Tag: travail

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • À Allauch, dompter le numérique pour mieux travailler

    À Allauch, dompter le numérique pour mieux travailler

    « L’objectif de ces ateliers, c’est la maîtrise », pose Léa Maïa Abrissa. Dans la salle de réunion, la jeune femme, dont l’activité consiste à « accompagner les projets collectifs », vient de détailler le programme des nouveaux rendez-vous lancés ce premier trimestre à La Bobine. Intitulée « être maître de son temps et de son attention », la conférence est fixée mardi 27 janvier prochain*.

    Président de l’association marseillaise Un Prétexte, spécialisée dans la culture des sciences et des savoirs, Hugo Gattuso animera ce rendez-vous : « Nous parlerons de la surexposition aux écrans numériques et de l’impact sur soi et sa relation aux autres. » Suivra le premier atelier, jeudi 12 février, même lieu, de 8h30 à 10h30, qui invite à « reprendre la main sur ses usages numériques ». Et enfin le second, jeudi 5 mars, même lieu, de 18h à 20h : « respecter son rythme, se libérer des charges obsolètes. » Habitués du lieu, auto-entrepreneurs, télétravailleurs, professions libérales, entrepreneurs… une vingtaine de personnes sont venues, vendredi, s’informer sur ces nouveaux rendez-vous. Et le thème choisi fait mouche.

    Solutions pratiques

    Conseillère municipale déléguée au développement économique et à l’animation de La Bobine, Emmanuelle Girard-Thivillier explicite le choix du thème  : «Dans ce monde tellement anxiogène, de pression professionnelle, nous voulions donner des outils pratiques aux gens pour gérer toutes les informations ».

    Directeur du Pôle culturel, Armand Teissedre souligne : « Il faut humaniser le travail. L’utilisation de l’outil numérique a ses limites. Le mail est parfois sujet à interprétation. Si on se positionne comme manager et c’est mon cas, il faut privilégier les rencontres régulières pour libérer les échanges. Elles peuvent aider à dénouer les conflits. »

    * De 18h à 20h30 à La Bobine, 164 av. de Gaulle. Tél : 04.91.10.49.70.

  • La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    Suite à l’annonce d’un licenciement économique de six salariés et non plus sept comme prévu initialement de l’hôtel Marseille Saint-Charles, une grève a débuté lundi. C’est dans ce contexte que la directrice des ressources humaines (DRH) du groupe Alboran, qui possède l’établissement, a rencontré quatre de leurs représentants, ce vendredi. La direction n’est pas revenue, lors de ce rendez-vous, sur ces six licenciements, qu’elle qualifie d’économique, d’après les syndicats. La grève est donc reconduite ce samedi, devant l’hôtel.

    Depuis lundi, les casseroles et les sifflets se font entendre dès que l’on s’approche de l’ex-hôtel Holiday Inn, face à la gare Saint-Charles, à Marseille. Accompagnés par leur syndicat, CNT-SO, les six salariés, qui ont appris leur licenciement le lendemain de Noël, réclament l’annulation de cette procédure. Karima Malagouen, coordinatrice de petit-déjeuner depuis 15 ans au sein de l’hôtel, a été la première à être au courant. C’est l’incompréhension pour la syndiquée à la CNT SO : « On nous jette sans prendre en compte notre ancienneté, sans nous proposer de solutions dans d’autres hôtels du groupe, ou des formations. » Pour le moment, seule elle et son collègue équipier Toufik Ghodbane, délégué syndical à la CNT SO, ont été officiellement informés de leur licenciement.

    Alors que la direction affirme qu’il s’agit de licenciement économique, les concernés refusent d’y croire et réclament l’accès aux dossiers comptables, qui justifierait ces licenciements. Malgré la réunion avec la DRH, aucun document comptable ne leur a été transmis. « Ils disent qu’il n’y a plus d’argent, mais ils font des travaux dans l’hôtel pour 5 millions d’euros », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical et équipier. Le 8 janvier doivent commencer ce chantier de plusieurs mois pour permettre à l’hôtel, propriété du groupe Alboran depuis janvier 2023, de devenir un quatre étoiles.

