Tag: Transports

  • [Entretien] Pierre-Antoine Villanova : « Ne pas créer de corridor vert entre la Corse et le continent serait stupide »

    [Entretien] Pierre-Antoine Villanova : « Ne pas créer de corridor vert entre la Corse et le continent serait stupide »

    La Marseillaise : Vous avez écrit une tribune il y a un an pour la création d’un corridor vert entre la Corse et le continent. Où en est ce projet ?

    Pierre-Antoine Villanova : Lors des Assises de l’économie de la mer, j’ai en effet appelé à la création du premier corridor vert français dans le bassin méditerranéen. Électrification des quais, développement d’une flotte sobre, différentes pistes existent. L’OMI recense une quarantaine de projets de corridors verts dans le monde, sur les routes transatlantiques et transpacifiques, en Europe, en mer du Nord et dans la Baltique, en mer d’Irlande entre les ports de Dublin et d’Holyhead et dans le Transmanche sur l’axe Douvres-Calais-Dunkerque. C’est un fossé qui se creuse avec la Méditerranée. Or, la nature n’attend pas. Les différents acteurs doivent se coordonner, ne pas créer de Corridor en Méditerranée ce serait stupide. C’est relancer cet appel que nous avons organisé à Marseille vendredi 12 décembre une journée de travail à bord du Casanova.

    Le port de Marseille-Fos pourrait être la place forte de cette liaison vertueuse, malgré la concurrence de compagnies low-cost ?

    P.-A.V. : Pour naviguer mieux, il faut accepter de naviguer moins. Cet hiver, la mauvaise coordination des armateurs entre Sète et l’Algérie, ça a donné 10% de marché en plus pour 50% d’émission carbone en plus. Alors oui, il faut du bon sens et s’y mettre tous ensemble. Et on peut d’autant plus y arriver que le Port de Marseille-Fos est producteur d’énergies nouvelles.

    L’e-méthanol est un élément clé de ce corridor ?

    P.-A.V. : Pour réduire de 40 % les émissions de CO2 d’ici 2030, l’intégration de carburants durables est un maillon essentiel d’une stratégie globale. Le projet NeoCarb permettra de stocker et de distribuer l’e-méthanol et d’alimenter les navires opérant à Marseille Fos, sur le Corridor Corse-Continent mais aussi sur l’axe Méditerranée-Rhône-Saône.

  • À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    L’avenir de la RTM se décide ce lundi en conseil métropolitain. Du moins pour les huit prochaines années, à travers le nouveau contrat d’obligations de service public dévoilé dans nos colonnes, qui vise à exposer la régie « aux aléas du marché » par un système de bonus-malus. Avec l’exigence de réaliser 25 millions d’euros de recettes supplémentaires dès 2026 (notre édition du 10/12). D’ores et déjà, la CGT de la RTM a interpellé les élus métropolitains, pour leur demander de s’opposer à ce contrat qui « derrière un discours de modernisation, impose en réalité des restrictions budgétaires qui fragilisent le service public ».

    Alors que la municipalité marseillaise monte elle aussi au créneau, la Métropole est finalement sortie du bois à travers un long communiqué qui s’en prend à « la campagne de désinformation menée par certains agitateurs mal intentionnés » en promettant ne pas vouloir privatiser la régie. « La RTM est recentrée sur son cœur de métier : l’exploitation, la qualité de service et la satisfaction des voyageurs », défend-elle en mettant en avant les 1,2 milliard d’investissements qui seront désormais portés par l’intercommunalité sur la période 2026-2033, notamment dans le cadre du plan Marseille en grand. Et de cantonner la concertation des usagers à l’évolution de l’offre « mais non sur les relations contractuelles, qui ne peuvent être rendues publiques ».

    Régie de fret ferroviaire

    Mais de nouvelles missions pourraient être confiées à la régie. Une délibération présentée à l’hémicycle ce lundi met aussi à l’ordre du jour les premiers pas vers la création d’un service de proximité de fret ferroviaire. Une première étude technique et commerciale avait été réalisée en décembre 2019, puis une seconde lancée fin 2023. Désormais, trois corridors sont identifiés, entre Fos et Gardanne, Miramas et Marseille ainsi que Fos et Marseille. « Il y a lieu d’engager la phase de création du service pour une opérationnalité à court terme », indique la délibération, qui en confie l’exploitation à la RTM. Alors que les études pour les deux dernières liaisons doivent être finalisées d’ici la fin de l’année, l’hémicycle devra valider après les municipales leur lancement officiel.

