Tag: transports en commun

  • Nouveau préavis de grève chez Beemob à Béziers

    Nouveau préavis de grève chez Beemob à Béziers

    À Béziers, le changement de gestionnaire du réseau de transports en commun, Beemob, semble avoir fait son lot de mécontents. Aussi bien les conducteurs que les usagers. En cause ? La restructuration du réseau – des horaires et des tracés ont été modifiés – lancée par le nouvel opérateur, RATP Dev, mais qui semble ne pas prendre en compte les réalités du terrain. « La vitesse commerciale des bus a augmenté, ce qui fait qu’il y a moins de temps de coupure pour les conducteurs en bout de ligne. Donc, ils ne peuvent pas tenir les horaires. Les usagers sont donc remontés et prennent à partie les conducteurs », explique Gilles Escarguel, représentant Unsa transport urbain. À cela s’ajoute un fort recours à des intérimaires. Le syndicat a donc déposé un préavis de grève du 22 janvier au 22 mars.

    Également dénoncée par l’Unsa, l’absence de revalorisation salariale en 2025. Face à la gronde qui montait, la direction a formulé plusieurs propositions, à savoir une revalorisation salariale de 1,5% et la signature d’un accord de substitution. Mais le compte n’y est pas pour l’Unsa, qui a décidé de poursuivre le mouvement. « L’accord proposé ne reprenait pas les règles du maintien de la mutuelle des salariés et nous demandions 2 % de revalorisation, ce qui n’a pas été accepté », poursuit Gilles Escarguel.

    Une grève soutenue ?

    Sauf que l’Unsa n’est plus le syndicat majoritaire de l’entreprise, la CGT ayant remporté les élections professionnelles avec 53% des voix en novembre 2023. Et les cégétistes ont eux signé l’accord avec la direction. « Nous sommes dans un dialogue social constructif, l’employeur a accepté d’augmenter nos salaires – Vectalia [l’ancien opérateur, Ndlr] est parti comme un voleur et avait refusé les NAO en 2025. Sur l’accord de substitution, la direction aurait pu essayer de nous enlever le 13e mois mais elle a décidé de rien nous faire perdre », soutient Mounir Youfsi, délégué CGT, reconnaissant néanmoins des « conducteurs en souffrance sur ces lignes », mais préférant attendre les nouvelles propositions de la direction, fin février. Ce n’est pas du goût de l’Unsa, qui prévoit d’amplifier le mouvement si rien ne se passe (le mouvement se concentre à une heure de grève le lundi, une autre le vendredi).

    Deux visions opposées, se traduisant également dans le soutien à la grève. Si l’Unsa avance le chiffre de 76% de grévistes, la CGT parle de… 10%. Après la lutte sociale, la bataille des chiffres ?

  • L’union de la gauche fait du logement une priorité à Allauch

    L’union de la gauche fait du logement une priorité à Allauch

    « C’est toute une philosophie nouvelle que nous portons, assure le communiste Frédéric Dutoit. La liste “Allauch à gauche” offre une autre perspective. »

    « On doit sortir de la logique “eux contre nous” », donne comme image, peu avant, Dorothée Sudan (LFI), 34 ans. « Allauch mérite mieux que la gestion actuelle. Cette ville de 20 000 habitants n’est plus le petit village provençal. Il faut une gestion beaucoup moins conservatrice, qui accueille les nouveaux arrivants », plaide le socialiste Vincent Coulomb. Après l’ère Roland Povinelli, maire socialiste a qui a enchaîné les mandats (jusqu’à huit, avant de décéder entre les deux tours des municipales de 2020), la commune est tombée dans l’escarcelle du maire (LR) Lionel de Cala.

    Gratuité des transports

    Alors que la présentation chorale du programme se poursuit, Dorothée Sudan annonce : « Le logement est une priorité. C’est un sujet important de notre programme. Nous voulons stopper la pénalité de 1,3 million d’euros par an que paie la commune pour défaut de logements sociaux. » Le jusqu’au-boutisme du maire Lionel de Cala, qui refuse la construction de ces logements, « pousse les jeunes à quitter la commune », dénonce Vincent Coulomb. La liste « Allauch à gauche » veut renverser la vapeur « et relancer la construction de logements collectifs dont la moitié serait financée par des fonds publics ».

    Au chapitre « Protéger », la liste entend par exemple créer « une maison de santé ». « Il y a un hôpital à Allauch, mais il n’y a plus de services d’urgence. Cette maison pourrait déjà faire un premier diagnostic, avant d’orienter les patients vers la Timone à Marseille. » Le quatuor de la liste souhaite aussi « étudier un retour en régie publique de l’eau pour garantir un prix juste ».