    Pour Karima Malagouen, c’est d’autant plus incompréhensible que l’hôtel est souvent complet. « Je participe aux réunions toutes les semaines. On est souvent complet, et les clients sont très satisfaits de notre travail ! » Danila Gomes, femme de chambre depuis 2019, ne comprend pas non plus cette décision : « Je ne vois pas comment ils vont faire pour nettoyer toutes les chambres sans nous, alors que l’on fait plein de choses : les chambres, mais parfois, on est équipier ou gouvernante. »

    Pour la coordinatrice de petit-déjeuner, c’est un moyen pour l’hôtel de baisser les salaires. « Ils me licencient car je coute cher, et ils réembaucheront quelqu’un a un salaire beaucoup plus bas », suppose-t-elle. La grève est donc reconduite ce samedi. « On n’arrêtera pas la grève, parce que c’est le seul outil qu’on a », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical.

    Contacté, le groupe n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    Caisse de grève : we-solidaire.com (solidarité grévistes hôtel Marseille centre gare Saint-Charles)

  • Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent

    Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent

    Ils détonnent dans une société dominée par l’individualisme, le narcissisme et le chacun pour soi. Ils ne sont pas des self made men fabriqués pour nous vendre le mirage de réussites à l’américaine. Ils ne sont pas des influenceurs décérébrés, prêts à tuer père et mère pour faire du clic. Pas plus que des vedettes de téléréalité qui étalent leur vacuité à longueur d’antenne.

    Ce sont des femmes et des hommes, des travailleuses et des travailleurs ordinaires. Ils pourraient être votre voisin, votre collègue, votre cousine. Mais ce qu’ils ont accompli en 2025 est extraordinaire. Qu’ils se soient battus pour leurs emplois, leurs salaires, leurs pensions, l’intérêt des usagers, la paix, la culture émancipatrice… Ils ont marqué l’actualité de notre région par leur détermination, leur sincérité, leur combativité, leur humanité. Et surtout leur goût de l’action collective.

    Force collective

    Car si La Marseillaise choisit de mettre en lumière celles et ceux qui ont incarné les combats du monde du travail dans l’année qui vient de s’écouler, rien n’aurait été possible sans le collectif qui les a entourés.

    À leur échelle, ces working class heroes de notre temps ont mis le renoncement en déroute et ouvert des brèches dans la chape du fatalisme qui pèse lourdement sur le monde du travail. Ils ont rappelé que la richesse ne provient que du travail et qu’à ce titre, les producteurs disposent d’une force incommensurable.

    Ils ont démontré qu’ils sont vivants, pleinement vivants.

    Comme l’écrivait si bien Victor Hugo, « ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ».

  • Ces visages de luttes sociales en 2025

    Ces visages de luttes sociales en 2025

    Pour les conditions de travail, les salaires ou la pérennité des emplois et des outils de production, sans oublier la réforme des retraites… les exemples existent de victoires possibles. Et les travailleurs sont aussi montés au front pour défendre des valeurs, contrer l’extrême droite, s’opposer à la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza ou, simplement, faire respecter le droit syndical.

    Ce sont ces luttes que nous mettons aujourd’hui en avant en zoomant sur celles et ceux qui ont incarné ces combats toujours collectifs.

    Jean-Michel Roccasalva, CGT Centrale de Gardanne

    L’aboutissement de sept années de lutte

    Une année intense, entre tensions et optimisme : « Depuis trois ans, chaque année qui démarre nous met dans de meilleures perspectives et c’est une bonne chose », pousse Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT Centrale de Gardanne. Et pour cause, 2025 débute par le relancement de l’activité. Puis, viennent les premières réembauches après sept années de lutte acharnée et grâce à un projet de biométhane porté par l’association des travailleurs de la centrale. « Le site serait totalement plié si la CGT et les travailleurs n’avaient pas mis un niveau de combativité et de détermination tel qu’on a pu le faire », pousse le syndicaliste. « Pas toujours dans la facilité, quelquefois dans la douleur : il y a eu des licenciements, des divorces, des attaques personnelles, mais aussi une usure. La charge mentale a été lourde pour tout le monde et même pour ceux qui n’étaient pas concernés par le PSE », tient-il à souligner.