    Enfin, après le conseil régional et la commission permanente du conseil départemental, c’est au tour de la Métropole d’approuver le projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Avec une déclinaison concrète, l’approbation des financements pour les études préalables de la liaison Fos-Salon, et ses premiers travaux d’aménagement pour 22,5 millions d’euros, dont 16% pour la Métropole.

  • Plaidoyer pour le maintien de la gratuité des transports à Aubagne

    Plaidoyer pour le maintien de la gratuité des transports à Aubagne

    « Depuis plus de quinze ans, la gratuité des transports en commun sur le territoire de l’ex Agglo d’Aubagne constitue un acquis social, écologique et économique. Elle a permis à des centaines de milliers d’habitants de se déplacer librement, de réduire leurs dépenses du quotidien, de favoriser l’accès à l’emploi, aux services et à la culture, tout en contribuant à la baisse de la pollution et de la congestion urbaine », affirme, dans un communiqué, le collectif. Convaincu que « la gratuité doit être maintenue, protégée et sanctuarisée », il annonce, à l’approche des élections municipales, poser ces questions aux candidats et candidates : « Vous engagez-vous clairement à défendre la gratuité des transports à Aubagne ? Seriez-vous prêts à porter cette revendication au sein de la Métropole, là où se joue réellement l’avenir de ce service public ? »

    Le collectif reprend : « Nous attendons des prises de position publiques, fermes et sans ambiguïté. La gratuité n’est pas un gadget, c’est un choix politique structurant un investissement pour l’avenir, un outil de justice sociale et de transition écologique. Elle est plébiscitée (…). Les Aubagnais ne veulent pas revenir en arrière. Nous non plus ! »

  • À la Région, le budget repoussé en attendant l’austérité

    À la Région, le budget repoussé en attendant l’austérité

    C’est sous la menace de nouvelles coupes budgétaires que la majorité régionale, ce jeudi, a fêté ses dix années à la tête de l’institution. Contrairement à l’année précédente en effet, le conseil régional a renoncé à adopter son budget ce mois de décembre, pris dans l’incertitude des débats du projet de loi de finances au Parlement. « Le budget national a des conséquences pour nous, insiste le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Le gouvernement demande 5 milliards d’euros de contributions aux collectivités locales, le Sénat les ramène à 2 milliards ! »

    De quoi repousser le débat d’orientation budgétaires au mois de février prochain. En attendant, quelque 846 millions d’euros d’autorisations d’engagements sont inscrits à travers une décision budgétaire modificative, « pour permettre d’engager les dépenses indispensables de la Région jusqu’au vote du budget primitif prévu au mois d’avril prochain », expliquait l’argentier de la collectivité, Jean-Pierre Colin (Les Centristes). Un montant « qui correspond à un tiers de l’année », avec des investissements fléchés en priorité vers les lycées, les transports régionaux et 12,9 millions d’euros pour la société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo).

    Dans l’opposition régionale d’extrême droite, la Varoise Coline Houssays (RN) déplore le fait d’engager ces montants « avant notre débat d’orientation budgétaire et avant même que l’état ne confirme ses dotations ». Allant jusqu’à accompagner l’austérité en réclamant « un gel prudent pour toute autorisation de paiement allant au-delà du nécessaire ».