    À l’école, les fournitures scolaires comme la cantine deviendraient gratuites. Alors qu’Allauch étouffe à certaines heures sous les gaz d’échappement et une circulation intense, « Allauch à gauche » veut « repenser les déplacements », pour mieux respirer, appuie Denise Triscari (Les écologistes). « Nous voulons également mettre en place la gratuité des transports en commun pour encourager leur usage. » Dans la besace de la liste figure aussi la création d’un parc public. « Cela faisait trop longtemps que les valeurs de gauche n’avaient pas été portées à Allauch », souligne Vincent Coulomb. Tout en alertant : « Il ne faut pas que la commune tombe aux griffes du RN. »

  • M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    M. Delafosse, créer 30 000 emplois à Montpellier

    Une conférence de presse en début de semaine et un premier meeting jeudi 22 au Rockstore, situé avenue de Verdun à Montpellier. S’il a « pris le temps de la réflexion en famille » pour dire qu’il brigue un second mandat, Michaël Delafosse s’est lancé au sprint dans une campagne éclair qu’il espère « digne » – « Je n’entrerai pas dans les polémiques » – contrairement à celle de 2020 où il avait dû aller voter sous protection policière. « Je participerai aux débats. », met au clair le maire socialiste sortant. Confiant mais concentré. « Si on écoute les sondages, c’est plié, ce n’est pas sérieux. J’ai gagné une campagne où je n’étais pas favori. Je vais rencontrer les gens. »

    Au-delà des réunions publiques, il dévoilera chaque lundi une thématique de son programme. Si son premier mandat a été celui du « rattrapage », notamment autour de la 5e ligne d’un tramway devenu gratuit comme promis, le second mandat doit être celui de la « transformation » de la 7e ville de France. Sachant que la ville en chantiers a généré des nuisances et demandé des sacrifices aux Montpelliérains, il se veut rassurant. « J’ai assumé de faire deux mandats en un, j’ai absorbé la dette grise des réseaux qui fuyaient. Il n’y aura pas une telle phase de travaux avant 25 ans », promet-il jouant la carte de « l’apaisement ».

    Priorité aux déplacements…

    Pour autant, maintenant qu’elle est réveillée, Montpellier doit être « transformée ». « Je veux une ville plus solidaire, écologiste et innovante. J’ai un cap pour Montpellier », assure M. Delafosse s’inscrivant ainsi dans les pas de son mentor, le bâtisseur Georges Frêche. Tandis que la croissance démographique reste exponentielle, il prévient : « Montpellier ne peut pas accueillir tous les habitants. Il faut mieux répartir cette croissance. » Grâce au travail partenarial engagé auprès des intercommunalités voisines, le maire président souhaite « faire sortir le tramway des frontières de la métropole ». Au Sud notamment. Ce qui laisse supposer non « pas une 6e ligne de tramway » (trop coûteuse) mais une extension vers l’aéroport ou bien un terminus de la ligne 3 à la mer. Le tout complété par les 4 lignes de bustram à finaliser. Après le vélo, il souhaite réaménager les trottoirs pour les piétons, les places, rénover les écoles, désimperméabiliser. Comme l’avenue de Toulouse, qui va s’ouvrir sur le parc Montcalm, une « percée  » sera réalisée autour du Polygone pour « relier le centre historique à la ville contemporaine » (Zac R. Bofill à Antigone).

    … et à l’emploi

    Côté économie, M. Delafosse compte créer 30 000 emplois. Là encore, si la Medvallée ou le quartier Cambacérès près de la gare TGV seront un « moteur », l’activité devra être répartie. « Je ne me résigne pas face au chômage des jeunes. » Pour les seniors, il prévoie un « plan anti-solitude ». Le logement sera un autre fil rouge. En parallèle de la rénovation urbaine menée avec l’État (Mosson, Cévennes, Saint-Martin…), et dans la lignée des premiers dispositifs destinés à lutter contre les marchands de sommeil (encadrement des loyers, permis de louer…), le maire veut « aider à devenir propriétaire ». Il mise sur le « Bail réel solidaire (BRS) », qui permet d’acheter les murs à moindre coût et de payer une redevance pour la location du terrain.

    Pour limiter les embouteillages, il compte, outre la 5e ligne et les aménagements, sur le Contournement routier ouest (COM). Il assume son choix de transformer l’usine de méthanisation Ametyst en chaudière CSR pour brûler les déchets dans le quartier Tournezy. « Si certains veulent une décharge ou un incinérateur, qu’ils disent où. » Sur le plan de la sécurité, il reste ferme également suite à son arrêté sur les épiceries de nuit dont certaines sont, dit-il, « le visage du narcotrafic ». Il prend un peu plus ses distances avec Nathalie Oziol (LFI) qui veut « désarmer la police et éteindre les caméras » ou avec Mohed Altrad. « C’est emblématique de ces milliardaires comme Musk ou Bolloré qui viennent s’ingérer dans la démocratie sans en respecter les règles ni les valeurs ». Soutenu par 8 partis politiques de gauche et des membres de la société civile (lire ci-après), M. Delafosse promet de rester droit dans ses bottes. Sans alliance de la carpe et du lapin. « Ma liste du premier tour sera celle du second tour ». Elle sera dévoilée prochainement.

