Tag: Unesco

  • Valeur universelle

    Valeur universelle

    La démarche engagée par le Camp des Milles, pour son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco mérite un large soutien des acteurs de notre territoire.

    Elle vise à faire reconnaître à la fois le site du Camp mais aussi l’approche de convergence des mémoires qu’y développe la Fondation présidée par Alain Chouraqui pour comprendre et prévenir les engrenages génocidaires.

    Cette tuilerie transformée en camp par la IIIe République pour enfermer les ressortissants du Reich -bien souvent des artistes antifascistes qui espéraient trouver refuge en France-, a ensuite été l’instrument du régime de Vichy pour y concentrer jusqu’à 3 500 « indésirables » avant de devenir un camp de déportation des juifs, hommes, femmes et enfants… Plus d’une centaine d’enfants et adolescents juifs furent déportés depuis le Camp des Milles. Le plus jeune avait un an.

    Résistance

    Dans un monde déchiré par les haines et les conflits, défiguré par l’antisémitisme et tous les racismes, ce lieu singulier est précieux.

    Le Camp des Milles porte en lui la mémoire de la Seconde Guerre mondiale mais pas seulement. Son existence est un acte de résistance à l’oubli, à l’indifférence et aux divisions meurtrières.

    La Marseillaise, journal fondé dans la Résistance au nazisme, soutient pleinement l’inscription du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco comme elle avait soutenu le projet de site mémorial en son temps.

    Dans le même esprit, elle vous invite ce soir à 18h, à découvrir l’exposition « La part visible des camps » sur l’enfer de Mauthausen, dont Marcel Thomazeau, dirigeant historique de notre journal, est ressorti ne pesant plus que 34 kg.

    En outre, chaque week-end, nous publierons J’avais 16 ans à Pitchipoï le récit de Denise Toros-Marter, rescapée d’Auschwitz. Toujours vivante, elle fait partie des « grands anciens » du Camp des Milles.

    Comme l’écrivait Paul Éluard, « si l’écho de leurs voix faiblit, nous périrons ».

  • [Entretien] Jean-Louis Gély :  En matière touristique, notre priorité est la qualité »

    [Entretien] Jean-Louis Gély :  En matière touristique, notre priorité est la qualité »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que la labellisation Géoparc va changer pour le département ?

    Jean-Louis Gély : Pour visibiliser ce patrimoine, en prendre conscience d’abord et le communiquer à tout le monde ensuite, afin de le rendre le plus accessible possible, encore fallait-il le structurer, l’organiser et le valoriser. Le label de l’Unesco nous permet de concrétiser et de valider cette démarche, bien mieux que si nous n’étions qu’entre nous, et de l’inclure concrètement dans notre vision territoriale globale et dans notre philosophie de tourisme durable. C’est une chance pour les entreprises, les artisans, les associations, les agriculteurs, entre autres acteurs, d’attirer et de développer de nouveaux projets.

    Comment comptez-vous accompagner cette labellisation ?

    J.-L.G. : Dans l’immédiat, un événement convivial est prévu pour associer à cette réussite tous les acteurs qui y ont contribué : communes, communautés de communes concernées, géomédiateurs, géopartenaires, autres partenaires institutionnels. Ce sera en juin.

    Quelles sont les retombées touristiques et économiques attendues ?

    J.-L.G. : C’est difficile à évaluer précisément. Dans d’autres Géoparcs labellisés par l’Unesco, une hausse de la fréquentation a été observée à hauteur de 30%. Mais nous ne sommes pas dans une course à l’échalote et surtout pas dans une recherche de massification. Bien sûr, l’appréciation quantitative des flux est un objectif, en vue, notamment, de faire tourner l’économie de nos territoires : hébergeurs, restaurateurs, commerçants… Et je ne doute pas que cela va se produire. Mais notre priorité, en matière touristique, c’est la qualité et la valorisation.

    Kléber Mesquida parle du « commencement d’une nouvelle étape », quels sont les nouveaux objectifs ?

    J.-L.G. : C’est une nouvelle étape parce que l’obtention du label de l’Unesco est à la fois une distinction, une reconnaissance et un moment fort pour notre engagement concret. Il est attribué pour une durée de quatre ans : à cette échéance, une réévaluation devra intervenir. Les acteurs du territoire vont donc conduire un travail s’articulant autour des cinq axes stratégiques définis : coordination de la démarche, communication, préservation et valorisation, éducation et développement du tourisme durable.

  • Les Terres d’Hérault obtiennent le sésame Géoparc mondial Unesco

    Les Terres d’Hérault obtiennent le sésame Géoparc mondial Unesco

    C’est fait ! Au bout d’un marathon administratif de 2 ans coordonné par le Département de l’Hérault, cette belle idée que des chercheurs et associations avaient fait germer il y a 10 ans est désormais une réalité. Les Terres d’Hérault, composées de 111 communes réparties sur 2 046 km² forment officiellement un Géoparc de renommée mondiale, comme 229 autres Géoparcs dans 50 pays. C’est-à-dire une zone géographique protégée qui possède une richesse géologique de valeur internationale, avec une importance scientifique, éducative et culturelle.