    Jusqu’à 100 millions

    de moins

    « Nous sommes obligés de faire en sorte que la machine continue de tourner, il n’y a pas d’autre solution que celle-là », s’irrite le vice-président aux finances en réponse. « Ici, on sait que l’on va avoir entre 80 et 100 millions d’euros en moins dans le budget futur, et nous sommes obligés d’en tenir compte ! » renchérit le président de Région. Il rappelle les 120 millions de coupes imposées pour 2025 à la collectivité. « Nous avons été obligés de diminuer de près de 10% la totalité de notre fonctionnement, on ne peut pas le faire deux ans de plus », s’alarme Renaud Muselier. Qui promet : « Nous parlerons du budget quand on sera en capacité d’en parler ! »

    « L’ensemble des corps intermédiaires qui siègent au Ceser sont alarmés devant les débats de la représentation nationale auxquels on assiste, on ne peut plus rester passifs devant l’incurie collective », s’inquiétait déjà en ouverture de la séance le président du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser), Marc Pouzet. Mais, dans l’avis de l’instance consultative, le représentant de la CFDT, Didier Serna, va plus loin et « regrette que la Région n’ait pas mobilisée l’ensemble de ses recettes par choix ou par clientélisme pour palier à un futur budget dégradé ».

    Un versement mobilité insuffisant

    C’est que la collectivité a accepté de réduire de moitié le taux de son nouveau versement mobilité, alors même qu’il a rapporté 13 millions d’euros de moins que prévu. « L’Urssaf a indiqué à la Région que la collecte de ce nouveau prélèvement connaissait une montée en charge très progressive, explique Jean-Pierre Colin. S’agissant d’un impôt déclaratif, il faut informer les employeurs. » Mais les 20 millions déjà levés sont de trop pour l’extrême droite, qui s’aligne sur le patronat. « Pour simplifier la vie de tout le monde, il serait temps de supprimer cette taxe », tente Coline Houssays.

    « On l’a levé, on en a discuté, on en diminue la moitié dès le 1er janvier, répond le président de Région. Sinon nous ne pouvons pas engager nos dépenses ! » Les besoins en effet ne manquent pas sur le territoire, en témoigne l’approbation du projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Mais cela risque de ne pas suffire : « Le report modal de la route vers le rail ne progresse pas », s’alarme aussi le Ceser dans un avis rendu ce mercredi, déplorant « l’absence de vision stratégique à long terme, au-delà de 2030 ». « La CGT, FSU et Solidaire demandent que le versement mobilité additionnel reprenne son plus haut niveau et dans les plus brefs délais », expriment les trois organisations dans leur explication de vote. Sans que cela ne soit audible dans l’hémicycle.

  • 107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    L’ambition est posée d’emblée : « Faire du golfe de Fos-étang de Berre le premier pôle industrialo-portuaire décarboné de la zone Euro-Méditerranée-Afrique, tout en préservant et valorisant ses atouts environnementaux. » Cinq mois après la fin d’une concertation XXL sur l’avenir de la zone, le conseil régional doit adopter, ce jeudi, le contrat de projet partenarial d’aménagement, afin d’accompagner l’installation de 30 projets industriels majeurs sur le territoire avec 10 000 emplois créés et de 15 à 20 milliards d’euros d’investissement sur dix ans. Un contrat qui doit être aussi validé en conseil départemental le lendemain, puis métropolitain lundi.

    Au total, 679,5 millions d’euros doivent être investis d’ici 2030 pour créer les infrastructures nécessaires, entre lancement d’études et réalisation des premiers travaux. Des financements fléchés en majorité sur les transports, en particulier sur la réalisation, attendue depuis cinquante ans, du contournement de Martigues et Port-de-Bouc avec 228 millions d’euros prévus, mais aussi pour la modernisation de la ligne de la Côte bleue en étudiant un possible rapprochement de la gare de Fos avec sa zone industrielle, à hauteur de 93 millions d’euros, pour la réalisation de pôles d’échanges multimodaux à Miramas, au Rove, Vitrolles et Rognac avec en plus une piste cyclable de Port-Saint-Louis à Distriport, pour 54 millions d’euros… Et puis il y a les études de la liaison Fos-Salon, la requalification de la D268 qui dessert les terminaux.

    S’ajoutent d’autres gros dossiers : la modernisation depuis longtemps réclamée de l’hôpital de Martigues pour 60 millions d’euros, le développement des réseaux d’eau industrielle pour 42,5 millions, auquel s’ajoutent des études pour prélever l’eau du canal d’Arles à Fos, se connecter au réseau du canal de Provence voire se pencher à plus long terme sur la dérivation de l’eau de l’usine hydroélectrique de Saint-Chamas vers le Rhône. La zone de la Fossette, à Fos-sur-Mer, doit de son côté être aménagée avec un investissement de 40 millions d’euros pour accueillir des services sur mesure pour la zone industrielle, avec espaces tertiaires, aires de services pour poids lourds, ainsi que future cité de l’industrie et du port.