    Pour lui, l’année 2026 sera « charnière à l’aboutissement du projet sur les 20 années à venir ». Sans oublier l’aspect politique avec des échéances électorales à venir, dont les élections municipales restent le fait majeur, si une dissolution n’est pas prononcée au cours de l’année. « L’enjeu politique est étroitement lié avec le dossier de la centrale. On reste quand même très vigilant, parce que malgré tout les expériences du passé nous ont prouvé qu’il y a eu des écrits qui n’ont pas été respectés. »

    Laureen Piddiu

    Renaud Henry, CGT Énergie Marseille

    La « belle lutte » des énergéticiens

    « Ca a été un peu intense, difficile d’y entrer, mais aussi d’en sortir. » C’est ainsi que Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie de Marseille, résume la grève de septembre. Revendiquant une augmentation des salaires et une baisse de la TVA sur les factures, les énergéticiens ont tenu plus de trois semaines sur le piquet de grève. Un combat soutenu par le PCF local, des cheminots, des portuaires et même des agriculteurs. « C’était une belle lutte, on était en 24/24, les week-ends, la nuit et tout ça en occupation illicite », relate Renaud Henry.

    Mais « le combat n’est pas terminé », assure-t-il et précise que « [ce mouvement] a permis d’ouvrir des négociations, toujours en cours, au niveau de la branche, en ce qui concerne à minima la prise en compte de nos revendications salariales ». Il est prêt à mener la bataille. « Chez les électriciens gaziers, les employeurs s’en mettent toujours plus dans les poches, les dividendes remontent en permanence tandis que le monde du travail n’a jamais le fruit de ce qu’il produit », dénonce-t-il.

    Durant l’année écoulée, il a été de toutes les manifestations, battant le pavé contre l’austérité budgétaire ou pour la fin des bombardements dans la bande de Gaza. Souvent, le micro à la main sur le toit du camion bleu emblématique de son secteur, ou plus discrètement en tant que citoyen engagé. « Le combat dans les années à venir sera celui contre la répression et contre la montée de l’extrême droite. Les deux étant liés », prévient-il.

    L.Pi.

    Zidane Merabet, CGT ArcelorMittal Fos-sur-Mer

    Pour un site classé amianté

    Plus de deux mois après l’incendie qui a mis à l’arrêt l’aciérie d’ArcelorMittal, l’activité a repris le 22 décembre dernier à Fos. Une bonne nouvelle qui ne doit pas éclipser le manque d’investissement dans l’appareil industriel qui date de 1974, selon la CGT. « On est toujours sur du système D, une marche dégradée sur une modification d’installation classée », dénonce Zidane Mérabet, élu au CSE. « Il n’y a pas de réparation, pas d’investissement digne de ce nom. » Le syndicat demande « la décarbonation pour la pérennité du site, des emplois et pour la sécurité des travailleurs ».

    La CGT milite aussi pour que le site soit classé amianté. Après avoir été reçu au ministère du Travail le 17 novembre, elle avait obtenu un délai pour apporter des pièces justificatives supplémentaires prouvant l’exposition de près de 600 travailleurs bénéficiant d’un suivi médical renforcé en lien avec le matériau cancérogène, dont « 363 de manière récurrente depuis des années », soit plus de 15% de la masse salariale.