  • Le parti pris de la Région pour accroître les transports publics

    Le parti pris de la Région pour accroître les transports publics

    Avec 46 600 personnes qui s’installent chaque année, l’Occitanie a la troisième croissance démographique -hors Mayotte- de l’Hexagone. C’est ainsi que la région dépasse les 6,2 millions d’habitants en 2025. De bons chiffres expliqués par un solde migratoire positif de 0,9 point malgré un solde naturel négatif de 0,1 point. En effet, depuis 2017, l’Occitanie enregistre plus de décès que de naissances. C’est donc le fort nombre d’arrivées qui permet l’augmentation continue de la population occitane.

    18 rames supplémentaires

    Face à cette croissance, qui devrait perdurer jusque dans les années 2040, la Région anticipe et développe notamment sa politique de transports.

    « Nous n’avons pas attendu ces chiffres pour nous pencher sur cette question. Cela fait partie des choses que l’on suit et on fait des points chaque année avec les associations d’usagers ou les comités départementaux des mobilités afin de suivre cette croissance. Notre volonté d’adapter régulièrement l’offre est liée avant tout à un travail de partenariat, de suivi et de démocratie citoyenne continue », soutient Jean-Luc Gibelin, vice-président PCF de la Région Occitanie.

    Ainsi, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga prévoit de commander des rames supplémentaires. « Nous avons lancé l’acquisition de matériel roulant ferroviaire. 18 rames supplémentaires ont été commandées. Elles sont à deux étages – donc des rames plus capacitaires – et vont être déployées en particulier sur le littoral, car nous avons déjà des rames du côté de Toulouse. Elles vont arriver à partir de la deuxième moitié 2026 et sur toute l’année 2027, à raison d’une à deux rames par mois », poursuit le vice-président de la Région. Des délais expliqués par la lente construction des rames.

    L’autre offre à développer concerne les cars. Bien que la Région Occitanie ne soit pas propriétaire des cars – « elle est juste propriétaire de la régie des transports de Haute-Garonne, de celle des Pyrénées-Orientales, et de la SPL “D’un point à l’autre” dans le Tarn », précise Jean-Luc Gibelin – celle-ci garde néanmoins un œil sur les contrats passés avec les sociétés privées. « Dans les marchés passés, il y a des perspectives de développement de l’offre qui sont prévues. Dans ce cadre-là, les propriétaires prévoient l’acquisition de cars supplémentaires », note Jean-Luc Gibelin. Ce qui permettra d’agrandir la flotte actuelle de 5 000 cars occitans.

    Objectif décarbonation

    La Région priorise donc le développement tous azimuts des transports en commun. Une manière également de remplir les objectifs de transition environnementale. « La décarbonation passe par le développement des transports en commun. Mais nous sommes à rebours de Bercy, qui préférerait passer à 100% de véhicules électriques pour décarboner. Mais c’est faux. Il est complètement démagogique et ce serait une hérésie écologique de penser qu’en 2050, nous n’aurons plus que des véhicules électriques et que notre parc automobile sera décarboné. C’est la porte ouverte aux embouteillages », fait valoir le vice-président communiste.

    Anticiper cette croissance démographique dans les transports passe également par le développement d’infrastructures. En ce sens, la Région construit des pôles d’échange multimodaux (PEM) afin de permettre aux Occitans et futurs Occitans de se déplacer plus facilement.
    L.D.

  • Cinq nouveaux bus pour renforcer la ligne Aixpress

    Cinq nouveaux bus pour renforcer la ligne Aixpress

    Afin de poursuivre la dynamique engagée par la ligne de bus Aixpress, la Métropole Aix-Marseille met à disposition cinq nouveaux bus articulés de 18 mètres de long, soit six mètres de plus que les treize bus actuellement en service. Cette acquisition devrait permettre de désengorger l’axe routier principal de la ville, reliant l’arrêt Saint-Mitre et le parking relais Krypton plus au Sud.

    Une trentaine d’agents métropolitains étaient conviés pour le premier trajet de ce bus XXL. Catherine Pila, présidente de la Régie des transports métropolitains (RTM), a pris la parole pour se féliciter de cette nouvelle mise en service : « C’est une nouveauté, une innovation. » Cette inauguration s’est déroulée en présence de Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole Aix-Marseille-Provence et de Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence.