    5 600 logements à créer

    Le document se penche aussi longuement sur la question du logement. Des zones prioritaires sont identifiées, sur le secteur nord canal à Port-Saint-Louis, autour du contournement de Martigues – Port-de-Bouc, sur la friche Rassuen à Istres. Au total, ce sont 5 600 logements qu’il faut livrer en cinq ans. Pour faciliter la maîtrise foncière, une opération d’intérêt national doit être mise en place, une société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) créée.

    Mais, sur l’enveloppe prévue, 107 millions d’euros restent à trouver. « Quand on a le projet, on trouve les fonds, je ne suis pas très inquiet », tient à rassurer le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Qui rappelle que sur les fonds européens, « on est éligibles à tout ».

    Un cap, surtout, reste à passer, celui de la ligne très haute tension qui doit assurer le doublement de la demande en électricité, et sur laquelle une décision du préfet est attendue pour samedi. « Le conseil que je lui donne, c’est de le faire après les municipales pour ne pas déclencher de conflits qui n’existent pas », glisse Renaud Muselier, qui veut rassurer les industriels. Rappelant que l’ancien préfet, favorable au projet, est maintenant directeur de cabinet à l’Élysée.

    Pour Muselier, le RN a peu de chances aux municipales

    Interrogé par la presse, ce mercredi, sur la menace de l’extrême droite aux municipales, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier se montre optimiste. « Je ne crois pas à la victoire du RN dans la région », assure-t-il. Avec même l’espoir de refaire basculer Rognac, un an après la victoire surprise du RN. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet pour Toulon, où « il y a de la division sur la ligne », tandis qu’à Arles, il a œuvré pour l’union de Cyril Juglaret avec Patrick de Carolis face au risque de défaite. Prudent sur la situation à Marseille avec l’évolution du mode de scrutin, il n’en rappelle pas moins que « le national ce n’est pas le local », taclant le candidat RN. Et d’écarter les craintes sur une alliance avec l’extrême droite : « Il faut bien qu’on récupère les électeurs RN et, en même temps, il ne faut pas qu’on perde les électeurs du centre. » Quant à Sabrina Agresti-Roubache, qui s’était émue des propos de Martine Vassal, « elle a sa place, mais ça ne peut fonctionner que si on est une équipe. »

  • [Exclusif] Un nouveau contrat met la RTM sous pression

    [Exclusif] Un nouveau contrat met la RTM sous pression

    L’aboutissement d’un an de négociations tendues et gardées jusqu’ici secrètes. Lundi sera présenté, en conseil métropolitain, le nouveau contrat d’obligations de service public de la RTM, prévu pour encadrer l’activité de la régie des transports pour une durée de huit ans sur un périmètre inchangé. Ce document de 255 pages (sans les annexes), consulté par La Marseillaise, promet « une priorité réaffirmée de renforcer la qualité de service, conforter et contrôler le coût du service, dans un cadre financier rénové et maîtrisé ». Prévu pour entrer en application le 1er janvier prochain, il vient ainsi couvrir le déploiement du volet mobilité du plan Marseille en grand, l’électrification de la flotte de bus avec la transformation de leurs dépôts, la mise en service du métro automatique Neomma. Mais, pour la régie, ces nouvelles obligations viennent surtout lui placer sous la gorge le couteau de sanctions financières conséquentes.

    Dès l’adoption des premières orientations en décembre 2024, l’intercommunalité assumait en effet de viser un contrat « dans lequel la régie sera exposée aux aléas du marché et assumera un risque commercial et d’exploitation ». Alors que la RTM doit désormais reverser ses recettes à la Métropole, cette dernière lui impose d’en réaliser à hauteur de 125 millions d’euros dès la première année, contre 102 millions en 2024. Un montant qui devra s’élever à 144 millions d’euros en 2033, révisable en fonction du renforcement de l’offre de transports. Faute de quoi elle devra compenser une partie du manque à gagner, alors même que la régie doit assumer l’extension de la gratuité. Pourvu que l’extension prévue du tramway T3, le 10 janvier prochain, amène assez de nouveaux passagers. Dans le cas où les recettes dépasseraient les objectifs, elles seraient partagées, la plus grosse partie allant à la Métropole.

