Tag: Unesco

  • La mémoire dans la peau du Théâtre Joliette

    La mémoire dans la peau du Théâtre Joliette

    « J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien », chantait Jeanne Moreau en 1963. Visiblement tout l’inverse du côté du Théâtre Joliette, où « la question de la mémoire et de la transmission » irrigue la saison 2026-2027, résume sa directrice Nathalie Huerta, en indiquant l’affiche qui l’illustre : une photo d’archive de Destierro, le vertige et la foi, écrit et mis en scène par Daniela Labbé Cabrera, « enfant d’exilés chiliens » qui retrace l’histoire de ses parents « militants, proches de Salvador Allende, ayant fui le Chili pour la Roumanie lors du coup d’État de Pinochet ». À voir du 17 au 19 février.

    Que dire encore de La memoria futura, « spectacle déambulatoire dans l’espace public » prévu en juin et imaginé par Luciana Mastromauro qui s’appuie sur les témoignages de grands-mères de la Place de Mai, à Buenos Aires, ces grandes et dignes dames qui militent pour retrouver les enfants volés lors de la dictature argentine entre 1976 et 1983. Un devoir de mémoire et de transmission également à l’œuvre lors du festival Nous, la lune et les voisins, imaginé par le collectif de marionnettistes et performeurs libanais Kahraba. Historiquement lié au quartier de Mar Mikhaël, à Beyrouth, il se dupliquera au Panier et à la Joliette du 10 au 18 octobre. Et ce, notamment à travers des « ateliers de poésie, danse, chant et marionnettes » dispensés aux habitants, sans oublier certaines propositions parmi lesquelles un dialogue entre Elias Sanbar, ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco et traducteur du poète Mahmoud Darwich, et sa fille, la comédienne Mayya Sanbar.

    Tirailleur sénégalais

    et liaisons dangereuses

    Si la mémoire s’inscrit dans la peau de ces créations internationales, la thématique n’en demeure pas moins abordée par des artistes locaux que le Théâtre Joliette mettra en lumière. Aux côtés de son peintre de père, le conteur et musicien Lamine Diagne exhumera au mois mars dans Waxoul « l’histoire enfouie » de son grand-père qui « était un tirailleur sénégalais », contextualise Nathalie Huerta. Au Théâtre de Lenche, lié à celui de la Joliette depuis 2017, Franck Dimech recréera, plus de 20 ans après, le Quartett d’Heiner Müller, d’après Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. À la distribution de cette pièce visible en janvier, la figure marseillaise de la comédie Marcelle Basso ainsi que Maurice Vinçon, désormais 87 printemps au compteur et fondateur de cette scène établie au Panier depuis 1977. « Maurice a demandé à Franck Dimech de remonter au plateau une dernière fois », sur les planches de ce théâtre qu’il a dirigé pendant des années au cours d’une pièce qui évoque « la vie sexuelle et amoureuse d’un couple à travers les années. Cela parle de la façon dont le temps peut détruire tous types de relations », campe la directrice du Théâtre Joliette.

    Ouverture et participation

    Auparavant très cantonné à l’accueil de résidences d’artistes, le Théâtre de Lenche s’ouvrira encore plus au public cette saison. « Beaucoup de gens du quartier nous ont fait part de leur amour pour ce théâtre en expliquant qu’ils aimeraient que plus de choses s’y passent », rappelle Nathalie Huerta. Parmi les autres événements qui s’y dérouleront, une « carte blanche » octroyée à Manon Worms au mois de mai avec toute une série d’ateliers et de performances qui permettront aussi à cette dramaturge d’expérimenter sa « prochaine création, autour du thème de la sécurité ».

    Parmi la soixantaine de propositions artistiques jalonnant la saison du Théâtre Joliette, un certain nombre de créations itinérantes et participatives. Anne-Sophie Turion concevra ainsi les 22 et 23 mai, avec des habitants de la Joliette, « une visite guidée du quartier dans laquelle ils feront une apparition. Puis, le jour du spectacle, les spectateurs la suivront sous casque », situe la directrice du théâtre qui programmera aussi au cours de l’année de grandes fresques telles que Le Roi Lear de Dieudonné Niangouna, les 25 et 26 mars, aussi bien marquée par « la tradition congolaise » que de l’esprit de Shakespeare.