    « Au total, en comptant tous les salariés entrés et sortis du site sur la période, l’allocation des travailleurs de l’amiante concernerait 6 000 personnes », affirme Zidane Merabet. Les documents envoyés ont été réceptionnés le 5 décembre. Pour maintenir la pression, l’organisation syndicale a adressé une lettre au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, lue dans l’hémicycle par la députée LFI Alma Dufour, mardi 9 décembre. « Je pense qu’on aura une réponse fin janvier », glisse l’élu syndical.

    Alice Magar

    Christophe Claret, CGT Port et Docks de Fos-sur-Mer

    Les portuaires contre la guerre

    Alors que les bombardements israéliens ravagent la bande de Gaza, à Fos, les dockers montrent que la mobilisation de chacun peut faire la différence face au génocide perpétré contre les Palestiniens. Le 4 juin, ils annoncent par voie de communiqué refuser de charger des maillons de l’entreprise marseillaise Eurolinks à destination du port d’Haïfa, dans le Nord d’Israël. « Quand on a été averti qu’il y avait des composants, des matériaux militaires et des pièces détachées d’armes, on a refusé de les embarquer », se souvient Christophe Claret, secrétaire général CGT des dockers et portuaires de Fos. Trois conteneurs sont bloqués. Cette action est saluée de toutes parts, au delà des frontières hexagonales. « On est opposé à toutes les guerres, on est pour la paix entre les peuples », martèle le représentant syndical.

    La guerre peut aussi être sociale. C’est ainsi que les portuaires ont continué à « combattre la réforme des retraites et obtenu une cinquième année de pénibilité », rappelle Christophe Claret qui, toute l’année durant, « est intervenu un peu de partout pour le développement du port de Marseille-Fos ».

    L.Pi.

    Anaïs Pascual, CGT Primark à Toulon

    Le respect syndical dans le commerce

    « On est maltraités. On est en sous-effectif. On nous demande de travailler pour dix personnes, de tenir la barre, d’en faire toujours plus… Tout ça pour être des travailleurs précaires à temps partiel », entonne ce jour-là au mégaphone la secrétaire générale de la CGT Primark La Valette, Anaïs Pascual, dans le magasin d’Avenue 83. Nous sommes le 7 mai 2025 et une opération coup de poing d’envergure est en cours dans le magasin. Avec 250 manifestants venus dire stop à la maltraitance et aux entraves à la liberté syndicale.

    Un combat sans faille mené tout au long de cette année comme des précédentes qui a payé, avec une belle progression du syndicat lors des dernières élections professionnelles, qui est passé de 17% à 25%.

    De quoi rendre encore plus déterminés en 2026 les salariés de Primark accompagnés par la CGT. Bien décidés, confirme Anaïs, à continuer à « s’opposer à la pression de la direction sur la force de travail afin réduire les coûts aux détriment des personnels ».

    Thierry Turpin

    Khalatoumi Ibouroi, CGT Pamar Marseille

    Debout face aux intimidations et menaces

    Après deux ans de lutte et de piquets de grèves, c’est une nouvelle victoire que les salariées de la blanchisserie Pamar ont obtenu le 12 décembre. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a de nouveau donné raison aux petites mains en obligeant l’entreprise Pamar, sous le giron du GIE Sainte-Marguerite, à réintégrer les employés. Un combat long et semé d’embûches qui a permis aux travailleurs « de connaître leur droits et leur valeur », affirme Khalatoumi Ibouroi, ancienne déléguée syndicale CGT, qui a souvent été la voix de cette lutte.

    Un combat qui débute lorsque certains salariés reçoivent des menaces de morts et des intimidations de la part de leur cheffe d’équipe, en décembre 2023, après avoir alerter l’inspection du travail sur des manquements en terme d’hygiène et de sécurité. Face à ces menaces, les salariés font valoir leur droit de retrait. Une mobilisation qui n’a pas plu à la direction, qui les licencie en mai 2024. Mais après le conseil des Prud’hommes, c’est donc la cour d’appel qui s’oppose à ces licenciements et impose la réintégration de tous les salariés.