    Ce système de bonus-malus est aussi imposé dans la lutte contre la fraude, priorité affichée de l’intercommunalité. Celle-ci a balayé d’un revers de la main l’offre présentée au mois de juillet par la RTM, qui comptait doubler le nombre de contrôleurs pour réduire, à terme, le taux de fraude dure de sept points. Trop coûteux, et pas assez ambitieux pour la Métropole. Ainsi, pour les seuls bus marseillais, celui-ci doit passer de 31,3% en 2024 à 22,3% dès 2032. Il est aussi exigé de mettre les moyens nécessaires pour contrôler 2% des voyageurs, sous peine de pénalités supplémentaires. De quoi s’ajouter à une liste de neuf pages de sanctions diverses, alors que la régie, sur le précédent contrat, n’en avait reçu aucune.

    Mais, tandis que la Métropole insiste sur l’amélioration de la qualité du service et du report modal, étrillant une offre initiale « inacceptable » de la RTM puisqu’« aucune proposition n’est réalisée dans l’objectif d’améliorer la productivité », les moyens alloués restent bien en deçà des attentes de sa régie. La RTM réclamait une rémunération de 4,83 milliards d’euros sur la période. Ce sera finalement 600 millions d’euros de moins. Certes, celle-ci n’aura qu’à effectuer le gros entretien et renouvellement du matériel, à hauteur de 130 millions d’euros sur la période.

    Vers la privatisation ?

    Car, désormais, la Métropole portera directement les investissements dans les transports. En effet, celle-ci fait le choix d’une concession d’affermage. En clair : elle reprend la main sur les 3,6 milliards d’euros de patrimoine de la RTM – selon l’estimation du cabinet Galtier au mois de mars – qu’elle met à disposition de l’établissement « qui se voit confier la gestion et l’exploitation du service à ses risques pour l’exploitation du service public ». Un choix qui « modernise en profondeur le cadre de relation », justifie la Métropole auprès de La Marseillaise, mais qui interroge : elle reprend en effet la main sur l’investissement alors même qu’elle est bien plus endettée que sa régie. De quoi faciliter une éventuelle privatisation au terme des huit ans de ce contrat ? « Nous sommes les derniers des Mohicans », s’alarme vivement un syndicaliste face aux vagues de mise en concurrence.

  • Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Une alternative pour sauver le dépôt SNCF de Béziers

    Après trente-deux ans de lutte, les salariés ne sont pas près d’abandonner le dépôt SNCF de Béziers. Face à la position jusqu’au-boutiste de la direction, qui semble décidée à tout pour fermer le centre, les syndicats avancent leurs pions. « On nous a confirmé en septembre dernier que les départs à la retraite ne seraient pas remplacés et que le site fermerait d’ici trois ans », soupire Nicolas Midague, secrétaire de la CGT des cheminots de Béziers. Un crève-cœur pour la quarantaine de salariés restants.

    Pourtant, le projet de création d’un Centre de maintenance du matériel (CMR) pourrait assurer l’avenir de ce site historique. « On a besoin de ce centre. Les deux existants sur la région [à Nîmes et à Toulouse, Ndlr] sont saturés. Tout le monde l’attend », soutient Jérôme Vallet, des cheminots de Béziers. D’autant qu’avec la volonté affichée par la Région Occitanie de développer le train, les besoins sont flagrants. « La convention signée entre la Région et la SNCF a pour objectif d’augmenter l’offre de 25%. Ce qui veut dire qu’on va avoir besoin d’augmenter la composition des trains, de rouvrir des petites lignes, donc il faut du matériel et du personnel », fait valoir Bruno Brechon, secrétaire fédéral de la CGT des cheminots de Montpellier. À cela s’ajoute l’arrivée de la Ligne à grande vitesse (LGV) entre Montpellier et Béziers dans un premier temps, impliquant le développement des TER à partir d’autres villes pour rejoindre cette LGV.