    Programme complet de la saison sur www.theatrejoliette.fr

  • La Ville de Briançon acte la vente du fort des Têtes

    La Ville de Briançon acte la vente du fort des Têtes

    « Une séance historique » : ce sont les mots utilisés par Arnaud Murgia (DVD), le maire de Briançon, pour qualifier la séance du conseil municipal de ce mercredi 30 septembre. Pour cause, le rachat du fort des Têtes et sa cession à la Solideo, la société publique en charge des aménagements des Jeux olympiques 2030, qui prévoit de le transformer en village olympique, ont été actés. Un projet qui inquiète le groupe d’opposition de gauche Briançon territoire vivant, mais aussi plus d’une centaine de citoyens réunis dans le collectif Non au village olympique au fort des Têtes de Briançon : plusieurs dizaines d’entre eux ont fait le déplacement à la mairie pour montrer leur mécontentement face au vote. Une pétition a été lancée et récolte déjà plus de 8 000 signatures.

    Le fort Vauban, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, doit être acheté à l’état pour 242 000 euros. La Ville va ensuite céder cinq bâtiments à la Solideo pour près de 47 000 euros. « Depuis des années, les élus ont cherché des solutions pour sauver ce patrimoine, a rappelé le maire avant la délibération. C’est une chance unique de le réhabiliter » La Solideo se chargera des travaux de restauration des bâtiments. Les remparts resteront à la charge de la Ville, qui sera « bénéficiaire de subventions d’un montant jamais connu ici ».

    Création de logements sociaux

    Au-delà de sauver le bâti, le projet prévoit de répondre à un besoin criant à Briançon : la création de logements sociaux. Le village olympique permettra d’accueillir près de 1 000 athlètes pendant les Jeux. La Solideo devrait ensuite céder les bâtiments au promoteur immobilier privé Linkcity, une filiale du groupe Bouygues.

    Au total, 72 logements sociaux et en accession sociale à la propriété seront disponibles au plus tard en janvier 2031. « C’était ma promesse : que l’héritage du village olympique réponde aux à l’intérêt général des habitants », a insisté Arnaud Murgia. De plus, une résidence hôtelière, des équipements de services et des places de stationnement pour les futurs habitants devraient y voir le jour.

    « Les JO font beaucoup parler, a renchéri Stéphane Régnier du groupe d’opposition Briançon Territoire Vivant. Les associations qui s’y opposent reçoivent de plus en plus de soutien. Entendez notre population et ralentissez ! Les Jeux peuvent donner de beaux projets, mais seulement si vous intégrez les citoyens. »

    « Au lieu de susciter un engouement chez les habitants, on a des incertitudes sur le coût final, les délais et cette promesse d’héritage, a poursuivi Maxime Brousse du même groupe d’opposition. Nous avons besoin d’engagements fermes pour rassurer les Briançonnais et restaurer la confiance. »

    Agathe Di Lenardo

  • Un atlas pour explorer l’histoire enfouie de Nîmes

    Un atlas pour explorer l’histoire enfouie de Nîmes

    À Nîmes, il suffit parfois de creuser quelques mètres pour changer de siècle. Sous une avenue, un parking ou un futur immeuble peuvent réapparaître une mosaïque, une tombe ou les murs d’une maison antique. Depuis près d’un demi-siècle, les transformations de la ville racontent ainsi, chantier après chantier, une autre histoire de Nîmes. Une histoire désormais réunie dans un Atlas archéologique numérique, présenté au musée de la Romanité.

    Dévoilé à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, trois ans jour pour jour après l’inscription de la Maison Carrée au patrimoine mondial de l’Unesco, l’outil est le fruit d’un partenariat entre la Ville et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

    Depuis les années 1980, plus de 400 diagnostics et quelque 140 fouilles préventives ont été menés sur la commune au gré des opérations immobilières et des grands aménagements. Une cinquantaine de chantiers emblématiques ont été retenus pour cette première version. Sur la carte, des points rouges jalonnent Nîmes. Un clic suffit pour retrouver photographies, plans, textes, vidéos et objets découverts sur place. L’avenue Jean-Jaurès y côtoie les Halles, Villa Roma ou le quartier Clérisseau. On y croise aussi la mosaïque de Penthée, la statue de Neptune ou encore le portrait d’un notable gaulois découvert en 2023 près du cadereau.