    Faciliter les déplacements des habitants

    Les bus existants seront progressivement remplacés au profit de ces très grands bus (TGB), équipés d’une climatisation adéquate, d’un éclairage 100% LED ainsi que de deux caméras de vidéosurveillance. Un des cinq nouveaux bus est en phase d’homologation, le quintette devrait être déployé dans les prochaines semaines.

    Avec une capacité de 135 places contre 85 pour les bus actuellement en service, ces nouveaux véhicules « permettront de mieux absorber la fréquentation et d’offrir ainsi plus de confort aux voyageurs », explique la Métropole dans un communiqué. La ligne A est quotidiennement empruntée par les étudiants de la faculté d’Aix. Pour Angelina, étudiante en licence cinéma à la faculté : « Le bus étant régulièrement plein, il m’est arrivé de renoncer à le prendre. Si la capacité des bus augmente, cela améliorera mon quotidien », espère-t-elle.

    Inauguré en 2019, l’Aixpress est une ligne de BHNS (Bus à haut niveau de service) 100% électrique qui s’étend sur 7,2 km et qui dessert 19 stations, dont le secteur universitaire, en passant par le centre-ville, avec une fréquence de passage de 7 minutes. La ligne connaît un succès notable, avec plus de 20 000 passagers quotidiens, et revêt aujourd’hui un rôle central dans les déplacements des habitants.

    « L’acquisition des bus de 18 mètres a été financée par la Métropole à hauteur de 4 millions d’euros. Les travaux d’aménagements nécessaires à leur circulation ont bénéficié du soutien financier de l’État grâce à la dotation de soutien à l’investissement global pour un montant de 412 000 euros », détaille la Métropole.

  • Une réunion publique sur les mobilités et la démocratie à Draguignan

    Une réunion publique sur les mobilités et la démocratie à Draguignan

    Après avoir réalisé deux enquêtes publiques sur l’école (en septembre) puis sur la gestion des déchets (en novembre), Uni.e.s pour Draguignan a cette fois interrogé, en décembre, les Dracénois sur les questions de mobilités et de démocratie participative. Une enquête réalisée « sur le marché et en porte à porte. Grâce à ça, les gens nous connaissent et viennent nous voir, et cela resserre les liens avec et entre les colistiers », se réjouit Sylvie Borgogno, l’une des colistières (LFI). Les restitutions seront réalisées vendredi, 18h, à la MSJ, après les vœux adressés par la tête de liste (LE) Christophe Terras.

    Référendums pour les grands projets

    Sur un territoire aux accès parfois difficiles, au sein d’un département où la question du logement est prégnante, notamment pour les jeunes, la mobilité, particulièrement la mobilité douce, demeure un enjeu d’importance. Sera notamment abordée la question du vélo et des infrastructures vouées à viabiliser sa pratique (pistes cyclables, parkings, moyens de location et d’acquisition…), mais aussi celle de la marche, via des rénovations urbaines et la création de parcours. Dans la même optique, le sujet des trottinettes électriques, pratiques mais décriées pour le manque d’encadrement de leur usage, sera mis sur la table, à travers, justement, un prisme sécuritaire et la proposition d’opérations de sensibilisation.

    Toujours au rang des moyens de transport individuels, Uni.e.s pour Draguignan proposera des alternatives pour limiter l’usage de la voiture (parkings relais, covoiturage…). A ce titre, les transports en commun ont forcément un rôle important à jouer. La liste désire augmenter leur portée et leur vertu écologique, et propose la gratuité pour certains publics (écoliers, retraités, précaires…).

    Les Dracénois sont ainsi invités à venir débattre de ces sujets, dans un esprit démocratique, autre thématique de l’enquête publique. « Nous soumettrons les investissements importants, typiquement le projet de PTE, à un référendum. Nous créerons une procédure de référendum d’initiative citoyenne qui permettra à tous les habitants et habitantes de participer directement à la démocratie locale. Le maire sera accessible et consacrera une demi journée par semaine pour répondre aux questions des habitantes et habitants », dévoile, entre autres, Sylvie Bourgogne.

  • [Entretien] Martine Vassal : « À Marseille, nous relions maintenant tous les quartiers »

    [Entretien] Martine Vassal : « À Marseille, nous relions maintenant tous les quartiers »

    La Marseillaise : Vous multipliez en ce début d’année les inaugurations, du Zénibus à l’extension du tramway T3… C’est une « révolution des transports » ou seulement un premier pas ?

    Martine Vassal : C’est une avancée énorme par rapport à ce qui s’est passé précédemment. Nous sommes vraiment sur une révolution des transports qui commence aujourd’hui. Nous avons fait Miramas il y a quelques mois, lundi nous avons fait le bus à haut niveau de service entre Plan-de-Campagne et Marignane… À Marseille, on relie tous les quartiers : avec le T3, le B4 et le B5, on relie le Nord à l’Est et au Sud, nous avons aujourd’hui un maillage, en complément de ce qui existe aujourd’hui.