    Narbonne reste à quai ?

    Sauf que la direction ne l’entend pas de cette oreille. « Ils réfléchissent à implanter ce nouveau CMR à Narbonne, pour être au carrefour du Languedoc-Roussillon. Deux fonciers seraient visés : un premier au nord de la gare, mais il est proche d’un quartier résidentiel et impacterait la vue d’un hôtel quatre étoiles. Sur l’autre terrain, ce serait faisable mais il manque un axe routier, ce qui est techniquement difficile à réaliser et coûterait au minimum 15 millions d’euros », reprend Bruno Brechon. Si bien que l’édile narbonnais semble hésiter quant à donner son feu vert à ce projet.

    Or à en croire les syndicats, tout est prêt dans la cité de Riquet pour recevoir ce CMR. En effet, sur site, trois activités sont toujours développées. « Nous avons un centre d’excellence de contacteurs et cheminées, c’est notre spécificité, nous réparons tous les contacteurs de France. Ensuite, il y a un technicentre pour restaurer les locomotives thermiques. Et enfin, un centre de détagage », énumère Guillaume Berthezène, secrétaire technique de la filière matériel de la CGT cheminots de Béziers. Une preuve que subsiste encore de l’activité industrielle, n’en déplaise à la direction. Et outre le savoir-faire, le foncier -contrairement à Narbonne- est disponible. « Notre gare de triage comporte déjà 27 voies, ce qui est beaucoup. On pourrait s’en servir pour relancer le fret, tout est possible. Et l’axe routier est garanti », note Jérôme Vallet. Une aubaine pour l’emploi également, les syndicats tablant sur « la création de 40 à 80 emplois, ce qui n’est pas déconnant pour une ville sinistrée comme Béziers ».

    Face à la « position dogmatique » de la direction, la CGT espère débloquer une étude de faisabilité sur le site de Béziers, rejetée jusqu’alors. Pourtant, cette alternative pourrait mettre un coup d’arrêt à la casse sociale opérée ces dernières années.

  • Première pierre posée pour le BHNS de la Métropole de Toulon

    Première pierre posée pour le BHNS de la Métropole de Toulon

    Financé pour plus de 500 millions d’euros par les entreprises de la Métropole TPM, via une taxe transports, depuis 2002, le projet de tramway dans l’aire toulonnaise est désormais enterré. Jugé trop cher et plus d’actualité par la majorité au conseil métropolitain, qui justifie cette position par l’augmentation des coûts entre le projet initial et ce qu’il serait nécessaire d’investir aujourd’hui, il a été remplacé par un bus à haut de niveau de service (BHNS), déclaré d’utilité publique par le préfet en octobre.

    Un projet à 395 millions d’euros, financé pour 40 millions d’euros par l’État, 10 millions par la Région Sud, et donc 345 par la Métropole. Soit, au bas mot, plus de 150 millions d’euros de moins que la somme récoltée depuis 2002 par la Métropole, dont « il conviendra de savoir comment elle a été utilisée », botte en touche son président Jean-Pierre Giran (LR). La première pierre a été posée mercredi 3 décembre, à Ollioules, pour un tronçon de 7 km (ligne 1a) qui reliera le Technopôle de la Mer à Bir-Hakeim, à Toulon. Il desservira les secteurs Geffrier, Escaillon, Herriot, XVe corps, Villevieille et les Grands Boulevards.

    Livraison prévue en 2037

    Ces premiers travaux consistent en la réalisation d’un mur de soutènement à hauteur de Geffrier, livré en juin 2026. L’ensemble du tronçon, lui, sera opérationnel d’ici 2029. Deux autres sont prévus dans le projet global, qui compte 28 km d’infrastructures : le plus long entre l’Espace Marine, à La Seyne-sur-Mer, et la gare de la Pauline-Hyères (ligne 1), et un autre entre le campus universitaire de la Garde et la gare La Garde-Centre (ligne 1b). 44 véhicules électriques y circuleront. Ils desserviront 65 stations dans cinq communes (Toulon, La Garde, Ollioules, La Seyne et La Valette), pour un trajet à 70% en site propre. Loin des 100% prévus par le tramway, ce qui implique une vitesse et une efficience moindres, comme le pointe l’opposition. Enfin, quatre parkings relais en silo (Porte d’Ollioules et de Toulon, Sainte-Musse, gare la Pauline-Hyères et Espace Marine à La Seyne) verront le jour d’ici 2037, date prévue pour la finalisation du projet.