    Un outil qui manquait

    L’intérêt de l’atlas ne tient pourtant pas seulement à ses découvertes spectaculaires. Des dossiers thématiques permettent aussi de suivre l’évolution de Nîmes, de l’agglomération gauloise à la cité romaine puis médiévale, en passant par la vigne, les pratiques funéraires, l’aqueduc, les peintures murales ou les remparts. « Pour le public qui ne connaît pas Nîmes, cela permet d’avoir une belle idée de son passé. Et les Nîmois peuvent savoir exactement où ont été trouvés les vestiges », souligne Jean-Yves Breuil, chargé des relations avec les aménageurs à l’Inrap.

    Pour le musée, l’outil vient aussi combler un manque : « L’enjeu du contexte est compliqué à amener dans un musée. Ici, l’atlas sera complémentaire de la visite et des objets présentés en vitrine », explique son conservateur Nicolas de Larquier. Installé dans le hall, il est accessible librement, sans billet d’entrée, et peut également être consulté en ligne. L’atlas permet ainsi de replacer les objets exposés dans leur environnement d’origine et de montrer ce que l’archéologie préventive apporte à la connaissance de la ville.

    L’outil n’a d’ailleurs pas vocation à rester figé. « Ce travail est évolutif et sera enrichi au fur et à mesure des découvertes », insiste Nadia Goudard, conseillère municipale déléguée aux patrimoines culturels et à l’Unesco. Une nécessité dans une ville où, comme le résume Jean-Yves Breuil, « il y a encore toute la ville romaine en dessous ».

  • Face à l’ONU, Trump déroule son argumentaire nationaliste

    Face à l’ONU, Trump déroule son argumentaire nationaliste

    Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, Donald Trump a certes menacé l’Iran, mais ajouté : « Je crois que nous passerons un accord juste après les élections » législatives prévues aux États-Unis en novembre.

    Sur une autre guerre qu’il avait promis de régler rapidement, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, le président américain a – encore une fois – assuré qu’un accord serait trouvé « plus tôt qu’on ne le pense ». « Quand d’autres parlent de paix, je fais la paix. Quand d’autres ignorent les menaces, j’y fais face. (…) Quand d’autres ont promis la force, je l’ai utilisée pour faire de l’Amérique le plus puissant pays du monde », a assuré le républicain de 80 ans, en chute dans les sondages à cause d’un mécontentement général sur son bilan, notamment économique. Donald Trump, de manière inhabituelle, a suivi son prompteur. Pas de nouvelle édition des attaques virulentes déclenchées l’an dernier par une panne de ce dispositif, ou un problème d’escalator qui l’avait ulcéré.

    « Super intelligence »

    C’est sur un ton relativement mesuré que le chantre de l’« Amérique d’abord » a affirmé les ambitions géopolitiques américaines, en menaçant d’utiliser la « puissance militaire » pour défendre les intérêts de Washington en Amérique du Sud, en annonçant la construction prochaine de deux bases au Groenland, ou en prédisant que le gouvernement communiste de Cuba allait « tomber ». Donald Trump a aussi défendu sans hésitation le développement de l’intelligence artificielle, annonçant que les documents officiels américains allaient abandonner cette terminologie au profit de « super intelligence ». Il s’est aussi opposé à tout « projet mondialisé » de régulation de cette technologie, qui inquiète beaucoup ses concitoyens. Le président américain a repris ses critiques contre la gouvernance internationale, en appelant tous les États membres à se retirer de la Cour pénale internationale, et fustigeant entre autres l’Unesco.

    Donald Trump poursuivait son programme, mardi, avec une cérémonie de signature officielle de l’accord sur le Groenland, épilogue d’une saga diplomatique ayant viré par moments à la crise ouverte avec les Européens face aux revendications américaines sur ce vaste territoire arctique.