    Les services de l’État étaient inquiets pour l’extension
    du tramway sur les enjeux d’accessibilité, d’aménagements cyclables. Vous avez pu
    les rassurer
     ?

    M.V. : Tout à fait. Et même dans le métro on a rendu accessibles un certain nombre de stations alors que c’est plus compliqué, il faut faire installer des ascenseur. mais maintenant il y a le Prado, Castellane…

    Il y a quand même un retard significatif.

    M.V. : Il y avait un retard significatif sur tout ! Les dates historiques, c’est : 1977, l’inauguration du métro avec Gaston Defferre ; 2007, le tramway avec Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier. Et aujourd’hui, 2026, c’est Martine Vassal ! Pendant cette période, les présidents d’intercommunalité ont préparé ce qu’on inaugure aujourd’hui. Ils avaient une vision que j’ai développée pour arriver à ce résultat. Mais derrière, il y avait une partie financière, je n’ai eu de cesse d’aller chercher des financements à l’Europe, à la Région, à l’État, au Département. Et j’ai augmenté l’investissement de manière très forte : quand je suis arrivée en responsabilité, il était à 80 millions d’euros par an, il est passé à 300 millions, ça a mis un coup de boost.

    Au Sud pour le tramway, il y a un goût d’inachevé : il n’y a pas encore de parking relais
    à la Gaye, il ne va pas jusqu’à
    la Rouvière…

    M.V. : Le parking relais de la Gaye, c’est un engagement que j’ai pris. On a lancé les études, il va se faire. En attendant, nous avons souhaité faire un parking relais intermédiaire d’une cinquantaine de places. Mais aujourd’hui, j’attends toujours les autorisations de la Ville de Marseille. S’il y en a un qui me met des bâtons dans les roues, c’est la Ville de Marseille, comme d’habitude. Ce qui les embête, c’est que nous on a une vision, on avance, mais eux ils essaient de nous faire reculer. Pour la Rouvière, il était prévu à l’origine un arrêt dans le rond-point, cela ne se fait pas. Nous sommes en train de voir avec la mairie de secteur si on peut faire une station après le rond-point. La difficulté c’est qu’on n’a pas eu un assentiment de la population à ce niveau-là ni au niveau du passage sur la montée de la colline Saint-Joseph. Il faut le remettre à plat.

    Au Nord, il y a de l’impatience pour la phase 2 de la prolongation du tramway, et en même temps on voit les marchés déjà lancés pour le tramway des Catalans…

    M.V. : On a voté à l’unanimité le plan de déplacement métropolitain en 2021. L’idée d’origine c’est de partir du centre-ville pour aller en étoile. Si à chaque fois qu’il vient un nouvel exécutif on change tout, on ne fait rien. À partir de la rue de Lyon, la mairie de secteur a voulu changer le tracé, mais quand vous changez un tracé de manière aussi importante pour passer par le littoral, vous repartez de zéro. Ils peuvent nous dire merci, on a été ultrarapides. Pour les Catalans, le projet est prêt : est-ce qu’on devrait l’arrêter pour en faire un autre ? Mais l’autre je ne peux pas aller plus vite ! C’est un transport qui est dans la ZFE, qui va permettre de faire des pistes cyclables, de réguler la circulation. J’attends toujours le merci ! Et il y a une autre branche importante, la partie Belle de Mai, et on va aller jusqu’au Merlan. Mais ils nous ont bloqué pendant cinq ans, on n’a pas encore pu lancer les appels d’offres ! Les blocages, c’est la Ville de Marseille.

    En attendant, les bus sont saturés pour aller à la Belle de Mai, pourquoi il n’y a pas plus de moyens ?

    M.V. : Parce qu’il me faut des caméras de vidéosurveillance, il me faut de la police. Vous avez pris le boulevard National ? Vous avez vu le gymkhana qu’il faut faire ? C’est quand même inacceptable, il faut de la police sur place pour faire la circulation.

    Il y a le tramway, et puis il y a le métro… Le métro à 21h30, c’est fini quand ?

    M.V. : Vous allez me dire qu’il y a du retard sur un chantier à 580 millions d’euros ? Ce sera au mois de mai ou juin, au printemps. Ca arrive ! Il aurait été beaucoup plus facile d’arrêter complètement le métro toute la journée, on aurait gagné deux ans. Mais je n’ai pas voulu pénaliser les Marseillais. Il n’y en a que 4 000 qui prennent le métro après 21h30, et il y a des bus de substitution. Pour adapter le dispositif qui avait cinquante ans, mettre du neuf sur du vieux, c’est très compliqué. Les rames, elles, sont bien là.

