marocains infiltrés parmi les milliers de migrants entrés illégalement à Ceuta ».

    Et si la quasi-totalité d’entre eux sont, depuis, retournés au Maroc, près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children. Des tombes sont érigées au sein du cimetière musulman pour y enterrer dignement ceux qui n’ont pas survécu. Ils sont 72, selon les autorités espagnoles, tandis que Rabat comptabilise 11 corps récupérés côté marocain. La liste risque de s’allonger. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) recense à ce stade « près de 130 victimes » et des dizaines de disparus. Des avis de recherche sont lancés sur son groupe Facebook, parmi lesquels figure un adolescent de 13 ans qui a fui vers Melilla. Sur les images prises sur place, on voit des parents postés aux pieds des grillages barbelés de Fnideq, ville frontalière de Ceuta. Ces derniers montrent aux passants des photos de leurs enfants dont ils sont sans nouvelles depuis des jours et qu’ils espèrent toujours vivants.

  • Fos-sur-Mer : le navire Deliver condamné pour défaut de pavillon

    Fos-sur-Mer : le navire Deliver condamné pour défaut de pavillon

    L’armateur a été condamné par le tribunal judiciaire de Marseille à une peine pécuniaire de confiscation pour avoir omis de justifier de la nationalité du navire.

    Le Deliver battait pavillon camerounais, bien qu’il figurait sur une liste de « navires radiés du pavillon camerounais » établie le 29 mai par le ministère des Transports de ce pays.

    Il est également sur la liste des navires sous sanctions de l’Union européenne depuis février 2025, et est le cinquième pétrolier soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe arraisonné depuis septembre 2025 par la France.

  • Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Les pompiers mènent toujours un combat dantesque contre deux mégafeux en Gironde et dans les Landes, tandis que dans le Var, l’incendie de Pontevès continue sous le coup de mauvaises conditions météo (lire ci-contre). 2 000 pompiers au total sont mobilisés (1 000 en Gironde, 500 dans les Landes et autant dans le Var) pour circonscrire ces feux, dont l’origine n’est pas encore déterminée. Mais on sait que neuf fois sur dix, l’origine est humaine : imprudence, comportement dangereux.

    Un climat d’apocalypse règne dans le Sud-Ouest, dans une région, la Nouvelle-Aquitaine, très touristique. Vendredi soir, l’incendie avait déjà parcouru 20 000 hectares en Gironde, quelque 2 600 hectares dans les Landes et 2 500 dans le Var. Pour les services de secours, la priorité absolue est la mise à l’abri des vies humaines, car les deux monstres de flammes et leurs multiples brasiers sont pour l’instant incontrôlables. Au total, vendredi, et selon un bilan provisoire, 110 000 personnes, habitants et visiteurs, ont été évacuées en Gironde, 31 000 dans les Landes et 300 dans le Var.

    Le feu « se dirige vers

    la métropole bordelaise »

    Selon le lieutenant-colonel Éric Pitault, des pompiers de Gironde, « l’arrière du feu, vers Le Porge et au-dessus, a connu un ravivement avec des reprises de feu importantes. Ce qui complique l’action de nos collègues, c’est l’intensité du foyer et le vent qui a forci et changé de direction ». « L’odeur du feu se sentait jusqu’à Bordeaux dont le ciel prenait une couleur jaunâtre. »

    Après une nuit marquée par une vitesse de propagation des flammes très rapide, malgré une « lutte acharnée » du millier de sapeurs-pompiers engagés, l’ordre a été donné, vendredi matin, d’évacuer en totalité la très touristique presqu’île du Cap-Ferret et ses 40 000 habitants estivaux. Cela se fait par l’unique route et par une noria de bateaux, selon un scénario prévu et répété l’an passé par les autorités. Vendredi soir, Sophie Brocas, la préfète de Nouvelle-Aquitaine, a annoncé que l’incendie de Lège-Cap-Ferret est « poussé par un vent d’ouest soutenu et qu’il se dirige vers la métropole bordelaise ».

    Quarante-deux sapeurs-pompiers blessés ont été pris en charge, dont neuf évacués, « tous en urgence relative », selon la préfecture. Les pompiers sont appuyés dans les airs par 4 Canadairs, 2 Dash, 3 Air Tractor et 2 hélicoptères bombardiers d’eau.

    Selon le ministre de l’Intérieur, « actuellement, on a 32 feux en cours, qui n’ont évidemment pas tous la même importance ». « On a dépassé le seuil des 50 000 hectares qui ont été brûlés depuis le 1er janvier de cette année. Par rapport à l’an passé, c’est quasiment fois trois. » Laurent Nuñez a annoncé un transfert d’une partie des moyens déployés jusqu’à présent dans le Sud-Est vers la Gironde et les Landes. Face à une situation « sous très forte tension », le président de la République a demandé vendredi aux armées « de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile ». Emmanuel Macron a aussi annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, avoir demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) : « Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais, ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque ». Une cellule interministérielle de crise était convoquée à 22h, vendredi, par le premier ministre.

    Après la France, l’Espagne a annoncé avoir activé le « Mécanisme européen » et demandé « quatre moyens aériens de lutte contre les incendies », indiquant que la Grèce avait « accepté la demande, offrant deux avions Canadair ». En Espagne, au moins 63 000 personnes ont déjà été évacuées ou sont confinées dans la région de Madrid en raison du « pire incendie de l’histoire » de la région, qui a déjà ravagé 6 000 hectares, selon la présidente régionale, Isabel Díaz Ayuso.