    Le président américain devait aussi avoir un tête-à-tête avec la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez, qui gouverne sous forte pression américaine depuis la capture de Nicolás Maduro par Washington en janvier. Le milliardaire devait aussi rencontrer dans la journée le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

    à la tribune de l’ONU, la journée s’était ouverte par le dernier discours, très sombre, du secrétaire général Antonio Guterres, dont le second mandat de cinq ans arrivera à échéance en décembre. Il a accusé les géants pétroliers d’avoir traité l’atmosphère comme « une décharge à ciel ouvert ».

    À la veille d’un Conseil de sécurité sur l’intelligence artificielle, il a aussi exhorté les États-Unis et la Chine à « coopérer », quelques jours après avoir plaidé pour une « coordination mondiale ». Le chef de l’ONU a aussi remis un coup de projecteur sur la situation des Palestiniens, évoquant « le spectre d’un nettoyage ethnique » en Cisjordanie occupée où les violences de colons extrémistes israéliens se sont intensifiées ces derniers mois. Citant la guerre en Ukraine et la situation au Moyen-Orient, le Portugais de 77 ans avait récemment fait le constat amer que « chaque jour, les choses empirent un peu ». « Il n’y a aucune amélioration nulle part », avait-il insisté, lâchant même qu’il n’avait « aucun pouvoir ».

    Emmanuel Macron, qui devait prendre la parole pour la dernière fois en tant que président, mardi soir, aura lui forcément à cœur de défendre l’engagement de la France en faveur du multilatéralisme. « Le temps n’est pas venu du bilan, ni en matière nationale, ni en matière internationale », a prévenu la présidence française.

  • [Week-end] À Bédoin, la réserve de biosphère du Mont-Ventoux

    [Week-end] À Bédoin, la réserve de biosphère du Mont-Ventoux

    Unesco, les sites classés en région

    Cette réserve naturelle de biosphère couvre 90 000 hectares et rassemble 38 000 habitants sur 34 communes autour du massif. On y retrouve une végétation typique du climat méditerranéen avec une grande richesse floristique dont une soixantaine d’espèces rares, bien que ce soit une terre de contraste de par son altitude. Il est possible d’y faire de nombreuses balades.

  • [C’est l’été] Festival potes de Marmot’s Mont-Dauphin

    [C’est l’été] Festival potes de Marmot’s Mont-Dauphin

    Le festival jeune public ouvre ses portes ce mardi 18 août jusqu’au jeudi 20 août.

    A.GC.

    Tarifs sur lequeyras.com

    Réservation en ligne conseillée.

  • [Week-end] Orange : le théâtre antique et l’arc de triomphe

    [Week-end] Orange : le théâtre antique et l’arc de triomphe

    Unesco, les sites classés en région

    Le premier, avec son mur de façade de 103 m de long et 37 m de haut, est l’un des mieux préservés de tous les grands théâtres romains. Fermé par décret impérial en 391, il fut abandonné puis, saccagé et pillé par les barbares. Il renaît au XIXe siècle grâce aux travaux de restauration entamés en 1825.
    Le deuxième, construit entre 10 et 25 ap. J.-C., il est l’un des plus beaux et des plus intéressants arcs de triomphe provinciaux d’époque augustéenne, grâce à ses bas-reliefs qui retracent l’établissement de la Pax Romana.

  • Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    Les forteresses du Languedoc inscrites à l’Unesco