    Depuis le 1er janvier la RTM est soumise à un nouveau contrat d’obligation de service public qui veut l’« exposer aux aléas du marché ». Cela ne risque pas de la fragiliser ?

    M.V. : Ce ne sera pas privatisé. La RTM se modernise, elle avance, c’est un partenaire en qui nous avons entièrement confiance. Vivement le mois de mars qu’on passe ces élections et qu’on n’en fasse plus un enjeu électoral pour dire n’importe quoi…

    La RTM demandait 600 millions d’euros de plus, la Métropole lui disait que c’était « inacceptable »…

    M.V. : C’est normal, c’est une négociation. La RTM va avoir un développement considérable dans les années à venir, son chiffre d’affaires a considérablement augmenté avec les nouvelles lignes. Sur le métro, on va doubler la fréquence ! Les rames vont être automatisées, il y aura plus de personnes. Je suis de tout cœur avec la RTM, avec les contrôleurs dont un s’est encore fait agresser cette semaine. Dans les jours qui viennent, le groupement de protection va avoir la caméra et les armes non létales !

    En quelle année les Marseillais pourront avoir des transports à la hauteur de ce qu’on voit à Lyon, ou Toulouse ?

    M.V. : 2026. Ça commence aujourd’hui.

    La gratuité des transports à Aubagne sera-t-elle maintenue ?

    M.V. : Quand le Val’tram arrivera, on verra à ce moment-là. Le nouvel exécutif de la Métropole décidera ce qu’il va faire.

    On a l’impression que le Marseille des bus est mis de côté par rapport au Marseille des tramway. À la Savine, les habitants réclament le retour de bus la nuit…

    M.V. : On a travaillé sur une mise à plat complète du réseau de bus, cela faisait trente ans que ça n’avait pas été revu. L’arrivée des nouvelles lignes fait que automatiquement on va changer le dispositif. Quand tout cela sera en action, dans les mois qui viennent, on appliquera ce qui a été concerté avec les habitants, secteur par secteur.

  • L’extension du tramway mise en service

    L’extension du tramway mise en service

    Un gros coup appuyé sur l’immense buzzer rouge vif, et la nouvelle rame de tramway se dévoile. La foule était dense ce mercredi midi, sur les bords du nouveau terminus du T3 à Capitaine-Gèze (15e), pour la mise en service commerciale de l’extension du tramway marseillais sur douze stations, au nord et au sud de la ville. « Il est haut, il est immense ! », soufflent sur le quai les collégiens de l’établissement privé Loyola (15e). Avant que la cohue des premiers voyageurs ne s’engouffre dans la rame.

    « Ce n’est plus une chimère et encore moins un caprice, c’est une réalité tangible au service des habitants de la ville », célèbre la présidente (LR) de la RTM, Catherine Pila, après le premier arrêt du voyage inaugural. Inscrite parmi les seize projets du volet mobilité Marseille en grand, cette extension a bénéficié d’un soutien exceptionnel de l’État à hauteur de 50 millions d’euros, sur les 350 millions du projet (dont 102 millions de la Métropole). « Les transports sont particulièrement importants dans une ville de la taille de Marseille, sans ambition nous n’aurions pas de cohérence », souligne le préfet Jacques Witkowski. La veille, il a lui-même signé les arrêtés autorisant la circulation des quinze nouvelles rames, avec une série de nouvelles prescriptions qui réclament encore une fois la finalisation des aménagements urbains (notre édition du 27/12). De derniers réglages pour ces 6,2km de nouveaux rails, permettant de rallier Belsunce depuis Gèze en 13 minutes, la place Castellane depuis la Gaye en 16 minutes. Au total, 93 000 voyageurs quotidiens sont attendus à l’horizon 2030.

    La campagne sur les rails

    « Nous avons fait en temps, en heure, en respectant les budgets », célèbre sur l’estrade dressée la présidente (DVD) de la Métropole, remerciant les institutions qui ont apporté leur obole. Avant de s’en prendre, à mots couverts, à la municipalité marseillaise, déplorant « le manque de vision de certains élus en poste ». C’est qu’au milieu des remerciements, la maire adjointe (DVG) Samia Ghali n’avait pas hésité à doucher l’enthousiasme. « Cet instant, c’est juste une remise en ordre de ce qui était en désordre », taclait-elle, attendant encore la phase 2 de l’extension jusqu’à la Bricarde. « Mais au-delà de ça, c’est aussi important d’avoir des bus qui ne s’arrêtent pas à 19h quand on habite à la Savine, à la Solidarité, à Kallisté », ajoutait-elle. « Avec de la police municipale », se contente de répondre la présidente de la RTM.

  • Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Une année pivot pour l’industrie et les transports : découvrez ce qui vous attend en 2026 dans les Bouches-du Rhône

    Industrie

    Une année cruciale pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Nécessaire pour la décarbonation de la zone, la ligne très haute tension doit obtenir le feu vert de l’état, après les municipales de mars, le temps de réaliser de dernières études. En attendant, les projets commencent à se concrétiser. à Fos-sur-Mer, le site de production de panneaux photovoltaïques Carbon, désormais allié au leader chinois du secteur Longi, doit faire ses premières livraisons avant la fin de l’année. La construction d’une aciérie électrique par l’Italien Marcegaglia, un investissement à un milliard d’euros, doit démarrer au 3e trimestre, tandis que le lancement du projet d’acier décarboné Gravithy est attendu pour la fin de l’année, si l’investissement est définitivement confirmé. Le Grand port maritime de Marseille-Fos, de son côté, fêtera ses 60 ans en lançant les travaux de son nouveau siège social au J0, en plus de poursuivre le branchement à quai pour trois navires de croisière.

    Transports

    Enfin : le métro à Marseille va de nouveau rouler après 21h30, avec la mise en service progressive des nouvelles rames « Neomma » au premier semestre. De quoi tourner enfin la page des difficultés techniques rencontrées sur ce chantier XXL du plan Marseille en grand, qui doit encore se poursuivre avec l’installation de portes palières sur les quais pour permettre l’automatisation complète du métro. Avant cela, l’année commence par l’inauguration de l’extension du tramway jusqu’à Capitaine-Gèze au nord le 7 janvier, jusqu’à la Gaye au sud le 10 janvier, ainsi que celle du bus à haut niveau service entre les Pennes-Mirabeau et Marignane ce lundi. à Aubagne, le Val’tram permettra, à compter de cet été, de rallier la Bouilladisse en tramway.

    Reste à préparer l’avenir : une enquête publique doit se tenir, cette année, pour prolonger le tramway à Marseille jusqu’à la Castellane (16e arrdt.), une autre dès la mi-janvier sur les parcelles concernées par la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur, alors que le chantier de la nouvelle gare Saint-Charles est officiellement lancé. Les marchés publics sont également lancés pour les premiers travaux préparatoires du tramway des Catalans. Enfin, l’aménagement cette année du rond-point de la Gaye (9e arrdt.) ouvre la voie à la relance du boulevard urbain sud.

    À Marseille

    à Marseille, l’année s’ouvre sur le rachat attendu par la municipalité du foncier des Galeries Lafayette au centre Bourse, qui doit s’accompagner d’un appel à manifestation d’intérêts pour une transition de trois ans. D’autres projets doivent se concrétiser : c’est le cas de la médiathèque Loubon, à la Belle de mai, dont la livraison est attendue à la fin de l’année. Le plan écoles continue aussi à se dérouler : tandis que le maire (DVG) Benoît Payan annonçait, lors de la dernière rentrée, six nouveaux établissements livrés d’ici au mois de mars 2026, les chantiers devraient être lancés dans quinze groupes scolaires au moins, dont celui, emblématique, de Saint-André – la Castellane, la justice ayant désormais validé la rupture du contrat initial après les carences du groupe Impresa Percassi. Les aménagements des parcs se poursuivent eux aussi, à l’image de la création du nouveau parc de l’Annonciade, sur deux hectares au pied du massif de l’Étoile. Côté santé, tandis que les premiers coups de pioche ont été donnés pour le bâtiment parents-enfants de la Timone, le nouveau Samu doit ouvrir ses portes au mois d’avril, sur 4 500 m2 face à des besoins toujours plus importants. Les premiers travaux préparatoires du nouvel hôpital d’instruction des armées doivent aussi commencer sur le camp de Sainte-Marthe, pour une livraison en 2031.

    Côte grands événements, le parc Chanot (8e arrdt.) poursuit sa grande transformation : le bitume du grand parking doit être retiré pour accueillir, sur plus de 13 000 m², une esplanade de loisirs, ne laissant plus sa place aux voitures que lors de grandes manifestations.

    Logement

    Avec l’année 2026 s’ouvre une nouvelle période triennale pour la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain) : de nouveaux arrêtés de carence, avec des amendes à la clé, doivent être pris pour les communes n’atteignant pas 25% de logements sociaux. à Marseille, la société publique locale d’aménagement d’intérêt national, chargée de la réhabilitation du centre-ville, livrera ses premiers logements rénovés à l’automne. De manière symbolique, alors que commencent au printemps les premiers travaux dans les immeubles du haut de la rue d’Aubagne, le lieu ressource installé dans la « dent creuse » des effondrements doit ouvrir au début de l’année.