    Mais pour Khalatoumi Ibouroi et ses collègues, le combat n’est pas fini : « La directrice des ressources humaines nous a dit qu’aucun plan d’action n’allait être mis en place, c’est-à-dire que la cheffe d’équipe qui nous a menacé devrait rester. Donc, ce n’est pas fini. »

    Eva Janus

    Claude Mas, Union syndicale des retraités CGT Bouches-du-Rhône

    Les retraités en première ligne

    Alors que le mouvement social a imposé le thème des retraites dans le débat public, les retraités eux-mêmes ont été pointés du doigt comme des privilégiés dans le discours médiatique dominant au moment d’imposer de nouvelles coupes budgétaires. « Il n’y a pas de retraités privilégiés, contrairement à la vieille rengaine du gouvernement et du patronat », tient à rappeler la secrétaire de l’Union syndicale des retraités CGT dans les Bouches-du-Rhône, Claude Mas. Si le Parlement a reculé sur l’abattement fiscal des retraités ou la franchise médicale, « c’est révélateur de ce que le gouvernement veut faire, prendre dans la poche de ceux qui en ont le plus besoin ». Dans ce climat, l’USR CGT 13 s’est largement mobilisée, souvent en intersyndicale, au mois de février pour la gratuité des transports en commun, en mars pour défendre la Sécurité sociale, en octobre pour les retraites complémentaires, en novembre contre les projets de loi de finances. « Les retraités sont constitutifs du rapport de force pour défendre nos revendications », appuie Claude Mas. Soulignant l’engagement pour la paix, qui l’a particulièrement marquée, de ceux qui ont connu la guerre. « La colère est intacte », insiste-t-elle, en annonçant une manifestation dès le premier trimestre.

    Yves Souben

    Catherine Lecoq, Syndicat français des artistes interprètes de la CGT Bouches-du-Rhône

    En grève contre l’extrême droite

    Il aura suffi de huit grévistes pour faire annuler la soirée du bien commun, événement caritatif associé à la figure conservatrice de Pierre-Edouard Stérin, qui devait avoir lieu au 6mic, à Aix-en-Provence. Lundi 6 octobre, jour de programmation de l’événement associé au milliardaire, ils étaient une trentaine sur le piquet de grève à soutenir les grévistes.

    Parmi ces syndicalistes, Catherine Lecoq. La conseillère nationale du Syndicat français des artistes interprètes de la CGT porte haut, dans ses combats, la lutte contre la bataille culturelle menée par l’extrême droite. « Lorsque l’on a appris que la nuit du bien commun, dont les liens avec l’extrême droite avaient été révélés dans L’Humanité, venait à Aix-en-Provence, dans une salle gérée en partie par la Ville, on a voulu l’empêcher en intersyndicale », explique la comédienne.

    Après avoir essayé d’interpeller la municipalité et la Métropole, c’est par la grève que les syndicalistes ont décidé d’agir. En faisant marcher son réseau, Catherine Lecoq a pu convaincre les techniciens de faire valoir leur droit de grève pour empêcher la tenue de l’événement. « Cette victoire prouve que quand on s’organise et qu’on fait valoir notre droit de grève, cela fonctionne », affirme la comédienne.

    E.J.

  • Fin de grève à Arkema et une « victoire collective » pour la CGT

    Fin de grève à Arkema et une « victoire collective » pour la CGT

    Pas d’effusion de joie mais une « victoire sur la forme » pour les salariés marseillais d’Arkema. Ce mardi a marqué la fin du mouvement social entamé le 11 décembre dernier sur le site marseillais de l’entreprise de chimie. Les travailleurs ont voté la fin de la grève en assemblée générale après treize jours de grève à l’appel de la CGT, sur fond de bras de fer pour des augmentations de salaires.