    C’est la reconnaissance de plus d’une décennie de préparation et de travaux historiques menés par l’association Mission patrimoine Mondial composée notamment des Départements de l’Aude et de l’Ariège. « Le système de forteresses de la sénéchaussée de Carcassonne (XIIIe-XIVe siècles) » a été classé, dimanche 26 août au patrimoine mondial de l’Unesco. La proclamation a été faite de Busan (Corée du Sud) où le comité de l’Unesco était réuni en session. Derrière l’intitulé un peu âpre le « bien culturel » désormais classé est constitué des remparts et du château de Carcassonne et d’une sélection de sept châteaux établis dans sa périphérie. Cette série de fortifications, contemporaines les unes des autres, témoigne de la conquête du Languedoc par le roi de France et ses vassaux, dans la première moitié du XIIIe siècle, et de son objectif : le contrôle d’un vaste ensemble territorial par l’affirmation du pouvoir royal. Au sein d’un ensemble de châteaux qui répondaient aux mêmes objectifs politiques et militaires et avaient les mêmes caractéristiques architecturales, la série sélectionnée présente les sites les mieux conservés et les plus authentiques. Elle reflète une homogénéité thématique et une cohérence historique, à l’échelle d’un large territoire.

    Chaque élément constitutif est porteur d’une partie spécifique de la valeur universelle exceptionnelle du bien. Les caractéristiques majeures de cet ensemble militaire, politique et symbolique du XIIIe et du début du XIVe siècles sont les suivantes : une approche territoriale d’ensemble du système défensif qui fut mis en place par le roi de France, à l’issue de la Croisade contre les Albigeois (1209-1229), et dont Carcassonne était le centre militaire, politique et administratif aux XIIIe et XIVe siècles ; un témoignage unique, par son homogénéité architecturale de ce que pouvait être un réseau fortifié capétien aux XIIIe et XIVe siècles ; un exemple remarquable d’importation et d’adaptation des principes de la fortification capétienne à des sites escarpés ; une situation paysagère exceptionnelle.

    Un « levier »

    de développement

    La présidente du Département de l’Aude, Hélène Sandragné, a salué le classement des Forteresses royales du Languedoc à l’Unesco, le qualifiant de « levier » pour le développement touristique et économique. « Il va accroître notre attractivité et l’Aude en a besoin », a-t-elle déclaré.

    Souvent perchées en haut de pitons rocheux escarpés, les huit forteresses, celles de Montségur en Ariège et celles de Peyrepertuse, Quéribus, d’Aguilar, de Lastours, de Peyrepertuse, de Puilaurens, de Termes et de Carcassonne dans l’Aude, ont été édifiées à l’issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229), lorsqu’une partie du Languedoc tombe dans le domaine royal. Certains de ces sites avaient servi auparavant de refuge aux Cathares accusés d’hérésie.

    Avec ces forteresses, le roi de France voulait garder un œil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d’Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres à peine de Quéribus ou Peyrepertuse.

    Les forteresses étaient administrées par un sénéchal installé dans la Cité de Carcassonne, elle aussi reconstruite à la même époque et déjà inscrite au patrimoine mondial de l’humanité en 1997. Considérés comme un « élément central du système défensif », son château et ses remparts font aussi partie de ces huit monuments désormais sur la liste de l’Unesco. « Ces forteresses témoignent de l’adaptation exceptionnelle de l’architecture militaire aux contraintes topographiques et de l’émergence de nouvelles formes d’organisation du territoire par la monarchie française », a estimé l’Unesco.

    « Ironie de l’histoire, ces forteresses qui hier ont brisé la fougue rebelle du peuple languedocien lui donneront demain un nouvel élan », a encore déclaré Hélène Sandragné qui voit dans cette distinction un atout pour la « préservation et la restauration » de ces citadelles.

    Pour Fabrice Chambon, guide-conférencier au château de Montségur, où plus de 200 « hérétiques » ont été brûlés en 1244 avant la construction de la forteresse qu’on visite aujourd’hui, l’effacement du mot « cathare » a « ému pas mal de personnes ». Une pétition d’opposants à ce changement de dénomination a été signée par près de 9 400 personnes.

    Mais la polémique ne peut masquer l’immense atout que représente ce classement au patrimoine mondial de l’Unesco d’un ensemble unique. « L’Association mission patrimoine mondial est au cœur du dispositif de gestion. Composée de l’ensemble des collectivités propriétaires et autres gestionnaires territoriaux elle coordonne et anime le présent système de gouvernance, mobilisant instances et partenaires, et constitue l’interface de gestion principale du bien en série », précise le dossier soumis à l’Unesco. L’organisme de l’ONU a été convaincu.