  • À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    À Avignon, le préfet en train de « clôturer » la LEO

    Alors que les candidats aux municipales rivalisent d’imagination actuellement pour poursuivre le projet de liaison Est-Ouest (LEO), le préfet douche les derniers minces espoirs de voir réaliser la phase 2 du contournement routier sud d’Avignon.

    Ainsi, « un porté à connaissance de clôture du dossier » a été enclenché, indique Thierry Suquet, ce jeudi 4 décembre, lors d’un point presse.

    Il y a un mois déjà, le ministre des Transports avait confirmé que les crédits initialement prévus étaient alloués à d’autres projets dans la région, faute d’accord politique sur le tracé initialement prévu, récusé par la maire d’Avignon Cécile Helle (PS) et le président du Grand Avignon, Joël Guin (SE).

    Le préfet glisse tout de même que les travaux de compensation prévus (arasement dans la Durance) seront réalisés. Tandis que certains réclament le prolongement de la DUP (déclaration d’utilité publique) qui arrive à terme en 2027, le préfet balaye l’éventualité : « On n’est pas dans ce schéma-là ». Idem, toute modification du projet ou inversion de tranche [phase 3 vers le Gard d’abord] nécessite de « tout recommencer sur le plan juridique ».

    Quant au barreau de Rognonas (1 km entre la fin actuelle de la LEO et le pont de Rognonas), rien ne sera engagé. « Le préfet de Région a été clair : je ne le réalise pas si c’est pour, derrière, ne pas enclencher la 2ᵉ phase », redit Thierry Suquet.

  • Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Occitanie : la gauche présente, le RN embusqué à St-Gilles

    Où est passé le Rassemblement national à Saint-Gilles ? Comme souvent lorsqu’il siège dans l’opposition, le RN est complètement absent des débats. Sa tête de liste en 2020, Christophe Lefèvre, qui a depuis cédé aux sirènes de Reconquête !, est absent de la commune et les deux autres élus de sa liste au conseil municipal font acte de présence lors des séances mais ne prennent jamais la parole. Aujourd’hui, rien ne garantit que le RN soit en capacité de former une liste. Un fait étonnant dans une ville qui a pourtant donné la majorité à Jordan Bardella aux Européennes (51%) et à Nicolas Meizonnet aux législatives (56%).

    Le maire sortant, Eddy Valadier (LR) semble donc avoir le terrain dégagé pour décrocher un troisième mandat dans la ville de 14 400 habitants. Il n’a pour l’heure pas encore annoncé sa candidature. Il devra tout de même affronter un ancien allié, à savoir Christophe Sévilla, ex-membre de l’UDI qui a reconnu avoir entamé des discussions avec le RN sans qu’elles aient abouti.

    La gauche veut progresser

    Inconnu en 2020, le socialiste Paul Gabriel avait à peine dépassé les 10%. Suffisant tout de même pour siéger au conseil municipal et se faire connaître de la population. S’il ne rejette pas tout le bilan d’Eddy Valadier, notamment dans « l’embellissement de la ville », l’élu d’opposition a déjà annoncé sa candidature pour apporter une vision différente sur la démocratie participative : « Nous voulons associer les habitants aux décisions qui peuvent être prises. Il faudrait créer des comités de quartier qui pourraient avoir un petit budget pour mettre en place une action qui leur tient à cœur. Nous voulons aussi créer une maison de la vie associative pour aider les associations dans les dépôts de subventions. Il y a aussi un problème de desserte, au niveau des transports en commun, avec une partie de la ville qui n’est pas desservie. »

    Paul Gabriel mènera ainsi une liste d’union de la gauche avec les communistes. « Nous voulons mener une démarche progressiste et écologiste. Le but c’est de faire mieux qu’en 2020 », confirme Alain Nunez, secrétaire de la section Camargue Vidourle du PCF qui sera présent sur cette liste.