  • Dix ans de sauvetage en mer : SOS Méditerranée fait le bilan

    Dix ans de sauvetage en mer : SOS Méditerranée fait le bilan

    Dans le droit maritime international, le devoir de porter assistance à toute personne en détresse en mer est obligatoire. C’est au nom de cette exigence que depuis dix ans, l’ONG SOS Méditerranée mène des missions de sauvetage en Méditerranée centrale, l’une des routes migratoires les plus mortelles au monde. Au cours des 453 opérations menées depuis 2016, les membres de l’association ont témoigné du démantèlement progressif des opérations de recherche et sauvetage (SAR) dirigées par les États européens, de l’externalisation du contrôle des frontières européennes et de la criminalisation croissante de l’action humanitaire.

    Après avoir affrété l’Aquarius de 2016 à 2018, SOS Méditerranée poursuit désormais sa mission à bord de l’Ocean Viking depuis 2019. Le 19 juin 2026, l’ONG a publié un rapport anniversaire intitulé En pleine tempête, dans lequel on peut lire : « Entre janvier 2016 et décembre 2025, au moins 19 655 personnes sont décédées ou ont disparu en tentant de traverser cette portion de mer à la recherche d’un lieu sûr. »

    La violence des garde-côtes libyens

    Hélène est bénévole à SOS Méditerranée et co-référente du pôle évènements de l’antenne Hérault-Gard. Elle explique : « Entre la Libye et l’Italie, il y a cinq jours de navigation. Les personnes qui fuient leur pays par cette route sur des embarcations de fortune ont donc rarement assez d’essence pour traverser, et une chance sur deux d’être repérées et sauvées. »

    Avec d’autres bénévoles, Hélène organise des interventions de SOS Méditerranée dans de nombreux festivals en Occitanie, notamment au festival de Thau ou à Fiesta Sète. « Sur les stands, on explique que les États de l’UE financent la Libye pour intercepter les embarcations et les ramener d’où elles viennent. Seulement la Libye n’est pas un pays sûr. Elle ne respecte pas les droits humains et certains groupes armés y pratiquent l’esclavage. Les témoignages de nos sauveteurs montrent que les garde-côtes libyens sont armés, et nous avons désormais une mission aérienne qui témoigne de leur violence lors des opérations. Certains rescapés préfèrent donc sauter à l’eau et mourir, plutôt que de retourner en Libye. » Les embarcations auxquelles vient en aide SOS Méditerranée comptent parfois une centaine de personnes, dont des enfants, des femmes enceintes et souvent des grands brûlés, à cause des fuites d’essence mélangées à l’eau de mer.

    Mary a 20 ans et a été secourue par l’Ocean Viking en janvier 2024 alors qu’elle fuyait l’Erythrée. « Il y a tellement de risques quand on monte [sur ces embarcations] pour traverser la mer, témoigne-t-elle dans le rapport de SOS Méditerranée. Plus que de la mort, on a peur de se faire arrêter par les garde-côtes libyens. »

    Le tournant Salvini

    « Avec l’arrivée de Matteo Salvini au ministère de l’Intérieur italien en 2018, l’Italie a fermé ses portes au sauvetage humanitaire. C’est là que tout a commencé à se dégrader », se rappelle Hélène. Avant cette date, les opérations de sauvetage en Méditerranée étaient coordonnées depuis Rome. Cependant, après avoir secouru 630 personnes en juin 2018, l’Aquarius s’est vu refuser leur débarquement en Italie et à Malte. Et après plusieurs blocages administratifs et judiciaires, le navire a dû cesser ses opérations de sauvetage.

    « On a retrouvé un bateau, l’Ocean Viking, en 2019, raconte Hélène. Mais il y a eu ensuite la décision de l’UE de remettre graduellement la mission de sauvetage et de repérage aux mains des Libyens. » Entre décembre 2022 et décembre 2025, l’Ocean Viking a passé au total 239 jours à naviguer depuis ou vers des ports éloignés, des jours qui auraient dû être consacrés à sauver des vies en mer. Les garde-côtes libyens se sont également livrés à plusieurs reprises à des actions hostiles envers les navires humanitaires de sauvetage. Ainsi, le 24 août 2025, l’Ocean Viking a essuyé les tirs d’un patrouilleur de la Garde côtière libyenne dans les eaux internationales alors qu’il transportait 87 rescapés. Plus de 100 impacts de balles ont été recensés sur le navire. « Il n’y a eu aucune réaction européenne, s’insurge Hélène. L’UE continue d’équiper, de financer et de former la Garde côtière libyenne. » Une illustration supplémentaire de la responsabilité des États européens dans la facilitation d’actes de violence et d’intimidation à l’encontre des travailleurs humanitaires et des personnes en détresse en mer.

    « Si SOS Méditerranée est toujours debout après dix ans, c’est grâce aux dons, conclut Hélène. De nombreux citoyens refusent que les règles de droit international soient bafouées. Lorsqu’on entrave des opérations de sauvetage et qu’on laisse des personnes mourir en mer, c’est un pan de l’humanité toute entière qu’on efface. »