  • [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    Les protagonistes de cette candidature ne partent pas de rien. « La Camargue a été reconnue par l’Unesco comme réserve de biosphère et inscrite sur la liste indicative en 2002 », rappelle Véronique Jullian, la vice-présidente de l’association La Carmague à l’Unesco. C’est ce même périmètre, du Delta du Rhône et toutes ses activités qui allient « nature et culture », que souhaite faire reconnaître la structure, « au plus haut niveau ». « Notre action s’inscrit dans un temps long, précise-t-elle. Car nous sommes dans une coévolution, une cohabitation avec l’humain, ses activités, sa diversité », insiste Véronique Jullian. Et qui nécessite que « tout le monde se mette autour de la table » : Régions, Départements, EPCI, mairies, habitants, professionnels… Sachant que « cette reconnaissance aura des effets positifs en termes de tourisme, mais aussi de financements européens et internationaux pour faire face à la salinité et au changement climatique », détaille-t-elle.

    L’association a également demandé une étude sur l’impact de la ligne à très haute tension sur la candidature à l’Unesco.

  • Le ministre des Affaires étrangères soutient la démarche du Camp des Milles à l’Unesco

    Le ministre des Affaires étrangères soutient la démarche du Camp des Milles à l’Unesco

    Le Camp des Milles connaît deux actualités majeures : une présidence renouvelée et des démarches lancées pour l’inscription du dernier site d’internement et de déportation français au patrimoine mondial de l’Unesco. En avril, Alain Chouraqui, alors à la tête de la Fondation du Camp des Milles, lançait les procédures, quelques semaines avant de passer la main à Claude Kupfer, ancien préfet, frère et fils de déporté, qui occupait jusqu’ici des fonctions de trésorier.

    C’est dans ce contexte que Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a fait étape au Camp des Milles, vendredi, avant de se rendre sur le site du Grand port maritime. À ses côtés, Isabelle Rome, ambassadrice de la France pour les droits de l’Homme et pour la mémoire internationale de la Shoah.

    Sa visite répondait à un double enjeu : la signature d’une convention pluriannuelle d’objectifs entre l’état et le site mémoriel, mais aussi réitérer le soutien du ministère et de l’État au travail mené par la fondation, notamment dans le cadre de sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco. Début juillet, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, s’était également rendue sur place pour apporter son soutien à cette démarche.

    « Équipes déterminées »

    « Notre soutien ne faiblira pas pour ce lieu de mémoire majeur de notre histoire et de transmission », a martelé, en début de visite, Jean-Noël Barrot. En rappelant que l’an passé, à Jérusalem, « nous avons été élus à l’unanimité (à la présidence) de l’Alliance internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (IHRA) pour 2027, qui tiendra, comme vous l’avez rappelé, sa réunion plénière ici ». Moment d’autant plus « important », pour le ministre, à l’heure ou les actes antisémites se multiplient en France comme à l’international. Pour le Camp des Milles, le congrès de l’IHRA, prévu en mars prochain, serait idéal pour annoncer « l’inscription du Camp des Milles sur la liste indicative. C’est une première étape nécessaire pour ensuite aller au-delà », glisse Claude Kupfer.

    Cette candidature représente un enjeu majeur. « C’est pour nous un dossier de toute première importance. On sait que c’est un dossier lourd, long, qui nécessitera le franchissement d’un certain nombre d’étapes, mais nos équipes sont totalement déterminées à les franchir. Ce serait une reconnaissance pour ce lieu. à l’égard de son patrimoine matériel, le lieu qu’il représente, mais aussi pour son patrimoine immatériel (…), rappelle Claude Kupfer. On a commencé à nouer un certain nombre de contacts avec l’organisme chargé de la mise en œuvre de la convention pour le Patrimoine de l’humanité. Un premier contact encourageant. On va le poursuivre avec un entretien à la rentrée au ministère de la Culture et nous allons en attendant poursuivre notre travail. » Le ministre a qualifié la démarche « d’ambitieuse » : « C’est un chemin long et exigeant et en ce qui concerne le ministère des Affaires étrangères, nous serons évidemment à vos côtés ».