    « Nous ne sommes pas complètement satisfaits des résultats des négociations. La proposition de la direction générale est entendable mais on est surtout satisfaits de l’avoir obligé à renégocier », expose Sébastien Jonas. Preuve de la difficile équation à laquelle ont fait face les grévistes : « La reprise n’a été votée que d’une courte majorité, ça s’est joué à 6 voix près. Les salariés sont partagés ». Pour rappel, la CGT avait appelé à la grève suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes » où la direction ne proposait que 1,2% de hausse de salaire et un « talon », c’est-à-dire l’augmentation plancher de salaire, à 35 euros, la plus basse depuis 2002 selon les calculs syndicaux. Suite au bras de fer, ce talon passe à 50 euros, ce qui bénéficie « largement aux salaires médians » de l’entreprise [lire notre article du 23/12, Ndlr.]. Cerise sur la gâteau avant les fêtes de fin d’année : la CGT arrache aussi une « prime de résultats de 400 euros » alors qu’elle n’était pas prévue à l’origine.

    « Des convictions »

    « On est fiers du travail collectif et de la mobilisation qui a été menée. Pour tenir 13 jours d’arrêt de fabrication, il faut avoir des convictions », positive Sébastien Jonas. Si son organisation revendiquait 160 euros de hausse de salaire pour tous, elle faisait face au départ à une direction générale « qui ne voulait pas réouvrir les NAO ». D’où la satisfaction « de l’avoir forcé à bouger ». Autre « victoire » syndicale : des bougés au niveau des emplois. « Il n’y a pas d’engagement écrit mais on avance sur la question des départs à la retraite non remplacés. La direction en évoque 150, mais on a maintenant bon espoir de réduire largement ce chiffre », développe le syndicaliste.

    En contact direct avec les autres sites en grève de l’entreprise grâce à un système de visioconférence, les salariés marseillais ont fait remonter leur décision à la coordination CGT. Avant que cette dernière appelle officiellement à « suspendre le mouvement de grève ». Puisque la majorité des assemblées générales qui se tenaient au même moment dans les usines homologues se sont aussi prononcées en faveur de la reprise du travail. « Les résultats des assemblées ont été serrés sur tous les sites, tous sauf un ont voté contre la reconduction », expose Sébastien Jonas. « On a gagné la bataille psychologique, on les a fait revenir à la table des négociations », se félicite Emmanuel Grandjean, coordinateur CGT, lors de la visioconférence.

    Au pic du mouvement, les travailleurs de plus d’une dizaine d’usines suivaient la grève, avec des appels aux débrayages de quelques heures pour certaines ou un arrêt total de la production pour d’autres. Une première depuis belle lurette pour l’un des leaders mondiaux des matériaux de spécialités : la dernière grève d’ampleur à Marseille remontant à 2021. D’où la conclusion de la coordination CGT qui évoque « une victoire collective », insistant sur « l’unité des sites » dans cette bataille.

  • La CGT exige plus de moyens pour le pôle solidarité

    La CGT exige plus de moyens pour le pôle solidarité

    Seulement une dizaine de personnes ont manifesté pour dénoncer « un manque de moyens », « des effectifs insuffisants » ou encore « une charge de travail intenable » devant le pôle solidarité du conseil départemental de Vaucluse, ce jeudi 18 décembre, à Avignon. Mais, chez ces quelques manifestants, le malaise est palpable.

    « Ces conditions endurcissent nos missions. On en perd le sens et c’est un danger à la fois pour les usagers et les agents », témoigne Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Les quelques manifestants questionnent les investissements de la collectivité, en citant par exemple les centres de santé financés par le Département.

    Flou sur le RSA

    « C’est évidemment une bonne chose de lutter contre les déserts médicaux. Mais ce n’est pas censé être une priorité pour le Département. C’est l’État qui devrait le prendre en charge. On a l’impression que l’argent est investi là où il se voit », poursuit-elle.

    La mise en place de l’expérimentation du RSA sous conditions est aussi pointée du doigt. « On a de plus en plus de refus. Des gens reviennent cinq fois et ne l’ont toujours pas, et on ne nous donne aucune explication », confie, dépitée, Cécile Testenière, référente CGT au Service départemental d’action sociale (Sdas) de Vaucluse. « L’essence première de notre métier, c’est l’écoute. Et les gens finissent par craquer et je les comprends. Car, parfois, ils n’ont aucuns revenu pendant plusieurs mois », assure-t-elle.