  • Les essais du Val’Tram s’accélèrent à Aubagne pour une mise en service cet été

    Les essais du Val’Tram s’accélèrent à Aubagne pour une mise en service cet été

    Un voyageur de passage, arrêté en gare d’Aubagne, aurait pu croire la scène banale. Mais non. Entre deux averses, ce vendredi 19 décembre, le maître d’ouvrage du Val’Tram, la Métropole Aix-Marseille- Provence, et ses maîtres d’œuvre pour la réalisation de l’infrastructure, opèrent, depuis la veille, « la première phase des essais d’ouverture de ligne avec les rames du Val’tram sur un premier tronçon, entre la gare d’Aubagne et Napollon », explique ce jour-là la cheffe de projet.

    « Ces essais nous permettent de vérifier que les roues du tramway s’insèrent correctement dans les rails, que le tram capte bien l’électricité délivrée par la ligne aérienne de contact et que les carrefours routiers réagissent bien à l’arrivée du tramway, c’est-à-dire stoppent les véhicules pour permettre le passage du tramway », détaille-t-elle. Elle poursuit : « Nous effectuons des essais sur ce tronçon jusqu’en février, et ensuite, on les poursuivra jusqu’à La Bouilladisse. On enchaînera par une phase de marche à blanc où, pendant un mois, l’exploitant fera circuler le tram sans voyageurs, mais en conditions réelles d’exploitation. Les essais vont donc durer six mois. »

    Fin décembre, la cheffe d’opération dressait l’état des lieux des travaux : « On a quasiment achevé toute la pose de la voie ferrée entre Napollon et La Bouilladisse. Début janvier, l’électrification de la ligne va se poursuivre. Ensuite, il y aura toute la phase d’installation des systèmes de sécurité destinés à contrôler le tramway, pour notamment empêcher que deux rames s’engagent sur une même portion de voie unique. »

    Bouffée d’oxygène

    pour le territoire

    Après plusieurs faux départs et atermoiements politiques (lire ci-dessous), le projet de Val’Tram -aujourd’hui chiffré à 180 millions d’euros, dont 30 millions apportés par le Département des Bouches-du-Rhône- a été relancé en février 2019 par Martine Vassal, arrivée à la présidence de la Métropole Aix-Marseille en septembre 2018. « Le Val’Tram offrira de nouvelles opportunités de déplacement sur l’axe La Bouilladisse-Aubagne, particulièrement chargé aux heures de pointe, et contribuera au renforcement de l’attractivité du territoire grâce à une meilleure intermodalité. Tout autour du tracé, l’espace public sera requalifié pour offrir plus de place aux piétons et cyclistes. Ce projet va considérablement améliorer le quotidien des habitants de l’Est du territoire métropolitain ! », se félicitait l’élue, en mars dernier, dans la lettre de la Métropole.

    Le Val’Tram fait partie des 16 projets de mobilité métropolitains prioritaires soutenus par l’état à hauteur d’un milliard d’euros, dans le cadre du plan Marseille en Grand, annoncé par le président Emmanuel Macron en septembre 2021.

    Le projet s’appuie sur la réhabilitation de 14,4 km de l’ancienne voie ferrée de Valdonne, reliant la gare d’Aubagne à La Bouilladisse. Cette nouvelle section s’ajoutera aux 2,7 km de ligne de tram déjà existants à Aubagne.

    Le nouveau tracé permettra de relier Aubagne à La Bouilladisse en 25 minutes, avec 11 stations desservant notamment Roquevaire, Auriol, Pont de Joux et La Destrousse. D’une amplitude horaire identique à l’actuel tram d’Aubagne (5h39- 21h05), le Val’Tram circulera « toutes les 10 minutes en heure de pointe, entre 6h30 et 9h le matin et 16h30 à 19h environ et toutes les 20 mn en heure creuse. On attend 15 000 voyageurs par jour sur l’ensemble de la ligne », rappelle la cheffe de projet. Pour faciliter l’intermodalité (par exemple de la voiture au tram), cinq parkings-relais sont aménagés, avec 150 places à La Bouilladisse, 25 à La Destrousse, 200 à Auriol, 100 à Pont de l’Étoile et 25 à Napollon-Solans.

    Selon la Métropole, l’intérêt majeur du projet est « d’offrir une meilleure desserte de la haute vallée de l’Huveaune sur un axe particulièrement fréquenté, avec 18 000 véhicules par jour ».

    14,4

    kilomètres de nouveau tracé entre Aubagne et La Bouilladisse, via Pont de l’Étoile, Roquevaire, Auriol et La Destrousse. Il faudra 25 minutes de trajet pour aller d’Aubagne à La Bouilladisse.

    15 000

    voyageurs devraient emprunter le Val’Tram par jour, ce qui devrait contribuer à désengorger les axes routiers, notamment ceux de la haute vallée de l’Huveaune, où circulent 18 000 véhicules par jour.