    Au titre de ses 540 millions d’années d’histoire et des trésors qu’il abrite, ce territoire a reçu jeudi 23 avril le sésame de l’Unesco : le label de Géoparc mondial, seulement le 10e décerné en France. « C’est la concrétisation d’un travail collectif avec les élus, les habitants et tous les acteurs locaux [178 partenaires, Ndlr]. Ce label est l’accomplissement d’une ambition forte mais aussi le commencement d’une nouvelle étape de ce projet qui fera rayonner notre territoire pour de nombreuses années à venir », se félicite le président héraultais, Kléber Mesquida (divers gauche).

    Les richesses à découvrir

    Tandis que la cérémonie officielle aura lieu lundi 27 avril à Paris, il faut rappeler que ce label est décerné au moins pour 4 ans. Et que le travail des équipes pour se montrer à la hauteur des attentes de l’Unesco ne fait donc que commencer. « Nous allons nous appuyer sur nos 67 géopartenaires pour faire vivres ces sites », promet Gaëlle Levêque, l’élue héraultaise qui a piloté le dossier (lire ci-dessous).

    Au nombre de 58, les géosites sont répartis dans 4 principales Communautés de communes (Lodévois/Larzac, Clermontais, Vallée de l’Hérault, Grand Orb) ainsi que quelques communes avoisinantes. Les diverses roches (ruffe, basalte, calcaire, granite, gneiss, schiste, grès…) qu’on retrouve sur ces géosites sont les témoins des grandes ères géologiques qui ont façonné nos paysages à travers les millénaires. Datant de l’ère paléozoïque (la plus ancienne), les massifs du Caroux et de l’Espinouse (granites et gneiss) racontent l’histoire de la chaîne Hercynienne. La fragmentation des schistes a permis des sols favorables à la viticulture dans les Avants-Monts. La carrière de marbre rouge de Coumiac est le résultat de la transformation de calcaires en marbres. Puis, en s’érodant, cette chaîne de montagnes a donné naissance au bassin charbonnier de Graissessac et au bassin permien de Lodève. Les mines du pays d’Orb témoignent aussi des dépôts de charbon d’il y a 305 millions d’années.

    La submersion due à la formation de l’océan Téthys Ligure entraîne le dépôt de sédiments qui donnent lieu aux calcaires des Causses du Lodévois Larzac dont le Cirque de Navacelles est la pépite la plus connue. Les Gorges de l’Hérault ou les dolomies du Cirque de Mourèze sont d’autres héritages de cette période (160 millions d’années).

    Les volcans apparus il y a 2 millions d’années laissent des terrains fertiles et des roches basaltiques noires dont le Neck de la Roque, près du lac du Salagou est un témoin. En les enrichissant de minéraux, les basaltes donnent aux sols une grande fertilité propice aux cultures. À l’instar du Pont du Diable, la Méditerranée avancera jusqu’au pied des reliefs calcaires.

    Le centre Hérault (Soumont, Lodévois) abrite aussi des vestiges archéologiques. Les eaux thermales d’Avène ou Lamalou-les-Bains tirent leurs propriétés médicales de leurs interactions avec les roches. Enfin, sur les grands Causses du nord, les activités pastorales de l’Homme ont façonné les paysages. C’est ce patrimoine que veut faire fructifier K. Mesquida grâce au Géoparc. « Nous construisons aujourd’hui ensemble l’héritage précieux qui sera confié aux générations futures. »

    Infos : geoparc.herault.fr

  • La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau, nouveau pontentre l’Afrique et l’Europe

    La gestion de l’eau est l’un des angles morts des COP car elle n’est que très peu abordée au sein des COP climat ou des COP biodiversité alors que c’est probablement l’un des tous premiers marqueurs du changement climatique », regrette Eric Servat. Depuis 2021, le chercheur et hydrologue dirige le Centre international français Unesco sur l’eau (Icireward) basé à Montpellier qui multiplie les partenariats de recherche avec les laboratoires africains.

    « Quasiment tous les projets que nous finançons sont des programmes qui se déroulent avec des partenariats du Maroc, de Tunisie, du Sénégal, de Côte d’Ivoire etc. Nous tentons d’avoir une réflexion partagée sur les questions liées à l’eau parce qu’on voit par exemple que dans certaines parties du Maroc, les précipitations sont extrêmement faibles et nous avons, nous aussi en France, un cycle de l’eau perturbé », précise l’auteur du « Grand défi de l’eau » sorti début septembre.

    Aujourd’hui, la plupart des projets sont menés en Afrique permettant ainsi d’acquérir un grand nombre de données qui permettent aux pays du nord de la Méditerranée de s’adapter plus rapidement au dérèglement climatique. « Nous cofinançons par exemple un projet au Maroc sur les mécanismes de recharge des aquifères qui nous permet d’étudier la vulnérabilité et le renouvellement des eaux souterraines dans les milieux karstiques. Or ces milieux, ce sont ceux que nous connaissons dans l’Hérault », détaille Eric Servat.

    Le centre, qui finance aussi des projets sur le bassin de Thau et plus largement sur le Languedoc, participe aussi au programme « Défi water Occitanie » financé par la Région dont l’ambition est de travailler sur la réutilisation de l’eau. « Plusieurs laboratoires travaillent sur ce projet avec des « living labs » qui sont des expérimentations à grande échelle sur un temps long », explique Eric Servat.