    Du côté du Département, pas de réaction au mouvement de la CGT. Mais en séance, ce vendredi 12 décembre, le budget de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) a été augmenté de 3 128 661 euros, s’élevant à 77 532 447 euros en 2026.

  • La CGT exige plus de moyens pour le pôle solidarité

    La CGT exige plus de moyens pour le pôle solidarité

    Seulement une dizaine de personnes ont manifesté pour dénoncer « un manque de moyens », « des effectifs insuffisants » ou encore « une charge de travail intenable » devant le pôle solidarité du conseil départemental de Vaucluse, ce jeudi 18 décembre, à Avignon. Mais, chez ces quelques manifestants, le malaise est palpable.

    « Ces conditions endurcissent nos missions. On en perd le sens et c’est un danger à la fois pour les usagers et les agents », témoigne Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Les quelques manifestants questionnent les investissements de la collectivité, en citant par exemple les centres de santé financés par le Département.

    Flou sur le RSA

    « C’est évidemment une bonne chose de lutter contre les déserts médicaux. Mais ce n’est pas censé être une priorité pour le Département. C’est l’État qui devrait le prendre en charge. On a l’impression que l’argent est investi là où il se voit », poursuit-elle.

    La mise en place de l’expérimentation du RSA sous conditions est aussi pointée du doigt. « On a de plus en plus de refus. Des gens reviennent cinq fois et ne l’ont toujours pas, et on ne nous donne aucune explication », confie, dépitée, Cécile Testenière, référente CGT au Service départemental d’action sociale (Sdas) de Vaucluse. « L’essence première de notre métier, c’est l’écoute. Et les gens finissent par craquer et je les comprends. Car, parfois, ils n’ont aucuns revenu pendant plusieurs mois », assure-t-elle.

    Du côté du Département, pas de réaction au mouvement de la CGT. Mais en séance, ce vendredi 12 décembre, le budget de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) a été augmenté de 3 128 661 euros, s’élevant à 77 532 447 euros en 2026.

  • Un service public réinventé luttant contre l’isolement

    Un service public réinventé luttant contre l’isolement

    À notre dernier atelier, quelqu’un se demandait comment rêver Martigues. » Nathalie Lefebvre a trouvé le mot pour lancer les échanges à l’occasion de l’atelier participatif de construction du programme de Gaby Charroux pour le futur mandat. La question de comment adapter la réponse à l’évolution de la société se pose.

    Parmi ces évolutions, la réponse à l’isolement, à la solitude, et aux aspirations de la jeunesse. Francis Fournier, du comité de vigilance postale, veut « animer nos cités pour qu’elles ne tombent pas dans l’irréparable ». « On s’est battu pour que Notre-Dame des Marins ait accès au même service public postal que tout le monde. Mais il faut aller plus loin, quand les centres sociaux sont fermés au mois d’août alors que c’est le moment où les jeunes en ont le plus besoin », affirme l’ancien postier. Une participante complète : « Il faut réfléchir au mode de concertation des jeunes. Par exemple avec un conseil municipal des jeunes, représenté par tous les quartiers, pour savoir quels sont leurs besoins et ce qu’ils pensent de leur ville » d’une manière complémentaire à l’action du service Jeunesse de la Ville et de son dispositif Parole de jeunes. « Ça permet d’impliquer les jeunes dès leur plus jeune âge. Chaque école devrait participer à ces élections », renchérit Laetitia Sabatier, élue PCF à la petite enfance.

    Un défi sociétal

    Au problème de solitude et d’isolement, Alain Granelli répond « convivialité et lien social ». « Des gens ne peuvent pas se déplacer, il faut réfléchir à comment le service public peut aller vers eux et pas par internet », relance l’enseignant retraité. « C’est un défi ! », souligne Laetitia Sabatier. Anne Jouve a une ébauche d’idée : « L’idée de tiers lieux se développe, un espace duquel les usagers peuvent faire ce qu’ils veulent, sortis du travail. » Et qui n’est pas un bar, comme le relève Gauthier Grégoire : « Il en faut aussi pour les familles et les femmes, car dans les bars, il n’y a que des hommes. »

    Une participante abonde : « En oncologie on développe les soins supports pour les malades, ça se fait notamment dans les centres sociaux. » Nathalie Lefebvre admet qu’« on passe un virage dans notre conception du service public, qui est déjà la singularité de Martigues. Il faut aller chercher les gens pour leur en faire profiter et éviter le repli sur soi ». Un enjeu sociétal.

  • La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    Le 23 janvier, alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau établissait une circulaire sur les orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Une manœuvre ayant pour but de réduire de 30% (de 30 à 20 000) les titres de séjour accordés, et de « discipliner le corps préfectoral », dénonce la CGT. Cela, en conditionnant drastiquement les conditions d’obtention de titres de séjour (7 ans de présence sur le territoire contre 5 auparavant [hors régularisations par le travail, qui restent à 3 ans], maîtrise de la langue…).

    Une orientation qui ne modifie pas la loi, ni les dispositions prévues par le Ceseda : chacun peut demander une CST (Carte séjour temporaire en salarié, ou travailleur temporaire) ou VPF (Vie privée vie familiale), pour des considérations humanitaires, pour les personnes confiées à l’Aide sociale à l’enfance ou à un tiers de confiance entre 16 et 18 ans suivant depuis six mois une formation professionnelle. L’article L-435 traite quant à lui des métiers en tension. C’est sur celui-ci qu’incite à se baser la circulaire Retailleau, alors que la liste « n’est pas finalisée et ne contiendra que très peu de métiers exercés par les travailleurs migrants car occupés et donc pas en tension », pointe la CGT.

    Les OQTF « assimilés

    à des terroristes »

    Une circulaire que dénonce l’UD CGT 83, mobilisée jeudi devant la préfecture dans le cadre de la Journée internationale sur la protection des droits des migrants. « Ces gens fuient la guerre, travaillent, et sont mis en situation de grande précarité. On veut des titres de séjour pour les travailleurs sans-papiers, un accès rapide pour les renouveler et la continuité des droits sociaux », exige Richard Roméo-Giberti, secrétaire général UD CGT 83.

    « La circulaire ralentissant la délivrance, des travailleurs sont licenciés faute de titres de séjour renouvelés à temps. L’objectif est de faire pression sur la préfecture. Les demandes de renouvellement sont réalisées quatre mois en avance, cela laisse largement le temps de les traiter », soutient Patrice Moulun, secrétaire générale de l’UL CGT Toulon. « Des corps entiers dépendent des travailleurs immigrés, comme la propreté, où 85% des salariés ne sont pas nés en France, la restauration, le bâtiment… C’est hypocrite car on les accepte pour travailler, tout en leur mettant une pression inhumaine. Certains sont même victimes de traite d’êtres humains, sans contrat ni salaire » dénonce Sébastien Bois, secrétaire du syndicat de la propreté du Var.

    Derrière tout cela est pointée la réalité de la majorité des OQTF, « souvent assimilés à des terroristes alors qu’ils ne sont pas des criminels, mais subissent la lenteur administrative. D’où leurs difficultés à aller aux prud’hommes, et les hésitations à faire valoir leurs droits, qui ne disparaissent pourtant pas avec l’OQTF », dénoncent de concert les trois syndicalistes. Ces deniers ont demandé une audience « sur les problèmes concrets, au cas par cas » au préfet, avec qui ils travaillent « depuis quelques semaines pour prendre en compte la réalité locale », et espèrent pouvoir mobiliser, par la grève, « afin de faire bouger les choses, comme ça a été le cas en Île-de-France ».